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Les congés des ouvriers du BTP financent le Medef
Par David Servenay | Rue89 | 11/02/2008 | 00H20
« Obsolète, inique, discriminant » : une poignée de petits patrons du BTP n'ont pas de mots assez durs pour dénoncer le système des caisses de congés payés du bâtiment. Un système hérité du Front populaire, véritable vache à lait pour les puissantes fédérations du bâtiment avec des pratiques qui, du point de vue de ces entreprises, s'apparentent à de l'extorsion de fonds.
Le gouvernement, le Medef et même l'Elysée : tout le monde sait, mais personne ne veut y mettre de l'ordre. Enquête sur un scandale qui menace aujourd'hui des dizaines de PME du secteur.
A Limoges, les premiers contestataires dénoncent l'adhésion obligatoire aux caisses
La révolte est partie de Limoges. Au début, ils sont une poignée, emmenés par une figure de proue : Henri Maillot, chef d'équipe dans une PME de 40 personnes spécialisée dans le gros oeuvre. Salarié et associé de son entreprise, Maillot a un jour la curiosité d'examiner les comptes. Il découvre alors les cotisations mensuelles versées à la Caisse des congés payés du BTP du Centre-Ouest. Une grosse somme pour son entreprise : plus de 170 000 euros par an. Il interroge son PDG, qui lui répond, fataliste :
« On ne peut rien faire contre la Caisse… »
Un mécanisme hérité des années 30, où les ouvriers changeaient d'employeurs chaque jour
Volontiers frondeur, Henri Maillot, titulaire d'une maîtrise d'administration des entreprises (AES, plutôt rare à ce niveau), parle haut lorsqu'il évoque l'argent des congés payés. Un système unique en France, qui existe depuis 1937. A l'époque, les ouvriers du bâtiment changent souvent de chantiers et d'employeurs. Au moment des vacances, ils n'ont parfois aucune garantie de toucher les fameux congés payés. Pour assurer des vacances à tous, les patrons créent donc des caisses qui collectent les cotisations et les redistribuent aux intéressés.
Ces caisses prennent ensuite la gestion des congés intempéries à partir de 1946 -une allocation versée en cas de pluie ou de neige- puis à partir de 1985, les activités de l'OPPBTP, la branche hygiène, sécurité et prévention du BTP.
Aujourd'hui, 32 caisses se partagent l'énorme gâteau des vacances des ouvriers du bâtiment : plus de 5 milliards d'euros par an. Comme le montre cet appel de cotisation de la Caisse de la Région de Paris, les congés payés sont facturés à hauteur de 19,6% du \« total des salaires plafonnés déclarés à l'Urssaf\ », là où, en moyenne, le coût des congés ne dépasse pas les 14% !
Le système prive les entreprises d'une année de trésorerie
Pour de nombreux entrepreneurs, le système est aujourd'hui complètement obsolète. D'abord, parce que 80% des salariés du secteur sont désormais fixes, très souvent en CDI dans un secteur frappé par la pénurie de main-d'oeuvre. Selon la Dares, le taux de rotation (turn over) est de 22,2% dans la construction, à comparer avec les 40% de l'ensemble des métiers. Autre critique : le mécanisme de versement des cotisations prive les entreprises d'une part importante de leur trésorerie, dans la mesure où elles sont obligées de cotiser un an à l'avance… Henri Maillot parle carrément d'une « confiscation » :
Henri Maillot et ses amis n'en sont pas à leur première escarmouche avec les caisses du BTP. En 2004, après la diffusion d'un tract critique sur le sujet, il est poursuivi pour diffamation publique par la Caisse de surcompensation, devenue entretemps l'Union des Caisses de France. Il sera relaxé sur une nullité. Mais le débat juridique est posé.
L'argument d'Henri Maillot ? Les caisses de congés payés ne respectent pas le principe de liberté d'association. Jusqu'à maintenant, la jurisprudence donne raison aux caisses. Des jugements qui vont clairement à l'encontre d'un principe formellement reconnu par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de Strasbourg.
Des tribunaux de commerce et des organisations patronales du bâtiment
Autre exemple : Patrick Couturas, menuisier à Eyjeaux, petite bourgade près de Limoges. Avec son unique employé, cela fait vingt-cinq ans qu'il fabrique des escaliers en bois pour les particuliers. L'entreprise tourne correctement, sans plus.
Aujourd'hui, la caisse de Limoges lui réclame 1900 euros de cotisations. Huissier, commandement à payer, ordonnance de comparution devant le tribunal de commerce. Dont l'actuel président, René Dufour, fut aussi vice-président de la Caisse du centre-ouest (CCPBCO) pendant douze ans ! L'actuel président de la Caisse du Limousin, Jacques Raynaud, est quant à lui aussi président de la Banque Populaire Centre Atlantique… la banque de Patrick Couturas. Notre menuisier a beau avoir le sens de l'humour, il ne se sent pas vraiment écouté par ses interlocuteurs :
Rien n'est épargné aux PME évoluant en marge du BTP
Un univers contrôlé par les patrons
Une formule aussi vague que large. Mieux : l'association fonctionne grâce à un bureau, élu par ses membres. Lesquels membres ont aussi le droit d'être représentés à l'Assemblée générale, mais sur un mode très particulier (article 20) de désignation des représentants : « Ces représentants ont droit à autant de voix que les adhérents qu'ils représentent ont versé de fois,dans l'exercice précédant l'assemblée générale, un montant de cotisations de congés payés égal à l'abattement prévu par l'article R. 731-18 du code du travail, tel qu'il est connu la veille de l'assemblée. »
En clair, ce sont les « syndicats membres de droit » qui font et défont les majorités au sein des caisses. Qui sont-ils ? Quatre organisations patronales, là aussi clairement indiquées dans
les statuts de l'UCF : la FFB (fédération française du bâtiment), la FNTP (fédération nationale des travaux publics), la CAPEB (confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) et la FNSNOP (fédération nationale des sociétés coopératives de production du bâtiment).Partout en France, les 32 Caisses de congés payés se montrent intraitables, envoyant leurs contrôleurs assermentés vérifier l'activité de chaque société. L'aventure est arrivée à la société Michel Rezig, basée à Sarcelles. Créée en 1995, cette PME de sept personnes (trois administratifs, quatre en production) est spécialisée dans le commerce de tissus industriels, de type stores, bâches ou tissus isolants pour les chambres froides. En 2003, la Caisse du BTP de Paris effectue un premier contrôle, à l'issue duquel elle réclame l'affiliation immédiate de l'entreprise, parce que deux employés réalisent aussi la pose des tissus vendus.
Pourtant, Rezig est loin de l'univers du BTP. Tout ces employés travaillent en atelier ou, chez les clients, dans des endroits protégés des intempéries. Ici, pas d'emploi précaire. La société marche bien, mais rien à faire, la Caisse attaque… et gagne, devant le tribunal de commerce de Pontoise, puis devant la cour d'appel de Versailles. Motif :
« L'adhésion obligatoire de l'employeur, contestée par la société appelante, est une mesure nécessaire à la protection des droits et de la santé des salariés, en leur assurant le paiement non seulement des congés payés mais aussi celui des indemnités de chômage-intempéries, régime dont les caisses sont également chargées ; qu'elle n'est donc pas contraire à l'article 11 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme. »
Malgré un pourvoi en Cour de cassation, la Caisse de Paris menace toujours Rezig d'une inscription-privilège au greffe. Ce qui signifierait la liquidation pure et simple de la société, comme l'explique Catherine Glise, responsable administrative de la société :
La principale critique des entrepreneurs concerne l'opacité des comptes de ces caisses. En théorie, ils sont certifiés par un commissaire aux comptes. Mais Pascal Sanchez, PDG d'Emaplast (40 salariés), qui a cotisé trois ans, a une autre vision :
Seul élément d'information : les caisses ont toujours affirmé qu'elles parviennent à assurer leurs frais de fonctionnement grâce aux produits financiers de la trésorerie des cotisations. Dans ce cas, comment expliquer la différence de 4 à 6% constatée entre le système en vigueur dans les autres secteurs et celui des caisses du BTP ? Pascal Sanchez estime cet écart à environ 500 euros par salarié et par an. Soit, au total, une charge supplémentaire pour lui de 17486 euros par an.
A toutes ces critiques, l'Union des caisses de France répond « statut » et « garantie des droits des salariés ». Sa directrice, Claudine Metz, a accepté de répondre à Rue89 sur le manque de transparence constaté par certains de ses adhérents. « Les cotisations, dit-elle, couvrent exactement le coût des congés payés, tel qu'ils sont payés par les caisses avec un certain nombre d'avantages, notamment une prime de vacances de 30% » :
Une longue liste d'abus, plus ou moins connus…
Si les comptes sont opaques, le train de vie des administrateurs des caisses l'est tout autant. Officiellement, ceux-ci sont bénévoles comme tout dirigeant d'association. De plus, elles n'ont pas le droit de faire des profits comme l'indique leur statut (article 2) :
« La caisse, n'exerçant pas d'activité économique, s'interdit tout bénéfice. »
Le plus grand flou règne sur les petits (et grands) privilèges des administrateurs, cooptés par les organisations patronales. Le 14 octobre 2003, les administrateurs de la caisse de Limoges ont ainsi choisi le Château des Reynats, près de Périgueux -un magnifique hôtel-restaurant quatre étoiles- pour tenir le conseil d'administration de la CCPBCO. A la lecture du procès-verbal, surprise : les débats commencent à 13h00 pour s'achever à… 13h15. Juste le temps de réélire le même bureau pour trois ans ! Idem pour la caisse de Rennes. Cette fois-ci, nous sommes en octobre 2007 et les administrateurs décident de tenir leur assemblée générale annuelle à… Montpellier. Rendez-vous un vendredi à 16 heures pile, pour bien commencer le week-end. Inutile de préciser que les adhérents n'ont rien eu à redire, puisqu'il fallait lire le bulletin d'annonces légales des Petites affiches pour être au courant de cette AG.
Sans oublier les aménagements luxueux des sièges, comme l'entrée de la caisse de Nantes pavée de travertin d'Italie, un marbre rouge aux reflets chatoyants : 
A Mulhouse, la justice sanctionne voyages et contrats d'assurance-vie trop exotiques
En 1996, certains administrateurs de Colmar adressent une lettre anonyme au parquet de Mulhouse, pour dénoncer les « agissements frauduleux » du président de la Caisse du Haut-Rhin, de son directeur et d'une poignée d'administrateurs. Après une longue enquête du SRPJ, les policiers établissent les faits.
D'abord, un système de contrats d'assurance-vie au bénéfice des administrateurs. Contrats financés par la caisse, en guise de rémunération cachée de leur mandat. Pour le président, le contrat prévoyait un versement de 25000 francs (3810 euros) par an sur dix ans, avec un versement initial de 125000 francs (19054 euros). Pas mal pour un bénévole, mais en droit, les juges retiendront l'abus de confiance. Même chose, en plus modeste, pour quatre membres du bureau qui plaident la « bonne foi ».
Jean-Claude Biwand aimait aussi les voyages pour « assister à des symposium, congrès ou réunions », dont il fera profiter le directeur salarié de la caisse. Accompagnés de leur épouse, les deux hommes vont à la Nouvelle-Orléans (Etats-Unis) puis aux Antilles aux frais de la princesse. Sans oublier de menus frais de déplacements exagérément gonflés. Jugement en 2002 : six mois de prison avec sursis pour le président indélicat, une amende pour le directeur et relaxe « au bénéfice du doute » pour les autres. L'affaire n'a pas dépassé la Une de la presse locale.
La révolte de la plasturgie contre les caisses du BTP
C'est sans doute l'un des tout derniers décrets signés « Dominique de Villepin, Premier ministre ». Le 11 mai 2007, alors qu'il va quitter l'hôtel Matignon, le chef du gouvernement appose son paraphe à un texte régissant les relations entre les caisses et les « organisations patronales représentatives d'une branche professionnelle autre que celle du bâtiment ». Le décret fait référence à des « accords » sur les règles d'affiliation.
En fait, ce simple décret est le résultat de trois années de négociations acharnées entre, d'un côté un collectif de professions emmené par la Fédération de la plasturgie et, de l'autre, l'Union des caisses de France. Comme le souligne un communiqué de presse commun, l'accord signé en mars 2007 permet à ces entreprises de sortir du système des caisses. A condition de démontrer que leur activité de pose « bâtiment » n'excède pas 10% de leur chiffre d'affaires. Sinon, c'est l'affiliation obligatoire.
Au cours des discussions, le collectif a tenté de faire valoir l'argument des conventions collectives : ne seraient affiliées que les entreprises relevant de la convention du bâtiment. Refus ferme et définitif de l'Union des caisses de France.
Les caisses collectent aussi les cotisations (volontaires) aux organisations patronales
Sous l'égide de la Direction des relations du travail, le BTP a fini par obtenir gain de cause… tout en s'engageant à cesser de collecter de façon abusive les cotisations (volontaires) destinées aux organisations patronales. Le gouvernement aurait même promis une circulaire pour interdire formellement l'amalgame pratiqué par des nombreuses caisses qui réclament, au milieu des cotisations congés payés, la « cotisation FFB » ou « CAPEB ».

« Une pratique tout à fait illégale », pour le chef d'entreprise Pascal Sanchez :
Pour la directrice de l'Union des caisses de France, tout cela est faux. Claudine Metz est formelle, il n'a jamais été question d'une telle mesure :
Après de nombreuses relances, le service communication de la Fédération Française du Bâtiment a fini par nous faire savoir que :
« D'une façon générale, le président de la FFB ne s'exprime pas sur ce sujet des caisses de congés payés du BTP. »
Il faut dire que, outre sa proximité avec Laurence Parisot, Christian Baffy occupe un poste stratégique du Medef : vice-président trésorier.
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De pablico
01H16 | 11/02/2008 |
Merci rue89, de faire tomber les murs de la honte du BTP/MEDEF.
à pablico
De lamichael
02H53 | 11/02/2008 |
les murs de la hontes forment la forteresse des chateaux de cartes de nos « élus ».
A tout les niveaux…
Avril 2005,Clifden,Connemara,ireland.
Mon chemin croise MR.le maire d'une petite municipalité bretonne.Commune de moins de mille habitants.
Accompagné de Madame,des conseillers municipaux,des femmes ce ces derniers et sans leurs bambins,ils arpentent les rues de cettes jolies villes cotières.
Eux,tiers-état,que des « nobles » en tout genre.Profession respectable.sauf un : Artiste.
Mes amis et moi,Quatrième-état,que de la main d'oeuvres Françaises.Profession rentable.Surtout pour Eux.
Présentations faites,rendez-vous est donné au pub du coin le soir même.
Aprés quelques pints et quelques blagues, je pose une question a l'artiste : « Combien vous donnent l'état pour ce voyage ?
-TOUT ! » me repond t'il.
Il ma expliquer que par diverses demandes à ,la commune,le comité de communes,le département,la région,l'état et l'Europe.Ils arrivaient a se faires entiérement payer le voyage,l'hotel,les restaurants,les activités et bien sur les pub.
EN TOTALITE !
Le système mis en place par chaque gouvernement permet depuis dèjà longtemps d'abuser des richesses colossales produit par ce qui cotisent.De la TVA aux revenus.
Chaque petit Maire,patron des patrons,dans sa commune peut prendre dans la caisse pour se payer des vacances.Le moindre bureaucrate syndicalyste élu le peut aussi.je ne dit pas que chacun le fait,mais que la tentation est grande.Et qu'a mon avis,beaucoup n'ont pas pu y résister.
lE Tiers-état abuse encore une fois.
Constitution Française
Article 35. Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.
à lamichael
De Argos
12H53 | 11/02/2008 |
dans le genre absurdité ou « on se fout de notre gueule », il y a eu, il y a quelques années si certains s'en souviennent, le colloque organisé dans une ile paradisiaque par un groupe de réfexion (une trentaine de personnes) sur ….
le déficit de la sécu ! ! !
ça ne s'invente pas ! ! !
ils avaient été reçus à leur retour par une poignée de journalistes, mais le scandale s'était arrêté là.
à Argos
De athénaïs
18H44 | 11/02/2008 |
et oui ! ce qu'il y a de scandaleux avec le scandale, c'est qu'on s'y habitue.
Simone de Beauvoir
à lamichael
De JEAN.GISQUAND
07H55 | 11/02/2008 |
Généraliser, c'est le tous pourris, sauf moi, pas par principe mais parce que je n'en ai pas l'occasion !
Il y a des abus, c'est vrai et il faut les combattre mais pouquoi généraliser ?
Dans ma vie active, j'ai été responsable syndical, président d'associations, ç'a m'a toujours couté de l'argent. Les seules fois ou j'ai eu l'impression de « voler » c'était quand les entreprises ou je travaillais (commercial) nous payaient des WE de « motivations » à des tarifs faramineux.
à lamichael
De pablico
11H14 | 11/02/2008 |
Je comprend mieux maintenant, pourquoi ça ferraille dur pour accèder au pouvoir, et y rester.
C'est gagner au loto (pouvoir, et financier).
à pablico
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 03H55 | 11/02/2008 |
Sordide. Quand cette nouvelle ne fait pas descendre les Français dans la rue, c,est qu'une bonne part ont décidé de faire le trottoir. http://nouvellesociete.org/5171.html
Pierre JC Allard
De zx600
01H47 | 11/02/2008 |
Entre la caisse noire de l'UIMM qui finance on ne sait quoi (mais on a bien une idée), la Médecine du Travail qui ne soigne pas bien les salariés mais sert à financer des emplois fictifs des Medef locaux, et cette histoire de caisses de congés payés, on s'aperçoit bien que les organisations patronales et leurs satellites sont pourries de l'intérieur (et dire que ce sont les syndicats qui se font traiter d'escrocs, ces petits joueurs).
Le plus grave est que ces malversations nuisent à l'ensemble de l'activité économique, pour le bénéfice de quelques-uns, au détriment même des plus petites entreprises, victimes d'un système imposé par les grosses poissons.
Dormez tranquilles, patrons véreux, ce n'est pas cette croissance-là que Sarkozy veut libérer, ce ne sont pas ces voyous-là qui seront traqués, ce n'est pas d'une société libérée des combines et arrangements dont veulent « 53% des Français » (bien cocus à l'heure qu'il est).
à zx600
De Veig
09H56 | 11/02/2008 |
J'aime l'odeur de napalm frais qui se dégage de ces commentaires le lundi matin : -)
à zx600
De karghyl
informaticien, Paris | 15H14 | 11/02/2008 |
Oui, mais ce qui semble le plus important, c'est uniquement de lutter contre les petites fraudes faites par ceux qui ont de petits moyens (salariés, chômeurs, malades,…), et surtout de les stigmatiser.
De bloozmarch
01H52 | 11/02/2008 |
Et on dit que l » argent n » a pas d » odeur, on doit dire ça pour ceux qui n » ont pas le droit de s » en approcher, mais d » autres ont l » odorat particulièrement bien développé, et ils savent parfaitement se serrer les coudes et s » entr » aider, en silence et dans la plus grande discrétion, pour ne pas dire opacité, je ne vise bien sûr personne en particulier, surtout pas quelqu » un qui s » insurgerait contre les spéculateurs et les dérives finacières auxquelles on assiste en ce moment, je n » ai pas l » esprit ausi mal tourné !
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 01H56 | 11/02/2008 |
Merci David pour ce sujet, mais il y a beaucoup de sujet à faire, comme ici :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/02/les-vacances-de.html
par exemple…
Il faudrait prendre un à un tous les endroits où le contrôle n'est pas paritairement exercé, ET exercer un deuxième contrôle là où il l'est officiellement (par exemple à l'Urssaf, pour le reversement de la CSG et de la CRDS…).
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De babakchit
02H29 | 11/02/2008 |
J'imagine que les PME forment 80% à 95% des entreprises du BTP. Quand on cherchait les freins à la croissance, voici une infime partie de la réponse…
Merci pour cette enquête.
à babakchit
De DBL8
Retraité | 08H26 | 11/02/2008 |
Vous ne pensez quand même pas : la baisse des cotisations du BTP fera baissé les factures, OU les ouvriers seront mieux payés ? NAÏF ou utopique ?
La baisse des cotisations ne fera pas repartir la croissance, mais leurs en mettra plus dans les poches !
Dans le même genre : la TVA à 5.5 dans la restauration fera baisser les prix ou / et les employés seront mieux payer. MDR ! !
De zets
05H50 | 11/02/2008 |
Dans le même genre, ca pourrait être bien une enquête sur la SACEM…
à zets
De Veig
10H11 | 11/02/2008 |
Oh, oui ! oh oui ! En fait, sur toutes les associations de droit privé (loi 1901 ou autres) étant habilitées à collecter des redevances obligatoires ou des taxes parafiscales ! Il y a des fromages, dans cette République, qui murissent tranquillement et profitent à des rongeurs qui n'ont rien à craindre des « chats fourrés » que chantait Brassens…
De manu2005
La France tue en Afghanistan, en no... | 07H13 | 11/02/2008 |
Vivrais-je dans un pays d'escrocs ?
Alors, cela expliquerait pourquoi nos élus sont des bandits.
Comme quoi tout se tient.
Dire que l'on pensait naïvement que la mafia était sicilienne, et Russe de nos jours.
Mais chez nous on appelle ça : « les braves gens ».
Ça s'oppose à « gauchiste » car le gauchiste, parfois aussi appeler anarchiste, voir terroriste, voudrait détruire ces systèmes qu'il a été si dur de mettre en place pour essayer de les remplacer par des trucs, j'ose à peine dire le mot : honnêtes.
Heureusement, nos élus veillent !
De Claude-le-breton
| 07H24 | 11/02/2008 |
Le statue d'association à but non lucratif n'est vraiment pas fait pour gérer de fortes sommes. On le constate régulièrement à travers des « affaires » de tous bords. Il faut que la loi le réserve, à mon avis, à des associations de véritables « amateurs ». Les autres sont des « sociétés » et doivent donc être gérées et contrôler comme telles.
Dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, outre sa transparence, c'est l'utilité même de la caisse de congès payés du BTP qui est en cause.
à Claude-le-breton
De Veig
09H51 | 11/02/2008 |
Le problème vient surtout de la flexibilité du statut de ces associations loi 1901. Je suis trésorier d'une telle association, et nous prenons garde à ce que nos membres ne soient pas bénéficiaires des actions de cette asso, d'une façon ou d'une autre. Même les défraiements et la comptabilisation des frais de route comme dons aux oeuvres sont parfois l'objet de contestations…
Or ce qui a pu poser problème (et qui continue de le faire) dans ce type d'asso, ce sont les avantages financiers ou en nature dont bénéficient parfois les dirigeants de ces assos, ce qui est toujours juridiquement possible, tant les critères d'adhésion, de droit de vote, de désignation du Conseil d'Administration et les modes de fonctionnement financier peuvent varier d'une association à l'autre. La loi 1901 aurait besoin d'un bon toilettage et d'un resserrage de boulons, renforçant le principe de non-lucrativité et comblant les vides juridiques.
Veig, l'ingénieur, trésorier d'une association d'enseignants bretons ; -)
De Argos
07H38 | 11/02/2008 |
« Extorsion d'argent, le plus souvent répétée et organisée, obtenue par chantage, intimidation ou violence »
la définition du mot RACKET ! !
no comment
merci Rue89, des scandales comme ça me motivent pour ma journée
De Argos
08H04 | 11/02/2008 |
si un journaliste de Rue 89 pouvait également faire une enquête sur un autre scandale qui ne dérange depuis des années : la médecine du travail
il y a quelques années, les visites de médecine du travail étaient annuelles, cotisations annuelles. Rien à redire autre que le coût très élevé.
depuis, ils ont décidé qu'une visite tous les 2 ans pouvait suffire. par contre la cotosation reste annuelle. Ou comment déguiser une augmentation des prix de 100 %
à Argos
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 08H21 | 11/02/2008 |
Bonjour Argos,
Vous avez raison de vous inquiéter des performances de la médecine du travail.
D'ailleurs, ça tombe bien, l'enquête est déjà faite !
A lire ici :
http://www.rue89.com/2007/11/07/medecine-du-travail-lautre-caisse-noire-…
C'était il y a trois mois. Le gouvernement a depuis décidé de lancer une réforme de ce système, en collaboration avec les partenaires sociaux.
Bonne journée !
à David Servenay
De Argos
12H50 | 11/02/2008 |
merci beaucoup
et comme toujours, spectaculairement édifiant ! !
et c'est pas prêt de s'arrêter
à David Servenay
De noke33
20H38 | 11/02/2008 |
tiens c'est bizarre, quand ça commence avec les partenaires sociaux, principaux non intéressés au changement, je sens la chose mal embarquée….
toute leur concentration sera nécessaire pour vider autant que se faire se pourra l'idée de départ de sa substance. J'attend avec curiosité le premier gros accroc dans les transports parisiens et le service minimum…
De skalpa
actif et militant ? | 11H19 | 11/02/2008 |
Les ouvriers financent les patrons ?


Une nouvelle ?
Mais c'est ça le capitalisme, non ?
http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De Eric citoyen
"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 11H45 | 11/02/2008 |
Salut Skalpa & vous toutes et tous,
Tu as raison.
Les ouvriers financent les patrons…
Ils financent aussi un outil qui les matraquent… ? ? ? ?
Syndrome de Stockholm ?
Mais, combien de temps allons nous accepter encore cela ?
On nage en plein délire.
Bésitos de Neuilly.
Eric Bloggeur
http://monmulhouse.canalblog.com/
De DidierB63
Devant un écran | 08H15 | 11/02/2008 |
Quand on voit combien de millions ces caisses doivent gérer, il n'est pas étonnant que ceux qui en profitent ne veuillent pas les voir disparaitre.
En France, on veut bien lutter contre les niches fiscales et les « privilèges », mais uniquement quand il s'agit de ceux des salariés ou des plus pauvres.
Dès qu'on touche aux plus aisés ou au patronnat on crie à l'inconscience, au délit « d'empêchement de faire de la croissance ».
Mais combien d'employés ces petits patrons pourraient ils (potentiellement) embaucher si on ne leur prélevait pas des sommes injustifiées ?
Sans parler de leurs trésoreries, qui se porteraient certainement beaucoup mieux…
Défendre un système mafieux de ce genre, c'est comme dire que supprimer les départements ne ferait pas faire des économies. On protège surtout les gens qui contrôlent le dit système.
Le MEDEF défend SES privilèges, comme l'aristocratie défendait les siens aux états généraux.
Vivement la nuit du 4 Aout !
http://polemiquons.over-blog.com/
De acripita
08H24 | 11/02/2008 |
Ma petite entreprise est contrainte d'adhérer à la caisse BTP du 06, je dis bien contrainte car nous ne faisons pas de gros oeuvre, mais de la finition.
Pour vous expliquer certaines des « lacunes » de cette caisse et le flagrant de ses abus.
1°) Sachez qu'il existe deux sorte de personnes qui bénéficient du BTP, dans un premier temps les ouvriers (chantiers) qui sont classés par codes.
Les administratifs (bureaux) dont le code est « ETAM ».
La caisse du BTP préléve au taux de 18.90% (dans lesquelles se trouve les montants des charges urssaf, assedic et retraite complémentaire)
Concernant les ouvriers les charges dites Arco (retraite complémentaire) sont versées directement par la caisse du BTP pour le compte de l'ouvrier.
Concernant les ETAM, il en est tout autrement !
La caisse du BTP nous envoie tous les 3 ans le montant détaillé des charges de retraite complémentaire qui n'ont pas été versées à la caisse de retraite complémentaires pour les ETAM.
Il faut que nous attestions sur l'honneur avoir déclaré et reversé encore une fois ses montant sur les déclarations annuelles pour les salariés ETAM, pour que la caisse nous rembourse ces montants six mois après !
Donc la caisse « profite » du montant des cotisations « retraite complémentaire » durant 3 ans !
Ce qui est un montant considérable, qui leur rapporte en plus.
Ceci est un premier scandale.
2°) La caisse BTP calcule les congès payés de avril/31 mars de l'année précédente. Pour les reverser l'année suivante aux ouvriers/etam. Seulement si votre employé part en quittant l'entreprise, il ne pourra toucher les indemnités de congés payés que l'année suivante. C'est à dire un employé qui quitte l'entreprise en septembre 08, se verra payé ses congés à partir d'avril 09.
Ceci est un second scandale.
3°) Si nous employons un « intérimaire » nous sommes obligés de le déclarer à la caisse du BTP, et nous devons payer les cotisations dessus. Ce qui équivaut à dire que l'entreprise d'intérim paye les 10% de congés payés légaux à son salarié, et qu'il nous sont facturés par l'entreprise d'intérim.
Mais qui plus est nous devons payer à la caisse les charges supplémentaires pour l'intérimaire, alors que nul ne sait comment elle peuvent bien lui être reversées. Là pas d'explications de la caisse, réponse : ça ne nous regarde pas.
Ceci est un troisième scandale.
4°) Si malheureusement un ouvrier/etam décéde. Ce qui malheureusement peut arriver (pas spécialement en accident du travail, mais naturellement) Là ça devient plus qu'un scandale, le montant de ses congés, ses charges et tout et tout ne sont pas reversé aux ayants droits, mais purement et simplement engloutis par la caisse.
Je me suis battue après du Tribunal de Commerce, pour justement être remboursée des interêts des sommes « gardées » par la caisse BTP, mais c'est le pot de terre contre le pot de fer, quand j'ai demandé au Tribunal de ne payer que ce que j'avais à payer pour mes « Etam », il m'a été répondu que c'était comme ça !
De Erbeddie
09H05 | 11/02/2008 |
Pouvons nous savoir ce que pense la commission Attali de cette excellente enquête. Il ne me paraît pas possible que cette « anomalie corporatiste » lui ait échappée ? Et une autre enquête sur les associations para-médicale mettant à disposition des patients les appareillages prescrits par les toubibs hospitaliers et souvent « gérees » par des chefs de service spécialistes des affections en cause ? Bravo pour ce trés bon travail.
De jissé
Ingé retraité | 09H07 | 11/02/2008 |
Bonjour à tous.
Quand, avec qq collègues, nous passions la visite annuelle devant le médecin du travail, la plaisanterie habituelle était :
« Si vous avez été amputé d'un bras depuis la dernière visite, n'oubliez pas de le signaler au médecin. »
Retraité, je consulte mon médecin traitant ..
Et heureusement il me reste les deux bras.
@plouche.