-
Fillon veut « imposer » aux banques de se doter de fonds propres
AFP via Google.com07/11/09 | 14h07 -
Changement à la tête du Crédit Agricole
LaTribune.fr06/11/09 | 19h46 -
Les dockers en grève sur fond de réforme portuaire
Reuters via LExpress.fr06/11/09 | 16h30 -
Le chômage dépasse 10% aux Etats-Unis
bloomberg.com (anglais)06/11/09 | 15h03 -
Le déficit commercial français se réduit de moitié
Reuters via LesEchos.fr06/11/09 | 13h51
Pascal Nègre : « Il n'y a jamais eu autant de création »
Par Gaël Cogné | furet | 23/02/2008 | 22H56
Crise du disque, chasse aux pirates, offre musicale : le PDG d'Universal Music France répond aux internautes de Rue89.

Le compte-rendu du Midem, le rendez-vous annuel de l'industrie du disque à Cannes, publié sur Rue89 a suscité beaucoup de réactions. Les internautes s'interrogeaient sur la situation des indépendants, le modèle économique en train de naître, l'avenir du disque, la rémunération des artistes ou encore le futur de la création musicale.
Pascal Nègre, PDG d'Universal Music France, l'un des plus gros acteurs du secteur, a accepté de répondre aux questions et reflexions des riverains.
Raspou : Ne pensez-vous pas que le disque vit ses dernières années ? Bruno370 : On peut se passer du métier de producteur…
Les réponses en vidéo :
Lili.buzette : Si les ventes de CD baissent, c'est aussi dû à la qualité de ce qu'on nous sert…
J'ai le sentiment que depuis deux ou trois ans, il n'y a jamais eu autant de création. Aujurd'hui, il y a moins de marketing que dans les années 90. L'idée de standardisation ? Je crois qu'on vit pile poil l'inverse.
Il y a certainement un impact d'Internet. On peut faire sa musique chez-soi, on peut la diffuser sur son Myspace. Ça a aussi eu un effet sur la manière dont on aborde la musique. Avant, on allait à la Fnac, chez un disquaire. Maintenant, on zappe de chez soi. Pourtant, sur Internet, il y a aussi une concentration des titres achetés.
Anorexique : Au temps des majors, combien d'artistes vivaient de leur musique ? La situation des artistes était-elle pire, il y a dix ans ? C'était déjà dur. Etre artiste, c'est un métier de saltimbanque. Mais aujourd'hui, c'est encore plus compliqué. En moyenne, les revenus ont été divisés par deux. Un artiste installé, il gagne moins qu'avant. Est-ce que c'est plus dur de signer ? Oui. car les producteurs produisent moins. Ils hésitent plus.
Raspou : Ça aurait été plus intéressant de nous expliquer en quoi la situation des majors et celle des producteurs indépendants diffère dans la » crise » actuelle…
Raphahead : Le problème des majors, c'est avant tout leur conservatisme…
Les réponses en vidéo :
Raspou : Demandez aux gens qui écrivent de la poésie, qui ne sont pas artistiquement moins estimables que des chanteurs ou des musiciens : leur talent ne leur rapporte pas un radis, la plupart des éditeurs de poésie ne versant pas ou si peu de droits d'auteur…
Un poète, il a une feuille de papier et un crayon. Ça ne lui coûte pas cher. Déjà pour faire de la musique, il faut des instruments. Mais ce n'est pas tout : il faut bien se dire que 99% des artistes cherchent un producteur. Quand on a un projet d'album, c'est 250 personnes qui vont travailler dessus. Il faut arranger l'album, trouver des musiciens, faire la pochette…
KDB : De gré ou de force, la licence globale vaincra…
Franchement, je ne crois pas qu'elle reviendra sur le tapis. Elle était anticonstitutionnelle. Moi je suis contre, et pourtant, ce serait mon intérêt financier d'être pour, comme elle serait répartie en fonction de sondages. Tous les artistes qui vendent peu ne toucheraient rien. Ils n'auraient rien pour vivre. Je souhaite pouvoir continuer à produire des artistes qui ne vendent que 500 ou 700 albums, comme c'est le cas en jazz.
Raspou : Le modèle économique va-t-il changer ? Et comment ? Rue89 : Y-a-t-il une hypocrisie des fournisseurs d'accès à Internet ? Les réponses en vidéo :
Chaussette ventriloque : Combien de policiers et de juges pour traquer les pirates ? Ça fait longtemps que les fournisseurs d'accès peuvent identifier qui télécharge. D'ailleurs, il réduisent les connexions en P2P dans la journée, pour que les entreprises puissent travailler. La situation est en train de changer. les gens comprennent. Selon une étude, pour la première fois, les ados nous répondent que la musique, ça coûte 1 euro [le prix d'un titre en téléchargement payant, ndlr].
Il se passe quelque chose. Olivennes a proposé un système simple : l'abonné à Internet qui télécharge massivement reçoit d'abord un mail d'avertissement, puis, s'il persévère, un courrier recommandé, et enfin, s'il ne réagit toujours pas, on lui coupe son accès au réseau. Cette solution a déjà été testée aux Etats-Unis, et on sait que c'est quelque chose qui marche. Encore une fois, je crois que l'avenir est à l'abonnement.
Photo : Audrey Cerdan
14156 visites | 84 réactions
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque































3
De The_Reaper
Mâle Nécessaire | 10H30 | 24/02/2008 |
Je n'ai jamais été grand fan de Pascal Nègre (ô Grands Dieux non ! ), mais j'avoue que ces interventions sont beaucoup plus fines que les diatribes anti-piraterie (à la limite anti-internautes) qu'il peut proférer à longueur d'interview « choc ».
Son analyse sur le rapport du FAI par rapport aux moyens de gagner de l'argent est très intéressante, comme son point de vue sur la « qualité » du format mp3.
Il est juste dommage que les acteurs du monde de la musique n'aient jamais tenu de discours de cette façon. Les tensions entre internautes et professionnels auraient probablement été moins fortes, et la « rébellion » anti-major (refus de se tourner vers les offres légales par opposition à l'industrie) n'aurait sûrement pas duré.
après, il faudra inévitablement que l'offre légale se diversifie et que sa qualité soit optimale, sinon quel intérêt de payer même 0,99 € si la qualité est à peu près la même qu'un fichier gratuit (mais illégal ? ).
Pour les gens que cela intéresse, je vous invite vivement à lire l'interview du spécialiste de l'économie numérique François Moreau dans le magazine Capital n°197 (février 2008) : ses analyses sont très fines et hors de clivages industrie/partisans de la gratuité.
De A.V.
tamagotchi89 | 11H55 | 24/02/2008 |
Alors voilà ! On a un type qui nous dit qu'il ne suffit pas d'être sur myspace pour devenir un artiste. Il faut aussi un producteur. La StarAc nous prouve qu'il ne suffit pas d'avoir un producteur pour devenir un artiste.
Dans la liste des causes auxquelles Pascal Nègre attribue la crise du disque, il y en a évidemment une qui manque :
A force de proposer de la musique hyperstandardisée, produite selon les mêmes recettes, on homogénéise les artistes et on diminue l'« offre ». Or, le point fort d'Internet réside dans l'offre, justement.
De ben100
12H22 | 24/02/2008 |
Encore pascal Nègre ! quel intérêt d'interviewer les multinationales du disque qui soutiennent tout sauf la création ?
mais quand les media comprendront-ils que c'est un maillon de la chaîne qui est un véritable parasite ?
qu'on ne peut que souhaiter la disparition de ce maillon qui fera respirer la création justement ?
et que face à la chute de la vente du cd, du péril de ce modèle, un autre système économique est à trouver, qui passe certainement par la taxation de supports comme cela se fait déjà, mais est tant décrié et ou de FAI… comme cela se fait dans TOUS les domaines économiques ?