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Suicides au travail : la banque peine à briser le silence
Par David Servenay | Rue89 | 08/03/2008 | 17H52
Après trois morts en quelques mois, les banques acceptent enfin de se saisir du problème. Et d'en parler.

Le 21 janvier 2008, jour où les bourses mondiales s'effondraient, un employé de la BNP Paribas s'est pendu dans son bureau. Trois semaines avant, de retour de vacances, les employés du siège de la HSBC découvraient le corps de Pierre, un cadre de la banque, dans les toilettes. A la Société Générale, un trader s'est jeté d'une passerelle l'an dernier. Une information confirmée… six mois plus tard. Un phénomène que directions et syndicats commencent à prendre au sérieux, après des années de silence.
Premier cas : un père de famille, conseiller dans une petite agence de l'Aveyron
Daniel avait 45 ans. Marié, deux enfants, il travaillait à la BNP Paribas depuis plus de vingt ans et presque autant dans la petite agence de Villefranche-de-Rouergue, dans l'Aveyron. Il était conseiller en patrimoine financier. Jeudi 17 janvier, il a rendez-vous à Albi avec deux responsables commerciaux pour son entretien annuel d'évaluation. La méthode est rôdée : chaque début d'année, les cadres se voient passer au crible des objectifs fixés l'année précédente.
La discussion se passe mal. Daniel n'a pas atteint ses objectifs commerciaux. Voici le récit qu'en fait Michel Genevrier, délégué CFTC de la banque :
La direction confirme, mais Antoine Sire, directeur de la communication, euphémise. Il nous rappelera trois fois. Première version :
« Ses performances n'étaient pas suffisantes, en particulier sur le fait de savoir si il avait respecté le nombre de clients fixés. »
Deuxième version :
« -Je ne peux pas vous laisser dire ça (la phrase précédente), l'entretien portait sur ses performances.
-Quelle fut la raison invoquée pour justifier une mutation ? -C'était lié à ses performances. Nous essayons d'avoir la vision la plus objective possible, ça peut être lié. On essaie de savoir et de comprendre ce qui s'est passé. Sans a priori. »
Troisième version, sur la foi des émissaires envoyés par la direction du réseau national :
« -La mutation a été évoquée dans l'entretien, elle n'a pas été présentée comme une sanction, mais comme une façon de renouveler son travail.
-Quelles relations avait-il avec ses supérieurs hiérarchiques ? -Je ne sais pas, on essaie de comprendre. »
Finalement, il semblerait que la direction et la CFTC aient les mêmes « éléments de langage ».
Avant de se pendre dans son bureau, le jour même où les Bourses mondiales s'effondrent et où la Société Générale liquide les positions de Jérôme Kerviel, Daniel laisse deux lettres. La première, que nous avons pu lire, est adressée à sa femme. Il y évoque un malaise personnel, mais surtout un contexte professionnel oppressant. S'il ne met pas en cause sa direction ad hominem, le ton est aussi sévère que désespéré : 
Dans la seconde lettre, adressée au responsable régional du groupe d'Albi, Daniel aurait exprimé son souhait de voir la banque prendre soin de l'avenir de ses enfants. Sa veuve a décidé de déposer une plainte contre X pour « harcèlement moral ». L'enquête est en cours.
Deuxième cas : un célibataire de 59 ans se tue à quatre mois de la retraite
« Je ne sais rien faire d'autre. » Est-ce la réflexion qui a traversé l'esprit de Pierre le 20 décembre dernier ? Ce cadre de la HSBC comptait trente ans de maison. Militant CGT, un temps gestionnaire du restaurant d'entreprise, il dirigeait une équipe de cinq personnes du back office. Bien considéré par sa direction, il déjeunait régulièrement avec ses supérieurs hiérarchiques directs. Sa demande de départ anticipé à la retraite avait été acceptée : il devait quitter l'entreprise en avril 2008.
Ce jeudi 20 décembre 2007, il disparaît. Le 2 janvier, au retour des vacances, les services de sécurité découvrent son corps dans les toilettes du restaurant inter-entreprises. La tête recouverte d'un sac plastique fixé par un ruban adhésif autour du cou. Les femmes de ménage ont bien signalé une porte fermée dans les toilettes, mais le régisseur a pensé qu'il pouvait y avoir du matériel pour des travaux. Et puis, ce sont les vacances…
Commence alors une étrange polémique entre la CFDT et la direction. Dans un tract incendiaire, les délégués CFDT accusent HSBC de « dissimuler » les faits :
« Dans la lettre laissée à sa hiérarchie, Pierre met en cause le climat devenu trop pesant dans son travail. »
Or, cette lettre, personne ne la détient hormis le procureur de la République de Nanterre qui, après enquête, a conclu au suicide. Et le syndicat de s'attirer -procédure rare- un droit de réponse de la DRH dénonçant un « tract scandaleux » et faux, puisque le CHSCT a voté le principe d'une enquête. Seule certitude dans cette affaire, le suicide intervient à un moment de rupture de la vie professionnelle (la retraite), d'un salarié à la fois très impliqué dans la vie de son entreprise et plutôt isolé sur le plan personnel.
Troisième cas : un trader ayant caché des pertes se jette d'une passerelle à la Défense
Pression, stress, implication forcenée dans le travail : des facteurs toujours présents dans ce troisième cas, le suicide d'un trader de la Société Générale. La banque avait organisé un black-out autour de ce cas, avec l'accord des syndicats, et « à la demande de la famille », précise son service de communication. Pourtant, quelques jours après la révélation du scandale Kerviel, fin janvier 2008, le groupe se voit contraint de reconnaître les faits.
En juin 2007, ce trader âgé d'une quarantaine d'années dissimule plusieurs positions de pertes, pour 19 millions d'euros. Convoqué par sa hiérarchie, l'explication est houleuse. Il ramasse alors ses affaires, sort du siège de la Défense et se jette d'une passerelle dans le vide. Le lien de causalité est évident, mais les syndicats acceptent de taire l'information, parce que « la direction a décidé de confier une enquête au CHSCT », précise Michel Marchet, délégué CGT à la Société Générale :
Pas facile de comprendre un suicide sur le lieu de travail. De démêler les facteurs personnels des contraintes professionnelles. L'argument revient chez tous les interlocuteurs. Et pourtant, selon le psychiatre Michel Debout, membre du Conseil économique et social, 400 suicides par an serait liés au travail, 400 sur 12000.
Jusqu'à l'an dernier, les banques étouffaient les affaires de suicide
Des précédents existent dans ce secteur, que la Société Générale ne reconnaît toujours pas. Selon Michel Marchet, depuis 2003, deux autres cas de suicide se sont produits. Le premier concerne un cadre supérieur d'un département de trading. Submergé par un poste à responsabilité où il se sentait dépassé, il est rapidement rétrogradé. Dépression, arrêt de travail d'un mois, suivi d'un mois de vacances, il se retrouve dans un placard à son retour. Au sens figuré comme au sens propre, puisque son bureau est situé dans un autre immeuble que celui de la tour SG. A bout, il saute par la fenêtre de son bureau.
Pour le délégué CGT, « la direction a réussi à étouffer l'affaire en niant le lien entre l'activité du salarié et son acte ». La direction prend-t-elle la chose au sérieux ? Réponse de Michel Marchet…
Même constat de la secrétaire générale de la Fédération Banques de la CFDT, qui note une tendance « médicalisante » des directions. Au lieu de s'interroger sur le collectif, souligne Véronique Descaq, les banques proposent des « solutions individuelles » :
Preuve du mutisme de la banque, son attitude au moment de la disparition d'un technicien du back office, qui met fin à ses jours en se jetant sous un métro. Dans un premier temps, la direction parle d'un accident. Mais les syndicats parviennent à se procurer l'audition du conducteur de la rame de la RATP qui ne laisse aucun doute. Là aussi, le lien avec les conditions de travail apparaît, l'employé s'estimant victime de harcèlement. Sur toutes ces histoires, le service de communication de la Société Générale se contente aujourd'hui encore d'un « pas de commentaire », « par respect pour les familles ».
Problèmes de managers et/ou d'organisation
Le professeur Michel Debout, spécialiste du suicide, rappelait l'an dernier dans un tchat sur LeMonde.fr que, dans la tranche des 40-45 ans, la première cause de mortalité des hommes est aujourd'hui le suicide :
« Nous devons nous mobiliser pour d'abord mieux connaître ces situations de souffrance au travail ; non pas tellement pour les dénoncer, mais surtout pour les prévenir. Cela suppose une prise de conscience à la fois sociale, mais aussi, dans chaque entreprise, il faut que les directions acceptent l'idée que certaines réalités de travail peuvent entraîner des troubles anxio-dépressifs et qu'on ne peut pas laisser des salariés se dégrader personnellement et psychiquement sans réagir. »
Au-delà du message compassionnel, les DRH hésitent à s'interroger sur les conséquences désastreuses de certaines méthodes de management. Alors que leurs effets sont disséqués depuis au moins dix ans par les médecins du travail. Le docteur Philippe Davezie, de l'Institut universitaire de médecine et santé au travail de Lyon, les analysait déjà très bien en 1998, lors d'un colloque consacré aux conditions de travail :
« Les salariés sont fréquemment écartelés entre un contrôle de la performance fondé sur des critères quantitatifs et ce qui constitue à leurs yeux les critères d'un bon travail. (…) La souffrance psychique apparaît liée à l'impossibilité de tenir à la fois les critères quantitatifs mis en place par la direction et les critères qualitatifs portés par le personnel. »
En cause : l'organisation du travail et le mode de gestion humaine. Deux approches se dévoilent chez les syndicats. D'abord, celle un peu paternaliste de la CFTC, qui estime que le problème se situe au niveau des hommes. Pour Michel Genevrier, il y a « les bons managers » et les « moins bons » :
L'autre approche est beaucoup plus critique. Hervé Hannoteaux, militant CGT, anime le groupe de travail « stress » de la confédération. Son analyse met en avant ce qu'il appelle « l'industrialisation des métiers de la banque » :
« Le virage remonte au début des années 2000, avec la montée en charge de la financiarisation du secteur. Il faut vendre, vendre, vendre. N'importe quoi, à n'importe qui. »
Même constat à la CFDT, où l'on préconise de revenir à une approche qualitative du travail, au détriment du mode quantitatif des fameux « objectifs ». Pour Véronique Descaq, cela va d'ailleurs dans le sens de ce que souhaite les clients des banques :
Un « observatoire du stress »
Seules réponses des établissements concernés : la création d'un « observatoire du stress ». La plus avancée est la HSBC qui, depuis cinq ans, propose un questionnaire anonyme dans le cadre de la visite du médecin du travail. Trois « domaines » sont mesurés : le stress, l'anxiété et la dépression. L'analyse des 2000 réponses annuelles est réalisée par un cabinet extérieur. « A Paris, dit Thierry Hauguel, adjoint au DRH, les résultats globaux sont un peu au-dessus de la moyenne. » A quoi cela sert-il ? Principalement à identifier les métiers les plus exposés. Les postes « d'interface » sont jugés les plus sensibles au stress, comme l'accueil et… la DRH ! A la Société Générale, trois postes spécifiques ont été identifiés par les syndicats comme générant du stress : les conseillers commerciaux, les postes de back office (avec une grosse quantité de travail, effectué dans l'urgence) et le trading. Quant à la BNP Paribas, elle étudie depuis six mois la possibilité de mettre en place, elle aussi, un « observatoire du stress » avec intervention d'un cabinet extérieur. La première réunion a eu lieu le 18 février dernier, un mois après la mort de Daniel.
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De nada
18H04 | 08/03/2008 |
Un employé se donne la mort ? Atroce et symptomatique. Chiffre,rendement, fric etc… Le fric c'est chic quand on est au pouvoir sinon c'est l'asile, la rue, le dé-espoir ! Putain qu'on les pende par les couilles jusqu'à ce que mort s'en suive ! ! ! ! ! !
à nada
De nada
18H50 | 08/03/2008 |
pendant que les autres crèvent, d'autres mangent au ratelier de sarko, hontes à elles ! ! ! !
à nada
De kassis01
19H29 | 08/03/2008 |
Faut-il considérer les suicides comme faisant partie de la variable d'ajustement des ressources humaines ? Ou alors, ne sont-ils pas plutôt des dommages collatéraux dans ces guerres que toute société capitalistique mène pour améliorer sa profitabilité ?
Quand un employé est victime de harcèlement que peut-il faire ? Doit-il s'adresser aux syndicats ? aux garants de la déontologie que toutes ces banques ont mis en place ? aux médecins du travail ? Que nenni. Il doit en parler son DRH.
MME Parisot qui veut moraliser les pratiques devrait se pencher sur la question.
On devrait inventer une journée pour les suicidés du travail. M Sarko devrait promettre que dans 2 ans tout cela se produira plus.
à kassis01
De pablico
20H27 | 08/03/2008 |
entre la paranoïa des petits chefs, et le rendement à tout va des plus grands chefs. Que faire ?
Tout le monde rentre les épaules, et attendant que cela passe.
Certains craquent. Ils ne sont plus que des pions, des robots même plus intelligent car ils ne peuvent plus prendre d'initiative.
Ils espèrent que le chômage va cesser pour pouvoir changer de place, d'emploi.
Pauvre nouveau capitalisme, qui va perdre son âme et sa force créative.
ps : conseil aux patrons qui me lisent : changez de petit chef au moins tous les 2 ans.
Vous verrez l'équipe repartira de plus belle. (je l'ai vécu)
comme dans une équipe de foot : -)
à pablico
De DBL8
Retraité | 07H52 | 09/03/2008 |
Ce n'est pas sûr que l'équipe reparte de + belle, il peut ce produire le contraire pour que « ce petit chef » fasse voir de quoi il est capable ! !
N'oubliez pas les assistances téléphonique, les employés sont tenus de faire un certains nombres d'appels par heure, en encaissant les propos TRÈS désobligeants des certains clients.
Signé : UN VIRES POUR STRESS ! !
à DBL8
De DBL8
Retraité | 07H54 | 09/03/2008 |
j'ai oublié de d'écrire que c'était l'AT informatique de la FNAC.
à DBL8
De pablico
12H29 | 09/03/2008 |
les personnes, dévalorisées ou brimées auront une nouvelle chance avec un nouveau p'tit chef, et n'essaieront plus de faire les mêmes erreurs(nouvelle chance).
c'est comme au foot, ce sont les joueurs qui jouent la partie, pas l'entraineur.
Il est juste là pour leur donner des conseils, les pousser, les valoriser ou les sanctionner.
Il faut changer de manager c'est souvent moins cher que d'avoir une mauvaise ambiance, donc mauvais travail ou travail sans talent et dépassement.
Le meilleur buteur du monde, sera nul avec une équipe traumatisée. Il sera merveilleux dans le dépassement collectif.
à nada
De river
cycliste à Paris | 20H24 | 08/03/2008 |
Un excelllent film documentaire à voir au sujet de la souffrance au travail :
« Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés »
Tout est dans le titre !
« Tour à tour, quatre personnes racontent leur souffrance au travail dans le cadre d'un entretien unique. Les trois professionnels spécialisés écoutent et établissent peu à peu la relation entre la souffrance individuelle du patient et les nouvelles formes d'organisation du travail. »
à river
De marie 75
3563
12H23 | 09/03/2008 |
un film à petite diffusion, mais si exact. Du vrai remportage ! A voir !
à marie 75
De Art-35_Constitution-1793
Pour une Republique Bonsensiste!! | 14H04 | 09/03/2008 |
J'ai personnellement vécu ce genre de stress et j'ai résisté grâce a mon fils qui n'avait plus que moi pour l'aider a devenir un homme. Le Patronat actuel, dans toute le branche agit de la même manière . Il fixe un objectif de manière arbitraire aux petits chefs avec stock options a la clef, ensuite ce n'est plus son problème. J'en étais arrivé a « fabriquer » a voir comme objectif la fabrication de « bonnes statistiques “ , on me demandait de réaliser x appels téléphoniques par jour, a ne pas passer plus de x minutes par appel, quel que soit la complexité du problème.. Pour finir j'ai reçu une lettre de licenciement pour faute grave alors que je sortais d'opération chirurgicale. J'ai du me battre pendant 4 ans au prudhommes pour obtenir réparation , la société a du rembourser les assedics et ça leur a couté plus de 200 000 euros ! Mais en fait peu de gens ont la force de lutter contre la mauvaise foi !
à Art-35_Constitution-1793
De caro
délinquante avérée | 15H06 | 09/03/2008 |
bravo, sincèrement, pour votre courage et votre ténacité qui ont porté leurs fruits.
Ma petite affaire de licenciement abusif (j'avais osé soutenir et assister aux entretiens de licenciement de 2 salariées) a été réglée en 1 an et demi (gagné en 1ère instance, négociation en appel de l'employeur grâce à un changement de directeur). Le harcèlement moral a été reconnu. C'est un réel soulagement quand on gagne : -)
Les Prud'hommes sont une des rares instances où les salariés peuvent obtenir justice et, bien sûr, c'est encore trop pour certains qui rêvent de les supprimer.
ATTENTION à ce qui peut se passer ! les élections prud'hommales auront lieu en décembre 2008 !
De otto didakt
citoyen en colère | 18H14 | 08/03/2008 |
c'est pas grave, il y a d'autres pions qui attendent devant l'A.N.P.E. pour prendre sa place…
pourquoi voudriez-vous qu'ils s'en occupent vraiment ?
les bons sentiments ne font pas les bonnes affaires…
à otto didakt
De pablico
12H27 | 09/03/2008 |
Tout est dans la qualité, et l'intelligence de groupe du manager de 2ème ligne(le chef du petit chef).
c'est lui qui nomme l'entraineur (comme au foot)
Mais souvent ils ne pensent pas à ce problème et ne veulent que des résultats.
Les résultats ne se trouvent pas que dans une tache, mais dans la qualité et le dépassement dans cette tâche.
Le meilleur buteur du monde, sera nul avec une équipe qui est traumatisée. Il sera merveilleux dans le dépassement collectif.
De otto didakt
citoyen en colère | 18H19 | 08/03/2008 |
entendu derrière une porte :
mon dieu, c'est bien regrettable, cela va faire une mauvaise image de marque pour notre entreprise !
nous devrions créer une commission …
à otto didakt
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H06 | 09/03/2008 |
Je crois que si j'avais entendu ça, je leur serais rentré dans le lard !
De William la révolte
18H20 | 08/03/2008 |
Sur ce sujet, un très bon article dans le Monde diplo de janvier ou février.
Le capitalisme est un système barbare qui tue et détruit les êtres humains, lesquels ne sont plus que des pions, des objets ou des outils. Le management, c'est ça. La compétitivité et la performance, c'est ça. Les ressources humaines, c'est ça. C'est notre modèle de société. Un modèle fascisant qui pourrait avoir comme devise : « Viva a muerte ! »
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H26 | 08/03/2008 |
Et s » il n » y avait que dans le secteur bancaire !
N » importe quel salarié conscient qui bosse depuis vingt ans a pu constater que l » ambiance au travail se dégrade d » années en années ..
Et ce ne sont pas les « cercles de qualité » , les « Psy dans les boites » ,Les « Numeros verts d'ecoute », « le coaching » voire les stages de« Clowns d'Entreprise » qui ameliorent quoi que ce soit, bien au contraire ..
Cette bande de parasites ,ça agit un peu comme les antidepresseurs qui provoquent des suicides .
Dans les entreprises : on ne rigole plus, on ne peut plus fumer, on ne peut plus boire un coup au bistrot en bas , on ne peut plus boire de vin le midi, on peut plus se détendre le vendredi après-midi quand on a bossé comme des dingues toute la semaine, on ne voit plus jamais le patron etc etc
Il reste comme échappatoire de déconner discrètement avec ses anciens potes par E-mail ou discuter sur Rue89 .
Les entreprises le savent tres bien , mais laissent faire tant que ça ne fait pas de bruit .
Et les anciens chefs du personnel sont devenus Directeurs des ressources humanoïdes ..
De DidierB63
Devant un écran | 18H32 | 08/03/2008 |
C'est le management « moderne » qui est en cause.
On nous parlons évaluation, de quelque chose de gentil, mais ce sont parfois à des mises à mort auxquelles on assiste dans les bureaux.
Deux choses menacent le « collaborateur » dans l'entreprise d'aujourd'hui. Son age et son rapport performances/salaire.
Qu'on le veuille ou non, les salaires évoluent avec le temps. Passé un certain niveau, les directions trouvent que vous coutez trop cher, même si vos performances sont acceptables et que vos objectifs sont remplis.
Alors, la pression monte. Les objectifs changent en cours d'année, on vous reproche votre manque d'implication, le moral en baisse de votre équipe, le manque de clients dans le magasin/l'agence. Dans le même temps, on commence à noter toutes les petites erreurs que vous faites (et qui n'en fait pas). On vous les reproche au cours d'un entretien formel, et on vous demande de redresser la barre ou on vous propose de changer de poste/magasin/agence.
Et la pression monte encore d'un cran. C'est la direction qui vous talonne, physiquement et moralement.
Si vous ne craquez pas le premier, on se décide à vous virer. Avant le delai qu'on vous a fixé, pour que vous soyez désemparé. De toute façon, c'est l'idée : Que vous partiez, pour mettre quelqu'un de plus jeune et de moins cher à votre place. Ou ne mettre personne d'ailleurs.
On se fout que vous alliez aux prud'hommes, on veut que vous partiez. C'est tout !
Les bénéfices sont plus important que le reste. Et peu importe toutes les grandes idées sur les ressources humaines, sur l'esprit d'entreprise et les équipes solidaires, sur l'entreprise proche de ses collaborateurs (on ne dit plus salariés ou employés, c'est grossier).
Euh, désole, je m'emporte… Expérience encore douloureuse pour moi, viré après 14 ans parce que je n'étais plus assez « bon ». Au moins, je ne me suis pas buté comme ces pauvres gars.
http://polemiquons.over-blog.com/
De karlM 21378
18H51 | 08/03/2008 |
Le suicide est la première cause de mortalité des 15-45 ans. On dénombre 15 000 morts et plus de 200 000 TS par an. Dans un monde qui privilégie la compétition à la coopération, faut pas s'étonner.
à karlM
De lamichael
09H59 | 09/03/2008 |
15000 multiplié par leurs cotisations retraites = le train de vie de bling-bling.
Et ce dernier ne pense pas au suicide.
De Jean-Jacques Reboux
Ecrivain et éditeur | 19H09 | 08/03/2008 |
Il y a également eu beaucoup de suicides ces dernières années à France Telecom. Récemment, aussi, à la Poste (un cadre au moins s'est suicidé, en janvier)… Ne parlons pas du nombre de dépressifs dans les ANPE, en augmentation quasi-exponentielle… Dans les boîtes comme Bouygues Telecom aussi, Lexomil, Tranxène et Témestat sont les rois !
Mais les suicides dans le monde du travail ne doivent pas non plus faire oublier ceux dans le monde du « non-travail », tous ces gens (difficile à quantifier) qui se foutent en l'air parce qu'ils n'ont pas de travail, plus de moyen de subsitance, plus de quoi s'acheter à bouffer, de logis, etc…
Moi, ce qui m'étonne le plus, c'est que la violence contre les opprimés de notre société n'engendre pas plus de violence CONTRE les oppresseurs de tout poil…
C'est un débat qui n'est pas souvent évoqué, je trouve… On peut raisonnablement craindre (ou espérer…) que tout cela va finir par péter, non ?
à Jean-Jacques Reboux
De JeanCardinal
00H18 | 12/03/2008 |
Ben justement non. Les relations sociales n'existent plus ou sont très dématérialisées. La télé marche sans cesse ou … internet.
La violence dans ces conditions au lieu de s'extérioriser se retourne contre soi-même : suicide, drogues, comportements dangeureux. Tant qu'elle se retourne contre l'individu rendu violent, ça ne risque pas de « péter ». Ou alors de façon anarchique et sporadique. Genre émeute de banlieues.
Pour faire une révolution, il faudrait être moins petit joueur et jouer plus collectif. Or l'individualisme est devenu une vertu gratifiée (on comprend pourquoi) et on s'acharne à discréditer les mouvements collectifs (partis et institutions politiques, syndicats, églises, idéologies, etc.). Donc l'aide au suicide est un secteur de marché à prendre (préparons nous les progrés des partisants de l'euthanasie, à coup de faits divers montés en épingle, nous assurent qu'il pourra devenir légal d'ici une dizaine d'année).
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 19H16 | 08/03/2008 |
Le poids de la hiérarchie fait que les salariés français sont les plus maltraités et pas que les salariés d'ailleurs, les citoyens en général, il n'y a qu'à voir comment se conduisent les entreprises envers les consommateurs dans tous les secteurs.
La consommation de l'électricité diminue pour faire des économies et bien les tarifs augmentent, idem pour l'eau.
Vous avez un contrat d'assurance ou autre, le piège est écrit en tout petit, pour vous faire rembourser c'est galère, toujours une raison pour que votre assureur ne le fasse pas.
C'est en France encore, que les pollueurs comme Monsento et autres chimiquiés sont les plus puissants, au nom de l'argent on les laisse faire.
Tout le monde avance masqué et les citoyens sont obligés de se battre dans tous les domaines, comme s'ils n'avaient pas assez de problème.
Seuls les gens friqués ou ayant des relations s'en sortent.
On ajoute à tout cela les tensions au travail et tout bascule.
Tant qu'on imposera pas des garde-fous, ça continuera.
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/07/THEBAUD_MONY/14949
Triste record pour la France, qui vient en tête des pays dans lesquels le suicide – notamment chez les hommes actifs – est en croissance continue depuis 1975. Leur nombre a atteint onze mille par an en 2000, « soit plus de un par heure », indiquent les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet. « Il s'agit, partout et toujours, de contradictions graves entre les exigences de la vie sociale et le destin individuel (1). » Selon les données récentes fournies par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le nombre de décès par suicide se stabiliserait autour de douze mille cas par an.
à Les Chats
De karlM
21378
10H44 | 09/03/2008 |
12000 c'est le chiffre officiel et depuis 2004, les 25-35, sont aussi rentrés dans le rythme des 15-25 ans (autant de suicidés que d'accidentés)et des 35-45. D'ailleurs Raffarin avait lancé une commission d'étude sur ce sujet dramatique, je n'en n'ai jamais entendu reparlé.
De athénaïs
19H20 | 08/03/2008 |
Il n'y a pas que le secteur bancaire, les salariés connaissent très souvent une souffrance au travail qui s'accroie au fil des ans.
Les politiques de management consistent à faire reposer sur la base, donc les employés et les cadres de proximité toutes les contradictions des systèmes.
Il s'agit de devoir par exemple faire vite et bien avec des moyens très insuffisants pour un employé ou pour un cadre de motiver son équipe avec une enveloppe d'augmentation individuelle de salaire aussi épaisse qu'un sandwich SNCF tout en préservant un climat social serein !
Les collectifs de travail sont détruits de sorte que les salariés sont extrêmement isolés. Les objectifs individuels font que c'est « chacun pour soi » et la stratégie individuelle qui se développe est qu'il ne faut rien dire de ses propres faiblesses ni ses propres angoisses. Je vous raconte pas dans quel état on les récupère ds fois…..
Il peut arriver qu'un salarié qui se suicide ou tente de se suicider laisse une lettre mais bien souvent, elle est aux mains du conjoint dont la situation est souvent dramatique. Facile d'acheter le silence dans ce cas.
Et regardez donc d'un peu plus près les conditions de travail des salariés qui sont sur les plate formes téléphoniques. Il ne faut surtout jamais s'adresser aux RH qui sont formés au mensonge et à la docilité, adressez vous quand vous en aurez l'occasion aux salariés eux même…
C'est du Zola version XXIème siècle.
Il faudra combien de morts et de luttes pour que cela change ? Ni plus ni moins que celles qu'il a fallu mener pour obtenir des congés payés, le droit de grève, le droit de s'organiser en syndciat, le droit de vivre décemment.
C
De skalpa
actif et militant ? | 19H24 | 08/03/2008 |
Comme disait l'autre

http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 11H49 | 09/03/2008 |
Téléperformance - le management moderne filmé par Pierre Carles :
http://www.youtube.com/watch ? v=XEooc1oGlEo&feature=related
De NicolasB
Lycéen à Paris | 19H27 | 08/03/2008 |
C'est bien triste. Ce n'est pas surprenant qu'il y ait des suicides dans le monde de la banque. Cet univers est stressant et turbulent. Les traders, par exemple, sont ceux qui ont un pression énorme. Et, parfois, quand tout semble s'écrouler, certains employés se poussent au suicide.
Afin de réduire ces suicides, il faut que les banques - ainsi que d'autres domaines d'entreprises concernés - créer des services pour leurs employés qui les aident à se raisonner, à perdre le stress de la vie quotidienne.
De caro
délinquante avérée | 19H32 | 08/03/2008 |
Tout le système est pourri ! il n'y a pas que dans les banques que les employés se suicident ! c'est dans tous les secteurs professionnels, mais les dirigeants, eux, ne sont pas touchés par cette vague, ils ne tiennent pas les objectifs, ils mènent les entreprises à la ruine et partent avec des parachutes en or.
Le travail par objectifs est une aberration si on n'exige que du quantitatif, sans tenir compte du qualitatif. Et ce système d'entreprise est même étendu à des secteurs du genre social, hospitalier où les subventions seront octroyées aux résultats (nombre de contrats, d'actes réalisés …)
Il faudra combien de suicides pour que les salariés de tous les secteurs expriment leur ras-le-bol ? Le Travail ne peut être le centre de la vie… La preuve !
De talonette66
animatrice | 19H33 | 08/03/2008 |
suite à l'(article et à votre intervention monsieur reboux, je me dis quoi 400 suicides dûs au travail ? sachant que personne ne veut ou peut démêler ou tester l'éprouvette du travail et de l'intime (traduisez aussi santé mentale), je pense que ce chiffre est une insulte aux personnes qui souffrent au travail…les suicides chez les policiers, les enseignants, et bien sûr, les personnes qui ne sont plus dans l'éprouvette travail, qui sont dit on « hors de la valeur travail » , vous me suivez ? quand je pense que le dogme « rétablir la valeur travail » est asséné aux personnes comme si elles en étaient responsables, quand je pense à tous ces bons petits soldats qui s'y plient jusqu'à se détruire
et si on demandait à la sncf combien de train sont empêchés de circuler pour « accident corporel » (je ne sais plus le terme mais il y en a un si si), à savoir le nombre de suicide sur les voies, c'est semble t il très très courant