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Les cinq milliards du BTP qui enrichissent le Medef
Par Patrick Couturas | Menuisier à Eyjeaux | 11/03/2008 | 12H38
Le menuisier Patrick Couturas répond à un internaute après la publication de son témoignage dans notre enquête sur les caisses de congés payés du bâtiment. On y apprend que les caisses de congés placent des milliards dans des établissements financiers… où l'on retrouve des présidents des caisses ou des organisations professionnelles du BTP.

Patrick Couturas est menuisier à Eyjeaux, près de Limoges. Trois jours après la publication de son témoignage, dans le cadre de notre enquête sur les caisses de congés payés du bâtiment, il a reçu une réponse du ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité l'assurant que son « dossier allait faire l'objet d'un examen attentif par les services de la Direction générale du travail ». Mais depuis, rien n'a vraiment changé : Patrick Couturas est convoqué le 23 mars prochain au tribunal de commerce de Limoges pour répondre à la demande d'affiliation des caisses du BTP. En attendant, il nous a envoyé ce texte, réponse à Eliott, un internaute qui avait commenté notre enquête.
@ Eliott
Il paraît nécessaire de développer l'affaire des congés payés du BTP. A ce jour, la presse nationale ne s'est pas emparée du sujet. Pour quelles raisons ? Le sujet est-il difficile à traiter ? La presse nationale est-elle indépendante ? Le Bâtiment et les Travaux Publics ont-il de l'ascendance sur la PN, la PQR, la radio, la télé… ?
Historique des caisses de congés payés du bâtiment et réalités d'aujourd'hui
En 1936, date à laquelle les congés ont été créés, les employeurs recrutaient la main d'œuvre sur place. Un ouvrier pouvait avoir un travail pendant trois mois, puis à la fin du chantier, changer d'employeur.
C'est pourquoi l'article L. 223-16 du Code du travail dit que :
« Des décrets déterminent les professions, industries et commerces, et en particuliers ceux où les salariés ne sont pas habituellement occupés d'une façon continue chez un même employeur au cours de la période reconnue pour l'appréciation du droit au congé(…). »
A cette époque, sans doute, jusque vers le début des années 1970, les ouvriers avaient des contrats de louage de service. Aujourd'hui, les salariés sont en CDI. Ils ont toujours le même employeur, ils se déplacent de chantiers en chantiers par leurs propres moyens. Ce ne sont pas des créanciers ordinaires. Je cotise à l'AGS pour garantir les créances que mon salarié pourrait avoir sur mon entreprise. Caisse ou pas caisse de congés, je dois respecter la Convention collective des ouvriers du Bâtiment qui prévoit le nombre de jours de congés, la prime de 30% sur quatre semaines, les jours de fractionnement, etc.
Pour faire valoir ses droits un salarié peut saisir le Conseil des Prud'Hommes. La preuve, à la Caisse de congés de Nantes, les salariés ont demandé devant ce tribunal de passer aux 35 heures. Cette Caisse ayant refusé, les représentants de la Caisse de Nantes ont été condamnés à verser à leurs salariés 200 000 euros et à refaire trois ans de bulletins de salaire.
Banalité certes ! Mais pour un système qui, paraît-il, garantit les droits des autres, c'est assez singulier ! On peut imaginer un patron qui n'a pas payé ce qu'il doit à ses salariés dans une petite entreprise. Quelle ambiance sur le toit à 35 mètres au-dessus du sol, alors qu'un compagnon fait passer les ardoises à son patron en lui demandant s'il va lui en laisser une…
Aujourd'hui, pour utiliser une expression hideuse, la « variable d'ajustement » dans le bâtiment est constituée par les intérimaires qui « changent souvent d'employeurs » et n'ont pas de caisse de congés payés.
Ils reçoivent 10% en plus de leur salaire.
Dans ce contexte, quelle est l'utilité de la Caisse de Congés Payés du BTP ?
Les décrets fondateurs des caisses de congés payés du bâtiment sont-ils en concordance avec la Convention EDH ?
La Convention de Sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales (Convention EDH) est entrée en vigueur le 3 mai 1974.
Avant toute chose, il convient de dire qu'une distinction doit être faite entre d'une part, la collecte de l'argent social pour congés et d'autre part avec les cotisations OPPBTP et celles destinées à l'indemnisation du chômage pour intempéries.
Ces deux dernières poursuivent un but légitime. C'est sur l'organisation qu'il y a à redire.
Mais, c'est un autre débat.
Les caisses de congés payés sont des associations loi 1901 qui pratiquent l'affiliation obligatoire.
Certes, c'est prévu par la loi. Mais est-ce que l'ingérence de l'Etat à la restriction de la liberté d'association est bien nécessaire à la protection du droit aux congés des salariés ? L'article D. 732-6 du Code du travail précise que :
« Toutefois, en cas de défaillance de l'employeur dans le paiement des cotisations, elle verse l'indemnité de congés payés au prorata des périodes pour lesquelles les cotisations ont été payées, par rapport à l'ensemble de la période d'emploi accomplie pendant l'année de référence (…). »
En clair, pas de versement de l'argent social des congés, pas de congés payés pour les salariés.
La caisse n'est qu'un organe administratif.
Or la Cour de cassation a dit qu'il n'y avait pas violation par les caisses de congés du droit d'association négatif (c'est-à-dire, le droit de ne pas adhérer à une association ou de la quitter).
La liberté d'association est garantie par l'article 11 de la Convention EDH. Et que dit la doctrine ? Dans une note de Droit social de novembre 2006, intitulée « Le Modèle syndical danois terrassé par le droit d'association négatif » et concernant un arrêt de la Cour EDH du 11 janvier 2006, les professeurs Jean-Pierre Marguénaud et Jean Mouly à la faculté de droit et des sciences économiques de Limoges (OMIJ) s'expriment en ces termes :
C'est ainsi que la chambre sociale de la Cour de cassation a eu à se prononcer par un arrêt du 22 février 2006 (n° 559 F-P + B.) sur le point de savoir si l'adhésion aux caisses de congés payés imposée aux employeurs par l'article D. 732-3 du Code du travail est conforme aux exigences de l'article 11. Par un attendu plus soucieux de sauvegarder le système français que de vérifier rigoureusement la compatibilité avec les exigences européennes, la chambre sociale a estimé que la restriction à la liberté d'association des employeurs était justifiée, au regard de l'article 11-2 de la Convention, par la nécessité de protéger les droits et la santé des salariés. On pourra regretter que la Cour de cassation ait un peu trop cavalièrement évité de répondre à l'invitation du pourvoi de vérifier s'il n'existait pas d »autres moyens d'assurer la protection des droits des salariés. »
Chacun appréciera… Quelle est la logique de la Cour de cassation compte tenu de ce verdict ? Il va falloir des caisses de congés dans toutes les entreprises privées de France ! Si ce n'est pas le cas, n'y aurait-il pas discrimination ? Voir l'article 14 de la Convention EDH.
En attendant l'argent social des entreprises du BTP n'est pas dans leur trésorerie mais dans les caisses de congés. N'y aurait-il pas ici encore, violation de la propriété garantie par l'article 1 du Protocole additionnel n° 1 ?
Le processus de confiscation de l'argent social des congés dans le BTP
Les caisses de congés confisquent l'argent social par le « mouvement perpétuel » suivant : la collecte autoritaire par ces associations de l'argent des congés s'effectue du 1er avril de l'année N au 31 mars de l'année N + 1 pendant la période d'acquisition des droits.
Cet argent n'est redistribué qu'à partir du 1er mai de l'année N + 1 jusqu'au 30 avril de l'année N + 2, période d'utilisation des droits à congés.
Simultanément à la période de distribution, les caisses de congés collectent l'argent social de la nouvelle période d'acquisition…
De ce fait, les entreprises sont privées de l'usage et du fruit de l'argent de leur travail, deux des trois attributs du droit de propriété.
Ainsi une entreprise de 12 salariés perd en moyenne et en permanence 45 000 euros.
Si ces caisses de congés cessaient de la « persécuter » financièrement, cette somme reviendrait définitivement dans sa trésorerie.
Pendant ce temps les associations caisses de congés placent environ 5 milliards d'euros dans divers établissements financiers comme, par exemple BTP Banque dans laquelle on retrouve des présidents des caisses ou des organisations professionnelles du BTP.
Ainsi, une entreprise débitrice à la banque paye des agios sous la gouvernance d'administrateurs de caisses de congés. Ces derniers, d'une certaine manière font bénéficier la banque des agios d'un côté et, de l'autre collectent les intérêts créditeurs sur les comptes rémunérés des caisses de congés. Ces personnes profitent deux fois de l'argent du même beurre ! Aux intérêts des placements s'ajoutent les cotisations syndicales calculées sur l'argent social prélevé par les caisses. Pour ceux qui veulent, et parfois même à l'insu de leur plein gré, ces cotisations CAPEB, FFB, FNTP, FNSCOP varient de 0,55 à 1,20% prélevées sur l'ensemble de l'argent social des congés. Ce dernier approchant 5 milliards d'euros, cela doit faire une somme conséquente.
Et sur cette somme, la FFB et la FNTP reversent des cotisations au MEDEF en tant qu'adhérentes ! Quels sont ces montants à l'année ?
Qu'attendent les entreprises du Bâtiment et des Travaux Publics de Madame Parisot ?
Madame Parisot, au conseil exécutif du MEDEF, siègent sous votre autorité Christian Baffy, président de la FFB, et Patrick Bernasconi, président de la FNTP.
Vous voudrez bien leur demander s'il y a lieu de maintenir ces organisations dont l'avis de la doctrine en matière de libertés et droits fondamentaux « contredit » l'arrêt de la Cour de cassation du 22 février 2006 ? Vous avez dit « besoin d'air ». En effet, l'argent des congés est aussi notre outil de travail.
Vous avez dit qu'il faut supprimer des pages du Code du travail ! N'auriez-vous pas ici une belle occasion de mettre vos actes en adéquation avec vos paroles ? Depuis le temps que je travaille dans le bâtiment, j'ai contribué, comme l'ensemble de mes collègues, à la richesse du MEDEF. J'ai donc légitimité pour moi-même, comme pour eux, de vous demander : - d'établir douze bulletins de salaire au lieu de 10,8 pour nos salariés ; - de payer directement les cotisations à l'OPPBTP ; - pour ceux qui cotisent afin d'indemniser le chômage pour intempéries, d'avoir le choix de son assureur, comme pour la décennale ou de provisionner pour couvrir ce risque ; - de déclarer directement ses salariés à la médecine du travail ; - mais aussi, de demander au président de « Congés Intempéries BTP – Union des Caisses de France », Jean-Jacques Raub et au ministre du Travail, ministre de tutelle des caisses, Xavier Bertrand, de nous rendre notre argent.
► Lire aussi :
Les congés des ouvriers du BTP financent le Medef
Des patrons du BTP confirment les dérives des caisses de congés
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De Marine 2012
Hymen troué par neuf hymen refait à... | 12H49 | 11/03/2008 |
Une fois de plus, c'est l'argent qui gouverne. Madame Parisot est un pantin et n'a aucun contrôle sur ces magouilles qui sont ammenées à continuer.
à Marine 2012
De weby_love
14H53 | 11/03/2008 |
J'pense qu il serait naif de penser que L.Parisot « n'a aucun contrôle sur ces magouilles “ , ELLE EST LA VERTEBRE DE LA MAGOUILLE , elle l'a créé, l'alimente et l'a cache …….
à weby_love
De Marine 2012
Hymen troué par neuf hymen refait à... | 15H20 | 11/03/2008 |
La théorie du complot est tenace !
à Marine 2012
De cooper59
pour la decroissance ! | 21H06 | 12/03/2008 |
Parizot qui n'aurait aucun controle ? là c'est plus une theorie du complot , c'est la ptite maison dans la prairie ! Parizot connait toutes les ficelles du Medef .
De marie 75
13H05 | 11/03/2008 |
Ca me paraît un rapport de pouvoir entre Parisot et l'UIMM…
Le reste, elle s'en fout !
Il faut occuper la tête des gens, durant les élections , lui a demandé son pote SarKoL'ump.
Il faudrait tirer toute cette affaire au clair !
De snipoza
décroissant sang d'Angers antipyram... | 13H41 | 11/03/2008 |
artisans du BTP, sorte de « malgré nous » de la guerre économique comme les Alsaciens dans l'opposition teutons-froggies. le medef a donc instauré son STO pour les électriciens plombiers plaquistes maçons charpentiers etc…on voit bien que nous vivons sous le régime de l'Occupation, et que les véritables dirigeants de notre vie quotidienne y compris de travail sont des occupants/squatteurs/parasites. medef uimm, OMC, world bank, et puis les clubs bilderberg bohémian trilatérale etc…pourtant il y a une solution très très simple pour « traiter » cette tâche : suppression totale des charges salariales et patronales, transfert global des cotisations sur les revenus du capital, qui représentent environ 50 fois les revenus du travail si je ne m'abuse. je pense qu'il suffit d'en parler pour que celà advienne, et que nous n'aurons même pas besoin de brandir la tête de Gautier-Sauvagnac au bout d'une pique, même s'il fait partie de ce monde rétrograde et fratricide qui vante encore un chant barbare appelé « la marseillaise » allons zenfants marchons en des sillons plus larges et plus beaux, détruisons le medef avec le stock de roundup ainsi nous détruirons de concert le medef le roundup et monsanto, la vie sera plus belle pour les artisans les petits patrons les ouvriers les femmes et les fleurs, et nos enfants envers lesquels nous avons la responsabilité de jeter nos ordures ménagères.
De Rémi Hesse
13H46 | 11/03/2008 |
Il y a une question surprenante :
Pourquoi ?
Pourquoi un entrepreneur dans le domaine du BTP serait ianpte à gérer lui même ses congés payés ? ?
Pourquoi un entrepreneur du btp ne peut il pas choisir lui même s'il adhère ou non à une organisation syndicale ?
Pourquoi la caisse des congés payés récolte t-elle les cotisations d'autres organismes ? est ce son rôle ?
Pourquoi seul Rue89 s'interresse à ce problème ?
Pourquoi les autres médias ne s'interressent ils pas à ce racquet ?
Pourquoi ? Pourquoi ?
à Rémi Hesse
De jcs03
PME LILLE 59 | 22H30 | 12/03/2008 |
Parce que c'est « chasse gardée “
Les traqueurs que nous sommes ( artisans , patrons de TPE et autres)ne sommes là que pour rabattre les fonds assez tôt pour qu'ils puissent générer tout à fait légalement des profits qui nous dit-on, servent à faire fonctionner la machine ( les salaires du personnel en place ; en principe…… )et pas la notre.
Les comptes de gestions détaillés sont ils seulement accessibles à tout un chacun ? ? des âmes éclairées pourraient alors nous les décortiquer. J'ai lu ici que cela faisait 70 ans que le système était sujet à contestations ou critiques, pourquoi rien ne bouge alors ! ! !
Régulièrement nous sommes cités comme faisant partis des 1ers employeurs de France, que si la relance doit intervenir elle passera par le bâtiment, alors pourquoi ne pas jouer le jeu en ouvrant la voie….
Tirons un trait sur l'avant 2008, ( de toute façon il ne peut y avoir d'effet rétroactif, pour cause de comptes obscures vidés de contenus dérangeants, des grands noms de nos donneurs de leçons, nous ne nous abreuverons que d'un vague jus au goût d'eau de boudin.) et mettons en place un système plus en accord avec notre époque.
Serions nous dans le Bâtiment des êtres assez idiots et ignares dans la gestions des CP de nos quelques salariés, nous sommes assez grands pour prendre le risque d'être artisans ou patrons de TPE,de nous battre auprès de nos fournisseurs pour tenter d'avoir des prix sur nos fournitures, de TRAVAILLER PLUS, pour faire grossir nos petites structures, et donc d'embaucher de nouveaux salariés, mais assez idiots pour provisionner et gérer le reste ! ! ! ! !
Nous sommes de grands niais, et espérons que cette bizarrerie obligataire soit un jour prochain examinée et réformée, que ce ne soit pas un fétu de paille dont les cendres se disperseront après la bataille des chefs et vieux barons d'un système révolu, et que les annonces électorales de tous bords nous promettant un changement vers plus d'équité et transparence ne soient identiques aux résolutions de nouvel an qu'il est de tradition de souhaiter, mais qui ne modifient en rien les habitudes et comportements déjà en place.
Retour vers le futur ? ou départ vers le moyen-âge ? Je rêve à croire que c'est un bien mauvais film.
De parousnik
14H07 | 11/03/2008 |
Tiens ils ne détournent pas ce « fric » pour construire des logements ?
De tet2vô
14H27 | 11/03/2008 |
La question du placement de cette trésorerie « kolossal » n'est pas traité dans dans votre enquete et pourtant c'est là que le vraie scandale éxiste :
Les Caisses ne peuvent pas faire de placement et pourtant la gestion de cette trésorerie génere des profits importants et expliquent la raison pourlaquelle on retrouve les administrateurs des Caisses dans le Conseils des Banques.
Il y a deux sources de produits pour cette gestion : le placement en trésorerie et les plus values en capital de ces placements.
Il y a de nombreuses années deja les Caisses bénéficiaient d'un statut particuliers puisq'elles pouvaient inevestir dans des obligations d'Etat exonérées de retenue à la source(10%).
Pour eviter que les bénéfices soient trop voyants les administrateurs sont donc condamnés à dépenser n'importe comment !
Il serait intéressant que vous compléteriez votre enquéte sur ce probléme et vous verriez que si les Caisses de l'Etat sont vides c'est que l'Etat le veut bien.
Il y a aussi le scandale du Crédit Immobilier de France qui comme beaucoup de ces scandales est retombé sans que l'on connaisse les conclusions, le seul perdant étant encore l'Etat, le CIF ayant depuis réinvesti, n'importe comment, ces sommes gagnées dans des cabinets d'administrateurs de biens
De tet2vô
14H32 | 11/03/2008 |
A la place de « les Caisses ne peuvent pas faire de placement … » il faut comprendre « les Caisses ne peuvent pas faire de profits ….. » dans le commentaire précedent.
avec toutes mes excuses
De Patrick Couturas (auteur)
Menuisier à Eyjeaux | 20H34 | 12/03/2008 |
@ tet2vô
Bonsoir Tet2vô
Bonnes questions.
Pour ce qui concerne les placements, ce sont ceux qui sont prévus par les statuts ou qui sont autorisés, dès lors qu'il s'agit d'une association loi 1901.
Ce n'est pas ici, à mon avis, que se situe le scandale.
Le scandale, c'est la confiscation de cet argent. Il devrait être dans les trésoreries des entreprises du BTP.
Les caisses peuvent faire des placements. C'est la partie vitale de son activité. C'est ce qui lui permet de se financer, de mener grand train, de prêter son concours aux organisations professionnelles membres de droits des caisses. Ces revenus avec les cotisations syndicales font vivre également le Medef. Une caisse de congés, c'est d'abord et avant tout une fonction bancaire sans être une banque. Ces caisses collectent, placent, collectent à nouveau et reversent la première collecte et ainsi de suite.
Une association loi 1901 ou de droit local ne fait pas de bénéfices. Elles n'ont que des excédents de trésorerie.
Si les caisses de congés ont des plus values du capital c'est qu'elles ont investi en bourse sur des produits risqués. Je ne pense pas que ce soit autorisé.
Les caisses ne sont pas soumises à l'impôt sur les excédents de trésorerie. D'ailleurs, je n'ai pas entendu dire qu'une association pouvait faire l'objet d'un contrôle fiscal.
Les administrateurs ne sont pas obligés de dilapider les excédents de trésorerie. Ils sont autoriser à les mettre en réserve.
Le problème, c'est qu'en 1990, les placements étaient à 10 %. A ce moment, les caisses ont aligné leur train de vie sur ces volumes.
Mais depuis les taux se sont réduits jusqu'à moins de 2 %. Mais le train de vie des caisses est très probablement resté le même.
C'est la raison pour laquelle la caisse des Sociétés Coopératives des entreprises du BTP a dû reprendre sur ses réserves pour éponger le déficit ces dernières années. Cette caisse a au moins le mérite de publier ses comptes.
De Zorbanet
14H36 | 11/03/2008 |
aujourd'hui, c'est ça, la politique. Tout faire pour que fric des contribuables ou des travailleurs serve à … enrichir… les riches.
Dans le même ordre d'idée, je vais vous raconter une histoire belge. Une histoire pas drôle du tout qui représente aussi… 5 milliards.
Ca s'appelle « Les 5 milliards des belges qui enrichissent Suez »
De 1969 à 1980, Electrabel construit 7 centrales au charbon et 7 réacteurs nucléaires en Belgique. Leur durée de vie est estimée entre 30 et 40 ans. Il est cependant décidé de les amortir en 20 ans seulement. Aux frais de qui ?
Aux frais du contribuable, bien sûr.
Une fois les centrales amorties, les ménages belges auraient dû bénéficier d'une facture d'électricité revue à la baisse.
Mais, manque de chance, en 2007, le marché est libéralisé, Electrabel perd son monopole et est donc revendu à … Suez !
En fermant les yeux sur ce transfert illégitime, les responsables politiques belges ont renforcé Suez, et
on a « oublié » l'avantage acquis par Electrabel grâce à l'effort des ménages belges.
Aujourd'hui, Suez s'appuie sur la « vache à lait » belge Electrabel pour s'implanter en Europe, grâce aux sous … des ménages belges.
De Comme on dit si bien en anglais : « it's abolutely different, but it's exactly the same »
Traduction e, gros, ca n'a rien à voir, mais c'est tout à fait la même chose.
Pour plus d'infos, visitez le site http://www.eletrobel.be (et c'est vrai qu'elle est trop belle, cette histoire ! )
De gife
15H58 | 11/03/2008 |
et le chanoine était au courant depuis 2004 lors de son bref passage a bercy , il a laissé dormir ce dossier.
c'est ce qu'il appelle la rupture.
et je crois me souvenir qu'à l'époque, il consacrait surtout son temps a acheter des écrans plats avec son ex, pour mettre dans chaque pièces de son appartement de fonction.
tres bon article de mariane sur la connaissance de sarkozy des 2004 a propos de cette cagnotte.
et j'ai envie de vomir
De gife
16H05 | 11/03/2008 |
madame parisot du haut de votre indignation télévisuelle,
pouvez vous maintenant passer a l'action, et porter plainte pour détournement de fond ?
allez y un bon coup de pied dans ces magouilles
de politicards, qui nous bousillent la démocratie.
je crois que vous ne pouvez rien faire.
d'abord vous étiez surement au courant,et de plus vous seriez terrorisée de tout exploser .votre avenir en dépend tellement.
et j'ai encore envie de vomir
De CeQueJenPense
16H19 | 11/03/2008 |
Que fait notre super Nicolas, ne serait-ce pas là une vrai réforme à mettre en œuvre ? évidemment, elle toucherait aux intérêts de certains de ses copains, donc ma suggestion n'a pas se sens ! !
De DidierB63
Devant un écran | 16H31 | 11/03/2008 |
5 milliards ? C'est tout ?
Vous n'allez quand même pas chipoter pour un pourboire de trader…
Laissez donc le gouvernement gouverner et les patrons (du MEDEF) patronner, l'avenir sera radieux.
http://polemiquons.over-blog.com/
De Thorgal46
Informaticien dans le Lot | 17H22 | 11/03/2008 |
Ces milliards d'euros qu'on ballade impunément sous nos yeux sont à mettre en parallèle avec les quelques denrées alimentaires que cette caissière de Carrefour a volé parce qu'elle n'arrivait plus à « joindre les deux bouts »…
Elle risque purement et simplement le licenciement !
Un Gautier Sauvagnac continue à percevoir un salaire mensuel de milliers d'euros alors qu'il a détourné des sommes colossales et cette femme déjà dans les difficultés va se retrouver sans emploi !
C'est ça la France dont un des mots de la devise était EGALITE ! ?
De Cherche-Midi
17H53 | 11/03/2008 |
Et pendant ce temps, le Secrétaire Général de l'Union des Caisses de France du réseau Congés Intempéries BTP touche 108 K€ bruts annuels…
à Cherche-Midi
De Chatguy
09H19 | 12/03/2008 |
leur nouvelle devise, c'est travailler moins pour gagner plus lol
De J.C.M.
18H52 | 11/03/2008 |
Bonjour Patrick.
Un texte très intéressant.
Il nous informe sur l'origine des fonds…
Quand « l'affaire de l'UIMM “ a été dévoilée, la première réaction de la presse bien pensante a été - très curieusement de dire :
‘Il faut contrôler la trésorerie des syndicats des salariés !
Pas très logique… à mon avis.
Cordialement.
J.C.M.
De charlec
20H08 | 11/03/2008 |
Demander aux chambres des metiers duBTP le tolet que celà avait fait quand on voulait payer ailleurs que chez eux nos BTP et autres ? ? ? ? Il ya eu des caisses annexes qui se sont creer et qui n'etaint pas reconnues ? ? 1987'88'89 dans le 46 et le 47 ? ? ? ?
De Impots-utiles.com
www.impots-utiles.com | 18H52 | 12/03/2008 |
LE MEDEF AUX ASSEDIC ! ! ! !
lol ; )
De Rébus
révolutionnaire à clavier | 18H57 | 12/03/2008 |
Prochainement dans Zone interdite et le Droit de Savoir ? Ah, non, j'oubliais que seuls les chômeurs et rmistes étaient des fraudeurs, et surtout des fraudeurs sanctionables ? Pour le haut du panier, Soeur Laurence s'indigne et le Chanoine organise la dépénalisation de tout ça
http://sarkobasta.overblog.com
De affreuxjojo
20H16 | 12/03/2008 |
En lisant tout ça, me revient un vieux slogan anarcho-syndicaliste très 19ème siécle (mais pourquoi pas, puisqu'on y retourne ? ) « Qui vole un crouton va en prison, qui vole des millions va au Palais-Bourbon ».
De coraliedd
retraitée ET très intéressée | 10H35 | 13/03/2008 |
je ne comprends toujours pas pourquoi Kerviel a été jeté en prison alors qu'il est prouvé qu'il n'a pas détourné d'argent à son profit et qu'il ne s'est pas enrichi avec cet argent et pourquoi DGS est libre, qu'il va même avoir une super indemnité de « départ » alors qu'on ne sait toujours pas ce qu'il a fait de l'argent « disparu » et que, jusqu'à preuve du contraire, il peut très bien l'avoir encaissé sur des comptes au Lichtenstein puisqu'on ne sait toujours rien de cette affaire.
En résumé je voudrai savoir où est l'argent de l'UIMM et qui a fraudé le fisc en plaçant son argent à l'étranger.
Pour mon cas et beaucoup d'autres le fisc connait jusqu'au centime près ce que je (nous) gagne(ons)…. cela devrait être le sort de tous les résidents de ce pays, non ?