-
Liliane Bettencourt ne sera pas placée sous tutelle
LePoint.fr09/12/09 | 16h17 -
Europcar accuse la ville de Paris de contrefaçon
Challenges.fr08/12/09 | 17h00 -
L'industrie agro-alimentaire songe à quitter le Medef
LeFigaro.fr08/12/09 | 11h32 -
Blanchiment : la banque du Vatican dans le collimateur
LeFigaro.fr08/12/09 | 10h39 -
Les Suédois n'auront pas de jeans de Corée du nord
Rtbf.be07/12/09 | 10h25
Suicides dans les banques : de la douleur et du débat
Par David Servenay | Rue89 | 16/03/2008 | 12H50
Le suicide ne laisse jamais indifférent, surtout lorsqu'il touche monsieur tout le monde. L'histoire de Pierre, Daniel et les autres a suscité de très nombreux avis, témoignages et débats. Revue de commentaires.
Apparemment, ces trois cas récents de suicide de salariés de banque met en lumière un (nouveau ? ) malaise au travail. Une forme de pression psychologique intense, qui déstabilise tous les travailleurs, les jeunes comme les plus anciens. Zebre233 raconte sa propre expérience :
« Je suis retraité de la BNP Paribas et je confirme tous les termes de cet article. J'ai connu dans mon travail une excellente ambiance. Mais au fil des ans, tout s'est dégradé. La recherche de la performance et, par dessus tout, du profit, donne lieu à de fortes pressions. La direction générale de la banque donne ses objectifs et toute la hiérarchie, en cascade, transmet ses directives, jusqu'à l'exécutant.“Je me souviens qu'après une dure journée de travail, il m'arrivait de rentrer chez moi avec la satisfaction d'avoir bien ‘bossé’. Mais ce sentiment du travail bien fait a disparu pour laisser place à une fatigue ‘malsaine’, un sentiment de frustration et de découragement. Et lorsque je rencontre d'anciens collègues, ils me disent que les choses se sont encore bien plus dégradées.”
Une dialogue s'est engagé avec le directeur de la communication de BNP Paribas
Quelques heures après la publication de l'article, le directeur de la communication de BNP Paribas s'est enregistré sur Rue89 pour apporter les précisions suivantes, qui ne contredisent en rien les propos rapportés d'Antoine Sire :
“La mort d'un collègue est une chose atroce et bouleversante. Sortie de son contexte, l'évocation d'objectifs commerciaux est naturellement dérisoire, je dirais même sinistrement dérisoire, dans le voisinage d'un sujet aussi tragique. Il ne reste hélas rien dans l'article sur le fait que je partage, comme tout humain normalement constitué, cette triste évidence.‘Mais Internet me permet d'exposer clairement et directement mon point de vue. Par ailleurs lorsque je disais que nous nous efforcions d'être les plus objectifs possible, je me référais bien sur aux efforts pour tenter de comprendre ce qui s'est passé dans ce drame, et rien de plus. Merci d'avance à Athenais de bien vouloir, au moins, me faire crédit sur ce point.’
Réponse agacée de lorenzo169 (Militant écolo) :
‘Monsieur Sire, je suis moi-même salarié d'une grande banque française et dans le réseau en tant que conseiller de clientèle. Dans ce genre de situation, la hiérarchie nous fait systématiquement le coup du pathos en évoquant le drame humain’, ‘la perte d'un collègue cher à tous’, etc.‘Vous affirmez que l'évocation d'objectifs commerciaux est naturellement dérisoire, je dirais même sinistrement dérisoire'. Croyez-moi, cela n'a rien de dérisoire pour un simple salarié lorsqu'il est soumis à un entretien d'évaluation ou au fameux PNB (Produit net bancaire, équivalent du chiffre d'affaires pour une entreprise lambda).’
Pour Jonas2, l'intervention du dircom” de la banque fait partie d'une stratégie mûrement réfléchie :
“C'est avant qu'il faut tenter de ‘comprendre objectivement’, Monsieur le Dircom. Pas après. Car après, ça relève de la rationalisation. La preuve, c'est le Dircom et non le DRH qui vient ‘exposer clairement et directement son point de vue'.S'en remettre au professionnel de la communication pour tenter de vendre une image un peu plus humaine de l'entreprise d'aujourd'hui, dont la plupart des médecins s'accordent à dire qu'elle devient mortifère, démontre justement ce que vous voulez escamoter : ces petits calculs froids de l'organisation.’
Précision : alors que la BNP-Paribas a dépêché son communicant, la HSBC a préféré nous orienter vers le DRH adjoint, tandis que la Société générale s'est bornée à nous répondre que la personne ayant suivi ce sujet n'était pas là. Depuis, aucune nouvelle de la banque.
‘Passé un certain niveau, les directions trouvent que vous coûtez trop cher’
Certains riverains ont souhaité remettre ces cas particuliers dans le contexte plus général du suicide en France. KarlM donnant l'indication suivante :
‘12 000 c'est le chiffre officiel, et depuis 2004, les 25-35 ans, sont aussi rentrés dans le rythme des 15-25 ans (autant de suicidés que d'accidentés) et des 35-45 ans.’
D'autres s'attachent à décortiquer les mécanismes en jeu, aujourd'hui, dans les grandes entreprises. Pour DidierB63, c'est d'abord un certain rapport à la performance qui impose une pression aux salariés :
‘Deux choses menacent le collaborateur’ dans l'entreprise d'aujourd'hui. Son âge et son rapport performances/salaire. Qu'on le veuille ou non, les salaires évoluent avec le temps. Passé un certain niveau, les directions trouvent que vous coûtez trop cher, même si vos performances sont acceptables et que vos objectifs sont remplis.”
Un constat général, auquel s'ajoute, pour Fleury, une idéologie typique de l'univers de la finance, qui permettrait de comprendre pourquoi certains individus en arrivent à de tels extrémités :
“En ce qui concerne la spécificité du suicide aux banques, je crois qu'il s'agit plus d'une réponse à un mode spécifique de management redoublé par la loi de la productivité en matière financière.‘Ce type de management est basé sur le cognitivo-comportementalisme (TCC) au service de l'efficacité. L'imposture de cette idéologie est de prétendre que si le moi est performant, alors, il recevra sa propre estime.
Un bien-être en forme de récompense de la soumission du sujet, en somme. Le piège de ces sujets soumis à ce genre d'impératif est d'y croire. Conclusion : chercher à gérer le stress sera une façon d'aggraver les choses.’
‘Il faut un véritable observatoire de la souffrance au travail.’
Pour Jean-Jacques Reboux (Ecrivain et éditeur), l'absence de réaction face à cette situation est un symptôme de nos sociétés contemporaines :
‘Moi, ce qui m'étonne le plus, c'est que la violence contre les opprimés de notre société n'engendre pas plus de violence CONTRE les oppresseurs de tout poil…’
Autre façon de formuler ce sentiment désabusé de ne pouvoir peser sur le cours des événements, la citation relevée par Thiery (voyageur), chez l'écrivain portugais, prix Nobel de littérature 1998, José Saramago :
‘Tu travailles, travailles et travailles et un jour tu sors de ton rêve ou de ton cauchemar et on t'annonce que ce que tu as fait n'a servi à rien.’ (‘La Caverne’, trad. Geneviève Leibrich, p.43, Seuil, 2002)
Laissons le soin de conclure à Jean Bachèlerie, salarié d'une ‘grande’ banque, qui fait une proposition en direction des entreprises concernées, afin d'établir un dialogue constructif entre directions et syndicats :
‘Nous, les délégués du personnel, continuerons à nous battre pour défendre nos collègues maltraités pour permettre à une poignée de dirigeants de faire leur show et de se faire décerner les brevets de dirigeants exemplaires et de devenir millionaires : cette nouvelle barbarie tranquille.Les médias doivent enfin nous aider à mettre en place un véritable observatoire de la souffrance au travail. Un observatoire entre les mains des directions des ressources humaines ajouterait le cynisme à l'impunité.’
Les banques reprendront-elles cette proposition ? A suivre.
► Lire aussi : Suicides au travail, la banque peine à briser le silence
10445 visites | 49 réactions
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque































49
(Pour réagir, connectez-vous)
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 12H57 | 16/03/2008 |
Ce qu'il y a de plus terrible dans ces histoires de mort, c'est que les gens se suicident au lieu de tuer leurs patrons.
Que leur colère, leur mépris, se tourne contre eux-mêmes et non contre les responsables.
Alors que le seul vrai moyen que ça s'arrête, il serait peut-être là.
Non parce que, dites, en dehors de la pommade Sire*, vous avez mieux ?
« La pommade Sire, endort mais ne guérit pas ! »
à compte supprimé 22
De caro
délinquante avérée | 13H19 | 16/03/2008 |
je dirais même plus :
C'est une révolte ?
Non, Sire, une révolution
… et vivement qu'elle arrive !
à caro
De Révolutiona
Hawwah | 02H32 | 18/03/2008 |
Dans d'autres temps, certains se seraient fait déjà embastiller, voire plus, condamner à mort pour avoir rédigé des pamphlets…
La démocratie, y a que cela de vrai !
Je vous trouve quand même « injustes » de ne parler que de celui qui a osé amorcer un « dialogue, une explication ». Les autres ont compris qu'il fallait se taire et cela marche.
à compte supprimé 22
De PonG
rationaliste fondamentaliste à Pari... | 14H11 | 16/03/2008 |
Ca évoque un peu « Le Couperet » de Costa-Gavras, non ? Quelqu'un a vu ce film ?
De déluge
menuisier | 13H27 | 16/03/2008 |
Les suicides de cadres bancaires ou d'ingénieurs du Technocentre sont révélateurs, je trouve, du véritable lavage de cerveau que l'on fait subir aux employés. Car qu'un salarié sans qualification se suicide devant l'impossibilité de garder son boulot, refusant la misère promise, c'est dramatique et inadmissible, mais ça se comprends. Mais en ce qui concerne ces salariés hautement qualifiés, que n'ont ils changé de boite, changer de travail et de niveau de vie ? Ils avaient surement un peu d'argent devant eux pour « voir venir ».
Leur suicide marque le fait que l'on a réussi à imposer l'équation travail=vie, « réussite professionelle“= vie réussie.
Un lavage de cerveau digne d'une secte.
à déluge
De kassis01
14H41 | 16/03/2008 |
Dans ce monde sans pitié (qui ne se limite pas à la banque), les employés ne réagissent que quand les emmerdements leur tombent dessus. Rappelons, qu'aujourd'hui seule compte la performance individuelle. Les employés d'élite ne peuvent imaginer un instant que l'on puisse mettre en doute leur capacité. Et, quand ça leur tombe desus c'est l'incompréhension.
C'est toujours les employés qui sont en cause et non le SYSTEME. Regardez, quand Nicolas s'en est pris à Joffrin, les journalistes présents ont rigolé. Combien de journalistes qui ont rigolé vont-ils se trouver dans cette position bientôt ? Certains d'entre-eux vont-ils se suicider ?
Le SYSTEME étant idéal, si nous n'avons plus notre place. Que reste-t-il ? rien …
De cooper59
pour la decroissance ! | 13H34 | 16/03/2008 |
c'est beau le formatage Deluge , d'accord avec ton commentaire . Qu'est ce ça doit etre chiant de bosser dans une banque ! aaargh !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H11 | 16/03/2008 |
Je ne sais pas qui pourra un jour réduire les dégâts humains produit pas les méthodes de management absurdes et dégueulasses qu » on subit actuellement .
Certainement pas ceux qui les ont imaginées, copiées et appliquées , ca c'est sur ..
à Numerosix
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 14H58 | 16/03/2008 |
Arrgg ! Si c'est ça la relève, on est pas sorti de la berge aux zespagnols !
Incapables de courir en zig-zag dans les rizières du Cac40 !
Race dégénérée d'après guerre !
Pas demain la veille qu'on aura un nouveau poilu de 110 ans !
De DidierB63
Devant un écran | 14H23 | 16/03/2008 |
Les méthodes de management qui font tant de dégâts maintenant auraient beaucoup moins d'impact si les éléments « pouvoir d'achat - chômage - retraite » étaient moins problématiques.
Changer d'employeur, avec ou sans baisse de salaire, quand on se sent « stressé » est une solution valable uniquement si le marché du travail s'y prête. Le gouvernement qui résoudra ces problèmes n'aura plus à trouver de solution pour contrer le suicide au travail, car la plus grande partie des incitateurs aura disparu.
Mais ça, c'est encore de la science fiction.
http://polemiquons.over-blog.com/
à DidierB63
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H39 | 16/03/2008 |
C'est parfaitement exact, mais il se trouve que la bêtise manageriale actuelle n » arrange rien, bien au contraire ..
Cordialement
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 14H36 | 16/03/2008 |
L'article se veut constructif qui reprend la proposition de Jean Bachèlerie de créer un observatoire de la souffrance au travail. Comment rejeter cette proposition de bon sens citoyen.
Mais comment , dans le même temps, être assez naïf pour croire une seconde à son succès face à une idéologie dominante qui n'est que dans le rapport de force, le déni de justice, l'arrogance et le mépris.
Dans un article d'Agoravox on voit comment la Cour de cassation vient de rendre, le 5 mars 2008, un arrêt lavant de toute responsabilité un principal de collège qui avait « calomnié, diffamé […] dénigré, […] “ un professeur de son établissement. Soutien sans nuance de l'inspecteur d'académie, du recteur, et du ministre couvrant par principe les échelons inférieurs
‘Divers jugements montrent, en outre, que la loi du 17 janvier 2002 sur le harcèlement moral est quasiment impossible, elle aussi, à mettre en œuvre avec succès, sauf exception. Ajoute l'auteur.
Ajoutons l'information de Marianne reprise - hier soir 15 mars - par Rue 89, où il apparaît que le gouvernement écorne la garantie de l'emploi des fonctionnaires
Le nouveau statut des fonctionnaires ne permet pas de les virer. Mais en les privant de traitement après deux ans de recherche de nouveau poste, il leur faut trouver eux-mêmes un nouveau job dans le privé ou le public.’
Ces deux derniers coups bas donnent la mesure de la volonté des décideurs de prendre en compte la souffrance au travail.
Pression, menace, chantage, la stratégie du boucher a encore de beaux jours devant elle.
De vol19
awash | 15H27 | 16/03/2008 |
L'idée d'un observatoire de la souffrance au travail indépendant me semble une bonne idée à soutenir. Qui sait comme Vigeo, des notations de mauvaises pratiques peuvent être un contrepoids ?
Rappellons qu'avec le plan de Xavier Bertrand, les solutions sont remisées à 2012…phase études 2008/2008. Ca peut trainer.
Par ailleurs, il me semble utile qu'il puisse y avoir un centre d'expertise critique sur les techniques du management. Utiliser les Techniques comportementales TCC efficacité/image de soi me semble absolument criminel. Hélàs connaissant ce milieu, celà ne m'étonnerait pas du tout. Il y a aurait tant à dire…certains ont même utilisé l'hypnose…la psychanalyse dans le recrutement pour tester la profondeur des défenses, les groupes pour repérer…bref, sans fin !
Le milieu bancaire est devenu plus dur mais la grande distribution, les cosmétiques sont notoirement les pires.
Le problème c'est la « théorie du consentement, les gens sont près à accepter des niveaux de violence pour rester en place et ils ne s'en rendent même plus compte, en outre ces systèmes sont très forts pour créer des paradoxes pour tenir les gens sous emprise. Et puis vous avez toute une idéologie managériale de cadre efficace qui relève d“aliénation” ou en tout cas pour le management : “d'imaginaires leurrants”.
Les films à voir :
- “La question humaine” de Nicolas Koltz
- “Sauf le respect que je vous dois” de fabienne Godet
-“Il ne mourraient pas mais tous étaient frappés” de Bruneau/Roudil
- “J'ai très mal au travail” de Jean-Michel Carré
- » le couperet » de Costa Gavras
Plus ancien :
-« Ressources humaines »,1999 de laurent Cantet
-« rien du tout“1992 de Cedric Klapish
dans un tout autre registre :
-> Pourquoi pas…‘V comme Vendetta’
à vol19
De re-belle
mère au foyer | 16H29 | 16/03/2008 |
le 13 mars dernier sur france 2 vers 23h10 « travailler à en mourir » ! ! ! …
à vol19
De Révolutiona
Hawwah | 20H23 | 16/03/2008 |
Rapport de Xavier Bertrand :
Solutions remises en 2012 ? Mais nous serons tous morts !
Une chanson : la « Corrida » de Francis Cabrel !
Un livre : « La soumission à l'autorité » de Milgram.
De cooper59
pour la decroissance ! | 16H01 | 16/03/2008 |
les film de Pierre Carles , qui nous rappelle que le travail n'est pas une fin en soi , sauf en cas de conditionnement , là y'a plus rien a faire . Les gens se suicident si ils sont licenciés apres 20 ou 30 ans de taf . L'equation boulot = place dans la société a encore de beaux jours devant elle .
De ercégé
16H50 | 16/03/2008 |
Quel super « con-table » a décidé que le personnel devait être comptabilisé en comptes de charges et non à l'actif d'un bilan d'entreprise ? ? ? Même les robots y sont comptabilisés et se portent bien, merci pour eux !
Tant que cette « logique » ne sera pas remise en cause, nous continuerons de permettre en toute impunité à un directeur de la communication BNP (vous avez bien lu, ce n'est pas le DRH qui se sentait concerné ! ) d'agiter hypocritement son mouchoir.
Au fait, le super Dir-Com de la BNP conduit aussi une statistique des TENTATIVES de suicide dans son groupe, pourrait-il mieux nous documenter sur ce point plutôt que de « faire des efforts (sic) pour comprendre les drames a posteriori » ? Merci d'avance !
De otto didakt
citoyen en colère | 16H52 | 16/03/2008 |
l'observatoire de la souffrance au travail, quelle rigolade !
je suis sur que les placard de nos ministères sont pleins de rapport de commission et d'observatoires créés suite à des évènements sociaux !
y'a rien à voire, au suivant !
De LG240
16H59 | 16/03/2008 |
Je trouve intéressant comme ça, en passant, d'apprendre que le nombre des suicides est équivalant au nombre des accidentés sur certaines tranches d'âge. Or, à nombre équivalent, on emmerde tout le monde d'un côté (répression routière, permis à point et radars à gogo) et de l'autre côté « ah, ben, on peut rien faire ma bonne dame…Ou si, à l'extrème limite (=le couteau sur la gorge et la gauche au pouvoir), un observatoire sur la souffrance ». Comme quoi, la répression, ça marche mais exclusivement sur certaines catégories sociales…
De Changer la Republique
17H13 | 16/03/2008 |
Les salariés dans les banques vivent un malaise jusqu'au suicide parfois ….., et les clients truffés d'agios et de frais financiers, aussi importants que divers, s'angoissent, s'enfoncent et …. se suicident parfois, dans cette course folle aux résultats ou aux débits ….
de profundis.
De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 17H27 | 16/03/2008 |
La dégradation des conditions de travail, prises dans le sens psychologique, n'est certainement pas appréhendable par une commission quelconque car tout se passe dans les têtes. Et ce n'est pas la caution de quelque psychiatre ou psychologue qui peut résoudre ces problèmes car ils sont issus du même moule : La Faculté.
-Les têtes des « tortionnaires », DRH et autres petits chefs qui sont formés pour presser les « citrons » et récompensés en fonction de leurs résultats, ne se rendant pas compte qu'ils sont eux-même des « citrons ».
-Les têtes des « victimes » formées pour accepter les exigeances des « supérieurs » hiérarchiques et qui en acceptant cette notion de supériorité ont perdu tout esprit critique.
Les deux faces du même miroir aux alouettes.
Moi aussi j'ai vu l'évolution de ces grosses société, j'ai connu l'époque où, en sortant du travail, nous étions contents, ou pas, de notre journée non pas parce que le chef nous l'avait dit mais parce que nous savions au fond de nous ce que nous avions fait et nous n'aurions pas accepté que quiconque dise le contraire. Et les chefs nous demandaient si nous étions contents du travail que nous avions fait. Et si nous étions contents, eux aussi.
Le suicide dû au travail n'existait pas.
Puis tout doucement la nouvelle race de chefs est apparue, celle qui savait tout, et qui disait : « c'est moi l'ingénieur », sous-entendu : « c'est moi qui sait ».
Et en même temps une nouvelle race, celle des soumis, a remplacé celle des ouvriers-employés et de la maitrise.
Le travail ne donnant plus aucune satisfaction a perdu tout son sens. Le seul sens qui lui reste c'est celui de faire de l'argent et il semble que ce ne soit pas suffisant.
Dans les années 20-30 quelques penseurs américains ont tiré la sonnette d'alarme, Friedmann par exemple, mais la fuite vers le profit était déjà lancée.
De vraphel
infirmière | 18H03 | 16/03/2008 |
Je dirai,entre autres,qu'une fois de plus l'echec des syndicats français dont j'ai parlé précedemment est patent.Seuls pour moi ont de la valeur les délégués du personnel,tout le temps sur place,vivant la même chose,cconnaissant chaque(peut-être pas)employé au lieu de ces carrieristes qui ont abandonné la vie réelle depuis longtemps pour causer en réunions politiques.
Autre question ? Il y a de bons medecins du travail,mais peu nombreux et alors eux attaqués sur tous les fronts employés dir« ection et sybdicats.Que devient l'insp'ection du travail ? J'ai eu en entrprise plusieurs visites,préparées depuis 3 semaines ! ! ! j'étais hors de moi,ah c'est sur ce jour là tout allait bien A quand de vrais syndicats de branche et sur place et non tous dans la fonction publique ?
Donnons leurs pouvoirs aux délégués du personnel.J'ai fait venir une fois à force de persuasion une inspectrice du travail en “impromptu”.D'accord j'ai été virée mais pas que moi,DRH et directeur de la clinique en question..
IL faut s'engager,faire des luttes ponctuelles,des petites grèves oar ci par là cesser de considérer son collègue comme un adversaire mais un collègue.Car après l'adversaire changera
De dobyone
salarié de la banque | 18H13 | 16/03/2008 |
Comme tous les salariés de la banque je connais bien ces nouvelles conditions de travail ou le seul maître mot est celui de production.
Exit l'Homme.
A cela il y a un effet pervers que nous subissons inconsciemment ; celui qui porte à nous faire croire que si nous ne nous intégrons pas dans cette chaine de haute production cela reviendrait à nous isoler de cet élan qui nous porte tous à choisir à notre insu et de bonne fois le progrès et sa corne d'abondance plutôt qu'autre chose.
En résumé pour parvenir à une bonne intégration et la reconnaissance sociale il faut passer par les effets négatifs de ce progrès qui nous ferait avancer. Un bien beau paradoxe
A défaut le rétif serait presque un marginal, voir à terme un salarié qui s'exclus de la société et par voie de conséquences qu'il n'aurait aucune légitimité à se plaindre ensuite.
Soyez rassuré je resterais plus que rétif a cette pensée unique pourtant porteuse de bien des espoirs, c'est du moins ce qu'on essaie de nous faire croire.
Un autre point est à dénoncer ; celui de la persistance dans notre modèle d'entreprise de la pyramide d'encadrement dont un des effets pervers est lié au comportement de l'encadrement subalterne porté un jour à exercer un pouvoir qu'il ne soupçonnait pas
Que de gâchis, que de malheur, que d'injustice, que de discrimination dans cet exercice improvisé de pouvoir. Le syndrome décadent du petit chef d'un jour.
Le naturel revient au galop et se sachant protégé dans ces actes par sa hiérarchie le petit encadrant subalterne n'hésite pas à frapper aveuglement, peu importe l'essentiel est que le travail soit produit avec en corolaire, et pour lui seul, une bonne rémunération et des primes à l'avenant.
A mon sentiment il n'y a pas de pire attitude dans notre vie que celle de se sentir investie du pouvoir de commander autrui.
Mais là aussi on vous dira que le monde fonctionne ainsi depuis des lustres et qu'au risque de dérégler la machine il ne faut rien changer.
Je continuerais à user de mon pouvoir, ou libre arbitre de dire non
Dobyone
De Bebert Cassandre
18H18 | 16/03/2008 |
Jusqu'ici il n'y avait guère que les clients des banques qui se suicidaient… ça n'empêchait guère le monde de dormir…Combien d'éleveurs de poulets ont été retrouvés suspendus dans leurs poulaillers ? ça n'a jamais provoqué, que je sache, de mouvements de protestation dans les établissements bancaires ! A peine une petite mauvaise conscience ! Peut-être… Désolé pour eux…
De parousnik
18H26 | 16/03/2008 |
L'augmentation des suicides dans nos sociétés est le reflet des « biens » dont elles souffrent…mais ce ne sont pas des nantis ni des élus ou des gros actionnaires qui se suicident, alors tant que la main d'oeuvre même de tête est abondante et pas cher, tout va bien…
De Révolutiona
Hawwah | 19H20 | 16/03/2008 |
Merci à David Servenay de faire rebondir le sujet !
Sur les forums de France2, les internautes demandent la rediffusion à une heure de « grande écoute » du reportage « Travailler à en mourir ! ».
Cela nous rapproche du film culte « On achève bien les chevaux ! » dont l'action se tenait pendant la crise économique de 1929 aux Etats-Unis : je vous en rappelle certaines images - c'étaient des marathons de la danse, et pour avoir de l'argent, de quoi manger, des couples dansaient à n'en plus finir, à n'en plus pouvoir… au milieu d'une piste de danse sous un grand chapiteau de toile genre cirque.
Et tout autour, assis à des tables, prenant le café, il y avait des gens fortunés qui venaient les regarder, c'était une attraction. Les couples étaient numérotés et au fur et à mesure, quand leurs performances (à cause de l'épuissement) n'étaient plus considérées à la hauteur, ils étaient éliminés…
C'était vraiment danser jusqu'à l'épuisement. Tragique, pathétique !
Même un homme va jusqu'à la crise cardiaque… Il veut aller au bout, il veut gagner cet argent même si le « crabe de fer » lui sert le coeur, et il en meurt… On le dégage vite dans les coulisses pour que les spectateurs ne voient pas cela (ce n'est pas un spectable « montrable », n'est-ce pas ? ).
Cela ne vous rappelle pas quelque chose !
Pourtant, nous n'en sommes pas à une telle crise économique : il y a, certes, le problème des subprimes toujours nous venant des Etats Unis, mais les résultats des groupes ne sont pas si mauvais, et pour certains, « la vie est belle » ! (comme dirait Alberto Bénini).
Il y a quelques années, un homme licencié d'une banque a voulu se venger en plein mois d'août, il a attaqué à l'arme à feu une agence, cela s'est terminé dans un bain de sang. Il a été pris, a voulu s'enfuir de la salle d'audition du 2e étage où il était interrogé, est passé par la fenêtre, s'est cassé les deux jambes et a donc été repris… Toujours le même problème au niveau des psychiatres : était-il responsable de ses actes ? Je pense qu'ils n'étaient pas d'accord… En tout cas, il y a eu des morts, des personnes clientes de la banque, simples passants victimes de ce drame de la société.
Message personnel à l'attention des banques : les entretiens où l'on hurle sur les salariés pour les faire rentrer dans le rang : A PROSCRIRE ! L'exemple a été donné dès le début du documentaire « Travailler à en mourir ! »… Cela me conforte dans l'intuition que j'avais.. C'est une pratique « courante » !
Ah oui, message personnel à Monsieur Sire, on dit « Workaddict », et non « workalcoholic »… Il peut y avoir effectivement « addiction » au travail, comme à l'alcool, à la drogue, aux jeux, aux achats…
Alors, que faire ?
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 19H35 | 16/03/2008 |
Cadeau à la BNP chose :
Qui a tué Davy Moore ?
Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?
C'n'est pas moi, dit l'arbitre, c'est pas moi
Ne me montrez pas du doigt !
Bien sûr, j'aurais peut-être pu l'sauver
Si au huitième j'avais dit « assez ! »
Mais la foule aurait sifflé
Ils en voulaient pour leur argent, tu sais
C'est bien dommage, mais c'est comme ça
Y en a d'autres au-d'ssus de moi
C'est pas moi qui l'ai fait tomber
Vous n'pouvez pas m'accuser !
Qui a tué Davy Moore ?
Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?
C'n'est pas nous, dit la foule en colère
Nous avons payé assez cher
C'est bien dommage, mais entre nous
Nous aimons un bon match, c'est tout
Et quand ça barde, on trouve ça bien
Mais vous savez, on n'y est pour rien
C'est pas nous qui l'avons fait tomber
Vous n'pouvez pas nous accuser !
Qui a tué Davy Moore ?
Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?
C'n'est pas moi, dit son manager, à part
Tirant sur un gros cigare
C'est difficile à dire, à expliquer
J'ai cru qu'il était en bonne santé
Pour sa femme, ses enfants, c'est bien pire
Mais s'il était malade, il aurait pu le dire
C'est pas moi qui l'ai fait tomber
Vous n'pouvez pas m'accuser !
Qui a tué Davy Moore ?
Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?
C'n'est pas moi, dit le journaliste de la Tribune
Tapant sur son papier pour la une
La boxe n'est pas en cause, tu l'sais
Dans un match de foot y a autant d'dangers
La boxe, c'es une chose saine
Ca fait partie de la vie américaine
C'est pas moi qui l'ai fait tomber
Vous n'pouvez pas m'accuser !
Qui a tué Davy Moore ?
Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?
C'n'est pas moi, dit son adversaire, lequel
A donné le dernier coup mortel
De Cuba il a pris la fuite
Où la boxe est maintenant interdite
Je l'ai frappé, bien sûr, ça c'est vrai
Mais pour ce boulot on me paie
Ne dites pas qu'j'l'ai tué, et après tout
C'est le destin, Dieu l'a voulu.
Qui a tué Davy Moore ?
Qui est responsable et pourquoi est-il mort ?
De Jean Bachèlerie
19H55 | 16/03/2008 |
Vous me donnez le mot de la fin, dans votre très bon article. Pour éviter tout malentendu, nous les militants élus pour représenter le personnel, voulons un observatoire de la souffrance au travail mis en place non par les directions des banques, mais par les syndicats qui le souhaitent, les médecins du travail, les inspecteurs du travail avec l'aide de la presse, les spécialistes : psychologues et médecins qui suivent ce problème, qui la honte de notre société actuelle, comment en est-on arrivé au point que les suicides se multiplient dans le monde du travail et sur les lieux de travail ? Le plus important en effet est de rompre le mur du silence érigée dans le monde bancaire.
Jean Bachèlerie
De Révolutiona
Hawwah | 20H17 | 16/03/2008 |
Pourquoi vous acharnez-vous sur une seule banque qui, elle, au moins essaie de « communiquer », c'est-à-dire échanger ?
Vous confortez les autres dans leur mur de silence…
@ Bébert Cassandre :
Il existe une procédure pour les clients des banques qui se retrouvent en difficulté (le recours aux « médiateurs » : il y a des médiateurs dans chaque banque, ou vous pouvez vous adresser à celui de la Fédération de la Banque).
En cas de personne privée, vous avez les procédures de « surendettement », en cas de crise financière importante (procédure qu'il conviendrait d'alléger côté paperasses), et pour les entreprises, il existe les Tribunaux de Commerce… Un reportage TV récent montrait à quel point les juges cherchaient à aider au maximum les chefs souvent de petites et moyennes entreprises.
Pour les salariés, il devait y avoir des « médiateurs » pour les litiges genre harcèlement, je ne sais sous quelle dalle de moquette, ils se cachent… Et quant au CHSCT, il faudrait bien pouvoir les saisir en urgence sans chantage de la direction pour délit d'entrave !
@ Jean Bachèlerie :
Pensez aussi aux « victimes » survivantes… Ce sont elles qui pourraient le plus vous en apprendre. L'expérience vécue dépasse de loin même toute connaissance aussi empathique, soit-elle !
De Aspiral
20H22 | 16/03/2008 |
Comment parler de causalité et de fatalité devant une telle omerta. Pourquoi limiter le phénomène du suicide à quelques secteurs ? C'est surtout l'hyperindividualisme qui culpabilise la victime qui est en cause. On a commencé par médicaliser la dépression nerveuse ; on continue par l'attribution de « la “ cause” à des éléments que des experts naïfs ou peu scrupuleux identifient “scientifiquement”. Quand accepterons-nous que nous avons les faits divers que nous méritons, en civilisation. Tant que chacun d'entre nous croira qu'il peut indéfiniment tirer son épingle du jeu, la décadence de notre civilisation continuera.On ne construit pas un projet de civilisation sur le discours schizophrène de la croissance du pouvoir d'achat en même temps que la lutte contre l'effet de serre ! La cause du mal est d'en rechercher la cause. La seule bonne question est celle de se demander quel but enthousiasmant proposer à la population des travailleurs ! Commençons par nous solidariser dans toutes les petites oppressions, celles des petits chefs. On pourra ensuite s'attaquer aux grandes des grands !