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Michel Aglietta : « Une crise aussi grave que celle de 1929 »
Par Gabriel Zucman | Regards croisés sur l'économie | 20/03/2008 | 12H10
La crise du système financier américain, enclenchée depuis le mois d'août, a pris ces cinq derniers jours un caractère dramatique, de l'avis des plus grands responsables économiques de la planète.
Traversant sa « plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale », selon l'ancien président de la banque centrale américaine Alan Greenspan, la finance mondiale fait aujourd'hui face à un « risque de rupture », pour le patron du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn. Comment en est-on arrivé là ? Sommes-nous au début d'une grave crise économique ?
Le mécanisme de la panique bancaire aux Etats-Unis. La chute de Bear Stearns, cinquième banque d'affaires des Etats-Unis, a soudainement accéléré la décomposition d'un système financier qui n'en finit pas de digérer ses excès. Alors qu'il y a une semaine, son PDG Alan Schwartz déclarait que Bear Stearns ne connaissait « aucune pression sur ses liquidités et encore moins une crise de liquidités », la prestigieuse maison, vieille de 87 ans, s'est effondrée en trois jours.
Vendredi, constatant qu'elle ne pouvait plus assurer ses obligations de paiement, elle s'est placée sous perfusion de la Banque centrale américaine. Dimanche soir ( ! ), elle était rachetée par sa concurrente JP Morgan pour une somme dérisoire (2 dollars par action, contre un cours de 100 dollars il y a trois mois) lors d'un sauvetage rocambolesque organisé en urgence par le gouvernement américain, la Banque centrale et les deux banques en un week-end.
Pourquoi les autorités ont-elles montré tant d'empressement ? Parce que la structure du système financier mondial est celle d'un château de cartes. Les grandes institutions sont inextricablement liées par les prêts qu'elles se consentent mutuellement. Que l'une vienne à faire défaut, et ce sont toutes ses créancières qui sont fragilisées, acculant les plus faibles à la faillite, et ainsi de suite, en quelques heures.
C'est ainsi que Bear Stearns a sombré au lendemain de l'annonce de la faillite du fonds coté de Carlyle, ce « hedge fund » (fonds spéculatif) qui finançait ses opérations auprès, entre autres, de Bear Stearns. Afin d'éviter la poursuite de « l'effet domino », il était nécessaire que Bear Stearns pût, coûte que coûte, assurer ses obligations de paiement, ce qui passait par son adossement à un acteur aux reins plus solides.
Aux racines de la crise : l'encouragement à l'immobilier. Dans les milieux économiques, il est de bon ton de blâmer les responsables de la politique monétaire (Ben Bernanke aux Etats-Unis, Jean-Claude Trichet en Europe), alors qu'ils ont jusqu'à présent, et particulièrement aux Etats-Unis, joué un rôle remarquable et évité que le pire ne se produise. On reproche en particulier à la Banque centrale américaine, et à son ancien président Alan Greenspan, d'avoir alimenté la bulle immobilière en laissant les taux d'intérêt trop bas (1% en 2003).
En réalité, la crise financière est dans une large mesure de la responsabilité politique de l'administration Bush, et viendra encore noircir un bilan déjà bien piteux. Pour le comprendre, il faut revenir sur la source des maux de l'économie américaine.
La crise, on le sait, vient du secteur immobilier. Ici, des courtiers sans scrupule ont accordé des prêts léonins à des ménages qui n'avaient pas les moyens de devenir propriétaires de leurs maisons.
Ce système a été non seulement toléré, mais encouragé par l'administration américaine, via un ensemble de subventions et de garanties apportées aux emprunteurs. Citons, pêle-mêle : la détaxation des intérêts d'emprunt, la détaxation des plus-values immobilières, une garantie d'Etat apportée aux emprunteurs fournissant un apport personnel trop faible, ainsi que la suppression de toutes les régulations dans le secteur du crédit immobilier.
Chacun, dans la « ownership society » chère au président Bush, devait pouvoir devenir propriétaire de sa maison ; tous les moyens étaient bons ! Slogan foncièrement démagogique : dans une société où les 10% les plus riches ont 48% des revenus (ce qui est le niveau le plus élevé jamais atteint aux Etats-Unis depuis… 1928) et les 10% les plus pauvres seulement 2%, il est mathématiquement impossible que chacun ait les revenus suffisants pour être propriétaire de sa maison…
Il n'empêche. Les exhortations présidentielles et les politiques incitatives qui les accompagnaient ont alimenté une bulle spéculative.
Tout allait très bien, tant que les prix de l'immobilier montaient, et que tout le monde anticipait leur hausse. Les ménages propriétaires pouvaient alors faire valoir auprès de leur banquier que la valeur de leur habitation s'accroissait, donc que leur richesse augmentait, donc qu'ils pouvaient emprunter davantage. C'est ainsi qu'ils contractaient de nouveaux prêts gagés sur la valeur de leur maison pour consommer, ou tout simplement pour s'acquitter des mensualités de leurs autres crédits !
Sommes-nous de retour en 1929 ? Ce système était voué à la faillite dès le retournement des prix de l'immobilier, ce qui s'est produit au cours de l'année 2006. Rapidement, la valeur des habitations est devenue inférieure, pour de nombreux ménages, au montant du prêt qu'ils devaient encore rembourser.
De gré ou de force, ils ont alors dû céder leur habitation à leurs créanciers. Une fois tombées dans l'escarcelle des banques, les maisons ont été remises immédiatement en vente, accentuant la baisse des cours immobiliers…
Cette spirale baissière a également affecté tous les titres financiers qui avaient été construits à partir des crédits immobiliers. Les actifs des banques et de tous les investisseurs les plus exposés à l'immobilier ont ainsi fondu comme neige au soleil. Voilà comment le château de cartes a été ébranlé.
Aujourd'hui, sans l'intervention des autorités américaines, le système bancaire s'effondrerait entièrement. La crise, comme nous le dit Michel Aglietta, professeur de sciences économiques à Nanterre, est dans ses mécanismes et ses effets cumulatifs, aussi grave que celle de 1929. (Voir la vidéo.)
Ses premières conséquences réelles commencent à se faire sentir brutalement. Au lendemain de son rachat par JP Morgan, Bear Stearns a exprimé l'intention de se séparer de 7 000 salariés, soit la moitié de ses effectifs. Que va-t-il se passer maintenant ? La différence avec 1929 réside dans la réactivité des autorités. Alors qu'il avait fallu attendre l'entrée en fonction de Roosevelt en 1933 pour que le gouvernement s'attaque sérieusement à la crise, en prenant les commandes des banques, la Banque centrale américaine et le gouvernement semblent aujourd'hui déterminés à empêcher, par tous les moyens, une aggravation de la situation et la multiplication des faillites.
Concrètement, cela signifie que les pertes réalisées par les banques seront socialisées, c'est-à-dire assumées in fine par l'Etat, comme l'ont été celles de la Northern Rock en Grande-Bretagne.
► Comprendre la finance contemporaine revue Regards croisés sur l'économie n°3, éditions La Découverte.
Vidéo : Mathieu Eisinger
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De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 12H22 | 20/03/2008 |
Blog de Bernard Maris :
Mardi 18 Mars 2008 07 : 40
La crise
Va-t-on vers une crise à la 29 ? Très franchement, tous les ingrédients sont réunis pour qu'on aille vers une catastrophe, sauf un : la connaissance précisément de la Crise de 29. Il se trouve que Ben Bernanke, patron de la Fed, est précisément un spécialiste de la Crise de 29. Il veut donc à tout prix éviter ce qui s'est produit en 29, une crise de la liquidité, un « credit crunch » un resserrement du crédit terrible du fait même de celles qui avaient provoqué la crise, les banques. En 29, les banques prêtent à tire larigot pour drainer tout le monde vers la Bourse qui monte, monte. Quand celle-ci s'effondre (lorsqu'on se rend compte que la valeur des entreprises ne correspond plus au travail des ouvriers ou à la demande des consommateurs), elles gardent toute leur liquidité, et l'économie mondiale s'effondre. Hitler, la guerre, et ça repart.
Aujourd'hui Bernanke balance la sauce à tire-larigot. Il a déjà balancé la moitié du stock de la Federal Reserve (400 milliards de dollars). Trichet n'est pas en reste. Les banques gardent tout. Elles stockent.
Pourquoi ne pas prêter (ou donner) directement aux ménages ? Ah ! vaste question ! Pourquoi ne pas faire le cadeau que l'on fait aux banques aux ménages ? Pourquoi faut-il toujours financer les entités cupides qui nous foutent dans la pagaïe ? Vaste question. Pourquoi prête-t-on aux riches, sachant que les riches (en l'occurrence les banques, gavées de profits depuis 30 ans) sont en train de tuer l'économie mondiale par du crédit risqué ? Pour deux raisons : 1) le chantage des banques : si vous nous faites couler, vous coulez avec nous. Si on fait faillite, vous crevez avec nous. 2) Les riches (Bernanke) aiment bien prêter aux riches.
Que faire ? Nationaliser les banques. Ce qu'on fit en 1945.
à Azza
De Feu
12H44 | 20/03/2008 |
Oui,Oui,Oui, nationalisons les banques mais pas qu'elles, EDF,GDF,l'eau etc…. tous les services minimums de la vie pour une gestion entièrement dévouée à l'individu en faisant passer au second plan la rentabilité FINANCIÈRE.
à Feu
De C. Creseveur
D'actualité | 14H27 | 20/03/2008 |
Absolument !
Contrairement à ce que l'Europe libérale veut faire subir, les fonctions régaliennes de l'Etat doivent revues à la hausse : éducation, santé, énergie, et transports terrestres, n'ont aucune vocation à être soumis à la concurrence.
à Feu
De Sacha25
18H40 | 20/03/2008 |
Le problème des nationalisations à la française est de mettre la vie des gens entre les mains d'un groupe quasi-mafieux genre CGT ou SUD qui est capable de tout dans un but politique.
Mondialisons et imposons une stratégie et un contrôle démocratique « mondial » à ces institutions.
à Feu
De Sacha25
18H40 | 20/03/2008 |
Le problème des nationalisations à la française est de mettre la vie des gens entre les mains d'un groupe quasi-mafieux genre CGT ou SUD qui est capable de tout dans un but politique.
Mondialisons et imposons une stratégie et un contrôle démocratique « mondial » à ces institutions.
à Sacha25
De Gombrich
20H20 | 20/03/2008 |
Petite leçon de vocabulaire jeune personne :
« mafia est une organisation criminelle dont les activités sont soumises à une direction collégiale occulte et qui repose sur une stratégie d'infiltration de la société civile et des institutions. On parle également de système mafieux.
La mafia fonctionne sur un modèle d'économie parallèle ou souterraine. Elle cherche à contrôler les marchés et les activités où l'argent est abondant, circule en numéraire (argent liquide) et est facile à dissimuler au fisc. La plupart des activités commerciales usuelles sont utilisées, que ce soit comme paravent à des activités illégales ou comme moyen de blanchiment de l'argent récolté.
Les politiques de lutte contre cette organisation criminelle se heurtent à l'adaptabilité de ces structures souples et décentralisées, capables de délocaliser leurs activités et de diversifier leurs flux financiers sans limites dans le monde entier. Entreprendre des enquêtes transnationales et remonter les multiples filières devient alors un casse-tête pour les juges, d'autant plus que certains pays comme les paradis fiscaux ne font rien pour leur faciliter la tâche. »
Je ne sais pas moi, mais il me semble que certains éléments de cette définition correspondent davantage aux pratiques d'un système bien connu et en mauvaise posture actuellement qu'aux pratiques des deux syndicats cités…. Et oui ça amène à ce genre de remarques bêtes de ne pas connaître le sens des mots qu'on emploie.
Cordialement et achetez-vous un dictionnaire
à Gombrich
De G.
09H00 | 21/03/2008 |
Certes, certes, M. le professeur, la critique était bête mais le message de Sacha avait le mérite de poser les bases (vagues et incertaines, j'en conviens) d'une solution.
En ce qui concerne les syndicats français, depuis des mois que chaque corps de métier se met en grève l'un après l'autre, sans que jamais les syndicats ne fassent leur travail de convergence des luttes, on peut se demander quel intérêt les anime. Plutôt que mafieux je les appellerai Kapos de « la dictature des marchés financiers“* qui promène le peuple des consommateurs lors de sordides manifestations qui leur redonne le goût du pain industriel aux farines blanches américaines.
Quant aux banques, il est scandaleusement abject que les capitaux aient plus de libertés de se déplacer que les hommes, et il est évident que si l'argent doit rester comme aujourd'hui l'étalon de mesure de tout (et même du vivant ! ) alors il faut instaurer un système de contrôle démocratique de sa production. Et j'ai l'impression que l'élection des responsables au tirage au sort ne ferait pas plus de mal que l'actuelle reproduction des élites au sein des familles ou des écoles de chef.
Reste à savoir comment se réunir et résister à un fascisme qui pénètre si bien nos esprits, pour agir plutôt que commenter. Si vous avez une idée, monsieur le professeur…
G.
* Dénoncée par les vétérans du Conseil National de la Résistance, dans leur appel à la commémoration du 60ème anniversaire du programme du CNR, le 15 mars 2004. A voir absolument ‘avec toute [leur] affection’…
http://www.dailymotion.com/relevance/search/appel%2Br%25C3%25A9sistance/…
à Feu
De Un compte supprime
nc | 02H34 | 21/03/2008 |
ouaip, on rachete tout pour trois francs six sous, on remet la main sur le gateau vole par les risque tout de la finance HEC, on met en liquidation les biens des CEO, brookers et autres golden boy pour contribuer a financer le rachat, on les fonctionnarise dans une agence bancaire de campagne….
ouhouhouhhhh , la belle revanche, et on en finit avec ce systeme de dingues ! ! ! ! A nous la belle vie, le travail intelligent, le pastis a la terrasse du cafe et les bals musettes ! ! ! !
à Feu
De julles julien
10H21 | 21/03/2008 |
A feu,
Oui, c'est chouette comme idée. Partage, solidarité, logique de dignité humaine. Mais, dans les faits, les expériences passées et actuelles n'ont pas toujours prouvé (dans certains cas, si) que la nationalisation était une solution suffisante voire simplement efficace pour cet objectif solidaire.
On pourrait peut-être avoir plus d'imagination que ça, et d'abord réfléchir pour consommer moins par exemple (oui, même moins d'électricité, en aidant les ménages pauvres à sortir du système de chauffage électrique, le plus cher à l'usage mais le moins cher à l'installation…)
EDF, et derrière lui, l'Etat, n'ont aucun intérêt à ce que les ménages pauvres aient une source renouvelable et presque gratuite d'énergie. C'est encore réservé à ceux qui peuvent payer une éolienne.
Donc l'Etat nucléocrate et tous les agents EDF (en tant que corporation), dans cet exemple, ne vont pas dans le sens d'une solidarité nationale accrue.
C'est juste un exemple pour dire que les slogans font rarement bouger le monde. Les objectifs qu'ils sous-tendent, oui.
à julles julien
De Pas lolo
fasciné | 06H45 | 22/03/2008 |
« EDF, et derrière lui, l'Etat, n'ont aucun intérêt à ce que les ménages pauvres aient une source renouvelable et presque gratuite d'énergie. C'est encore réservé à ceux qui peuvent payer une éolienne. »
Une éolienne, ça a un facteur de charge de 20%. Sans être spécialiste, m'étonnerait que ça produise plus de 40% du temps. Donc, vous pouvez parvenir au même résultat en ouvrant le disjoncteur de votre compteur 60% de la journée.
Plus sérieusement, on pourrait subventionner la distribution d'ampoules basse consommation (avec un accord entre l'état et quelques producteurs, par exemple) et un niveau de subvention modulé en fonction du revenu.
L'état pourrait également engager un programme de réhabilitation énergétique des HLM, par exemple. Un programme sur dix ans présenterait l'avantage de donner de la visibilité aux industriels (matériaux) et aux entreprises de BTP. Avec un bon matelas d'activité garanti, ça pourrait permettre d'étoffer l'offre pour les particuliers et le secteur privé. Et ça se ressentirait sur la facture des habitants des HLM eux-mêmes.
Du point de vue résidentiel, la solution est plus à chercher dans la sobriété énergétique que dans la généralisation des turbines à gaz de quqes kWh dans les jardins. AMHA.
à Azza
De kassis01
13H20 | 20/03/2008 |
Le capitalisme, sans entraves, est en train de sombrer. Les spéculateurs se sont bien enrichis. Maintenant, c'est au contribuable de régler l'ardoise.
Le gouvernement américain, la FED et le reste n'ont pas fait leur boulot qui est de contrôler le bon fonctionnement du système financier. Ils n'ont rien à craindre de la récession, ils ont suffisamment de blé de côté. D'autre part, qui va leur demander des comptes ? L'histoire à venir est dèjà écrite. Le scandale du Crédit Lyonnais n'a pas empêché la promotion de M. Trichet à la direction de la banque européenne. Responsable pour s'en mettre plein les poches, pas coupable quand il faut assumer son incompétence. Comme dit MME Parizot, il faut bien rétribuer la prise de risque. Crac, boum, huuuuu.
à kassis01
De pablico
13H46 | 20/03/2008 |
on nous rabat les oreilles avec :
on doit être payé au mérite, aux résultats.
Ils coulent , foutent une merde monumentale, et sont toujours là et payé grassement.
Ça donne envie, de croire au mérite, au travaillez plus etc.. nous prend on pour des couillons ?
à pablico
De machinchose
13H47 | 20/03/2008 |
heu… oui
Le candidat qui nous parlait du mérite a commencé son mandat par favoriser l'héritage. Je crois que c'était déjà très clair.
à machinchose
De pablico
13H53 | 20/03/2008 |
qui va payer,qui va souffrir, qui va être au chômage et dans la misère ? ?
PAS EUX ! !
C'est là qu'on voit qu'on est dépendant, à la merci, de ceux qui on le droit de faire même par inadvertance de l'euthanasie économique sinon des meurtres en toute impunité.
à pablico
De BZH
19H53 | 20/03/2008 |
Cqfd. Objectif atteint.
à machinchose
De Argos
08H56 | 21/03/2008 |
et le candidat qui voulait que tous les français soient propriétaires ? il n'a pas envie de reproduire le même schéma ? il est incapable de réfléchir plus loin que le bout de son nez et d'anticiper les conséquences de ses actes ! ! !
Je trouve AHURISSANT que des financiers ne se soient même pas posé la question de savoir si prêter de l'argent à des gens qui ne pourront pas rembourser ne va pas péter un jour ou l'autre … ou alors ils le savaient mais pensaient qu'ils se feraient un max d'argent sur le dos des pauvres avant que la bulle n'explose au nez des autres.
Ce qui est sur en tout cas, c'est que les dirigeants et vrais responsables ont bien du mettre un max d'argent de côté, et pas dans leurs banques à risque.
à Argos
De JM91
Responsable informatique dans le 91 | 10H33 | 21/03/2008 |
Il serait vraiment naif de penser que les banquiers et spéculateurs qui ont prété de l'argent l'ont fait dans le seul but d'aider des populations nécessiteuses et non solvables à s'enrichir.
C'est de mon point de vue le shéma suivant qui prévaut :
1) - Prêt léonin non capé pour l'acquisition d'un bien immobilier dans un marché en hausse forte
2) - Augmentation pour diverses raisons du cap de ce prêt afin de rendre invivables les mensualités des intérêts pendant les 5 premières années (on conserve la valeur du bien en ne prenant que les intérêts)
3) - Sur les premiers incidents de paiement, reprise du bien et revente avec forte plus value sur le marché par la banque.
Ce concept marche très bien quand le marché est sain (d'un point de vue spéculateur prêt à mettre à la rue des familles nécessiteuses avec enfants à la clé ; -()mais les banquiers avident de pognon ont tous réagi de la même façon en même temps et ont saturé le marché immobilier inversant la tendance haussière.
c'est ce qui s'appelle se tirer une balle dans le pied car les prêts ne peuvent plus être remboursés et les maisons ne se vendent plus, in fine c'est l'état qui va devoir payer.
à JM91
De toots
void | 15H01 | 21/03/2008 |
Très bin résumé !
A cela il faut ajouter la honte raciste : a revenu égal, une famille noire aux USA avait bcp plus (je n'ai pas les chiffres sous la main) de chances de se voir proposer un de ces prets « subprime » qu'une famille blanche.
Donc, on plume, on plume, et si possible les noirs.
Beurk.
à kassis01
De robindesfoix
cherche une issue | 23H50 | 20/03/2008 |
OUAIS d'après tous ces spécialistes économiste esdoctorat desfinancesoupalognonhécroutons une crise aussi grave qu'en ….2062 est là, allez suicidons nous l'Amérique est ruinés l'humanité est condamnée…
SNIF adieu monde cruel.
à Azza
De costa
14H15 | 20/03/2008 |
Bravo pour cet article et ces commentaires,
A signaler (peut-être suis-je très en retard…) un petit ouvrage d'autant plus intéressant qu'il a été publié en 2003 (déjà ! ) mais reste totalement d'actualité.
« Petit bréviaire des idées reçues en économie »
par : Les Econoclastes (collectif) aux éditions La Découverte.
N'ayant pas étudié l'économie, j'ai eu besoin de me pencher sur la signification (réelle) de l'écono-langage régulièrement utilisé par la radio, la presse, la TV. Grâce à ce livre très synthétique, même si on prend la mesure de « l'arnaque globale » et qu'on se sent impuissant face au tout financier, au moins, on comprend.
à Azza
De Xtophe
15H32 | 20/03/2008 |
Et oui, comme dit le vieux dicton économique « nationaliser les pertes, privatiser les profits »…
à Azza
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 17H37 | 20/03/2008 |
Il ne s'agit pas d'une crise financière mais d'une crise de la finance - il est temps de redonner du sens à l'économie au sens noble et non partisan du terme : http://blogules.blogspot.com/2007/07/mondialisation-du-free-market-au-fa… .
L'altermondialisme ? Il traduit une attente de nouveauté sans apporter de réponse.
La multiplication des bulles traduit pour sa part l'absence de vision stratégique et l'abandon du fait économique aux mains de financiers qui non contents de ne rien comprendre aux métiers des autres se permettent d'oublier leurs propres fondamentaux.
Une chose est certaine : les réponses à court terme proposées par les banques centrales ne changeront rien, et c'est à l'ensemble des acteurs de revoir leur stratégie, leur façon d'appréhender leur métier et leur environnement.
à stephanemot
De rwanr
20H28 | 20/03/2008 |
« L'altermondialisme ? Il traduit une attente de nouveauté sans apporter de réponse. »
On sent bien du mépris dans cette phrase.
Le commerce équitable ce n'est pas un début de réponse ?
La taxe Tobin ce n'est pas un début de réponse ?
Les énergies renouvelables ce n'est pas un début de réponse ?
Les zones de gratuité ce n'est pas un début de réponse ?
La lutte contre les OGM ce n'est pas un début de réponse ?
Non les alters n'attendent pas bêtement la nouveauté, ils créent des alternatives.
à stephanemot
De Pas lolo
fasciné | 07H09 | 22/03/2008 |
Je ne sais pas si le monsieur est un altermondialiste, mais lui il apporte des débuts de réponses , ne serait ce que sur la manière de traiter les excès de la création de valeur. Comment obliger des entreprises à investir dans des projets profitables, mais qui ferait baisser leur EVA, plutôt que dans des programmes de rachat d'actions, par exemple ?
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/02/LORDON/14458
Petites précisions si ça continue de vous intéresser :
http://blog.mondediplo.net/2007-02-23-Le-SLAM
à Azza
De Rémi Hesse
06H57 | 21/03/2008 |
Dites donc, oncle Bernard, la chronique de France Inter est un copier coller du papier ci-dessus…
à Azza
De Kereven
14H13 | 21/03/2008 |
Il est drôle de voir que la réponse aux crises du libéralisme est le retour de l'Etat.
Comme quoi, vouloir moins d'Etat n'est ni la garantie d'une liberté retrouvée, ni celle d'un marché responsabilisé.
à Azza
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 05H35 | 22/03/2008 |
1929 était un accident. La crise actuelle a été préparée. Ce ne sont pas les banques que les USA vont nationaliser, mais le systeme financier. Les USA, pratiquement autarciques avec leurs dépendances immédiates, peuvent se recroqueviller sur eux-mêmes, mettre en veilleuse leurs engagements internationaux et.. c'est le reste du monde qui fera les frais des fredaines et des erreurs américaines. On n'attend qu'un prétexte…
Pierre JC Allard http://nouvellesociete.org/H38.html
De Avril
12H46 | 20/03/2008 |
« La différence avec 1929 réside dans la réactivité des autorités »
Pour l'instant le gouvernement étasunien ne fait pas grand chose (cette administration est vraiment nullissime) et c'est leur banque centrale qui fournit l'effort. Mais bon passons. Vous nous annoncez là que Bush et d'autres libéraux (on dit capitalistes boursiers) vont nationaliser des banques, c'est ça ?
C'est donc bien un appelle à l'aide des banques vers le service public, non ? Donc socialiser les pertes, comme le dit si bien ce professeur de Science-éco ?
Ce n'est pas une petite chose, me semble t-il. Nous parlons au delà de la crise de l'identité même de qui détient le nerf de la guerre, et donc le pouvoir. Je me demande si les capitalistes boursiers, qui déjà sifflent en l'air, vont réussir à faire passer la pilule et rouler une fois de plus la planète entière. Ca dépend de qui déjà ?
à Avril
De Avril
13H04 | 20/03/2008 |
Ah ! et puis tant que j'y suis : si le dollar a chute drastiquement face à l'euro, pourquoi les prix (je cherche une imprimante A3) du matériel importé ne baisse t-il pas en Europe par rapport aux USA (mon imprimante 799$ aux USA et…799€ ici ! ) ?
on peut m'expliquer ?
à Avril
De DBL8
Retraité | 13H13 | 20/03/2008 |
Et les intermédiaires, vous les oubliez ?
Ils faut qu'ils mangent. ; ))