Tribune

Economie : Nicolas Sarkozy n'a rien compris

Par Pierre Larrouturou | Economiste et délégué national Euro... | 23/03/2008 | 17H27

« Je veux développer le crédit hypothécaire en France. C'est ce qui a permis de soutenir la croissance aux Etats-Unis », affirmait Nicolas Sarkozy, fin 2006, quand il expliquait sa « nouvelle » stratégie économique (Les Echos, 9 novembre 2006). Qu'en est-il aujourd'hui ? Alors que 1 300 000 familles ont été expulsées l'an dernier de leur logement pour cause de surendettement et que l'ancien président de la réserve fédérale, Alan Greenspan, vient d'avouer que les Etats-Unis sont sans doute entrés dans « la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale », notre nouveau président veut-il encore « développer le crédit hypothécaire » ? Le moins que l'on puisse dire, c'est que Nicolas Sarkozy n'a pas franchement anticipé la crise qui fait trembler aujourd'hui tous les marchés financiers. En 2006, pourtant, de nombreux économistes tiraient déjà la sonnette d'alarme : le 31 août, dans Le Monde, Nouriel Roubini, proche de Bill Clinton, affirmait que « la probabilité d'une récession de l'économie américaine en 2007 est désormais de 70% ». Et moi-même, dans Le Monde du 14 mai 2005, j'indiquais déjà que « en 1929, quand éclata la dernière grande crise du capitalisme, la dette totale américaine (publique et privée) représentait 140% du PIB. Elle en représente aujourd'hui 210% ».

Accroître la « transparence » des marchés financiers ne résoudra pas la crise

Il est donc faux de dire que la crise n'était pas prévisible. Et il est faux aussi d'affirmer, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on pourrait sortir de la crise en se contentant d'accroître la « transparence » des marchés financiers. Le problème est bien plus grave et bien plus profond que ne le dit le président de la République. Il est fondamental de comprendre la vraie nature de la crise, sinon le remède risque fort d'aggraver le mal.

C'est en prenant du recul, et en analysant les statistiques données par la Réserve fédérale pour les cinquante dernières années qu'on comprend les déterminants réels de la crise.

Graphique de la dette totale aux Etats-Unis depis 1952.

Entre 1950 et 1980, le ratio dette/PIB était parfaitement stable aux Etats-Unis. C'est seulement depuis le début des années 1980 que la dette augmente. Jusque là, les Etats-Unis fonctionnaient avec un compromis « fordiste » : en 1917, Henry Ford avait profondément réorganisé ses usines et doublé la productivité de ses chaînes. Pour doubler ses ventes, il s'était assez vite convaincu qu'il fallait augmenter les salaires des ouvriers pour qu'ils puissent eux-mêmes acheter des voitures. Il avait tenté de faire partager son analyse aux autres grands patrons américains mais bien peu l'avaient suivi : la plupart voulaient garder pour eux et pour leurs actionnaires les profits réalisés grâce aux nouvelles méthodes de travail. Ce partage déséquilibré des fruits de la productivité fut une des causes majeures de la crise de 1929.

Après guerre, pour éviter qu'une telle crise ne se reproduise, on mit en place des règles du jeu qui garantissaient une progression régulière des salaires. Ces règles « fordistes » furent à l'origine des Trente glorieuses, ces trente années de forte croissance que connurent les Etats-Unis et l'Europe…

Briser le mythe du plein emploi américain

Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison blanche. C'est à partir de là que la dette augmente : très vite, les libéraux baissent les impôts sur les plus riches, ce qui favorise la dette publique. Mais, plus fondamentalement, la dette augmente parce que la précarisation du marché du travail amène progressivement à une baisse de la part des salaires dans le PIB et qu'un nombre croissant de ménages américains sont obligés de s'endetter pour maintenir un haut niveau de consommation.

Durant la dernière campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a souvent mis en avant le « plein-emploi américain ». En réalité, les Etats-Unis sont très loin du plein emploi. Si l'on en croit le dernier rapport économique publié par la Maison blanche, il y a tellement de petits boulots aux Etats-Unis que la durée réelle moyenne du travail est tombée à 33,7 heures. Si la durée moyenne (sans compter les chômeurs) tombe à 33,7 heures alors que ceux qui ont un emploi « normal » sont toujours à 40 heures, c'est que des millions de salariés ne font que 10 ou 15 heures par semaine.

Graphique de durée du travail aux Etats-Unis depuis 1965.

Ce partage du travail qui ne dit pas son nom, amène à un partage des revenus de plus en plus inégalitaire : « Aux Etats-Unis, la part des salaires dans le revenu national atteint son plus bas niveau depuis 1929 », notaient Les Echos du 9 octobre 2006.

Et une étude de BNP Paribas montre que sur les huit dernières années, « seuls les 5% d'Américains les plus riches ont vu leurs revenus réels augmenter ». Les autres 95% ont vu leurs revenus stagner ou diminuer… Mais ces 5% les plus riches ne peuvent pas faire vingt repas par jour. Un tel niveau d'inégalités devrait donc fortement ralentir la croissance. Si la consommation continue d'augmenter, c'est uniquement parce que l'on pousse les classes moyennes et les pauvres à s'endetter chaque année un peu plus.

La dette au cœur du problème

On voit ici que la question de la dette n'est pas une question annexe. Ce n'est pas un « incident de parcours » dû à l'inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l'ensemble de la population, le néo-libéralisme a structurellement besoin d'un endettement croissant.

En France, en un quart de siècle, la part des salaires dans le PIB a diminué de 11%. Et l'évolution est la même, peu ou prou, dans l'ensemble des pays occidentaux. Partout la peur du chômage déséquilibre la négociation sur les salaires : « Si tu n'es pas content, tu peux aller voir ailleurs. »

Graphique de la part des salaires dans le PIB.

Même le FMI, réputé très libéral, le constate dans son dernier rapport annuel : « Au cours des deux dernières décennies, il y a eu un déclin continu de la part du revenu qui va au travail. La baisse est très massive et atteint 10% en Europe et au Japon. » Sans croissance de la dette, cette baisse relative des salaires aurait dû fortement ralentir la consommation.

Comme l'explique Patrick Artus, directeur des études de la CDC Ixis, « dans la zone euro, sur les dix dernières années, la dette privée est passée de 75% à 145% du PIB. Sans la hausse de la dette des ménages, la croissance de la zone euro serait nulle depuis 2002. » Et hors zone euro, la situation n'est guère plus réjouissante : en Grande-Bretagne, la dette des ménages dépasse les 160% du revenu disponible. Une étude récente de Jean-Luc Buchalet et Pierre Sabatier montre que, sans l'augmentation de la dette des ménages, la Grande-Bretagne serait en récession depuis 2002 ! Voilà pourquoi ce que propose Nicolas Sarkozy, « mettre plus de transparence » sur les marchés financiers, n'est pas du tout suffisant. Voilà pourquoi aussi, si l'on en reste à une approche de bon sens (« Puisqu'il y a trop de dette, fermons le robinet de la dette ! “), on risque de précipiter l'ensemble des pays occidentaux dans la récession.

Il faut aller plus loin et s'attaquer aux racines de la crise. C'est à cause du chômage et de la précarité que la part des salaires a tant diminué. C'est à cause du chômage et de la précarité que nos économies ont tant besoin de dette. C'est seulement en s'attaquant radicalement au chômage et à la précarité, en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l'on pourra sortir de la crise.

L'urgence de définir de nouveaux outils de régulation

Hélas, dix mois après son arrivée au pouvoir, tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy ne fera rien d'utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu'il annonce un Grenelle, un Grand Plan ou une Grande Mobilisation… mais contre le chômage et la précarité, il n'a encore rien annoncé ! Absolument rien. C'est la première fois depuis trente ans qu'une nouvelle équipe arrive au pouvoir en France et manifeste autant de désinvolture face au chômage et à la précarité ! Vu la gravité de la situation, il y a urgence à remettre la gauche au travail. Vu l'importance des déséquilibres accumulés, une réponse nationale ne peut pas suffire. C'est l'ensemble de la gauche européenne qu'il faut rassembler et mettre au travail pour définir, très concrètement, de nouveaux outils de régulation.

Rassembler la gauche et la mettre au travail, tel est l'objectif de la pétition que nous venons de lancer avec dix-huit parlementaires, des élus locaux et des militants issus de toutes les tendances du PS.

Nous déposerons cette pétition lors du Conseil national du 25 mars. Vu les statuts du PS, si notre pétition recueille 5 000 signatures de militants PS ou 50 000 signatures de citoyens non-PS, la direction sera obligée de nous écouter.

Il ne nous manque plus que quelques centaines de signatures pour parvenir à nous faire entendre. Que vous soyez au PS ou que vous n'y soyez pas, si vous voulez que la gauche se mette au travail, signez cet appel et faites le signer par vos amis.
L'appel est sur www.nouvellegauche.fr.

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Portrait de caro

De caro

délinquante avérée | 18H03 | 23/03/2008 | Permalien

Monsieur Larouturrou, quand vous écrivez :

« C'est la première fois depuis trente ans qu'une nouvelle équipe arrive au pouvoir en France et manifeste autant de désinvolture face au chômage et à la précarité ! »

je ne suis pas d'accord. Not'bienaimé président, ne montre aucune désinvolture, au contraire, il s'intéresse de près au chômage, au moins pour trouver des moyens pour faire baisser artificiellement les chiffres du nombre de demandeurs d'emploi.

La précarité ? mais c'est la faute des salariés ! ils n'ont qu'à travailler plus pour gagner plus !

Et pourtant ! J'ai l'exemple d'un jeune technicien en informatique, venu me demander il y a 2 jours, s'il n'y avait pas d'arnaque sur le poste où il a été recruté : 32 h / semaine et un très bon salaire ! Comme quoi certaines boites (il s'agit là d'une société mutualiste) vous ont écouté et embauchent dans de bonnes conditions.

Je ne suis pas sure que, même avec la pétition, le PS, lui, vous écoute, branché qu'il est sur les voix libérales.

Si la population ne se bouge pas maintenant et exige un changement radical d'orientation, nous en avons encore pour 5 ans de cette politique qui mène droit à la récession. Préparer l'avenir et l'alternance, c'est bien, mais il faudra prévoir aussi à réparer la casse.

Portrait de Marc

à caro Portrait de caro De Marc

22H37 | 24/03/2008 | Permalien

un appel de bloggeurs socialistes plutôt proches de Royal :
Les socialos au boulot --> http://marc.vasseur.over-blog.com/article-18044612.html

Portrait de Humain

à Marc Portrait de Marc De Humain

08H23 | 25/03/2008 | Permalien

Est-ce qu'il y a encore des socialistes vraiment démocrates au PS ?

…Car comme cela vient d'être signalé ci dessus, il va y avoir de la casse à réparer.

Portrait de pablico

De pablico

18H16 | 23/03/2008 | Permalien

« il y a tellement de petits boulots aux Etats-Unis que la durée réelle moyenne du travail est tombée à 33,7 heures. Si la durée moyenne (sans compter les chômeurs) tombe à 33,7 heures alors que ceux qui ont un emploi “normal” sont toujours à 40 heures, c'est que des millions de salariés ne font que 10 ou 15 heures par semaine. »

travailler plus pour gagner plus nous a-t-il dit.

« Et une étude de BNP Paribas montre que sur les huit dernières années, “seuls les 5% d'Américains les plus riches ont vu leurs revenus réels augmenter”. Les autres 95% ont vu leurs revenus stagner ou diminuer… Mais ces 5% les plus riches ne peuvent pas faire vingt repas par jour. »

il a donné aux plus riches, et on a encore des problème de pouvoir d'achat. Nos riches ne mangent pas 20 repas par jours.. quel manque de civilité et de patriotisme..

« Ces règles “fordistes” furent à l'origine des Trente glorieuses, ces trente années de forte croissance que connurent les Etats-Unis et l'Europe… »

Ford était-il un énorme et dangereux communiste ?
pourquoi arrêter un truc qui semblait marcher pas mal ? ?
est-ce par idéologie, ou par pure bêtise d'apprentit sorcier,
est-ce par souci d'écologie, appauvrir la masse, pour que l'on pollue moins ? ?

Portrait de Di

à pablico Portrait de pablico De Di

mère déchlorurée (papotable) | 00H34 | 24/03/2008 | Permalien

Appauvrir la masse, il s'en fiche, du moment qu'il enrichit les riches.

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

18H07 | 23/03/2008 | Permalien

je regarde de près votre pétition,
PJ un papier suissesur DSK !
Je n'émets aucune opinion, je passe encore une fois…
Heureusament que le crédit hypothécaire n'a pas été mis en place. Sarko le voulait…

Les Etats à la rescousse des banques ?

DSK, le patron du FMI, envisage une intervention des Etats 23.03.2008 11 : 44 TSR CH

L'hypothèse d'un sauvetage des banques par les Etats pour mettre fin à une crise qui menace le système financier gagne du terrain, même si cette solution revient à faire assumer aux contribuables les dérives de certains investisseurs.

Cette solution de dernier ressort, bien qu'elle puisse s'avérer extrêmement coûteuse, devrait néanmoins permettre d'éviter des conséquences économiques graves et durables, selon nombre d'experts.
Coût social énorme
« La collectivité dans son ensemble » va peut-être être amenée à « prendre en charge » le coût de la lutte contre une faillite du système bancaire, a averti Dominique Strauss-Kahn, directeur du Fonds monétaire international. « Il faut donner le signal que les autorités sont prêtes à faire ce qui est nécessaire » pour éviter un effondrement du système financier planétaire, a renchéri Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE.

Pour Michel Aglietta, économiste du Cepii, une telle option risque de « devenir nécessaire » : on en est à la « phase pénultième avant une socialisation complète des pertes des banques ». Recourir à l'argent public pour empêcher la faillite de banques dont les gestionnaires ont pris des risques inconsidérés présente le risque d'encourager la poursuite de telles pratiques. Mais le « coût social d'une faillite bancaire qui en entraîne d'autres serait bien plus important », souligne Michel Aglietta.
Nationalisations des banques
Un avis partagé par Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, pour qui les grands acteurs de la finance mondiale (ministres, banquiers centraux, régulateurs) doivent se réunir pour offrir un « soutien massif (aux) acteurs les plus en danger ». Cela pourrait aller « jusqu'à la nationalisation » de banques ou de rehausseurs de crédit, qui ont assuré des titres adossés sur de mauvaises créances.

A l'instar du RTC, Jean-Hervé Lorenzi propose la création de fonds publics destinés à « reprendre dans leur bilan les titres les plus problématiques détenus par les établissements financiers, et dont les pertes finales seraient garanties par les Etats ». Une intervention gouvernementale aux Etats-Unis peut aussi prendre la forme d'une modification de la législation pour « éviter le problème des saisies et ventes forcées » de logements, qui accentuent le retournement du marché immobilier et les pertes des banques, souligne Michel Aglietta.

D'après lui, le sauvetage d'une grande banque paneuropéenne serait plus difficile à gérer qu'aux Etats-Unis, car il existe des autorités de supervision dans chaque pays dont les positions divergent ». « S'il faut mettre à contribution des budgets nationaux, il va y avoir des batailles pour définir les pays qui doivent payer : ceux où se trouvent les filiales ou seulement la maison-mère ? », argumente-t-il.

ats/kot

Washington et Berne excluent une aide
L'administration Bush se dit pour l'instant opposée à toute forme de sauvetage fédéral des banques, mais certains membres du Congrès américain plaident déjà en ce sens.
Dans « Le Matin dimanche », Hans-Rudolf Merz a lui aussi exclu toute intervention de l'Etat pour sauver les banques, notamment l'UBS, fortement malmenée par la crise financière.
En Allemagne, la banque IKB a déjà bénéficié trois fois d'une aide massive de l'Etat allemand, et le patron de Deutsche Bank, Josef Ackermann, a demandé une action commune de l'Etat, des banques et des Banques centrales pour venir à la rescousse des établissements financiers.
La Grande-Bretagne a nationalisé la banque Northern Rock pour lui éviter la faillite mais l'addition pour les contribuables pourrait s'élever à 55 milliards de livres (plus de 70 milliards d'euros).
Au début des années 90, le gouvernement suédois était venu au secours du système bancaire en offrant sa garantie à la dette des banques commerciales, la banque centrale donnant un accès illimité au crédit.
A la même époque, le gouvernement américain avait mis fin à la crise des « Savings and Loans », les caisses d'épargne américaines, en créant un fonds fédéral (Resolution Trust Corporation, RTC) qui a repris leurs mauvaises créances.
En France, le sauvetage du Crédit Lyonnais, qui a coûté des centaines de millions d'euros, reste dans les mémoires.

Portrait de kestiontoi

à marie 75 Portrait de marie 75 De kestiontoi

travailleur forcé | 20H53 | 25/03/2008 | Permalien

Pourquoi le privé a-t-il besoin de l'argent public ?
Perte ? ! ? ! ?
Pourquoi le privé veut-il son indépendance ?
Bénéfice ? ! ? ! ?
Veut-on une société capitaliste ?
Si oui vive le faillite ! ! !
Sinon, nous rentrons dans un système communautaire et donc les bénéfices et les pertes ne doivent-ils pas être répartis entre tous ?
Pour cela tout travail ne mérite-t-il pas un salaire convenable ?
Ne doit-on pas plafonner les salaires les plus élevés afin de répartir les richesses ?
Le droit au travail ne doit-il pas être appliquer tel qu'il est inscrit dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ?

Portrait de DidierB63

De DidierB63

Devant un écran | 18H10 | 23/03/2008 | Permalien

Excellente idée de réunir tous ces indicateurs en une seul article.
Cela permet de se faire une meilleure idée de ce qui se passe depuis de nombreuses années et ce que Sarkozy nous prépare, ou plutôt ne nous prépare pas.

Mais, avant de rejoindre votre mouvement, de signer votre pétition, j'aurais aimé savoir ce que VOUS vous proposiez…

Il faut s'attaquer au chômage, dites vous. Très bien, quelles sont vos propositions ?
La part des salaires dans le revenu global a baissé dramatiquement ? Que proposez vous pour faire revenir l'argent vers les salaires ?

Des propositions, vous pouvez en faire. Cela permettrait de lancer le débat, si débat vous voulez. Même moi, j'ai des idées. Et j'ose même les écrire :

Fiscalité des entreprises : Mes propositions

Si un citoyen peut faire ça (d'autant que je manque sérieusement de moyens intellectuels et techniques), des hommes politiques et des économistes devraient le faire. C'est même la première chose qu'ils devraient faire.

Je pense qu'avant d'appeler des citoyens à soutenir votre initiative, il faudrait qu'ils sachent ce qu'est cette initiative… et si elle n'est pas seulement et purement politicienne.

Critiquer Nicolas Sarkozy et ses réformes ou son absence de réformes, c'est bien. Proposer autre chose, c'est mieux.

http://polemiquons.over-blog.com/

Portrait de pene-r

à DidierB63 Portrait de DidierB63 De pene-r

19H09 | 23/03/2008 | Permalien

Je pense qu'avant d'appeler des citoyens à soutenir votre initiative, il faudrait qu'ils sachent ce qu'est cette initiative… et si elle n'est pas seulement et purement politicienne.
Ben il me semble que la pétition est un appel pour que le débat s'installe sur ce sujet et qu'ensuite il y ait des propositions ! !

C'est le serpent qui se mord la queue, si j'ai bien compris ; -)

Portrait de DidierB63

à pene-r Portrait de pene-r De DidierB63

Devant un écran | 12H06 | 24/03/2008 | Permalien

Ce n'est pas mon serpent… : -)

A mon humble avis, 7 ans d'opposition auraient du être suffisants pour avoir un commencement de début d'idée à proposer aux éventuels signataires, que ça soit dans le PS ou en dehors du PS.
Ce que je lis se limite à « Reunissons nous »… 7 ans pour ça.

Enfin, pour ce que j'en sais !

Portrait de pene-r

à DidierB63 Portrait de DidierB63 De pene-r

12H54 | 24/03/2008 | Permalien

 ; -)

Je suis d'accord que c'est long (et le pire c'est qu'il faudrait une pétition pour lancer le débat et ensuite sortir des propositions 8-o).
Mais c'est ce qui est proposé ici.

Donc après la pétition, on recompte les signatures, on débat, puis on propose des solutions, qu'on évalue et on les diffuse ! ! : -D

Si on veut éviter Sarko en 2012 Faut signer la pétition, DE SUITE : -D

Portrait de C. Creseveur

à pene-r Portrait de pene-r De C. Creseveur

D'actualité | 14H36 | 24/03/2008 | Permalien

Vous avez tous les deux raison, je crois.

Portrait de admirateur

à DidierB63 Portrait de DidierB63 De admirateur

16H09 | 25/03/2008 | Permalien

7 ans d'opposition d'accord… mais n'oubliez pas les années de cohabitation, les années sans cohabitation ; ça nous a donné la csg, la dérèglementation des 35 heures, les privatisations, renault-Wielevoord…… bref les bases de la déreglementation d'aujourd'hui que semble découvrir notre brave pétionnaire avec l'innocent rocard comme co-signataire !

Portrait de kevangel

De kevangel

Chercheur | 18H11 | 23/03/2008 | Permalien

Très bon article pédagogique, clair et étayé.

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

18H12 | 23/03/2008 | Permalien

« Clarifier les régulations nécessaires au bon fonctionnement de l'Union européenne. », dans le texte de la pétition ….

Savez-vous que dans l'union européenne (ce n'est qu'un ex.) les médicaments ne sont pas dans la comision de la santé … mais dans celle de l'économie et de la consommation..
Pour une autre Europe…

Je me renseigne un peu plus sur cette pétition, avant de signer

Portrait de ercégé

De ercégé

18H28 | 23/03/2008 | Permalien

Il faut être inconscient pour tenter de régler un problème sans la transparence nécessaire pour en connaître les dimensions exactes.

La crise actuelle est différente de celle de 1929 à bien des titres, mais surtout en raison du fait que « nous ignorons que nous ne savons presque rien de l'étendue du désastre ».

Ou saurez-vous :
- me confirmer avec précision le volume + la nature + le risque des opérations actuellement traitées par les hedge-fonds au niveau mondial ?
- me confirmer le nombre de hedge-fonds traitant des opérations à > 10 chiffres alors qu'ils sont situés en paradis fiscaux et qu'il suffit d'une surface financière de moins de 10.000 USD pour les créer devant notaire ?
- m'expliquer pourquoi ces hedge-fonds sont des électrons libres souvent non consolidés -donc inconnus-dans les comptes de nos chers groupes bancaires ?

Il faut donc impérativement de la transparence mais nous ne l'aurons pas :
- admirez Bouton tenter de comprendre les opérations de Kerviel devant la presse alors que l'Eurex allemande n'a pas cessé de le prévenir de la catastrophe approchante,
- félicitez ces banques championnes dans la sécurisation d'instruments dont elles ignoraient le rating,
- étudiez ces agences de rating qui n'ont rien vu venir ou ne voulaient pas perdre leurs clients-banquiers,
- vérifiez si la FED est une institution publique ou un cartel des banques,
- étonnez-vous de l'objectif no 1 de la BCE (lutte contre l'inflation dans le genre « opération réussie mais patient mort »)
- etc etc

Exiger des politiciens ce que les banquiers n'ont pas su faire et prévoir ? Vous êtes courageux !
Pour le reste de l'analyse, d'accord avec vous, mais il n'y aura pas d'autre solution que de toucher le fond de la piscine pour tenter de remonter à la surface.
Jusqu'à cette date, pour faire crédit, ces grands banquiers continueront d'exiger de leurs clients ce qu'ils n'ont pas sû respecter !

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

HS | 18H37 | 23/03/2008 | Permalien

Je viens de lire l'article de Pierre Larrouturou qui est on ne peu plus clair.
Marie 75 me « confusionne » un peu, dommage parceque je voulais rester sur ma première impression qui est toujours, comme chacun le sait, la bonne.
Ford en voulant faire profiter aux créateurs de richesses les fruits de ces richesses ouvrait une perspective pleine d'espoir.
Il n'a pas fait attention aux requins que ces richesses attiraient.

Une chose est sûre, ce n'est pas l'et-cono-miste de foire Sarkozy qui va nous dépatouiller du merdier où beaucoup la droite et un peu la gauche classique nous ont plongés.

Despair and die ?

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

18H39 | 23/03/2008 | Permalien

TSR CH

Les fonds souverains sous l'oeil du FMI

L'UBS, notamment, a eu recours aux fonds souverains. [Keystone]22.03.2008 22 : 52
Le FMI va surveiller de plus près les fonds souverains. Ces outils d'investissement détenus par un Etat suscitent des interrogations tant du point de vue de leurs objectifs que de leurs politiques d'achat agressives.

Des responsables du Fonds monétaire international ont l'intention de développer une sorte de code de bonne conduite volontaire qui délimiterait les contours de ce qu'il est de bon aloi de faire et de ce qui l'est moins pour ces fonds.
On estime qu'ils gèrent aujourd'hui des sommes évaluées entre 2000 et 3000 milliards de dollars d'investissements, et qui pourraient grimper entre 6000 et 10'000 milliards de dollars d'ici cinq ans.
Inquiétudes
Des responsables gouvernementaux comme des commentateurs privés ont fait part de leurs inquiétudes sur la transparence de ces fonds, sur leur taille et leurs stratégies d'investissement qui pourraient être motivées politiquement.

Nombre d'Etats, comme par exemple un grand nombre de pays pétroliers, ont souvent recours à ce type de fonds pour investir sur le très long terme et s'assurer un revenu plus régulier et plus pérenne que celui tiré des matières premières. D'autres ont recours à ces fonds pour diversifier leurs sources de revenus.

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Intervention du 22.03.2008
S. Schwarzman, « le roi de Wall Street », ne craint pas les fonds souverains - 19 : 00 Le Journal, 24 janvier 2008

Intervention du 22.03.2008
M. Al Jasser : « Les fonds souverains sont des investisseurs responsables » - 19 : 00 Le Journal, 24 janvier 2008

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Sous les projecteurs grâce aux subprimes
Les fonds souverains, qui existent de longue date pour certains, ont fait parler d'eux récemment pour être venus au secours, à coups de milliards de dollars, d'institutions financières américaines qui avaient besoin d'argent frais après s'être brûlé les doigts sur le marché des prêts hypothécaires à risque (subprime).
Ainsi Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le fonds souverain de l'émirat éponyme, a-t-il investi en novembre 7,5 milliards de dollars dans Citigroup, le plus grand groupe bancaire américain, suivi cette année par le GIC (Government Investment Corporation) de Singapour avec 6,8 milliards de dollars.
Le fonds singapourien a récemment injecté 11 millards de francs dans l'UBS pour recapitaliser la grande banque.retraité a dévalé le talus sur 50 mètres environ. Son corps a dû être tracté à l'aide d'un câble.

Portrait de lili25

De lili25

déchaînée | 18H40 | 23/03/2008 | Permalien

N'êtes-vous pas simplement en train d'expliquer que le système économique libéral et capitaliste ne peut qu'aller vers sa propre perte ? Qu'il favorise systématiquement des crises non pas temporaires et conjoncturelles mais structurelles ?
Et pourquoi devrait_on se battre contre le chômage et la précarité POUR SORTIR DE LA CRISE ? ? ? (N'y-a t'il pas d'autres raisons de le faire ? ? ? ) Et ainsi travailler pour continuer à favoriser un système inégalitaire ? ? ? Ce n'est pas seulement « à cause du chômage et de la précarité que nos économies ont besoin de dette » c'est à cause d'un système qui fait croire aux gens qu'ils seront heureux en consommant toujours plus ! ! !

Portrait de Claude PELLETIER

De Claude PELLETIER

Retraité dans son jardin | 19H20 | 23/03/2008 | Permalien

Bravo.
Pourquoi cet article n'est-il pas plus
mis
en
valeur ?

Portrait de barney67

De barney67

webmaster | 19H23 | 23/03/2008 | Permalien

« il a donné aux plus riches »

il a donné à ceux qui crée de l'emploi ! !

et c'est normal

quand à vos info de 2006 faut arreter ! !

toujours critiquer sans jamais aidé

combien ta donné au resto du coeur
j » aimerais bien savoir

zero euro j'en suis sur ! !

Portrait de NonooStar

à barney67 Portrait de barney67 De NonooStar

Informaticien | 02H49 | 24/03/2008 | Permalien

Si vous aviez lu l'article, vous auriez compris que donner à ceux qui créent des emplois, c'est bien. Mais s'ils ne créent que des petits emplois mal payés, ça ne sert à rien.

Les petits boulots genre « équipier à McDo », ça ne créé pas de richesse. C'est mal payé, épuisant, ça ne pousse pas les gens à consommer.

Portrait de kevinp

De kevinp

20H00 | 23/03/2008 | Permalien

Article passionnant de Pierre Larrouturou !

je vous conseille de lire son livre « Livre noir du Libéralisme ».
l'article pourrait en être une introduction.

j'ai signé la pétition www.nouvellegauche.fr. C'est la meilleure solution pour le PS.

Portrait de François Doutriaux

De François Doutriaux

Juriste et enseignant chercheur | 20H13 | 23/03/2008 | Permalien

excellent article, qui vulgarise avec précision et exactitude ce que de nombreux économistes expliquent depuis une dizaine d'années.

Le lien entre crédit, salaire et consommation y est parfaitement évoqué : il montre bien comment le fossé croissant dans la répartition des richesses et la baisse significative de la part des revenus d'activité nous ménent lentement mais sûrement vers une impasse économique.

Vous omettez simplement la « cerise » du gâteau : la privatisation des profits et la mutualisation des pertes dont nous sommes en train de connaître l'un des plus violents épisodes de notre histoire économique. Les banques centrales se portent, en effet, un peu partout au secours des institutions finançières qui ont le plus prospéré sur ce systéme et prennent de plein fouet le renversement pourtant prévisible du marché.

Avec, in fine, une addition qui sera assumée par le contribuable. Celui-ci aura donc l'occasion d epayer trois fois : par le remboursement des emprunts initiaux, par la perte du bien acquis en cas de cessation des paiements et enfin indirectement par le sauvetage financer des institutions de crédits.

Le libéralisme est, décidement, un chat qui retombe toujours sur ses pattes…

Le lien de la pétition, en revanche, n'est pas fonctionnel.

Portrait de athénaïs

De athénaïs

20H44 | 23/03/2008 | Permalien

Formidable article m. Larrouturou. Je suis d'accord avec Claude Pelletier, il faut le mettre en valeur…..
L'avenir est aussi dans la com°

Portrait de Christobal Colon

De Christobal Colon

Scandalisé à 999% | 20H55 | 23/03/2008 | Permalien

Article très bon et titre magistral.

La semaine prochaine :

Social : Qui vous savez n'a rien compris.

Semaine suivante :

Environnement : Qui vous savez n'a rien compris.

Semaine suivante :

Image de la France : Qui vous savez n'a rien compris.

Semaine suivante :

Esprit rasssembleur : Qui vous savez n'a rien compris.

Semaine suivante :

Gestion du moral français : Qui vous savez n'a rien compris.

Semaine suivante…

Portrait de marie 75

De marie 75 3563

21H33 | 23/03/2008 | Permalien

Y a t il un pilote dans l'avion ?
« Crise économique mondiale … quelle crise ? ? ?
Carlita, mon poussin , passe moi ma crème à bronzer. »

Dialogue Sarko/Sarla sur une plage, pour 3 jours, au maroc…

Portrait de Tophee

De Tophee

en haut a gauche | 22H27 | 23/03/2008 | Permalien

Votre article est tres bon. Bien explique, bien etayer, bref, un article comme on aimerais en lire plus souvent, et surtout, un artice comme on aimerais que plus de gens lise.

J'ai quelques reservequand votre conclusion qui me semble n'aporter qu'une solution bonne mais partielle. En plus de la lutte contre le chomage et la precarite, il faut reglementer (suprimer) les marches fianciers qui sont la source de bien des problemes.

Quand a appeler le PS au secour, j'ai perdu patience avec ce parti et il me semble plus efficace aujourd'hui de construire quelque-chose en dehors de ce groupe plutot que d'esperer voire les elephants s'ocuper des problemes de la nation plutot que de leur luttes interne.

Portrait de Bebert Cassandre

De Bebert Cassandre

23H37 | 23/03/2008 | Permalien

Les ouvriers votent à droite en majorité. Difficile de comprendre pourquoi… Quoique… Une certaine frustration face à ces nantis de fonctionnaires qui n'en foutent pas une ramée s'il faut en croire le discours ambiant… Pour preuve, on peut diviser par deux le nombre de ces fonctionnaires sans que ça ne perturbe la machine… Au contraire, ça irait même mieux… Les ouvriers votent donc à droite. Finalement, ils ont raison de vouloir relancer l'apprentissage à 14 ans, diminuer le nombre d'enseignants…L'obscurantisme favorisant le vote de droite, pourquoi vouloir instruire des gens qui, une fois instruit, se retourneraient contre le système. Pour ce qui est de Monsieur Sarkozy, en incitant les français à s'endetter pour maintenir la consommation, il ne souhaite que transférer la dette à venir sur les ménages. Ne nous y trompons pas, la dette de l'état appartient aux français et les intérêts versés par l'état chaque année viennent participer au maintien de la croissance.

Portrait de efji

à Bebert Cassandre Portrait de Bebert Cassandre De efji

09H59 | 24/03/2008 | Permalien

« Les ouvriers votent à droite en majorité ». Idée reçue, colportée 1000 fois, mais fausse :
Présidentielle 2007, 2eme tour (Sarko/Ségo) :

Agriculteurs 67/33
Artisans, Commerçants 82/18
Professions libérales, Cadres Sup. 52/48
Professions intermédiaires 49/51
Employés 49/51
Ouvriers 46/54

En revanche les a priori sur les petits commerçants/artisans vaguement facho sont assez justifiés…

De même, ventilation par niveau de revenus :

Modeste 44/56
Moyen inférieur 53/47
Moyen supérieur 52/48
Elevé 57/43

source : http://www.ipsos.fr/presidentielle-2007/pdf/ssu-2eTour.pdf

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