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Cinéma français : le rapport alarmant du Club des 13
Par Olivier de Bruyn | Journaliste | 27/03/2008 | 13H02
Treize personnalités ont planché sur les problèmes de financement, qui touchent de plein fouet les films à moyen budget.
Production, distribution, exploitation : à toutes les étapes, la diversité cinématographique serait-elle menacée ? Un rapport inquiétant rédigé par un groupe de treize personnalités (dont Pascale Ferran, Jacques Audiard et Claude Miller) met les pieds dans le plat parfois nauséabond de l'économie du cinéma français.
Nous avons pu lire en intégralité ce document confidentiel, dont les auteurs ont dévoilé les principaux enjeux jeudi lors d'une conférence de presse.
Retour en arrière. Février 2007 : Pascale Ferran reçoit une pelletée de Césars pour son « Lady Chatterley », film plébiscité par la critique, le public et salué, lors de la cérémonie annuelle, par les professionnels. Dans la salle, on applaudit à tout rompre, y compris du côté des responsables des chaînes de télévision, pourtant peu enclins (euphémisme) à financer des films qui, comme celui de Ferran, ne respectent en rien les conformismes cathodiques…
Sur scène, la réalisatrice tire vigoureusement la sonnette d'alarme. Elle déplore notamment que les « films du milieu » -en gros ceux qui conjuguent exigence esthétique et vocation populaire (aux antipodes des produits formatés et de l'élitisme abscons)- soient aujourd'hui de plus en plus difficiles à produire. Et de s'interroger à haute voix sur la possibilité pour les descendants de Truffaut, Demy ou Resnais de donner naissance à leurs projets…
On s'en doutait : les déclarations de Pascale Ferran ne resteraient pas sans suite. Un an plus tard, à l'initiative d'un groupe de travail baptisé le Club des 13 (composé de cinéastes, scénaristes, distributeurs et exploitants, voir liste ci-dessous), un volumineux rapport de 190 pages, rédigé sans complaisance ni parti-pris, dresse un tableau quasi-exhaustif des difficultés rencontrées par les forces vives du cinéma hexagonal.
Alarmant ? Assurément. Défaitiste ? Certainement pas. La preuve : le Club des 13 propose des solutions concrètes pour que notre système de financement (longtemps considéré comme un modèle) puisse survivre.
Un paysage cinématographique bouleversé
Intitulé « Le Milieu n'est plus un pont mais une faille » (en référence à la position éminemment délicate des dits films du « milieu »), le rapport de synthèse met en lumière les modifications considérables apparues ces dernières années dans l'ensemble du paysage du cinéma français :
« On continue à vivre sur l'idée que le cinéma est à la fois un art et une industrie (puissance de la pensée de Malraux), alors qu'entre temps, il est devenu essentiellement un commerce. La marchandisation actuelle du cinéma vient de la prise de pouvoir, en tenaille, du petit et des grands écrans. C'est-à-dire la substitution du pouvoir des producteurs par celui des diffuseurs : la télévision d'un côté, les grandes groupes d'exploitation de l'autre.“Et si, d'un côté, les directeurs d'antenne ont intérêt à ce que leurs filiales produisent des films profilés pour la télévision ; de l'autre, les multiplexes ont intérêt à une offre surabondante de films fortement médiatisés. La qualité des films compte moins alors que leur visibilité ou leur budget de promotion.” (p.7)
Le rapport (qui se garde d'opposer caricaturalement les “bons” films d'auteur aux “mauvais” films commerciaux) démonte le mécanisme redoutable et pervers qui entraîne une uniformisation de l'offre. Conséquence inéluctable : un appauvrissement de la qualité moyenne des films proposés aux spectateurs, même si, les auteurs le rappellent à juste titre, les fictions singulières et stimulantes demeurent nombreuses en France. Mais pour combien de temps ? Parmi les principaux motifs d'inquiétude :
- La perte d'influence du producteur, au profit, notamment, des chaînes de télévision. Ces dernières financent en partie le cinéma (la loi les y contraint) mais privilégient des “produits” susceptibles de satisfaire l'audimat (et de rafler les recettes publicitaires afférentes) lors de leur diffusion cathodique. A la limite, peu importe la qualité du film et son destin commercial lors de son exploitation en salles…
- La bipolarisation dramatique dans la production. D'un côté d'énormes budgets, en constante augmentation, alloués à des films la plupart du temps ultra-prévisibles. De l'autre des financements minimaux pour des fictions vouées de ce fait à la ghettoïsation. Au “milieu” -là où se niche la diversité- des films ambitieux à vocation populaire qui souffrent (pour les budgets moyens -4 à 7 millions d'euros- seulement 19 films produits en 2006, contre 49 en 2004).
- Le formatage des scénarios, lié aux diktats télévisuels et à l'autocensure qui en découle :
“Il faut écrire des films qui puissent être financés par les télévisions si l'on ne veut pas prendre le risque de devoir soit abandonner son projet, soit le tourner dans des conditions qui le mettent en péril.
‘D'une certaine façon, les télévisions n'ont même plus à intervenir frontalement sur le scénario. La beauté du système, sa puissance, réside même en cela : dans la majorité des cas, les réalisateurs et leurs producteurs, ont intégré tout ou partie de leurs demandes implicites dès la conception du film.’ (p.35)
- Selon le même principe de l'uniformisation, la prédominance sur les écrans d'une poignée de comédiens jugés ‘incontournables’ par les décideurs et donc systématiquement privilégiés. (‘La liberté totale de casting est devenue en France une exception.’, p.41). Corollaire : le rôle prépondérant des agents (‘plus difficiles à joindre que les artistes qu'ils représentent’), faisant parfois la pluie et le mauvais temps dans le métier.
- La précarisation (voire la paupérisation) dont souffrent de très nombreux scénaristes, maillons pourtant essentiels dans la fabrication des films.
Les ‘13’ ne se contentent pas d'évoquer les difficultés rencontrées par les auteurs et producteurs en amont et pendant le montage financier des films. Ils rendent compte, avec la même précision glaçante, des problèmes parfois insurmontables rencontrés par les distributeurs et exploitants indépendants.
Ces derniers ont subi de plein fouet (entre autres) l'apparition des filiales de chaînes cathodiques dans la distribution, l'essor des multiplexes (boostant incontestablement les entrées en salles, mais ne favorisant pas la diversité de l'offre), la rotation frénétique des films proposés sur les écrans (objectif avoué, selon les règles commerciales élémentaires : faire le maximum de chiffres en un minimum de temps), l'explosion des ‘marges arrière’ (tout ce qui produit des bénéfices dans les salles, mais n'est soumis à aucune taxe, contrairement au billet d'entrée), les frais de publicité (multipliés par vingt en moins de dix ans ! )… On en passe.
Treize mesures pour rénover les systèmes d'aide existant
Le Club des 13, d'ores et déjà élargi à une quarantaine de membres actifs, entend faire circuler le plus largement possible son rapport (il sera publié intégralement à la mi-avril aux éditions Stock) et va prochainement interpeller les pouvoirs publics.
Il propose dès aujourd'hui treize mesures concrètes, certaines revisitant les systèmes d'aide existants, histoire de renouer avec une philosophie originelle depuis longtemps pervertie. Parmi ces propositions :
- Le doublement de la dotation de l'avance sur recettes (stable depuis 15 ans -enveloppe moyenne : 400 000 euros par film- alors que les budgets de production ont explosé).
- Le versement du Fonds de soutien automatique production généré par un film au seul producteur délégué (c'est-à-dire au réel initiateur du projet et non aux multiples ayant-droits).
- 7,5% de ce fond de soutien réservé à l'écriture.
- Une majoration de 25% de ce fonds de soutien pour les distributeurs investissant dans des films produits sans les chaînes de télévision.
- La suppression de ce fonds de soutien pour les sociétés adossées à un diffuseur (chaînes cathodiques et groupes de télécommunications).
- La création d'une taxe de 5,5% sur toutes les marges arrière, ‘venant abonder l'assiette du CNC et financer l'équipement numérique des salles indépendantes et la dotation de l'avance sur recettes’.
Sur le grand écran comme ailleurs, la diversité a un prix :
‘L'idée même du film comme prototype, comme objet singulier et non-reproductible, est condamnée à sa disparition dès lors qu'il est inféodé à un médium dont la logique est celle du flux, de la répétition, du déjà-vu, du produit de série.’ (p.35)
Si le cinéma français, contrairement à ce qui s'est produit ailleurs en Europe, continue d'exister, il le doit à son système original de financement, gravement mis à mal ces dernières années. Le Club des 13 tient le pari qu'il n'est pas trop tard pour ‘tout remettre à plat’ et repenser en profondeur l'économie des films. A suivre de près…
Composition du club des 13 : Cécile Vargaftig (scénariste), Jacques Audiard, Pascale Ferran, Claude Miller (cinéastes), Denis Freyd, Arnaud Louvet, Patrick Sobelman, Edouard Weil (producteurs), Fabienne Vonier (distributrice), Stéphane Goudet, Claude-Eric Poiroux, Jean-Jacques Ruttner (exploitants), François Yon (exportateur).
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De florence grand
16H43 | 27/03/2008 |
moi je suis sceptique, problème de production oui c'est sur mais surtout de visibilité ! Je suis fan de film de « genre » (horreur… je n'aime pas trop cette expression) et la plupart des salles ne projettent plus ou alors deux semaines pas plus ce type de film !
Chaque année il y a des perles qui sortent en salles mais lesquelles surtout si on habite pas a Paris c'est un vrai casse tête ! Il faut réhabiliter le cinéma de quartier ! ! !
De andelle
16H51 | 27/03/2008 |
SI ça continue les grands cinéastes français seront belges.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H53 | 27/03/2008 |
Il n » y a pas que la censure ou les problemes de financement . il y a l'environnement . A partir du moment ou 90 % des films français sont mauvais ,et qu » aucun critique n'ose le dire, on a meme plus le reflexe de chercher le film français qui pourrait etre original et aller le voir au cinema .
C'est comme pour la presse, quand les nouveaux titres qui apparaissent ne sont que des merdes comme Closer, Public ou CQ , on espere meme plus trouver un nouveau journal interessant chez son marchand de journaux ..
De geff
16H58 | 27/03/2008 |
Je suis une de ces personne qui fréquente les multiplex, pourquoi ?
-Le prix, (carte illimité, face à des billets compris entre 6 et 11€ ! )
-Le confort, les salles indep avec de l'eau qui tombe du toit, je veux bien être solidaire, mais il y a des limites,
-Le choix, entre le nombre de salles, plus les cinémas partenaires il n'y a que très peu de films que je ne peux pas potentiellement voir..
voilà pour le portrait type, qui n'enchantera c'est sûr pas certain, mais qui représente 95% de ceux qui fréquentent les salles.
Le cinéma est pour moi un loisir, et je pense que le cinéma français est malade d'un coté de sa recherche artistique et c'est de ces films dont on parle ici, et pour une seconde catégorie de sa folie médiatique.
Parlons des seconds, ca sera vite dit. Quand on voit les efforts déployés pendant des semaines de promo pour nous vendre astérix (un parmi tellement d'autres, que dire du retour des bronzés), qu'aucun présentateur (VRP) n'a osé critiqué, et les déceptions qui s'en suivent de la part de spectateurs, c'est un très mauvais point pour le ciné francais. Sur ce point les blockbuster américains sont parfois très peu originaux, mais ils remplissent à 100% leurs objectifs soit d'humour, soit d'action, soit de suspens etc, le spectateur n'est pas transcendé, mais le contrat est rempli.
Maintenant venons en aux films dit d'auteurs. Pourquoi vouloir être artistique rime avec soit étrange, soit illisible ou hyper violent… Grosso modo, pourquoi veut on adapter l'art moderne, dont le monochromes ne subjugues que les hypocrites dingues du MOMA, au cinéma. Là je vais reprendre l'exemple américain.. Si si.. : ) Un grand réalisateur scénariste tel que Tarantino, a commencé avec Réservoir Dogs, un film 100% basé sur le scénario et le jeu d'acteur, qui financièrement ne coûterait pas un kopec à tourner (si l'on excluait des acteurs coûteux).
Bref, la longueur ne facilitant pas la lecture, je vais m'arrêter à ce résumé, sortons du schéma : film à petit budget = film alternatif imbuvable du grand public, mais recentrons nous sur un travail d'écriture important. Même les comédies on ne sait plus faire, il n'y a plus que des comédies dramatiques cad des blagues pendant 10min, suivi d'une histoire pleurnichade.
De elmadj
17H53 | 27/03/2008 |
Ouai ouai, le fameux discours d'un cinéma élitiste qui ennuie le commun des mortels. Le spectateur lambda ne comprend pas, etc… Juste une remarque, le cinéma comme tout objet de culture n'est pas qu'un loisir et ne doit s'arrêter à cela. De toute façon, la force d'évocation et l'empreinte psychique que créé le cinéma démontre bien que le cinéma n'est pas qu'un simple loisir, comme la lecture. Cela demande un effort et c'est bon de faire des efforts, car on en sort grandi. Celui qu'on nomme « Le grand public » ne devrait pas être pris pour un imbécile, ou alors nous le sommes tous, c'est le lot de l'humanité de trainer son ignorance. Pourquoi toujours la facilité, la simplification, la vulgarisation, le tout-cuit. Il faut laisser la chance à la réflexion à quiconque, même malgré lui et l'humanité avancerai mieux, non ?
Le cinéma d'auteur est loin d'être un cinéma systématiquement abscons ou imbuvable, ce n'est pas le connaitre que de dire cela.
Je le vis tous les jours dans ce milieu (difficile, s'il en est) : des avalanches d'idées reçues, de conformisme, d'allégeance systématique, de complexe de supériorité, c'est terrible… L'humilité, l'ouverture est très rare. et souvent le public est pris pour un con… cette politique commence à s'épuiser, je crois que les publics en ont marre (tout comme moi) de voir les mêmes foutus films et surtout de ne pas pouvoir prendre le temps de trouver des « perles » qui leur conviendraient. Je dis les publics, car je pense que le formatage statistique des envies du soit-disant « grand-public » est une grosse erreur à tout point de vue, et du point de vue économique aussi, c'est la catastrophe. Avoir une vision plus large, plus simple, plus direct, plus ouverte, plus différencié, plus horizontale que verticale, serait certainement plus bénéfique.
Il n'y a pas un public mais des publics, eux-même fait de plusieurs individus… Pour un artiste, l'indéfinie est plus intéressant que le définie. Ce qui différencie le devenir de l'étalon.
à elmadj
De geff
19H26 | 27/03/2008 |
dommage que la rédaction ai choisi de montrer votre commentaire sans le mien, ca fait un peu bizard, surtout que je pense que ma pensée, même si elle est soumise à contradiction, représente une part très importante des avis, qui se retrouve en l'occurrence non représentée.
vous notez « le cinéma comme tout objet de culture n'est pas qu'un loisir et ne doit s'arrêter à cela », et vous avez tout à fait raison !
et je pense que mon évocation de loisir est mal choisie (j'ai malheureusement assez peu d'arrogance ! ) si je voulais préciser ma pensée, dans ce qui sort du pur divertissement, même si c'est un genre qu'il ne faut pas dénigrer, ça serait bien malheureux, et surtout très très très hypocrite, mais donc du ludique, ou du démonstratif, c'est que l'objet de l'art, si il est inaccessible, est inutile. On pourra arguer que s'est une question de pré requis etc.. Mais qu'est ce qui est le plus détonnant, le plus subservif, et donc le plus efficace dans sa démonstration ?
Une oeuvre acclamée par la critique, imperméable à la compréhension commune sans une explication de son auteur, ou un 1984 (bouquin en l'occurrence je n'ai pas vu le film) écrit sans fioriture, mais au combien évocateur ? Dans sa lignée d'autre si sont essayés avec succès, Fight club, V for vendetta, 2 blockbuster, pourtant au combien porteur d'un message, qu'il plaise ou non..
Cette conversation sera malheureusement illisible par le fait du choix éditorial, mais je tenais à préciser ma pensée, sur laquelle m'avez fait le plaisir de débattre.
De batila
entrepreneur international | 17H27 | 27/03/2008 |
on peut penser que la crise du cinéma français favorise la distribution de films américains sur nos écrans.
Savez vous que la corée du sud a été obligé de faire passer son quota de diffusion de films nationaux à 20 % sur son propre territoire, il y a un peu plus d'un an ?
Il y a trois ans, j'étais régulièrement fasciné par la capacité de réalisateurs asiatiques à faire des films bien scénarisés et beau à la fois.
Il y en a de moins en moins…
C'est une tendance mondiale.
La discorde en france (qui nous empêche de faire de bons films) permet d'envisager une disparition progressive du cinéma français. Il apparaît que cette discorde nationale permet la diffusion de plus en plus large de films étrangers (souvent américains) et populaires et rend la production de films français anecdotique et impopulaire : donc non rentable.
Et aucun acteur bankable au états-unis (américain ou non) ne prendra la peine de soutenir un film français (cad de vendre son nom à une autre entreprise que les studios qui l'emploient le plus souvent). Et aucun acteur français ne peut bénéficier du même traitement qu'un acteur américain ce qui logiquement apporterait des investisseurs aux cinéma français, ou alors pour le faire taire (ainsi marion cotillard ne travaillera plus en france -trop chère- ou pas aux états-unis -infréquentable- plus certainement dans aucun des deux…).
De Mbrown
17H36 | 27/03/2008 |
Merci pour cet article.
C'est à la lecture de nombreux commentaires que j'ai envie de réagir.
En effet, l'industrie du cinéma américaine est ici souvent diabolisée alors que l'article porte sur le système français de financement.
Ces raccourcis me semblent hatifs.
D'autant plus que c'est souvent dans la production nord-américaine que j'ai trouvé beaucoup de très bons et surprenant films du « milieu ».
à Mbrown
De G.
06H05 | 28/03/2008 |
Tout à fait d'accord. Mais c'est en probablement parce que le « milieu » américain est à la fois plus large et plus haut en termes de budgets et de nombres de films produits. Au fait milieu, ça fait « middle » en anglais… Les films de milieu seraient donc ceux de la middle class ? intéressant…
De compte supprimé 23.01.09
17H57 | 27/03/2008 |
Il faudrait quand même parler aussi de l'engagement des collectivités locales dans le soutien à la production cinématographique et audiovisuelle , soutien qui est en constante augmentation . Total des crédits votés en 2007 : 52 M€ (en 2003 : 28 M€) .
En 2007, les engagements du CNC représentaient 13,8 M€ sur l'écriture et la production cinématographique et audiovisuelle, soit 27% des crédits des fonds territoriaux.
http://www.centreimages.fr/UploadFile/PDF/Syntheses2008.pdf
la suppression en 1984 du British Film Fund, fonds de soutien à l'industrie cinématographique, a amené le cinéma anglais a produire des films sociaux avec des budgets plus modestes et avec de nouveaux réalisateurs formés à la télévision (Ken Loach, Mike Leigh, Stephen Frears) .
De Anne Honym
17H49 | 27/03/2008 |
Ce qui est fou, c'est que les scénaristes de télévision ont exactement le même problème que les scénaristes de cinéma ! L'autocensure, les projets qu'on sélectionne pour toucher le plus petit dénominateur commun, sans compter l'intervention tacite (hop ! sans les mains) des patrons de chaîne, écrire une fiction de qualité en France c'est le parcours du combattant, et tout ça en sachant qu'il faudra refaire le chemin de croix pour une éventuelle seconde saison, même si ça marche ! Ce sont les patrons des chaînes commerciales qui vérolent la création audiovisuelle en France !
De levraidebat
17H56 | 27/03/2008 |
L'Union européenne permettra-t-elle encore longtemps à la France d'avoir un système national de promotion du cinéma tricolore ? …
Pas sûr du tout
www.levraidebat.com
De Phil2922
Retraite invalidité | 18H08 | 27/03/2008 |
Comme en 68, les scénaristes, les réalisateurs les acteurs doivent proposer des actions concrètes de boycott… Le constat de la marchandisation du cinéma est fait, avec le club des 13 il est temps d'agir concrètement… http://phil195829.overblog.com
De _Nada
19H41 | 27/03/2008 |
Je suis supris que, pour une (et unique ? ) fois, l'ensemble des maux du cinéma français ne soit pas mis sur le (large) dos « des méchants pirates d'Internet ».
Si seulement ce rapport peut enfin mener à une vrai réflexion du milieu cinématographique (et audiovisuel en général) sur son mode de fonctionnement … je dis aleluia !
De nayko
Troubadour urbain | 19H43 | 27/03/2008 |
Coup de cœur, coup de gueule …
Petit état des lieux vu de mon coin de France (Montpellier). Ici, nous avons la chance d'avoir un cinéma indépendant en centre ville : le Diagonal. Il y a seulement 2 ans, il y avait 4 cinémas Diagonal qui pouvaient offrir un vaste éventail de la production cinématographique mondiale. Hors, après une coupe des subventions de la région, le Diagonal a dû fermer 3 cinémas. Heureusement, un des 3 a pu être repris par la chaîne de cinéma « Utopya », ce qui nous laisse encore le chois entre deux cinémas de qualité.
Mon coup de cœur va au gérant de ce cinéma et à son équipe, qui nous propose un cinéma de qualité, une programmation très variée et le déroulement hebdomadaire de séances/débats toujours très intéressante et conviviale. Le tout à un tarif abordable (7 euros la place, réductions, abonnements).
Mon coup de gueule est à l'attention des pouvoirs publics. On ne peut pas parler de concurrence entre les multiplexes et les salles indépendantes, elles ne sont pas dans la même catégorie. Les multiplexes sont en concurrence avec les supermarchés peut-être mais pas avec les cinés indés. Il y a déjà deux multiplexes ici et un troisième en prévision, sans compter un Gaumont au centre ville. Leurs programmations et totalement identique. Quel intérêt d'en ouvrir un de plus ? ? ? ? Pourquoi diable interdire les subventions ? Est ce que l'industrie du disque s'offusque de la distribution sur le marché d'artistes indépendants qui ont pu sortir leurs projets grâce à des subventions ? Il faut donc d'urgence se pencher sur ce problème pour qu'au moins, on puisse choisir notre cinéma. Si demain, seuls les multiplexes subsistent, je ne mettrais plus les pieds souvent dans une salle obscure, parole de passionné…
De NicolasB
Lycéen à Paris | 20H43 | 27/03/2008 |
En prenant du recul, la cinématographie est une belle invention, un concept innovant, et qui attire de nombreuses personnes. De nos jours, les films rivalisent les livres. Il y a là, et depuis toujours, un marché très intéressant.
On retient surtout des films américains. Là-bas, les budgets sont plus larges et la possiblité de réaliser un film est plus facile qu'en France. Les films français, eux, nous marquent moins en général. Ce qui me désolé, c'est que les films deviennent commerciaux - surtout en France. Où est passé l'art de faire un film ? Et pourquoi donc l'argent doit être un enjeu pour un film ? L'exemple le plus flagrant, et le plus récent est bien entendu Astérix et Obélix ; 75 millions d'euros de budget, sans compter 25 millions d'euros de publicité, et des entrées qui ne sont pas à la hauteur des attentes. A l'inverse, le fameux « Bienvenue chez les Ch''tis », le nouveau hit, a fait plus de 12 millions d'euros d'entrées - bien au-delà des objectifs - avec un budget bien plus réduit : un peu plus de 10 millions d'euros.
Alors, donnez la chance aux « petits » réalisateurs de faire carrière et d'impressionner le public. Les crédits pour les films ne doivent pas qu'aller aux « grands »…
De NuklearCocroach
22H00 | 27/03/2008 |
Boulversifiant ! J'arrête le p2p…demain…si j'ai pas oublié d'ici la…c'est combien la place de cinoche en moyenne en France ? ? ?
De jac le rat
aventurier | 23H02 | 27/03/2008 |
Des films qui prennent aux tripes… au ventre, à la tête…
cela dit, je n'en fais pas moi-même…
Peut-être, comme dans le temps, faut recommencer à se battre ?
Après tout, faire du ciné, comme lutter, sur tous les fronts ?
Et ne plus pleurnicher sur les subventions, finalement perverses…
De sul
01H08 | 28/03/2008 |
Je suis projectionniste,président d'un cinéma itinérant et realisateur de documentaires.
Pour résumer ma situation dans dix ans risque d'être compliquée :
-projectionniste : Avec l'arrivée du numérique le travail sur pellicule risque de s'effectuer uniquement dans les cinémathèques.
-président d'un circuit indépendant et itinérant : Notre situation est déjà bien compromise avec la suppression des budgets dans toutes les DRAC(direction régionale des affaires culturelles) de France .En effet les circuits itinérants étant déjà les moins bien lotis au niveau de l'exploitation.A quand une vraie politique de démocratisation de l'accès à l'image ?
-réalisateur de documentaires : J'ai réalisé des documentaires qui ont été présentés dans divers festivals mais ceux ne correspondant pas aux critères télévisuels (52mn) je n'ai jamais pu en faire ma profession ;
En conclusion je pense que le milieu du cinéma n'échappe pas à la standardisation et le CNC ferait mieux de se pencher rapidement sur le problème .
De Maxfrerot
09H50 | 28/03/2008 |
Sauf que les gros films bénéficiaires mettent des années à rendre la thune au CNC, les gros bâtards, ils font exprès.
De Maxfrerot
09H42 | 28/03/2008 |
Je suis technicien caméra et je travaille sur des long - métrages depuis 8 ans. En 12 films j'ai pu constater l'extrème justesse des propos de Pascale Ferran et du club des 13.
J'ai travaillé sur des comédies à gros budget où l'argent coulait à flot et où le rire gras dominait, chez les comédiens comme chez les scénaristes.
J'ai également participé à plusieurs « films du milieu », comme les nomme Pascale Ferran, et j'ai vu des réalisateurs, des producteurs, inquiets, repousser la date de tournage car une chaine télé avait dit non à cause du comédien principal pas assez connu.
D'autres demander un rabais sur les salaires parce que le film était trop long pour des distributeurs de multiplexes ( ils perdent une scéance par jour au delà de 2 h 15 de films car ils son t obligés de passer des tunnels de pub avant chaque film ou bien c'est plus cher) entrainant un moindre financement des banques.
Les cinéastes qui arrivent encore, dans ce contexte, à raconter des histoires comme ils l'entendent sont rares parce qu'ils sont souvent dégoutés, obligés à trop de compromis ( « et si on prenait Clavier ? », « et si le méchant qui gagne on se rend compte que finalement il est gentil sinon c'est trop dur ? ») ou à couper dans leur budget et donc dans leur choix artistique ( « il doit s'enfuir en Andalousie, il va plutôt s'enfuir dans le Lanquedoc-Roussillon, ils nous donnent de l'argent etc…) et pour cela il faut les soutenir car ils sont le cinéma français. Le reste c'est du divertissement ; c'est important de se divertir mais le divertissement formaté télévisuel n » a pas besoin d'aides publiques, il a besoin de commerciaux et il les a.
Contrairement aux mauvais poncifs mal énoncés de Déluge le menuisier, le cinéma produit des films volontairement stupides ( Bronzés 3, Astérix 3 , les Ch'tis) pour gagner plein d'argent et laisse des miettes au cinéma artistique.
Et c'est pourtant ce cinéma qui fait avancer l'art, la recherche, le questionnement nécessaire à sa vitalité. Kubrick s'inspirait d'Ophuls, Tarantino encense Godard, Van gogh (de Pialat)est un chef-d'oeuvre total. Ce sont ces cinéastes, avec tant d'autres, qui ont nourri le 9ème art de leur travail artistique. Les Blockbusters leurs doivent tout et nous aussi. Si l'on ne se décide pas à contrer l'uniformisation du cinéma, on ne verra plus de films tels que Lady Chatterley, Ne Le Dis A Personne, Smoking No Smoking, Gabrielle, De Battre Mon Coeur S'Est Arrété etc….
Il faut se battre pour sauver la spécificité de notre cinéma, unique au monde.
De stefan
11H34 | 28/03/2008 |
Je suis d'accord avec Déluge concernant une approche critique au sein même de l'avance sur recettes et de ses commissions. Parmi les 13 qui se sont prononcés sur ce rapport, que je félicite, je m'aperçois néamoins qu'il ne se trouve personne qui ne soit défavorisé par le diktat de l'écriture de l'avance sur recettes, l'absolu imbecilité des commentaires parfois des lecteurs y siégant, l'absence de reflexion cinématographique.Pourquoi n'y a t'il pas anonymat total des candidatures ? Ou alors débat avec les candidats. Je suis certain qu'il y a un nombre non négligeable de projets artistiquement moins « français » qui passent à la trappe, par le fait qu'une vraie oeuvre de cinéma ne peut être jugée en quelques minutes de lecture parfois malveillante.
La seule possibilité parfois pour un auteur réalisateur ayant d'autres intuitions artistiques et se sentant plus proche de Raygadas, de Kiarostami, de Ceylan… plutôt que de Bonitzer, est de s'auto-produire au risque que son film ne soit pas vu.
Reste ensuite et surtout un travail de fond à produire, effectivement l'été dans des projections itinérantes, ou dans les lycées et collèges, de transmission intelligente. La seule sortie cinéma-collège de ma fille l'an dernier a été avec son prof de maths pour voir une grosse machine américaine… Je ne comprends pas que le cinéma ne soit pas une matière enseignée à l'école.
De baumi
12H27 | 28/03/2008 |
C'était évidemment implacable -on est en France- les dignes représentants d'un secteur artistique sacrifié sur l'autel de la marchandise par de vils commerçants se sont bornés à recenser les obstacles matériels qui entravent leur créativité, et à dresser le catalogue des moyens nécessaires à leur succès.
Ah, les moyens ! Tout irait merveilleusement bien si leurs propriétaires ne s'ingéniaient à en priver les meilleures volontés, qu'elles soient enseigantes ou artistes. Alors, logiquement, on se retourne vers l'Etat, prié de légiférer, règlementer, encadrer, protéger, obliger, contraindre…
C'est peut-être nécessaire, et même sûrement, mais une fois de plus, il manque l'essentiel à cette analyse : pourquoi les films français qui réussissent à se faire -et il y en a plutôt beaucoup- recueillent-ils de si médiocres succès, en France et ailleurs ? Car il s'en tourne des films, mais souvent plats, convenus, médiocres pour tout dire, dans cette étrange segment qui est appelé « films moyens ».
Voilà le problème, ils sont désespérément moyens ces films moyens. Aucune chance de trouver des Coen Bros ou des Kaurismäki parmi nos cinéastes. Eux, ils fabriquent des films bien pensants, dans des formes éprouvées, avec des recettes épuisées qui s'adressent principalement au minuscule univers dont ils viennent, et qu'on trouve principalement entre trois arrondissements, un hebdo de télé, un news magazine bien parisien et deux quotidiens de gauche.
Le film de Mme Ferran était plutôt réussi, dans un genre peu risqué il est vrai, mais pour illustrer cette faillite, j'ai plutôt envie d'évoquer le dernier film d'O.Assayas. Voilà un catalogue invraisemblalble de clichés sociaux (business-artiste aux E.U, cad'sup en Chine pour y faire des godasses, prof. de fac.), de personnages convenus (ah, le fabriquant de godasses ! oh, l'intello incompris ! )et de situations affreusements prévisibles au service d'un scénario indigent et, pour finir, d'un film inexistant.
Tout cela ne serait que gênant, tant cette médiocrité pèse sur l'image que nous cherchons à préserver de nos créateurs, s'il ne se trouvait que M.Assayas, probablement parce qu'il a été lui-même de ces critiques qui faisaient la pluie, et jamais le beau temps, n'était systématiquement encensés par les lèche-bottes de son milieu, et donc encouragé à poursuivre une carrière honteuse à l'ombre protectrice de l'opinion des gens de cinéma.
Il est à craindre que les recommandations de la commission machin, si elles étaient appliquées, ne fassent que conforter M.Assayas et toutes les rentes de situation du mileu du cinéma dans l'épouvantable médiocrité dont souffre le cinéma français, qu'il soit moyen ou autre.
Mais ce n'est pas cela qui fera naître le cinéma créatif, audacieux, contemporain dont nous avons besoin, et qui existe ailleurs.
De Beryl
14H13 | 28/03/2008 |
Le cinema français - il faut préciser : le cinema de la production française - est un cadavre dont les ongles poussent encore (beaux, parfois, Cf. le cinema de Pascale Ferran), un cadavre qui bouge encore par la voix de 13 cinéastes au soubresaut désespéré. Bon.
Il faut tout de même savoir - ou se souvenir - ce que parler veut dire, lorsqu'il s'agit d'AGIR.
Les 13 et tous les cinéastes condamnés à court terme à l'enterrement de leur liberté d'expression, sans espoir d'un retour proche, et qui avancent menottés par la censure économique (les chaînes de télévision, putes et soumises à leurs macs-annonceurs) et l'autocensure intériorisée par leur progressive démission, ont un sacré culot de jeter leur pierre aux méchants producteurs, patrons de chaînes, distributeurs, ainsi qu'à la corruption consanguine des professionnels de la profession (ou de l'anti-profession, les faux rebelles), car le cinema français meurt d'une maladie honteuse : une chtouille appelée Lâcheté face au courage de créer (hauteur d'une politique de l'Art - envers et contre, malgré les maffiosi de l'Argent)
Les créateurs en carton mâché, remâché, de films, en France, sont des sortes de perroquets bavards auxquels l'Argent lance des carottes ogm pour qu'ils fassent leur « Recoucou ! c'est moâ ! Jaquot ! qui refait son coucou c'est moi jaquot », de sorte que les cinéastes français, perchés sur leur ego-coucou-c'est-moâ- Jaquot… nous balancent leurs films comme autant de « renvois » (merci d'ouvrir les fenêtres), or les roteurs ne sont pas ici les payeurs (le public trompé)
Le cinema français pue le renfermé des chambres de malades, et je note que les 13 la ramènent sur le ton de ceux qui, marchant dans leur merde (Cf. le dernier Assayas au formol), que les cinéastes français, en général, l'exception Ferran n'étant qu'un des derniers soupirs du cinema de la liberté, parlent de tout sauf de cette merde dont ils sont les premiers auteurs responsables. Â patauger ainsi dans leur lâcheté de chiens de garde objectifs d'une société qui pue la mort (toute accumulation de quelque chose est un tas d'ordures - Mac Luhan), ils NE VEULENT PAS VOIR ce qu'ils font, le point de rupture où ils ont à « être », comme si le système qui robotise tout et tous fonctionnait seul, en boucle, et par génération spontané.
Les cinéastes français - dans leur « écrasante » majorité, ne VEULENT pas voir :
- Qu'une des matière première pour l'inspiration, à ne pas se dissimuler à « l'objectif », est, proprement dit, l'état de décrépitude (racisme, désespérance des pauvres, blanchitude entre soi des élites, cinéastes included, dictature molle mais à couteaux sortis) dans lequel, cet état décrépi, notre civilisation occidentale, et, par induction, notre société française, sont entrain de sombrer.
Motus et bouches cousues de fil blanc sur la schizophrénie et trépanage acceptés, qui coulent dans le sang de la culture de masse et, toutes choses égales, dans la culture à la ramasse de ceux qui sont stipendiés (films à la chaîne dans les maillages du fric-roi) pour remplir l'auge collective.
Le clan des créateurs-mon-cul, consanguins, plus Blanc (sociologiquement parlant) tu meurs, et dont les films sont produits,faits, avec du Blanc « seul », et où le moindre « Nègre » (suivant la vision césairienne) est commis à se mouler dans les clichés blancs (made in thirties ! ), ce clan Blanc là, il est comme le coeur ratatiné du cadavre aux ongles longs de notre société de mort.
Les 13 - qui, certes, bien sûr, ne sont pas de la mauvaise graine de discriminateurs mauvais genre - ne pipent pas mot, à leur sujet, quant à la pauvreté affligeante, riquiqui, grotesque, déclamatoire, haas been, de l'inspiration qui les fait courir à l'auge culturelle (Avance sur recettes mon amour, et son rideau de fumée d » « auteurs“- eux-mêmes en perdition)
Pas UN, dans ce concert de ‘plaignants et de comptables’ (le choeur post-moderne des vierges de tout manquement à eux-mêmes), qui ose avouer que lui-même et autres scenaristes, réalisateurs - dans leur ensemble, à une ou deux exceptions près, sans parler de ceux qui crêvent en silence, réduits au silence par les traitres aux ordres- sont IMPUISSANTS ou assez LÂCHES, pour gueuler aujourd'hui après le ‘système’, sans avoir L'ELEMENTAIRE COURAGE ET LUCIDITE de se remettre eux-mêmes en question, en tant que créateurs.
Voilà pôurquoi, entre autres raisons du même ‘ordre’, le cinema français est mort, et que, durant le peu de temps qui lui reste avant de disparaître - il respire encore (Pascale Ferran et quelques autres, sincères, mais insuffisament conscients de la gravité de leur/la situation, au contraire de quoi, ils réfléchiraient à foutre un vrai bordel dans la fourmillère, au lieu de parler, très bien,marci, mais dans le désert.
VOTRE APPEL NE CHANGERA RIEN. R I E N. Votre mauvaise conscience (auto-lâcheté dans le choix de la guerre : CREER, et non caquetter, est un combat, à la vie, à la mort) est soulagée d'avoir balbutié des évidences propres sur elles - en escamotant des réalités essentielles, et en vous plaçant hors du jeu, dont vous êtes, nolens volens, les premiers tricheurs.
Le système politico-social de mort qui nous entraîne au fond - le Titanic, sans la musique du courage - continuera à se nourrir du sang et eau des cinéastes, pour que règne le fric-Roi. Tout le reste est littérature, et, nous, Français, nous sommes des cadors, en films, en livres, et causeries chatiées, dans la confection de ce produit du terroir : les mots sans les choses…
PS - Je sais de quoi je parle ici, et que les cinéastes couchés sont mes ennemis intimes.
Lorsqu'on demande à Aimé Césaire s'il a commencé par se confronter aux colons, il répond : ‘Non, je m'en suis d'abord pris aux miens, aux Martiniquais…aux Martiniquais aliénés, une petite bourgeoisie…’ etc.
Les cinéastes français aliénés par les fomenteurs de ‘créations’ sous vide et sous cameras de surveillance, peuvent aller se faire voir ailleurs. Je n'attends RIEN d'eux.
Je déclare ouverte, sans cérémonie, sinon celle des Adieux, la guerre de tranchées, la guerre civile, entre un dernier carré d'esprits fous de liberté, et la horde des cinéastes vendus au système que leurs films ont laissé se mettre en place - films d'ameublement comme Satie parlait de musique d'ameublement - et qu'ils voudraient remplacer par d'autres (en vérité les mêmes) sous un emballage relooké, de quoi sauver leurs meubles. Changer pour que rien ne change (Le guépard)
Basta cosi.
De vince_p
16H34 | 29/03/2008 |
Et si le cinéma français qu'il soit d'auteur ou grand public était en train de mourir d'un manque TOTAL de créativité, enfermé à tout jamais dans un nombrilisme existentiel et dans une approche de la réalisation digne des meilleurs épisodes de Derrick ?
De auzat-magne
20H58 | 29/03/2008 |
Le problème est profond et remonte à loin.
Je me souviens de L'accord Blum-Byrnes, signé le 28 mai 1946 entre James F. Byrnes (États-Unis) et Léon Blum.
Les exigences des américains ont été de créer des quotas en faveur de leur industrie cinématographique.
Depuis cette période, nous sommes dans une guerre économique qui ne dit pas son nom.
Chaque jour, sous le prétexte que les Américains aient libéré notre pays
(comme ils « libérent » d'autres pays dans le Monde, depuis cette date),
ils imposent un modèle économique qui ravagent à la fois nos esprits, et
notre « french way of life ».
Depuis les années 70, les multiplexes sont arrivés dans notre société tuant
l'exploitation de quartier, et l'exploitation des salles traditionnelles, car il fallait faire
le maximum de profits en un temps très court.
C'est ce modèle qui se répand comme une sourde menace, dans les sociétés différentes de l'Amérique.
Nous le voyons très clairement dans toutes les strates de la Société Française.
Le pognon pour le pognon.
La concentration des activités pour maximiser les profits au détriment de l'Humain, et de la différence des espèces.
Bien sûr, des imbéciles, même des imbéciles élitistes, nous dirons que nous faisons de « l'Anti-Américanisme primaire ».
Mais les résultats sont là.
Depuis les années 70, les tenants de l'Economie Française nous ont seriné qu'ils étaient
impossible de faire vivre des Filatures, des Chantiers navals, de la Sidérurgie, …. et bien sûr
le Cinéma.
Donc, ces chevaliers d'industrie se sont séparés de ces pans entiers de l'industrie pour les laisser
à des « moins-que-rien-mondiaux », c'est à dire Les Indiens, et les Asiatiques.
Le revers de la médaille aujourd'hui… Alors qu'une poignée de salopards se remplissent les poches
ici…les autres développent à leur profit tous ses pans de l'industrie que nous avons abandonné.
Aujourd'hui, nous abandonnons notre langue native pour parler un très mauvais « franglais »,
et nous ne traduisons même plus les titres des films étrangers, ou alors approximativement
comme le « No country for Old Men », « old men » étant le pluriel de vieillard ou vieil homme,
et non pas vieil homme qui aurait dû être « old man ».
Et nous le voyons tous les jours, dans nos quotidiens, et sur chaque médium, le Français est devenu
approximatif, mal parlé, mal compris, et souvent les francophones étrangers parlent mieux français
que les métropolitains. Des Jean-Luc Morandini ou des Jean-Luc Delarue, entre autres en sont les vecteurs.
donc dans le même ordre d'idées, si le Cinéma Français est défendu par une poignée de « jeunes hommes
et femmes en colère », c'est à dire la quarantaine bien tassée, le reste de notre Peuple se contrefiche du
devenir de ce 7eme Art que nous avons inventé, et que nous abandonnons à une bande de salopards, de traitres
et d'ignorants qui vont le brader sur l'autel du pognon vite gagné et vite dépensé.
Le Cinéma vit, malheureusement, ce que vit le reste de la Planète.
Vous voulez des meubles de jardin en bois précieux.
Vite déforestons une forêt primaire pour vous faire plaisir.
(sans nous préoccuper de replanter les espèces originelles,
« cela coûte trop cher, mon fils ! »)
Pour chaque acte de votre vie quotidienne, vous participez à la destruction d'une espèce,
d'un organisme vivant, d'un mode de vie…
Vous ne vous projetez par dans l'Avenir, pas de futur pour vos descendants.
Pascale FERRAN monte sur scène.
Quel instant de solitude…
Elle parle… Le gouffre est immense, elle est seule…
devant une salle hypocrite qui a hâte que tout cela finisse pour revenir à la maison se faire une bonne tisane et Hop, au lit !
Quel scénariste ou réalisateur a décidé un jour de faire un long métrage sur ce que pense réellement cette famille du Cinéma ?
La majorité se dit : « il sera toujours temps de descendre dans la rue pour gueuler ».
La majorité s'en fout, du moment qu'il ou elle travaille, les autres peuvent bien crever.
Ce qui serait bichant, serait de voir cette « grande famille du Cinéma » se lever, et monter sur la scène
face au « Sinistre de la Culture », et face au Peuple de France et de dire :
« Maintenant, cela suffit, revoyons L'accord Blum-Byrnes, posons des quotas d'exploitation, posons
des obligations d'exploitation, posons des obligations de diffusions,… »
(d'ailleurs, quid de la diffusion des CM en début du LM ? )
et je sais que la création du C.N.C., à la sortie de la guerre, a sauvé notre cinématographie, alors que toutes les autres disparaissaient dans l'indifférence générale.
Mais peut-être faut-il revoir ce dinosaure qui parfois annihile la création, ou ne la défend plus comme il le devrait.
Je sais qu'en Allemagne, le länd de Bade-Wurtemberg a un budget de la Culture équivalent à celui de toutes nos régions françaises ! ! !
Mais nous devons choisir…
un porte-avions nucléaire, c'est à dire un deuxième ou
une Industrie Cinématographique Française vivante et survitaminée ?
Vous ne vous remettez pas en cause, parmi vous gens de Gauche, vous avez voté massivement pour un Chirac, en 2002, prônant le libéralisme…
Aujourd'hui, vous avez déculpabilisé les autres votants de Gauche à voter pour le petit Sarkozy….pour toujours plus de libéralisme.
Votre cécité flagrante permet au borgne d'être le roi… même d'opérette.
Nous fabriquons notre société, et nous tressons la corde pour nous pendre.
Toujours plus de pauvres,
toujours plus de riches,
les premiers n'ont pas les moyens d'aller voir du Cinéma Populaire bon marché,
et les seconds se créent une salle « Home Cinéma » dans leur cave
(nous les avons tellement habitué à avoir un goût de chiottes, et ne pouvant se fabriquer un Kinopanorama, ils se font une salle de multiplexe à la maison).
Ce petit Président Sarkozy possède une culture de fiches, écrites par d'autres : ses citations sont approximatives comme ses conseillers…
« heureusement », qu'il a le pouvoir de s'entourer de gens cultivés, et qui je l'espère sauront l'éclairer à bon escient.
Aura-t-il son Viollet-Le-Duc, son Prosper Mérimée, son Victor Hugo d'opposition pour le recentrer ?
La disparition de la publicité sur nos chaines publiques, accompagné de moyens financiers monstrueux,
pourrait donner aux chaines Nationales l'opportunité de produire différemment, pour ne pas plaire nécessairement aux annonceurs, ces « bouffeurs de merde et d'espoirs ».
Ce que vous abordez dans votre manifeste, messieurs et dames du Club des 13, était déjà un sujet que je traitais quand je faisais mes études de Cinéma à La Sorbonne dans les années 80/90, au siècle dernier.
Je vois qu'en 20 ans, tout cela n'a pas tellement bougé ou alors en plus mal, et plus alarmant…
Qu'avez-vous fait ces 20 dernières années ?
Ces fameux spécialistes de la Critique, à part baver sur les coucheries des comédiennes, ont-ils dénoncé
les diktats des producteurs, et des distributeurs… car il me semble que ces journalistes pétris de bonnes
intentions vivent comme des corbeaux sur un moribond.
Vous les 13 qu'avez-vous fait pendant ces 20 dernières années pour la défense du Cinéma ?
Quels films avez-vous fait sur ce sujet de société ?
Une comédie ? Un drame ?
Même si je ne suis pas un fan de Michael Moore, car il n'est pas si subversif que cela, il a le mérite de
montrer certaines choses déplaisantes à ses concitoyens, avec des moyens souvent discutables.
Même si certains mauvais coucheurs condamnent le succès mérité de Dany BOON, il a le mérite de montrer
un visage différent du Nord de notre pays.
Même si j'aime bien Claude MILLER, Pascale FERRAN, Jacques AUDIARD et leurs oeuvres de qualité,
pourquoi n'ont-ils jamais fait un ou plusieurs films dérangeants sur ce problème de société ?
Pourquoi toujours des « films de cul psychologiques » ?
Ce club des 13 sera-t-il l'énième « commission de penseurs à vide » ?
Encore une spécifité française : le groupe de penseurs.
Alors à quand toute la Profession sur la scène du Chatelet ?
l'an prochain aux Césars, il me serait plaisant de voir l'un de vous demander à tous ceux qui sont concernés
de monter sur scène pour montrer la désapprobation réelle ou feinte sur ce drame de la Culture en France.
Je pense que nous serions surpris par le nombre de personnes réellement prêtes à se lever pour utiliser
la tribune de ce médium qui les nourrit….
Merci d'avoir pris le temps de me lire
Patrick AUZAT-MAGNE
Mars 2008.
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De Beryl
13H49 | 30/03/2008 |
Vous plaisantez ! ! … Les cinéastes-couchés français monter sur une scène pour sonner le tocsin de la guerre - de la libre création contre le Fric à mort ! ! ?
Mais qui donc, à ces singes à piles, continuera à jeter les cacahuettes de la survie en ramping servile ! ? …
Quels films laids et couchés ces cinéastes subventionnés, ou produits comme un mac nourrit ses putes, pourraient-ils faire, alors qu'ils ont choisi de courir au plus pressé : égrainer des images INSIGNIFIANTES, se faire objets parmi les choses, objets, choses et cinéastes à vendre ou acheter, avec la carte bleue (à découvert ! ) du troupeau ! ? …
Pauvres cinéastes qui rament comme des boeufs d'Assedic pour « monter une affaire » à tête d'Auteur ! …
Auxquels le mot « Dadaîste » est aussi étranger que l'étranger sans papiers, ou bien la misère massacrante, sur les quels crachent par défaut les films français (d'Auteur et toute la bande), ces cinéastes français ayant pour culture en pot de chambre celle de l'oubli de toute liberté créatrice, de toute dignité, et le mépris des autres, et, cerise, le mépris d'eux-mêmes…
Non mais, j'imagine ces rampants des sous-sols de la Culture osant grimper, tremblant comme du papier Lotus au vent, sur une scène de spectacle, afin de manifester leur « indignation » ! … Pauvres chéris… Je veux absolument voir ça ! … Une oraison funebre par et pour les morts-vivants du cinema français himself, ce fossoyeur stipendié et m'as-tu-vu de la plus élémentaire dignité humaine - de celle qui trouerait l'écran, s'il y avait des Vivants derrière.
Même pas cette dignité sans pardon, qui dicte à la conscience le premier des devoirs : STOPPER LE MOTEUR, FERMER SA GUEULE, REPRENDRE DES FORCES, ET REVENIR EN FORCE POUR ECRASER L'INFÂME QUI VEUT NOUS ECRASER.
De Domino31
17H38 | 30/03/2008 |
Ah, le cinéma français !
Il est de mal en pire. Quant va-t-on arrêter de subventionner des navets insupportables, le genre « les Ch'tis », etc.je sais que ce sont des films destinés au plus grand nombre (…) et aux franchouillards aux rires gras, mais quand même… il y a des limites.
Pire encore tous ces films « miserabilistes » qui ont des prétentions faits par et avec des acteurs de la famille de nazes, genre bandes de copains de même « culture » mais qui se prennent pour des Intellectuels. Quoi que ce mot ne veut rien dire, il est galvaudé et ne signifie plus rien.
En 2007, je n'ai vu qu'un très bon film « La vie des autres » C'est désolant !