TRIBUNE

Retraites : Fillon accumule les mensonges

Par Pierre Larrouturou | Economiste et délégué national Euro... | 30/03/2008 | 14H50

L'objectif principal de la première réforme Fillon, en 2003, était d'allonger la durée de cotisation des salariés. Cinq ans plus tard, une étude de l'Assurance vieillesse montre que jamais on n'est parti aussi tôt en retraite : alors que les salariés partaient en moyenne à 62,1 ans en 2001, l'âge moyen de départ s'est abaissé à moins de 61 ans… Une évolution diamétralement opposée à l'objectif de la réforme !

Par peur des « réformes » annoncées pour 2008-2009, un très grand nombre de salariés partent en retraite dès qu'ils ont 60 ans, quitte à subir une décote s'ils n'ont pas cotisé suffisamment longtemps. A cause de la première réforme Fillon, les caisses de retraite qui étaient à l'équilibre en 2002 et devaient rester en équilibre quelques années encore selon les prévisions de la Cnav, ont déjà accumulé un déficit supérieur à 7 milliards d'euros ! Certains parlent d'échec. D'autres de fiasco. Mais François Fillon se présente toujours comme l'Homme-qui-a-réussi-la-réforme-des-retraites… Dans son dernier livre « La France peut supporter la vérité », François Fillon parle à plusieurs reprises de cette « réforme historique », cette « impossible réforme », cette réforme pour laquelle « nous avions l'ardente obligation d'obtenir des résultats »,… cette « réforme des retraites que j'ai menée à bien ».

Que dirait-on du PDG du Cnes s'il se vantait publiquement d'avoir « mené à bien » le lancement d'Ariane V, alors que le lanceur avait explosé en vol ? Que dirait-on du PDG de la SNCF s'il se réjouissait du succès du nouveau TGV alors que le train était resté à quai, incapable de se mettre en mouvement ? Eh bien voilà un homme qui se réjouit publiquement d'avoir « mené à bien » une « réforme historique » alors que, à ce jour, la réforme a eu des effets exactement inverses aux objectifs visés ! De deux choses l'une : soit François Fillon se désintéresse complètement de l'avenir des retraites et du bilan de la « réforme historique » qu'il a portée, soit il connaît le bilan fait par la Cnav et il ment.

Notons au passage que si l'âge moyen de départ en retraite a baissé d'un an, quelque 500000 salariés ont quitté « prématurément » le marché du travail, ce qui explique en partie l'évolution du chômage depuis cinq ans.

Mais, au-delà de l'échec de la réforme de 2003 (échec au regard des critères fixés par F.Fillon, car le départ en retraite « anticipé » des carrières longues, que Fillon veut aujourd'hui rendre plus difficile, est un vrai progrès social), l'allongement de la durée de cotisation est-il vraiment la panacée ? Vu l'augmentation de l'espérance de vie, il faudra un jour travailler un peu plus longtemps. Sans doute. Mais, à court-moyen terme, vu le taux de chômage des plus de 60 ans, l'allongement à 41 ans de la durée de cotisation, que veut imposer François Fillon, est-il vraiment pertinent ? Fitoussi : le vrai problème, c'est le chômage

Aujourd'hui, quand un salarié solde sa retraite, il est au chômage (en moyenne) depuis trois ans. Allonger la durée de cotisation sans avoir fait radicalement reculer le chômage ne peut qu'aggraver le problème. Pour Jean-Paul Fitoussi, président de l'OFCE, dans Le Monde du 6 mars 2001 :

« S'il n'est pas porté remède au chômage, le recul de l'âge de la retraite ne sert à rien. Cela revient à demander aux gens de travailler plus longtemps alors qu'ils manquent déjà de travail. Le vrai problème, c'est le chômage. » »

Si l'on raisonne globalement, passer de 40 à 41 ans la durée de cotisation, c'est exiger (en moyenne) que les salariés partent en retraite à 62 ans au lieu de 61 ans. Or, dans cette tranche d'âge, 25% seulement des salariés ont encore un emploi. Pour l'immense majorité des salariés, si l'on passe la durée de cotisation à 41 ans sans avoir radicalement fait reculer le chômage des plus de 60 ans, cela signifie seulement qu'il manquera une année de cotisation. Quatre trimestres manquants, c'est une perte de 10% sur le niveau des pensions ! Voilà comment, avec des arguments pleins de bon-sens (« l'espérance de vie a augmenté, donc il faut cotiser plus longtemps »), on prépare une baisse généralisée du niveau de vie des retraites de la Sécurité sociale. Ceux qui veulent développer les systèmes d'assurance privés sont évidemment très favorables à cette réforme (Guillaume Sarkozy, frère de Nicolas, n'est-il pas le DG d'un groupe d'assurance-santé, assurance-retraite ? ) mais on comprend que tous les syndicats s'opposent à ce nivellement par le bas.

Quand François Fillon dit qu'il veut sauver le système des retraites, il ment. En réalité (il le sait très bien), si sa réforme était adoptée, elle amènerait à un affaiblissement très net de notre système de retraites.

Baisser aussi fortement le niveau de vie de millions de retraités serait scandaleux humainement : derrière les chiffres, il y a des hommes et des femmes qui veulent vivre –vivre pleinement et pas seulement survivre ou sousvivre- avec ce que la Sécu leur verse. Comment fait-on pour vivre avec 900 euros par mois ? Comment fait-on pour accueillir ses petits enfants quand chaque sou est compté ? Mais une telle baisse des retraites serait aussi un non-sens économique : comment maintenir un peu de croissance si le niveau de vie des retraités baisse fortement et que, de ce fait, les salariés en activité sont incités à épargner au lieu de consommer ? Freiner dans la montée ou attendre la descente ?

Un spécialiste du dossier résume la situation :

« Soyons clairs : sans doute faudra-t-il un jour travailler plus longtemps. Mais, tant que l'on ne s'est pas donnés les moyens de lutter radicalement contre le chômage, travailler plus longtemps est contre-productif. C'est comme quand on fait du vélo en montagne : bien sûr que, après avoir passé le col, il faudra freiner. Mais si on freine dans la montée, on n'arrivera jamais au col ! La priorité, la seule, c'est de lutter contre le chômage et les petits boulots. »

Une deuxième raison oblige à lier le dossier des retraites et celui du chômage : avec 3 millions de chômeurs et des millions de précaires, la négociation entre salariés et entreprises est de plus en plus déséquilibrée : « Si tu n'es pas content, va voir ailleurs », remplace souvent toute vraie négociation. De ce fait, en un quart de siècle, la part des salaires (salaires et cotisations) dans la richesse nationale a chuté de 11%. C'est considérable. Le gouvernement indique que, sans réforme, le déficit des retraites sera de 1% du PIB en 2020. C'est vrai. Mais, à cause du chômage, la part des salaires dans le PIB a baissé de 11%. ONZE FOIS le déficit prévu en 2020 !


La part des salaires, salaires et cotisations, dans le PIB (source : Insee - OFCE)

Si l'on arrivait à vaincre le chômage et la précarité, sans doute, la négociation sur les salaires serait-elle plus équilibrée et l'on pourrait sans trop de difficulté, trouver les 1% du PIB qui manqueront, en 2020, aux caisses de retraite.

Chômage, pouvoir d'achat des salariés et niveau de vie des retraités… Ces trois questions sont étroitement liées. On ne pourra pas améliorer franchement le pouvoir d'achat des salariés ni sauver les retraites si l'on n'arrive pas à luuter radicalement contre le chômage et la précarité.

Hélas, dix mois après leur arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy et François Fillon n'ont annoncé encore aucune réforme pour lutter contre le chômage et la précarité. Ce silence en dit long sur les priorités de l'équipe au pouvoir. Au-delà de quelques mesures cosmétiques, la droite ne fera rien qui puisse fondamentalement rééquilibrer le marché de l'emploi et donc rééquilibrer le partage de la richesse nationale. C'est à la gauche de se mettre au travail pour construire une alternative au désordre social ambiant.

La gauche ne peut pas se contenter de critiquer la réforme Fillon et « d'esquisser des réponses ». Il faut construire une vraie alternative, concrète, chiffrée, argumentée ! Hélas, pour le moment, la gauche ne se donne pas les moyens de construire cette alternative. Ce qui est le plus frustrant aujourd'hui, pour des millions d'entre nous, c'est que, sur les retraites comme sur bien d'autres sujets, les politiques semblent impuissants alors que jamais les solutions n'ont paru aussi évidentes pour sortir de la crise.

Toutes les semaines sont publiés des livres qui présentent un certain nombre de solutions concrètes. Aux quatre coins du pays, des associations et des élus innovent et font la preuve qu'on peut vraiment changer le système ! Si la gauche se mettait au travail, en quelques mois, on pourrait avoir un projet génial. C'est comme les morceaux d'un puzzle qu'il faut rassembler… Bien sûr, il y a à prendre et à laisser. Bien sûr, tout n'est pas possible tout de suite. Bien sûr, il faut créer des marges de manoeuvre financière (je fais des propositions dans ce domaine), mais, que ce soit en matière de lutte contre le dérèglement climatique ou en matière sociale (les deux urgences absolues), on pourrait en quelques mois construire un consensus fort, à la hauteur des enjeux, si on se donnait la peine d'écouter vraiment ceux qui ont travaillé sur la question.

La gauche qui gagne, c'est la gauche qui travaille
La gauche vient de gagner bon nombre de villes. Ce n'est pas seulement par rejet de la droite. C'est parce que, au niveau local, les élus et les militants travaillent. Ils sont à l'écoute des associations. Ils font des propositions concrètes… Les valeurs de la gauche sont en phase avec ce qu'attendent la plupart de nos contemporains. Si la gauche est capable de traduire ses valeurs en politiques concrètes, elle est soutenue par une très large majorité. Pourquoi ce qui marche au niveau local ne pourrait pas marcher au niveau national ? A peine passées les municipales, la droite reprend son travail de démolition sociale : réforme des retraites, réforme du droit du travail, réforme du temps de travail, réforme de la santé… Quatre réformes au moins doivent être engagées d'ici l'été qui vont, très concrètement, affaiblir la situation d'une majorité de citoyens. Et en face, que fait le principal parti de gauche, le PS ? Il va réformer sa Déclaration de principe ! A Bysance, alors que la ville allait tomber aux mains des barbares, on discutait du sexe des Anges. A Solférino, on critique un peu la droite mais on ne fait rien de sérieux pour construire une alternative. On discute d'une nouvelle Déclaration de principe en aiguisant les couteaux pour le prochain Congrès…

Plus loin, plus vite, autrement

Avec 18 parlementaires, des élus locaux et des militants issus de toutes les tendances du PS, nous proposons une toute autre stratégie. Nous avons lancé une pétition pour que le PS aille plus loin et plus vite dans son travail de rénovation. Nous voulons que l'ensemble des forces de gauche se retrouvent et se mettent au travail, « pour de vrai », à plein temps, pendant trois mois, pour parvenir à l'élaboration d'un nouveau contrat social.

Nous devions déposer cette pétition au Conseil national du 25 mars. Nous avons été empêchés de le faire. Mais ce n'est que partie remise : nous déposerons cette pétition lors du Bureau national du 1er avril, mardi soir. Que vous soyez au PS ou que vous n'y soyez pas, si vous partagez notre analyse, signez l'appel sur www.nouvellegauche.fr

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De carlos2b

15H02 | 30/03/2008 | Permalien

Cet article me plonge dans un abime de perplexité ; que le chômage plombe le système ok, mais se limiter a dire de faire baisser le chômage pour régler tous les problèmes cela me parait un peu juste comme analyse.Comment font nos voisins qui sont allés vers une prolongation de la durée de travail et un pourcentage de travail des seniors bien supérieur a la France ? Depuis deux ans d'ailleurs le chômage baisse en France, cela n'a pas l'air d'influer sur le raisonnement tenu ci-dessus…j'avoue que ,d'une manière simpliste, reculer l'age de la retraite avec l'allongement de la durée de vie me paraissait aller dans le bon sens ; il est évident que ce qui est absurde c'est de ne pas tenir compte des cas particuliers… a minima de ceux qui ne veulent pas partir (et il y en a..).La question que j'aimerais voir traiter est celle des motivations de ceux qui attendent la retraite comme un nouvel eldorado… et qui parfois déchantent après ; pour rester dans des évaluations simplistes on peut considérer que dans un pays sans ressources naturelles (comme la France ) la population active est la seule ressource et donc la seule richesse…a développer.On ne peut pas nier que l » être humain a besoin d'une activité : la même personne qui trouve son travail (rémunéré) insupportable ira dès sa retraite s'investir dans d'autres activitées, parfois non payées .Donc, a mon sens, ce qu'il faut faire évoluer ce sont les conditions de travail, notamment en fin de parcours professionnel, et ne pas utiliser la retraite comme seule solution au spleen des plus de 50 ans.Les entreprises trouvent dans la mise a la retraite une solution simple et peu onéreuse a leur problèmes de management, les syndicats utilisent ce sujet sensible pour cristalliser leurs revendications et permettre un certain consensus ; ce qu'il faut faire évoluer c'est l'approche du problème de l'activité rémunérée…mais cela est une question beaucoup plus compliquée.

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Citoyen | 15H22 | 30/03/2008 | Permalien

 »… dans un pays sans ressources naturelles (comme la France ) la population active est la seule ressource et donc la seule richesse…a développer ».
carlos2b

« La France, si l'on inclut l'Outre-mer abrite des ressources naturelles et une biodiversité exceptionnelle, avec la Guyane notamment (une des zones de forêts tropicales les moins fragmentées et les mieux conservées) et avec la Nouvelle-Calédonie qui abrite la seconde plus grande barrière de corail. »
Wikipedia

Qui croire ?

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khmer vert ( age des caverne, bougi... | 16H11 | 30/03/2008 | Permalien

si tu compares le taux de fecondite en France avec celui des autres pays de l'UE tu comprends tres vite pourquoi la situation est différente.
cela explique aussi pourquoi l'allemagne ne connais pas un problème particulier de chomage des jeunes
(il n'y a pas de jeunes allemands, ou pas beaucoup ! ! ! )
quand le chomage regresse parce qu'il y a une baisse de la démographie ce n'est pas bon signe.
et pour les retraites ; fillon avait tablé sur une démographie avec un taux de fecondite de 1.8 alors que le taux en 2007 est de 2 pour la France.
au passage un p'tit clin d'oeil à Juppé qui, lui, a pris sa retraite (de fonctionnaire) à 57ans
un malin juppé
que l'ump ne vienne pas nous fairre la leçon

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service public rhone alpes | 16H13 | 30/03/2008 | Permalien

ca va pas la tête : la population active seule ressource. mais mon petit gars je ne suis pas une ressource. si tu es incapable de faire la différence entre un tas de charbon et un être humain, c'est vraiment que n'a rien compris au progrés de la civilisation, et celà depuis des siécles.
cet article rappelle certaines vérités que l'on entends nul part dans les médias tout acquis au bourrage de crane systématique.
je passe sur les phrases toutes faites, « on ne peut pas nier que l'être humain a besoin d'une activité ». et ou tu prends que cette activité soit « travail ». quant au spleen des plus de 50 ans : il te dit merde. je suis grossier, oui mais j'ai cinquante et bien que n'ayant jamais effectué de travail pénible, le soir je suis de plus en plus fatigué, parfois épuisé par ma journée de travail, ce n'est pas du spleen, mon grand, c'est la vieillesse qui commence à manger mon corps. et quand je vois ma mére, à 70 ans, vive et alerte, je constate aussi que quelques activités chaque jour, trés vite elle se fatigue : elle serait incapable de travailler ; même peu d'heure chaque jour, car la fatigue à son age ne s'efface pas, mais s'accumule.
faire évoluer les conditions de travail : mais tu travailles où ? la seule évolution que je vois c'est : toujours plus, en faveur de l'entreprise, donc du patron, toujours moins en faveur du seul producteur de richesse : le salarié.
tu vis dans quel monde.

Portrait de Axior

à kkadim Portrait de kkadim De Axior

Citoyen | 17H01 | 30/03/2008 | Permalien

 »…je ne suis pas une ressource »

Bien vu !
Le fruit du travail humain peut être considéré comme une ressource, mais pas l'humain ; c'est évident pour qui a du bon sens.
Une partie de la droite ne voit pas les choses comme ça, pour preuve Sarko qui a dit pendant la campagne électorale : « l'homme n'est pas une marchandise comme les autres ».
A méditer …

Portrait de Peureux anonyme

De Peureux anonyme

15H04 | 30/03/2008 | Permalien

Quelques remarques :

1) l'allongement de la durée de cotisation a pour objectif de faire des économies en augmentant les décotes et donc en diminuant les pensions, car les seniors du baby boom ne trouveront pas de travail demain puisque, au contraire, on compte sur leurs départs en retraite pour réduire le chômage.

2) l'offre insuffisante d'emplois a diverses raisons : une augmentation de la productivité, une bonne fécondité française (en comparaison du reste de l'Europe) qui met de nombreux jeunes sur le marché du travail, une forte incompétence des dirigeants économiques qui ont laissé filer les secteurs modernes de l'industrie vers les américains et les asiatiques (électronique, informatique, télécommunications, génétique…). Ces causes vont perdurer, il n'y a pas de miracles à attendre en matière d'offres d'emploi, et les seniors n'ont pas de perspectives d'emploi.

3) La tendance historique est à la diminution du temps de travail. Sous Louis Philippe, on travaillait 80 heures par semaine jusqu'à la mort. Depuis, la tendance est à la baisse, du fait de la mécanisation notamment. Avec une répartition mondiale du travail et l'allongement subséquent des séries de production, la tendance devrait encore s'accélérer dans les temps qui viennent. Prôner l'allongement de la durée du travail relève de la connerie pure !

Portrait de A.V.

à Peureux anonyme Portrait de Peureux anonyme De A.V.

tamagotchi89 | 15H50 | 30/03/2008 | Permalien

Tout a fait d'accord avec votre analyse. Mais qu'est-ce qui, exactement, est le plus de la « connerie pure » ? Prôner l'allongement de la durée du travail dans ce système économique, ou perdurer dans ce système économique ?

Portrait de Les Chats

à A.V. Portrait de A.V. De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H10 | 30/03/2008 | Permalien

AV il y a 8 points cardinaux, pourquoi voudriez-vous n'en choisir que 2 pour changer de direction ?

Portrait de A.V.

à Les Chats Portrait de Les Chats De A.V.

tamagotchi89 | 16H18 | 30/03/2008 | Permalien

Très honnêtement, Les Chats, c'est une simple question innocente, qui appelle une réponse. Je me demande juste dans quelle mesure une société où les gens travaillent de moins en moins est viable.

Portrait de Les Chats

à A.V. Portrait de A.V. De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H47 | 30/03/2008 | Permalien

On mécanise de plus en plus le travail, plus les délocalisations, plus la démographie donc il faudra bien partager le travail.
Ceux qui ne travaillent moins ou ne travaillent plus rendent service dans des associations, ils consomment, voyagent (quand ils peuvent) et font aussi marcher l'économie.
Ce qui serait bien c'est que, compte-tenu des données actuelles, quelqu'un nous fasse une simulation de résultats en considérant que l'on donne du travail au plus grand nombre,
- moins de cotisations chômages
- moins de RMI
- plus d'argent dans les caisses (impôts, sécu, retraites, mutuelles…

Portrait de A.V.

à Les Chats Portrait de Les Chats De A.V.

tamagotchi89 | 16H58 | 30/03/2008 | Permalien

Ceux qui travaillent moins ou plus du tout rendent service, consomment et voyagent ? ? ? ? … Ils voyagent tellement qu'ils n'ont plus de toit, d'ailleurs.
De quoi parlez-vous, Les Chats ? …

Portrait de Les Chats

à A.V. Portrait de A.V. De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H40 | 30/03/2008 | Permalien

Quel provocateur ce AV ! ! Il a déjà perdu le fil ?

Je parle de ceux qui travaillent et qui prennent leur retraite ou leur préretraite, au lieu de continuer à travailler au delà de 60 ans comme le voudrait le gouvernement.

Portrait de A.V.

à Les Chats Portrait de Les Chats De A.V.

tamagotchi89 | 17H48 | 30/03/2008 | Permalien

Ah, ok ! … Et moi je parle de ce que Peureux Anonyme appelle « la tendance historique à la diminution du temps de travail ». Ne pas allonger la durée du travail est une chose ; la diminuer encore en est une autre. Or, étant donnée l'évolution de l'économie, c'est bien ce qui risque d'arriver.

Portrait de Les Chats

à A.V. Portrait de A.V. De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 18H06 | 30/03/2008 | Permalien

Ok AV vous pouvez me dire que j'aurais dû le préciser entre paranthèses pour que ce soit plus clair :

On mécanise de plus en plus le travail, plus les délocalisations, plus la démographie donc il faudra bien partager le travail.
Ceux qui travaillent moins (préretraités) ou ne travaillent plus (retraités) rendent service dans des associations, ils consomment, voyagent (quand ils peuvent) et font aussi marcher l'économie.
Ce qui serait bien c'est que, compte-tenu des données actuelles, quelqu'un nous fasse une simulation de résultats en considérant que l'on donne du travail au plus grand nombre,

- moins de cotisations chômages
- moins de RMI
- plus d'argent dans les caisses (impôts, sécu, retraites, mutuelles…

C'est mieux comme ça ?

AV César : -))

Portrait de Les Chats

à A.V. Portrait de A.V. De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H42 | 30/03/2008 | Permalien

Et arrêtez de me couler avant d'attendre ma réponse ! !
AV maria !

Portrait de charlotte cordier

à A.V. Portrait de A.V. De charlotte cordier

14H57 | 31/03/2008 | Permalien

et une société ou beaucoup travaillent toujours plus pour toujours moins , est - ce viable ?

Portrait de bobcestmoi

à Les Chats Portrait de Les Chats De bobcestmoi

18H32 | 30/03/2008 | Permalien

meme en rajoutant le haut et le bas , je n'en trouve que 6

Portrait de Les Chats

à bobcestmoi Portrait de bobcestmoi De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 18H42 | 30/03/2008 | Permalien

bobcestmoi c'est à moi que vous vous adressez ?
6 points cardinaux ? Je ne comprends pas comment vous pouvez en trouver 6. Habituellement les gens n'en trouvent que 4, mais 6 ?

Portrait de Coragyps Atratus

à Peureux anonyme Portrait de Peureux anonyme De Coragyps Atratus

Dans l'attente du moment propice | 07H40 | 31/03/2008 | Permalien

Le débat sur l'allongement de la durée de cotisation est conditionné par l'âge de la rencontre avec la Grande Faucheuse.
Après tout, grâce aux cotisations sociales des salariés versées par l'intermédiaire de leurs entreprises (ce que les patrons nomment « charges »), des progrès considérables ont été accompli dans la médecine : - Les anciens d'aujourd'hui sont en meilleur forme que ceux d'hier.
De même, notre système d'éducation aux coûts très modiques pour les étudiants car financé par l'Etat - c'est à dire Nous - permet de former des techniciens médicaux performants.
Ce progrès a été obtenu grâce à le volonté de l'ENSEMBLE de la nation.

Par contre, si tout le monde cotise, tout le monde ne profite pas de ce progrès.

Dans ce débat, nos politiques en viennent à indexer l'âge du départ à la retraite à celui de l'âge de la mort. Mais ces crânes d'oeufs ne se basent que sur des moyennes générales qui n'ont aucun sens.
Si nous devons suivre ce raisonnement qui, de fait, détermine une « durée de temps de profit de la retraite » pour les individus, alors l'âge du départ à la retraite devrait très largement baisser pour les métiers pénibles et augmenter pour les métiers tranquilles.

Portrait de Foret22

à Coragyps Atratus Portrait de Coragyps Atratus De Foret22

réactionnaire mais pas conservateur | 20H01 | 31/03/2008 | Permalien

Cet indexation du moment de départ à la retraite en fonction de l'espérance de vie (par catégorie socio-professionnelle) existe DEJA en Scandinavie

On peut même dire que c'est une forme aboutie de justice sociale

Le seul hic c'est que le peuple de Gauche a assimilé strictement le travail à une aliénation et non pas à une libération

Conclusion : ce glissement sémantique absurde interdit tout débat sérieux & apaisé sur l'allongement normal de la vie active (pour info en 1945, un retraité partant à 65 ans avait statistiquement 2 années à vivre … = facile à financer, ce système ! ! ! )

Comme s'il fallait attendre la Retraite pour enfin vivre …

Portrait de Di

De Di

mère déchlorurée (papotable) | 19H46 | 30/03/2008 | Permalien

Le problème, c'est que le plus souvent, les gens ne partent pas en « pré-retraite » de leur plein gré - les patrons les font partir dès qu'ils atteignent la cinquantaine, car ils coûtent plus cher à l'Entreprise, étant donné leur plus longue expérience et leur salaire forcément plus élevé que le nouveau petit jeune tout frais embauché.
Je crains que ce que veut ce gouvernement, c'est précisément que presque personne n'arrive, en fait, à toucher une pleine retraite.

Portrait de charlotte cordier

à Di Portrait de Di De charlotte cordier

15H03 | 31/03/2008 | Permalien

ET ENCORE ? PARTIR eN préretraite est un moindre mal , les revenus n » étant pas trés éloignés de l » ancien salaire
mais que dire , de tous ces gens , dans les petites et moyennes sociétés , qui sont virés , et se retrouvent chomeurs
avec des droits de moins en moins généreux et une quasi impossibilité de retrouver un travail quelconque

tant que 25% , des jeunes n » auront pas de travail , il n'y a aucun espoir pour que les plus agés en retrouvent .

Portrait de CeQueJenPense

De CeQueJenPense

15H12 | 30/03/2008 | Permalien

Notre sauveur de gauche n'est pas encore né. De longues années de purgatoire économique et social nous attendent, le temps que les professionnels socialistes de la politique changent de génération… Peut être !
Je doute que la France puisse s'éveiller un jour ; ceux qui gouvernent représentent des gens qui ont beaucoup d'intérêts à ce que la situation perdure.
A moins que le « peuple » ne coupe des têtes….

Portrait de Don Matito

De Don Matito

15H25 | 30/03/2008 | Permalien

Au debut, cela ressemble a un texte serieux, informatif. Jusqu'au paragraphe :

« les politiques semblent impuissants alors que jamais les solutions n'ont paru aussi évidentes pour sortir de la crise.

Toutes les semaines sont publiés des livres qui présentent un certain nombre de solutions concrètes. [..] Si la gauche se mettait au travail, en quelques mois, on pourrait avoir un projet génial. C'est comme les morceaux d'un puzzle qu'il faut rassembler… “

La, on s'attend a au moins quelques exemples de ces ‘pieces du puzzle’, de ‘solutions evidentes’. Mais non, rien. Et l'on comprend que c'est un texte comique, le meme genre d'humour tragi-comique que les socialistes nous servent depuis de longs mois…

SOCIALISTES, ARRETEZ LA LANGUE DE BOIS ! Proposez des actions concretes, si vous perdrez peut-etre une ou deux composantes de votre sacro-sainte union, au moins vous recupererez l'estime de la population.

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

19H49 | 30/03/2008 | Permalien

Un amalgame de généralités accolées et ne présentant aucune logique économique ;
simplement du niveau d'un encart de propagande politique.
L » « économiste » en question ne sait plus quoi faire pour se faire remarquer au sein du Parti Socialiste.. il a failli se présenter aux présidentielles de 95… a porté plainte contre Fillon pour promesses mensongères…et puis là, il réussit à caser un article sur Rue89, avec un titre raccoleur, avec quelques courbes et chiffres pour faire plus scientifique…

Soulignons que Larrouturou préconnisait la semaine des 32 heures ! (encore mieux que 35 !

Des comme ça, il en existe plein, dans tous partis politiques, qui rèvent d'être calife à la place du calife.

Portrait de A.V.

De A.V.

tamagotchi89 | 15H30 | 30/03/2008 | Permalien

Le discours d'un gouvernement est un subtil mélange de positivisme et d'angélisme. Droite-gauche. C'est d'une telle niaiserie que lorsqu'un économiste comme Pierre Larrouturou veut faire de la pédagogie, il verse dans l'enfonçage de porte.
Nécessairement, le marché du travail et les retraites sont des vases communicants ; en vertu de notre système de financement par répartition et de la démographie (cela fait trente ans que les économistes alertent sur la perspective de la retraite des « baby-boomers »). D'ailleurs, ce déséquilibre démographique arrive comme un coup de grâce au délitement de notre système économique.
A mesure que le temps passe, la marge d'action se réduit, et le P.S. accumule du retard dans son nécessaire travail de remise en cause et de redéfinition. Et l'équation semble plus que jamais impossible à résoudre quand on sait que le seul salut pour le P.S. est désormais de se radicaliser, c'est-à-dire de proposer une alternative au modèle néo-libéral. Car dans un paysage politique caractérisé par une droite et un centre qui exploitent, par l'ouverture, le manque d'identité politique du P.S., continuer dans un tiède consensus serait vain.
Le plus terrible, c'est que ce chantier politique qui n'a même pas commencé représente la partie émergée de l'iceberg ; la partie immergée étant les réformes économiques que tous le monde prétend avoir lancées, et qui dorment encore au fond de la mer.

Portrait de munoz

De munoz

15H43 | 30/03/2008 | Permalien

la critique de carlos2b me semble mal justifiée. J'ai lu le dernier livre de larrouturu et j'encourage Carlos à faire de même.
Larrouturu fait 20 propositions très concrètes : il explique comment un impôt européen sur les bénéfices pourrait donner des marges de maneuvre nouvelles à chaque état-membre de l'Union. Il montre aussi qu'il existe une spécificité française en terme d'emplois : de mémoire, la productivité française est 25 ou 30 % plus importante que celle des Anglais, des Italiens ou des Japonais, ce qui explique que, avec un PIB identique, on a moins d'emplois. Il montre aussi pourquoi les 35 heures n'ont pas été efficaces (trop d'ambiguités, trop d'heures sup., trop de flexibilité, aucune contrepartie en emploi pour avoir droit aux exonérations) et comment la gauche devrait avoir le courage de réouvrir (mais avec une autre méthode) le dossier du temps de travail tout au long de la vie. Il fait aussi des propositions pour financer une vraie politique du logement et tripler le Plan Borloo (en s'inspirant de ce qui a été fait aux Pays Bas)
Franchement, son livre est très intéressant. je recommande à Carlos2b (et aux autres amis de Rue89) de le lire sans tarder.

Portrait de Thiery

à munoz Portrait de munoz De Thiery

16H24 | 30/03/2008 | Permalien

Les livres ! Oui c'est bien !
Mais à 15 ou 20 euros l'unité , ça fait un drôle de budget pour qui s'intéresse à tous ces sujets !
les auteurs de ces essais gagneraient à développer en parallèle la vente de leurs ouvrages en PDF sur le net, à un prix très raisonnable.

Portrait de Les Chats

à Thiery Portrait de Thiery De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H52 | 30/03/2008 | Permalien

Thiery il faut l'emprunter à la bibliothèque. Au moins pour le lire dans un premier temps.
C'est juste une solution : -))

Portrait de charlotte cordier

à Thiery Portrait de Thiery De charlotte cordier

15H06 | 31/03/2008 | Permalien

sans compter qu'il faut beaucoup de temps pour lire tout ce qui se publie

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