Luc Chatel: « L'e-commerce, une alternative à la hausse des prix »
Par Julien Martin | Rue89 | 09/05/2008 | 19H40
Alors qu'un rapport de la DGCCRF montre une hausse des infractions, le secrétaire d'Etat à la Consommation reste confiant.

Entre 16 et 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2007. Le commerce électronique en France a connu l'année dernière une progression de 30% par rapport à 2006. C'est le constat du Bilan 2007 du réseau de surveillance d'Internet, récemment publié par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Un constat aussitôt assorti d'un autre chiffre beaucoup moins flatteur : le pourcentage de sites commerciaux contrôlés qui ne respectent pas la réglementation atteint 37,23%, contre 35,65% en 2006. Les principaux manquements se répartissent en trois catégories :
► L'absence de mentions obligatoires (64,9%)
► La publicité de nature trompeuse (9,7%)
► Le non-respect des règles de publicité de prix (9,1%)
Interrogé par Rue89, Luc Chatel, secrétaire d'Etat chargé de l'Industrie et de la Consommation, se dit tout de même « satisfait » de ce rapport. D'abord parce que le pourcentage d'infractions graves, que sont les délits comme les soldes illicites ou la contrefaçon, sont eux en diminution : 12,5% des infractions en 2007, contre 16% en 2006.
Ensuite parce que « la DGCCRF a intensifié ses contrôles ». Le bilan 2007 fait en effet apparaître une augmentation de 30% des contrôles par rapport 2006, après une hausse de 95% l'année précédente. Principaux secteurs visés, ceux qui fraudent le plus fréquemment : les voyages (492 infractions sur 1110 contrôles) et les produits multimédias (257 infractions sur 635 contrôles). (Voir la vidéo.)
Afin de remédier à la hausse des infractions, Luc Chatel a fait voter au mois de décembre la loi pour le développement de la concurrence au service des consommateurs, qui entrera en vigueur le 1er juin. Objectifs : améliorer la confiance des consommateurs et la fluidité des marchés. Pour y parvenir, cinq mesures ont été élaborées :
► Une meilleure information sur l'existence ou l'absence d'un droit de rétractation.
► L'obligation pour le professionnel d'indiquer avant la conclusion du contrat une date limite de livraison.
► L'interdiction de surtaxer les moyens de communication vers les services après-vente.
► La clarification de l'exercice du droit de rétractation et d'annulation.
► L'instauration de la primauté du remboursement par chèque ou virement bancaire.
Si le secrétaire d'Etat ne pense pas pour l'heure à durcir ces mesures en cas d'inefficacité, estimant être allé « assez loin » avec cette loi, il promet en revanche « de publier tous les six mois un baromètre des plaintes ».
Rien n'est prévu toutefois dans la nouvelle loi pour améliorer la sécurité des moyens de paiement sur Internet, à l'heure pourtant où fleurissent des affaires de ce genre, comme révélé le mois dernier par Rue89 concernant le site Entreparticuliers.com.
Les seules dispositions prévues dans la législation française relèvent toujours du droit bancaire. Luc Chatel dit laisser le soin de ce pan de réformes à l'Union européenne, qui planche actuellement sur le sujet. (Voir la vidéo.)
« Oui », répond Luc Chatel à la question de savoir si l'e-commerce pouvait s'envisager comme une alternative à la hausse des prix. A la fois en termes de services : « L'e-commerce apporte le choix supplémentaire au consommateur. » Ainsi qu'au niveau des prix : « Certains produits ou services sont de 25 à 30% moins chers sur Internet que dans des circuits traditionnels. »
Les consommateurs ne s'y sont pas trompés. Selon la DGCCRF, le nombre de « cyberacheteurs » dépasse désormais les 19 millions. Des consommateurs en ligne dont le profil tend à se rapprocher de celui du « grand public ».
Et pour que leur nombre soit plus important encore, le gouvernement travaille sur les comparateurs de prix. Le but n'est pas de créer des sites financés et alimentés par les services de l'Etat, mais de « labelliser » les comparateurs privés existants. (Voir la vidéo.)
Un commerce bientôt propre sur Internet ? « Vous savez quand il y a un rapport de forces entre un fournisseur et un distributeur, on peut toujours imaginer les pires des dérives », note cependant le secrétaire d'Etat à la Consommation, en référence aux dérives souvent dénoncées dans la grande distribution.
Des dérives qui concernent tant les circuits traditionnels qu'Internet désormais, et qui sont au coeur du projet de loi de modernisation de l'économie qui entrera en discussion au Parlement à partir du 27 mai.
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De Soh
20H31 | 09/05/2008 |
Monsieur Chatel, si vous commenciez par examiner la concurrence entre les enseignes de grande distribution, sur chaque grande zone de chalandise, comme le réclament les associations de consommateurs.
Et si vous interveniez pour qu'il y ait, sur chaque zone de chalandise, le choix entre des magasins de plusieurs enseignes.
Ce serait plus efficace que de multiplier les lois qui donneront encore plus aux Centrales de la Distribution, le pouvoir d'écraser les PME.
A Paris, dans la plupart des quartiers on a le choix entre un Franprix et… un Franprix ! Parfois un élitiste Monoprix arrive à se poser.
Sur beaucoup de zones, les enseignes se sont manifestement partagé le terrain de chalandise … c'est une manière bien connue d'éviter de se faire concurrence, et d'avoir à baisser les prix. C'est à l'Etat d'empêcher cela, c'est son rôle de régulateur des marchés et de gardien de la concurrence.
De papy55
prof. en province | 21H01 | 09/05/2008 |
Selon Monsieur CHATEL : « tout va très bien Madame la Marquise… » le e-commerce, une alternative à la hausse de prix, cependant certains secteurs présenteraient un taux de constats d'infractions de l'ordre de 40%, ce n'est pas grave il y a une loi depuis décembre, mais est-elle au moins appliquée…donne-t-elle des résultats ? Faisons lui également remarquer que l'on achète pas encore sa tranche de jambon et ses nouilles sur internet et encore moins le gaz pour les faire cuire et tout ce qu'il faut pour simplement vivre au quotidien !
De raleuse13
idéaliste ? oui ! j'assume ! | 03H05 | 10/05/2008 |
Y a quand même un truc qui me plait bien, à moi : -D
► L'interdiction de surtaxer les moyens de communication vers les services après-vente.
Qu'on appelle les services du public ou du privé, pour un renseignement, par exemple, ou pour râler, c'est que les explications ou les services que l'on a eus ne sont pas satisfaisants : c'est donc du service après vente aussi !
Donc, à creuser pour être appliqué vers TOUS les services après vente, pas seulement ceux de l'e-commerce !
Et cesser de passer par les 08 … qui ne sont pas tous « verts », tant s'en faut !
De alonzanfan
09H10 | 10/05/2008 |
petite histoire sur l e commerce j ai achetter du materiel electronique a c disquont j ai payé par carte bleue j ai ete debité et apres plus rien j attend 8 jours donc apres 3 appel a la hot line 0,85 cent la minute pour me dire que mon colli a eté bloqué car je fais un controle carte bleue a partir de la cela a mis 2 semaine de plus avec appel a mes frais sur leur hotline payant dans la finalité mon materiel a couté plus cher que si je l avais acheté a coté de chez moi pour moi l arnaque ce fait beaucoup dans les grandes enseignes hot lines payante et service apres vente toujours payante pour le consommateur
De Caius
Expert en management | 11H59 | 10/05/2008 |
Il y a dans la hausse des prix une composante inéluctable et une composante évitable.
La composante inéluctable, c'est celle qui est liée à l'augmentation de la demande mondiale, tirée par des pays comme la Chine et l'Inde, en énergie, en produits manufacturés, en produits alimentaires. Mécaniquement, cela fait monter les prix, tant que l'offre ne suivra pas.
La composante évitable, ce sont la spéculation et les marges insensées que prennent beaucoup d'intermédiaires, au détriment aussi bien des producteurs que des consommateurs.
Croire que la concurrence à elle seule résoudra le problème est un peu naïf. Elle n'empêchera guère les spéculateurs, qui ont d'énormes moyens financiers, de sévir. Quant aux intermédiaires, ils n'ont aucun intérêt à baisser leurs marges pour gagner des parts de marché si cela se fait au détriment de leur résultat : il y aura toujours une entente tacite entre les distributeurs pour ne pas mettre en danger leurs profits mutuels en se lançant dans la course au plus bas prix.
Par ailleurs j'observe régulièrement les caddies lorsque je fais mes courses, et je constate que les consommateurs participent au statu-quo en continuant à acheter des produits alimentaires (légumes hors saison, fruits provenant de l'hémisphère sud..) à des prix déraisonnables, au lieu de les boycotter, ou à acheter des produits de marque, 30 à 50% plus chers que les marques de distributeurs de qualité strictement équivalente (ils viennent des mêmes producteurs ! ).
Alors ce n'est pas un surplus de concurrence qui suffira à faire baisser les prix. Il y faudrait, de la part du gouvernement, une action plus volontariste sur trois plans :
a) l'éducation des consommateurs : incitation à la vigilance sur les prix, boycott des produits hors saison, recours à des formes de commerce alternatives, comme l'achat direct aux producteurs…
b) l'intervention sur les marchés de gros, en particulier dans l'alimentaire, pour contribuer à casser la spéculation
c) le contrôle des marges des distributeurs, au moins sur les produits de première nécessité.
Ce n'est évidemment pas de telles mesures que l'on peut attendre d'un gouvernement qui ne croit qu'au libéralisme à tous crins !