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Validy, les déboires d'une start-up au pays des espions
Par David Servenay | Rue89 | 12/05/2008 | 22H03
Depuis dix ans, les inventeurs d'un système innovant de protection des logiciels bataillent contre les grandes firmes du secteur.

Dix ans que les dirigeants de Validy tentent de développer leur invention : un système révolutionnaire de protection des logiciels. Pourtant, impossible de commercialiser cette technologie, que les grands industriels du secteur espèrent bien récupérer.
Dix ans de galère, où l'on croise Valérie Pécresse, un général quatre étoiles, une flopée de cabinets d'intelligence économique et les manoeuvres des services secrets. A la clef : des milliards d'euros… et sans doute l'un des prochains fleurons de l'industrie informatique.
En 2012, il pourrait y avoir 14 milliards d'équipements reliés à Internet
Ils vont toujours ensemble. Le technicien, maigre et chauve comme un oeuf, normalien en maths, dix ans de Silicon Valley dans des labos de recherche informatiques, l'un des pères du port USB. Pas plus grand, deux fois plus épais, l'autre est l'homme du bagout, du marketing, des contacts avec son flot d'anecdotes.
A deux, rien ne leur échappe. Tous les détails sont là, comme un réflexe acquis après dix ans de batailles pour imposer leur idée : « l'invention de ma vie », dit le premier, Jean-Christophe Cuénod, directeur technique de Validy ; une « technologie révolutionnaire » ajoute le second Gilles Sgro, président de la société. (Voir la vidéo.)
La semaine dernière, ces deux co-inventeurs ont présenté au salon Java One de San Francisco la première application de leur recherche : une sorte de clef USB qui permet de protéger n'importe quel logiciel écrit dans ce langage.
A priori, rien que de très banal. Sauf que, derrière une telle innovation, les marchés sont énormes : selon l'institut Forrester, il y aura en 2012 plus de 14 milliards d'équipements électroniques vulnérables car reliés à Internet. Même la calculette a du mal à suivre…
En 1998, première découverte : ils mettent trois ans à déposer tous les brevets
Tout commence dans leur repli drômois, à Romans, ville sinistrée par la crise. En 1998, nos deux compères découvrent une nouvelle manière de protéger logiciels et systèmes informatiques.
L'idée principale est de faire identifier des données, présentes dans un « jeton » (une clef USB par exemple), par le logiciel principal. Le concept n'est pas nouveau, mais la mise en oeuvre du principe est diablement efficace. Jusqu'ici, personne n'a réussi à « craquer » leur système.
Pendant trois ans, ils ne soufflent mot de leurs travaux. A quiconque, hormis le juriste du cabinet de brevet chargé de monter leur dossier, qu'ils rencontrent une fois par semaine. De six brevets initiaux, qu'ils déposent à la fois en France et aux Etats-Unis, ils parviennent finalement à rédiger 400 brevets différents pour protéger leur invention.
Parallèlement, ils créent la société Validy aux Etats-Unis et en France.
Grâce à leur réseau personnel, un premier tour de table s'organise, avec une levée de fonds d'un million de francs d'un ami, qui signe sans même savoir de quoi il retourne. Aujourd'hui, ils sont 290 actionnaires à avoir mis 8,5 millions d'euros dans l'aventure. L'entreprise est valorisée à près de 65 millions d'euros, dont les fondateurs conservent 80% du capital.
Phase 2, premiers contacts avec l'Etat : ils sont reçus… à l'Elysée
Reste à convaincre les pouvoirs publics et les industriels. Coup de chance : un de leurs actionnaires les met en relation avec… la présidence de la République. Ils sont reçus à l'Elysée en février 2002 par la conseillère technique chargée des nouvelles technologies de Jacques Chirac, Valérie Pécresse.
Attentive, la fille de Dominique Roux (président de Bolloré Télécom depuis janvier 2007) leur propose de les « protéger » et de les mettre en relation avec la fine fleur de l'industrie française. Promesse non tenue.
Gilles Sgro n'aura plus jamais de nouvelles de Valérie Pécresse. « Validy ? Le nom ne lui dit rien », fait répondre l'actuelle ministre de la Recherche par un membre de son cabinet. (Voir la vidéo.)
Commence alors une longue traversée du désert, émaillée d'espoirs contrariés et, comme d'habitude, de promesses jamais tenues. A chaque fois, le scénario est identique : un ami, souvent un actionnaire (ils estiment à « 50 le nombre d'infiltrés » dans leur capital), les dirige vers un intermédiaire qui a des relations… Un premier rendez-vous prometteur, souvent avec un technicien, et plus rien.
En 2005, les anciens des services de renseignements prennent le relais
L'un des premiers intermédiaires s'appelle Gilles Gemba. Ex-colonel de l'armée de terre, il a géré les programmes de recrutement et de carrière des agents secrets de la DGSE. Boulevard Mortier, siège du service, il est officiellement « inconnu ».
L'homme a en tout cas un joli carnet d'adresses dans les états-majors. Au point de pouvoir organiser plusieurs réunions de présentation au Cercle national des Armées devant un parterre d'industriels : Dassault, MBDA, Thales, Suez, Schneider, Vinci sont du lot. A chaque fois, le premier contact est excellent, mais ne débouche sur aucune vente.
Aujourd'hui encore, le colonel Gemba parle de Validy comme d'un « produit exceptionnel, fabuleux, qui n'a pas d'équivalent sur le plan mondial ». Avec un bémol :
« Ils auraient pu signer des contrats. Prologue, par exemple, un grand groupe, leur proposait d'acheter. L'affaire ne s'est jamais conclue.“Sur le plan commercial, ce qui compte, ce n'est pas d'avoir les meilleurs produits, mais d'avoir les marchés. Tant que vous ne vendez pas, vous n'existez pas. Peut-être en commençant à bas prix…”
Pour Gemba, le duo de Validy est victime du “syndrôme du bébé” : “Ils n'arriveront jamais à se séparer de leur invention.” Et si Validy faisait l'objet d'une opération d'étouffement de la part des majors du secteur ? Réponse ambiguë de l'ancien officier :
“En guerre économique, c'est une hypothèse réaliste…”
Une hypothèse pas si farfelue, Gilles Gemba le sait bien. Comme apporteur d'affaires, il a introduit Validy auprès du cabinet d'intelligence économique de Philippe Legorjus. Entouré d'anciens du renseignements, l'ex-patron du GIGN se targue de pouvoir résoudre leur problème, mais il est cher. “Trop cher”, estime Gilles Sgro, qui visite alors la fine fleur des officines de guerre économique, garantissant monts et merveilles.
Sans oublier quelques indépendants, souvent de prestigieux officiers étoilés, comme le général Christian Quesnot, ancien chef de l'Etat-major particulier du président Mitterrand. (Voir la vidéo.)
Détail : le général Quesnot n'a pas répondu à nos appels. Renseignements généraux (RG) à Valence, Direction de la surveillance du territoire (DST) à Lyon… à partir de 2005, tous les services de renseignements s'intéressent au dossier Validy.
De cette époque, Gilles Sgro garde une flopée de cartes de visite et un nuage de doutes, jamais dissipé. Au contre-espionnage, on le prend pour un adepte de la théorie du complot. Mais surtout, la DST estime que la société pourrait être un cheval de Troie américain, compte-tenu de sa personnalité juridique (maison mère américaine) et du passé professionnel de Jean-Christophe Cuénod aux Etats-Unis.
Information que le service n'a pas voulu nous confirmer, opposant un “pas de commentaire” de rigueur. A la DGSE, on observe une position prudente : “Nous n'avons pas d'opinion sur ce dossier, qui ne nous concerne pas.” Voire.
“Quand un système est inviolable, il est aussi ‘inécoutable'…’
Plusieurs des contacts de Gilles Sgro lui affirment ensuite que la DPSD (ex-sécurité militaire, chargée de la protection des intérêts économiques liés à la défense) décourage les industriels de travailler avec Validy.
Interrogé, le ministère de la Défense fait savoir que ‘le responsable de la DPSD ne souhaite pas s'exprimer sur ce sujet’. Ils sont aussi reçu par plusieurs membres du cabinet de Michèle Alliot-Marie, alors ministre. Là encore, pas de suite. L'ancien recruteur Gilles Gemba émet une hypothèse :
‘Quand un système est inviolable, il est aussi inécoutable'. Ça peut expliquer pas mal de leur problème…’
A l'appui de son argument, l'intermédiaire prétend qu'une grande entreprise américaine était prête à signer un contrat de 20 millions de dollars, mais que la vente a été bloquée par la NSA (National Security Agency).
Parallèlement, Jean-Christophe Cuénod poursuit son travail de développement des prototypes. Non sans avoir changé de fournisseur de circuit intégré. Le premier, un Français, les livre très irrégulièrement. Ils finissent par se tourner vers ZTEIC, une entreprise chinoise ultra-réactive.
Plusieurs prix viennent récompenser leurs efforts, notamment le prix Motorola du salon Chinict2007.
Dernière entourloupe : Bercy refuse de les associer à un pôle de compétitivité
Enfin, les pouvoirs publics vont finir va s'intéresser officiellement à leur projet. Minalogic, à Grenoble, l'un des six pôles de compétitivité mondiaux, leur propose une association avec deux des meilleurs laboratoires français : le Laboratoire électronique des techniques d'informations (Leti) qui dépend du CEA, le Tima, un labo du CNRS et Tiempo une start-up créée ad hoc par Schneider Electric.
Le 29 novembre 2007, le consortium SecToken [‘jeton sécurisé’ en anglais, ndlr] obtient le label Minalogic à l'unanimité du jury.
Cette fois-ci, le projet paraît en bonne voie. Jusqu'à ce qu'il soit question de la répartition des bénéfices à venir de l'entreprise. Et là tout dérape. La décision tombe par une lettre de Bercy, qui gère le Fonds unique interministériel (FUI). Le financement du projet (350 000 euros) est refusé.
Raison invoquée : un capital trop faible (40 000 euros) pour un projet aussi ambitieux. Cette fois-ci, la coupe est pleine : Sgro et Cuénod sont convaincus d'avoir à faire à une ‘entente’ des industriels du secteur. (Voir la vidéo.)
‘S'il faut partir, nous partirons, conclut Gilles Sgro, s'il faut aller en Inde, aux Etats-Unis ou ailleurs, nous irons. Après tout, nous nous adressons au marché mondial, non… ? Evidemment, toutes les administrations sont au courant de l'affaire Validy. Mais rien ne bouge, l'Elysée et Matignon se contentent se renvoyer vers Bercy.
Restait à médiatiser leur histoire, dernière cartouche avant de prendre le large. La presse comme dernier recours ? A voir. Un général à la retraite reconverti dans le conseil pour un très grand groupe d'armement, nous glissait la semaine dernière : Curieusement, j'ai vu ressurgir le produit Validy dans les discussions il y a quinze jours…’. Curieux, en effet.
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De Pierrrrre
12H21 | 13/05/2008 |
…Pfff… il leur aurait suffit de se faire subventionner par un fond de pension français..
comment ? ça n'existe pas ?
De JeanChristopheCuénod
Validy | 12H32 | 13/05/2008 |
La protection des logiciels soulève souvent des débats passionnés mais rien n'oblige les développeurs d'un logiciel à le protéger. S'ils considèrent qu'une protection est intéressante pour eux, nous comptons leur apporter une solution solide.
Notre protection ne sert d'ailleurs pas uniquement à contrer la copie, mais vise aussi à garantir l'intégrité de tout programme, que ce soit des logiciels informatiques classiques ou des programmes embarqués (personne ne souhaite que les programmes de contrôle aérien soient bidouillés par des gens mal intentionnés…).
Notre système de protection utilise un dispositif physique, communément appelé « dongle » , mais il le fait d'une manière innovante, sensiblement différente des autres systèmes. C'est pour cela que nous avons déposé des brevets et qu'ils ont été délivrés ou sont en cours de délivrance dans de nombreux pays.
Un brevet apportant une protection juridique en échange de la description détaillée de l'invention, j'invite tous ceux qui le souhaitent à lire les brevets pour connaître tous les détails de l'invention.
Sinon nous avons sur notre site une documentation plus accessible et même une version d « évaluation de notre produit Java en téléchargement libre avec un simulateur logiciel du dongle. Libre à vous de l'essayer et de tester par vous même la protection obtenue sur un programme à vous, puis de nous contacter si vous le souhaitez pour obtenir un vrai dongle.
à JeanChristopheCuénod
De Pierrrrre
13H02 | 13/05/2008 |
»….Notre système de protection utilise un dispositif physique, communément appelé « dongle »…. »
==>et même Age Of Empire ne pourrait plus être piraté ?
ni Photoshop, Word ou Dreamweaver ?
J'comprends que vous rencontriez tant de réticence..
C'est que payer les logiciels rubis sur Dongle….it is very verrou expensive
De bob220
12H39 | 13/05/2008 |
Beaucoup de doux rêveurs dans les commentaires !
Vous semblez ignorer que le cryptage (à partir d'un certain niveau) est considéré comme une arme de guerre.
J » ai moi même déposé des brevets et c'est galère car ceux qui les relisent ou jugent de leur valeur ne comprenne rien ou presque sur le contenu du brevet.
Je me suis retrouvé avec un brevet refusé qui est revenu publié par quelqu'un d'autre avec succès 10 ans après.
Arrêter avec votre linux inviolable, c'est une caléjade !
(Par ailleurs linux est très bien..)
De Pélévine
philologue | 12H55 | 13/05/2008 |
Mais que fait la CNIL ?
De Steve Austin
12H58 | 13/05/2008 |
Bonjour lecteurs et lectrices attentifs,
L'auteur de ce texte n'est pas au fait de la technique, loin s'en faut. Au mieux on peut prendre ce texte comme un resultat publicitaire ou celui d'une manipulation. « Jusqu'ici, personne n'a réussi à “craquer” leur système. »
Qui a vraiment essaye ? Dans quelle conditions ?
Prennent ils le pari d'envoyer des systemes de test pour un coup ; -) reduit a cout portant : -) ?
« De six brevets initiaux, qu'ils déposent à la fois en France et aux Etats-Unis, ils parviennent finalement à rédiger 400 brevets différents pour protéger leur invention. »
Un brevet n'a de sens que apres une bonne bataille juridique ou celui qui le viole est contraint de payer et celui qui le possede n'est pas encore exsangue. Le prix pour proteger serieusement un brevet monde est de plusieurs millions de francs. Donc quand on en a 600 sa peut preter a sourire. Leur cabinet juridique a fait la bonne affaire. Peut etre pourront ils revendre celui de la confiture de nouille ou celui de la petite cuillere.
Sans parler du nombre de brevet encore inconnu de leur societe que leur produit viole sans doute. Le jeu est bien plus complexe qu'une simple enumeration.
« Et si Validy faisait l'objet d'une opération d'étouffement de la part des majors du secteur ? »
Et si les majors du secteur avaient deja goute du gateau ? Cf : http://www.sospita.no/web_759.asp Cette societe proposait la meme chose bien avant… Et eux avaient une alliance avec un tres gros.
« Mais surtout, la DST estime que la société pourrait être un cheval de Troie américain, compte-tenu de sa personnalité juridique (maison mère américaine) et du passé professionnel de Jean-Christophe Cuénod aux Etats-Unis. »
Vous vouliez sans doute dire une bombe il-logique plutot que un cheval de troie ; -) ?
Et Schlumberger-Sema dans le passe etait un cheval de qui ? Qui a part les americains se positonnait derriere puisque la maison mere est une boite petroliere americaine ? Que tous ceux qui ont un processeur Atmel ou Texas Instrument dans leur carte a puce la jette a la poubelle illico presto par peur de la backdoor dans la ROM a cause des mechants ricains alors. Quelle rigolade ! ! !
« Quand un système est inviolable, il est aussi “inécoutable'. Ça peut expliquer pas mal de leur problème…”
Ben avec des experts pareil on est pas avance. Mon petit neveu sait deja que le dernier systeme inviolable a ete salement viole hier. Un FIB (focused ion beam) et un microscope electronique manipule par une societe comme Chipworks devrait suffirent a demontrer la non inviolabilite de ce processeur securise. En ensuite IBM avec une template attack fera le reste … ; -) ARG ENCORE LES RICAINS…decidement ils sont partout ces gens la ; -)
“Le premier, un Français, les livre très irrégulièrement. Ils finissent par se tourner vers ZTEIC, une entreprise chinoise ultra-réactive.”
En parlant d'intelligence economique,a quand une entreprise chinoise faisant la meme chose pour deux fois moins cher ? Fabriquer des processeurs securises en chine et vouloir vendre au gouvenement francais ou americain tient de la folie douce.
En conclusion l'huour sur rue89 tend a augmenter en qualite. Encore, encore please ; -)
Steve
De TARPON
13H31 | 13/05/2008 |
Le dongle ,j'ai connu.Autocad,3D studio etaient vendus avec.Le probleme etait que le dongle plantait souvent la machine,les difficultes d'impression recurrentes.Alors on achetait en plus du logiciel avec sa licence un logiciel…piraté ,qui lui marchait impeccablement sans..dongle.C'etait vraiment debile.Dans les annees 80 ,proteger son logiciel etait devenu paranoiaque.
Tout se pirate ,rien n'est inviolable ; qu'on me cite le nom d'un log qui n'ait pas sa faille,c'est une question de temps.Un temps souvent tres court ,quelques jours…
Je suis admiratif devant la capacité de ces createurs de logiciels de P2P qui tiennent sur une disquette (si ,j'ai encore un lecteur de Disk…USB quand meme) qui narguent l'indusrie de la musique et du film malgre leurs moyens techniques considerables.Eux ont fait aveu d'impuissance ,ça ne sert à rien …rien de ce que l'etre humain cree n'est inviolable.
De Wallabys
V | 16H44 | 13/05/2008 |
Il ne faut pas oublier que le créateur de PGP est resté un an en prison aux USA car il refusait de communiquer les clefs de décryptages au gouvernement américain. Je l'ai vu en conférence il y a une grosse dizaine d'année à Imagina et il expliquait que les gouvernement souhaitent avoir toutes les clefs des systèmes de cryptages et de protections des données sinon il n'y a pas d'homologation possible.
De kawouede
16H52 | 13/05/2008 |
Excellent article : les commentaires remettent les choses à leur place et on apprend beaucoup rien qu'à les lire.
Cela fait quand même une bonne leçon pour l'apprenti journaliste non ? (moi non plus je n'y connais rien et je me serais fait avoir)
à kawouede
De David Servenay
(auteur)
Rue89 | 08H16 | 14/05/2008 |
Cher kawouede,
En quoi « l'apprenti journaliste » s'est-il « fait avoir » ?
Argumentez un peu, s'il vous plaît.
De pierrolepyro
17H45 | 13/05/2008 |
Ci-dessous un communiqué de presse relatif à un produit qui, il me semble, relativise beaucoup la portée de l'innovation introduite par Validy :
Bonjour,
Vous pourrez trouver ci-dessous le dernier communiqué de presse de Mobilegov.
Sincères Salutations,
Franck TUPINIER
TEL : 06 74 68 37 93
MOBILEGOV présente sa clé USB U3 ultra sécurisée : Device Linker
MAI 2008 – Mobilegov, éditeur de solutions de sécurité informatique, annonce la disponibilité d'un nouveau périphérique de stockage ultra sécurisé grand public. Issu de la technologie brevetée l'ADN du Numérique®, Device Linker est la seule solution à proposer ce degré de sécurité pour un usage ludique et confidentiel.
La clé USB U3 Device Linker bénéficie d'un mode d'identification basée sur la reconnaissance matérielle des ordinateurs et périphériques sur lesquels elle est autorisée. Radicalement différente des solutions traditionnelles (sans protection, cryptage, biométrie…), la clé Device Linker ne dévoile aucune donnée sur un ordinateur non autorisé, garantissant de ce fait une confidentialité maximale des données ou logiciels contenus. De type « Plug and play », elle ne nécessite l'installation d'aucun pilote pour fonctionner.
Pour parvenir à un tel résultat, la clé reconnaît la configuration matérielle des postes de travail et non la présence d'un fichier ou d'un certificat sur une machine qui tous deux peuvent être copiés ou falsifiés.
Device Linker permet également de protéger l'accès à un ordinateur tant que la clé n'y est pas connectée. Enfin, elle offre des vitesses de transfert et d'écriture de premier plan.
La clé USB U3 Mobilegov Device Linker est proposée à une tarification attractive (à partir de 24,90 € jusqu'à 99,90 €) avec différentes capacités de stockage : 512 Mo, 1 Go, 2 Go, 4 Go et 8 Go. Seul le logiciel Device Linker lui indique sur quel PC elle peut fonctionner. Elle est compatible avec les environnements Windows 2000, XP et Vista et supporte les ports USB 2.0 et 1.1.
La clé est en vente au travers du réseau de partenaires de l'éditeur (Alice, Fnac, Pix Mania, Orange) et directement sur la boutique en ligne de la société www.devicelinker.com.
De clement13
Comptable | 18H07 | 13/05/2008 |
Comment faire comprendre à nos puissances industrielles ou économiques que nos chercheurs doivent être récompensés de leurs découvertes…
Il faut qu'ils décident de vendre leur invention à l'étranger pour faire bouger les choses ou encore pire, déserté notre pays pour travailler à l'étranger…
Et on nous explique à travers les médias qu'il n'y a absolument pas de lobby de la part des grandes firmes françaises !
Je souhaite beaucoup de courage au créateur de société comme VALIDY, ainsi qu'à leurs scientifiques…. Pour que leur projet aboutisse… Et dans d'autres pays s'il le faut.
De Humain
18H16 | 13/05/2008 |
Comme relevé dans un des post ci dessus… cette situation peut être comparée à celle de Moreno, CP8 puis Gemplus.
Mais là n'est pas le plus important.
Dans le cas présent nous avons affaire à un système developpé à haute « valeur ajoutée » !
Le tout n'est pas de savoir s'il fonctionnne avec un « dongle » ou autre moyen, mais surtout de voir comment les services de l'Etat opérent auprès de cette PME afin qu'elle puisse developper son outil, investir des marchés, et en contre-patie créer les emplois dont on parle tant.
L'important est : comment dans un environnement oncurrentiel (et celui là en est vraiment un) developper un produit, le protéger et le commercialiser.
Ce que je retiens ce cet article, est que les dirigeant de cette société, la société « Validy » n'a qu'à se débrouiller comme elle le peut !
Qu'il y ait connivence entre les sociétés interessées, cela semble évident.
Mais, les aides, de l'état ou autre, ne doivent pas être seulement des aides financières, la preuve ! !
Dans le cas de Gemplus, les société américaines investies dans ce secteur, n'étaient pas certainement pas seules, et épaulées par les services nationaux.
En France, que nenni !
à Humain
De personne
19H53 | 13/05/2008 |
Oui si on veut bien ignorer tout les commentaires disant que c'est tout sauf innovant on peut considérer que c'est un produit à haute valeur ajoutée.
Faisons abstraction de l'essentiel pour se concentrer sur le discours marketing :
L'important dans un marché concurrentiel c'est qu'une entreprise puisse vivre sans besoin de l'état, sinon on est en plein collectivisme soviétique.
à personne
De Madiran
(Business Analyst) | 20H51 | 13/05/2008 |
Je vais (en lisant cet article) à l'encontre du principe bien connu « c'est de chez nous donc c'est nul » !
(Ce qui n'empêche en aucune façon évidemment de vérifier le sérieux du produit)
Si c'est un produit à haute valeur ajoutée…(ce dont vous doutez à priori) je ne vois pas pourquoi autant de personnes s'y interesseraient.
Qu'une société vive sans l'état est normal…. Mais dans le cas présent, elle se fait « descendre » par l'état » parce-qu'elle n'appartient pas au fameux CAC40 ou assimilé.
C'est cela que je conteste.
à personne
De JeanChristopheCuénod
Validy | 20H51 | 13/05/2008 |
OK les dongles ne vous plaisent pas. J'ai bien pris note.
Ce n'est cependant pas une raison pour nier en bloc une innovation sans la connaître. Je vous propose donc de discuter, à votre choix, online ou offline pour débattre du sujet.
De EDEN PARK
OEIL DE MOSCOU | 22H56 | 13/05/2008 |
Messieurs,
J'avais dans l'idée que la « communauté scientifique » parlait en connaissance de cause ! ! ! ! Je suis surpris de constater que finalement personne n'a lu les brevets déposés par Validy et que finalement personne ne connait réellementl'avancée que propose Mr CUENO.
Arrêtez de tirer à boulets rouges sur cet homme et surtout sur son travail, vous qui êtes des spécialistes, des vrais de vrais, prenez le temps de lire les brevêts, testez le produit puisqu'il le propose. Arrêtons de juger sur des suppositions ! ! !
Je me pose une question car le plus important n'est pas de savoir si dongle ou pas dongle.
Pourquoi des grands groupes francais et étrangers perdent du temps à recevoir et suivrent cette société si il n'y avait qu'une coquille vide ?
Les prix récoltés (voir le site de validy) : les personnes qui les décerne sont si nulles pour les avoirs donnés à une telle entreprise proposant une telle innovation alors que la majorité d'entre vous sans avoir la moindre info avez jugé l'avancée comme innintéressante ?
Soyons sérieux renseignons nous testons et après donnons notre avis.
Courage messieurs CUENO et SGRO et faites le nécessaire pour arriver à vos fins et prouver que vous avez raison.
à EDEN PARK
De CA Not Dead
Glandouilleur Pro | 10H06 | 14/05/2008 |
« Pourquoi des grands groupes francais et étrangers perdent du temps à recevoir et suivrent cette société si il n'y avait qu'une coquille vide ? »
C'est ce que je me suis demandé après avoir crée mon entreprise et avoir fait pleins de démonstration…
On n'est pas au pays des bisounours, les lobby défendent activement leurs marchés. Et même si c'est injuste, ça fait partie du jeu (ou alors faut vraiment sortir de l'école pour croire qu'il en est autrement ! )…
Moi et mon associé, on a bouffé des patates pendant deux ans et investit tout nos gains dans la R&D et le démarchage en autofinancement. On n'a pas passé notre temps à pleurer !
Tester la solution de Validy ? Faudrait déjà que je crois au concept… A l'heure ou de nombreux éditeurs se demandent si ils ne perdent pas plus d'argent avec les mesures de protection, qu'en vendant leur logiciel sans, je suis sceptique…
Ce type de protection a montré qu'au final, les seuls pénalisés sont les utilisateurs légaux. Désolé de généraliser, mais c'est ainsi que je le ressent.
De JLMGC
10H08 | 14/05/2008 |
Si je sais lire entre les lignes, il semble bien que les sieurs Legorjus et Christian Quesnot sont en ce domaine les « maquereaux » de la République bananière de « Sarkosie » qui les auraient aidés s'ils avaient eu les moyens financiers de payer.
Si la République Française est incapable de mettre un terme à la dérive, incivique pour l'emploi en France de leurs activités,il est juste pour cette entreprise d'aller s'installer à l'étranger. La faute sera pour ceux qui n'ont pas défendu l'innovation française. Au fait qui s'est fait élire grâce à cette promesse l'an dernier ?
De EPierrel
10H27 | 14/05/2008 |
Quelques remarques en vrac sur cet article :
- A priori, mais je n'ai pas la pretention de comprendre les differenciateurs technologiques, Validy posséde une brique technologique innovante. La société se demande alors comment en tirer profit en la « productizant » (avec un « z » parce que, de toutes facons, c'est du franglais). C'est cette démarche de choix de positionnement et de segmentation du marché qui semble capoter. C'est justement une difficulte assez courante des startup, en France en particulier. Le marketing de l'innovation technologique est une discipline en plein développement … et d'autres pays (US…) ont une bonne avance sur la France dans ce domaine. Une start-up qui réussit doit pouvoir s'appuyer sur 3 piliers : une bonne techno, des financements (capital risque) et une approche marketing et commerciale (+ business model) cohérente. En France, on sait relativement bien construire le premier pilier … mais les deux autres laissent souvent a désirer.
- La productization de la techno sous forme de dongles est une bonne illustration des soucis de marketing evoques ci-dessus. En effet, posseder une techno tres innovante (ici, a priori, des technos de cryptages « incassables') n'est pas suffisant pour faire un produit intéressant et apportant de la valeur a un marche. Le dongle est une methode de protection des logiciels qui est plutot en fin de vie (notamment car ce n'est pas tres pratique pour l'utilisateur final). Meme dans le domaine des outils de developpement pour les logiciels embarques que je connais bien et ou se vendent des solutions a plusieurs dizaines de K€ par siege, les technos de types licences flottantes sont bien plus repandues car plus pratiques pour les administrateurs systemes (qui, meme s'ils ne sont ni utilisateurs final, ni beneficiaires du retour sur investissement, sont aussi a convaincre lorsqu'on vend une solution logicielle a un grand groupe). Pour résumer, tout marché doit être examiné sous l'angle de son attractivité en plus de celui de la compétitivité de la solution proposée : la solution de Validy est peut-être très compétitive (et encore, l'avance technologique est loin d'être le seul facteur de compétitivité) … mais le marché choisi n'est pas nécessairement attractif.
- Enfin, derniere remarque concernant la problematique de protection de l'integrite des programmes dans l'embarques. Pour les logiciels embarques traditionnels (commandes de vol d'un avion, ABS voire machine a laver), il ne me semble pas forcement qu'il y aie un marché (car il n'y a pas de douleur exprimé à ma connaissance). En revanche, dans le domaine des automates programmables (PLC) de sécurité - qui eux sont reprogrammables par n'importe quel technicien de maintenance - je sais que les industriels expriment le besoin de la protection de l'intégrité du code. A creuser auprès des vendeurs de PLCs (Schneider, Siemens, Rockwell…) et des industriels (les automates de sécurité sont notamment utilisés dans tout ce qui est “Oil&Gas').
De Aloïs
Etudiant | 13H07 | 14/05/2008 |
Un simple merci à David Servenay pour son article que j'ai réellement trouvé passionnant !
On condamne avec force le brain drain, le manque d'innovation de la France (et aussi de l'Europe excepté la Suède, et l'Angleterre) mais la technique d'étouffement menée par les grands groupes industriels -sous le regard bienveillant des autorités françaises- empêche toutes possibilités d'innovation.
A force d'étouffer l'invention chez les PME, on va se tourner vers une France ayant perdu tout esprit d'innovation (cf Schumpeter). On a interdit les conglomérats, les cartels, et pourtant, les ententes entre Dominants du monde économique continues. La lutte des Dominants- dominés continue… mais à une autre échelle.
De mixmac
1 parmi 7... milliards | 04H17 | 15/05/2008 |
Normal qu'ils échouent : ils font leurs démos sur un Mac et pas un PC ; -)
Blague à part, l'histoire de Validy n'est pas unique. Et les responsabilités dans les échecs commerciaux ne sont pas que le fait des « méchants » du dehors. Les « gentils » du dedans, leurs ambitions et leurs rêves, sont tout autant en cause.
J'ai accompagné bénévolement une start-up pendant quelques années, y ai placé de l'argent, ai recruté pour elle, ai conclu la seule vente qu'elle ait jamais faite… pour rien. Pour rien sinon pour apprendre que le fondateur et dirigeant d'une entreprise innovante pouvait être son pire ennemi, jusqu'à la couler. (Incidemment, la techno logicielle de cette défunte entreprise n'a toujours pas d'équivalent.)
Prendre sa place sur le marché mondial de la technologie se fait en se pliant aux règles du marché. La réussite d'une entreprise tient donc dans sa capacité à vendre, pas dans sa capacité à inventer. Regardez Microsoft.
Les Laurel et Hardy de Validy pleurent parce qu'ils n'ont pas réussi à croquer l'énorme part du gâteau qu'ils convoitaient. Je ne les plains pas, quelles que soient les difficultés et les vacheries qu'ils ont subies. Leurs choix personnels (monter une boîte, déposer des centaines de brevets (comment est-ce possible financièrement ? ? ? ), défendre leurs 80% du capital, etc.) n'est que l'aveu de leur totale adhésion au mythe de la réussite individuelle américaine.
L'humanité n'a que faire de leur invention : elle ne lui profitera pas (par exemple en protégeant les individus des actions délictueuses des entreprises de logiciel, des agences de surveillances gouvernementales et privées, des voleurs de données personnelles, etc.) mais donnera un moyen de contrôle et de coercition supplémentaire aux organisations qui possèdent déjà tous les autres. Merci bien ! Nous n'avons pas besoin de cela.
Messieurs Sgro et Cuénod, vous n'avez jamais entendu parler d'Open Source ni de bien commun de l'humanité ? Vous devriez vous y intéresser, si c'est la diffusion de votre invention qui vous motive réellement… et pas seulement l'accumulation de richesses personnelles.
De Humain
08H13 | 15/05/2008 |
Deux choses :
1) Cette invention n'est pas solide. La société meure, et on en parlera plus.
2) Cette invention est superbe, et dans trois ans nous ferons un reportage sur les Français qui ont gagné en Inde ou en Amérique ! !
De laveriteatoutprix
chef de projets | 11H19 | 18/05/2008 |
Bonjour,
Quand on voit la médiocrité des dirigeants en France, on ne s´étonne pas que des petites sociétés avec des idées/produits innovants n´arrivent pas à éclore. Ce n´est pas dans notre culture. Je pense meme qu´ils voulaient s´accaparer cette technologie à moindre frais ou la « donner » à leurs copains dans l´industrie. C´est d´ailleurs toujours suspect quand on voit quelqu´un réussir avec une entreprise grace a une bonne idée.
Tant que les gens n´admettront pas qu´il faut créer des entreprises (entrepreunariat) ou développer des idées innovantes (et pas seulement avec les gros du marché)pour avancer on ne fera rien de bon.
De jpmespion
09H00 | 19/05/2008 |
Bonjour,
Je pense que le jour ou la majorité des Français prendra conscience que si les patrons( PMI/PME)n'existaient pas, Ils n'auraient pas de travail.
Alors encouragez les personnes qui entreprennent et n'attendez de l'Etat vous donne tout et qu'il doive tout réglementer, prenez pour une fois vos responsabilités. ! !
Bon courage à tous les « inconscients » (humour) qui créent leur entreprise aujourd'hui en France.
De Toledo
bloggeur | 16H47 | 19/05/2008 |
Bien vu , Epierrel.
Cette article est le Nième cherchant à démontrer que la France n'est pas un pays d'innovation, voir d'entreprise. Un élément nouveau : complot de l'Etat (voir des services d'espionnage), des grandes entreprises, des américains, voir des actionnaires (les carnets d'adresses ne semblent rien donner) ! Il ne manque plus que la tentative d'assassinat de la mafia russe !
Ayant aussi suivi 3 Start Up, je peux rajouter à tous ces diagnostiques (simplement en me limitant à l'article , sans avoir confirmation des infos, ni avoir lu le site de la société) :
- votre innovation est géniale (je prends cela pour acquis) et brevetée (400 brevets, les 8.5 millions de vos actionnaires ont du y passer), alors vendez-là, au moins en licence sur un marché limité ; après, si c'est un succès, pas de problème, les commandes viendront sur d'autres marchés, voir sur d'autres évolutions : le génie d'entrepreneur, ce n'est pas qu'un produit, c'est le génie de l'entreprise ; si vous avez peur de vous en défaire (comme votre plus beau bébé), alors cela ne marchera jamais.
- Vous indiquez que l'entreprise est valorisé à 65 Millions d'Euros et que vous en gardez le contrôle à 80% ! Une entreprise qui n'a jamais rien vendu en 10 ans ne vaut rien. Que vous ayez des compétences techniques et scientifiques et que vous ayez développer un produit innovant, c'est tout à fait crédible. Mais faire de la recherche et développement sans rien vendre, le CNRS le fait très bien. Bien gérer le développement d'une entreprise, ce n'est pas gérer un produit, c'est réussir à construire une équipe cohérente et performante en sachant mettre les bonnes personnes au bon endroit. Prenez de la distance, trouvez des bons managers et des bons marketers. Si vous n'y arrivez pas, vendez vos brevets ou vendez l'entreprise (ou devenez minoritaire) sans être gourmand. C'est en ayant montrer que vous avez réussi un jour que vous pourrez monter d'autres projets plus ambitieux.
- Un des associés semble avoir un CV américain, alors pourquoi se limiter à la France (pour critiquer ce pays qui subventionnent par Oséo des centaines d'entreprises qui ferment) ?
Sincèrement, ayant une entreprise (qui marche), je crois que mon devoir est de vous demander de ne pas sombrer dans la paranoïa ! Pensez à vos actionnaires : réussissez rapidement ou retirez vous au profit de ceux qui peuvent vous faire réussir. L'entêtement de 10 ans pour rester majoritaire ne vous apportera qu'un avenir plein d'échecs. Je n'aime pas faire le donneur de leçons, mais j'ai trop perdu de temps à voir des entreprises de ce type en arrêt cardiaque. Alors, une petite décharge électrique ne peut être que salvateur. Bonne Chance !