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Crise des carburants : les taxes au cœur du débat sur le Web
Par Marie Peterson | Etudiante | 03/06/2008 | 15H44
La semaine a commencé sous le signe de l'action pour les routiers et taxis, remontés contre la hausse des prix du carburant en France. Si la mobilisation des pêcheurs tend à s'essouffler avec le vote de la reprise du travail dans la plupart des ports français, les routiers ont pris le relais en conviant les autres professions « roulantes » (ambulanciers, taxis) à se joindre à leur mouvement.
Sur le net, les réactions des internautes sont diverses : beaucoup s'accordent pour reconnaître la « pénibilité du métier » (jolimoisdemai sur nouvelobs.com), mais les positions divergent : Un des points clé sur lequel se focalise le débat est la question des taxes gouvernementales (TVA et TIPP) considérées comme le frein principal à l'amélioration de la situation.
Sur le site du Point Clojea explique que le gouvernement devrait baisser les taxes car « il est inadmissible de pénaliser l'ensemble de la population, à commencer par les commerçants, artisans, professions libérales, transporteurs, etc » :
« Demander des compensations est à mon avis inutile, et ne profite qu'à quelques-uns. Le mieux est de baisser les taxes gouvernementales, car je le rappelle, dans le prix d'un litre de carburant, 95% sont des taxes. »
Sur son blog, Gérard Pince rejoint cette idée :
« La hausse durable du prix des carburants fragilise tous ceux qui travaillent, non seulement les pêcheurs ou les routiers, mais aussi les salariés qui font 50 km par jour pour rejoindre leur emploi. Ces personnes méritantes réclament une baisse du prix qui serait possible à condition de supprimer la TVA et la TIPP prélevées par l'Etat. On devrait donc pouvoir vendre du carburant détaxé à ceux qui en ont besoin, en s'inspirant, par exemple, du système des coupons essence qui existait autrefois en Italie au profit des touristes. »
Quand les taxis et les ambulanciers s'en mêlent
Depuis une dizaine de jours, de nouvelles voix s'élèvent. Deux cents taxis participent ainsi aujourd'hui au blocage de la raffinerie de la Mède à Marseille, réclamant des compensations.
Le 23 mai sur Montpellierplus.midiblogs.com, Marie-Thérèse Vidal, chauffeuse de taxi à Montpellier et Lunel et présidente de la section héraultaise de la fédération nationale des taxis indépendants s'exclame :
« Nous aussi nous avons droit à une réduction du prix du carburant. Nous sommes en train de mourir, avec la suppression des aides et la hausse des tarifs des courses de 3,5 % qui rend les coûts encore plus onéreux pour les clients de plus en plus réticents à ce mode de transport. »
De même, le 31 mai sur les-nouvelles.com, Océane relate des témoignages de chauffeurs de taxi, dont Haja qui affirme :
« L'Etat pourrait nous appuyer dans l'achat de ces produits censés réduire la consommation de carburant car ils coûtent trop cher pour nous. La situation actuelle est telle que ces taximen n'arrivent pas toujours à compléter leurs versements. »
Le mouvement trouve aussi un écho important auprès des ambulanciers. Le 1er juin sur corsematin.com, Félix Nicolini témoigne :
« On court à la catastrophe. Des mesures doivent être prises pour alléger les charges. […] Le coût des carburants pèse sur le budget au détriment du matériel ou de certains véhicules qu'il faudrait renouveler. »
Ces professions, distinctes quant à certaines revendications, se rejoignent dans la crise. De plus, si les internautes témoignent majoritairement sur des blogs régionaux, le mouvement dépasse largement les localités spécifiques et a une véritable dimension nationale.
C'est ce qu'affirme Jean-Mouis Nussac, chargé de la commission sociale à l'Organisation des transporteurs routiers européens le 30 mai, dans un témoignage rapporté par lamontagne.fr à la sortie d'un entretien avec le directeur de cabinet de la préfecture de Limoges :
« Vous savez que ce mouvement est un mouvement national, il commence en Limousin et a été suivi sur Paris aujourd'hui. D'autres actions suivront dans différentes régions de toute la France, et ensemble au niveau national nous déciderons des actions qui bien sur prendront de l'ampleur et voire atteindront certains blocages pour qu'on soit effectivement entendu. »
Perplexité des blogueurs devant les revendications
Cependant, ces sites de soutien et les mobilisations routières paraissent peu toucher la majorité des blogueurs, qui semblent perplexes devant les revendications avancées. Une idée récurrente est celle du caractère irréversible des difficultés auxquelles font face les pêcheurs, routiers et agriculteurs. Loin d'être un phénomène temporaire, la hausse des prix du pétrole ne fait que commencer. Dès lors, nombreux sont ceux qui considèrent que le recours à d'autres énergies est le seul moyen de faire face à la crise.
Sur le site du Monde, Tatooin affirme que « si tout ce beau monde passait cette énergie a trouver des solutions alternatives (ferroutage, relocalisation des productions, pêche/agriculture raisonnée/bio, etc.) au lieu de se battre contre une réalité immuable, notre pays ferait un grand pas en avant ».
Dans le même sens, un internaute sous le pseudonyme de Zanzibar avance que « les agriculteurs doivent mettre en place de nouvelles méthodes économes en pétrole (moins de tracteurs, de pesticides) au lieu de se plaindre ».
Le mouvement de déclin de ces professions est qualifié d'irrémédiable et le sauvetage par l'Etat d'injuste. Ainsi sur le site du Nouvel Obs, caverne affirme :
« Avec les aides qu'engloutissent les agriculteurs et lesroutiers, toutes aides confondues, on pourrait entretenir environ 2 000 000 de chômeurs tous les ans. Ou développer des économies alternatives. »
Et Goliath d'écrire, sur le même site, qu'« il n'est plus possible de subventionner pour plus de la moitié les revenus des agriculteurs et pécheurs, ne serait-ce que par principe de traitement équitable entre les citoyens entrepreneurs :
“Le marché (offre/demande) de ces professions est tronqué et survit artificiellement grâce aux aides de Bruxelles, quand serait-il s'il fallait subventionner tous les secteurs de l'économie en difficulté ? Il faut que les politiques nationaux et Bruxelles prennent leurs responsabilités, à savoir stopper toutes les aides qui maintiennent en quasi dépendance toutes ces activités et nuisent à nos finances ! ‘
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De V.B.
Doctorant | 17H36 | 03/06/2008 |
Je vais me faire allumer, mais tant pis.
Il ne faut surtout pas baisser les taxes pétrolières.
C'est exactement l'inverse qu'il faut faire, augmenter lentement mais surement les taxes !
Il y'a une raison toute bête derrière celà : l'augmentation des prix du pétrole est structurelle. De ce fait, ce serait se leurrer que d'espérer une baisse des prix du pétrole dans le future. La spéculation AGRAVE la situation mais comme les réserves de pétrole sont limitées, on y viendra tôt ou tard.
Les professions qui veulent survivre vont devoir s'adapter au changement qui se profile. Or pour ce faire il va y avoir besoin de beaucoup d'argent afin d'adapter les infrastructures et la technologie (ferroutage pour le transports, voitures électriques, hydrogène et piles à combustibles). Or, de l'argent, notre pays n'en a pas assez comparativement à l'enjeu.
Une augmentation des taxes sera bénéfique à plusieurs points de vue :
1. en touchant les entreprises/gens à la bourse, la mutation va être rapide
2. l'état aura enfin les moyens d'une politique ambitieuse (… pour la volonté, avec le gouvernement actuel, je n'y crois pas trop…)
3. en prennant le taureau par les cornes, nous nous plaçons en situation d'avance vis à vis de la pénurie de pétrole à venir et du changement climatique
On pourrait reprocher au système de faire souffrir en premier les plus pauvres… En fait, ce sont eux qui vont devoir abandonner le pétrole le plus tôt, contrairement aux plus riches qui vont continuer de gaspiller (cf. les 4x4 à Paris…). Pourquoi ne pas utiliser une partie de cette manne financière pour les aider à traverser la crise ?
D'autre part, je préfèrerais que ca soit l'état qui s'en mette plein les poches - puisqu'on en revoit plus ou moins la couleur - que les compagnies pétrolières, comme c'est le cas maintenant (et là, aucune retombées sauf pour les actionnaires).
Ps : il s'agit d'une idée de Jancovici, voir son site http://www.manicore.com
De Impots-utiles.com
www.impots-utiles.com | 22H47 | 03/06/2008 |
Bruxelles vient de mettre en garde le gouvernement français… les membres de l'eurogroup jugent inefficace La baisse de la TVA sur les produits pétroliers.
»« On ne lutte pas contre la hausse des prix du carburant en réduisant les taxes ». Ce principe de la politique fiscale européenne avait été acceptée par tous les membres de l'union en 2005
http://www.impots-utiles.com/la-baisse-de-la-tva-sur-les-produits-petrol…
De XavXav
14H49 | 04/06/2008 |
A mon avis, il y a erreur majeure sur le choix de faire du routier.
En termes purement physiques (consommation d'énergie), il est plus rentable de transporter des marchandises par train que par camion.
Pourquoi donc le transport routier s'est-il développé autant les 20 dernières années ?
-Parce que c'est « simple » de créer son entreprise : il suffit d'un chauffeur et d'un camion. A comparer avec l'organisation d'une gare.
-Parce que c'est souple : le camion dépose la marchandise n'importe où
-Parce que l'infrastructure est gratuite : l'entreprise de transport routier profite gratuitement de l'usage des routes, lesquelles sont entretenues avec les impôts de tous. (contrairement au rail, où la SNCF paie pour utiliser les lignes de l'état)
-Parce que le pétrole est bon marché.
Tous ces facteurs sont des subventions déguisées et constituent des distortions de concurrence en défaveur du rail. On a donc créé en 20 ans une multitude de PME qui ne sont viables que parce que fortement -mais discrètement- subventionnées. Ces PME ont un rôle social indispensable : celui de fournir du travail (mal) payé à des personnels relativement peu formés (le permis poids lourd ne demande pas bac+5). Comme elles sont nombreuses, la concurrence est féroce.
Aujourd'hui, une des subventions déguisée disparait (le pétrole pas cher), et une première vague de PME transport à la santé chancellante va disparaitre.
La hausse du pétrole étant là pour durer, que peut faire le gouvernement ? rien, sauf créer dans un autre secteur des emplois suffisamment nombreux pour donner un travail aux chauffeurs qui se retrouveront nécessairement sur le carreau. Quels emplois et quel secteur ? Je suggère les énergies renouvelables, et en particulier tout ce qui a trait à l'isolation et à la fourniture d'installations de chauffage domestique. On est très en retard, et il y a un potentiel de croissance énorme.