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Chômage : malgré les bons chiffres, les blogs sceptiques
Par Mathias Destal | Etudiant | 07/06/2008 | 11H58
Jeudi, l'Insee a publié les chiffres du chômage pour le premier trimestre 2008, Avec un taux de 7,2% en France métropolitaine (7,5 % si l'on prend en compte les DOM), ces chiffres marquent un recul de 0,2 point par rapport au trimestre précédent, et de 1,2 point sur un an. Sur le papier, c'est la baisse la plus significative depuis vingt-cinq ans. Mais sur les blogs, tout le monde ne partage pas l'enthousiasme du gouvernement.
Avec ce retour du nombre officiel des demandeurs d'emploi sous la barre des deux millions, les réactions de l'UMP et des membres du gouvernement ne se sont pas fait attendre. Christine Lagarde, ministre de l'Economie, a dévoilé ces statistiques avant même leur publication officielle par l'Insee. Nicolas Sarkozy y voit la preuve que « la stratégie retenue est la bonne », mesurant tout de même sa satisfaction : « Il ne faut surtout pas s'arrêter là. »
Mais sur les blogs, la publication de ces chiffres ranime la polémique autour du mode de calcul du nombre de chômeurs.
Sur le blog de Yannick Andrzejczak, on lit par exemple :
« N'étant pas un spécialiste de l'économie, je me suis posé quelques questions concernant cette baisse aussi significative du chômage de masse. Les nouveaux cotisants (…) en retravaillant et percevant par la même occasion un salaire devraient, si tel était le cas, relancer la croissance économique. »
Dans le blog de l'institut Montaigne, Bénédicte Constans remarque :
« Le taux de 7,2% de chômage publié ce jeudi matin correspond à 2 millions de chômeurs au sens du BIT, le Bureau international du travail. Or, en France, on compte 2,6 millions de personnes, qui ne sont pas toutes des chômeurs au sens du BIT (parce qu'elles ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler, ou parce qu'elles n'ont pas effectué de démarches actives de recherche d'emploi dans le mois précédent). »
Elle relève plus loin que « le taux de chômage est discutable, variable dans ses définitions et permet pas mal de manipulations (contrats aidés, emploi public, radiation de chômeurs) ».
Yannick Trigance, élu PS, sur son blog, renchérit :
« Le gouvernement [se prévaut] d'une baisse du chômage qui serait notamment le résultat de sa politique économique. C'est oublier un peu vite qu'en donnant trois heures de soutien scolaire, on est aujourd'hui radié des statistiques du chômage. En 1990, 11,9% des salariés étaient à temps partiel : 17,1% aujourd'hui. »
Une analyse qu'on retrouve dans la note de Frédéric Lemaître sur son blog L'éco buisonnière :
« L'emploi progresse nettement en France. Mais la précarité augmente également et un nombre important de salariés (environ 1 million) déclarent souhaiter travailler davantage. pour gagner davantage. Mais là ou Sarkozy a tort, c'est qu'ils ne sont pas en mesure de le faire. »
Quant aux comparaisons historiques (« le plus bas taux de chômage depuis vingt-cinq ans »), elle ne convainc pas Jacques, bloggeur retraité : « Comme si un pourcentage 2008 avait une signification par rapport à un pourcentage 1983. »
Reste que l'annonce de jeudi en réjouit certains, comme Jerome Finck, qui voit dans les chiffres publiés par l'Insee des débuts salutaires : « Ça y est, une partie de l'héritage Mitterand est enfin éliminé… Il reste à Nicolas Sarkozy et au gouvernement 4 ans pour continuer cet effort et atteindre les 5% annoncés durant la campagne, courage ! “. A chacun sa lecture de l'arithmétique du chômage.
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De Yifu66
12H25 | 07/06/2008 |
La notion même de chiffres du chômage n'a plus aucun sens.
Il faudrait compter tous les non-actifs entre 18 et 60 ans (sans les cas spéciaux arrêts maladie longue durée, retraites anticipées, etc…) en incluant les rmistes, les « sans-droits » non inscrits à l'ANPE, etc…
Nul doute que le résultat serait plus honnête. Plus inquiétant aussi.
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 14H22 | 07/06/2008 |
Taux de chômage : des chiffres tellement manipulés qu'ils sont dépourvus de toute signification
http://bgabrielli.over-blog.com/article-17399961.html
il serait vraiment temps, oui, de faire une enquête journalistique sérieuse sur ces fameux chiffres du chômage
comment est-il possible mathématiquement que des entreprises annoncent des plans sociaux tous les jours et que le chômage baisse ?
pour moi, à qui ont a fait oralement pression - mais de manière très récurrente - à l'ANPE pour que je me désinscrive « étant donné que j'avais un profil trop difficile » (non pas compétences mais âge et situation familiale), c'est vraiment une vaste rigolade…
et il serait très intéressant d'interroger les syndicalistes de l'ANPE sur la manière dont on leur met la pression aussi, pour radier les gens, beaucoup d'entre eux aussi sont à bout de nerf…
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 20H44 | 07/06/2008 |
http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/06/chiffres-du-…
Chiffres du chômage : la réponse d'une radiée de l'ANPE
« Pas besoin d'aller chercher bien loin pour se faire une idée de la mauvaise foi qui se cache derrière ces chiffres du chômage, il suffit de jeter un œil à ces lettres de conseillers de l'ANPE dont on attend plus rien ». Radiée par l'ANPE après avoir accepté un CDD de quatre mois, Valérie témoigne des pratiques de l'administration qui expliquent aussi la baisse de 8,4 % à 7,2 % du taux de chômage.
Valérie.« Je voudrais apporter un éclairage sur ces chiffres dont se gargarise le gouvernement sans scrupule. Car j'ai en effet reçu récemment une lettre de l'ANPE avec la mention “Cessation de votre inscription” qui m'a vraiment choquée. Depuis près de 3 ans, je collectionne les contrats précaires (vacations pour le service public, pour les associations…). Pas moyen de décrocher un CDI ou de pérenniser les postes dans ces secteurs exsangues de la culture, y compris au plus haut niveau des administrations et malgré une qualification de niveau Bac + 5 et une expérience dans ce domaine depuis plusieurs années. Je suis donc inscrite à l'ANPE car j'enchaîne des contrats de 2 mois, 4 mois ou 6 mois tout au plus, jamais chez le même employeur et suis donc constamment en recherche d'emploi.
Il va sans dire que lorsqu'on est flexible, que l'on bouge ainsi dans toute la France, on ne bénéficie d'aucune aide à la mobilité : les aides aux déménagements des Assedic et de l'ANPE ne sont pas allouées pour les contrats trop courts. Je n'ai jamais réussi non plus à bénéficier de défraiements de l'ANPE pour me rendre à un entretien d'embauche. Je ne peux pas avoir de logement fixe car j'en change tous les 3 ou 6 mois sans pouvoir déduire aucun de ces frais au niveau des impôts. De plus les salaires sont si bas dans ce secteur qu'il n'est pas envisageable d'avoir un logement fixe en plus des locations que m'imposent cette mobilité. Vous vous doutez bien aussi qu'en changeant ainsi d'employeur et de convention deux fois par an on ne bénéficie d'aucune ancienneté.
Cette posture de flexibilité prônée par tous les énarques n'est soutenue par aucune mesure économique ou facilité administrative. L'irresponsabilité des services publics à l'égard de cette évolution de la précarisation de l'emploi se double aujourd'hui d'une mauvaise foi. Jusqu'à ce jour, je pouvais continuer à être inscrite à l'ANPE durant ces courts contrats en actualisant ma situation régulièrement. Ce qui me permettait de ne pas être soumise à des délais de carence entre chaque contrat et retards de versement d'allocations ; et cette situation administrative était à l'image de ma situation : précarité, incertitude, et recherche permanente d'une issue plus stable. Mais voici que dernièrement après avoir signé un nouveau contrat de 4 mois, j'ai reçu la lettre suivante de l'ANPE : “vous êtes en CDD pour 4 mois, vous n'êtes alors plus en recherche active d'emploi et n'êtes plus disponible immédiatement, nous procédons donc à la cessation de votre inscription”.
Alors je voudrais demander : elle appartient à ceux qui se lèvent à quelle heure la France qui estime qu'avec un CDD de 4 mois en poche, on se dispense de chercher du travail ? Et elles ont quelle allure les notes de service internes qui poussent les conseillers à l'emploi à appliquer cette politique de lobbying du gouvernement au détriment d'un meilleur accompagnement des demandeurs d'emploi ? Tout ce qui intéresse les conseillers à l'emploi qui me reçoivent est de pouvoir noter que je suis à même d'accepter un salaire de CAE (Contrat d'accompagnement dans l'emploi, un salaire équivalent du smic, ndlr) quand, désespérée, je serai presque prête à y consentir. Je pense que si j'étais journaliste, j'irai demander à consulter ces notes de service et prendre le pouls du moral de ces agents et équipes de l'ANPE et de l'Assedic, poussés à de telles aberrations. Pas besoin d'aller chercher bien loin pour se faire une idée de la mauvaise foi qui se cache derrière ces chiffres, il suffit de jeter un œil à ces lettres de conseillers dont on attend plus rien.
Une radiée de l'ANPE, de partout et de nulle part (car flexible). »
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 05H17 | 08/06/2008 |
@ Yifu66. Le chiffres du chômage sont un travail de fiction. Consolation, les mêmes subterfuges sont utilisés dans les autre pays, de sorte que les comparaisons gardent un certain sens. Un peu partout, dans les pays développés, on tend vers le quart de travailleurs qui en fait ne travaillent pas.. C'est le plus grave de nos problèmes, mais on le contourne et on travaille sur les modalités de l'assistanat.
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/H17.html