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Crocs : comment un sabot si laid peut-il avoir un tel succès ?
Par Guillemette Faure | Eco89 | 12/06/2008 | 11H29
La chaussure en plastique à trous séduit jusqu'aux stars hollywoodiennes. La mocheté, nouvel argument marketing ?

Certains penseront à l'entrée en bourse de l'entreprise en 2006, ou au presque milliard de dollars de chiffre d'affaires. On accrochera plutôt l'ultime reconnaissance du succès de Crocs à cette image de l'été dernier : le président des Etats-Unis en Crocs, des chaussettes imprimées du petit gribouillis logo de la Maison Blanche en léger accordéon sortant de ses sabots.
Les chaussettes dans les Crocs, c'est un contre-sens complet, a noté le Washington Post. Les petits trous ronds dans la chaussure et le plastique employé ont été étudiés pour que la chaussure, initialement conçue pour faire du bateau, puisse être portée pieds nus, l'eau et l'air circulant par les trous. C'était en tout cas l'idée de départ de cette chaussure inventée par l'entreprise canadienne Foam Creations et reprise par trois Américains (Lyndon Hanson, Scott Seamans et George Boedecker).
Aux Etats-Unis, à l'époque où les héroïnes de « Sex and the City » se tordent les pieds dans leurs Manolo Blahnik, le gros sabot en plastique troué lancé en 2002 explose pendant l'été 2006. Crocs en produit aujourd'hui cinq millions de paires par mois et a réalisé un chiffre d'affaires de 847 millions de dollars l'an dernier.
Faute de goût, la laideur crée le buzz
Tout ça pour une chaussure moche. » J'en vois tous les jours, des gens qui me disent que c'est moche », concède Jean-Jacques Cherry, PDG de Crocs France, « je ne vais pas leur dire le contraire » :
« J'attends qu'ils mettent le pied dedans. C'est léger, confortable. Peu importe que ce soit beau ou pas, c'est facile à mettre. Vous ne transpirez pas. Il n'y a pas de problèmes de champignons. C'est pour les gens qui travaillent et ont mal aux pieds toute la journée. »
Fallait-il que les modèles aient l'air de chaussures de clown pour avoir un tel succès ? Peut-être était-il nécéssaire que la Crocs soit laide. Car pour être aussi vilain, c'est forcément confortable, se dit-on, un peu comme un médicament dégoûtant serait forcément efficace.
» Souvent les clients se dirigent d'abord vers les noires. Et puis ils se disent que ça ne la rendra pas plus jolie, autant y aller carrément » , explique le vendeur de la seule boutique Crocs à Paris, où le fushia est la couleur la plus vendue (la paire de sabots coûte 45 euros).
C'est aussi l'insolence de la laideur des Crocs qui en a fait un sujet de débat. Le sabot a ses groupies (comme CrocFans.com qui a dû changer son adresse en, littéralement, » petites chaussures en caoutchouc » parce que la marque menaçait de poursuite en justice… Quelle ingratitude note le fan dépité sur son site), ses détracteurs, dont Ihatecrocs.com dédié à l'élimination des Crocs, où vous pourrez acheter des T-shirts anticrocs et regarder des vidéos de destructions rageuses de ces chaussures en plastique.
La marque cultive la controverse esthétique. Crocs s'est, dès 2005, payé des pages de pub dans Rolling Stone et Vanity Fair signées du message « ugly can be beautiful » (le moche peut être beau) : on y voyait un gamin avec un appareil dentaire. La marque s'amuse aussi de la haine qu'elle provoque dans cette pub.
En France, Crocs n'a pas encore le même succès. Sans doute parce que, comme l'avance Jean-Jacques Cherry, elle n'a été lancée qu'en 2006, quatre ans après les Etats-Unis. « Converse et Birckenstock ont eu besoin de cinq à dix ans pour s'établir. »
Autre explication à la faible infiltration du marché hexagonal : la rue française n'y joue pas le même rôle de vecteur publicitaire. Alors que la New-Yorkaise porte ses Crocs pour se rendre au travail avant d'y enfiler ses escarpins, « en France, la Crocs n'est pas descendue dans la rue. Les gens les portent chez eux, en privé. », constate le vendeur du magasin parisien.
Le déclin de Crocs a t-il commencé ?
Après une croissance exceptionnelle (le chiffre d'affaire de 2007 marque une progression de 138% sur 2006), la progression des ventes de Crocs aux Etats-Unis s'est tassée (seulement +11,7% entre le premier trimestre 2007 et 2008 pendant qu'elles augmentaient de 79% à l'étranger), provoquant une chute de l'action à Wall Street (le premier décrochage en octobre 2007 est lié à une annonce de résultats revus à la baisse, le deuxième à l'annonce de la fermeture de l'usine mi-avril et une autre révision des résultats prévus).

Autre caillou dans la chaussure, les histoires d »accidents liés aux Crocs dans les escalators. Le journal médical Injury Prevention a consacré un article à une quarantaine d'accidents liés à des « Crocs ou des chaussures similaires » (mais qu'est-ce qui peut être similaire ? ). Au Japon ou à Jakarta, on a vu des panneaux mettant en garde les porteurs de Crocs. Jean-Jacques Cherry est sceptique :
» Je ne sais pas comment ils ont fait. Si quelqu'un s'amuse dans un escalator à glisser sa chaussure et qu'elle est prise en tenaille… Ça peut arriver avec n'importe quelle chaussure. »
Inquiétudes fondées ou non, le ministère du Commerce japonais a appelé la marque à améliorer sa ligne pour éviter les accidents.
Crocs a déjà tenté de palier ses problèmes de saisonalité en lançant des sabots fourrés pour l'hiver (oublié, donc, l'argument de laisser sortir l'eau par les trous). La marque tente de développer d'autres modèles, pour ne pas être trop dépendant du modèle Cayman (le sabot à trous) qui représente aujourd'hui 80% des ventes.
Est-ce que la Crocs pourrait se démoder ? » La mode c'est passager. On n'est pas dans une logique de mode mais dans une logique de confort » , assure Jean-Jacques Cherry. Mais des Pataugas aux Uggs, l'histoire de la chaussure moche et confortable montre que le laid n'est pas intemporel.
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De Tyb
(par ici, par là) | 12H45 | 12/06/2008 |
De toute façon on a vu de belles ces dernières années, surtout dans le domaine hilarant de la chaussure féminine, et sa sous-division parisienne.
Aaaah qu'en dire ?
Ca a commencé il y a quelques années par ces chaussures « classe » pointues de façon ridicule, le degré de classe de sa porteuse étant apparemment censé être relié à la longueur de la pointure.
Ensuite on a eu le droit à ces bottes en pseudo-cuir, avec le détail qui tue : portées par dessus le jean, rentrant bien dedans magnifique. Ca a ensuite dérivé vers les moonboots ( ? ? ) portées en plein été, puis vers de simples copies des bottes en caoutchouc de notre enfance, bardées de monogrammes branchouilles, le tout étant censément fashion.
Puis est arrivé l'horreur ultime, l'apex de la degénérescence occidentale, le summum de la déchéance : la ballerine.
Non sachez le mesdemoiselles, les ballerines ne rendent pas pour autant vos pieds jolis, surtout lorsqu'elles sont assez décolletées pour bien présenter aux yeux de tous 8 « magnifiques » raies de plombiers qu'on aimerait pas voir même en cauchemar.
Qu'ajoutez à ce tableau moderne ? L'apparition récente de ces coloris aussi esthétiques que distinguées que sont le doré et l'argent ?
Les métissages entre ces différents rejetons qui finissent par aboutir à des hybrides fantasques et branlants tels que la sandale romaine à talon aiguille, bouts pointus de 10 cm, le tout doré ou violet fluo brillant ?
à Tyb
De deecurl
| 14H30 | 12/06/2008 |
bon alors, qu'est-ce qu'on a le droit de porter ? : )
à deecurl
De Tyb
(par ici, par là) | 15H12 | 12/06/2008 |
RIEN ! !
; )
à deecurl
De raleuse13
idéaliste ? oui ! j'assume ! | 22H32 | 13/06/2008 |
Vivent les tennis ! ! !
Et les tongs !
Que du confortable !
Pour répondre à un questionnement de l'article : est-ce que ça va venir en France…
Et bien, il suffira que NS ou sa nana en portent… et toutes les nanas « branchées » en mettront !
Hihihi : j'imagine Rachida… en dior et crocs ! ! ! mouarf !
(au fait, nous, ça fait longtemps qu'on a les « méduses », pour aller dans l'eau ou faire du bateau.. transparentes ou flashys, sans chaussettes, ça ne glisse pas, bien sur, puisque il y a une lanière derrière, les enfants peuvent les porter, et par chance : ce n'est pas ruineux ! ! ! )
De Emmanuel1
12H44 | 12/06/2008 |
Bonjour, je vis a Londres, et ici ces trucs tres laids sont tres repandus, ce qui me laisse perplexe.
Mais d'un autre cote, les francais, avec leur fameux « bon gout », sont tres conservateurs et tres conventionnels, et c'est assez tristounet.
De déluge
menuisier | 12H52 | 12/06/2008 |
J'ai pas lu combien exactement coutent ces choses (c'est surement hors de prix). On est libre de dépenser ses sous comme on veut, mais pour moi, c'est :
http://www.dailymotion.com/video/x2h22k_les-nuls-en-espadrille_ads
à déluge
De Guillemette Faure
(auteur)
Eco89 | 12H56 | 12/06/2008 |
Déluge,
La paire de sabots coûte 45 euros en France.
Je le rajoute à l'article, merci.
à Guillemette Faure
De léo solo
13H04 | 12/06/2008 |
Et les bas laids,
quel est leur coût ?
à Guillemette Faure
De catzitata
13H20 | 12/06/2008 |
3 paires de crocs 3 paires d'imitation à 10euro franchement je ne vois pas de différence
à catzitata
De Lemmy_Nothor
Quand je pense à Fernandeuuuhhhhhh,... | 13H34 | 12/06/2008 |
Elles se ressemblent ,en effet, mais les vrais sont anti-fungiques…..pas les imitations. Le prix est du au type de caoutchouc employé et au traitement qu'il subit.
à Guillemette Faure
De solstice
pigiste | 17H17 | 19/06/2008 |
45 euros les « crabes » de mon enfance…
C'est beau le marketing !
à déluge
De brogilo
in angulo | 19H01 | 12/06/2008 |
Merci Déluge,
Je croyais bien connaître les Nuls, mais celle-ci m'avait échappé…
De CA Not Dead
Glandouilleur Pro | 12H57 | 12/06/2008 |
Ca doit pas être pratique pour pogoter et vadrouiller dans les champs ces « choses ».
De Hervé de Strasbourg
13H01 | 12/06/2008 |
Ca prouve surtout que l'esprit grégaire est très répandu ! ! ! Et que certains ne savent plus quoi acheter alors pourquoi pas ça en plus ?
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 13H02 | 12/06/2008 |
C'est bientôt l'été, pensez à restez élégante en toute circonstance.
à Charles Mouloud
De Chris79
auteur[e] en devenir | 18H12 | 12/06/2008 |
La claaaaasse ! ! ! J'veux les mêmes pour Noël !
à Charles Mouloud
De Alexad
00H35 | 13/06/2008 |
Quel chic ! ! Mais, on ne peut s'offrir ce modèle que le jour où l'on a gagné au loto, pour aller saluer son patron ! ! ..
De catzitata
13H14 | 12/06/2008 |
J'ai acheté ma première paire il y a 2 ans en angleterre. Tout le monde me regardait (en france) avec mes chaussures de clown ! ! ! chaud en hiver, aérer en été, plus de séance chez le kiné, fini les anti-douleurs et anti-inflammatoire, mon dos à rajeuni.
Marcher dans l'eau, dans le sable, escalader des rochers, c'est de la chaussure tout terrain.
Et puis ça donne une touche de couleur et de fun,et enfin on ne ressemble pas autres car ils boudent le style.
à catzitata
De léo solo
15H38 | 12/06/2008 |
J'ai acheté ma première chemise voilà 40 ans dans un marché de province.
Elle m'allait bien.
à catzitata
De uppercut
16H27 | 12/06/2008 |
@catzitata
Chaud(e) en hiver,aérer en été
tu la gâtes ta petite croc miaoh que du bonheur !
Et puis elle est tout terrain : dans l'eau,dans le sable
sous la couette… Juré, moi je ne boude pas le style, je ne suis pas fou ! C'est la première fois que je rencontre un exposé presque parfait sur une chatte ! Ca ce n'est pas de la contre façon.Bravo21/20.By TATA.
De Jaùsep
| 13H24 | 12/06/2008 |
Pour le président US ça m'étonne pas qu'il ait les grôles dans cet état, avec sa politique belliqueuse, c'est pas une balle qu'il s'est tirée dans le pied, c'est une chevrotine !
Et puis çà lui fait peut-être penser avec une certaine hypocrisie aux munitions anti-personnel qu'il dissémine sur toute la planète.
On se demande qui pourra lui faire un jour un vrai croc en jambe.
Est-ce que les crocs se font avec talonnette ? Parce que si la mode s'étend à tous les présidents…
De jmal
13H22 | 12/06/2008 |
Encore un scandale de la mondialisation. Nous sommes envahis par le sabot plastique américano-canadien, alors que le sabot berrichon en bois, et l'espadrille basco-béarnaise cousue main sont menacés d'extinction.
Non à l'invasion yankie ! Non aux dictats des grandes mutinationales apatrides ! Oui au sabot et à l'espadrille bien de chez nous ! Et vive le camembert ! ! !
à jmal
De Jaùsep
| 13H26 | 12/06/2008 |
Avec les inondations actuelles près d'Oloron, ça m'étonne pas que les espadrilles soient menacées d'extinction ! …
De clive
13H25 | 12/06/2008 |
Les crocs, c'est fini
Cette année, faudra des shulong…
De haggis
14H11 | 12/06/2008 |
ici (écosse) en plus, la mode c'est de mettre des espèces de petits pins aux trous. Donc on achète la chaussure et ensuite à la caisse les gens choisissent une demi douzaine de « pins » pour personnaliser leurs chaussures, il y a des fleurs, des animaux, des petits personnages etc …. Ils exploitent le filon à fond, tous les gamins et pas mal de parents en ont, mais souvent c'est des sous-marques car c'est quand même cher pour des chaussures moches.
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 14H23 | 12/06/2008 |
INTRIgante cette force des « marques » dans notre société.
Comme demeure curieux l'engouement pour le « design » des Mac alors que le plus intéressant était et reste l'expérience utilisateur.
Ces marques créent un effet d'identification étonnant.
Pour un iconoclaste qui n'a jamais dépensé autant pour ses pieds,
quarante-cinq euros c'est beaucoup pour un moulage en plastique
même en ces temps de renchérissement du baril ……
à Claude PELLETIER
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 14H31 | 12/06/2008 |
Oh ! ces couleurs me rappellent quelque chose. Ce sont des images vues quand j'étais enfant. C'était l'époque où les publicités s'appelaient des réclames. Je devine une dame, une ménagère exhiber des bassines en « plastique Gilac » !
Je me rappelle avoir été fasciné par des jouets en « matière plastique » très colorée…
Tout cela a un petit goût de madeleine. Je file, j'ai les crocs, c'est l'heure du quatre heures !
De sinclair
14H31 | 12/06/2008 |
Beau moche apres tout, tous les gouts sont dans la nature y compris les mauvais.
Non ce qui m'a foutu a la renverse c'est le prix 45€ pour du plastique massif moulé. Bon c'est vrai qu'avec les tongs on fait aussi bien.
Donc beaucoup de gens sont prêt a débourser 45€ pour être in a la mode comme tout le monde quoi. Le tout est de persuader l'acheteur qu'avec ça il est au top.
C'est le fabricant qui doit être content. Sa marge doit être ouah ! ! en plus fabriqué en chine ou un truc comme ça non ?
à sinclair
De Nadja47
16H28 | 12/06/2008 |
Celles que j'ai aux pieds sont effectivement fabriquées en Chine mais ma première paire ne l'était pas…
Aux USA elles sont moins chères compte tenu du change actuel, je crois les avoir payées 34 $, mais il y a là-bas comme en Europe des imitations… exactement aussi moches que les vraies…
à Nadja47
De Guillemette Faure
(auteur)
Eco89 | 16H38 | 12/06/2008 |
Elles étaient au départ fabriquées au Canada. Elles le sont maintenant en Chine, au Mexique et dans d'autres pays.