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Europe : le non irlandais en travers de la présidence Sarkozy
Par Rue89 | 13/06/2008 | 17H32
Le rejet du traité de Lisbonne ruine-t-il les ambitieux projets français ? Les réponses d'Hubert Védrine et de Notre Europe.

Après les Français et les Néerlandais en 2005, c'est au tour des Irlandais de dire non. Le traité de Lisbonne a été rejeté ce vendredi à 53,4% des voix. En 2001, un premier référendum y avait déjà vu le rejet du traité de Nice. Quelques dérogations et un second vote, favorable, avait permis d'adopter le texte.
Cette fois, 53,1% des électeurs se sont déplacés et les autorités irlandaises ont promis, avant le premier scrutin, qu'il n'y aurait pas de seconde consultation. Mais c'est peut-être pour Nicolas Sarkozy, qui a été l'initiateur du « mini-traité » soumis au vote irlandais, que ce « non » tombe le plus mal.
A partir du 1er juillet, pour six mois, la France présidera en effet l'Union européenne. Concrètement, cela signifie que c'est à Paris d'organiser les réunions du Conseil, de faire avancer les dossiers, de chercher les compromis entre les Etats membres. Chaque pays joue un peu son honneur dans ces présidences : il y a les présidences réussies et les présidences ratées. Celles qui embourbent l'Europe et celles qui la font avancer. Autant dire que le non irlandais ne fait pas l'affaire de Nicolas Sarkozy et du gouvernement Fillon. Il replonge l'Europe dans une crise institutionnelle qui dure déjà depuis des années, et le traité de Lisbonne, qui fixait un nouveau cadre à l'Union, risque de terminer dans l'ornière. Jeudi, François Fillon déclarait sur France 2 :
« Si le peuple irlandais décide de rejeter le traité de Lisbonne, naturellement il n'y a plus de traité de Lisbonne, sauf à reprendre le dialogue avec le peuple irlandais. »
« Ne pas créer une crise là où il n'y a qu'une déception »
De son côté, Hubert Védrine, l'ancien ministres des Affaires étrangères de Lionel Jospin, se dit déçu mais appelle les gouvernements et commentateurs à la modération :
« On ne doit pas transformer cette situation en une crise aiguë par des réactions catastrophistes : un traité ne peut être modifié qu'à l'unanimité des Etats membres. » (Ecoutez le son)
Ce proche de François Mitterrand estime que la présidence française de l'Union ne souffrira pas de la décision irlandaise et que les projets de Nicolas Sarkozy en matière d'énergie, de défense, d'environnement et d'immigration ne sont pas remis en cause. Le fonctionnement des organes de l'Union européenne -les conseils, le Parlement, la Commission- étant régis par le traité de Nice. Il regrette toutefois cette non-ratification du traité de Lisbonne, car il comportait une « série d'améliorations qui permettaient des votes plus faciles, plus rapides » mais considère que le terme « crise » n'est pas adapté :
« Il ne faut pas que les gouvernements par leur réactions désordonnées, paniquées ou trop affectives créent une crise là où il y a une simple déception. Je souhaite qu'ils réagissent par une volonté confirmée d'avancer sur des politiques et des projets communs. » (Ecoutez le son)
Très optimiste, Hubert Védrine croit en l'Europe en dépit de cette « déception » irlandaise :
« On a exagéré le rôle des traités, des institutions et de la pseudo Constitution. Ce n'est pas le traité qui est déterminant. Ce qui compte c'est la volonté. » (Ecoutez le son)
Poursuivre la ratification du traité de Lisbonne
Gaëtane Ricard-Nihoul, secrétaire générale du Think tank Notre Europe, crée par Jacques Delors, estime quant à elle que la présidence française ne s'engage pas dans les meilleures conditions. (Ecoutez le son)
Selon Gaëtane Ricard-Nihoul, les pays de l'Union doivent maintenant dire de manière « très ferme » que, tout en respectant le vote des Irlandais, ils poursuivront la ratification du Traité. En 2005, après les « non » français et néerlandais, plusieurs pays avaient renoncé à faire ratifier le traité constitutionnel par leur Parlement. Une « erreur » à ne pas reproduire, dit-elle. (Ecoutez le son)
La leçon qui doit être tirée, dit-elle, ce n'est pas qu'il faut moins parler d'Europe, c'est l'inverse : il faut « crever tous les abcès ». (Ecoutez le son)
Les 19 et 20 juin prochains, un sommet doit rassembler à Bruxelles (sous présidence slovène) les dirigeants européens, qui devraient réfléchir aux moyens de sortir de cette impasse institutionnelle.
Zineb Dryef et Pascal Riché

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De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H32 | 13/06/2008 |
Dans une très large mesure, je crois que la question n'est plus vraiment de savoir si le TCE ou le Traité de Lisbonne étaient de bons ou de mauvais traités. Bons ou mauvais, ils sont mis à la poubelle, quand bien même on nous les ferait avaler de force.
De même, je crois que la question n'est plus vraiment de savoir si les Irlandais, après les Français et les Néerlandais, ont répondu à la bonne question ou à une ou plusieurs autres. Quand bien même, on aurait répondu à d'autre question, il serait peut-être temps d'entendre ce que ces non répétés disent, y compris dans la fascinante diversité des oppositions suscitées par l'Europe réellement existante.
Finalement, Lisbonne a été conçu parce le TCE ne passait pas, le TCE avait été conçu parce Nice avait été bricolé par des sagouins, et (si je me rappelle bien) Nice bricolé parce que, peu ou prou, nous ne savions plus très bien quelle Europe nous voulions faire.
Que nous (citoyens et responsables politiques européens) ne sachions pas bien ce que nous voulons, c'est bien naturel dans la mesure où nous avons toujours éludé les sujets de friction. La diplomatie, c'est bien, mais il faudrait tout de même qu'elle n'empêche pas de regarder en face quelles sont les projets et lequel choisir. Un seul exemple : voulons-nous une zone de libre-échange ou Europe politique ? Je me demande encore à quoi aurait servi un « ministre » européen des affaires étrangères alors que nous n'avons pas de politique étrangère coordonnée ? A-t-on vraiment cru que la fonction (et la personne qui l'aurait occupée) aurait suffi à donner un contenu à ce qui n'est, pour le moment et dans le meilleur des cas, qu'un voeu pieux ?
Au total, il n'y a pas tant que cela de quoi être fier de nos dirigeants. Les non français et néerlandais auraient pu donner l'occasion de sortir du blocage par le haut, quitte à ce que nous en passions par une crise salutaire. Il faudra bien qu'à un moment ou à un autre nous affrontions les sujets de désaccord. C'est peut-être cette occasion que nous donnent les Irlandais : celle de faire enfin de la politique.
Le plan B est à la benne, vive le plan C.
De mao-tse-toung
grand démocrate réformateur | 20H39 | 13/06/2008 |
Ce non m'inspire deux sentiments .
- le premier c'est que les irlandais ayant bien profité de l'Europe auraient pu être plus confiants et voter oui .
- le deuxième c'est que la démocratie, confisquée dans bien des pays européens dont le nôtre, est la grande gagnante de ce scrutin et prouve à nos dirigeants qu'ils ne feront pas l'Europe pour les Etats-unis et le CAC40, contre les européens .
Alors merci aux Irlandais, et comme le dit le sultan, à quand un référendum pour tous les européens le même jour, avec les mêmes questions et un résultat européen et non pas par pays .
De Le Yéti
yetiblog.org | 22H44 | 13/06/2008 |
QUAND VONT-ILS ARRÊTER DE NOUS EMMERDER…
… avec cette « Europe » dont plus aucune population ne veut ?
Cette « Europe » qui consacre la main-mise d'une oligarchie mafieuse sur les rênes d'un pouvoir utilisé au seul profit de quelques copains coquins.
Cette « commission européenne » qui décide de tout sans le moindre contrôle, pas même celui d'une assemblée européenne potiche dont aucun avis un tant soit peu contraire n'est suivi.
Le camouflet irlandais illustre le tragique fossé qui sépare des élites déconnectées et ceux qu'elles osent encore prétendre représenter.
Que le lamentable couple Foutriquet/Merkel aille au diable ! Merci et vivent les Irlandais !
De Hautpoul
21H59 | 13/06/2008 |
J'ai écouté la radio et je suis effaré par les analyses des journalistes et des « spécialistes ». Il y a milles raisons individuelles pour avoir voté non au référendum de 2005.
Personnellement quand j'ai commencé à lire le premier chapitre de la constitution j'étais pour. Pas à 100% mais pour quand même. Arrivé au 2eme puis aux autres chapitres je n'ai pas du tout compris pourquoi dans une constitution on scellait des règles commerciales (libre échange pas exemple). C'est aux équipes politiques en place au niveau de l'Europe de les choisir et les changer selon les majorités par des lois. Non à une constitution.
Cette année les politiques français, PS inclus, nous ont volé le droit de dire notre avis sur ce faux nouveau traité introuvable sur le web. Je ne peux que remercier les irlandais d'avoir répondus à notre place.
Marc