A debattre

Le manque d'argent a-t-il rendu les syndicats réformistes ?

Par David Servenay | Rue89 | 16/06/2008 | 19H02

« L'Argent noir des syndicats » est un livre qui compte, à double titre. D'abord en énumérant patiemment les dérives du système paritaire : formation professionnelle, fonds du handicap, comités d'entreprise… Rien n'échappe aux grandes confédérations. Mais l'ouvrage ne se contente pas de dénoncer, il propose des solutions. Exercice salutaire en plein débat sur la représentativité syndicale.

Sont-ils acrimonieux ? Simplement déçus ? Ou encore trop naïfs ? Deux des auteurs sont d'anciens syndicalistes -Christophe Mongermont à FO, Jean-Luc Touly à la CGT- le troisième, Roger Lenglet, enquête depuis longtemps sur les pratiques de corruption. Ils sont en conflit ouvert avec leur confédérations, comme tous ceux qui, un jour, ont osé s'opposer aux petits arrangements du paritarisme français. Procès, menaces, pressions sur leurs témoins : les anciens « camarades » deviennent parfois leurs meilleurs ennemis.

Cinq fois moins de cotisants, cinq fois plus de permanents

Le constat est pourtant accablant : sur ces trente dernières années, les syndicats ont vu leurs effectifs divisés par cinq, tandis que leurs permanents se multipliaient dans les mêmes proportions. D'où le recours à des financements occultes, voire franchement illégaux. Le tout sous la protection de la loi Wadeck-Rousseau de 1884 qui organise l'opacité du fonctionnement des partenaires sociaux.(Voir la vidéo)



Le tournant des années 80 et 90

Pour Jean-Luc Touly et ses acolytes, le tournant en matière de financement remonte aux années 80. A cette époque, la CFDT, sous l'impulsion d'Edmond Maire, décide d'amorcer un virage réformiste qui l'éloigne d'une ligne contestatrice. « Un changement qui ne va pas dans l'intérêt des salariés », estime l'auteur, et qui a lieu par nécessité, « par faiblesse » des moyens à disposition. « On accepte des compromissions, des financements occultes… Car je ne peux pas croire que les dirigeants ne soient pas au courant », tranche Jean-Luc Touly. La CGT suit le même chemin à partir du mitan des années 90.

Et de reprendre longuement le témoignage de Jean-Claude Lam, ancien permanent de la CGT chargé de la formation des conseillers prud'hommaux à la tête de l'institut Prudis. Aujourd'hui retraité, il explique que la moitié au moins des fonds consacrés à cette formation partait directement dans les caisses de la confédération. Mais ce n'est pas tout : l'ensemble des mécanismes gérés paritairement font eux aussi l'objet de détournements massifs et réguliers. Formation, médecine du travail, Agefiph ou 1% logement : aucun n'est épargné.(Voir la vidéo)



Au hit-parade des détournements, la formation professionnelle arriverait en tête, devant la publicité dans les magazines syndicaux et les arrangements des comités d'entreprise. Un long chapitre du livre revient d'ailleurs sur l'histoire mouvementée du comité central d'entreprise de la SNCF. Le plus riche de France : 400 millions d'euros de budget annuel. Un fabuleux fromage, entièrement géré par la CGT.

Leurs solutions : cotisations obligatoires et comptes certifiés

En fin de parcours, les trois auteurs s'interrogent sur les solutions pour sortir de cette crise financière qui dure. A l'encontre des idées reçues, ils prônent une forme de cotisation obligatoire reposant sur la triple participation des entreprises, de l'Etat et des salariés. « Parce que les syndicats sont aussi une forme de service public », analyse Jean-Luc Touly, tout en relevant le danger d'avoir un financement entièrement public qui viderait de sa substance la revendication syndicale.

Autre chapitre : la modification de la loi Waldeck-Rousseau pour moraliser les règles comptables des partenaires sociaux. A l'heure du scandale de l'UIMM, le parallèle est d'ailleurs évident avec la situation des partis politiques à la fin des années 80. Confrontés aux affaires, le RPR comme le PS furent alors obligés d'adopter une législation stricte en matière de financement. L'idée serait donc d'avoir des comptes certifiés et consolidés dans les confédérations, de façon à pouvoir analyser précisément « les versements de chacun » (unions locale, départementale et nationale).(Voir la vidéo)



Enfin, Jean-Luc Touly est très critique sur le pas de deux esquissé par les deux grandes centrales syndicales (CGT et CFDT) avec le président de la République. Nicolas Sarkozy, estime-t-il, a négocié une sorte de paix armée avec les leaders syndicaux : modération sur les 35 heures en échange de la passivité gouvernementale sur la question de la représentativité. Avec ça, les « camarades » vont lui en vouloir.

L'Argent noir des syndicats de Roger Lenglet, Jean-Luc Touly et Christophe Mongermont - éd. Fayard - 297p., 19€.

A lire aussi sur Rue89 : Comment sont financés les syndicats français

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Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

19H54 | 18/06/2008 | Permalien

Dire que les syndicats sont d'utilité publique et dans le même temps admettre qu'ils ne représentent que 8% des salariés, parce que ceux-ci s'en sont détournés, il n'y a pas une légère contradiction ?

Les salariés ont besoin d'être représentés, tout comme le citoyen a besoin d'élire ses représentants. Mais sans doute ont-ils compris qu'à terme les enjeux de départ sont dévoyés. Même en faisant monter les syndicats moins représentatifs de façon à éliminer les 2 potentats que sont la CFDT et la CGT, rien n'assure les salariés qu'à leur tour ils ne se laisseront pas dévorer par le système de lubrification voulu par la paix sociale.

Sarkozy ne s'appuie pas sur le dévouement des centrales syndicales, il était assuré de leur coopération avant de prendre sa charge. Les salariés sont son meilleur soutien car il y a 15 ans qu'ils ne luttent plus pour la défense de leurs acquis sociaux. Je parle des salariés du privé, ce sont les plus nombreux et ce sont eux qui revendiquent le moins.

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 21H29 | 18/06/2008 | Permalien

CALCIFICATION

La préoccupation du financement des syndicats est sans doute en partie une explication à leur orientation de plus en plus réformiste, voire, comme la CFDT dès son époque Notat, ouvertement « moderniste ».

L'argent comme nerf de la guerre, mais pas seulement.

Toute structure tend à se figer avec le temps, à se calcifier. Du généreux pari de départ (la création d'une structure au service d'un objectif et d'une action) on en arrive au bout du compte à la démarche inverse : les actions (molles) ne servent plus qu'à justifier et pérenniser une structure sclérosée. En oubliant peu ou prou l'objectif initial. La défense mordicus de la structure est devenue l'objectif prioritaire.

Ce douloureux phénomène de vieillissement ne concerne d'ailleurs pas que les structures syndicales. Il suffit pour s'en convaincre d'examiner le parcours des vieilles forces politiques claudicantes comme le PS ou le PC.

Il est remarquable de voir à quel point nos archaïques structures sont peu à peu atteintes du syndrome dit de Stockholm : cette irrépressible pulsion qui poussent les otages à comprendre, sinon à adopter, la position de leurs kidnappeurs. Parce qu'au bout du compte, leur existence dépend intimement de la survie de ceux qu'elles prétendent combattre.

Pire, pour assurer la prédominance du coq dans la geôle, nos « otages » en viennent à se châtaigner entre eux : à ces benêts de la CGT et de la CFDT qui sont tombés dans le panneau en signant imprudemment le texte gouvernemental sur le temps de travail, s'oppose l'irresponsabilité crasse des autres centrales syndicales (FO, CFTC, UNSA) qui ont allègrement torpillé la journée de protestation du 17 juin.

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 00H05 | 19/06/2008 | Permalien

Syndicats réformistes ou modernistes, une manière détournée pour dire que les syndicats ne s'opposent plus aux changements qui conduisent à une société libérale où seuls les requins auront leur place.
Les syndicats ont glissé vers un accompagnement des réformes en les rendant moins brutales donc plus acceptables.

Aux termes de réformiste et moderniste il convient d'ajouter le terme de collaborationniste si l'on veut parfaitement les définir.
Et celà contre leur gré, le glissement s'étant fait sous la pression du patronat et des hommes politiques libéraux.

Portrait de survivant

De survivant

21H00 | 18/06/2008 | Permalien

Le grain de sable qui vient enrayer toute la machination, reste à savoir si la stratégie de sarkozy ne lui reviendra pas comme un boomerang en pleine face.

Les leaders syndicaux au risque de se faire désavoués pourraient ne plus gérer des salariés se sentant de plus en plus abusés.

Avec d'un côté un état réactionnaire et ses réformes impopulaires passées pour la plupart en force en demandant aux citoyens déjà oppressés par la crise de payer cette mauvaise gestion étatique. Et de l'autre côté une représentativité syndicale absente et collaboratrice pour cause : deux leaders syndicaux CGT et CFDT représentant à la CES sont ou plutôt étaient pour le traité de Lisbonne( on ne fait pas de l'ombre à ses pairs).

Une chance qu'il reste les alter mondialistes pour relever le flambeau populaire.

Portrait de C-pourdemain

De C-pourdemain

an 40 de la nouvelle ère | 21H39 | 18/06/2008 | Permalien

Dire que la ligne choisie par la CFDT à la fin des années 70 l'a été « par nécessité, par faiblesse des moyens à disposition » est ridicule. C'est méconnaitre totalement la réalité des débats qui foisonnaient à l'époque à tous les niveaux de cette organisation jusqu'aux syndicats de base. De plus à l'époque ses finances n'étaient pas en crise.
La thèse du « complot stratégique » liant les moyens financiers et les choix revendicatifs des syndicats est sûrement confortable pour les penseurs en pantoufle. Cela ne résiste pas à l'examen du moins si on admet que les syndicats qui veulent obtenir des résultats concrets pour les salariés doivent faire preuve de pragmatisme, d'analyse du rapport des forces et ne pas se contenter d'envolées lyriques sur un monde rêvé.

Portrait de Le Yéti

à C-pourdemain Portrait de C-pourdemain De Le Yéti

yetiblog.org | 22H12 | 18/06/2008 | Permalien

Ah, ces invocations du « pragmatisme », du « réalisme », tristes laxatifs purgeant d'avance toutes velléités de révolte !

Étaient-ils « pragmatiques » et « réalistes » nos ouvriers frondeurs de 1936 qui forcèrent un pouvoir finalement assez tiède (celui de Léon Blum) à révolutionner le droit social ? Étaient-ils « pragmatiques » et « réalistes », nos étudiants et nos salariés braillards de 1968 qui demandèrent la lune et, mine rien, en obtinrent quelques quartiers ? Étaient-ils « pragmatiques » et « réalistes », les Germaine Tillion, les Jean Moulin, les Lucie Aubrac, les René Char qui firent la nique à la machinerie nazie et au « pragmatisme réaliste » du Maréchal Pétain ?

Ah non vraiment, chacun fait comme il veut, mais personnellement j'emmerde copieusement le « pragmatisme » et le « réalisme ».

Le Yéti (syndiqué et élu du personnel depuis 1987 dans la grande entreprise qui l'emploie)

Portrait de christophe2

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De christophe2

00H48 | 19/06/2008 | Permalien

Pas étonnant que le syndicalisme 2008 soit complètement hors-jeu. Une bande d'excités jusqu'au boutistes qui fait le jeu du patronat. Vous vous faites plaisir, tous seuls dans votre coin ; sans aucune perspective. Vous ne représentez pas du tout les salariés.

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 10H42 | 19/06/2008 | Permalien

Pendant très longtemps, j'ai fait partie de ces syndicalistes « pragmatiques » et « réalistes ». J'ai discuté, argumenté, bataillé en respectant scrupuleusement les règles du jeu.

Aujourd'hui, dans ma grande entreprise (florissante) appartenant à un grand groupe du CAC 40, le barème des salaires a été supprimé, les nouveaux venus sont engagés, à charge égale, avec des appointements inférieurs de 15 % à ce qu'étaient les nôtres. Les CDD ont pris le pas sur les CDI. Dans les locaux de ma grande entreprise, un bon quart des personnes présentes sont désormais des « stagiaires » qui ont des bureaux, des boites e-mails et effectuent quasi gratuitement des tâches incombant auparavant à des salariés au statut de cadres.

Dans le grand groupe auquel appartient ma grande entreprise, les dirigeants s'augmentent joyeusement de quelques 40% par an, frôlent parfois le délit d'initiés, et partent avec des indemnités obscènes.

« Vous ne représentez pas du tout les salariés. »

Être « élu du personnel », cher monsieur Christophe2, ça veut dire élu PAR le personnel selon des règles bien définies, donc le représenter, que ça vous plaise ou non.

Portrait de Thierry Catrou

De Thierry Catrou

22H15 | 18/06/2008 | Permalien

Le livre est-il salutaire, selon l'expression consacrée, on ose l'espérer mais est-il seulement et heureusement un moyen de purger un certains nombres de dérive ? Il est possible d'émettre quelques réserves. les syndicats dans leur ensemble et malgré leurs conceptions parfois antithétiques sont pour la plupart honnête et honnêtement responsables. Certes on peut constater quelques strabismes et autre déficiences malencontreuses mais c'est davantage accidentel qu'intrinsèque à leur mode de fonctionnement. Les syndicats sont des institutions confrontées à la logique du système, à un « marché » devant lequel ils doivent rendre des comptes en permanence.

Aujourd'hui en difficulté, ils ne savent comment retrouver les adhérents qui ne sont plus nulle part. L'acte d'accusation oublie un peu vite que le procès serait bien plus terrible si il concernait d'autres structures et quelques fussent (patronat, État…). On doit attendre de nos syndicats qu'ils soient sans reproche mais à bien y regarder ceux que l'on trouve dans le livre sont des péchés véniels auxquels on attache trop d'importance.

A tout prendre on pourrait s'interroger sur le sens de ce règlement de compte. Que vise-t-il ? Servir les intérêts d'une droite agressive qui ne peut que se trouver ravie de l'aubaine , Affaiblir des syndicats déjà si peu représentatif alors même qu'il n'y a aujourd'hui aucune alternative, la gauche étant à l'agonie ?

« Le monde rêvé » est plutôt celui de nos prosateurs que celui auquel se confronte tous les jours ses hommes de « bonne volonté » qui constitue pour la plupart les âmes des syndicats.

Portrait de tooms4444

De tooms4444

p'tit con | 07H43 | 19/06/2008 | Permalien

Bonjour,

Je suis désolé mais force est de constater que, de tous bords, la gauche est molle aujourd'hui… On a le droit de s'intérroger sur les (dé)motivations de ses représentants.
La faute à la déprime ? Les gens se disent certainement (à tort) que puisque le PS s'est octroyé le monopole des revendications « réalistes » depuis plus de 20 ans au titre d'élus, il n'est plus utile de lutter. Mais il est clair qu'une prise de conscience ne suffira pas à rétablir la confiance dans les syndicats. Il faut plus que cela et une remise en question en est un préalable obligé.

Portrait de N.MARECHAL

De N.MARECHAL

22H23 | 18/06/2008 | Permalien

Le financement des syndicats n'a pas plus d'importance que le financement des partis politiques (Ni plus, ni moins)

Le fait est que quand on veut attaquer l'image d'une organisation, l'argument du financement fait mouche à chaque fois. C'est souvent l'instrument préféré des manipulateurs.

Ceci dit, au jour le jour, les membres des CE et CHSCT dénoncent des situations inquiétantes et négocient efficacement des accords pour protéger les salariés.

Pouvez-vous imaginer notre société sans syndicat ?
Ca tombe bien l'Europe des 27 s'autorise un 60 et 65 heures hebdomadaire.

Heureusement, ils n'ont pas encore défini le minimum de la rémunération !

Portrait de Seccotine

à N.MARECHAL Portrait de N.MARECHAL De Seccotine

09H18 | 19/06/2008 | Permalien

Je pense quant à moi, qu'il y a deux mondes différents, qui en principe devraient être complémentaires et là où le bât blesse, c'est que ça n'est pas le cas : il y a les militants de base, élus par les salariés qui déploient toute leur énergie possible au sein de l'entreprise et puis il y a les structures « hiérarchiques », en général des permanents qui ne connaissent la réalité du terrain que par ouie dire. Le 17 juin concrétise quelque peu les limites de ces structures sclérosantes car les Orgas appelant à cette manif n'ont pas fait non plus le plein de leurs manifestants et attribuer la faute « aux non appelants » permet de ne pas balayer devant sa porte. Quand vous lisez que Sarkosy lui-même prétend qu'il se comprend et peut s'entendre avec le Secrétaire Général de la CGT, que peuvent penser les salariés qui vont s'investir dans une grève qui leur coûtera encore des sous ? Faire « ami - ami » avec le Gouvernement est un jeu dangereux qui est forcément mal compris par la base. Et, si je ne m'abuse, c'est pas le Gouvernement qui vient dans les centrales syndicales, c'est les dirigeants de ces centrales qui se rendent à l'Elysée ou à Matignon.

Portrait de C-pourdemain

De C-pourdemain

an 40 de la nouvelle ère | 22H27 | 18/06/2008 | Permalien

Se référer aux situations de guerre (Jean Moulin, Lucie Aubrac etc) pour traiter de la situation des salariés d'aujourd'hui est navrant. Cette référence guerrière est d'ailleurs bien utilisée par certains patrons qui aiment à se déclarer « en situation de guerre économique » : excellent moyen d'occulter les problèmes difficiles.
Par contre j'aime bien le réalisme et le pragmatisme du Conseil National de la Résistance, qui analysant sérieusement les besoins de la société française s'apprêtant à sortir de la guerre, a inventé notamment la Sécurité Sociale que les syndicats défendent avec vigueur.

Portrait de coraliedd

De coraliedd

retraitée ET très intéressée | 22H30 | 18/06/2008 | Permalien

Très bon sujet et d'une actualité brûlante….
L'argent a corrompu les ambitions de beaucoup de syndicats : en les faisant vivre douillettement avec des subventions patronales et/ou gouvernementales diverses et variées ils se sont peu à peu éloignés de l'action, du « combat » et de la défense des acquis qu'ils avaient eux-même contribué à obtenir.
Les délégués ne s'occupant que de tâches syndicales sont peu à peu devenus de vrai gestionnaires s'occupant du fonctionnement (grâce aux subventions) et ont perdu de vue la vraie vie des gens sur le terrain. Le patronat a tout fait pour que, coupés de leur base, ils deviennent très « pragmatiques » comme dit plus haut et complaisants aux difficultés patronales.
Cette tactique a largement porté ses fruits et nous en mesurons les conséquences, dramatiques, pour les ouvriers et salariés.

Portrait de maxi

De maxi

ouvrier | 22H30 | 18/06/2008 | Permalien

c'est vrais que a force de se diviser ils ne comptent plus beaucoup de monde. et pour motiver les gens de se battre malgré une situation de plus en plus catastrophique ils manquent d'audace, de fantaisie et surtout de but. mais il sont cofinancé parl » uimm ?
comme il disait erich muhsam : qui se nourrit du pouvoir en meurt

Portrait de ebolavir

De ebolavir

Tianjin | 06H06 | 19/06/2008 | Permalien

J'ai ete syndique, toute ma vie professionnelle, et j'ai toujours pousse les collegues a adherer a un syndicat, peu importe lequel, pour ne pas se retrouver un jour seul un par un devant l'employeur. Mais la plupart raisonnaient en consommateurs, comme s'il s'agissait d'adherer a une mutuelle (le montant de la cotisation est comparable). Premier argument : ca ne rapporte rien. Ceux qui ont de l'ambition pensent qu'etre syndique leur nuirait, et ceux qui veulent rester a l'abri pensent que ca pourrait etre dangereux (j'ai fait ma carriere dans le prive). Quant au raisonnement de la solidarite des salaries, il est radicalement minoritaire, helas. Je n'y suis pas, mais en voyant la liste des organisations ou les syndicats sont prosperes (entreprises publiques, enseignement, quelques monopoles comme l'imprimerie de presse) j'ai l'impression que leurs salaries raisonnent comme ceux du prive.

Sauf si on croit que l'organisation des salaries est chose facultative, il faut en sortir volontairement. Si j'en avais le pouvoir, j'instituerais l'adhesion obligatoire, avec prelevement de la cotisation sur le bulletin de paie. Le salarie designe a quel syndicat il adhere, ou declare qu'il ne veut pas etre syndique (et alors son argent va a un fonds de financement du comite d'entreprise ou quelque chose comme ca). Les syndicats ayant des ressources certaines et explicables, les permanents pourraient vraiment travailler, les militants etre defrayes de facon saine. Les entreprises, debarrassees des chicanes infinies du cout de la representation du personnel, n'auraient plus a gerer que les absences des elus, en etant remboursees des heures qu'ils passent a autre chose que le travail.

Quel politicien de gauche aurait l'audace de defendre l'adhesion et la cotisation obligatoire, expliquer qu'etre represente et defendu ne peut pas etre gratuit ou paye par les autres ? Pour l'instant, je n'entends personne. Je parie que, si ca vient un jour, ca viendra de droite.

Portrait de Houvaton nouveau compte

De Houvaton nouveau compte

07H45 | 19/06/2008 | Permalien

Il est très rare que je mette un top aux articles de r89. C'est fait pour celui-ci.

L'auteur parle de la SNCF. Il en va autant de son producteur monopolistique, désormais oligopolistique, d'énergie (nucléaire) : EDF.

Vous remarquerez d'ailleurs qu'en plus des journalistes, du monde de l'édition et des parlementaires, SNCF et EDF forment le gros du bataillon des régimes spéciaux.

Le trésor du Comité d'Entreprise d'EDF est prelevé sur la base d'1% de son Chiffre d'Affaire et non, comme pour les autres CE, sur la base de 0,25% (je crois) de la masse salariale brute. On parle du trésor des Templiers sous Louis le neuvième, Etat dans l'Etat, ici c'est pire car cette disposition en plus d'être une hérésie sur le plan macroéconomique s'apparente à une énorme escroquerie d'envergure nationale qui dure depuis plus d'un 1/2 siècle. Je ne me limiterai qu'à ce chapitre car les griefs contre EDF SNCF sont légions.

Pour expliquer toutes ces aberrations, il faudrait remonter à la création d'EDF par l'entremise du Commissariat à l'Energie atomique : un accord entre De Gaulle qui voulait sa bombe et entrer dans le Conseil de Sécurité des Nations Unies (c'est fait) et le Parti Communiste à l'époque, l'URSS de Staline et la Bombe faisant partis du CSNU (avec les USA, le Royaume-Uni et la Chine).

C'est sur le site de Marcoule, dès les années 1950, que furent construits les réacteurs nucléaires à usage militaire pour les recherches menées sur la fabrication de la bombe atomique de la Force de dissuasion nucléaire française. C'est aussi sur le site de Marcoule que le CEA a mis au point la filière graphite-gaz, qui initialisa la liste des réacteurs nucléaires en France. Il y en a aujourd'hui 58 : ce sont nos centrales nucléaires qui s'approvisionnent principalement - pour l'uranium indispensable à leur fonctionnement - au Niger via Areva, ex-Cogema.

En résumé, ces fameux syndicats sont depuis leur création en totale accointance avec chaque gouvernement, qu'il soit de droite ou … monarchique (ère mitterandienne). D'où leur facilité pour s'emparer d'un mouvement de contestation généralement pas initié par eux (mai 68, lutte anti-CPE qui ne se limitait pas au seul CPE, etc) mais, au bout du compte, repris par eux, encadré par eux et stoppé par eux, en freinant devant comme des malades jamais inquiétés par les forces de « l'ordre ». Avec des miettes en guise d'accord suite à « d'âpres » négociations …

Portrait de Houvaton nouveau compte

à Houvaton nouveau compte Portrait de Houvaton nouveau compte De Houvaton nouveau compte

08H06 | 19/06/2008 | Permalien

A l'attention de l'auteur :
La sélection des commentaires est pénible. Il faut sans arret repasser par elle, attendre quelques longues secondes, avant de pouvoir revenir sur la première page. La page de sélection, que je ne lis jamais, est-ce vraiment nécessaire ?

Portrait de David Servenay

à Houvaton nouveau compte Portrait de Houvaton nouveau compte De David Servenay (auteur)

Rue89 | 08H37 | 19/06/2008 | Permalien

Rien n'est, stricto sensu, nécessaire, cher Houvaton.

La sélection instaurée en décembre 2007 semble plutôt satisfaire les riverains de Rue89. Elle permet notamment, lorsque vos réactions sont très nombreuses, d'offrir un panel que nous souhaitons représentatif des débats en cours.

C'est vrai qu'il reste des éléments à améliorer dans l'ergonomie, nous y travaillons. Mais en bas de page, lorsque les commentaires sont nombreux, vous pouvez cliquer sur les numéros (de page) et les consulter ainsi sans repasser par la sélection.

Portrait de Houvaton nouveau compte

à David Servenay Portrait de David Servenay De Houvaton nouveau compte

09H35 | 19/06/2008 | Permalien

Représentatif ? M'en passerais, personnellement.
Les riverains en sont satisfaits ? Quels riverains ?

Lorsque les commentaires sont nombreux, effectivement on peut aller direct de la page 2 à la dernière, mais toujours pas pour la 1ère qui necessite l'arrêt obligatoire de la sempiternelle page Sélection. Idem, après avoir publier un commentaire, on repasse par la Sélection.

Je remarque que les naze comme à pleuvoir sur mon long commentaire. Des agents EDF ou de la RATP ?
Au fait, un article sur l'histoire du nucléaire français ne serait pas de trop. Juste pour remettre certaines pendules à l'heure et pour divulguer dans quels buts non avoués a été créée l'ONU, émanation directe du Conseil de Sécurité des Nations Unies, ONU à travers l'AIEA qui fasifie en révisant à la baisse, euphémisme, le nombre de morts et de malformations en Ukraine et au delà de la fontière Nord de Tchernobyll. Aujourd'hui encore, 22 ans après. Et où en est la construction et le coût du 2ème sarcophage prévu pour 2008 ?

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 07H36 | 19/06/2008 | Permalien

« Les syndicats ont vu leurs effectifs divisés par cinq, tandis que les permanents se multipliaient dans les mêmes proportions ». Certes, l'argent étant le nerf de la guerre, celui touché par les syndicats reste un problème important, mais le majeur n'est-il pas de savoir si l'on pratique un syndicalisme d'appareil ou de terrain… ?

Les ouvriers, même s'ils ont obtenu des avancées, avaient bien compris, en souhaitant poursuivre la grève, que le patronat avait « acheté » la paix sociale en concédant des avantages aux syndicats en 1968…En 2006, la Poste a sorti un texte pour encadrer le droit syndical dans son entreprise. Celui-ci interdit la CNT PTT de tout droit d'expression qu'il avait auparavant avec les panneaux syndicaux, la distribution de tracts à l'intérieur des services, les prises de parole ou les interventions auprès des directions. Pourquoi cette interdiction ? Eh bien, tout bonnement parce-que la CNT est un syndicat qui fonctionne sans permanents et sur lequel le patron n'a aucune possibilité pour le compromettre. La CNT PTT était un groupuscule jusqu'en 1995, mais sa montée en puissance, à la Poste, gênait beaucoup de monde… D'ailleurs, la CFDT, FO, la CGC et la CFTC ont signé, avec la Poste, ce texte scandaleux. La CGT et SUD s'étant simplement abstenus, alors que, majoritaires à la Poste, ils pouvaient voter contre et, ainsi, bloquer le texte…

La CNT-PTT ne baisse pas les bras et a déposé un recours auprès du Conseil d'Etat, mais ces Messieurs ne se pressent pas pour donner leur avis… En tout cas, nous sommes toujours décidés à faire vivre un syndicalisme au service des salarié(e)s, un syndicalisme de combat comme pouvait le pratiquer la CGT SR dans les années 20… !

D'autre part, la question est de savoir si l'on veut voir un syndicalisme avec ou sans rapport de force. J'étais à la CFDT à l'époque d'Edmond Maire et des débâts animés avaient lieu, à l'époque, entre nous… En tout cas je peux assurer que l'attitude du patron n'est pas la même quand nous nous retrouvons devant lui à une ciquantaine, à l'opposé des réunions institutionnelles où il sait que pendant ce temps les salarié(e) travaillent et cela ne le dérange pas de faire durer les négociations. J'ai même vu, certaines réunions avec le patron se terminer avec l'apéro offert par celui-ci. Comment voulez vous, dans ces conditions que le discours poujadiste « Tous pourris » ne trouvent pas d'échos sur les chantiers… ?

D'autant plus, que les permanents ne se montrent aux collègues que pour les périodes d'élections. Rien ne remplacera le théorème suivant : « Un bon syndicaliste est un collègue connu et reconnu avec qui on peut discuter et travailler tous les jours… ! ! » ;

http://phil195829.overblog.com

Portrait de Houvaton nouveau compte

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De Houvaton nouveau compte

08H01 | 19/06/2008 | Permalien

Je viens d'aller sur un de vos sites. Vous y parler de démocratie directe. D'accord mais elle consiste en quoi, concrètement, votre démocratie directe ? Consiste-t-elle à soutenir massivement les referendums d'initiatives citoyennes, au-delà du cadre du travail ? C'est-à-dire concernant toutes les questions sociétales (y compris le travail salarié) et de décisions budgétaires en commençant dans chaque municipalité pour faire contrepoids au Maire qui, une fois élu et malgré une opposition, décide de tout avec la complicité de ses amis ? Connaissez-vous les RIC et qu'en pensez-vous ? Vous qui désirez, et je le comprends, vous démarquer des 5 historiques.

http://www.cnt-f.org/cnt66/spip.php ? article2

Portrait de MAKNO

De MAKNO

09H29 | 19/06/2008 | Permalien

Ne soyons pas dupes des magouilles,manoeuvres et
manipulations des syndicats réformistes courroies
de transmission de l'etat et de la politique politicienne.
Rejettons avec énergies ces fossoyeurs de nos luttes.
Amplifions et radicalisons les luttes a la base en
dehord des bureaucraties syndicales.

Portrait de sujetduprince

De sujetduprince

10H15 | 19/06/2008 | Permalien

l'argent manque certes et moins il y a d'argent moins la communication est bonne : un simple tract d'infiormation syndicale coute une fortune … le papier, les imprimantes etc ne sont pas gratuit pour les syndicats.

lee manque d'argent vient du manque de cotisants … c'est quand meme le syndiqué qui finance majoritairement le syndicat : eh oui il faut payer pour se battre contre l'injustice et l'esclavage moderne.

mais le reformisme ne vient pas de la : les permanents syndicaux n'ont bien souvent aucune envie de retourner travailler a la chaine après plusieurs annees a frequenter les patrons … de la a penser qu'un fauteuil douillet et des petits coups de pouce pour se faire reelire à vie valent bien quelques concessions ideologiques…

autre verrue sur le nez syndical : la confederation europeenne des syndicats … un systeme bien opaque qui vote des textes bien surprenants pour (ou plutot contre) les travailleurs.

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