Miroir social

Les fournisseurs de la Camif menacent de cesser de livrer

Par Rodolphe Helderlé | Miroir social | 02/07/2008 | 16H25

La branche « particuliers » du groupe de vente par correspondance Camif, qui distribue des produits dédiés à l'équipement de la maison et aux loisirs, est au plus mal avec ses fournisseurs. Ces derniers menacent de ne plus livrer les commandes des clients s'ils ne sont pas payés.

« 5M », la nouvelle stratégie commerciale lancée en 2001, n'a pas fait ses preuves. « Multispécialiste, Multicanal, Maison/Loisirs, Moyen/Haut de gamme et…Médiateur » étaient pourtant les nouvelles devises de la Camif. L'entreprise a depuis connu deux plans sociaux, en novembre 2005 et en mars 2007, supprimant 460 emplois dans cette coopérative créée en 1947. La filiale dédiée aux particuliers, qui emploie 800 des 1 400 salariés, a été la plus touchée.

Malgré ces coupes, la situation financière de l'entreprise reste préoccupante, et la cessation de paiement guette : les treize principaux fournisseurs menacent de ne plus livrer les commandes des clients si la Camif Particuliers ne règle pas.

Un fonds d'investissement, Osiris Partners, a pris le contrôle en 2007

Lundi, la direction a tenté de négocier un arrangement. Un accord pourrait être trouvé vendredi, le temps pour la Camif de trouver les bons arguments auprès de ses actionnaires, afin de débloquer des fonds. Parmi eux, des acteurs historiques de l'économie sociale comme la Maif ou la Macif, mais surtout, depuis 2007, le fonds d'investissement Osiris Partners, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté, qui a pris 66% du capital de Camif Particuliers, en misant 25 millions d'euros.

Après le dernier plan social qui s'est traduit par 80 licenciements, Maif et Macif avaient une nouvelle fois injecté des fonds. Une enveloppe de 6 millions d'euros est aujourd'hui nécessaire. Osiris Partners s'engage à mettre 3 millions d'euros si les relais historiques font de même. « L'économie sociale a les moyens de reprendre les reines de la Camif et d'en finir avec des erreurs de gestion récurrentes qui conduisent à un risque de fermeture », estime Alain Proust, délégué syndical FO de la Maif.

Osiris Partners est accusé de ne pas avoir bien mesuré l'investissement nécessaire à la remise à niveau du système informatique, plus que jamais critique pour un spécialiste de la vente à distance. Jocelyne Baussant, déléguée FO à la Camif, explique :

« La direction a mené des plans d'économie et non des plans de développement. Les expertises conduites par le comité d'entreprise ont toujours démontré que la Camif n'avait pas les moyens de ses ambitions. Nous n'avons pas réussi à nous distinguer sur le marché. »

Pour expliquer ces difficultés, la direction avance la chute du marché du mobilier. Pour Jocelyne Baussant, « notre stratégie devrait reposer sur la consommation responsable, une véritable sélection des produits, un accompagnement. Autant de services qui ont été progressivement abandonnés. Ce serait la meilleure façon de donner du sens à l'économie sociale ».

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Portrait de papy55

De papy55

prof. en province | 19H29 | 02/07/2008 | Permalien

La Camif est victime de la « libre » concurrence, les prix des articles proposés sont identiques à ceux de la grande distribution, ils ont tenté de s'en sortir en proposant des services complémentaires mais ça n'a pas marché !

En fait les « fournisseurs » imposent les prix de vente aux distributeurs, il n'y a pas de stabilité en matière de références, il n'y a plus de notion de quantité commandées,….. nous sommes maintenant dans un système où l'on enfume le consommateur en lui faisant croire que c'est le « meilleur » prix, en fait il s'agit du meilleur prix de vente pour le fournisseur qui lui optimise ses bénéfices !

Donc la Camif ne peut que subir, et je crains sa disparition pure et simple !

Portrait de Humain

à papy55 Portrait de papy55 De Humain

21H06 | 02/07/2008 | Permalien

La CAMIF peut se re-configurer dans le service au consommateur, mais comme tout métier, cela s'apprends…

Je suggère qu'il prennent des gens de métier, plutôt que des sup-de-co ! !
Pas facile, hein ?

Portrait de John M.

à papy55 Portrait de papy55 De John M.

Petit soldat du capitalisme | 21H53 | 02/07/2008 | Permalien

 » En fait les « fournisseurs » imposent les prix de vente aux distributeurs, il n'y a pas de stabilité en matière de références, il n'y a plus de notion de quantité commandées(…) « 

Attention, vous êtes en phase avec les dangereuses propositions libérales d » Attali ; -)

Pour être plus sérieux, cette position de force des fournisseurs, nous a peut-être permis de garder des emplois en France à un moment où les grands distributeurs auraient pu déstabiliser nos PME agroalimentaire. C'est une des idées qui se trame derrière la Loi Galland de 1997, date où le chômage était le plus fort.

Je ne sais pas s'il faut modifier le SRP, ou s'il faut de nouvelles relations fournisseurs/distributeurs. En tout cas il faut replacer ces lois dans leur contexte.

qq sources que vous puissiez y réfléchir (en plus de google) :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Galland

http://fr.wikipedia.org/wiki/Image : Unemployment_France%2C_UE-15%2C_G7.pn…

une très bonne enquête de l'OCDE, qui permet de relativiser la concentration du secteur en France, et d'évaluer les différentes politiques de régulation :

http://www.oecd.org/dataoecd/30/53/2732158.pdf

et moins synthétique :
http://www.escp-eap.net/conferences/marketing/2008_cp/Materiali/Paper/Fr…

Portrait de papy55

à John M. Portrait de John M. De papy55

prof. en province | 07H10 | 03/07/2008 | Permalien

Dans le cas de la Camif, nous sommes loin du secteur agroalimentaire…. !

Portrait de John M.

à papy55 Portrait de papy55 De John M.

Petit soldat du capitalisme | 08H13 | 03/07/2008 | Permalien

La loi s'applique à tous les produits.

Peut-être le législateur aurait-il du exclure le non-alimentaire et la Camif de ces dispositions, c'est effectivement une bonne question.

Portrait de Fozzie

De Fozzie

21H27 | 02/07/2008 | Permalien

Encore une belle idée qui risque de disparaître… Il faut dire qu'ils ne font pas beaucoup d'efforts : cherchez donc comme moi un cartable pour la rentrée prochaine dans le dernier catalogue. Le glorieux vétéran acheté à la Camif en 1995 vient de rendre l'âme définitivement et son successeur ne viendra pas de la Camif… Snif !

Portrait de Carmagnole

De Carmagnole

retraité de l'Education Nationale | 21H33 | 02/07/2008 | Permalien

Le problème de la CAMIF c'est l'orientation de sa direction qui a « pensé,voulu,cru “,on ne sait trop,car la démocratie n'est pas son point fort,( l'option coopérative des fondateurs est bien loin ! ) copier voir concurrencer La Redoute,Les 3 Suisses,etc…Je ne suis pas surpris de ce qui arrive !

Portrait de JeanCardinal

De JeanCardinal

11H14 | 03/07/2008 | Permalien

Je ne peux qu'approuver Carmagnole. Un certain M. Gazole a été récruté directeur de l'entraprise pour faire du Auchan. L'objectif était de devenir la première entreprise française de vente par correspondance. La direction a décidé pour cela d'appliquer les méthodes trois suisses ou redoute : ventes flash, courriers pseudo personnalisés « Chère Madame Michu », etc. pour conquérir de nouveaux publics. Résultat, alors que la CAMIF se situaient sur des créneaux où elle était compétitive (il fut un temps quand la CAMIF s'engageait sur un produit, cela signifiait qu'il était de qualité, garantie par un service après-vente impeccable, et vendu au meilleur prix), alors qu'elle disposait d'une clientèle acquise, conquise et fidèle, cette entreprise s'est mis sur des créneaux où la qualité n'était plus au rendez-vous (habitat) et sur lesquels elle était en concurence frontale avec bien plus gros qu'elle (sans avoir les moyens de les concurrencer sérieusement). En conséquence, d'une part elle a échoué à conquérir de façon significative de nouveaux publics et d'autre part elle a fait fuir sa clientèle traditionnelle, qui ne retrouvait plus les valeurs qui était les siennes.

L'échec était inéluctable. Mais soyez rassurés, le directeur qui a coulé la boîte est toujours en poste.

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

10H33 | 04/07/2008 | Permalien

Souvenir de catalogues de la Camif qui commençaient en première page par un pamphlet politique de son président,pour une société socialiste et solidaire à l'encontre du capitalisme ambiant.

Ne doutons pas que dans une société socialiste, la Camif se serait maintenue en l'état.. par subvention d'Etat.

Mais nous sommes dans une société libérale,
où les jolis discours anti libéraux des dirigeants de la Camif, n'étaient pas de nature à devoir leur permettre d'éviter ce que l'esprit socialiste aime à mépriser :

équilibrer ses compte.

Portrait de Tintinac

De Tintinac

22H04 | 02/07/2008 | Permalien

Le problème de la Camif vient d'un changement dans son positionnement de sa ligne de produits.

Cette coopérative a été rentable jusqu'au environ de la fin des années 90. Elle avait même un beau trésor de « guerre » qui lui permettait un développement. Ensuite un changement de politique commerciale a sonné le début des ennuis. La Camif n'aurait pas du chercher à se positionner sur le marché des grands surfaces. Elle faisait auparavent son « beurre » sur des produits de qualité.

En 2000, elle a recruté un homme issu d'une des grandes sociétés de vente par correspondance. Donc nouveau changement de politique sans toutefois retourner sur le marché antérieur. Cette politique a été accompagné à l'époque par le licenciement de plusieurs centaines de salariés.

L'organisation et le mode de fonctionnement interne de la Camif sont également des raisons complémentaires de cette situation. Les salariés et ex-salariés comprendront mes propos.

Portrait de Crispus

à Tintinac Portrait de Tintinac De Crispus

23H38 | 02/07/2008 | Permalien

« Les salariés et ex-salariés comprendront… » certes, mais si vous nous aidiez à y voir (vraiment) clair ce serait pas mal non plus. Donc je vous pose la question : à quoi faites vous précisément allusion ?

Portrait de JeanCardinal

à Tintinac Portrait de Tintinac De JeanCardinal

11H17 | 03/07/2008 | Permalien

Désolé, si j'avais vu votre message, je n'aurais pas mis le mien un peu plus haut. Je ne fais que répéter ce que vous avez mis ici, de façon un peu plus virulente toutefois.

Portrait de Tintinac

à JeanCardinal Portrait de JeanCardinal De Tintinac

11H49 | 03/07/2008 | Permalien

JeanCardinal,

Vous avez bien fait de mettre votre message, il est complémentaire.

Nous sommes en accord sur l'analyse.

Portrait de PICROCHOLE

De PICROCHOLE

08H53 | 03/07/2008 | Permalien

La CAMIF est devenue une société de VPC comme les autres avec les mêmes techniques de marketing : fausses bonnes affaires, attente de promotions avec ristournes de plus en plus grandes incitant à différer les achats, prêt à porter suivant la mode « jeune »,ce qui n'est pas vraiment la préoccupation première des enseignants.

La CAMIF a perdu son âme et ses sociétaires : auparavant la CAMIF récompensait les achats effectués en accordant des ristournes et offrait des produits de qualité (mobilier, électro-ménager) avec des garanties plus longues que ses concurrents.De plus au moment où le corps enseignants vieillissait et avait du pouvoir d'achat, elle a voulu conquérir un public jeune sans succès car il fait ses achats en grande surface ou dans des magasins de marque.

Enfin elle n'a pas su tenir les prix et à partir du moment où l'esprit sociétaire a été remplacé par l'esprit mercantile, le sociétaire CAMIF en a tiré les conséquences en cherchant le prix le plus bas et c'était rarement le cas de la CAMIF (informatique et multimédia par exemple.Quel gâchis ! ! !

Portrait de zénon denon 84

à PICROCHOLE Portrait de PICROCHOLE De zénon denon 84

Bonne | 10H19 | 03/07/2008 | Permalien

En effet ,ça me rappelle la FNAC
des débuts …et à voir ce qu« elle est devenue !
Tout les hypers marches se ressemblent
pour VENDRE n'importe quoi
venant de n'importe ou (la Chine ! )
et surtout à bas prix .Ah les bas prix ?
Le bas de gamme c'est évident . Et le
nivellement par le bas .Voila le résultat …triste !

Portrait de Rodolphe Helderlé

à PICROCHOLE Portrait de PICROCHOLE De Rodolphe Helderlé (auteur)

Miroir social | 10H22 | 03/07/2008 | Permalien

C'est dont la Mutuelle assurance des instituteurs de France alias la Maif qui est à l'origine de la création de la Camif. La Maif se porte très bien et a réussi son ouverture à d'autres cibles que les instituteurs. Dixit le site internet de la mutuelle : « le groupe MAIF ouvre ses portes à ceux qui partagent sa conception de l'assurance : respect de la personne, solidarité, humanisme. » Vive l'assureur militant. Ca semble bien fonctionner. Beaucoup moins bien au niveau de la Camif qui s'est tout de même bien portée jusque dans les années 80. Le passage de l'étiquette « distributeur des instituteurs » à « distributeur militant » n'a pas bien fonctionné. A priori, la Camif n'a pas vraiment eu ces dernières années les moyens de son discours. Et aujourd'hui ça coince avec un effectif de 1400 salariés, un nombre d'enseignement qui baisse et une visibilité grand public réduite.

Portrait de Maria Rosa

De Maria Rosa

09H39 | 03/07/2008 | Permalien

Pour moi, la CAMIF c'est des produits présélectionnés de bonne qualité, un service après vente irréprochable, des conditions d'achat claires. Donc un gain de temps, puisque je n'ai pas à passer des heures à arpenter des rayons pour comparer les prix. Je n'ai pas non plus à me battre pour obtenir du vendeur des conditions de vente écrites en gris clair sur blanc, en police microscopique, comme c'est trop souvent le cas dans les autres magasins… Certes, c'est un peu plus cher qu'ailleurs, mais je préfère payer plus cher un produit qui durera beaucoup plus longtemps, et de véritables garanties en cas de problème. Pour le consommateur, faire jouer la concurrence exclusivement sur le prix, c'est souvent être perdant au bout du compte. On gagne quelques euros au moment de l'achat, et on en perd beaucoup par la suite.

Portrait de métalo du sud

De métalo du sud

10H43 | 03/07/2008 | Permalien

La chute du pouvoir d'achat entame ses ravages,mais pas uniquement chez les « pauvres travailleurs “,certains nantis vont aussi trinquer,merci qui ? ? ?
-capitalisky
-libéralisky
-mondialisky
-etjenpasseky

Pauvre FRANCE

Portrait de skalpa

De skalpa

actif et militant ? | 20H03 | 03/07/2008 | Permalien

Ben, en fait la CAMIf m'a saoulé pendant une petite période. En effet sur mon blog (http://kprodukt.blogspot.com)elle a longtemps fait apparaître une fenêtre pop-up de pub et ce malgré adblock plus et autres logiciels anti pop-up ! ! !

Elle veut se la raconter, et bien elle paye maintenant !

ps : je suis pourtant à la maïf

Portrait de Georgesdm

De Georgesdm

libéral | 14H14 | 03/07/2008 | Permalien

Fin d'un dinosaure. Qu'il était beau le monde au temps où Cuba, Moscou et Lipp faisaient rêver les travailleurs. Dans une économie socialisante où les aparathchiks (peut être eux aussi sup de co) faiaient fi des horreurs fustigées sous le nom de loi (forcément d'airain) du marché. Des choses comme concurrence, attente des consommateurs, goût des clientes. Les âmes bien pensantes décidaient à leur place ce qui serait politiquement bon pour eux. Et voilà que le sociétaire idéalisé, forcément prof, barbu et socialiste, se rebiffe. Et le drôle n'achète pas ! Sans doute la faute des affreux capitalistes que l'on saura débusquer jusqu'au coeur de cet ilôt de socialisme.
Allons cessons la nostalgie. La Camif est tout simplement ringarde. Plus personne n'a envie d'y acheter. Combien d'électeurs de gauche, enseignants et autres socialistes n'ont non seulement jamais acheté à la Camif,mais pas imaginé un seul instant de le faire ? Désolé, Camarades, Gap, Ikea ou Mac c'est quand même plus fun. Même la Maison de Valérie a su évoluer.
Exit la Camif, porte drapeau de symboles poussiéreux trop larges pour elle.

Portrait de Maria Rosa

à Georgesdm Portrait de Georgesdm De Maria Rosa

22H25 | 03/07/2008 | Permalien

Vive le marketing new look ! ses faux « cadeaux », ses faux « gratuits », ses vendeurs souspayés et incompétents, ses hot lines ubuesques … FUN, vraiment ?

Portrait de fulup

De fulup

18H42 | 03/07/2008 | Permalien

OSONS UNE COMPARAISON SIMPLE :
A PRODUIT EGAL EN TOUT, LA CAMIF EST PLUS CHERE QUE SES CONCURRENTS ! LA RENTE DES MAIF ET AUTRES PREBENDIERS EST MORTE ET PIS C » EST TOUT !

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 16H16 | 04/07/2008 | Permalien

Y A-T-IL EU DENONCIATION DU CONTRAT MORAL
ENTRE RUE89 ET SES RIVERAINS ?

Au moment de composer ce post, je constate que Les Chats, riveraine de Rue89 depuis décembre 2007, a remplacé une bonne partie de ses messages récents par la mention « Supprimé pour désinscription ». Cette suppression fait suite à de courts échanges entre nous hier (03/07/08), au cours desquels nous nous sommes mutuellement informés de notre déception après l'apparente liquidation de la rubrique VOIR PLUS (Mes commentaires) dans le Profil utilisateur des riverains de la Rue. Si Les Chats s'est déjà désinscrite, je le déplore, car il reste encore à éclaircir la position exacte des dirigeants de Rue89 avant de prendre toute décision irrévocable, mais je ne saurais pour autant me dissocier du geste qu'elle semble avoir entrepris.

Les Chats, comme moi, a écrit un courriel à Rue89 pour demander des explications. Aucune réponse n'ayant été fournie, et aucune information concernant un changement de la politique fondamentale de Rue89 n'ayant été annoncée par la direction, il y a lieu de se demander si la conclusion à laquelle Les Chats en est arrivée ne s'impose pas à nous tous :

1) Rue89 a d'abord fait l'annonce de l'entrée de nouveaux actionnaires dans son capital, apparemment avec la transparence que nous avions espérée. Aucune donnée relative à un changement de politique éditoriale n'a alors été communiquée.

2) On a ensuite pu constater une modification de la pratique publicitaire du site, notamment à l'occasion de la réclame pour Bouygues Telecom empêchant l'accès direct au contenu journalistique de Rue89. Un(e) autre riverain(e) a fait état de difficultés de connexion imputables à une publicité de GDF.

3) Tandis que, à l'image de multiples riverains, nous nous précipitions pour signaler notre soutien à la Rue suite (a) à la vidéo « off » de Nicolas Sarkozy prise à l'occasion de sa récente intervention sur France 3 et à la décision de cette dernière de demander ses sources à Rue89 ainsi que l'élimination pure et simple de la vidéo incriminée, faute de quoi une action en justice serait engagée contre la Rue, la disparition de la rubrique VOIR PLUS n'en est que plus frappante, la séquence précise des événements restant à déterminer.

Pour Les Chats, il faut déduire de ce qui précède que l'entrée des nouveaux actionnaires coïncide non seulement avec l'évanouissement inexpliqué de VOIR PLUS, mais aussi avec une réorientation de fait de la pratique de Rue89 en matière de publicité (voir ci-dessus). La disparition de la rubrique VOIR PLUS serait la conséquence d'un échange de « bons procédés » : « on » laisse davantage de place à la pub, « on » réduit la place des interventions sur le forum (précédemment mémorisées et conservées par le site), et, de ce fait, « on » détruit ce qui constituait l'essentiel de la force innovante de Rue89 par rapport à l'immense majorité des autres forums d'échange entre auteurs et internautes/commentateurs : constitution d'une artère de communication où les divers intervenants peuvent s'exprimer sans limite, création d'un système de « voisins » au sein duquel chacun peut identifier les personnes dont il/elle se sent le plus proche et prendre contact avec elles avec une grande facilité, etc.

J'avais naïvement cru, pour ma part, qu'un simple problème technique de « capacité de mémoire » était à l'origine de la « réorganisation » du Profil par le vide et de la disparition de la rubrique VOIR PLUS. Ne m'étant pas encore choisi un réseau de voisins, je n'avais pas mesuré la magnitude du bouleversement qui s'est apparemment produit.

Au vu de ce qui précède et de l'absence totale de réaction de Rue89 à ce jour, il y a lieu de se demander si la direction du site n'a pas en fait renoncé à son projet éditorial de base, qui consistait jusqu'ici à associer les riverains à ses orientations et prises de décision. S'il existe un cas de force majeure justifiant les modifications introduites, qu'« on » nous en fasse part avec tous les détails nécessaires, faute de quoi nous ne pourrons que constater que le CONTRAT MORAL passé entre Rue89 et ses riverains a été rompu, au risque de banaliser le site, et, à terme (plus court que long…), d'abandonner purement et simplement son pari initial, pourtant maintes fois réaffirmé, notamment dans un récent article du monde.fr signé Pascal Riché.

Portrait de Maria Rosa

De Maria Rosa

08H45 | 09/07/2008 | Permalien

Il y a une question qui me vient à l'esprit à propos de l'article sur la CAMIF et qui n'est pas sans lien avec le message précédent, à savoir avec la politique économique du site et sa dépendance de la publicité, donc des annonceurs.
Si parmi les annonceurs présents ou futurs de Rue 89, il en est un qui est en concurrence avec la CAMIF, on pourrait légitimement s'interroger à propos de la présence sur le site d'un article qui porte un tort considérable à l'image de cet organisme de vente par correspondance.
C'est un joli cas d'école, qui montre qu'il est très difficile de croire que « gratuité » et indépendance sont compatibles.
(on est bien d'accord que la gratuité est un leurre, puisque nous sommes tous amenés à payer, lorsque nous consommons, la publicité qui est incluse dans le prix des produits)

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