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Heuliez sera repris par un investisseur turc
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Investissement éthique : réconcilier les Français avec le capital
Par Augustin Landier | économiste (NY) | 16/07/2008 | 16H07
Les Français ont tendance à voir le capitalisme financier et la mondialisation comme une perte de contrôle, difficilement tolérable, de la collectivité sur ses grandes entreprises. Seulement 22% d'entre eux approuvent par exemple l'idée que « les propriétaires d'une entreprise peuvent être en droit de décider comment la diriger et quels dirigeants y placer », alors que ce taux est de près de 60% aux Etats-Unis.
De même, seul un tiers des Français pensent que « les principes de la libre entreprise et de l'économie de marché sont le meilleur système sur lequel fonder l'avenir du monde », alors que c'est le cas pour plus des deux tiers de la population chez tous nos voisins d'Europe continentale.
Les Français perçoivent la recherche du profit comme l'ennemi de la qualité de vie, la Bourse comme le terrain de jeu favori de spéculateurs court-termistes.
Tout n'est pas faux dans ce sentiment d'une perte de contrôle. A l'heure de l'entreprise globale, les pays sont en compétition pour maintenir leur caractère attractif. La menace permanente de voir migrer les sièges sociaux et les centres de recherche et de production dissuadent les autorités d'adopter des lois (en matière d'environnement ou de protection des employés par exemple) qui refléteraient les aspirations de leur population.
Investir en conformité avec ses valeurs éthiques
Le rejet des mécanismes de marché, pas plus que le protectionnisme, ne fournissent de solution. Comment pourraient-ils forcer les consommateurs étrangers à acheter nos voitures et nos avions si ceux-ci étaient plus chers ? Et comment résoudraient-ils la détérioration globale de l'environnement ou des conditions de travail dans les pays pauvres ? La solution est plutôt à trouver dans un usage pertinent du marché financier lui-même.
Il se trouve qu'un large groupe d'investisseurs, individuels et institutionnels, manifeste aujourd'hui le désir d'investir en conformité avec leurs valeurs éthiques. Avec un taux de croissance de 36% en 2007, le marché de l'ISR (Investissement socialement responsable) est une des tendances de fond en matière de gestion d'actifs.
Il y a déjà plus de 1 000 milliards d'euros gérés en Europe selon des critères notamment éthiques, et le phénomène est bien plus général : 2 600 milliards de dollars sont gérés aux Etats-Unis en prenant en compte des critères de responsabilité sociale et environnementale, soit plus de 11% de la masse totale des actifs financiers gérés dans ce pays.
Les principes de l'« investissement responsable » des Nations unies, s'engageant à prendre en compte les informations sur la politique sociale et environnementale des entreprises dans leurs choix d'investissement, ont ainsi été souscrits aujourd'hui par des professionnels de la finance, gérant au total plus de 13 000 milliards de dollars.
Atteindre une masse critique pour compter dans les échanges financiers
Mais ce mouvement doit convaincre davantage d'investisseurs pour poursuivre son ascension et atteindre une masse critique nécessaire pour avoir un impact important sur le comportement des entreprises. Il doit en particulier convaincre les investisseurs les plus pragmatiques qu'« investir responsable » reflète réellement les valeurs qu'ils souhaitent exprimer, que cela n'augmente pas le risque de leur épargne et que, au bout du compte, cela conduira les entreprises a changer réellement leurs pratiques vers plus de durabilité.
Il est aujourd'hui possible de satisfaire à ces trois conditions si l'on choisit rigoureusement ses valeurs et la manière de les exprimer dans son portefeuille. Il faut par exemple des valeurs suffisamment consensuelles pour rallier une fraction importante d'investisseurs mondiaux.
Nous en avons identifié trois : la protection de l'environnement, le comportement de l'entreprise avec les employés et la sécurité des produits pour le consommateur.
Faire de ces trois valeurs-ci les piliers d'un portefeuille ISR « pragmatique » permet à l'épargnant d'exprimer de telles valeurs éthiques. Le développement d'agences de ratings spécialisées dans les notations éthiques ainsi que la gamme des produits financiers les utilisant permettent désormais aux individus comme aux institutions d'investir dans les entreprises qui reflètent le mieux ses valeurs.
La peur du boycott des investisseurs
Cette « solution » de l'ISR ne repose ni sur un appel à l'altruisme des managers ni sur le pari que les entreprises les plus vertueuses sont au bout du compte les plus profitables. Mais sur l'idée, comme le montre l'étude que j'ai publiée dans En Temps Réels, qu'il est pénalisant pour une entreprise d'être boycottée par une fraction importante des investisseurs de la place, et qu'elles feront donc les efforts pour éviter cette « mise à l'index ».
Si l'ISR parviendra à convaincre les Français qu'être actionnaire, cela peut signifier aussi transmettre des valeurs et que la Bourse peut fonctionner comme une démocratie qui additionne les aspirations de chacun, un grand pas aura été franchi.
Cette réconciliation des Français avec les mécanismes du capitalisme financier pourrait aussi signifier une réappropriation par la collectivité d'un sens de contrôle de son destin. Cette promesse de démystification du « Grand Méchant Marché » se double en effet de la possibilité de faire sentir aux Français les avantages de la transition vers un régime de retraites où la capitalisation joue un rôle plus important.
Car le souci de responsabilité sociale que nous pouvons insuffler aux entreprises dépendra directement de notre poids collectif en tant qu'actionnaires.
L'article ci-dessus reprend des éléments approfondis dans un cahier publié par le think tank En Temps Réel EnTempsReel.com.
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De Tophee
en haut a gauche | 16H17 | 16/07/2008 |
Ceux qui militent pour les investissements ethiques me font penser un peu aux veille dame patronesse. On fait semblant de faire un bonne action, pour ce donner bonne conscience et se faire valoir, mais surtout, on fait tout pour que rien ne change rellement.
Les capitalistent entubent les travailleurs, les clients, l'environnemt et la collectivite. Les fonds d'investissements ethique n'investissent que dans les entreprises qui fournissent un peu de vaseline, parce qu'il se sont rendu compte que cela ameliorait le rendement.
C'est pas vraiement la solution du probleme.
à Tophee
De pablico
17H49 | 16/07/2008 |
le petit actionnaire, qui y a cru, et a placé son argent sur le cac40, doit tomber en pâmoison en lisant cet article.
en ce moment on lave, ou plutôt lessive les petits actionnaires.
qui va refaire confiance ?
à pablico
De Tophee
en haut a gauche | 18H08 | 16/07/2008 |
Pour etre honnete, j'ai du mal a verser une larme sur le sort des petits actionnaires. Ces gens la sont bien content de profiter des saloperie que font les grands patrons a la terre entiere. Ils speculent sur les delocalisation, mais quand ce sont eux les dindons de la farce, ils se mettent a braire comme un ane que l'on egorge, eux qui belent de joie a l'annonce de plans de licenciments.
à Tophee
De pablico
18H29 | 16/07/2008 |
ce n'est pas la première fois qu'on fait la fête au petit actionnaire. (tunnel sous la manche etc)
Le très petit actionnaire, a cru au système, de bonne foi, convaincu par les chantres du libéralisme.
Mais, quand on invite les petits à la table de poker, ce n'est pas toujours pour partager. c'est souvent pour les plumer.
Quand on est invité à faire une bonne affaire, c'est toujours une mauvaise. Sinon les « inviteurs » la ferait (la belle affaire) sans faire appel à vous.
naïveté et crédulité sont les deux mamelles des affairistes. Les petits ruisseaux font de grandes fortunes.
à pablico
De Blaise11
Ich liebe mich | 18H37 | 17/07/2008 |
Landier,
il est 19h34.
38 commentaires, 245 super bonbons rouges !
J'ai jamais vu un article faire un top score pareil !
Si, la dernière fois, c'était un troll du TCE qui était venu nous expliquer qu'il fallait plus de social dans l'Europe en nous parlant de l'Armée et de ses chars.
Allez, mes félicitations mon cher économiste (Nouveau Yankee)
à Tophee
De Octave65
Révolutionnaire. | 18H52 | 16/07/2008 |
Réponse à une gauchiste endurcie …
vous parlez des saloperies que font les grands patrons ? ? ? ? ? ?
C'est le délire …
Allez vivre à Cuba, là bas il n'y a pas de grands patrons …
Bon voyage et bon vent ..
mdr
à Octave65
De Saheyus
Rêveur invétéré | 23H45 | 16/07/2008 |
Si pour vous le monde ou, pire encore, l'univers des possibles, se limite à, soit la France, soit Cuba, vous avez une vision quelque peu sectaire des choses.
à Octave65
De pablico
16H21 | 17/07/2008 |
on se complet dans la médiocrité ?
quand on vit dans un taudis, faut-il se dire qu'il y a pire ? qu'il y a la prison, le ruisseau, le bouge, le cul de basse fausse.
c'est une bonne façon de supporter la médiocrité.
à Tophee
De jissé
Ingé retraité | 19H29 | 16/07/2008 |
Tophee
Bonsoir.
« Petits actionnaires ».
Une très proche parente travaille au siège d'une banque « ordinaire », française, connue.
Comme tout le personnel elle a reçu des « pressions » l'OBLIGEANT à acheter (et à garder pendant 5 ans) des actions qui ont perdu déjà 50 à 60% de leur valeur !
Et ce n'est pas le seul cas.
CQFD
Bonne fin de journée.
Jissé
De Tophee
en haut a gauche | 09H33 | 17/07/2008 |
Je suis moi meme petit porteur du fait que, travaillant en angleterre, je suis obliger de cotiser a un fond de pension qui est investit en action.
J'ai aussi, lorque je travaillais a la Barclays, ete pratiquement oblige de detenir des action de cette banque. Les companie qui font cela le font pour plusieur raison :
- Elle esperent ainsi se proteger d'un eventuel OPA agressive, en esperant que les amployer ne se comportent pas comme de simple investisseurs chherchant un profit a cours termes, mais resterons fidele a la societe. Les OPA etant souvent suivie d'un plan social.
- En transformant les emplyer en actionnaire, elles esperent que ceux-ci reagirrons en tant qu'actionnaire, a l'annonce de plan sociaux : En applaudissant plutot que de faire greve. Pariants sur fait que les employer se dirons, tant que je garde ma place, le plus il en vire, le mieux c'est. Et le pire c'est que cela marche !
Au dela de ces cas un peu particulier, je ne pleure pas sur le sort des petits actionaires, mais il est vrais qu'il sont souvent les dindons de la farce, que ce soit par des abus de bien sociaux, des delits dinities come a EADS, ou plus communement, des petit arragement entre actionnaire principaux.
à Tophee
De jma14
10H53 | 17/07/2008 |
Vous avez une vision binaire des choses, bien à la Française. Pour l'instant on a pas fait mieux que le capitalisme. Il y a des dérives comme dans tout système, je pense que personne peut le nier.
Mais votre vision étroite des choses vous rend inaudible.
Que proposez-vous, alors ?
De Saheyus
Rêveur invétéré | 16H40 | 16/07/2008 |
« Tout n'est pas faux dans ce sentiment d'une perte de contrôle. »
Perte de contrôle, perte de contrôle, c'est un doux euphémisme… je dirais plutôt que c'est la prise totale de contrôle par quelques-uns, au détriment de la majorité.
« Comment pourraient-ils forcer les consommateurs étrangers à acheter nos voitures et nos avions si ceux-ci étaient plus chers ? Et comment résoudraient-ils la détérioration globale de l'environnement ou des conditions de travail dans les pays pauvres ? »
Pourquoi le rejet de l'économie de marché entraînerait-il forcément une augmentation du coût des produits ? Pour augmenter les salaires, il existe d'autres moyens que l'augmentation du prix des produits (comme une réduction des gains des actionnaires, une réduction des gains des patrons, une égalisation des différents salaires des salariés, etc) Aussi, une orientation plus intelligente de nos productions serait un gain considérable à moyen et long termes. Parmi les domaines largement sous-exploités, on pensera notamment aux énergies renouvelables ; voila pour la réponse à votre deuxième question, et le capital n'y est pour rien. Pour ce qui est de l'amélioration des conditions de travail dans les pays pauvres, elle viendra, et ce sont d'ailleurs les pays pauvres qui nous donnent des leçons de syndicalisme ces derniers temps.
En gros, vous nous dites : surtout ne changez pas le système ! Le capitalisme marche sur la tête depuis plus de deux siècles, mais ça va changer dès demain. Il est bon qu'une société aie un capital scientifique, culturel, matériel, mais le capitalisme, c'est l'art de diviser inéquitablement ce capital en en réservant l'immense majorité à quelques-uns, qui se le transmettront par le biais de la filiation, des mariages, des cercles d'initiés, etc.
Vous proposez donc de continuer cela, mais gentiment. Sans trop exploiter les gens, sans trop détruire l'environnement. Soit, je prends note, c'est louable.
Je ne devrais pas critiquer trop durement ce genre d'initiative, ça reste mieux que rien. Mais, franchement, rien que le vocabulaire que vous utilisez (et la manière dont vous le faites) me fait froid dans le dos.
à Saheyus
De Octave65
Révolutionnaire. | 19H03 | 16/07/2008 |
Réponse à un démagogue rêveur …
Je ne suis pas au courant et compétent sur tout ..
Au début, en lisant votre billet, je n'avais rien à redire mais lorsque vous parlez d'actionnaire , le credo gauchiste démago est apparu au grand jour..
Une entreprise n'est pas obligée de faire appel à des actionnaires …
Et puis quand vous écrivez sur les énergies renouvelables , alors là c'est le gand délire à la mode …Le coût, retour sur investissement .. trop compliqué pour en parler ….
Et ensuite on en remet une autre couche ( métaphore amusante…) en affirmant que la capitalisme divise …. c'est vrai que le socialisme c'est le contraire …
Vous êtes du genre à avoir vite froid au dos..
Bref, un gentil , certainement un qui a voté avec joie pour Marie Ségolène de la Sapinière ( société civile immobilière..)..
sur ce..
mdr
à Octave65
De Saheyus
Rêveur invétéré | 23H03 | 16/07/2008 |
« Une entreprise n'est pas obligée de faire appel à des actionnaires … »
Mais toutes les grandes entreprises le font. Et l'article en question parle bien à plusieurs reprise de « la Bourse » (qui devrait se faire un « lieu de démocratie »). Donc, il bien question d'actionnaires.
« Et puis quand vous écrivez sur les énergies renouvelables , alors là c'est le gand délire à la mode …Le coût, retour sur investissement .. trop compliqué pour en parler …. »
Pas compris. Explicitez un peu votre pensée ?
Le socialisme c'est le contraire, oui. Les mots clés du socialisme (juste après « qualité de vie ») c'est « répartition des richesses », des mots que le capitalisme méprise. D'ailleurs, même les actuels prétendus socialistes n'emploient plus ces termes.
Enfin, moi, je suis plus anarcho-communiste que socialiste à proprement parler.
Ségolène Royal ? Voter avec joie pour elle ? Moi ? Vous plaisantez ! Pour moi, elle est de droite, plus qu'à moitié, je la trouve incompétente (ni plus ni moins que Sarko), elle joue sur la sécurité, la religion, la famille, et sur des tons qui me déplaisent. Elle prend les Français pour des cons en leur parlant len…te… ment… même si je crois que depuis la fin de la campagne, elle a enfin compris que ça ne servait à rien. Et puis, de toutes manières, je ne voterais avec joie pour aucun des hommes politiques Français que je connaisse. Je ne voterai qu'avec résignation pour le moins pire d'entre eux.
C'est pour cela que, si j'avais pu voter en 2007 (je n'étais pas encore majeur), j'aurais effectivement voté Royal, du moins au second tour, mais avec une grimace de dégoût. Au premier tour, je ne sais pas, j'aurais peut-être voté blanc, même si ça me désespère aussi.
Comme quoi, vous vous méprenez sur toute la ligne.
De Naradamuni
sans | 16H50 | 16/07/2008 |
—Les « experts » du think tank En Temps Réel, parlent aux citoyens :
« Puisque les américains du nord et d'autres états le font “‘investissez responsable’ pour vers plus de ‘développement durable’ !
— Novlangue tout cela ! !
‘cela peut signifier transmettre des valeurs et que la Bourse peut fonctionner comme une démocratie qui additionne les aspirations de chacun, un grand pas aura été franchi.’
— Quelle démocratie ? celle des aspirations de chacun des actionnaires donc pas de tous les citoyens ; cela (la finance privé ! ) a rien à voir avec la démocratie !
— Novlangue tout cela ! !
‘Cette promesse (— ne concerne que ceux qui la croient) de démystification du Grand Méchant Marché’ se double en effet de la possibilité de faire sentir aux Français les avantages de la transition vers un régime de retraites où la capitalisation joue un rôle plus important.”
— En Novlangue “je vous vends la retraite par capitalisation ! ! !
—Faire passer l'intérêt général sous couvert d'une finance privée d'actionnaires c'est nous prendre une fois de plus pour des imbéciles.
—La retraite fait parti de notre socle social démocratique, la capitalisation ne sert que des intérêts privés !
—Tout cela est un levier, une arme de plus au service des banques privées (l'ÉTAT NE POUVANT PLUS CRÉER SA MONNAIE DEPUIS 1974 ET EST OBLIGÉ DE L'EMPRUNTER AUX BANQUES PRIVÉES AVEC INTÉRÊTS ! )pour piller et réduire à néant notre structure sociale et publique, dans le cas présent,de nos retraites, cela relève de la trahison !
—La solution réside dans le ‘droit du droit : la Constitution, tronc commun de la démocratie, pas les magouilles d'intérêts privés de corporations, mais l'intérêt général !
—Les dépenses publiques ont été assez stables depuis quelques décennies alors que les intérêt versées aux banques privées sont la raison réelle du pillage qui est fait sur nos structures et services publiques et donc de notre progression commune au bien-être, unique et vrai sens de progrès’.
— ‘La démocratie ne peut exister si l'État n'est pas soumis au respect des principes fondamentaux qui doivent l'encadrer et définir les limites de ses actions.
Or, aujourd'hui, des principes économiques et financiers président à toutes nos décisions politiques. Nous ne sommes plus gouvernés que par rapport à des contraintes budgétaires (trou de la sécu, déficit public), les débats nationaux ne tournent qu'autour du partage de la richesse financière (réforme des régimes de retraite, franchise médicale). Les orientations prises dans tous les cas sont dictées soi-disant par le bon sens de père de famille’ prôné par nos élus et leurs ‘experts’ et think tank associés.
—Toutefois, en coulisse, se sont bien des banquiers, des financiers, des actionnaires de multinationales, qui indiquent la voie. Un véritable clergé, zélote acharné du Dogme du libéralisme économique, envahit les couloirs des Assemblées et des représentations, influence par réseau et copinage les commissions, mandate des experts sans indépendance, prive les gouvernements de marge de manoeuvre par endettement, etc.
—Cette situation ressemble fort, à mon sens, à celle que subissait autrefois l'État français de la part de l'Église catholique, qui s'érigeait en arbitre de la vie publique. Toute décision, toute loi proposée devaient recevoir son assentiment. Elle n'hésitait pas même à initier certaines politiques qui lui étaient favorables, orientant de fait l'Etat sur la voie de la bonne pensée religieuse.
—Cet état de fait n'a cessé qu'après que fût votée la loi de séparation de l'Église et de l'État (9 décembre 1905) ; après quoi il fut enfin possible d'envisager des avancées sociales qui, sans elle, n'auraient jamais été possibles, même si il a fallu attendre que l'opinion change elle aussi (travail puis droit de vote des femme, planning familial, IVG, etc).
—Aujourd'hui, le ‘pourrissement’ de nos politiques par les influences de la Finance Privée rendent impossibles certaines évolutions pourtant cruciales, comme le revenu citoyen, la libération de la monnaie de l'intérêt, l'auto-financement à taux zéro des infrastructures de l'Etat (dans l'intérêt général et selon le strict respect de droits fondamentaux), etc.
—Je conclus donc logiquement qu'une des plus urgentes actions démocratiques à mener est de voter une loi de séparation de la Finance Privée et de l'État, au terme de laquelle l'État ne pourrait en aucun cas être financé par des fonds privés, ni recevoir de la part de groupes financiers et industriels aucun conseil ou critique.
—Je crois vraiment que ce cheval de bataille est un de ceux qui fera la différence dans les décennies à venir, avec celui sellé par Étienne Chouard (‘Ce n'est pas aux hommes de pouvoir d'écrire les règles du pouvoir’).
—À nous désormais d'enfourcher nos montures…”
—Nous sommes déjà en action ici, hors parti et appartenances quel qu'elles soient : http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php ? id=102
Bien à vous
Naradamuni
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 17H24 | 16/07/2008 |
Et où l'on se voit encore servir ces affirmations que les politiques brandissent quand ils sont à court d'arguments et qu'ils veulent asséner une démonstration imparable :
« Tous les autres le font. »
« Nous sommes les seuls en Europe, voire au Monde à ne pas… »
« La France n'aura pas raison seule contre tous les autres. »
En fin de compte, pour vous, la Vérité ne peut être détenue que par la majorité avec des actes de foi du style : « les avantages de la transition vers un régime de retraites où la capitalisation joue un rôle plus important. » Je vous trouve audacieux, d'ailleurs, d'accoler cette idée avec des termes comme éthique ou responsabilité sociale.
Comme le dit Saheyus, vous faites froid dans le dos.
De Hatamoto
17H38 | 16/07/2008 |
J'avais rencontré pour des raisons personnelles et proffessionelles, le responsable des fonds étiques de la CDC il y a quelques années.
En fait, le label est EXTREMENT flou.
Déjà il y a fond éthique, et fond solidaire.
De mémoire, le fond solidaire est fond qui fait des efforts pour investir de manière « solidaire ». En clair c'est un fond pour se donner bonne conscience.
Ensuite, les fonds éthiques, qui sont réglementés d'un point de vue légale pour obtenir ce label (contrairement aux solidaires).
Tout titre va être évalué selon 5 critères « éthique » (désolé je ne me souviens pas des critères en détail) tel que social, environement, lié à la vente d'arme ou d'alcool ou de tabac, aux industries du sexe etc … (et oui durex ne passera pas un des 5 critères).
Là ou les choses deviennent amusantes c'est que pour pouvoir prétendre au titre de « Ethique » la réglementation n'impose rien : il faut être sélectioner pour au moins un des critères.
Ce qui veut dire qu'avec un peu d'efforts, il n'est pas difficile d'être classé éthique.
Certaines banques vont demander 2 critères voire 3 (la CDC c'est 5).
Vous allez rire car quand bien même la banque choisit que ça soit les 5 critères qui doivent être rempli, vous n'allez toujours pas investir éthique.
Enfin seulement 10%.
C'est la réglementation : il faut que 10% des valeurs composant le fond ethique soient ethiques …
Donc un fond ethique pourrai être à 90% composé de valeurs telles que Texaco, Blackwater etc … et avoir 10% de Total-Elf-Fina car ils sont un modèles de bon patrons pour leurs employés (trés bonnes conditions de salaire, de CE et de formation … donc ils ont au moins un critère éthique).
Donc avant d'argumenter sur le fait d'investir ou non dans les fonds ethiques, il serai bon de les définirs …
PS : cet article me fait vomir : croire que les méchanismes de la bourse puissent être démocratique du fait de la multiplicité des voix qui s'y font entendre est une insulte à l'intelligence des riverains. A vous entendre il faudrai revenir au suffrage censitaire ?
à Hatamoto
De Saheyus
Rêveur invétéré | 23H09 | 16/07/2008 |
o_O *tire une tronche de trois mètres*
Je suspectais quelque chose de louche, mais j'étais loin d'imaginer tout ça. C'est le délire le plus complet.
De r_v
17H52 | 16/07/2008 |
La bourse, les actions et toutes ces inventions pour nous exploiter…Tout ça c'est du vent ! Ça ne veut rien dire.
La bourse n'a pas toujours été la et pourtant avant elle on produisait, on commerçait, on mangeait non ? Alors votre bourse elle sert à quoi ? Elle sert surtout à embrouiller les « gens d'en bas » qui n'ont jamais eu, n'ont pas et n'auront jamais de quoi jouer avec la tune des autres…
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt pour regarder ce que ceux qui ont bossé toute la nuit leur ont fait gagner !
Désolé, je sais que c'est pas très constructif tout ça, mais j'en ai marre qu'on nous prenne pour des jambons(et je suis poli) !
à r_v
De ClaireChar
18H11 | 16/07/2008 |
Sans vouloir prendre la défense absolue de la Bourse et de la finance, il faut revenir à avant que ça existait justement ou en tous les cas dans ces proportions.
Avant le seul moyen pour les entreprises de se developper était l'intermediation financière c'est à dire les banques.
La bourse a permis aux entreprises de se developper seule en ayant recours aux marché financier.
Après qu'il y ait maintenant des dérives ok, mais je crois que personne ne peut donner de leçon véritablement à partir du moment où nous n'achetons pas que français que nous achetons dans des sociétés dont les valeurs ethiques sont pourries etc…
le jour où on boycottera efficacement des entreprises parce qu'elle se comporte mal avec leurs employés alors là oui on pourra critiquer la bourse car ils valent pas mieux
mais pour l'instant on vaut pas mieux que eux oui
sauf que nous ces derniers temps, on perd pas notre fric comme des cons
ehehehe
à ClaireChar
De r_v
18H37 | 16/07/2008 |
« le jour où on boycottera efficacement des entreprises parce qu'elle se comporte mal avec leurs employés » on vivra dans le larzac, on fera pousser des chèvres et on élèvera des legumes. J'ai l'impression qu'on a pas besoin d'attendre ça pour gueuler contre ces voleurs qui mettent des gens dehors alors que l'usine est rentable !
Pour finir si, je crois qu'on est nombreux a valoir mieux qu'eux, a croire que la redistribution des profits aux travailleurs (à tous même) est possible ! Mais je crois aussi que si on veut que les choses changent, faut commencer par arrêter de se faire bourrer le mou par les pro-capitalistes qui nous diront toujours que c'est le meilleur système mais qu'il a quelques failles…
à r_v
De Avril
21H40 | 16/07/2008 |
…des failles qu'ils se font payer avec l'argent publique. Même des banques font faillite en ce moment. Le capitalisme boursier est tout simplement la plus grande arnaque de tous les temps.
De Gotch
18H05 | 16/07/2008 |
Monsieur l'économiste, remballez votre argumentation. Tout cela pue, peut-être un petit peu moins que dans le cas général, mais franchement on ne peut vraiment pas dire que cela soit sain.
Les seules façon de placer son argent de façon éthique sont de devenir sociétaire de coopératives ou de mutuelles. Ou encore : si personnellement je gagnais le gros lot du Loto, j'achèterais un journal, afin qu'il soit indépendant de toute influence d'un gros actionnaire, et les bénéfices éventuels seraient obligatoirement recyclés dans l'entreprise. Pas de dividendes ! En fait, ce serait une coopérative d'un nouveau genre….
Eh oui, les Français dans leur grande majorité détestent l'argent gagné à ne rien faire qu'investir dans une société pour en tirer profit.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 20H51 | 16/07/2008 |
Non, mais je RÊVE, donnez-moi des claques, jouez de la trompette au pied de mon lit, que la raison me revienne, ne serait-ce qu'un instant !
Au moment même où :
(1) Les fonds américains de garantie des hypothèques Fanny Mae et Freddie Mac (30%+ du PIB des Etats-Unis) sont au bord de l'asphyxie ;
(2) La crise bancaire se poursuit (quand elle ne s'amplifie pas, allez savoir ! « On nous cache tout, on ne nous dit rien », disait l'autre), avec Lehmann Brothers comme prochaine victime ;
(3) Le magazine Fortune élabore des scénarios très sérieux sur ce dont le monde aura l'air si/lorsque le prix du pétrole aura atteint 1000 dollars/baril ;
(4) La décrue des bourses du monde s'accélère, au point que les meilleurs analystes s'en inquiètent, et dans tous les pays ;
(5) Des économistes renommés comme Elie Cohen parlent de crises à répétition dont la fréquence ne fait que s'intensifier depuis 20 ans (pétrole + bulle immobilière asiatique + bulle de l'Internet + éclatement de la dernière bulle immobilière du « monde libre » en ce moment même) ;
On vient nous vanter les vertus d'un capitalisme « moralisé » avec une candeur désarçonnante.
Le patron de la campagne présidentielle du candidat républicain Ford (qui faisait face à Carter, non moins moralisant que M. Landier, en 1976), John Morton, disait, en réponse à une question d'un journaliste, alors que les derniers sondages donnaient Carter gagnant :
- Mr. Morton, où en est la campagne que vous dirigez ?
- Je suis en train de faire ranger les transats sur le pont du Titanic. Cela dit, ça pourrait être pire : je pourrais être un concessionnnaire Chrysler [alors au bord de l'effondrement] en plein centre de Téhéran [l'Iran détenait toujours des dizaines d'otages américains].
Voilà au moins un partisan du capitalisme qui ne prenait pas des vessies pour des lanternes !
P.S. Les investissements « responsables » existent depuis des décennies, à commencer par ceux des riches universités privées américaines. Ca ne nous a pas empêchés de devoir désormais faire face à la plus grande dépression économique de l'histoire. On en rirait si les larmes n'encombraient déjà notre vue.
à Jaycib
De Avril
21H59 | 16/07/2008 |
Et si je puis me permettre Jaycib, tu as oublié les émeutes de la faim dans des pays pauvres, où les paysans ont capitulé face à des Monsanto qui font la pluie et le beau temps.
Retour au XIXe siècle.
Quant à Reagan et les otages à Téhéran, il faut rappeler que les otages sont libérés le 20 janvier 1981, le jour même du discours inaugural du président Reagan, nouvellement élu, et ne rejoignent les USA que le 27, à l'occasion de son investiture. Friedman, Reagan, Thatcher…la machine est lancée.
Encore une magouille pour se faire élire. Le capitalisme du désastre, profitant de chaque crise, chaque catastrophe, y compris naturelle, pour caser leur camelote, dont ils savent parfaitement que personne n'en veut.
http://www.naomiklein.org/main
à Jaycib
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 09H54 | 18/07/2008 |
Il y a une erreur dans la citation de J. Morton, dont je prie les lecteurs de m'excuser. C'est une erreur de « fusion », Morton ayant bien parlé du rangement « des transats sur le Titanic », mais n'ayant pu se référer à la quasi faillite de Chrysler ou aux otages US en Iran.
(La campagne de Ford s'est déroulée en 1976, alors que les otages ont été retenus par l'Iran en 1979.) J'ai mélangé deux citations différentes, et j'ai oublié le nom de l'auteur de la deuxième boutade.
De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 22H55 | 16/07/2008 |
… on rend l'investissement « éthique », et pis ensuite tout va pour le mieux du monde, le capitalisme est enfin parfait et on peut continuer à réduire la sphère de l'état ! ?
- Je crois que c'est ce que je viens de lire. Je relis le dernier paragraphe. En effet, c'est l'idée. Au secours -
Sérieux, M. Landier, vous pensez pas que y'a des problèmes intrinsèques au principe du capital qu'il faut contrebalancer avec des outils qui échappent au marché - étatiques, pour ne pas les nommer ? Et que d'ailleurs on a pas encore trouvé la bonne balance ?
Dans le premier paragraphe, vous avez l'air de déplorer que « seulement 22% [des français] approuvent l'idée que les propriétaires d'une entreprise peuvent être en droit de décider comment la diriger et quels dirigeants y placer ». C'est vrai que c'est le principe même du capital : les détenteurs du capital d'une entreprise en sont maîtres et peuvent même faire main basse sur les profits (les salauds).
Mais justement, ça pourrait être une VRAIE piste vers une économie durable : pourquoi ne pas massivement augmenter les droits de décision aux AGs et donc aux conseils d'administration des salariés, des consommateurs ou leurs représentants et des collectivités ?
De Marcus-Aurelius
Cadre Paris | 08H30 | 17/07/2008 |
» Si l'ISR parviendra à convaincre les Français qu'être actionnaire, cela peut signifier aussi transmettre des valeurs et que la Bourse peut fonctionner comme une démocratie qui additionne les aspirations de chacun, un grand pas aura été franchi.
Cette réconciliation des Français avec les mécanismes du capitalisme financier pourrait aussi signifier une réappropriation par la collectivité d'un sens de contrôle de son destin «
C'est le monde à l'envers sur R89… ou les nouveaux responsables ont un certain penchant pour notre empereur…
Quand on parle de “bourse” on ne peut pas se limiter à la seule considération de nos entreprises françaises (…)
Vous oubliez (très vite) les prises de participation, fusions (et pas uniquement sur le capital…) les accords commerciaux … etc. …
Vous pouvez compter sur les doigts d'une seule main, les familles qui détiennent l'économie mondiale ! !
La dynamique et “ l'ambition ‘ sont toujours les mêmes : l'enrichissement de quelques-uns ! !
Le résultat ? : malheureusement et de plus en plus au détriment et à l'appauvrissement des peuples ! !
Hélas, Augustin, et vous le savez très bien ! ! le monde fonctionne ainsi.
Pour quand des émergences nouvelles pour une économie du partage des ressources ? ?
Et par pitié ! ! je ne pense pas qu'aux salaires ! !
Cela étant dit, pourquoi ne pas avoir un débat sur les petites et moyennes entreprises ? ?
Car ce sont elles qui gonflent les recettes de l'état ! !
Que dire de tous ces artisans, entrepreneurs…, qui ont bossé toute une vie (et à la même entreprise, voir transmises de père en fils) et qu'à la fin de leur activité, on les considère pour des moins que rien ? ?
Faudrait aussi parler de ces grandes entreprises familiales et saines ! ! (il y en a un certain nombre ! ! ) qui n'ont jamais eu besoin de ces vautours de la bourse (pour certaines, depuis plus d'un siècle…)
Ils sont partis de rien, ont bossé dur et surtout ! ont su maintenir leur entreprise au travers le temps.
Et leur nom n'est pas forcement un nom à particule’ ! !
J'en connais quelques une, leurs clients en sont très satisfaits et les salariés (stables) considérés à la hauteur de leur travail ! !
Nom d'une pipe ! ! pourquoi sur R89, on ne lis jamais ce genre de débat ? ? ? ?
A part la critique, savent-ils vraiment prendre du recul ? ? et objectivement savoir discuter de ce qui nous touche de prés ? ?
Bonne journée
à Marcus-Aurelius
De Blaise11
Ich liebe mich | 18H26 | 17/07/2008 |
Salut Marcus-Aurelius,
C'est Onzus Blaisus.
Ils sont importants ces articles sortis de notre « opposition ». Ils permettent de nous faire comprendre leur vide sidéral et leur vue sacrément courte, voire négative, car empêtré dans un passé dont ils sont les responsables : nous savons ô combien c'est dur pour un individu de faire machine arrière, enfin, machine inverse plutôt.
Alors ils washent, ils washent et tentent de nous faire croire par la suite que ça smell like a flower…
Hè Landier, va falloir changer de laundry !
De Tophee
en haut a gauche | 09H37 | 17/07/2008 |
Un dernier point, mais qui est tres important :
Dire que la bourse est un endroit de democratie, c'est considere qu'un monde ou plus on est riche, plus on as de voix est un monde democratique. C'est ce que cherche certain, mais c'est tres tres dangereux.