Tribune

Les entreprises, oubliées du plan Internet du gouvernement

Par Olivier_Ezratty | Conseil en stratégies de l'innovati... | 20/07/2008 | 13H52

Le président de la République a décidé de faire de la France une « grande puissance du numérique ». Le gouvernement s'est alors lancé dans une démarche participative pour créer un plan permettant d'atteindre cet objectif. Un premier plan constitué de 27 pistes, publié le 29 mai 2008 par le secrétariat à la Prospective et à l'Economie numérique d'Eric Besson, a été soumis au débat. Avec plus d'une centaine d'ateliers organisés plus ou moins spontanément dans toute la France et sur des thèmes très variés couvrant aussi bien la cybercriminalité, l'industrie du logiciel, le haut débit, que l'administration électronique, l'éducation ou la santé.

Mais autant dans ces ateliers que dans les 27 pistes proposées par le cabinet d'Eric Besson, le thème de l'entrepreneuriat et des start-ups high-tech a été étonnamment marginalisé. Les propositions sont très axées sur le marché intérieur français, les télécoms, les usages et les contenus. Pourtant, l'industrie des TIC est encore une industrie d'offre plus que de demande.

Le gouvernement se demande bien pourquoi nous n'avons pas d'entreprises type Google en France, pourquoi notre industrie des TIC représente une trop faible part de la richesse nationale et de son PIB, pourquoi nos industriels locaux n'atteignent pas la taille critique, sans même atteindre celle de Google, et pourquoi notre marché intérieur ne suffit pas à faire décoller nos start-ups et pourquoi il est si mou, particulièrement dans les entreprises.

C'est pourquoi j'ai coordonné la création d'un plan permettant de faire réussir nos PME innovantes françaises. Conçu avec le concours de plusieurs associations professionnelles (Cyber-Elles, l'Echangeur PME Paris, la CCIP, le Réseau Echangeur, l'IE-Club), ce plan propose six priorités et décline 29 propositions qui complètent les 27 pistes de l'équipe d'Eric Besson. D'abord publié sur mon blog, il a été complété par une vingtaine de contributeurs (entrepreneurs, investisseurs, enseignants, accompagnants).

Miser sur les jeunes

Les grands acteurs de l'Internet et du logiciel américains ont été créés par des jeunes à peine sortis de l'université. Il faut accepter que les jeunes sont la clé de notre futur et qu'il faut leur faire plus confiance pour créer de la richesse : ils acceptent plus facilement le risque car ils ont peu d'obligations familiales, ils sont créatifs et anticonformistes, savent aller vite, et ont pris l'habitude des nouveaux modes de travail collaboratifs d'aujourd'hui. Ils ont bien entendu besoin d'accompagnement de personnes expérimentées mais celles-ci sont assez largement disponibles.

Le plan se propose de développer la sensibilisation à l'entrepreneuriat dès les collèges et lycées. Il propose d'augmenter le flux de créations d'entreprises dès la sortie de l'enseignement supérieur. Des mesures pratiques devraient faciliter la réalisation d'un stage sous la forme de création d'entreprise, son financement par des aides publiques, là où l'investissement privé n'intervient pas encore, et d'encourager les jeunes à intégrer des start-ups.

Développer la culture du risque

La culture de l'entrepreneuriat commence là. Il nous faut développer une véritable culture du risque et de l'ambition en France et dans ce secteur, avec une plus grande exemplarité des élites et une communication plus soutenue.

Nous voulons un Google en France ? Pour ce faire, il faut des centaines de start-ups de l'Internet bien financées. Il faut accepter que la majorité ne réussiront pas et ne pas pénaliser systématiquement l'échec. Il faut aussi rêver un peu, avoir de l'ambition, et voir grand ! Restructurer le financement de l'innovation

Ce financement est actuellement trop public –il représente environ un tiers du total dans les TIC– et donc pas assez privé ni assez élevé en masse au regard des Etats-Unis. De plus, les aides publiques sont très centrées sur la R&D alors que les lacunes de nos start-ups sont plus souvent situées dans le marketing, la vente et le développement international. Sans compter sa grande complexité et le financement disproportionné de grandes entreprises, peu efficaces structurellement dans la production d'innovations.

Le plan se propose de restructurer le financement de l'innovation en créant un vrai SBA (Small business act) à la française qui reprendrait les dispositions existantes aux Etats-Unis depuis 1958 qui créent une fiscalité très favorable à l'investissement privé dans le capital-risque, en consolidant les aides publiques, en simplifiant leur accès et en mettant au même niveau la R&D et le développement des ventes, du marketing et de l'international.

S'extraire du seul marché français

Les TIC ont ceci de particulier qu'en général, le succès économique est grandissant avec le volume des ventes. Les économies d'échelle sont en effet très grandes dans ce secteur d'activité (logiciels, Internet, composants) car les coûts élevés de R&D sont amortis avec le volume et les coûts variables sont relativement faibles. Le marché des technologies de l'information est mondial et pour y réussir, il faut absolument s'extraire du marché français qui est à la fois trop petit (environ 3% du marché mondial) et trop timoré. Dans de nombreux secteurs, le marché américain est incontournable pour faire une percée à l'échelle mondiale.

Il nous faut donc accélérer le développement international des PME innovantes dans ce secteur. En intensifiant l'octroi des aides au développement international, en encourageant aussi chercheurs et ingénieurs à contribuer aux travaux de normalisation et de standardisation du secteur. Et au passage, un coup de pouce de plus sur les échanges internationaux et sur la formation et l'usage de l'anglais seraient du meilleur effet.

Améliorer la chaîne alimentaire des start-ups

Bien au-delà du SBA à la française encourageant de manière timide la puissance publique à passer des commandes aux PME innovantes (intégré dans la Loi de modernisation de l'économie), il nous faut poursuivre les efforts de mise en réseau de ces dernières avec les grands groupes. Des approches sectorielles peuvent avoir un sens lorsque l'Etat peut les encourager : dans la santé, le tourisme, le haut débit, les contenus, comme dans l'administration électronique.

Tout ceci nécessite une dernière condition : la création d'un climat médiatique favorable à l'entrepreneuriat qui en met en évidence les valeurs positives tant humaines que pour l'économie du pays. C'est peut-être le défi le plus délicat à relever à l'heure des affaires portant sur la rémunération des dirigeants du CAC40 et d'un climat assez délétère autour de l'économique et des entreprises. Mais les pouvoirs politiques comme économiques de ce pays peuvent certainement prendre cela en main en développant une exemplarité inspiratrice pour le pays et notamment pour ses jeunes.

C'est qu'une question de volonté et d'ambition pour tirer le pays vers le haut.

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De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 14H42 | 20/07/2008 | Permalien

Je n'ai pas compté, mais on trouve dans ce texte un paquet de Il faut, Nous devons et autres invocations à des puissances peu définies.
Enfin, quand je dis peu définies… L'état, bien sûr. La puissance publique, autrement dit. Nous, pour être précis.
Eh bien, je dois dire que je commence à en avoir un eu ras la casquette. Voilà des années que les entreprises rognent sur le salaire indirect des salariés, exigent qu'on leur foutent la paix, qu'on les laisse travailler en paix et que l'état ne se mêle pas de leurs affaires. (D'ailleurs on a pu admirer le résultat…)

Miser sur les jeunes ? Et alors ? Attend-on par hasard une loi qui impose de miser sur les jeunes ? Ce n'est pas propre aux entreprises du numérique : les patrons français recherchent des jeunes qu'on puisse mal payer, certes, mais avec de l'expérience, et ça fait plus de vingt ans que ça dure. Cherchez l'erreur. Les entreprises françaises du numériques sont des entreprises françaises comme les autres, et basta.
Développer la culture du risque ? Et il faudrait que l'état la développe à la place des employeurs ? Sans compter que la culture du risque est très bien portante chez les salariés qui savent qu'on peut de plus en plus les jeter après usage. Le risque pour le salarié, la sécurité pour l'employeur (qui, vous comprenez, ne peut pas se permettre de naviguer à vue, n'est-ce pas… Comment on fait pour imiter l'accent bourge à l'écrit ? )
Restructurer le financement de l'innovation ? Trop public, pas assez privé : je suis bien d'accord. Soit, fort bien, mais les établissements de finance sont privés en France, que je sache (sauf quand ils perdent de l'argent, mais c'est une autre affaire). Ou veut-on dire que la collectivité doit garantir les prises de risques des entreprises ?

Bref, s'il est exact que les entreprises sont les oubliées du plan Internet du gouvernement, je m'en fous à peu près complètement et je vous le demande : qu'attendent-elles pour s'y mettre toutes seules comme des grandes ? Des subventions ? Eh les gars, et l'esprit d'entreprise dont vous nous bassinez ? Vous voulez du privé, faites du privé et lâchez-nous la grappe !

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Les mouches ne me trouveront pas as... | 14H49 | 20/07/2008 | Permalien

C'est un conseil en stratégie de l'innovation (ça ne s'invente pas) qui vante les vertus d'un toujours plus de la même chose qui pourrait peut-être - si on est assez naïfs pour le croire - ne pas produire plus des mêmes effets.
Ben voyons !
D'ailleurs il est tellement innovant qu'il a même adopté les tics langagiers du garçon de plage napolitain : « c'est qu'une question de… »

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Les mouches ne me trouveront pas as... | 14H54 | 20/07/2008 | Permalien

Ah ! Mince. J'avais po vu. C'est stratégies avec un « S ». C'est qu'y en a plein des stratégies alors !

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Conseil en stratégies de l'innovati... | 17H27 | 20/07/2008 | Permalien

Oui, il y a « des stratégies », pas « une stratégie ». Elles dépendent du contexte, de la boite, de son marché, de son ambition.

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Les mouches ne me trouveront pas as... | 17H42 | 20/07/2008 | Permalien

Votre remarque trouve sa confirmation dans le stratagème savoureux (excusez-moi, j'ai du mal à écrire stratégie dans ce cas précis) qu'on découvre un peu plus loin sous votre plume alerte : « @ tous … vous êtes les bienvenus pour faire des propositions relativement à l'objectif du plan. »

Vous ne manquez pas d'air. Vous êtes consultant et vendez donc à ce titre vos idées. Pourquoi voudriez-vous que nous, nous le fassions gracieusement ?

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Conseil en stratégies de l'innovati... | 20H07 | 20/07/2008 | Permalien

Jonas,

Il ne s'agit nullement d'un stratagème. Ce plan ne fait pas partie de mes activités professionnelles classiques. Je travaille en général pour des startups. Ici, c'est pour faire avancer le pays en général et je ne suis pas payé par le gouvernement pour réfléchir à la question !

Allez sur mon blog et vous constaterez que je partage pas mal d'informations avec mes lecteurs et sans leur demander quelque rémunération que ce soit. Ce n'est pas la manière de procéder de la plupart des consultants, j'en conviens.

Mais c'est un peu comme tous ceux qui ont des activités associatives, non rémunérées. Dans mon cas de figure, la partie associative et/ou non rémunérée tourne autour de sujets assez voisins de mes activités professionnelles. C'est assez courant dans le milieu de l'entrepreneuriat.

Portrait de FabiendeMénilmontant

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 15H52 | 20/07/2008 | Permalien

@ Thierry,

si tu vas sur le site de l'UMP, tu verras que des propositions y sont d'ailleurs appliquées. Je suis en train de préparer un sujet là-dessus. il y a même un bouton « agit'prop » comme au bon vieux temps.

c'est NKM qui en a la charge.

car, malgré les 370 000 adhérents affichés au 31/12/2007, il y en a tout au plus 200 000 à jour de leurs cotisations, contre les 200 à 270 000 du convent du 30 juin, où le motodidacte de Nice a été intronisé.

je te mets cent francs dans le cochon.

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de personne

De personne

14H18 | 20/07/2008 | Permalien

Militer pour une nouvelle bulle Internet, au moins ça a le mérite d'être original. le 4) me parait un peu hors sujet tellement il est daté, quel gros site français n'a pas de versions internationales de nos jours ?

Ce qui me gène moi c'est l'absence du 0) ne pas mettre en place une législation liberticide, fermé, lourde. Aujourd'hui une entreprise qui tenterait de mettre en place un service de VoD financé par la pub et dont la distribution se ferrait par Bittorrent serait a priori condamné parce que « le p2p c'est satan », des lois comme le Dadvsi et celles à venir, condamnent d'avance des technologies non pas pour ce qu'elles sont, mais ce pour quoi elles pourraient servir.

On ne peut pas demander aux gens d'avoir une culture du risque que la loi vous interdit.

Portrait de yapadebug

De yapadebug

14H24 | 20/07/2008 | Permalien

ouais ben essayez donc, comme moi, d'aller voir une banque en France pour lui demander un financement pour monter une start-up, et on en reparlera…

Les banques françaises perdent des milliards en jouant à la roulette sur les marchés financiers, mais pas question de risquer 5000 euros dans une entreprise innovante. Pour ça il faut aller aux USA.

Et après on s'étonne du retard de la France… Mais c'est pas étonnant, on a les banquiers les plus cons du monde !

Portrait de Jonas2

De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 14H39 | 20/07/2008 | Permalien

Morceaux choisis et arrangés sauce mauvais esprit :

Miser sur les jeunes, genre Bolloré, Bouygues, Dassault, Lagardère…
Développer la culture du risque, rêver un peu, avoir de l'ambition, et voir grand ! En confiant le bisness aux héritiers.
Restructurer le financement de l'innovation en créant une fiscalité très favorable […] en consolidant les aides publiques
S'extraire du seul marché français à la fois trop petit et trop timoré en intensifiant l'octroi des aides au développement international
Améliorer la chaîne alimentaire des start-ups au-delà du SBA à la française encourageant de manière timide la puissance publique à passer des commandes aux PME innovantes. Des approches sectorielles peuvent avoir un sens lorsque l'Etat peut les encourager.
Créer un climat médiatique favorable à l'entrepreneuriat qui en met en évidence les valeurs positives tant humaines que pour l'économie du pays en développant une exemplarité inspiratrice pour le pays et notamment pour ses jeunes.
« C'est qu'une question de volonté et d'ambition pour tirer le pays vers le haut ».
Et ben moi je dis que ce n'est pas qu'une façon de parler. C'est fou ce que l'État pourrait faire s'il avait assez de fonctionnaires.

Portrait de pablico

De pablico

19H15 | 20/07/2008 | Permalien

on a entendu, ré entendu, ce genre de discours pleins d'espoirs de de bonne volonté. ressassé tant et tant…. c'est toujours le même, il suffit juste de changer le sujet.
et après ….une petite souris nait, accouchée par la montagne de promesses, et de rêves..
cela lasse à force, surtout quand la souris est mort-né.

Portrait de jcs03

De jcs03

PME LILLE 59 | 15H25 | 20/07/2008 | Permalien

Aurions nous droit a une auto promotion de la part de l'auteur ! ! la grande nation numérique n'aurait elle point vue que le TGV a déjà quitté le quai ?
Nous bénéficierons de moultes plans ( « un premier plan » dans l'article ! ! , puis un second, puis un….)
et ensuite ….. NADA, Un Google à la Française ? basé lui aussi dans un paradis fiscal, ou est la retombée sur le plan national, ormis son financement par nos impôts
sans doute trop terre à terre, je n'ai pas du comprendre dans ma campagne. Mon Banquier je le connais, il est sans doute indentique au votre, dès que l'on parle investissement, la seule prise de risque est de notre coté ( cautions, maître mot avant signature …)
Un petit patron, pas là d'être coté en bourse lui…

Portrait de yapadebug

De yapadebug

15H36 | 20/07/2008 | Permalien

Si au lieu de faire des cadeaux aux millionnaires, on avait mis 15 milliards de prêts pour la création d'entreprises, internet ou autres, peut-être que le chomage et la sacro-sainte croissance s'en seraient mieux portés. De prêts, hein, pas de dons !

Portrait de el Chiquito

De el Chiquito

en promenade | 15H46 | 20/07/2008 | Permalien

En fait, l'injonction présidentielle (une de plus) c'est : il faut faire comme les américains, mais à la française ! où est la nouveauté ? encore une réforme qui n'en est pas une, encore un moyen d'occuper l'espace médiatique.

Portrait de FabiendeMénilmontant

à el Chiquito Portrait de el Chiquito De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 15H54 | 20/07/2008 | Permalien

bien vu !

Portrait de jcs03

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De jcs03

PME LILLE 59 | 16H01 | 20/07/2008 | Permalien

c'est connu quand on n'a pas de pétrole , on a des idées

Portrait de sinclair

De sinclair

15H57 | 20/07/2008 | Permalien

Pas compris grand chose à cet article (peut etre l'age ? ). J'ai ressenti cet article comme un exercice de langue de bois de niveau député. Les cinq points sont du type l'eau mouille.

Les 27 pistes tiennent un peu de cela c'est une suite de choses qui s'imposent a l'utilisateur et dont d'autres qui mériteraient une reflexion sur la place des libertés individuelles dans l'application.

L'ennui est que l'on prend les TIC en fait on aurait du dire NTIC (plus precis) qui ne sont qu'une partie des STI je pense comme une fin en soi alors qu'il ne sont qu'un moyen. Donc ce moyen est considéré comme objet principal d'étude (qui s'auto suffit par son modernisme) alors qu'il faudrait plutôt dégager en ce qui concerne l'état les buts souhaitable a atteindre. Là est sa place

Pour le reste c'est la pratique l'expérience sur le terrain qui s'impose comme pour beaucoup de moyens nouveau et ce depuis l'invention du feu.

Ainsi la reflexion devrait plutôt se tourner vers un encadrement. Voir ce qui se passe en bio technologie par exemple ce n'est pas envisager ce qui risque de se passer ( c'est déjà en train d'arriver)mais plutôt les dangers qui se présentent dans l'immédiat pour les espèces dont l'homme. Dans le cas d'internet qui n'est que la partie émergée de l'iceberg c'est des libertés dont il s'agit.

Portrait de Olivier_Ezratty

De Olivier_Ezratty (auteur)

Conseil en stratégies de l'innovati... | 16H25 | 20/07/2008 | Permalien

On voit à lire vos réactions que vous êtes assez fâchés avec l'économie et l'entreprise ! Que vous n'avez pas plus confiance en la puissance publique pour faire avancer les choses. Un peu à l'image de cette France qui se défie de tout.

On parle ici d'un enjeu industriel pour le pays qu'il pourrait être intéressant de creuser tout de même ! Plutôt que de le moquer par invective.

@Thierry Reboud : faire évoluer la culture du risque n'est effectivement pas évidente quand les élites ne sont pas exemplaires. Cela commence ici et des actes symboliques seraient du meilleur effet pour générer un entrainement. Sinon, avez-vous consulté le plan en détail et pas seulement l'article qui le résume ? Le plan cherche justement à éviter les « il faut » en proposant un certain nombre de mesures concrètes. Et il a été préparé de manière participative en intégrant de nombreuses contributions. Vos idées pour faire avancer le schmillblick sont les bienvenues !

@Jonas2 : les « tics langagiers » sont peut-être destinés à leur lectorat (dans la sphère publique…) : ).

@personne : non, il ne s'agit pas d'un appel à une nouvelle bulle Internet (on est en plein dans la bulle du web 2.0) mais des TICs en général. Cela comprend des marchés aussi divers que les composants, le logiciel, les applications verticales (santé, éducation, tourisme), la mobilité, etc. Il y a toujours des bulles dans les marchés innovants.

@yapadebug : oui, le financement privé de l'innovation est plutôt mal en point en France. Mais là où il fonctionne, comme aux USA, c'est aussi du fait d'une politique fiscale adaptée. Quand en France on loue le Small Business Act pour sa composante « achat public dans les PME », on oublie souvent ses autres composantes d'incitations fiscales au financement du capital d'amorçage. On peut faire des progrès en France pour faire évoluer la structure de notre capitalisme. Soyons un peu optimistes. D'accord avec vous sur le commentaire concernant le paquet fiscal, tout du moins pour certaines de ses mesures. La réduction des droits de mutation (donations et succession) a coûté quelques milliards, qui effectivement auraient mieux été investis ailleurs, plus orientés vers le futur (universités, fiscalité de l'investissement dans l'innovation, etc).

@jcs3 : un Google à la française dans un paradis fiscal ? Voilà encore du défaitisme. Il est clair que l'on n'est pas prêt d'avoir une société de la taille de Google en France. D'ailleurs, quand on parle de créer un « Google en France », il ne s'agit pas d'imiter Google dans son domaine mais de créer de grandes entreprises des TICs sur de nouveaux marchés porteurs. Au moins peut-on ambitionner de voir émerger quelques acteurs de taille critique (quelques centaines de millions d'Euros de CA, voire milliards) dans les TICs.

@el chiquito : c'est effectivement le risque que le « plan numérique » demandé par Sarkozy comporte. Sarkozy a lancé une ambition un peu en l'air, mais elle semble peu suivie d'effet. C'est un peu ce que je dénonce dans le plan, c'est ce qui l'a motivé. L'approche actuelle du gouvernement est trop tournée vers notre petit marché intérieur et manque d'ambition d'un point de vue industriel.

@sinclair : l'effet eau mouillée est lié à l'exercice de synthèse pas forcément évident de l'analyse de nos déficiences et des propositions qui suivent. lisez le plan et on discutons-en ensuite.

@ tous … vous êtes les bienvenus pour faire des propositions relativement à l'objectif du plan.

Portrait de Lohiel

à Olivier_Ezratty Portrait de Olivier_Ezratty De Lohiel

non-officiel89.forumactif.net | 17H14 | 20/07/2008 | Permalien

tiens revoilà le grand portnawak à la langue de bois

j'ai créé des entreprises, monsieur, dans le secteur du rédactionnel et de la culture

en 1980, ça marchait… bien bien bien !

en 2000, ça marchait encore un peu, mais déjà dur dur les journées… et pourtant c'était pas dans le délire de la bulle, auquel j'ai jamais cru… non, il y avait un marché, mondial ce coup-ci avec Internet, des clients (nombreux, satisfaits) et des « produits » bien pensés

mais de nos jours avec tous les bâtons qu'on met dans les roues à ceux qui voudraient s'en sortir comme ça… le poids de charges conjugué à l'appauvrissement de la clientèle (eh oui ! - donc baisse obligatoire des tarifs pratiqués)… tout cela donne qu'il faudrait bosser 28h par jour, WE compris, pour tirer un smic ET éviter les menaces de l'URSAFF et autres goules à l'affut…

c'est plus un goût du risque, qu'il faut, mon bon monsieur, mais un masochisme avéré et un fort instinct suicidaire… pour créer une entreprise en sarkozye.

Portrait de Olivier_Ezratty

à Lohiel Portrait de Lohiel De Olivier_Ezratty (auteur)

Conseil en stratégies de l'innovati... | 17H35 | 20/07/2008 | Permalien

C'est malheureusement ce que l'on entend partout maintenant. Que pour réussir, « les bons » n'ont qu'à s'expatrier dans la Silicon Valley. Et que ceux qui restent en France seront « petits » à jamais.

Mais est-ce vraiment une fatalité ? Ne peut-on pas renverser « pas à pas » la vapeur ?

Portrait de haiker

à Olivier_Ezratty Portrait de Olivier_Ezratty De haiker

00H43 | 22/07/2008 | Permalien

Pour cela il faudrait déjà briser une spécificité bien française : l'imense majorité des ingénieurs en informatique formés dans ce pays sont gâchés dans des postes de consultant en SSII où on leur demande de faire et refaire ce qu'ils savent déjà faire pour un salaire plus bas comparé à tous les autres métiers d'engineering et ce jusqu'à ce qu'ils soient vidés de toute envie de bosser dans ces conditions et 1) rejoignent une entreprise cliente pour des conditions de travail meilleures ou 2) partent à l'étranger où leurs compétences seront appréciées beaucoup plus raisonnablement.

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 17H20 | 20/07/2008 | Permalien

@Thierry Reboud : faire évoluer la culture du risque n'est effectivement pas évidente quand les élites ne sont pas exemplaires. Cela commence ici et des actes symboliques seraient du meilleur effet pour générer un entrainement. Sinon, avez-vous consulté le plan en détail et pas seulement l'article qui le résume ? Le plan cherche justement à éviter les « il faut » en proposant un certain nombre de mesures concrètes. Et il a été préparé de manière participative en intégrant de nombreuses contributions. Vos idées pour faire avancer le schmillblick sont les bienvenues !

Non, je n'ai pas lu le plan dans son entier. Pas plus d'ailleurs que je ne me suis laissé aller à commenter le plan dans son entier.
J'ai lu la synthèse que vous avez faite ici, et je n'ai pas commenté autre chose que cette synthèse. Je me dis, benoîtement, qu'elle doit tout de même vous convenir puisque vous avez eu (je présume) toute latitude pour l'écrire.
La confiance en la puissance publique ? Mais qui s'est acharné à la détruire depuis des années ? La vulgate néo-libérale (en peau de lapin, si vous voulez mon avis) du MEDEF relayée par la droite parlementaire ! Comprenez donc que je m'étonne qu'un chantre de l'entreprise (c'est votre droit et je n'en conteste même pas la pertinence) nous serve un texte dans lequel je lis (peut-être à tort, mais vous n'avez pas répondu sur ce point) quelque chose qui ressemble à faire passer la sébile pour les pauvres entrepreneurs nécessiteux… eh bien ça m'énerve, que voulez-vous !

Cela dit, je vous remercie, primo, d'avoir lu mon commentaire et, secundo, d'y avoir répondu. (J'aurais d'ailleurs peut-être dû commencer par là…)

Portrait de Olivier_Ezratty

De Olivier_Ezratty (auteur)

Conseil en stratégies de l'innovati... | 17H47 | 20/07/2008 | Permalien

Thierry,

Mon propos n'est pas de subventionner à tout crin les « pauvres entrepreneurs nécessiteux » (il ne me semble pas l'avoir écrit sous quelque forme que ce soit), mais précisément :

- De structurer différemment les aides publiques, trop morcelées, trop complexes et trop orientées sur le soutien à la R&D qui n'est pas le principal point faible des startups de notre pays.

- De créer les conditions, notamment fiscales, permettant d'augmenter le financement privé des startups dans les phases où il est déficient (précisément : dans l'amorçage entre 300K€ et 1m€, et dans le capital development après 5m€). C'est une condition pour faire passer les startups de l'état de TPE à celui de PME.

- Au passage, de favoriser l'actionariat salarié (BSA, etc) notamment pour encourager les jeunes à intégrer ces startups. Histoire de mieux partager les « fruits de la réussite ». Cela existe ailleurs, et même dans (trop peu de) boites françaises. Les entrepreneurs ne sont pas assez « partageurs » avec leurs salariés. Certains accusent la complexité du système (qui est réelle), mais il y a aussi un état d'esprit à changer.

Cordialement,

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 19H01 | 20/07/2008 | Permalien

Non, j'avais bien compris que votre propos n'était pas de, il s'agissait juste d'une figure de style.

Néanmoins…

Premièrement, structurer les aides publiques de telle ou telle manière, pourquoi pas. Mais, à ce compte, j'entends que soient également structurées les retombées (fiscales, sociales ou économiques) que nous pouvons attendre de ces entreprises subventionnées.

Deuxièmement, créer les conditions, notamment fiscales, c'est (selon moi) une autre manière de parler de subventions. Pourquoi, en effet, ne pas favoriser l'investissement capitaliste dans les entreprises ? Mais alors pourquoi ne pas favoriser les retombées fiscales de ces investissements qui auront été favorisés ?

Troisièmement, je suis extrêmement réservé d'une manière générale sur l'actionnariat salarié. Il suffit de regarder comment va la société contemporaine, notamment dans son aspect économico-social, pour constater que les intérêts des salariés ne coïncident que rarement avec ceux des actionnaires. Un actionnaire salarié, selon moi, risque beaucoup d'être celui qui se suicidera pour que son entreprise devienne florissante.
Singulièrement dans le domaine du numérique (rappelez-vous les premières start-up de la bulle), on a trop vu de salariés se faire littéralement escroquer (même si, je vous l'accorde, on a aussi vu quelques petits malins s'en mettre plein les poches). Je ne suis pour autant pas très convaincu (et, apparemment, vous non plus) que ces pratiques aient en quoi que ce soit favorisé l'éclosion d'une industrie numérique performante selon les critères habituellement retenus.

Quant à votre conclusion appelant à changer d'état d'esprit, je la partage. Je ne suis cependant pas très sûr que nous soyons d'accord sur la direction qu'il faudrait donner à ce changement d'état d'esprit.
Mais, pour le coup, c'est une tout autre question.

Portrait de Olivier_Ezratty

De Olivier_Ezratty (auteur)

Conseil en stratégies de l'innovati... | 20H21 | 20/07/2008 | Permalien

Thierry,

Les retombées devraient être de la création de richesse pour le pays, des emplois, et un apport à la balance commerciale du pays si possible. Après, la fiscalité « en retour » des entreprise étant proportionnelle à leur taille et à leur profit, plus on créé d'entreprises moyennes, plus le pays en bénéficie. Faut-il alors les surtaxer ? Je n'irai pas jusque là…

Il faut aussi noter que les aides à l'innovation sont souvent des prêts (remboursables, surtout en cas de réussite de l'entreprise…) et plus rarement des subventions. Les avantages fiscaux (pas d'impôt sur les sociétés les premières années, charges sociales, etc) sont assez génériques aux PME et pas spécifiques à celles du secteur des TICs.

Il y a un cas particulier, le Crédit Impôt Recherche, qui est une subvention déguisée à la R&D, mais qui dans la pratique profite surtout aux grandes entreprises profitables. Le bien fondé du CIR n'est pas évident, surtout celui de la loi de finance 2008 qui l'a déplafonné. Son coût est élevé et il aurait mieux fallu le dépenser dans les PME que dans les grandes entreprises. Là dessus, l'Etat n'est pas toujours impatial. Nombreux sont ses décideurs qui veulent favoriser les grandes entreprises, au détriment implicite des PMEs.

Pour l'actionnariat salarié, bien entendu, il y a des travers. Mais là, je ne parle pas d'investissement en actions réalisé par les salariés (un peu comme chez Enron…), mais d'avoir une part de la rémunération sous forme d'actions. Le risque est faible pour le salarié. Le retour pour eux dépend de la croissance de l'entreprise. Ces pratiques ont eu un impact dans les TICs, mais surtout aux USA. C'est un moyen de recruter sans avoir une masse salariale trop lourde au démarrage. Et c'est très motivant pour les salariés que de se voir associés à la réussite de leur entreprise. Mais je vous concède que cela requiert quelques conditions, comme un management motivant et avec une certaine éthique.

Portrait de thierry reboud

à Olivier_Ezratty Portrait de Olivier_Ezratty De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 22H20 | 20/07/2008 | Permalien

Je reconnais bien dans votre introduction la théorie du ruissellement qui veut que la richesse créée se diffuse de proche en proche dans toutes les couches de la société. L'enrichissement considérable des uns favoriserait l'enrichissement moindre des autres, et c'est la société dans son ensemble qui de la sorte trouverait un point d'équilibre optimal.
Arrêtez-moi si je me trompe, mais il me semble bien qu'il s'agit là de la doxa libérale. Une sorte de réincarnation tardive de la main invisible en quelque sorte.
Sauf que, dans le monde salarié où je vis, ça ne se passe pas tout à fait comme ça. Dans le monde salarié où je vis, ça ruisselle à peine (et même en-deçà de l'indice des prix à la consommation) pour les gens que je fréquente. Et pourtant, de la richesse, il s'en est créé en 20 ans !
Dans le monde où je vis, l'écart des revenus disponibles s'est considérablement accru depuis 20 ans, la spéculation rapporte plus que la rente, la rente plus que le capital, et le capital plus que le travail.
Pour tout vous dire, je ne suis pas plus enthousiaste que ça à l'idée que nous allions plus loin dans cette voie et je ne détesterais pas que la puissance publique se préoccupe aussi un peu de redistribution. Ce qui implique, non pas de surtaxer les entreprises, mais plus simplement de les imposer et d'en finir avec cette escroquerie que sont les allègements de charges (puisque les charges allégées, ce sont les salariés qui en payent le prix).

Que des entreprises bénéficient de prêts, je n'ai pas mon mot à dire. En revanche, quand ces prêts viennent de l'état, je coince un peu plus.
On nous a seriné pendant des années que l'état n'avait rien à faire dans la banque. Cette culture du risque que vous désirez tant nous inculquer, avez-vous songé à en faire profiter d'abord les banquiers ? Après tout, il me semble que c'est leur métier, non ?

Quant à ce que vous dites de l'actionnariat salarié, je dois dire que vous justifiez toutes mes craintes. Je vous cite : C'est un moyen de recruter sans avoir une masse salariale trop lourde au démarrage.
Où donc voyez-vous que le risque est faible pour le salarié ? Il n'est faible que si l'entreprise rencontre le succès.
Mais si elle échoue ? Le salarié n'est pas entrepreneur, que je sache, et je ne connais aucun entrepreneur qui souhaite qu'il en aille autrement. Pourquoi voulez-vous que le salarié prenne à son compte les risques qui reviennent par nature à l'entrepreneur ? Dans le cas où elle échoue, le travail du salarié n'aura pas été rémunéré à son juste prix, voilà ce que je vois.

Enfin, pour ce qui est de l'éthique dans l'entreprise, je ne partage pas non plus votre enthousiasme. Tout le monde, entrepreneurs en tête, s'accorde à reconnaître qu'une entreprise a des intérêts. L'éthique pour l'entreprise, c'est du même tonneau que les droits de l'homme pour un gouvernement : d'accord à condition que ça ne coûte rien.

Portrait de Olivier_Ezratty

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De Olivier_Ezratty (auteur)

Conseil en stratégies de l'innovati... | 07H41 | 21/07/2008 | Permalien

Un plan qui aide les startups est en effet facilement catalogué de néolibéral. On réoriente les aides ? Néolibéral. On revoit la fiscalité pour encourager les investissements privés ? Néolibéral. On veut favoriser l'actionariat salarié. Neolibéral. On rappelle que la France n'est pas isolée dans ce monde, qu'elle doit faire face avec ses forces et faiblesses à la concurrence du reste du monde sans rester les bras croisés ? Néolibéral.

La redistribution ? La France est l'un des pays du monde où elle opère le plus, même si elle n'est pas toujours équitable (notamment pour les classes moyennes).

Les allègements de charges ? Oui, il y a un leurre dans le système. Au sens où l'on aide artificiellement les emplois faiblement qualifiés, alors qu'il faudrait plutôt (ou aussi…) tirer l'emploi vers le haut en favorisant l'émergence d'emplois qualifiés. D'où l'intérêt d'avoir plus de « PME de croissance » dans les secteurs de pointe.

Pour les salaires des jeunes dans les startups, le risque est faible pour le salarié si son salaire est décent. Mais il y a une pratique bien connue qui ne renvoie pas du tout l'ascenseur aux jeunes : l'appel à des stagiaires pour compenser le manque de moyens. Une startup bien financée (on reboucle…) y fait moins appel ! Il est frappant d'entendre nombre d'entrepreneurs se plaindre du manque de flexibilité du travail, de la peur d'embaucher du fait du coût du licenciement. Et de les voir demander des modifications qui font penser au CNE et au CPE. Que l'on a peut-être eu le tors d'enterrer dans les emplois hautement qualifiés.

Côté éthique de l'entreprise, je partage votre méfiance. Le « capitalisme », les « grands patrons », les « grandes fortunes », les « banquiers » ne sont pas exemplaires dans ce pays, et en général. Pourtant, changer la donne dépend beaucoup d'eux, d'une évolution de leurs comportements. Je n'ai pas la recette miracle, mais une part de la solution est chez eux, et elle dépend d'un petit nombre de personnes.

Mais au fait, il y a-t-il un pays de référence idéal et existant d'un point de vue à la fois politique, social et économique ?

Portrait de thierry reboud

à Olivier_Ezratty Portrait de Olivier_Ezratty De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 09H10 | 21/07/2008 | Permalien

Là, j'ai un peu l'impression que vous faites semblant de ne pas comprendre ! Le plan n'est sans doute pas néo-libéral, mais sa finalité (le fameux ruissellement) l'est bel et bien. (Et du reste, je me demande même si le néo n'est pas de trop…)
Et justement c'est bien le point qui me gêne : si la finalité est libérale, il serait cohérent que le plan le soit aussi et en appelle un peu moins à une solidarité dont (compte tenu de la mode actuelle) je me demande si elle sera payée de retour.

Pour le reste, votre analyse n'est évidemment pas irrecevable. Elle s'inscrit dans un cadre et dans une évolution qui ne me satisfont pas et dont (semble-t-il) vous vous accommodez ou, du moins, que vous choisissez d'accompagner plutôt que de les changer. C'est un choix respectable, mais ça n'est pas le mien.

Sur votre question de conclusion (le pays de référence) : non, évidemment non. Mais la question serait plutôt de savoir dans quelle direction nous souhaitons aller. Il paraît manifeste que nous n'avons pas la même perspective.

Portrait de haiker

à Olivier_Ezratty Portrait de Olivier_Ezratty De haiker

01H24 | 22/07/2008 | Permalien

Au « passage » ? ? ?
Pourquoi au contraire ne pas commencer par là ?

Une piste jamais évoquée de plus juste rémunération apte à inciter des compétences à rester en France serait de reverser des droits d'auteur au créateur d'un logiciel, à l'instar d'autres secteurs ou l'auteur de l'oeuvre, et non pas uniquement son propriétaire légal, possède des droits dessus.

Pourquoi un logiciel mal écrit qui sera peu déployé dans une entreprise cliente avant d'être abandonné serait rémunéré au même niveau à son auteur qu'un très bon déployé massivement ? Au sens droit d'auteur, c'est une abérration.

Au sens méritocratique, c'est encourager le vite-fait-mal-fait. Pour aider l'innovation, il faudrait encourager plus le savoir faire, la qualité, la solution innovante qui dure dans un secteur où tout ce qui ne convient pas parfaitement est encore plus vite remplacé par autre chose (pas forcément meilleure, d'ailleurs) que dans nul autre secteur.

En gros, récompenser les auteurs, et pas uniquement les « majors » pour lequels ils ont dû signés, faute de trouver la ch'tite société indépendante qu'ils cherchent en nombre, trop souvent à l'étranger.

Portrait de sinclair

à Olivier_Ezratty Portrait de Olivier_Ezratty De sinclair

20H24 | 20/07/2008 | Permalien

L'eau qui mouille était parce que finalement je suis un gentil. Mais votre article a comme des regrets de la fin de la bulle internet. Peut être voudriez vous la revoir gonfler ?

L'analyse de nos déficiences et des propositions et la synthèse que vous en faites a reçu le maximum d'attention dont je suis capable (limitée c'est vrai) en vain

Mais sachez que tout ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et que si vous êtes si incompris c'est que vous avez soit un problème de capacité pédagogique tiens ça me rappelle des choses soit vous ne maitrisez pas bien le sujet soit vous vendez votre marchandise avec des arguments très partiaux.

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