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Scoop : découvrez le tableau des médailles des Jeux 2008
Par David Servenay | Rue89 | 28/07/2008 | 19H52
Grâce à des modèles scientifiques, on peut prévoir les résultats des pays participants selon des critères économiques et sociétaux.

Vous êtes nul en sport ? Vous voulez briller en annonçant, avant tout le monde, le bilan des médailles des pays participant au JO de Pékin ? Alors, plongez dans le dernier numéro de la Revue d'économie politique. Résultat : tiercé gagnant habituel (Etats-Unis, Russie et Chine), progression de la France (36 médailles) et un critère déterminant du succès sportif, le développement économique.
Comment calculer le nombre de médailles susceptibles d'être gagnées au cours des trois semaines des Jeux ? Madeleine et Wladimir Andreff et Sandrine Poupaux ont rassemblé une vingtaine d'articles de la littérature scientifique pour établir les critères déterminants de ce classement.
Deux d'entre eux sont essentiels : le PIB par habitant et la taille de la population. En clair, plus un pays est riche et peuplé, plus il a de chances de moissonner les titres olympiques. Mais il y a plusieurs modèles, comme l'explique Wladimir Andreff :
La suite est plus innovante. Les chercheurs dégagent plusieurs variables non-économiques susceptibles de déterminer la performance :
- Le régime politique, où l'on découvre que les anciens pays communistes à économie planifiée (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, ex-RDA, République tchèque, Slovaquie et Slovénie) s'en sortent plutôt bien.
- En revanche, les mêmes pays ayant moins bien réussi leur transition économique (Russie, Asie centrale, Mongolie, Vietnam, Ukraine) reculent.
- Les pays communistes à économie planifiée (Corée du Nord, Cuba) ont beaucoup plus de chances de briller.
- L »influence culturelle, liée à l'histoire et à la tradition spécifique d'un pays, développe une ou plusieurs disciplines d'excellence (Kenya dans les courses de fond, haltérophilie bulgare, sprint en Jamaïque…).
Mieux, en intégrant aux modèles existants des données micro-économiques (la chance d'un athlète de parvenir en finale de sa discipline et de la remporter, par catégories de sports), les économistes et la mathématicienne (Madeleine Andreff) aboutissent à des résultats encore plus précis. En résumant, deux modèles sont utilisés pour alimenter le tableau des prévisions : modèle Togit (macro-économique par nations) et modèle Logit (données individuelles). Ce dernier est plus optimiste pour les petites nations, pessimiste pour les grosses écuries, comme le montre ce tableau.

Au jeu des prévisions, les Chinois sont modestes
Le petit jeu des prévisions fait partie de la tactique habituelle de conditionnement des nations olympiques : comment impressionner l'adversaire, sans prendre le risque d'être ridicule ? Commençons par les cadors. Le match idéologico-sportif de cette édition 2008 est évidemment le duel Chine/Etats-Unis. Champion toutes catégories depuis des lustres, l'empire américain domine la scène des JO. Derrière, l'étude de la Revue d'économie politique penche pour la continuité, avec un tiercé Etats-Unis, Russie, Chine :
Certains chercheurs envisagent un retournement historique à Pékin. C'est le cas du professeur Simon Shibli de la Sheffield Hallam University (Grande-Bretagne) qui, dans une étude récente, voit la Chine en tête dans la course aux médailles :
« Nous prévoyons qu'elle remportera 46 médailles d'or, ce qui dépasse probablement les prévisions des autres. C'est une estimation maximale, mais c'est ce que les données nous disent. Si la Chine remporte ces 46 médailles d'or, dans le contexte actuel, ce sera plus que suffisant pour finir en tête. »
Sachant que la Chine était déjà deuxième à Athènes sur les médailles d'or, devant la Russie. Les principaux intéressés sont très modestes. Lors d'un entretien avec la presse, Zhang Haifeng, porte-parole de l'Administration générale des sports, s'avance prudemment :
« Nous nous efforcerons de faire mieux que 32 médailles d'or. »
Mais, comme le souligne nos confrères d'Associated Press :
« Le système étatique du sport en Chine a ciblé cinq sports qui représentent le quart des 302 médailles d'or distribuées. Il s'agit de la boxe, du cyclisme, de l'aviron, du tir et de l'haltérophilie féminine. La Chine espère aussi une razzia sur trois sports qu'elle domine : le plongeon, le badminton et le tennis de table. »
Une seule étude place la Chine en tête des médailles, celle du cabinet de conseil des JO !
Parmi les études divergentes, notons celle du cabinet d'audit et de conseil PricewaterhouseCoopers. Une analyse qui reprend les mêmes critères, mais parvient à un résultat tout différent :
- La Chine sort grand vainqueur, à la première place, avec 88 médailles (+ 25 par rapport à Athènes).
- Les Etats-Unis sont défaits, deuxième place, avec 87 médailles (- 16 par rapport à Athènes).
- La France recule légèrement, à 30 médailles, mais maintient son septième rang mondial de 2004.
Est-ce bien sérieux ? Un indice permet de douter de la qualité de cette prévision. Il s'imprime en toutes lettres, juste après le tableau analytique :
« Le comité d'organisation des Jeux de la XXIXe Olympiade à Pékin (BOCOG) a choisi PricewaterhouseCoopers en Chine pour être fournisseur officiel de conseil des Jeux olympiques de Pékin. PricewaterhouseCoopers a pour mission d'accompagner le BOCOG dans la conception du budget, la planification financière et le contrôle interne des Jeux olympiques de Pékin 2008. »
Sans commentaire.
La France devrait légèrement progresser à 36, voire 40 médailles
Reste le cas français. Les chercheurs mettent en évidence la continuité des résultats tricolores, fruit à la fois d'une culture sportive performante dans certains sports (natation, judo, athlétisme) et des critères fondamentaux retenus. Les explications de Wladimir Andreff :
Une prévision reprise par tous les responsables politiques : du secrétaire d'Etat aux Sports, Bernard Laporte, à la ministre titulaire Roselyne Bachelot, en passant par le président du Comité national olympique sportif français, Henri Sérandour : 35 médailles est le niveau plancher retenu.
Question subsidiaire à l'exercice : est-ce que la performance sportive entraîne un gain de croissance économique ? Le cliché est régulièrement véhiculé après chaque grande victoire sportive. Il est d'ailleurs repris par Feng Jianzhong, le vice-ministre de l'Administration générale du sport, qui juge l'opération très productive : « Absolument, et pour chaque centime. »
Faux, rétorque Wladimir Andreff, pour qui rien ne vient étayer ce retour sur investissement :
Pour un bilan des courses, rendez-vous le 25 août.
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à Jana
De le _grand_clown_malade
if 6 was 9 | 14H12 | 31/07/2008 |
Du pain et des jeux…
De crepon
moi | 20H52 | 28/07/2008 |
C'est le modèle Tobit (http://en.wikipedia.org/wiki/Tobit_model), et non togit..
De voyageur71
victime de l'etat | 21H02 | 28/07/2008 |
tobit or not tobit ? (le chat qui expire )
à voyageur71
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 21H38 | 28/07/2008 |
j'attise la question…
De sam09
21H19 | 28/07/2008 |
Un site intéressant, et édifiant, sur le sieur Pierre de Coubertin…
http://rleb07.free.fr/opinions/coubertin.html
à sam09
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 21H42 | 28/07/2008 |
Il ne s'en est jamais caché… mais je n'avais pas trouvé ce lien afin de rédiger ceci :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/04/flamme-olympiqu.html
sur la grandeur des nations (la flamme n'existant que depuis le Führer).
à sam09
De JEAN.GISQUAND
18H51 | 29/07/2008 |
A propos de Coubertin, il est prévu que le français soit une des langues officielles au J.O. Au jour d'hui, rien en français au village olympique. Devinez qui a protesté et demandé aux chinois de respecter les règlements ?
C'est l'ambassadeur de Côte d'Ivoire à Pékin.
De skalpa
actif et militant ? | 21H26 | 28/07/2008 |
Et oui, plus besoin d'organiser les JO…

Plus de sportifs dopés…
Plus de boycott de la Chine…
C'est beau, l'an 2008, ça a un goût d'an 2000…
Les JO du futur, merci le virtuel !
http://kprodukt.blogspot.com
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 21H42 | 28/07/2008 |
Combien de médailles pour la France ? COMBIEN ? Laissez-moi rire à gorge déployée ! Excusez ma grossièreté, c'est l'effet de la « prospective », sans doute ! Pour sûr que c'est pas de la science !
Rien de personnel, bien sûr…
De netchou
assis devant le clavier,m'sieur le ... | 21H44 | 28/07/2008 |
Moi,bin j'ai pris mes 3 semaines de congés annuels et je me suis payé l'ECRAN PLAT de mes rêves avec l'aide de m'sieur C.Telem.Les jeux zolympiques c'est comme le tour de France ,ça passe mieux à la télé…Et moi je vais vous les décompter les médailes,grâce au poster dépliant dans télémoche,y aura plus qu'à mettre les croix dans les cases. ; -))
De léo solo
22H08 | 28/07/2008 |
Tout ceci
ne nous dit pas
oui, ne nous dit pas qui
va avoir le plus de médailles de bonzes
De Bigseb
Blazé | 22H21 | 28/07/2008 |
Moi je boycott de B* à Z.
*(je risque de céder a l'ouverture, j'adore les feux d'artifice)
De personne
22H51 | 28/07/2008 |
« La variable pays hôte, qui joue toujours un rôle dopant. »
Et la variable des dopants qui joue toujours un rôle sur le nombre de médailles… sans compter sur les petites tricheries d'age sur les participant(e)s.
De Parisienne de Xian
23H22 | 28/07/2008 |
Je crois que la Chine a toutes ses chances.
Si l'on tient compte des critères ci-dessus : pays ex communiste / planifié, l'organisation dans la course aux médailles : le sport n'a rien de ludique ni de populaire en Chine, mais d'un entrainement de professionnels dès le plus jeune age. Tant pis pour les perdants, ceux qui n'auront brillé que localement, ils sont jetés sans ménagement surtout s'ils souffrent de séquelles physiques.
Par contre, comme le dit avec beaucoup d'humour Sam09, la médaille du tir revient sans discussion, avec le superbe palmarès de 6 à 10 000 exécutions par an. L'Iran a beau mettre les bouchées doubles en ce moment, les militaires chinois sont imbattables.
De N.MARECHAL
12H20 | 31/07/2008 |
La Monnaie de Paris frappe de superbes médailles.
Pourquoi aller en Chine alors qu'on a tout ce qu'il faut chez nous.
Qu'est ce qu'on peut perdre comme temps en paperasse quand même.
Un peu d'humilité s'il vous plait… on sait bien qu'on est les meilleurs…
Epicètou
De Adibou
00H55 | 29/07/2008 |
En tout cas ces breloques sont moches, sans âme, et en plus forgées sur le dos de la démocratie et des droits de l'homme… Rien que du toc !
Même pas envie de regarder ces jeux…
De mickafrench
Ecossaise, un physique de rêve avec... | 06H54 | 29/07/2008 |
Des nouvelles de Micka FRENCH…
AND THE WINNER IS…
C'est un peu « l'Heureuse vision de la chanson », mais en plus musclé…
Avec les compliments de Micka FRENCH…
http://mickafrench.unblog.fr
« Les plus grosses queues ne font pas les meilleurs fruits » sur UNBLOG…
De Phil2922
Retraite invalidité | 07H18 | 29/07/2008 |
Et oui, la Chine terminera en tête pour la simple raison que les athtlètes chinois sauront où se trouvent les plus gros nuages de pollution et ainsi où pouvoir couper dans les virages… ! Il fut un temps où le dopage faisait, surtout, gagner les pays de l'Est, Aujourd'hui, la pollution va peser dans la répartition des médailles. Jean-Louis Borloo vient de demander à Bernard Laporte de poser la candidature française autour des centrales nucléaires françaises… ! !
http://phil195829.overblog.com
De velvet
citoyen | 08H50 | 29/07/2008 |
et au tableau des médailles des droits de l'Homme ? ? ? ?
De Victor103
enseignante | 09H02 | 29/07/2008 |
« La variable pays hôte, qui joue toujours un rôle dopant. »
A lire au premier ou au second degré ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
De mazingerB
09H03 | 29/07/2008 |
Je ne comprends pas trop bien l'interet d'un tableau du nombre BRUT de medailles.
Pourquoi ne pas faire le classement au ratio, en fonction du nombre de sportifs engages ? (tres rapide Google search ; USA et Chine, environ 650 athletes engages pour chacun.. France 150)
Ou a defaut, considerer un classement comme celui ci :
http://www.unusualmaps.com/olympics.html
De magaliesimon
célibataire | 09H07 | 29/07/2008 |
Après les sportifs dopés, voici les résultats des JO 2 semaines avant leur début ! Comment mieux déconsidérer la performance sportive qu'en présentant ce genre de tableau… Et comme un « scoop » qui plus est !
http://www.jesuisencolere.com
De barounet
sociétaire du pestacle | 09H36 | 29/07/2008 |
En ce qui me concerne, les probabilités que je passe plus de 5 minutes devant ma télé durant ces J.O. sont quasi nulles. Alors quel pays va gagner le + de médailles, j'en ai absolument rien à cirer…
Les J.O. c'est pas la fête du sport, c'est le business des sponsors. Et des J.O. qui se déroulent en Chine, ça dépasse l'entendement…
De alexandrinho
étudiant | 10H43 | 29/07/2008 |
Très bon article -encore- de la part de rue89. Il reste plus qu'a revoir cet article après les jeux. Cet article est à la convergence de la modélisation mathématiques, macro-économie, sociologie, histoire et du sport. C'est cet aspect pluridisciplinaire que semble être le plus intéressante de cet étude.
Je serai curieux de connaître leurs méthode de modélisation. C'est peut-être ça le plus intéressant finalement.
www.bim-manners.com
De breakfast
10H55 | 29/07/2008 |
Etats unis 1er
et que dire alors du dopage et dérapages en tous genres peut-on enfin dire qu'ils sont number one la dessus ! .
Mon blog amazigh
http://tamilaamazigh.skyrock.com/
à breakfast
De Alain Pacifique
22H50 | 29/07/2008 |
question dopage, moi je marche à l'EPO. Eau, Pastis , Olives.
De The last Puppet
Etudiant | 11H04 | 29/07/2008 |
Ce genre d'article est intéressant mais pas marrant !
le point fort du sport c'est son imprévisibilité.
à The last Puppet
De léo solo
19H42 | 29/07/2008 |
L'article est victime du syndrome de la spéculation.
On mise (parie) sur le cours
de
lor'
de
la rgent
et aussi sur
le cours du bonze
De Econométre
Etudiant | 11H07 | 29/07/2008 |
Bonjour,
Ayant un formation tres quantitative, je peux vous affirmer sans me tromper que cette étude n'est pas sérieuse.
Les modele TOBIT et LOGIT (qui font partie de l'econométrie des variables qualitatives, ne peuvent etre utilisé pour prédire ce n'est pas leur fonction originelle) font appel à une notion fondamentale celle de l'identification des variables du modeles, sans cela le projet tombe à l'eau.Cette notion tres complexe à mettre en oeuvre (notamment dans ce genre d'études qui ne sert strictement à rien(sauf à discréditer notre noble discipline qu'est l'économétrie.En france, seul quelque personne(M.Jean Marc Robin et quelques uns de ces élèves) sont capable d'utiliser l'identification.
à Econométre
De vieux grincheux
libre penseur | 12H41 | 29/07/2008 |
Problèmes épistémologiques de l'économétrie
C'est au départ dans le but de faire coincider les théories économiques avec les données, que les économistes ont mis en place tout un ensemble de techniques économétriques. Leur objectif était de déterminer quels modèles économiques pouvaient être considérés comme les plus vraisemblables. Ainsi, en s'appuyant sur un processus de sélection des modèles de type poppérien (les modèles les moins vraisemblables devant être progressivement éliminés), ils espéraient pouvoir approcher au mieux la réalité économique sans avoir à intervenir sur elle. Toutefois, cette amélioration fut loin d'être systématique. Ceci, malgré une perfection croissante des techniques économétriques. La haute technicité mathématique en économétrie ne doit donc pas masquer le fait que l'économie ne peut prétendre devenir : d'une part une science expérimentale au même titre que la physique, la chimie, la biologie ou la psychologie expérimentale, et d'autre part une science d'observation aussi précise et « neutre » que la cosmologie ou la démographie.
Sans prétendre à l'exhaustivité, on peut y voir plusieurs raisons :
* Des raisons d'ordre éthique
Au niveau macroéconomique, une expérience de grande ampleur pourrait plonger un pays dans la récession et engager ainsi la vie de millions de personnes. Au niveau microéconomique, toute intervention concurrencerait les agents déjà impliqués sur le terrain. D'une manière générale, toute forme d'expérimentation qui implique des personnes humaines pose d'évidents problèmes éthiques.
* Des raisons qui concernent la spécificité des agents économiques
Certaines théories et prédictions économiques ne peuvent être directement testées par l'expérimentation, car il n'est pas possible de répliquer tous les phénomènes économiques dans des conditions de laboratoire, notamment quand l'objet d'étude est trop vaste (de la taille d'une nation ou plus). D'autre part, dès qu'ils prennent connaissance des lois économiques, les agents peuvent modifier leurs comportements (l'exemple typique est la prophétie auto-réalisatrice). En outre, les comportements sociaux sont complexes et toujours soumis à une forte part d'aléas, d'irrationalité, et de libre-arbitre. Qui plus est, la réalité économique est souvent très changeante. Il est alors difficile de comparer les variables économiques sur de longues périodes, car les conditions économiques peuvent varier du tout au tout. Enfin, derrière les choix économiques se cachent très souvent un choix politique sous-jacent qui se produit à l'intérieur d'un environnement social spécifique ; ce qui ne manque pas de soulever le problème de savoir si les lois économiques sont des lois naturelles, ou si elles sont le résultat de l'intervention volontaire des agents économiques.
* Des raisons épistémologiques
Les variables retenues pour cerner l'objet économique peuvent être plus ou moins orientées en fonction de certaines finalités propres à l'observateur (celui-ci ne montrera qu'un aspect partiel et partial de la réalité économique). Autre point, différents tests peuvent conduire à la validation d'hypothèses antagonistes, car la variabilité des techniques économétriques, des configurations historiques, des données disponibles, et les incertitudes théoriques, ne permettent pas toujours de trancher entre différents modèles. Et enfin, le rejet d'un modèle n'implique pas nécessairement que ce modèle soit irréaliste. Il indique seulement, que sous certaines conditions, qui ne se reproduiront pas nécessairement, un modèle a une forte probabilité d'être irréaliste ou faux. Dernier point, sur le plan méthodologique, le recours aux mathématiques en économie est sujet à caution pour de nombreuses raisons (variabilité du comportement, complexité de l'objet d'étude, fluctuations erratiques des prix, corrélations peu robustes entre les variables, etc.)
Bref, l'économétrie est bien loin d'être une « science dure ». Cependant, si on fait abstraction de ces nombreuses difficultés, il faut admettre qu'elle a fait preuve d'une certaine efficacité pour mesurer l'impact des politiques macro-économiques. La partie « validation des théories » faisant quant à elle l'objet d'interminables controverses.
D'autre part, on remarquera que le succès de l'économétrie ne fait pas forcément l'unanimité chez les économistes. Certains penseurs de l'école autrichienne comme Ludwig von Mises, contestent l'intérêt de la formalisation du comportement économique. De plus, comme John Kenneth Galbraith l'avait noté, l'économie professionnelle est organisée hiérarchiquement : économie hétérodoxe à la base, économie néo-libérale au sommet et les formes les plus mathématiques de l'économie néo-libérale à la pointe. On se doute bien que ce classement hiérarchique crée des dissensions au sein de la communauté des économistes, dont certains membres refusent d'adopter un formalisme mathématique jugé parfois excessif et superflu.
Il faut aussi noter que récemment, l'économie expérimentale, nouvelle branche de l'économie consistant à effectuer des expériences de laboratoire pour tester les modèles micro-économiques, est venue concurrencer l'économétrie sur le terrain de la validation des théories. Les résultats qui émanent de cette nouvelle discipline sont souvent en contradiction flagrante avec les hypothèses qui sous-tendent les modèles écométriques fondés sur des modèles d'équilibre général, ce qui tend à réduire la portée heuristique de la micro-économétrie.
source wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conom%C3%A9trie
Votre dévoué Vieux Grincheux