experience

Pendant tout le mois d'août, je vois la vie en bio

Par Zineb Dryef | Rue89 | 24/08/2008 | 16H57

Au péril de mon portefeuille, je ne consomme que des produits bios. Plus qu'une alimentation différente, un nouveau mode de vie.

Au rayon boisson d'un supermarché classique, une section bio (Audrey Cerdan/Rue89).

Depuis le 1er août et jusqu'à la fin du mois, je consomme bio pour « comprendre » ce mode d'alimentation, de consommation et de vie. J'ai le profil parfait pour m'y coller : je n'y connais strictement rien, je ne cuisine pas beaucoup, je mange dehors et j'ai un emploi du temps chaotique.

J'ai un petit avantage : en plein mois d'août, à Paris, les copains sont en vacances et mon agenda de sorties est très, très léger, ce qui évite certains dilemmes -j'y reviendrai.

Premiers pas

Commencer à manger bio met tout de suite face à une évidence : on passe notre vie à manger (j'inclus la boisson) ou à s'organiser pour le faire. « On prend un verre ? “, ‘On passe à table’, ‘Je vais chercher du café, qui en veut ? , Vous (re)prendrez bien un peu de…’ OK. Comment fait-on quand on mange bio et que près de 99% des commerces, bars et restaus ne le sont pas ? On s'organise.

A commencer par les courses. Direction le supermarché bio. Une copine m'avait prévenu : ‘C'est comme les commerces en Norvège ; tu ne reconnais aucun produit.’ Bon, elle a un peu exagéré. On reconnaît des formes, mais le dépaysement est total. Les emballages sont globalement tristounes. Certains affichent d'ailleurs ostensiblement la mention ‘l'emballage ne compte pas’.

Pour la consumériste sans âme que je suis -société, tu m'as eue- un emballage blanc-vert, ça veut dire médicament ou régime. Je fais un effort, je remplis mon panier de promesses de goût et d'équilibre, en prenant garde à n'acheter que ceux sur lesquels je vois le fameux label vert pommme AB (Agriculture biologique) :

  • Deux épis de maïs sous vide : 2,90 euros
  • Quatre pêches : 3,37 euros
  • Cinq litres d'eau : 3,70 euros
  • Deux yaourts à l'abricot : 1,73 euros
  • 250g de beurre demi-sel : 2,90 euros
  • 250g de café moulu : 3,58 euros
  • Deux croque tofu : 2,35 euros
  • Six jus de raisin (20 cl) : 6,42 euros
  • Une boîte de cookies : 2,58 euros
  • 160g de taboulé : 2,85 euros

Pour 700 g de pain de mie, il faut débourser 4 euros en moyenne. Astuce : le pain de la veille est en promotion. Un internaute nous a fait parvenir un mail : ‘Chez Carrefour la boule bio de 500 grammes vient de passer de 1,10 euros à 1,80 euros, soit 63,64 % d'augmentation.’ Un copain, ex-bio et fort de son expérience, se montre critique : ‘T'as qu'à le fabriquer, ton pain.’ Evidemment. Pour ceux qui veulent se lancer, c'est par .

Au supermarché bio, on trouve aussi pizzas, frites et poisson pané surgelés. Pire, du foie gras, alors qu'il est impossible d'en produire de façon bio (mais les canards sont gavés au maïs bio, ce qui est un moindre mal, m'explique-t-on). Evidemment, ces produits ne sont pas tous certifiés AB mais sont ‘naturels’. On y reviendra.

Panier bio dans un supermarché classique (Audrey Cerdan/Rue89).

Direction un supermarché pas bio. Certaines grandes surfaces casent tout ce qui est bio dans un coin ‘santé/diététique’ et proposent une toute petite gamme de produits largement à base de soja. D'autres (E. Leclerc, Monoprix) développent leur propre gamme bio, dispersée un peu partout.

Au Monoprix justement, les produits bios sont supercolorés. Jaune ou bleu pétant, ils sautent aux yeux. Des petites affichettes ‘bio’ alertent les consommateurs peu attentifs. Nouveau passage en caisse :

  • Deux croque-tofu Monop : 2,65 euros

  • 500 g spaghettis Monop : 1,45 euros
  • Deux yaourts à la vanille : 1,89 euros
  • 250g de blé/quinoa/riz rouge : 2,45 euros
  • 150g de taboulé : 1,95 euros
  • 75 cl d'huile de colza : 3,21 euros
  • 125g de sel : 2,84 euros

Autour de moi, les critiques fusent :

‘Mais c'est n'importe quoi, ton mois bio ! Tu vis seule, et tu ne cuisines pas. Tu ne peux être représentative que de toi-même. Les gens vont au marché, achètent des légumes et de la viande.’

Ca fait du bien d'avoir des amis. Je vais aussi au marché, et j'essaie de savoir combien ça coûte d'acheter des légumes.

A Paris, il y a plusieurs marchés bios. On y trouve des fruits et légumes de saison, produits le plus souvent en France. Les prix :

  • 1 kg de tomates : 2,95 euros
  • 1 kg de carottes : 2,20 euros
  • 1 kg de pommes de terre : 2,50 euros
  • 1 gros melon : 2,70 euros
  • 1 kg de pêches jaunes : 7,30 euros

Au marché bio d'Auchan :

  • 1 kg de carottes : 3,95 euros
  • 1 kg de pommes de terre : 4,05 euros
  • 1 kg d'oranges : 4,05 euros
  • 1 kg de pêches jaunes : 9,80 euros
Premiers obstacles

Il y a peu de restaurants et de bars bios (une quinzaine à Paris), et aucune réglementation n'impose aux restaurateurs d'être certifiés pour proposer une carte bio. Mais Ecocert, un organismes certificateur, a mis au point un système de contrôle de la restauration, de la carte et des plats. Selon le ‘Guide La Plage des restaurants bio’, un plat dit bio ‘doit contenir au minimum 70% d'ingrédients issus de l'agriculture biologique.’

Dans ma nouvelle vie bio, il me faut préparer mon pique-nique la veille. Autour de la rédaction de Rue89, il n'y a guère de restaurant ou de supérette bio. Tous les jours, j'ai mon pique-nique glissé dans un écolobag en plastique maïs (0,60 euros/pièce), lui-même glissé dans mon nouveau cabas en coton bio (5 euros). Cinq fois par semaine, je débourse environ 10 euros pour déjeuner bio :

  • 1 jus de myrtille ou de raisin (2,55 euros le pack de trois)
  • Petite salade à l'ananas, aux carottes ou au quinoa (de 3,05 à 3,60 euros)
  • Tarte salée aux champignons ou courgettes ou carottes (de 3,20 à 3,60 euros)

Dix euros pour déjeuner bio, c'est dans la moyenne. Les ticket-restaurants atteignent, le plus souvent, de 6 à 8 euros et les salariés peuvent en utiliser jusqu'à deux pour un seul repas. Certains me font à nouveau observer que les prix pour de ‘si petites portions’ leur semblent élevés : ‘T'as qu'à râper tes carottes toi-même.’ Les petites portions sont meilleures que leurs sandwiches pas bio et sont nourrissantes [oui, mais moi, ça me fait même pas une entrée, tes mini-gamelles, note du webmaster].

Mon quotidien se complique. La machine à café ne propose pas de café bio. Motivée, je vais acheter du café soluble bio (125g, 5,45 euros). La boite ronde est jolie, il y a même une petite tasse. Las. C'est une fois que j'ai préparé ma boisson chaude que je me rends compte de mon erreur : c'est de l'orge. Et je n'aime pas ça du tout.

Une main de webmaster au pot bio de Rue89 (Audrey Cerdan/Rue89).

J'organise une dégustation bio à Rue89. J'achète exactement la même chose que pour un pot pas bio et je sors une bouteille de rosé bio qui traine dans le frigo :

  • 1 bouteille de champagne : 35 euros
  • 1 bière : 1,70 euros
  • 150g de bretzels d'épeautre : 1,55 euros
  • 150g de chips : 1,76 euros
  • 200g de biscottes : 3,40 euros
  • 200g de fromage de chèvre : 6,10 euros
  • 125 g de tofu à tartiner : 3,30 euros

S'en est suivi un débat passionné : ‘Les bretzels bio, c'est vraiment dégueulasse’, ‘mais non, ça a le même goût’, ‘non, c'est dégueulasse’, ‘et ton champagne bio, à ce prix là, c'est pas sérieux’. Succès pour le chèvre et le tofu à tartiner. Et l'unique buveur de bière est ravi : ‘Elle est excellente’ [je confirme, c'était vraiment de la bonne gueuze, note du webmaster].

Manger bio n'est pas particulièrement contraignant. Les aliments sont même meilleurs. Mais il n'y a pas de Coca light bio. Ca n'existe pas et ça me rend malade. Pour me soutenir, Claire me rapporte une bouteille d'un litre de Cola bio (2,25 euros) trouvé dans une épicerie bio du Vigan (Gard). C'est dégueulasse.

Et l'alcool ? Les bio-mangeurs ne boivent pas de la vodka au réveil. Manger bio, ce n'est pas que manger, c'est aussi adopter un mode de vie plutôt sain. Il existe donc un large choix de bières, vins et champagnes, mais pas d'alcools forts. La vodka bio existe ; les Etats-Unis innovent.

Au chapitre des boissons, il y a l'eau. Et c'est quoi l'‘eau bio’ ? J'ai d'abord acheté les bouteilles d'eau vendue dans les magasins bios -elles sont très peu minéralisées. Puis j'ai arrêté. Le mieux, c'est de boire l'eau de son robinet. C'est simple et écolo. Les méfiants peuvent acheter pour pas très cher un purificateur.

Premiers conseils

Après ces semaines de consommation bio, voici quelques erreurs à ne reproduire.

  1. Manger bio ce n'est pas simplement consommer des aliments labellisés. Il ne s'agit pas d'un régime alimentaire mais d'un mode de vie. Les surgelés bios existent, certes mais il vaut mieux cuisiner davantage, en évitant micro-ondes et congélation. Sans aller jusqu'à fabriquer son pain, on s'intéresse à ce qu'il y a dans son assiette.
  2. Eviter de reproduire son alimentation dite classique. Acheter des chips et des bretzels pour un apéro revient à dépenser plus qu'en se creusant un peu les méninges. On peut redécouvrir des produits. Plus ludique et moins cher.
  3. Ne pas être intégriste, sinon vous ne fréquenterez plus grand monde. Par exemple, en Suisse où les produits bios sont plus courants, les restaurants servant bio servent aussi du coca.
  4. Etre conscient que manger bio, c'est manger des produits de saison. Hors saison, ne pas se scandaliser de l'absence de melon.
  5. Alterner les achats en supérette bio et achats en grande distribution (on trouve des produits bon marché).
  6. Pour les fruits/légumes, privilégier les coopératives de consommateurs. Moins coûteuse, la démarche est plus conforme aux principes du ‘developpement durable’.

La semaine prochaine, nous vous proposons une visite guidée dans une ferme bio et un éclairage sur la distribution et la certification des produits bio. Avec Camille, du blog Rue69, nous essaierons de savoir si l'érotisme peut être bio.

82 votes

27642 visites  |  234 réactions

234 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de suffren

De suffren

17H33 | 24/08/2008 | Permalien

Le type meme de l'article « marronnier » du mois d'aout,destine aux bobos parisiens.

Portrait de Zineb Dryef

à suffren Portrait de suffren De Zineb Dryef (auteur)

Rue89 | 17H38 | 24/08/2008 | Permalien

On produit et on consomme bio partout en France.

Portrait de Doudou Le Gros Léon

à suffren Portrait de suffren De Doudou Le Gros Léon

Anonyme | 19H03 | 24/08/2008 | Permalien

Je me demande même si on en consomme pas plus en province qu'à Paris ! ? …
Je vis dans le Sud de la France et la « Bio Coop » d'à côté fonctionne à plein rendement… Et il n'y a pas que des bobos, bien au contraire !
Au marché il y a une majorité de producteurs qui affichent le label ou, qui cultivent « raisonné » (le label est très cher pour les tout petits producteurs) !

Portrait de hogan

à suffren Portrait de suffren De hogan

actif | 19H14 | 24/08/2008 | Permalien

Je suis livreur, j'ai un bac, je gagne 1592 euros brut par mois et je consomme bio depuis 10 ans, et je découvre ce soir que depuis 10 ans je suis un bobo, mince !
Au fait, l'agriculture biodynamique existe depuis le début du XXème…bien avant l'invention des bobos donc…

Portrait de zénon denon 84

à hogan Portrait de hogan De zénon denon 84

Bonne | 21H02 | 24/08/2008 | Permalien

Je crois que c'est Rudolf Steiner qui
en Suisse fut un des 1er à se lancer .
Bref ,comme dans Molière ,nos grands-parents
faisaient et mangeait …BIO sans le savoir ,
La belle histoire !
Avez-vous remarqué que dans toute les Bio coop
de france …on se croirait presque chez Casino
ou Auchan etc .
Que des produits qui sont exportés,
beaucoup de conserves ,
Plein de produits de beauté ,
Beaucoup de para-pharmacie,
des livres,
des vetements,
Attention ,je ne suis pas contre ,
mais ce que je veux dire c'est
les magasins BIO à mon sens devraient se
centrer sur la bouf /légumes frais /
des environs/viande fraiche aussi /pain
et bien sur des semi conserves .
Regarder un peu les grands trusts Allemands et
Hollandais de la tranformation des aliments.
Meme BIO ce n'est que la meme démarche
de vente que ce que l'on trouve dans
les grandes surfaces.Avec en plus bien sur
des prix plus élévés…et pour cause ;
Je ne parle pas de l'effet de mode ,non plus !

Portrait de jean-claude touvois

De jean-claude touvois

oh | 17H34 | 24/08/2008 | Permalien

Le bio et les incohérences du bio….

C'est toujours quelque peu dérangeant de trouver dans un magasin bio des cerises « bio » en provenance du Chili, des citrons « bio » en provenance d'Israël, des tomates « bio » de l'autre bout du monde….
Je ne pense pas que l'énergie dépensée pour le transport soit particuliérement bio. Et si la pollution que l'on ne souhaite pas dans notre alimentation a pour corollaire la pollution que l'on déverse dans le ciel des autres, le manger bio n'a aucun sens quand à la préservation de la « planète » et n'est plus que le privilége de quelques bourses assez bien remplies .
Alors, vive le bio de proximité, celui qui s'incrit dans un développement durable, et non au bio énergivore qui ne sert que l'estomac délicat de quelques uns.

Portrait de orties

à jean-claude touvois Portrait de jean-claude touvois De orties

17H46 | 24/08/2008 | Permalien

Vous avez parfaitement raison.
Il faut apprendre à ne consommer que des produits de saison. Si on s'abstient d'acheter des produits venus de l'autre côté de la planète, les vendeurs de bio finiront par ne plus en acheter. C'est le consommateur qui est responsable.

Portrait de Di

à orties Portrait de orties De Di

mère déchlorurée (papotable) | 20H28 | 24/08/2008 | Permalien

Vous ne mangez donc jamais d'oranges, d'ananas, de pamplemousses, de citrons, de bananes, etc. qui viennent tous d'ailleurs ? ? ?

Portrait de alaixih

à Di Portrait de Di De alaixih

06H04 | 25/08/2008 | Permalien

Il y a des choses qui forcément ne peuvent être produites en France métropolitaine mais pour ce qui est des pommes par exemple normalement les faire venir d'argentine je trouve cela scandaleux… C'est un contresens. ( Je pense qu'il doit y avoir 8 heures d'avion pour faire venir ces pommes ).
Manger bio c'est bien mais il faut aussi regarder d'ou viennent les produits…
Mais bon manger des oranges personne ne l'interdit.

Portrait de Rodia

à orties Portrait de orties De Rodia

- | 08H25 | 26/08/2008 | Permalien

J'ai une question bête : comment sait-on quelle est la bonne saison pour tel ou tel fruit / légume ?

Cela vous parait peut-être évident, mais moi, en bon produit citadin, je suis totalement incapable de vous dire à quelle période est sensée pousser une pomme, ou une noix ; après tout, on en trouve toute l'année au marché et dans les épiceries.

Portrait de Homer555

à Rodia Portrait de Rodia De Homer555

travailleur plus qui à gagné moins | 11H40 | 26/08/2008 | Permalien

On trouve des truc super bien fait :

Mon préféré, c'est le cercle divisé en 4 pour chaque saison. http://www.lepointsurlatable.fr/fileadmin/user_upload/Images/Legumes_de_…

Portrait de hogan

à jean-claude touvois Portrait de jean-claude touvois De hogan

actif | 18H07 | 24/08/2008 | Permalien

A cela il y a une raison toute bête, la production bio française n'est pas suffisante pour répondre à la demande, et ça dure depuis des années.

Portrait de zénon denon 84

à hogan Portrait de hogan De zénon denon 84

Bonne | 09H14 | 25/08/2008 | Permalien

Faux,
C'est toujours les même arguments
des « magnats “de l'agriculture intensive,
qui écrasent et font crever les autres paysans
Français …Si croyez-moi ,Ils commencent
à se regrouper,sec !
Question de survie ,Bon c'est pas nouveau
mais je dois dire que des sommets de
‘conneries’ sont atteints .

ALERTE ALERTE ALERTE ALERTE ALERTE ALERTE …

REAGISSEZ CITOYEN ,demain il sera trop tard ! ! !

Portrait de Red-Sky

à zénon denon 84 Portrait de zénon denon 84 De Red-Sky

Battant abattu | 12H40 | 25/08/2008 | Permalien

Je suis plutôt de l'avis de Hogan. Pas de riz bio produit en France (en Italie, si…) Donc, on est obligé d'importer en masse d'Allemagne, d'Italie, de Suisse : riz, pâtes, paté végétal, sauce tomate, biscuits etc.
La raison : le « scientisme » de la haute fonction publique qui préfère les médicaments aux produits naturels et le lobbying FNSEA relayé par l'UMP… Mais cette « interdiction de fait » du bio et des médecines alternatives ne va plus durer très longtemps, là je suis entièrement d'accord avec vous. Beaucoup de gens prennent conscience que leur organisme est complètement empoisonné et intoxiqué.

Portrait de pablico

à jean-claude touvois Portrait de jean-claude touvois De pablico

18H36 | 24/08/2008 | Permalien

le commerce équitable est-il compatible et applicable à nos agriculteurs ?
cela serait si facile d'appliquer le même principe pour le bio.

Portrait de orties

à pablico Portrait de pablico De orties

14H43 | 25/08/2008 | Permalien

Les produits du commerce équitable sont généralement bios. Hélas, l'inverse n'est pas vrai, c'est dommage. Et beaucoup de magasins bios sont réticents à vendre des produits équitables.
A nous de les leur réclamer

Portrait de zaotitus

à jean-claude touvois Portrait de jean-claude touvois De zaotitus

instit | 07H25 | 25/08/2008 | Permalien

peut-être fait-on trop l'amalgame bio = écolo. Non , moi aussi je suis scandalisée quand le magasin bio propose des produits de l'autre bout du monde sous pretexte qu'ils sont bio… Ne vaut-il pas mieux se tourner vers les AMAP et autres paniers paysans et arrêter de vouloir manger des tomates et des fraises toute l'année.
Mon voisin paysan qui n'a pas le label bio « mais qui le mérite) vend les tomates 1 euro/kg, et quand y'en a plus ben on mange autre chose !
Bobo ou pas (j'men fous) essayons d'être cohérents et de résister à la puissante COMMUNICATION.

Portrait de Agatigha quien vive no sur da frança

De Agatigha quien vive no sur da frança

17H41 | 24/08/2008 | Permalien

Le prix et le gout compte quand même beaucoup.

J'ajouterai qu'il y a une chaine de magasins bio qui favorise les producteurs français et établi des coopérations avec eux afin de leur garantir un prix honnête. Ils viennent de mettre en place une politique qui consiste à ne proposer que les légumes et fruits de saison, fini les transports en avion pour avoir quand même. Là aussi, il y a une démarche militante.

On remarquera que dans votre inventaire, les produits en supérette bio sont souvent moins chers que ceux des grandes enseignes… Le vrac est aussi moins cher que ce qui est vendu en paquet bariolé ou pas ; -)

Par contre acheter ses fruits en supérette bio, c'est de l'arnaque, 7.30 ou 9.80 € le kg de pêches, ben y peuvent se les garder… J'ai remarqué que les fruits et légumes en supérette et supermarché quand ils sont « AB » sont à des prix complètement hallucinants. Au marché, l'étal du producteur bio affiche des prix équivalents à ceux du « conventionnel » et les pêches, la dernière fois que j'en ai acheté étaient à 2,80 € !

Bien sûr, il y a le privilège de vivre à Paris, tout est plus cher et surtout le bio pour qu'on continue avec la légende du bio trop cher pour le commun des mortels.

Ceci dit, étant de plus en plus « intégriste » bio, je regarde les prix des choses et si c'est trop cher par rapport à mon ressenti, j'achète pas. Je ne dis pas que je vais au supermarché pour en trouver, parce que là, je ne mets plus les pieds sauf pour le vinaigre blanc et le PQ ; -).

Je n'aurais qu'un mot : COMPAREZ et informez vous de l'origine de ce que vous achetez.

Portrait de azerty69

à Agatigha quien vive no sur da frança Portrait de Agatigha quien vive no sur da frança De azerty69

ExecutieveBranleur | 18H05 | 24/08/2008 | Permalien

« Par contre acheter ses fruits en supérette bio, c'est de l'arnaque, 7.30 ou 9.80 € le kg de pêches, ben y peuvent se les garder »

Pour avoir mon petit verger/potager « bio » [Pas que je sois bio ou écolo mais pas envie de m'ennuyer a traiter et y'a bien assez comme ça].

Moi je me demande, en vendant à 10€/kg, comment ils font pour vivre… Si j'extrapolais mon verger a une entreprise déclarée avec charge et salaire, même au smic, il faudrait que je décuple ma productivité ! !
Ce sont des professionels, je suis un amteur, mais quand même, je me demande bien comment ils y arrivent a ce tarif, sans tricher.

Portrait de Agatigha quien vive no sur da frança

à azerty69 Portrait de azerty69 De Agatigha quien vive no sur da frança

18H15 | 24/08/2008 | Permalien

Sur le marché, j'achète à un producteur bio qui fait ses pêches à 2.80 €/kg, le melon est à 2 €/kg les rattes à 3 €/kg (et c'est cher les pdt rattes). etc. a priori, il a plutôt l'air heureux.

Par contre je crois qu'il travaille seul avec sa femme, ce qui baisse les charges, et puis souvent, le salaire dégagé est minimum. Mais je ne crois pas que ce soit la rentabilité qu'ils recherchent sinon ils feraient du conventionnel avec le tracteur et pesticides. ce qui le sauve peut être c'est qu'il fonctionne aussi sur le principe de l'AMAP (association pour le maintient d'une agriculture paysanne, les clients pré-achètent la production quelle qu'elle soit et ils sont livrés toutes les semaines d'un panier de fruits et légumes).

A 10€/kg, c'est en supérette et supermarché, et là ce sont les marges des distributeurs, autrement dit, on engraisse les intermédiaires (parasites).

J'aime pas les parasites…

Portrait de Sylvain85

à azerty69 Portrait de azerty69 De Sylvain85

Jeune diplômé | 20H05 | 24/08/2008 | Permalien

Il ne faut pas oublier les subventions agricoles.
Tout agriculteur européen, qu'il soit bio ou pas, en a besoin pour survivre vu les prix pratiqués.

Portrait de Agatigha quien vive no sur da frança

à Sylvain85 Portrait de Sylvain85 De Agatigha quien vive no sur da frança

10H52 | 25/08/2008 | Permalien

Une autre légende est bien de dire que les tous agriculteurs touchent des subventions européennes de la PAC. Car ceux qui raflent la mise des subventions européennes sont les « gros », ceux qui ont des exploitations gigantesques avec tracteurs et Cie et qui cultivent à coup de pesticides et fertilisants.

C'est bien le problème, un agriculteur qui travaille une petite surface, bio ou pas ne touche rien ou presque.

Ce qu'il faut voir c'est que le producteur bio est souvent seul ou avec sa femme, ils vendent sur les marchés des alentours et se font pas une fortune (dans les 1000 € par moi d'après mon maraîcher). Il n'ont pas besoin non plus de faire une fortune parce qu'ils ont peu de besoins : pas de gros tracteurs, pas de stock de pesticides ni de fertilisants, pas de… ce qui fait des frais en moins.

N'oublions pas que les subventions servent à éviter l'effondrement du marché pour cause de surproduction… ces surplus sont ensuite vendus sur les marché à l'export (Afrique entre autre) à des prix défiants toute concurrence qui détruisent le marché local. Mais ceci est une autre histoire qui n'a plus rien à voir avec le consommer bio ou pas.

Portrait de orties

De orties

17H48 | 24/08/2008 | Permalien

Vouloir manger bio et boire quand même du coca-cola (sauf si on le prend comme médicament en cas de problèmes intestinaux), quelle incohérence ! ! ! ! ! !

Portrait de MissPanda

à orties Portrait de orties De MissPanda

Rédactrice | 19H52 | 24/08/2008 | Permalien

Oui c'est complètement absurde ! ! Surtout du coca-cola light…Quand on mange bio, c'est qu'on souhaite manger de manière saine aussi, donc ça ne viendrait pas à l'idée de vouloir du coca.
Et puis manger bio ne suffit pas bien sûr, il faut manger bio mais aussi local et de saison !

Portrait de deecurl

à MissPanda Portrait de MissPanda De deecurl

| 11H53 | 25/08/2008 | Permalien

à l'heure où on respire à qui mieux les gaz d'échappements, où le Wi-Fi et le téléphone portable nous traversent le cerveau…

je pense qu'une canette de Coca de temps en temps n'aggrave pas fondamentalement les choses.

Portrait de jabier

De jabier 31087

consultant dans les Landes | 17H52 | 24/08/2008 | Permalien

Portrait de azerty69

De azerty69

ExecutieveBranleur | 17H58 | 24/08/2008 | Permalien

C'était pas la peine de dire que vous étiez de Paris, ça se devine trop facilement…

Portrait de cdmlyon

De cdmlyon

citoyen du monde | 17H59 | 24/08/2008 | Permalien

Je constate que manger bio coûte tres cher, encore un truc de bob. Mais faut il encore s'habiller bio, rouler bio, habitez bio. En fin de compte la seule manière d'être 100 bio, c'est de vivre ailleurs.
Il faudrait inventer un pays 100 bio. : )

Portrait de LeSultanDeBruni

à cdmlyon Portrait de cdmlyon De LeSultanDeBruni

. | 18H14 | 24/08/2008 | Permalien

Le cannabis est bio : p

Portrait de orties

à LeSultanDeBruni Portrait de LeSultanDeBruni De orties

18H26 | 24/08/2008 | Permalien

Vous en êtes sûr ?

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code