Explicateur

L'inflation, une aubaine pour l'Etat ?

Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 31/08/2008 | 19H45


El Palacio de Hierro, centre commercial pour les riches de Monterrey, Mexique (Mat Jacob).

De retour de vacances, Jean de Lille, lecteur de Rue89, nous a envoyé cette interpellation : « Les caisses de l'Etat sont vides, paraît-il, mais ne nous cache-t-on pas quelque chose ? En cette période dite inflationniste, l'augmentation des prix, c'est quand même une aubaine pour les rentrées de TVA, l'augmentation du carburant une aubaine pour la rentrée de la TIPP… »

Il précise : « Il me semblait que l'inflation était plutôt une spirale -augmentation des prix augmentation des revenus aboutissant à une dépréciation de la monnaie, et là c'est plutôt une augmentation des prix sans augmentation des revenus aboutissant à un appauvrissement des citoyens. »

En ces temps de rentrée, où le portefeuille est plombé par les dépenses de vacances et la perspective du troisième tiers d'impôt sur le revenu à verser, il nous a semblé que nos lecteurs avaient besoin d'y voir plus clair sur l'inflation réelle, qui n'est pas toujours celle ressentie. L'Etat nous cache quelque chose ou pas ? Tentons de répondre aux questions de Jean, point par point.

L'Etat a-t-il plus de recettes de TVA grâce à l'inflation ?

Mauvaise nouvelle pour le citoyen, il n'y a pas de « marges de manœuvre » cachées, et ce pour plusieurs raisons. Principalement parce que c'est la croissance qui crée la richesse, or justement nous sommes entrés en période de ralentissement économique.

Rue89 est allé voir dans un document préparatoire au débat d'orientation des finances publiques intitulé le « rapport sur l'évolution de l'économie nationale et les orientations des finances publiques ».

Il indique que « l'effet d'un choc d'inflation sur le déficit public dépend de la nature du choc macroéconomique : s'il provient d'une hausse de la demande, elle va s'accompagner d'une hausse des prix et de l'activité et renchérir les assiettes taxables ». Si au contraire il s'agit d'un « choc d'offre, qui renchérit les coûts de production, le ralentissement de l'activité aura un impact négatif sur les recettes en volume ». L'Etat serait plus riche seulement si le pays l'était.

Pourtant, au cabinet du ministre du Budget, Eric Woerth, on concède que « l'inflation affecte en théorie positivement les recettes publiques ». En effet, « toutes choses étant égales par ailleurs, l'augmentation de l'inflation induit mécaniquement une hausse des bases taxables, notamment pour la TVA, mais l'impact final dépend cependant des effets volume ». En l'occurrence, une baisse de la consommation, comme on la constate actuellement, ne peut être une bonne nouvelle pour les comptes publics.

En théorie, l'inflation diminue le poids de la dette pour les États (puisqu'elle érode la valeur réelle des créances) : de nombreux régimes ont d'ailleurs, par le passé, déclenché des vagues d'inflation dans le seul but de se débarrasser de leur dette publique. Toutefois, selon les calculs du ministère du Budget, la hausse des prix alourdit dans l'immédiat la charge de la dette, car environ 10 % des emprunts des administrations sont indexés sur l'inflation. En mai dernier, Eric Woerth, le ministre du budget, avait estimé ce surcoût budgétaire à 1,5 milliards d'euros.

Enfin, l'Etat est aussi un consommateur comme un autre, qui subit la hausse des prix, à travers les salaires et allocations qu'il verse et à travers ses achats, par exemple de carburant.

L'Etat est-il plus riche grâce à la hausse du prix du pétrole ?

Pas tout à fait car en réalité, la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) a pour base les volumes de pétrole vendus et non les montants monétaires. Certes il y a eu une hausse des recettes de TVA liée à la hausse des prix du pétrole à la pompe, mais de l'aveu même d'un proche de Didier Migaud, président (PS) de la commission des finances de l'assemblée nationale, cela est « anecdotique » dans le budget de l'Etat.

La baisse de la consommation de pétrole, observée en France comme aux Etats-Unis, en réaction à des prix trop élevés du pétrole a réduit le volume des ventes et donc de TIPP perçue. Au total, les recettes supplémentaires de TVA engendrées par la hausse des prix du pétrole ont certainement été compensées par la baisse de consommation. Et, comme le fait remarquer Eric Heyer, chercheur à l'OFCE, « si je dépense plus pour ma consommation d'essence, à revenus inchangés, je consomme moins d'autre chose, donc pour l'Etat, cela s'équilibre. »

Y a-t-il une spirale inflationniste ?

Une spirale inflationniste signifie qu'en raison de la hausse des prix, les salariés parviennent à négocier des hausses de salaires, qui obligent les entreprises à augmenter de nouveau leurs prix pour maintenir leurs marges.

Si on a pu observer ces phénomènes lors des chocs pétroliers des années 70, en raison du plein emploi, la situation est différente aujourd'hui. Certes le Smic est partiellement indexé sur l'inflation, mais ces bas revenus subissent plus que les autres la hausse des prix de l'alimentation et du pétrole.

Au total, le chômage est encore suffisamment élevé pour que les entreprises refusent d'accéder aux demandes de hausses des salaires et du coup, c'est en effet à un « appauvrissement des citoyens » que nous assistons, comme relève Jean, car c'est eux qui doivent assumer la hausse des prix.

Photo : El Palacio de Hierro, centre commercial pour les riches de Monterrey, Mexique (Mat Jacob/Tendance Floue).

54 votes

15816 visites  |  62 réactions

62 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Eric citoyen

De Eric citoyen

"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 20H19 | 31/08/2008 | Permalien

Ouais, ouais ,

Bonjour à toutes et tous,

Une aubaine que pour l'Etat… ?

Et pour les petits amis de cette Etat !

Car pour les citoyens, les aubaines à 207 % cela n'existe pas !

Bésitos et courage camarades

Eric

http://monmulhouse.canalblog.com/

Portrait de FabiendeMénilmontant

à Eric citoyen Portrait de Eric citoyen De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 21H13 | 31/08/2008 | Permalien

Eric,
tu ne crois pas que tu exagères un chouïa ? comme indiqué ici :
http://www.ladepeche.fr/article/2007/11/08/182979-Sarkozy-et-maintenant-…
notre cher président ne s'est augmenté que de 206 %, pas 207… ça fait une demi-paire de Ray-ban® supplémentaire par mois que tu lui attribues-là.

Portrait de pablico

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De pablico

16H47 | 01/09/2008 | Permalien

c'est en effet à un « appauvrissement des citoyens
tout se résume en cette triste phrase.
alors que la croissance n'a été faite ces dernières années principalement par la consommation du peuple (pauvre et moyen) et pas celle des riches…
on nous l'a souvent dit et répété, mais bon.

Portrait de pierrejcallard

à Eric citoyen Portrait de Eric citoyen De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 18H52 | 01/09/2008 | Permalien

Dans une économie monétaire - et il n'y en a plus d'autres - l'inflation a toujours été, est et sera la meilleure faôn de régler les dettes de l'État. Une inflation CONTRÔLÉE est la meilleure forme de fiscalité

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/706.html

http://les7duquebec.wordpress.com/

Portrait de pierrejcallard

à Eric citoyen Portrait de Eric citoyen De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 18H52 | 01/09/2008 | Permalien

Dans une économie monétaire - et il n'y en a plus d'autres - l'inflation a toujours été, est et sera la meilleure faôn de régler les dettes de l'État. Une inflation CONTRÔLÉE est la meilleure forme de fiscalité

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.org/706.html

http://les7duquebec.wordpress.com/

Portrait de TARPON

De TARPON

20H33 | 31/08/2008 | Permalien

Se mefier des bonnes idees.le portefeuille des menages n'etant pas extensible ,le volume des achats diminue forcement et les rentrees de Tva devraient rester stable.
Mais il y a pire ; face à l'augmentation des prix ,les menages reaprennent à consommer (voir les deboires de carrefour,Auchan) et vont au moins cher vers le hard discount ,d'où des rentrees de TVA moins importantes .
Dire qu'il y a apauvrissement est malheureusement vrai quand on doit reduire son train de vie et meme en vendre une partie .Cette situation n'est pas nouvelle,il suffit de prendre en compte les volumes des aides .Encore plus malheureusement cet appauvrissement vient de la disparition d'entreprises et de leur externalisation ,on va à moyen terme vers une catastrophe sociale .

Portrait de Michel5

De Michel5

20H36 | 31/08/2008 | Permalien

« Enfin, l'Etat est aussi un consommateur comme un autre, qui subit la hausse des prix, à travers les salaires et allocations qu'il verse et à travers ses achats, par exemple de carburant. »

Stop.
Lisez attentivement cette phrase.
On se moque de vous, ou pas ?

Portrait de Michel5

à Michel5 Portrait de Michel5 De Michel5

20H47 | 31/08/2008 | Permalien

Réponse : carrément. Ca mériterait même une tarte à la crême.

« l'Etat est aussi un consommateur comme un autre »
Ce bout de phrase est lui-même sensationnel. Un sophisme à l'état pur.

« (l'Etat) subit la hausse des prix, à travers les salaires et allocations qu'il verse »
Soit c'est une lapalissade, soit le second bout de phrasé sous-entend une augmentation des salaires des fonctionnaires et des allocations pour les démunis. En ce cas c'est un scoop, ou bien on nous cache tout.

« et à travers ses achats, par exemple de carburant. »
Sans dire que la TIPP « lui » revient direct dans les poches.

Vous êtes quand même gonflés, les journaleux…

Portrait de TARPON

à Michel5 Portrait de Michel5 De TARPON

21H44 | 31/08/2008 | Permalien

Bien vu ,L'auteur aurait pu ajouter que l'etat se vole lui meme en refusant dans certains cas de payer les augmentations des produits qu'il fabrique…A l'epoque des nationalisées ,Elf via une filiale etait proprietaire de « Petit Bateau ».La marque accordait des remises aux fonctionnaires pour qu'ils achetent leurs slips .Sur que Carla aurait aimé la fraicheur du coton…

Portrait de newf

De newf

essaye de s'en sortir | 20H43 | 31/08/2008 | Permalien

Je vais certainement poser une question bête mais qui décide de l'inflation ? Si je regarde mon manuel du parfait petit capitaliste, je lis que l'inflation est due à une insuffisance de l'offre. OK mais moi je suis un français moyen qui va acheter de l'essence à son superU préféré et je constate que le prix du diesel au litre était de 1,34€ le 25 juin, 1,45€ le 15 juillet, 1,50€ le 8 août et subitement 1,30€ le 30 août. Est-ce qu'il y a uniquement insuffisance de l'offre pendant les vacances, est-ce qu'on se fout carrément de notre g….. ou est-ce que je suis franchement mauvaise langue ?

Portrait de Homer555

à newf Portrait de newf De Homer555

travailleur plus qui à gagné moins | 21H20 | 31/08/2008 | Permalien

Réponse simple, la bourse décide de l'inflation.

Portrait de clausius

à newf Portrait de newf De clausius

21H29 | 31/08/2008 | Permalien

Demande trop grande par rapport à l'offre. Le pétrole a augmenté parce que la demande mondiale a explosé (Chine, Inde, Brésil qui se développent), et l'offre n'a pas suivi, par manque de réactivité et aussi parce que l'OPEP s'arrangeait bien de cette situation d'augmentation des prix.
La récente diminution est due grandement à un réajustement la demande mondiale, du fait de la crise économique, et à des habitudes de consommation qui changent (donc une demande qui chute).
Bref, ça ne dépend pas du petit français, mais du monde entier.

Portrait de Forrest Gump

à clausius Portrait de clausius De Forrest Gump

16H19 | 01/09/2008 | Permalien

Les pays de l'OPEP s'arrangent tout à fait de cette hausse qu'ils creent eux même en n'ouvrant pas le robinet.

Ils ont compris que leur ressource ne serait pas eternelle et préferent ainsi en limiter l'offre et donc faire augmenter « artificiellement » les prix et pouvoir mieux en profiter.

Les pétrodollars gagnés aujourd'hui sont ceux qu'ils ne gagneront plus demain.

Mais il n'y a pas que le pétrole qui se trouve dans cette situation.

L'acier par exemple, depuis la fin de l'année dernière, subit exactement la même situation.

Mr Mittal, s'est soudainement rendu compte qu'il était désormais tout seul à vendre de l'acier. Il a donc décidé de fermer le robinet - le laminoir, ou tout au moins de créer une situation artificielle de pénurie.

Ainsi, depuis le début 2008, les entreprises consommatrices en fin de chaine payent la tonne aux environs de 1000€, contre 600€ en fin 2007 (on parle de 1400€ pour 2009 ! ! ! ), en plus doivent faire des pieds et des mains pour pouvoir garantir les approvisionnement.

Un grand merci à cet ultralibéralisme sauvage pour les belles années qui se préparent ! ! !

Portrait de Contestatairieux

à Forrest Gump Portrait de Forrest Gump De Contestatairieux

(un de ces fameux travailleurs pauv... | 18H26 | 01/09/2008 | Permalien

Souvenez-vous, les « affameurs », ces personnes qui stockaient du blé dans leur grenier, afin d'en augmenter les prix, quite à créer une famine…. Les époques changent, pas les méthodes (et ni les gens)….

Portrait de nipivime

De nipivime

;- | 07H33 | 01/09/2008 | Permalien

@newf
On ne « décide » pas de l'inflation, au sens ou il n'y a pas quelqu'un (ou un groupe de quelqu'uns) qui décide du niveau de l'inflation (comme c'est le cas, par exemple, pour les taux d'intérêt, centralisés au niveau des banques centrales).
L'inflation est, techniquement, une « situation de hausse globale des prix ».

Qui décide de la « hausse des prix » ? La, on retrouve votre exemple : c'est chaque « faiseur de prix » qui décide du niveau de prix auquel il vend son produit. Problème (et votre exemple est très bon pour ca), c'est généralement une cascade de décideurs qui aboutit au prix finalement payé. On a, pour le pétrole :
-celui qui l'extrait le vend à un prix (qui tient compte de plein de facteurs, dont l'offre et la demande au niveau mondial) à
- un raffineur (qui a investi dans des grosses usines et doit donc rembourser ses investissements) qui le vend à
- un grossiste (qui a des camions citernes à payer) qui le vend à
- un distributeur (qui va lui aussi tenir compte de l'offre et la demande et de ses couts à lui, mais peut vouloir également faire de bons prix pour attirer des clients s'il est par exemple un vendeur de biens de consommation) qui le vend en devant y rajouter
- des taxes, qui permettront à l'Etat de continuer à développer ses politiques d'investissement et de dépenses.

Le tout se faisant
- dans un contexte réglementaire donné (tout le monde n'a pas le droit de faire n'importe quoi)
- contexte qui dépend parfois de plusieurs pays
- en tenant compte un niveau d'offre/demande international
- avec un cours du dollar qui est un facteur important mais que personnne ne maitrise (le pétrole a beaucoup augmenté, mais l'essence beaucoup moins en europe notamment parce que le dollar a beaucoup, beaucoup baissé)
- plus toute une série de facteurs (spéculation, consolidation des secteurs qui limite la concurrence, intervention d'aspect « hors économie » dans les stratégie des entreprises,…)

et ca pour chacun des produits qui entrent dans la consommation des français.

En revanche, l'inflation, on peut lutter contre ou non : là, c'est le rôle des autorités monétaires (Etat, banque centrale). Des mesures sont prises, ou non, pour tenter limiter la hausse des prix à chacun de ces niveaux et notamment pour agir sur les anticipations qu'ont, à chaque niveau, les agents sur ce que seront les prix demain…

Portrait de yamato

à nipivime Portrait de nipivime De yamato

21H15 | 01/09/2008 | Permalien

Bonjour, nipivime.

Oui et non.

Sans revenir sur ce vaste débat du caractère implacable de l'action de l'économie (qui, étant une science humaine reste dominée par l'homme).

Une partie de l'inflation est « décidée », vous le dites vous-même :
- spéculation : manipulation artificielle d'un flux,
- consolidation (concentration) : pas de concurrence, le producteur « décide » de l'inflation,

etc,…

Si l'on y ajoute la part subjective des comportements des groupes humains dans leur opérations économiques (comme dans d'autres, si ; De fait, nous décidons, collectivement, sur notre brave planète,de faire, ou non, de l'inflation.

Mais, la décision n'est pas obligatoirement mauvaise.

C'est comme le cholestérol.

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H45 | 31/08/2008 | Permalien

Même sursaut que Michel5 : je me trompe où les taxes que verse l'Etat reviennent in fine dans les caisses de l'Etat ?
Dans ce cas, les taxes versées par l'Etat-consommateur ne seraient guère qu'une opération blanche, non ?

Portrait de FabiendeMénilmontant

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 21H15 | 31/08/2008 | Permalien

Je rejoins aussi le gloupier, Thierry.

Portrait de pene-r

à thierry reboud Portrait de thierry reboud De pene-r

21H54 | 31/08/2008 | Permalien

Oui pour les taxes, mais si le cout de la matière première augmente avant taxation (cas du carburant il y a peu de temps, par ex.) cela lui coûte plus cher aussi (poil moins cher qu'à nous mais quand même).

L'état ne subit pas (à priori) l'inflation des taxes, mais l'inflation du prix Hors taxes.

Portrait de essayons d etre juste

De essayons d etre juste

patissier soudeur en freelance..... | 21H02 | 31/08/2008 | Permalien

consommé, consommons, consommez……
la devise de l » état
nous verons sur du long terme que biensur ce n est plus la bonne solution……
merci

Portrait de clausius

De clausius

21H25 | 31/08/2008 | Permalien

Il est clair que la dette publique devra être payée un jour. L'inflation est un des maoyens de la faire payer, car elle la dilue, dans le sens que le ratio dette/PIB, donc l'insoutenabilité de la dette, diminue, par augmentation « comptable » du PIB. La population paye la dette en se serrant la ceinture.
Il ne faut pas se leurrer, l'inflation a toujours été une aubaine pour beaucoup de pays. Il n'y a qu'à voir le Japon, ayant subi au contraire une désinflation pendant une dizaine d'années, et qui aujourd'hui voit sa dette monter à 160% du PIB (la France est à 66%)

Portrait de ericj

De ericj

21H32 | 31/08/2008 | Permalien

Le jargon économique abscons (j'adore les pléonasmes ! ) ne sert qu'à faire croire que des gens compétents s'occupent de nos problèmes (j'aime tout autant les oxymores ! )…

Portrait de Titou64

De Titou64

21H45 | 31/08/2008 | Permalien

Je voudrais apporter quelques précisions à l'article ci dessus. Il y a eut depuis 20 ans une augmentation importante des recettes indirectes de l'état.

Les baisses d'impôts pour les plus riches ont été compensées par la hausses des taxes. Juppé était passé de 18.6 à 20.6 de TVA et Même si Jospin avait ramené à 19.6% la TVA, plus personne n'en parle.

L'inflation est bonne pour l'économie et l'état a su en profiter ces dernières années en la minimisant aux yeux du public pour gonfler ses recettes. Mais dans tous les cas il vaut mieux de l'inflation que de la déflation. La hausse des prix incite à consommer pour deux raisons.
-La première, c'est de se dire que plus on attend plus cela risque de coûter cher, il vaut mieux acheter aujourd'hui un produit car on dispose de l'argent nécessaire que d'attendre quelques mois et et ne plus pouvoir le faire.
-La seconde raison concerne les taux d'intérêts. Plus il y a d'inflation, plus les taux d'intérêts pour l'argent emprunté augmentent mais moins cela coûte cher. Un taux de 5 % avec une inflation à 1% cela représente 4% de taux réel(c'est un arrondi pour ne pas rentrer dans les calculs mathématiques) ; Par contre un taux d'intérêt de 8% avec une inflation de 6% c'est 2% de taux réel d'autant plus que dans le même temps l'épargne reste rémunérée en dessous de l'inflation, ce qui fait que ceux qui placent de l'argent sur les livrets sont perdants.
UN livret rémunéré à 3% avec un inflation à 4% entraîne une baisse du pouvoir d'achat mais plus d'argent dans les caisses des banques et de l'état. Alors, quelque soit la situation, le consommateur reste lésé.

Portrait de argiope

à Titou64 Portrait de Titou64 De argiope

chatouille ou pique, c'est selon | 23H50 | 31/08/2008 | Permalien

Si je comprends bien, plus l'inflation est forte, plus il faut dépenser vite son argent, moins il faut économiser, mieux même il faut s'endetter.
Une consommation accélérée augmente la demande qui finit par dépasser l'offre, entraînant une hausse des prix, la boucle est bouclée.
Puis la bulle grossit et crève.

Portrait de Pascal Riché

à argiope Portrait de argiope De Pascal Riché 7

Rue89 | 00H55 | 01/09/2008 | Permalien

« qui finit par dépasser l'offre » : ce n'est pas une fatalité : si l'offre augmente avec la demande, on a une période de croissance non inflationniste, sans « bulle ».

Portrait de ivulatar

De ivulatar

demandeur d'emploi actuellement en ... | 21H46 | 31/08/2008 | Permalien

Je suis ni politicien, ni économiste, juste de la « France d'en bas », alors je résume…
1) Il faut consommer plus pour relancer l'économie et pouvoir augmenter les salaires.
2) On ne peut pas consommer plus tant que les salaires n'augmentent pas et que les produits de consommation augmentent pour compenser le manque de vente…
3) On ne peut surtout rien demander aux entreprises sous peine de les voir délocaliser dans ces pays merveilleux ou l'on paye les gens 20€/mois…
Ha, ben voui, c'est clair…Sauf un truc… la moitié de la population au chômage, l'autre à 20€ par mois…
C'est qui qui va acheter la dernière voiture à 30 000€ ?
Les actionnaires du cac40 ? Ben on va pas en vendre beaucoup…vais me coucher… mal à la tête…Bonsoir à tous…

Portrait de Titou64

à ivulatar Portrait de ivulatar De Titou64

06H30 | 02/09/2008 | Permalien

Tu as tout compris du capitalisme qui marche sur la tête et qui ne voit que le profit à court terme ! ! ! !

Portrait de Le dude

De Le dude

Lecteur assidu | 21H57 | 31/08/2008 | Permalien

Merci Clausius,
ca fait du bien qu'il y est au moins une personne qui le dise. Si la Dette doit être payée à terme, l'inflation est le moyen le plus traditionnellement utilisé pour la résorber.
Le problème de l'inflation est lié aux aléas qu'elle engendre. C'est pour ça que les banques centrales luttent contre elle. Ca fait fuir les investisseurs…

Portrait de Pascal Riché

à Le dude Portrait de Le dude De Pascal Riché 7

Rue89 | 00H52 | 01/09/2008 | Permalien

Historiquement, les rois se débarrassaient de la dette grâce à l'inflation (il suffisait de frapper de la monnaie à tire larigot).
A la fin des années 1780, la monarchie ne l'a pas fait, préférant lever des impôts (on sait ce qu'il en advint).

Portrait de nipivime

à Le dude Portrait de Le dude De nipivime

;- | 06H52 | 01/09/2008 | Permalien

Vrai : le problème n'est pas l'inflation, mais son imprévisibilité (si on avait une inflation toujours à 10%, ca ne gênerait pas)

Sauf… sauf que, si l'on regarde les revenus, l'inflation est pénalisante pour ceux qui ont de l'épargne (tandis que c'est plutôt un bien pour les salaires).

Comme par hasard, c'est dans une société ou les retraités sont de plus en plus (et d'ailleurs, ce sont ceux qui votent…) que la lutte contre l'inflation est le démon.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code