Enquete

La poste allemande : la face cachée de la privatisation

Par Stéphanie Pichon | Journaliste | 04/09/2008 | 16H18

Postiers en Allemagne (DR).

Douze ans après le lancement de sa privatisation, les bénéfices de la Deutsche Post, leader mondial de la logistique, se comptent en milliards. Malgré l'ouverture à la concurrence, 90% de la distribution de courrier en Allemagne passe encore par ses services. Non sans des diminutions drastiques d'effectifs et l'abandon des activités peu rentables.

En Allemagne, à l'heure de la tournée, les facteurs à vélo se déclinent en jaune, vert ou orange, selon qu'ils appartiennent à la Deutsche Post, l'historique, à PIN-Group ou à TNT-Post. Quant aux vieux bureaux de poste jaunes, ils sont appelés à disparaître définitivement d'ici 2011. Trop coûteux en personnel. Le supermarché discount Aldi, l'épicier ou le boulanger du coin feront aussi bien l'affaire.

Qu'il semble loin le temps du service public postal. Outre-Rhin, la poste n'a plus le monopole sur le marché du courrier et du colis depuis 1998. Le dernier bastion protégé, le secteur des lettres de moins de cinquante grammes a cédé le janvier 2008.

Anticipant cette ouverture à la concurrence, la Deutsche Post World Net (le groupe) a été l'une des premières en Europe à s'engager sur la voie d'une privatisation, toujours pas finalisée.

Investissement sur la logistique au détriment du courrier

En 1996, la Deutsche Post devenait société et cotait ses premières actions en bourse en 2000. Jackpot. Douze ans plus tard, le groupe compte ses bénéfices en milliards (4,2 en 2008), affiche un capital de 63,5 milliards d'euros avec un demi million de salariés dans le monde. C'est le leader mondial de la logistique. Plus de la moitié de son chiffre d'affaires (59%) est réalisé hors d'Allemagne.

Son succès économique s'est construit à coups de rachats, de diversification et de liquidation des activités les moins lucratives, comme l'analyse Isabelle Bourgeois, chargée de recherches » au CIRAC (centre d'information et de recherche sur l''Allemagne contemporaine), rédactrice en chef de Regards sur l'économie allemande :

« Ils ont mené une politique de diversification : ils savaient qu'ils allaient être ouverts au marché. Ils ont réagi tôt et pris le temps de se préparer en profitant de leur situation de monopole. »

En quelques années le groupe a avalé successivement Danzas, groupe de logistique suisse, Air Express International, le français Ducros, le suédois ASG et surtout DHL, le géant américain, dopant son département logistique au détriment de son activité courrier : moins intéressante financièrement, cette dernière ne représente plus que 20% de son chiffre d'affaires et son l'effectif a été divisé par deux en dix ans !

Même régime drastique pour les bureaux de poste. 26 000 avant la privatisation, 13 000 aujourd'hui dont beaucoup sont de simples point de vente « filialisés ».

Un salaire minimum, l'exception allemande

Malgré ce désintérêt pour sa mission d'origine, la Deutsche Post continue d'occuper 90% des parts du marché du courrier allemand. Le reste se partage entre sept cents petites PME et deux grosses entreprises venues se positionner : la poste néerlandaise TNT et le groupe PIN, fondé en 2005 par trois entreprises des médias dont Axel Springer (propriétaire de Bild et Die Welt).

L'ouverture à la concurrence aurait ainsi généré 46 000 nouveaux emplois, selon la Bundesnetzagentur qui délivre les licences de distributeur. PIN-Group finit cependant l'année exsangue. La moitié de ses employés ont été licenciés et il cherche de toute urgence un repreneur.

En cause, l'accord sur un salaire minimum dans les entreprises postales, conclu entre le syndicat Ver.di et le patronat, et voté par le Parlement en décembre dernier. 9,80 euros de l'heure à l'Ouest, 9 euros à l'Est, presque un miracle pour un pays où le SMIC n'existe pas. C'était encore trop pour ces nouveaux arrivants sur le marché, décidés à se construire sur de l'emploi précaire, très mal payé, quand ce ne sont pas des mini-jobs à quatre cents euros par mois.

Avec ce salaire plancher, le géant allemand tenait aussi un moyen d'affaiblir la concurrence avant la levée du dernier monopole le 1er janvier 2008. La même Deutsche Post a visiblement moins de scrupule à pratiquer en Hollande « des salaires inférieurs de 66% à ceux de la poste hollandaise », selon l'un des dirigeants de Ver.di, Rolf Büttner. Et à sous-traiter en Allemagne à des sociétés de taxi bien en dessous du tarif négocié de neuf euros.

Monopole et tarifs abusifs

L'arrivée de la concurrence n'a pas fait baisser les prix. Le timbre allemand est depuis longtemps le plus cher d'Europe. Profitant de son monopole lors de ses premières années de privatisation, la Deutsche Post a pratiqué de très hauts tarifs, qui lui ont permis d'engranger des liquidités. Elle a même dû les rabaisser en 2003, rappelée à l'ordre par l'autorité des postes allemandes. C'est 45 centimes la carte postale, 55 centimes la lettre de moins de 20g, 90 centimes celle de moins de 50g. Des tarifs proches de ceux pratiqués en France aujourd'hui.

Vente de la banque postale

Au printemps, il a encore fallu des grèves de Ver.di pour que la clause de non-licenciement, dernière survivance du temps de l'entreprise étatique, soit maintenue et que la semaine de 38,5 heures soit encore la norme. Une manière de lisser la condition des salariés de Deutsche Post qui sont logés à deux enseignes. Ceux recrutés après la privatisation et sous régime privé, moins avantageux. Ceux d'avant, encore aujourd'hui soixante mille, qui bénéficient toujours de leur statut de fonctionnaire.

Pour l'heure c'est le volet bancaire, la Post Bank, qui préoccupe les dirigeants de Deutsche Post AG. Le conseil de surveillance se réunit le 12 septembre pour discuter de sa vente éventuelle. Il en espéraient une somme juteuse de dix milliards d'euros. Mais dans un contexte de crise bancaire et de dégringolade du cours de son action cet été, les marchés l'estiment autour de sept milliards.

Dans ces conditions, la cession pourrait être retardée. L'Etat allemand, encore actionnaire, ne compte pas brader la plus grande banque de particuliers du pays.

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Portrait de yoye-2000

De yoye-2000

se leve tard et travaille mou | 19H13 | 04/09/2008 | Permalien

Exemple allemand ou pas, il reste une question.. a quoi ça sert les privatisations, non seulement de la poste, mais d'Edf, de Gdf, de la distribution de la flotte… Parce que monopole, tarif abusif, baisse de la qualité de service, précarité, c'est un peu le cas de tous ces anciens services publics qui ont été démantelés, non ?
Si encore ça faisait baisser le prix, augmenter les services… mais non rien de tout ça. Non, je ne vois pas à quoi ça sert… Ah, si ! Ça crée des emplois dans la pub et le marketing : on va avoir des jolies pubs, de chouettes catalogues, des professions de fois stimulantes, de mignons nouveaux sites internet et les nouzeletters idoines… etc… et si on a de la chance, on aura aussi des types dans la rue en orange,vert et jaune, ça fera des couleurs dans le paysage…

http://ma.vie.a.nantes.over-blog.com/

Portrait de michel 13

à yoye-2000 Portrait de yoye-2000 De michel 13

| 21H03 | 04/09/2008 | Permalien

A quoi servent les privatisations ? A remplir les caisses de l'Etat qui vend ce patrimoine qui appartient à la nation toute entière, c'est à dire à chaque citoyen. Bientôt il n'y aura plus rien à privatiser. A ce moment-là que vendra l'Etat pour récupérer quelques fonds lui permettant de cacher encore un peu la situation financière du pays ?
Et ça sert aussi à engraisser les actionnaires, pas les petits qui achètent 10 ou 20 actions, mais ceux qui en achètent 100 ou 500 000.
Ouvrir les services à la concurrence n'est qu'un prétexte car les prix ne baisseront pas. Seuls les service offerts au public vont diminuer. C'est la différence avec un service public.

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à michel 13 Portrait de michel 13 De jeffouletofou

cddiste | 21H44 | 04/09/2008 | Permalien

tout ça ne sert qu'a une chose et qui nous pends au nez de plus en plus

le meilleur des mondes vous lavez lu, vous l'avez aimer, et bien vous adorerez le vivre.

Le nouvel ordre mondial
envoyé par laurentbiss

ce nest qu'une video parmis tant dautres parlant du meme sujet, la fin des democraties

Portrait de Lucien_de_Rubempré

De Lucien_de_Rubempré

Splendeur et misère des court-disan... | 20H00 | 04/09/2008 | Permalien

L'europe est le « coin » qui a permis d'enfoncer le libéralisme dans tous les pays qui la compose. C'est la seule utilité de l'europe pour les néolibéraux. Un alibi donc. C'est à cause de cette europe là que la Poste doit être privatisée. Pour ne pas privatiser la Poste, il faut sortir de l'europe. CQFD.

Portrait de michel 13

à Lucien_de_Rubempré Portrait de Lucien_de_Rubempré De michel 13

| 21H05 | 04/09/2008 | Permalien

Tout à fait. Lors du référendum de 2005 sur le TCE une majorité de Français avait dit non à ce projet. Qui en a tenu compte ? Les politiques se moquent bien des aspirations de leurs électeurs. Jusqu'à quand allons nous le supporter ?

Portrait de DBL8

à Lucien_de_Rubempré Portrait de Lucien_de_Rubempré De DBL8

Retraité | 05H46 | 05/09/2008 | Permalien

« C'est à cause de cette Europe là que … »

Qui a voulu de cette Europe libérale ? !
LES POLITIQUES (quelque soit leurs couleurs politique) & les FINANCIERS !
Et ce n'est pas nouveau.
Cette Europe s'occupe de tout mettre en coupe réglé et malheureusement pas au profit de la population.

Portrait de jimmyb

à Lucien_de_Rubempré Portrait de Lucien_de_Rubempré De jimmyb

14H20 | 05/09/2008 | Permalien

En effet, pourtant je suis sûr que l'on pourrait tirer quelque chose de bon de l'Europe, mais pas de celle qu'on a construit envers et contre nous.

Portrait de William Tel

De William Tel

à Lille | 20H13 | 04/09/2008 | Permalien

La construction de l'Europe à laquelle nous assistons (et particpons, même si c'est contre la « souveraine » volonté nationale depuis 2005)est simplment le moyen que le capitalisme patrimonial a trouvé pour reprendre possession des domaines d'activité que le 20 ème siècle lui avait arrachés ou interdits. La liquidation de ce précédent historique a débuté en 1983, avec le tournant de la rigueur et surtout les premières privatisations des « entreprises » publics.
L'intérêt collectif doit être intégré de force au calcul de la logique capitaliste. Mais que faire lorsque les élus dépositaires du plus grand pouvoir ont eux-mêmes la haine de l'état… et le mépris du peuple !

Portrait de hagalma

De hagalma

20H51 | 04/09/2008 | Permalien

J'ai ouïs dire q'un grand centre de tri de la banlieue lyonnaise a recours à du personnel intérimaire, ce personnel ne prêtant pas serment. Les disparitions de courrier y seraient fréquentes…

Portrait de jimmyb

De jimmyb

21H17 | 04/09/2008 | Permalien

Vous avez bien ouï, c'est le cas de la majorité des centre de tri, et il n'y a pas que les disparitions, il y a aussi les retards dans le courrier, les erreurs, etc.
Le personnel est ridiculement payé, pourquoi voudriez-vous qu'ils s'embêtent.

Portrait de I. G.

à jimmyb Portrait de jimmyb De I. G.

Y | 22H48 | 04/09/2008 | Permalien

Et à qui allons nous nous plaindre de la dégradation du service ? A ces pauvres gens qui ne font pas leur boulot parce qu'ils n'ont aucune raison de le faire à part ne pas finir à la rue.

Ceux qui ont pris ces décisions dramatiques ? Oh, ne vous inquiétez pas pour eux, ils n'en souffriront pas, personne ne viendra rien leur dire et ils seront réélus à leur poste sans aucun problème.

La démocratie, quel beau rêve ! Et si lointain !

Portrait de DBL8

à I. G. Portrait de I. G. De DBL8

Retraité | 05H51 | 05/09/2008 | Permalien

Le fait d'être mal payé n'excuse pas le travail mal fait !
Ni ne le comprend !
Un travail quel qu'il soit DOIT ÊTRE bien fait, aucune excuse à ce comportement.
Quant aux vols et courriers mal distribué… c'est de pire en pire.

Portrait de Lucien_de_Rubempré

à DBL8 Portrait de DBL8 De Lucien_de_Rubempré

Splendeur et misère des court-disan... | 09H47 | 05/09/2008 | Permalien

Stratégie classique néolibérale :

1) dégrader le service public pour que cela soit les administrés eux mêmes qui demandent à ce que l'on réalise l'étape 2
2) privatiser le service public « déficient »

Portrait de Libelluless

De Libelluless

22H07 | 04/09/2008 | Permalien

La délivration du courrier a été supplantée par les courriels, la poste avait partant créée des comptes internet pour les particuliers… mais l'Etat a préféré scinder France télécom de la poste plutôt que de la consolider dans son rôle leader de communiquant.

Le problème pour ce service postal, c'est que La Poste n'a « a pas suffisamment inticipé les évolutions technologiques et les besoins du marché. (Même les retraités se mettent à l'internet) De plus, le courrier électronique, fax compris commencent à obtenir la certification d'une preuve juridique bien que le recommandé soit encore la seule notification postale encore prisée des administrations et entreprises pour faire valoir des droits juridiques.

Bien sûr, il y a les nouvelles technologies de tri automatisé du courrier : la TOP (tri otique des objets plats) mais cela n'est plus suffisant. Seul la livraison des colis reste encore rentable bien que concurrencée par DHL et TDT Express.

Pourtant, La poste garde l'avantage d'être particulièrement bien implantée sur le territoire avec maintenant un peu moins de 17000 bureaux postaux qui pour ma part on un rôle très important de maintien du service postal bancaire sur les territoires, mais pour combien de temps ? En effet, si La Poste veut devenir une véritable banque, il lui faut pouvoir proposer des crédits à la consommation, ce qui n'est pas encore possible (et à quel prix ? Pour quel taux accessibles pour les “moins riches” ? ). De plus, elle perd également le monopole de la distribution du livret A.

La poste a encore quelques beaux jours avec la distribution de la publicités mais là encore avec le grenelle de l'environnement, papier = bois + pollution dû au transport et augmentation du coût de l'énergie pétrolière… Malgré tout cela, je reste nostalgique car dans de nombreux pays reculés des grandes grandes villes, dans les montagnes, par exemples, c'est peut être encore le seul lien entretenu avec les “petits vieux” (visités les jours de canicule ou de très mauvais temps pour recevoir les quelques rares lettres de la famille ou les factures ! ).

Les cartes postales ont vieillies et les beaux timbres n'y feront rien, je le regrette.

Portrait de Teberli

à Libelluless Portrait de Libelluless De Teberli

Enseignant | 07H02 | 05/09/2008 | Permalien

Quand la poste aura bien anticipé, rationalisé, taillé dans les effectifs, vendu des tas de crédits à la consommation,fait de l'activité bancaire, bloqué les salaires, fermé les bureaux peu fournisseurs d'argent, elle sera prête à être privatisée.

Je ne suis pas sûr que les citoyens de ce pays soient pr^ts à l'accepter mais en s'y prenant par étapes moins visibles, moins douloureuses, les fossoyeurs des services publics accomplissent partout leur mission au service des possesseurs du capital qui voient s'ouvrir de bien juteux marchés car il y a beaucoup de « citrons » à presser ( Ceux qui créent la richesse et ceux qui vont payer très cher les « services » des presse-citrons.

Quant à ceux qui ont moins de jus car on les a déjà pressés …

Portrait de Libelluless

à Teberli Portrait de Teberli De Libelluless

22H18 | 05/09/2008 | Permalien

Pour tous ceux qui sont contre la privatisation de La Poste, faites comme moi : signez la pétition
http://www.humanite.fr/La-Poste-petition-contre-la-privatisation

Portrait de kkadim

à Libelluless Portrait de Libelluless De kkadim

service public rhone alpes | 20H25 | 05/09/2008 | Permalien

la poste a tout au plus 15000 « points de contact », et certainement moins de 10ooo véritables bureaux. un rayon de « prét à poster » dans une grande surface est un point de contact……

Portrait de ysengrimus

De ysengrimus

00H04 | 05/09/2008 | Permalien

Le partenariat public-privé est une arnaque pour le public

http://ysengrimus.wordpress.com/2008/08/01/partenariat-public-prive-gave…

et une aubaine pour le privé.

Paul Laurendeau

Portrait de Teberli

De Teberli

Enseignant | 06H48 | 05/09/2008 | Permalien

Travailleurs de tous les pays, mettez-vous bien cette recette dans la tête. Moins de paye, plus de travail pour la bonne santé de votre entreprise.

Quand vous aurez réussi, aidez la à se délocaliser ou à employer des travailleurs prêts à faire encore plus de sacrifices(Si vous avez un syndicat pro-libéralisme-capitalisme, il saura vous aider)

Allons enfants de la patriiiieuh
Faites donc encore un p'tit effort
(début l'« Internationale du capital)

Paroliers, poètes et rebelles, votre possible jour de gloire est arrivé.

Portrait de BrunoC

De BrunoC

( ° ) ( ° ) | 09H29 | 05/09/2008 | Permalien

Ayant eu La Poste comme client pendant quelques mois, j'ai pu observer que la privatisation ne sera plus que la dernière étape d'un processus qui dans les faits est déjà bien avancé.
Chacun a déjà pu constater la déliquescence de la notion de service public en se rendant dans un bureau de poste (devrait on dire, un supermarché de la poste), fait des queues interminables pour retirer un coli(*) quand plusieurs guichets étaient fermés.
Comme signalé plus haut, le recours aux emplois précaires est monnaie courante. On entend souvent parler de facteurs en CDD depuis 15 ans, au mépris du code du travail.
Mais ce n'est que le reflet d'une perte complète d'identité. Toute la culture de l'entreprise est atteinte. Dans la plupart des entreprises publique, on trouve encore une solidarité entre l'encadrement et les ouvriers. A la SNCF ou la RATP, tous considèrent remplir la même mission au service du public.
A la poste, les cadres moyens de la branche courrier ne considèrent pas le personnel des centres de tri comme des collègues mais comme une foule à dompter pour les faire bosser. Ce n'est que la pointe du iceberg la plus saillante mais cette faillite du management se retrouve à tous les niveaux de hiérarchie, encouragée en cela par une tutelle qui demande rentabilité, efficacité - c'est louable - sans ce soucier des contreparties.

Je me demande bien ce que les syndicats veulent défendre de cette entreprise dont il ne reste plus rien qu'une troupe d'employés névrosés, nostalgiques d'un passé depuis longtemps révolu, mais à la fois complices de ce glissement vers une entreprise déshumanisée.

(*) La Poste est sensée distribuer les colis et EN CAS D'ABSENCE, stocker le paquet dans le bureau de poste le plus proche de votre domicile en se signalant par un avis de passage. De ma propre expérience, ils ne prennent plus cette peine et dépose directement un avis de passage dans votre boite sans même vérifier si vous êtes présent, ce qui simplifie grandement la logistique et fait faire beaucoup d'économie à la Poste (est ce que le tarif d'envoi des colis a baissé ? )

Portrait de Windom

De Windom

fonctionnaire | 13H29 | 05/09/2008 | Permalien

Soyons clairs, si d'aventure l'opposition (l'oppo… quoi ? ) revient demain aux affaires, elle sera ravie que le « sale » boulot ait été effectué sans elle, et ne sera probablement pas pressée de revenir en arrière !
L'équipe en place n'est responsable que de la mise en place de nouveaux modes de fonctionnement, mais elle n'est pas seule à l'origine du changement…

Portrait de Humain

De Humain

13H54 | 05/09/2008 | Permalien

A Windom,

Effectivement.
Je ne suis pas vraiment convaincu que la politique financière de Christine Lagarde soit foncièrement différente de celle que mènerait Strauss Khan s'il était au même poste !

En ce sens, et toujours dans le fond, les « politiques économiques » de Sarkozy et du PS sont très proches, voire quasi les mêmes comme chacun le sait.

Quand Strauss Khan reviendra du FMI pour se présenter en France, quelle politique financière fera-t-il ?

Portrait de marabbeh

De marabbeh

16H20 | 05/09/2008 | Permalien

Je ne suis pas particulièrement contre les services publics. Il en faut, comme l'éducation, l'armée, la sécurité… Mais en lisant les commentaires, on a l'impression que beaucoup trouvent que c'était mieux avant. Il faut se souvenir des queues interminables (c'est toujours le cas, mais avant aussi), des employés peu aimables (même s'ils étaient moins stressés), et qui discutaient entre eux ou téléphonaient chez eux, des hygiaphones qui faisaient une nette séparation entre l'agent tout puissant et l'administré en position d'infériorité. Si tous les services publics se sont heureusement améliorés depuis 10/20 ans, c'est bien sous la menace de la privatisation.

Portrait de kkadim

à marabbeh Portrait de marabbeh De kkadim

service public rhone alpes | 20H29 | 05/09/2008 | Permalien

ouais effectivement les banques avec leur sas à l'entrée, quand c'est pas un vigile, et leurs trois conseillers qui ne cherchent qu'à vendre, mais avec le sourire c'est mieux……………

Portrait de annaliech

De annaliech

saperlipopette | 16H44 | 05/09/2008 | Permalien

« Car le privée c'est ça : de la rentabilité et du bénéfice d'abord, les objectifs sont uniquement comptables, qu'on ne vienne pas nous dire le contraire »

et peut être enfin un service postal qui marche bien..contrairement à ce « pseudo-service public » en place actuellement. En Allemagne (pour y avoir vécu assez longtemps) la Poste ça marche..

La question du salaire minimum en Allemagne est un autre débat. L'Allemagne ne connaît pas de SMIC, mais les salaires sont en général presque doublé par rapprt en France et la vie y est bien moins chère, surtout en terme de produits de conso courante tel que nourriture etc…

Il ne faut pas diaboliser la privatisation et dire que tout est de la faute de l'Europe ! bravo !
Sortir de l'UE ? Quelle bonne idée ! Isolée et seule la France arrivera certainement à garder son service public et à augmenter ses fonctionnaires !

Portrait de titi3

De titi3

18H01 | 05/09/2008 | Permalien

@ GREVE GENERALE | commerce
03H25 05/09/2008

remarquable : )

Moi il me foute la gerbe tout ces rats de profiteurs…un jour ça se retournera contre eux et ils pourront quitter la Terre. On écrase pas indéfiniment un peuple, l'Histoire l'a suffisament prouvé.

Portrait de SylvainGautier

De SylvainGautier

Citoyen | 23H17 | 05/09/2008 | Permalien

Les comparaisons avec les voisins européens oublient une chose.
La géographie. Le territoire de la République française est le plus grand de l'Union européenne, et de plus, est en grande partie montagneux.
cette géographie modifie les coûts.
C'est seulement par choix républicain qu'il y a des bureaux de poste sur l'ensemble du territoire.
Si seule la rentaiblité était prise en compte, 90% des bureaux de poste seraient fermés.

En outre, en de nombreux lieux, par exemple dans les Alpes, c'est le facteur qui va chercher les mandats, achète et apporte les courses et le pain à des personnes agées, souvent des veuves, qui n'ont pas les moyens (ni la volonté) de quitter leur ferme dans la montagne (et en outre ne conduisent pas, bien sur).
Seule la Poste leur permet de vivre dignement.

Rendre un tel service marchand est tout simplement impossible dans notre pays.

Portrait de GREVE GENERALE

De GREVE GENERALE

commerce | 00H02 | 06/09/2008 | Permalien

Le problème, KiriKou 33, c'est qu'on entend ce discours en boucle dans les médias qui en appellent à la résorption de LA DETTE (c à d par la « réforme » des administrations publiques avec la baisse des effectifs, tant dans dans les secteurs d ela santé de l'éducation nationale etc..). Bla bla bla. La machine à décerveler est tellement bien huilée que cette question paraît pleine de bon sens : pour réduire la dette (publique), réduisons « nos » dépenses. ET BIEN C'EST UNE TARTUFFERIE ! !

Il faut poser la question différemment : A QUI PROFITE LA DETTE ? http://www.m-pep.org/spip.php ? article933 ou
Michel Husson : http://hussonet.free.fr/detpub5b.pdf

La situation est-elle si grave ? Ainsi en 2006 les actifs financiers (les créances) et non financiers (pour l'essentiel les infrastructures) des administrations excèdent largement leur passif financier (les dettes) : la valeur nette de leur patrimoine est de 676,6 milliards d'euros (Insse 2007), soit l'équivalent du 1/3 du PIB.

Présenté du point de vue d'un comptable d'entreprise, mais cette fois avec rigueur, la dette publique apparaît soudain moins calamiteuse. L'Etat est une entité économqiue et financière différente des autres. IL NE MEURT PAS, IL NE FAIT PAS FAILLITE. On ne peut le comparer ni à un ménage ni à une entreprise.

C'est l'endettement des administrations publiques qui tend à favoriser la croissance, et c'est la croissance trop faible qui génère de l'endettement.

La dette est la contre-partie financière d'un actif réel et souvent utile. Si l'on en revient aux administrations, on constate que l'endettement contracté par les générations passées a pu donner lieu à de belles réalisations (infrastructures, amélioration de l'état de santé de la population, etc…) Au total, comme indiqué plus haut, la valeur du patrimoine est supérieure à l'endettement…..

Pour s'endetter, l'Etat émet sur les marchés financiers des obligations appelées bons du Trésor. Ces obligations qui rapportent chaque année à leur détenteur un intérêt versé par l'Etat et donc, par les contribuables. Le projet de loi de finances pour 2008 prévoit que soient versés environ 40 milliards d'€ d'intérêts au titre de la dette publique, ce qui représente environ 15 % du total des dépenses de l'Etat. Pour comparer : le budget de la défanse c'est 36, 7 milliards, celui de l'enseignement scolaire 59 milliards. Ces intérêts versés correspondent à peu-près au montant prévu du déficit budgétaire.

Que voit-on, sinon une redistribution à rebours en provenance de tous les contribuables, y compris les plus modestes (à travers la TVA) qu'ils paient dès le premier euro à destination des détenteurs de la dette publique esentiellement les plus fortunés : ceux qui ont placé leur épargne sur les marchés financiers, notamment sous forme de bons du Trésor : il s'agit bien d'une redistribution à rebours : le pauvre paie pour le riche qui lui fait croire que cela est dû à la dette publique.

Les épargnants réussissent tjs à prêter la partie de leur revenu qu'ils ne veulent pas consommer (ils sont gavés, eux).

Sachant que dans notre économie capitaliste la volonté d'épargner (bien sûr pour les plus aisés) est supérieure à la volonté d'investir (en gros parce que la spéculation rapporte bien plus que le travail), l'Etat s'endette pour financer des dépenses supplémentaires, à la place des entreprises qui n'envestissent pas assez pour dépenser cette épargne, utilement, dans la production de BIENS PUBLICS

En déplaçant la charge fiscale des foyers les plus cossus vers les revenus moyens et modestes, ces « réformes » ont favorisé les contribuables dont la « propension à épargner » est la plus forte.

EN BAISSANT LES IMPOTS DES RICHES, LES GOUVERNEMENTS ONT SIMULTANEMENT CONTRIBUE A DESTABILISER LES FINANCES PUBLIQUES ET OBLIGE L'ETAT A OFFRIR DES TITRES SUR LES MARCHES FINANCIERS.

LES RICHES BENEFICIENT ALORS D'UNE DOUBLE RECOMPENSE : LE CADEAU FISCAL D'UN COTE, ET LE PAIEMENT D'INTERETS DE L'AUTRE.
Le 1er kdo leur permet de dégager l'épargne qui financera la dette, laquelle a été créée par le kdo fiscal lui-même.

Et si « on » rétablissait : (qui c'est on ? )
1 l'impôt progressif.
2 l'impôt sur le capital.

(Ex. tirés de B. Tinel & F. Vandevelde dans le « diplo. » de juillet dernier)

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Portrait de Sergius3

à GREVE GENERALE Portrait de GREVE GENERALE De Sergius3

Gentilhomme en campagne.. | 12H04 | 06/09/2008 | Permalien

Réponse à la folle à lier ….
Vous avez perdu la tête ? ? ? ? ?
Demandez à vos copains cocos qui louent une partie du local ( le QG)de la place du Colonel Fabien , ce que c'est de manquer d'argent ….
Vous êtes en plein délire ..
Estimez vous heureuse d'avoir de riches dans le pays, qui payent pour vous …
sinon, vous pouvez faire comme eux …
mais en êtes vous assez courageuse et intelligente ? ? ? ?
cqfd

Portrait de Sergius3

De Sergius3

Gentilhomme en campagne.. | 12H06 | 06/09/2008 | Permalien

Il est temps de privatiser cette poste française …
Ce qui est sûr, c'est l'absentéisme qui va chuter après la privatisation faite ….
bref, il serait temps de secouer ce petit monde …
sur ce…
cqfd

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