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Après plus de 42 ans de boulot, ils doivent prolonger d'une année
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 14/09/2008 | 21H17
Mobilisation contre une circulaire du 25 juillet qui modifie les conditions de départ en retraite anticipée pour carrière longue.

Ils pensaient pouvoir se retirer au 1er janvier prochain. Avoir assez cotisé. Nés en 1949, 1950, 1951 ou 1952, âgés de 56 à 59 ans, ils étaient au travail dès 14, 15 ou 16 ans, et persuadés d'avoir l'âge et les trimestres requis pour la quille. Or, au beau milieu de l'été, les modalités du dispositif « retraite anticipé pour carrière longue » datant de 2003 ont été revues. Pour certains, c'est un an de plus qu'ils va falloir travailler, dès maintenant.
A la grande surprise de la CFDT, signataire de l'accord de 2003, de la CGT et de FO et des personnes concernées, bien décidées à ne pas se laisser faire. La riveraine Aro, qui nous a alertés sur ce dossier, s'active actuellement pour envoyer des courriers à tous les députés et sénateurs de France, espérant qu'ils saisissent le ministre du Travail et obtiennent une révision de cette mesure.
La lettre d'Aro aux députés
C'est absolument scandaleux et injuste. Comment voulez-vous qu'une personne née après le 1er décembre 1952, obligée de par sa date de naissance à ne pouvoir prendre sa retraite qu'à partir du 1er janvier 2009, qui a cotisé 168 trimestres (obligatoires pour prendre sa retraite anticipée à 56 ans), ait cotisée 172 trimestres à moins d'avoir commencé à travailler à 13 ans ce qui n'était possible ! Monsieur le Député, j'espère que vous ne resterez pas insensible à cette situation absolument scandaleuse. Mon mari n'est certainement pas le seul dans cette situation, aussi, je vous demande formellement de bien vouloir intervenir auprès de monsieur le ministre Xavier Bertrand.
Au cabinet de Xavier Bertrand, on martèle que :
« Le dispositif est sauvegardé, malgré son coût très élevé (2,5 milliards d'euros par an). Ainsi, il reste possible de partir en retraite avant 60 ans si l'on a eu une carrière longue, c'est l'essentiel. »
Lors de la réforme Fillon de 2003, il avait été décidé de faire un point d'étape en 2008.
Un an de plus pour le régime général
A partir de l'an prochain, la durée normale de cotisation pour le régime général sera ainsi rallongée de 40 à 41 ans. Mais cet allongement sera lissé entre 2009 et 2012, soit un trimestre de plus à travailler en 2009, deux de plus en 2010, etc pour arriver à un ans de plus en 2012.
Seulement, pour ceux qui travaillent depuis plus de quarante ans déjà, apprendre soudain qu'ils vont devoir rallonger, de un à quatre trimestres selon les cas, voilà qui passe mal. Gabrielle Simon, secrétaire générale adjointe de la CFTC, décrypte :
« Ce durcissement, qui consiste à demander à tout le monde de travailler plus longtemps, la CFDT l'a validé en 2003. Ce à quoi on assiste là n'est pas très étonnant. Le problème est que le dispositif retraites anticipées a coûté bien plus cher que prévu, donc le durcissement est plus radical pour cette catégorie de personnes. »
En effet, environ 100 000 personnes par an sont parties avec ce dispositif, plus de 450 000 depuis 2003 selon les chiffres de la Cnav. Avec les récentes modifications, le nombre de bénéficiaires pourrait descendre à 65 000 par an, selon la CFDT.
L'esprit et la lettre
Le syndicat dénonce une disposition « injuste et demande au gouvernement de modifier les décrets et circulaires ». En effet, la lettre ministérielle envoyée à la Cnav et transformée en circulaire du 25 juillet 2008 n'a pas valeur réglementaire, et une révision simple semble possible. Au ministère du Travail, le cabinet de Xavier Bertrand a son interprétation des textes, justifiant qu'« il y a l'esprit et la lettre » :
« La CFDT n'a qu'à expliquer tout cela en interne, et la Caisse nationale d'assurance vieillesse est là pour étudier les cas particuliers. »
Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT en charge du dossier retraites, estime que le gouvernement a fait un usage pervers de la loi. (Ecouter le son)
Un « magnifique tour de passe passe »
Monique S. a 57 ans et travaille depuis l'âge de quinze ans et demi. Elle est actuellement assistante maternelle. Sa caisse d'assurance vieillesse lui avait annoncé un départ en retraite au 1er juillet 2008 et là, elle a l'impression de s'être fait « flouer d'une année ». Elle a écrit à son député, au ministre du Travail et au Premier ministre pour exposer son cas personnel et dénoncer « ce qu'il faut bien appeler un magnifique tour de passe passe », l'introduction de la notion d'année de naissance dans le nouveau dispositif. Très remontée, elle commence à se décourager :
« On déverse notre rage sur le forum de la CFDT. Mais il faudra peut-être qu'on fasse une manif… Je pense qu'on est peu nombreux, tout le monde s'en moque, on va passer à l'as. »
Décembre 1952, le mauvais mois
Certains s'en sortent plus ou moins bien : au mieux un trimestre de plus à cotiser, comme tout le monde. Mais ceux qui sont nés en décembre 1952 subissent une peine plus sévère du fait de leur mois de naissance. « C'est le pire du pire », confirme Jean-Louis Malys de la CFDT. (Ecouter le son)
C'est le cas du mari d'Aro, qui détaille :
« Il a travaillé trente-quatre ans à temps plein en usine, en deux huit ou trois huit. Et en parallèle, il a travaillé dans les vignes à temps partiel. Il lui est arrivé de travailler seize heures par jour, huit à l'usine et huit à la vigne. Il a travaillé et cotisé l'équivalent de 61 ans sur 42 années et il ne peut toujours pas partir à la retraite. »
Parmi les 100 000 personnes concernées chaque année par ce départ en retraite anticipée, on compte quelque 91% d'ouvriers ou d'employés, qui ont cumulé carrières difficiles et salaires bas. Et dont l'espérance de vie est bien moindre que la moyenne des Français.
Photo : manifestation pour les retraites le 6 mars à Paris (Benoit Tessier/Reuters)
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De Millecalottes SARKASTIK
Variable | 15H34 | 15/09/2008 |
(@ N.MARECHAL 23H54 14/09/2008)
Mes amis, il serait dommage de se lancer ici dans un conflit intergénérationnel. Je tiens à remercier nos ainés pour les luttes et tous les combats durement menés pour arracher nos acquis sociaux. Ces derniers, sont aujourd'hui en péril et sont attaqués de toutes parts. Les responsables de cette imposture sont connus de tous, mais il serait totalement faux, sous couvert de réactions épidermiques, d'en attribuer toutes les responsabilités au seul Sarko et à sa clique de tordus mafieux !
A l'heure où la gauche semble exsangue crevant sous le carriérisme et l'individualisme de certains, (qui d'ailleurs, n'ont plus rien à y faire ! ),vous auriez tord mes amis de vous désolidariser car ouvrez les yeux, c'est ce que l'on attend de vous dans les « pressions » sur la belle bande de citrons que nous sommes ! Les fonds collectés (par et dans) la sueur de nos anciens ont été dilapidés (par et dans) des politiques lamentables et démagos de droite comme de gauche, les uns comme les autres incapables de présenter des budgets à l'équilibre depuis 30 ans ! ! ! Voilà, le résultat présenté sous la forme d'un bilan attribuable aux carriéristes égoïstes tous bords confondus. Les acquis, le droit du travail ne sont plus que ruines et les pratiques de l'état, ainsi que celles de grands groupes, sont innommables. Aussi, j'invite humblement les nostalgiques d'une époque révolue à tourner la page pour s'ouvrir aux pratiques actuelles et sur le constat « du travail » d'aujourd'hui…
En effet, sans que les syndicats ne s'y intéressent, ni même la gauche, (pour les raisons évoquées plus haut), il devient de pratique courante pour l'état et certains grands groupes d'utiliser le travail au noir, (les clandestins ne me démentiront pas), ou simplement de s'affranchir de notre droit en falsifiant ou en contournant les derniers vestiges de nos acquis, pour ceux qu'ils n'ont pas encore réussi à faire voler en éclats ! Pour ne vous en donner qu'un exemple, lors de l'embauche de « commerciaux », des firmes étrangères et afin de se soustraire au droit Français qu'elles jugent dément, à la signature du contrat d'embauche et simultanément, font signer une lettre de démission en « blanc » à leurs futurs salariés ! Il existerait même des « black list » pour fermer l'accès à ceux qui auraient simplement refusé d'entrer dans cette honte ! Après, c'est marche ou crève… Si la tronche ne plait plus, si les résultats ne sont pas là ou à la moindre contestation… Ils n'ont plus qu'à remplir la feuille, mettre la date et l'assortir d'un motif bidon et le forfait est plié ! Pour le « volet social », vous pouvez repasser ! Selon la formule consacrée, ne souhaitant pas trahir des investigations en cours, je ne donnerai à ce sujet, aucune info.
Dans ces conditions, vu des travailleurs actuels, ne se plaindre que de la date du départ en retraite ou de son montant peut paraître égoïste. Mais, et je vous le rappelle, la division, ce « chacun se la joue perso », c'est ce que l'on attend de vous ! Entrez dans ce « jeu » et nous seront très facilement vulnérables ! A mon grand regret. Je ne sais pas quelle « structure » devront porter demain nos espoirs mais je puis vous dire que si nous entrons aujourd'hui dans ce genre de travers, le problème ne ce posera plus. Je respecte et comprends l'appréciation de N MARECHAL et il faut que chacun, accepte le « point de vue » de l'autre, quant aux nouvelles pratiques que nous subissons…
Cordialement à tous ( sauf les TROLL ! )
De tooms4444
p'tit con | 15H58 | 15/09/2008 |
Le problème, c'est que toutes ces mesurettes (petit à petit, l'oiseau fait son nid) s'appliquent comme un couperet en ne frappant qu'un petit nombre de personnes à la fois, les laissant désemparées.
On devrait instaurer que toute modification du régime de retraite ne puisse s'appliquer qu'à une échéance de 10 ans (elles ne pourraient donc pas s'appliquer à ceux dont le départ dans le régime « courant » est imminent). On verrait ainsi ce qu'il advient lorsque l'on s'attaque à des personnes qui ont l'énergie de se défendre…
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H58 | 15/09/2008 |
Ils en ont bien de la chance, que ça soit aujourd'hui ou demain, au moins eux ils auront le droit à la retraite…
Et je ne peux pas m'empêcher de me poser une question fondamentale : qu'est ce que je ferais de mes journées à la retraite ?
Est-ce irréaliste d'imaginer que je continuerais à fragger et raser des villes, tout en fumant mes pets (voire les boire en tisane), picolant et draguant les touristes ?
De henribourso
17H02 | 15/09/2008 |
On parle de ceux qui sont nés en 1950 51 52 comme si ils étaient les seuls !
Et les autres, ceux de 1953 54 55 56 57 58 59 60 61 80 90 etc !
Tous sont à la tache 1 an de plus.
Donc, que les 1949 50 51 lâchent les baquettes !
à henribourso
De aro
assistante | 17H16 | 15/09/2008 |
A henribourso
Ce que nous dénonçons :
Jusqu'au 1/12/2008, les personnes pouvaient ou peuvent partir à la retraite avant 60 ans, à savoir, 56,57,58 ou 59 ans avec 168 trimestres.
A partir du 1/1/2009, à ces mêmes personnes, on rajoute des trimestres, à savoir :
année 1949= + 1 trimestre
année 1950= +2, année 1951= +3 et 1952= +4 trimestres.
Jusqu'au 1 décembre 2008, il n'était pas question de « génération », mais uniquement de l'age avec condition de durée d'assurance et de cotisations en plus de nombres de trimestres validés avant leur 16 ou 17 ans.
En résumé, des personnes des citées ont pu ou vont partir avec 168 trimestres et les autres de ces mêmes anées se voient infligées de travailler plus longtemps, voilà notre combat.
Vont également être concernées des personnes de 1953, 1954 qui ont obtenu dérogation académique pour aller travailler à partir de 14 ans.
M. Sarkozy déclare que les manifestations en France, on ne s'en aperçoit plus. Si vous ne voulez pas cotiser 41 ans, faites des pétitions, peut-être que ! ! ! !
Y aura-til plus de signatures que de manifestants ?
De Dominique52
(technicien salarié) | 08H19 | 16/09/2008 |
Au delà de l'augmentation de la durée de cotisation elle même, tout le monde a bien compris l'injustice qu'il y a entre l'appliquer progressivement sur 4 ans pour la durée de base et en totalité dés le 1er janvier selon l'année de naissance pour les « longues carrières »
Pour que cela soit la même chose pour tous il faudrait passer sans progressivité à 41 ANS POUR TOUS AU 1er JANVIER ! à cette seule condition cela ferait effectivement 164 pour tous + 8 pour les longues carrières = 172 trimestres
CHICHE mr le Ministre ?
Sinon c'est bel et bien de la discrimination de traitement en vue de réduire la portée de l'accord.
De Dominique52
(technicien salarié) | 08H21 | 16/09/2008 |
bis
De Dominique52
(technicien salarié) | 08H21 | 16/09/2008 |
bis
De moa98
la France d'en bas | 03H56 | 17/09/2008 |
N.Maréchal
Si tu veux une retraite, tu fais comme nous et tu te bats, n'attends pas que les autres le fasse pour toi. Le canapé et les petits fours c'est bien, mais tu verras on se lasse après 42 ans de bons et loyaux services, et je n'aspire pas à cotiser pour toi
De Catw
Journaliste | 13H32 | 18/09/2008 |
Certes, ce n'est sans doute pas agréable mais une année de travail en plus, ils vont survivre… On demande aux jeunes générations de travailler plusieurs années en plus, pour une retraite qui sera moindre, qui est mise en péril par le chômage et la précarité, alors ne faisons pas pleurer dans les chaumières avec le cas de personnes qui, au moins, vont avoir une retraite.
à Catw
De aro
assistante | 15H51 | 18/09/2008 |
Bonjour,
Une année de plus, dites, ils vont survivre ?
Qu'en savez vous ?
Avez vous commencé à travailler à 14 ans ?
2 ans de travail, voir 43 si l'on n'a pas gain de cause. Voyez vous, vous avez certainement été à l'école jusqu'à quel âge, 20,25 ans ? Eux, ils étaient au boulot à porter des sacs de platre, de ciment, en usine, à faire les 2x8, les 3x8, la nuit, les factions, ça use ! ! la poussière, le bruit, le froid, la pluie, la chaleur, ne leur en demander pas trop.
Remerciez plutot vos parents qui vont laissé à l'école, qui ont surement travailelr pour payer vos études.
J'ai déjà dit dans un autre commentaire que l'on soutient les jeunes, nos enfants. On sait que l'avenir n'est pas « rose », qu'il y a du chomage (les seniors en patissent aussi, ont été licencié pour pas mal d'entre eux, est ce leur volonté ? )
Ils vont avoir une rertraite, mais combien de temps ? DAns leus générations, la notre, 42 ans de travail, ça use et beaucoup d'entre eux, après quelques mois de retraite sont décédées, n'en n'ont pas profité. D'autres sont malades, toucher une retraite, oui, en profiter et comment, c'est autre chose.
Nous menons notre combat, mais c'est aussi celui de tous, jeunes et vieux.