Decryptage

Les déboires des banques US, ce sont aussi les nôtres

Par Pascal Riché | Rue89 | 15/09/2008 | 07H45

Un triple tremblement de terre a eu lieu cette nuit dans la banque américaine. En allumant leur radio ce lundi matin, les Français apprenaient 1) que la quatrième banque d'investissement Lehman Brothers avait fait faillite et allait probablement être liquidée, les autorités bancaires n'ayant pas trouvé de repreneur ; 2) que la banque Merril Lynch, en désespoir de cause, avait accepté de se vendre à la première banque du pays, Bank of America, pour 50 milliards de dollars ; et 3) qu'une dizaine de banques s'étaient liguées pour se protéger mutuellement, via une ligne de crédit commune de 71 milliards de dollars.

On attend ce lundi encore une quatrième annonce, en provenance de l'assureur AIG qui s'est lui aussi fourvoyé sur le marché des titres adossés au crédit immobilier.

Pour spectaculaires qu'ils soient, tous ces chocs semblent lointains : de l'autre côté de l'Atlantique, de l'autre côté de l'économie « réelle ». Pourtant, ils ne manqueront pas d'avoir des conséquences sur l'économie européenne et sur nos vies quotidiennes. Ceux qui affirment le contraire sont les même qui annonçaient, il y a quelques mois, que la crise des subprimes n'aurait aucune conséquence sur l'immobilier en France, qu'elle le contournerait tel le « nuage de Tchernobyl ». On sait ce qu'il en est advenu.

Les banques se prêtent énormément d'argent, entre elles : que l'une vienne à défaillir, et c'est tout le système qui se crispe. Et ce système ne s'arrête pas aux frontières des Etats-Unis. Le risque d'un « credit crunch » -une contraction du crédit- est plus lourd que jamais.

L'affaire des subprimes n'est pas un choc passager. C'est une crise systémique, comparable à la crise financière qui a englué le Japon pendant toutes les années 1990. Au moins, les Etats-Unis semblent-ils en prendre la mesure : à la différence des autorités japonaises, qui avaient toléré l'existence de « banques zombies », elles semblent désireuses de crever les abcès dès maintenant, en nationalisant certains établissements (Fannie Mae et Freddie Mac), et sacrifiant les autres.

« La crise financière et ses manifestations ne sont pas terminées », a admis lundi matin sur Europe 1 la ministre de l'économie et des finances Christine Lagarde, tout en cherchant à rassurer les français : La faillite de Lehman Brothers, « c'est aussi un signe d'équilibre »… « Le marché américain a coutume de ces coups de torchon. »

Mais lorsqu'on lui demande quelles seront les conséquences pour nous, Christine Lagarde refuse de répondre : « L'ensemble des autorités se concertent depuis quelques jours (…) y'a pas panique à bord. » Puis elle appelle les banques françaises à « continuer à soutenir les petites et moyennes entreprises ». Que le seul levier possible de la politique économique française soit la supplique aux banques n'est pas du tout rassurant.

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Portrait de Pierrrrre

à hogan Portrait de hogan De Pierrrrre

13H39 | 15/09/2008 | Permalien

« pas de file d'attente chez l'épicier »
Et l'inflation ? Elle ne compte pas

► inflation de quelques % .. rien à voir avec de vrais inflations à deux chiffres, notamment celle des pays socialistes ou sortant avec peine d'une économie socialiste

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« les retraites sont normalement versées »
Vu leur montant c'est heureux,

► ben oui, et elle n'ont pas baissé

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« au fait la retraite par répartition ça n'est pas vraiment de droite. »

► le principe de la retraite par répartition est une ineptie économique et démographique.
Il est à la source de la ruine de tous les retraités des anciens pays socialistes, qui ont payé la retraite des autres et n'ont rien épargné pour leur propre retraite.
Ce principe est à la source de la mise en faillite du CREF, fond de pension tenu par des syndiqués de l'Education Nationale et qui ne pouvait plus assumer ses engagements financiers. (outre de multiples malversations)
Il a été sauvé par sa conversion en système à capitalisation, seule solution péreine quelque soit l'évolution du nombre de cotisants

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« la télévision marche »
Et les coupures d'électricité récurrentes aux USA liées à la libéralisation du marché.

► toute le monde sait que les Etats Unis vivent à la lueur des bougies

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« mon congélateur reste rempli »
Le vôtre oui , mais vous n'êtes pas une généralité.

► vous avez oublié de noter que je restais froid à la disette des autres.. Mais tout le monde n'a pas cette petite lumière qui s'allume quand on ouvre leur porte.

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« Dernière questions, les fameuses “ émeutes de la faim ”, de quel système sont-elles un symptôme de crise profonde ? »

► Je note que l'intégralité des pays où se manifestent problèmes de disette parallèles à des potentats ventripotents ne sont pas de nature démocratique et libérale.

Portrait de Teez-teez

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Back in the USSR | 15H25 | 15/09/2008 | Permalien

le système des retraites par répartition, à la source de la ruine des retraités des ex-pays socialistes ? ?
mouais…
j'avais entendu des versions différentes, mais bon.

Portrait de Pierrrrre

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19H20 | 15/09/2008 | Permalien

 »…le système des retraites par répartition, à la source de la ruine des retraités des ex-pays socialistes ? ? … »

► absolument, les cotisations ont simplement servi à payer les retraites des autres,
et comme le système s'estécroulé, il n'y a plus personne pour payer leurs propres retraites.. et comme rien n'a été capitalisé, ils ne leur reste que le compassionnel.

En France, le nombre de cotisants baissant par rapport au nombre de retraités, fatalement, le système va à la catastrophe.
Alors que dans un système à capitalisation, les cotoisants cotisent dans des caisses qui conservent l'argent afin de le reverser au jourde laretraite au pororata del'argent investi etde la pertinence des placements.

Contrairement à la propagande du politiquement correct, les fonds de pensions américains effectuent des placements extrèmement sécurisés.

En France, le seul fond de pension à capitalisation LaPréfon ne génère pas des rendements extraordinaires (gérés par des syndicats), mais il est réservé… aux seuls fonctionnaires ! … avec avantages fiscaux à la clef ! ! !

Portrait de bjm

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| 22H54 | 15/09/2008 | Permalien

« Contrairement à la propagande du politiquement correct, les fonds de pensions américains effectuent des placements extrèmement sécurisés. »

Bien sûr parce qu'ils exigent des entreprises dans lesquelles elles investissent des rendements à 2 chiffres ! Ce qui est bon pour les retraites des américains, c'est beaucoup moins bon pour les salariés de ces entreprises.
Et pour Enron, on a vu que les placements étaient extrêmement sécurisés…

« En France, le seul fond de pension à capitalisation LaPréfon ne génère pas des rendements extraordinaires (gérés par des syndicats), mais il est réservé… aux seuls fonctionnaires ! … avec avantages fiscaux à la clef ! ! ! »

Salauds de privilégiés !
Pour votre gouverne sachez qu'en tant que fonctionnaire, je me demande chaque mois sur quelle dépense je vais encore pouvoir rogner pour boucler mon budget.
Le jour où celui-ci sera excédentaire, je viendrai vous demander quelques conseils pour des placements…

Portrait de Thucydide

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Bêcheur de fond en Bourbonnais | 16H44 | 15/09/2008 | Permalien

Vous confondez socialisme et bolchévisme.
Et la télé des petites gens mises à la rue selon Alan Greenspan lui-même, j'ai cru comprendre qu'elle ne consommait pas beaucoup, ces derniers temps.
En principe, un bon socialisme, c'est un libéralisme qui pratique la solidarité plutôt que la charité.

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18H53 | 15/09/2008 | Permalien

 »….Vous confondez socialisme et bolchévisme….. »
► mais j'attends que vous nous donniez un seul exemple de pays qui serait socialiste et où donc le bonheur existerait..

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 »…En principe, un bon socialisme, c'est un libéralisme qui pratique la solidarité plutôt que la charité…. »
► vous pourriez m'expliquer la différence entre solidarité et charité ?

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Bêcheur de fond en Bourbonnais | 19H24 | 15/09/2008 | Permalien

La Suède, la Norvège, même lorsqu'elles ne sont pas gouvernées par un parti socialiste, c'est bien équilibré entre initiative privée et garantie du bien public.

Je vous le redis : le socialisme, c'est le libéralisme qui pratique la solidarité plutôt que la charité.

Il n'est plus question d'étiquette de parti ni de credo bolchevique, maoiste &C° : c'est une façon de gouverner.

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19H50 | 15/09/2008 | Permalien

 »….La Suède, la Norvège…. »

Ce sont des pays à économie capitaliste où les entreprises appartiennent à des privés, et sont cotées à la bourse de Stokholm et à celle d'Oslo.

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 »..Je vous le redis : le socialisme, c'est le libéralisme qui pratique la solidarité plutôt que la charité… »

► verbisme et pipotique

Portrait de Thucydide

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Bêcheur de fond en Bourbonnais | 19H45 | 15/09/2008 | Permalien

La différence entre solidarité et charité est évidente : ou vous voulez tester mes connaissances, ou vous ne la connaissez pas…
Comme nous ne sommes pas à l'école, je vais vous aider.

Faire preuve de solidarité, c'est être solidaire, ce qui veux dire assumer avec, en s'impliquant totalement à la situation de l'autre pour lui apporter du renfort dans sa volonté de faire face à une difficulté. C'est alors échouer ou réussir avec lui. Vous suivez ?

Être charitable, c'est balancer une pièce ou une banane à un pauvre sans trop s'en approcher des fois qu'il sentirait pas bon ou serait malade et de s'en retourner la conscience tranquille à ses petits fours.

Pour faire bref, on peut incarner la solidarité en Rony Brauman et la charité en Christine Boutin.

Cela vous convient-il, mon garçon ?

Portrait de Pierrrrre

à Thucydide Portrait de Thucydide De Pierrrrre

19H56 | 15/09/2008 | Permalien

en fait, la solidarité, c'est un terme dont s'est accaparé la gauche, et que donc vous magnifiez

la charité ayant une connotation chrétienne, il vous est agréable de lui pisser dessus…

mais je respecte votre liberté de pisser, ça coule de source, et cela doit tant vous soulager..

Simplement, me prenez pas votre vessie pour une lanterne .

Portrait de Numerosix

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 21H25 | 15/09/2008 | Permalien

Le Christ, il parlait plutôt d » aimer son prochain comme soi même ( solidarité) que de charité, mon cher Pierrrre ..

Portrait de Pierrrrre

à Numerosix Portrait de Numerosix De Pierrrrre

09H08 | 16/09/2008 | Permalien

…exact… et il n'appartient à aucune communauté de pensée de s'accaparer cette qualité.
Les mouvements s'octroyant l'exclusivité de la bonté d'âme sont des sectes, ou des systèmes politiques, notamment fascistes ou socialistes.
C'est un moyen pour eux de justifier par un pseudo esprit de sacrifice et de partage les carences de leur système d'emprise sur les consciences.

Portrait de Thucydide

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 18H54 | 16/09/2008 | Permalien

Déjà à court d'arguments ? Ce ne doit pas être simple de jouer les provos si on ne tient pas la route et qu'au premier virage… graviers !

Portrait de Pierrrrre

à Thucydide Portrait de Thucydide De Pierrrrre

08H51 | 18/09/2008 | Permalien

« Déjà à court d'arguments ? “

► parce que vous appelez votre réponse ‘arguments’ ?
Personnellement, Je réponds systématiquement, sauf quand le dialogue m'apparait gravillonnant en vain comme ici, sur les virages de vos rivages .
…Ce n'était qu'image en forme de limage…

Portrait de schpounts

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De schpounts

technicien helpdesk informatique | 20H10 | 17/09/2008 | Permalien

Bien d'accord avec vous ! !

Portrait de Bourgade

De Bourgade

journaliste | 11H54 | 15/09/2008 | Permalien

Je ne suis pas économiste. On prendra donc ce qui suit pour ce que c'est : quelques réflexions sur l'ouragan qui se déchaine.

On a prêté beaucoup d'argent à des familles insolvables, puis spéculé comme des dingues sur cette créance sur tous les marchés mondiaux à la faveur de la croissance exponentielle du marché immobilier. Pas de miracles cependant, ces prêts à taux variables concédés à des taux usuraires ont jeté à la rue ces ménages qui avaient cru au père noël ; le recyclage de ces capitaux fictifs dans l'ensemble de l'usine à gaz de la finance, grâce au tour de passe-passe de la « titrisation », contamine la finance mondiale et fait maintenant exploser de vénérables institutions financières comme de vulgaires ballons de baudruche. Plop !

On s'indigne, à bon droit, de l'irresponsabilité des courtiers et des différents agents financiers qui se sont enrichis à travers ces manipulations, avant de faire appel à l'Etat et aux contribuables pour éteindre l'incendie dont ils sont les premiers responsables. On s'inquiète peu, en revanche, de ce qui constitue à mon avis le véritable drame : le fait que des millions d'américains – mais pas seulement - soient insolvables dès lors qu'ils tentent de mettre un toit au-dessus de leur tête et de leur famille. C'est le fameux problème du pouvoir d'achat.

En l'absence d'un secteur public du logement digne de ce nom, eût égard au cout exorbitant de la santé et de l'éducation et face aux menaces qui pèsent sur les pensions de retraites, on comprend que toute personne censée et prévoyante veuille acquérir une maison. Pour la sécurité et la valeur patrimoniale que cela représente.

En France, Sarkozy propose à tous les « ménages modestes » - pour ne pas dire pauvres - de devenir propriétaires, justifiant ainsi par ce marché de dupe la liquidation du logement social. Pour ce qui me concerne, que l'on me garantisse tout au long de ma vie de trouver à me loger à un prix décent et cohérent avec mes revenus et je me contrefous de devenir propriétaire. Si une part substantielle de la richesse nationale, produite par l'ensemble de ses citoyens, garantie à mes enfants l'accès à la santé, à l'instruction et la formation professionnelle et à l'emploi, je n'ai pas à m'inquiéter de leur transmettre le patrimoine spéculatif qui doit assurer leur avenir.

Un reportage diffusé récemment sur M6 (Capital), sur le hard discount, montre bien comment la logique de l'insolvabilité mène à la catastrophe. Plutôt que de distribuer équitablement la richesse, on propose aux pauvres d'élargir la mise en place de ces magasins à bas prix, c'est la loi de modernisation sociale. Pour obtenir des prix bas, ces enseignes pillent la richesse des entreprises. En copiant les produits à succès sans débourser le moindre centime en recherche et développement, elle détourne les budgets de R&D de leurs concurrents. Soulignons au passage qu'il faudra bien que l'on retrouve ces capitaux manquants quelque part. Mais passons. De toute façon, ça ne suffit pas. Un élément essentiel de l'écrasement des prix consiste à écraser ses employés : des horaires insensés, une productivité délirante et des salaires outrageusement bas. Pour maintenir dans le marché de la consommation des gens qui n'ont plus accès aux enseignes « normales », faute de « pouvoir d'achat », on favorise l'extension des machines à créer des populations insolvables. Les pauvres contribuent ainsi sans cesse à leur appauvrissement solidaire.

D'un côté, en refusant d'augmenter les salaires, on fabrique de l'insolvabilité à plein régime. Mais comme la croissance, c'est de la consommation, de l'autre on invente des produits financiers délirants pour remettre ces gens dans le grand jeu de la consommation (du crédit révolving assassin jusqu'aux subprimes sur-asssines). Puis, on spécule de manière totalement délirante sur cette construction branlante. En dernière analyse, c'est l'accaparement et le refus persistant de redistribuer la richesse de manière équitable qui fait péter la machine, comme un moteur qui manque d'huile.

Portrait de Humain

à Bourgade Portrait de Bourgade De Humain

12H09 | 15/09/2008 | Permalien

Bien sur comme vous le soulignez pas de services public et coût exorbitant de la santé…

Avez vous déjà vu un service de santé qui en lui même serait rentable ?

Non, parce qu'un service de sante est l'un des éléments de fonctionnement d'une société.

Portrait de sujetduprince

à Humain Portrait de Humain De sujetduprince

12H30 | 15/09/2008 | Permalien

eh si la santé est un sevice public rentable … meme sur le plan financier … un esclave malade ne peut pas travailler et donc on ne peut pas se faire plein de fric sur son dos

ceci devient faux lorsqu'il y a trop d'esclaves et qu'il devient imperatif d'éliminer le surplus qui va finir par couter de l'argent (pour eviter les revoltes rien de tel qu'un RMI qui permet juste de survivre …mais trop de RMIstes ça coute)

comment eliminer le surplus : le plus simple est qu'il disparaisse à la moindre grippe…c'est la faute à pas de chance

Portrait de Topmoumoute

à Humain Portrait de Humain De Topmoumoute

que si l'on s'en sert | 16H08 | 15/09/2008 | Permalien

Quoi ? Il n'est pas rentable pour qui ? Pour les labos et autres fabricants de produits rembourses qui s'en mettent plein les fouilles ? les medecins ou chirs millionaires ? Bourgade a raison et sa conclusion résume tout :

En dernière analyse, c'est l'accaparement et le refus persistant de redistribuer la richesse de manière équitable qui fait péter la machine, comme un moteur qui manque d'huile

Equitable c'est peut etre un peu de trop, et en l'enlevant ça marche quand même

Portrait de Thucydide

à Humain Portrait de Humain De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 16H53 | 15/09/2008 | Permalien

La santé est un service qui ne peut qu'être public, puisqu'il ne peut être rentable qu'à très long terme, en assurant une population active et saine à un pays.

Il y a comme cela des services dont le retour sur investissement est si long et si diffus que pas une entreprise privée ne peut se les offrir puisque ses dirigeants n'ont qu'une ambition : mourir gras.

Personnellement, j'en ai dénombré cinq, que j'appelle les 5 piliers de l'État

Portrait de Unstern

à Thucydide Portrait de Thucydide De Unstern

17H53 | 15/09/2008 | Permalien

@ Thucydide

Tout à fait d'accord avec vous. Le problème, c'est le SENS du mot « rentable ».

Pour la finance actuelle, il n'y a pas de rentabilité au-delà d'un délai maximum de cinq ou six ans (et encore, ce délai est en train de se raccourcir, avec l'accélération démente du rythme de l'activité boursière).

Or, les investissements les plus vitaux pour un pays, ceux qui seront profitables à L'ENSEMBLE de la population, ce sont précisément ceux dont la rentabilité est la plus difficile à PRÉVOIR (et donc, à chiffrer).

Un exemple. La privatisation de British Rail a été menée par Margaret Thatcher. La logique du profit À COURT TERME a amené les nouveaux propriétaires à réduire drastiquement les investissements de maintenance (signalisation, voies ferrées, etc.).

Résultat 1 : pendant cinq ou six ans, la Grande-Bretagne a connu chaque année une catastrophe ferroviaire de vaste ampleur, plus pas mal d'incidents de moindre importance. Le pire accident a eu lieu en 1988 dans la banlieue de Londres, à Clapham Junction : 35 morts.

Résultat 2 : il a bien fallu, ensuite, rendre aux installations ferroviaires un niveau minimum de sécurité. Et pour remettre en état un réseau laissé dans un quasi-abandon pendant des années, il a fallu dépenser BEAUCOUP PLUS que si l'on avait effectivement procédé à son entretien régulier chaque année. Lequel, s'il avait été fait, aurait été un investissement extrêmement rentable À LONG TERME.

Bah, de toute façon, j'imagine que le contribuable britannique a dû mettre la main à la poche, via une aide de l'État… De toute façon, banquiers et politiciens, prendre le train ce n'est pas tellement leur genre. Leur style, ça serait plutôt la limousine avec chauffeur…

P.-S. 1
La même erreur s'est produite en France au Centre Beaubourg. Il a fallu le fermer plus d'un an pour procéder à une maintenance générale qu'on avait négligé d'effectuer chaque année… et qui était pourtant prévue dans le budget annuel de l'établissement. Le court terme, y'a que ça de vrai, on vous dit ! ! !

P.-S. 2
Pour en revenir aux questions ferroviaires, en France cette fois-ci : au fait, c'est pas un peu bizarre, ces caténaires qui s'arrachent en série, immobilisant des TGV ou des RER ? Est-ce que par hasard la SNCF, contrainte à de hauts niveaux de rentabilité, n'aurait pas sabré dans ses crédits de maintenance, ces dernières années ?

Portrait de Thucydide

à Unstern Portrait de Unstern De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 19H17 | 15/09/2008 | Permalien

D'accord en retour avec vous pour les trains anglais.

Pour moi, la rentabilité, c'est le rapport supérieur à 1 entre dépenses engagées et résultat obtenu.
Aurais-je plus de chances de vous satisfaire en parlant de retour sur investissement plutôt que de rentabilité ? Un retour sur investissement à 5 ans, c'est déjà du long terme pour qui désire avant tout de pouvoir mourir gras.

Mes 5 piliers d'État découlent directement de la vocation originelle d'un État de jouer un rôle régulateur et protecteur depuis l'Égypte antique. Ce sont :

Garantie d'instruction : Instruction Publique
Garantie sanitaire : Santé Publique
Garantie morale : Justice
Sécurité intérieure : Police
Sécurité extérieure : Armée

Ce sont des investissements qui jouent à très long terme en permettant une progression continue de la société au fil des générations.
On ne peut pas en calculer la rentabilité car il s'agit d'appréciation et de conviction, pas de mesure.

Mais cette rentabilité est indéniable, le rapport résultat/frais quel qu'il soit est supérieur à 1.
En effet, quand vous êtes instruit, en bonne santé, respecté, et que vous ne vous sentez pas menacé, vous êtes mieux dans votre peau et donc plus performant : vous participez plus volontiers et efficacement au bien collectif. Tout le monde y gagne.

À propos de la SNCF et ses caténaires :
j'avais cru comprendre que la distinction entre exploitation du réseau et gestion des trains avait amené à créer Réseau Ferré de France a qui on avait mis dans la corbeille l'essentiel du passif…

N'y aurait-il pas là une tentation très thatcherienne de bloquer l'entretien des voies pour pouvoir annoncer dans quelques temps que ça ne marche pas, que la SNCF ne peut pas tout faire, qu'il faut privatiser l'entretien du réseau…[air connu]
Déjà on nous annonce que les lignes intérieures Air France seront bientôt remplacées par des rames TGV… Air France.

Le doigt dans l'engrenage… qui aura le courage de le couper ?

Portrait de Unstern

à Thucydide Portrait de Thucydide De Unstern

21H05 | 15/09/2008 | Permalien

@ Thucydide

D'accord avec vous sur la SNCF et ses ennuis de caténaires. Quant à la « tentation thatchérienne » que vous évoquez très justement, elle se laisse assez bien résumer par ce vieux proverbe : « Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. »

Concernant le reste de votre post
Je crois que nous sommes d'accord sur le fond. Ce que je voulais dire, c'est que les investissements à long terme, étant difficiles (voire impossibles) à chiffrer à l'avance, sont pour cette raison même considérés comme non rentables par la logique capitaliste. Pour celle-ci, n'existe que ce qui est chiffrable.

Inversement, les junk bonds et autres produits financiers issus de la titrisation n'avaient d'existence que purement spéculative, virtuelle, mais éminemment chiffrable (à l'avance), ce qui fait que ces dangereux ectoplasmes étaient, selon la logique capitaliste, des êtres de raison. La preuve : ils se sont révélés rentables (enfin, au début).

Je ne conteste pas un seul instant le bien-fondé de votre appréciation positive des investissements à long terme (instruction, justice, santé, etc.). Mais comme vous le précisez très justement, « On ne peut pas en calculer la rentabilité car il s'agit d'appréciation et de conviction, pas de mesure » [ou, dirais-je, de chiffrage objectif]. Vous avez absolument, cette appréciation positive repose (en partie du moins) sur des valeurs autres que purement arithmétiques.

Or, si l'on en croit la vulgate économique dont nous sommes en permanence abreuvés, ce qui n'est pas chiffrable n'existe pas. (« Je crois que deux et deux font quatre », disait déjà le Don Juan de Molière.) Pourquoi ? Parce que l'économie se définit elle-même (pas folle, elle ne laisse ce soin à personne d'autre) comme la science de la production et de la circulation des biens, faisant délibérément abstraction du contexte et de la modalité de cette production et de cette circulation : on parle des biens sans se soucier de savoir qui les produit, qui les vend, qui les achète, et l'on préfère parler (comme jadis les métaphysiciens, avec leur « Dieu » ou leur « Providence »), du « marché », de l » « offre », de la « demande », voire (sans rire) de la « main invisible du marché ».

Pour le dire autrement, le discours des économistes libéraux (Adam Smith et toute sa postérité, ce qui fait quand même beaucoup de monde) se constitue lui-même comme un univers autonome, rigoureusement indépendant du politique, du social voire du culturel, par une opération intellectuelle aussi abusive que celle de Descartes fondant tout un système philosophique sur le solipsisme du cogito.

« La ruse la plus subtile employée par le Diable, c'est de faire croire qu'il n'existe pas », affirmaient autrefois les théologiens. Mutatis mutandis,on pourrait dire que la ruse fondamentale de l'économie, c'est de faire croire qu'elle existe indépendamment du reste. Donc, au-dessus du reste. Bref, qu'elle est finalement la seule façon de penser le monde, et que les autres façons de lire le monde lui sont subordonnées ou bien, tout simplement, n'existent pas. Aux temps du thatchérisme triomphant, c'est ce sophisme qui faisait toute la force du « There is no alternative » de l'inénarrable Maggie Thatcher : on ne pouvait tout simplement pas négocier avec les mineurs en grève, parce qu'une aide versée par l'État (quelle horreur ! ) aurait écorné les chiffres sacro-saints de la croissance britannique.

Pour élever notre débat à un niveau qui dépasse de beaucoup mes modestes facultés, je me permets de vous renvoyer à un billet, intitulé « François Fourquet : 25 thèses sur le capitalisme », que Paul Jorion vient aujourd'hui de poster sur son blog. Jorion pense que la crise actuelle débouchera soit sur un rééquilibrage du capitalisme, soit sur son effondrement. Son contradicteur (et néanmoins ami) estime (avec Fernand Braudel) que le système capitaliste, dans son essence même, relève non seulement de l'économie mais aussi de la politique. Ce qui revient à le constituer en horizon indépassable.
http://www.pauljorion.com/blog/ ? p=758

Sur un sujet voisin (les rapports entre la finance et l » « économie réelle »), on trouve également sur les « Blogs du Diplo » un texte, aussi long qu'intéressant, de Frédéric Lordon.
http://blog.mondediplo.net/2008-09-08-Changement-d-epoque

Portrait de Thucydide

à Unstern Portrait de Unstern De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 08H04 | 16/09/2008 | Permalien

Thucydide | Bêcheur de fond en Bourbonnais
08H37 16/09/2008

@Unstern
Merci de votre post, c'est agréable de saisir l'occasion de ces commentaires pour tenter d'aller par delà l'actualité brutale.
N'étant pas très ferré en économie, je vais rendre une visite à Paul Jorion, ça m'aidera à faire quelques progrès.

Je suppose que nous pouvons malgré tout accorder nos violons sur la rentabilité.

Vous écrivez Ce que je voulais dire, c'est que les investissements à long terme, étant difficiles (voire impossibles) à chiffrer à l'avance, sont pour cette raison même considérés comme non rentables par la logique capitaliste. Pour celle-ci, n'existe que ce qui est chiffrable.
Le mot chiffrable me gêne car la rentabilité n'est qu'un critère de choix, elle n'est donc jamais chiffrable : elle s'apprécie en fonction du rendement de production, de la concurrence, du marché, de la conception que l'on a du rôle et de la finalité d'une entreprise… et de l'avidité éventuelle de son chef.

Pour mieux exprimer ce que je comprends de votre position, je remplacerais chiffrable par immédiatement palpable ?
Je vous défie de chiffrer la rentabilité du parachute doré de Zacharias (qui a réussi)par rapport au parachute doré de Tchuruk (qui a lamentablement échoué)

Ce qui est chiffrable, c'est le rendement : pour moi l'approche la moins subjective de la rentabilité est de la considérer comme acquise dès que le rendement est significativement supérieur à 1. Tout ce qui est au dessus est ensuite affaire du choix des responsables : utiliser, répartir,… ou abandonner.

Portrait de Unstern

à Thucydide Portrait de Thucydide De Unstern

10H51 | 16/09/2008 | Permalien

@ Thucydide

Sur le fond, pas de problème, nous sommes d'accord.

Sur la forme, je comprends mieux maintenant ce qui vous gêne dans le mot rentabilité. Et vous avez absolument raison : est rentable ce qui est jugé tel. Donc, il faut bien se demander qui émet ce jugement, dans quelles circonstances et à l'intention de qui. Comme vous le remarquez justement, ces nouvelles questions introduisent énormément de facteurs de variabilité.

Prenons l'exemple de l'édition. Les éditions Pantheon Books fut longtemps les plus prestigieuses et les plus respectées de New York. Dirigées (fort bien) par André Schiffrin (fils de Jacques Schiffrin, lequel fonda la Bibliothèque de la Pléiade avant de revendre celle-ci à Gaston Gallimard), elles publiaient de très grands noms de la littérature américaine.

Oui mais voilà : tout cela ne dégageait « que » 5 % de rentabilité. Certes, les actionnaires traditionnels se satisfaisaient de ce taux modeste parce qu'ils s'intéressaient à l'édition littéraire et étaient soucieux de maintenir la qualité éditoriale et le prestige de la maison. Mais leurs héritiers virent les choses de façon bien différente : ils exigèrent 15 % de rentabilité annuelle. Si bien qu'en quelques années, André Schiffrin fut viré, et l'on passa à la « littérature industrielle » : romans bas de gamme (ceux que l'on pilonne dès l'année suivante), best-sellers, confessions de stars, manuels d'auto-aide, etc. De Pantheon Books, il ne restait plus grand-chose à part le nom…

L'ancien Pantheon Books était parfaitement viable. Il n'avait qu'un seul vrai défaut : il ne correspondait plus aux « valeurs » en vogue dans les années Reagan-Clinton… Ce qui (j'en reviens au début de notre discussion) montre bien que l'économie n'est pas indépendante du reste des activités humaines !

P.-S.
Moi non plus, je ne suis guère versé en économie. C'est pourquoi j'apprécie d'autant plus les économistes (Jorion, Lordon, Aglietta) qui sont capables d'exposer clairement et intelligemment leur point de vue. Car aujourd'hui, l'économie tient vraiment le rôle de la métaphysique au Grand Siècle (sauf que son Dieu, le Marché, est de nature immanente) : elle prétend expliquer tout et le reste. Et quand on a le malheur de trouver leur discours peu compréhensible, les économistes réagissent généralement en accablant leur malheureux contradicteur sous un déluges de chiffres et de termes techniques qui souvent ont pour seul but d'accroître la confusion générale et d'asseoir un peu plus solidement leur prétendue « autorité » en la matière.

Au fond, ils sont comme les médecins de Molière ou les sectateurs de Lacan : leur unique but (et leur fonds de commerce), c'est de nous enfumer le terrier !

Portrait de Thucydide

à Unstern Portrait de Unstern De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 19H17 | 16/09/2008 | Permalien

Concernant les économistes, on sent comme une brise à contre sens depuis quelques mois.
Même Marc Touati commence à se demander si par hasard un peu de consommation donc de dégel des salaires avec une dépression des charges sur les ménages, ne serait pas la bienvenue.
C'est dire…

L'exemple de Pantheon Books est très révélateur surtout des effets désastreux de la main-mise des financiers sur les entreprises.
Il me semble que nous vivons un peu quelque chose du même tonneau chez nous dans l'édition comme dans l'industrie

Je n'avais pas répondu à votre question sur les italiques, puisque Pierrre a gentiment décidé d'interrompre son rôle de provo de service pour vous donner les codes.
Je les avais trouvés en tapant « italiques » dans la recherche sur le site.
Je vais aller voir s'il y a un code pour souligner ou marquer des listes avec des puces.

Salut et à bientôt dans une autre discussion ?

Portrait de Atchoom

à Bourgade Portrait de Bourgade De Atchoom

Dessinateur d'études | 15H09 | 15/09/2008 | Permalien

Vous n'êtes pas économiste mais vous avez compris plus de chose que beaucoup d'économiste ; )

Portrait de Thucydide

à Bourgade Portrait de Bourgade De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 16H48 | 15/09/2008 | Permalien

Plutôt que de distribuer équitablement la richesse, on propose aux pauvres d'élargir la mise en place de ces magasins à bas prix, c'est la loi de modernisation sociale. Pour obtenir des prix bas, ces enseignes pillent la richesse des entreprises.

Pis encore : les prix bas sont obtenus en faisant fabriquer à l'extérieur, donc en accroissant le chômage. Or pas d'emploi, pas de revenus, pas de revenus, pas de pouvoir d'achat. Au final, vendre quoi à qui ?

Portrait de Unstern

à Thucydide Portrait de Thucydide De Unstern

18H03 | 15/09/2008 | Permalien

@ Thucydide

Vous utilisez avec maestria des italiques qui font mon envie… et sans doute savez-vous faire de même avec les caractères gras.

Pour ma part, quand je clique sur le lien « Enrichissements typographiques », je tombe sur une page vertigineusement blanche. (C'est peut-être dû au fait que je suis utilisateur de Mac ? )

Rue89, que j'ai contacté à ce sujet, n'a pas daigné m'expliquer comment il fallait procéder…

Pourriez-vous SVP m'expliquer le truc ? Ça serait vraiment sympa…

Portrait de Pierrrrre

à Unstern Portrait de Unstern De Pierrrrre

19H33 | 15/09/2008 | Permalien

« Pourriez-vous SVP m'expliquer le truc ? Ça serait vraiment sympa… »

--------------

► pour obtenir des caractères gras, vous faites précéder votre texte par < strong >
et pour arréter les caractères gras, vous le terminez par un < /strong >

j'ai du écrire < strong > en mettant un blanc afin d'en désactiver l'effet.. en fait vous devez écrire < strong > et < /strong > sans aucun espace

ainsi

ceci est un < strong > petit essai < /strong > pertinent
s'écrira
ceci est un petit essai pertinent.

Pour les caractères en italique ,
vous devez les précéder par < I > et terminer l'effet italiques par < /I >

ainsi

ceci est un < I > petit essai < /I> pertinent
s'écrira
ceci est un petit essai pertinent.

mais toujours sans espace dans < I > et dans < /I >.

le I est un I comme dans Irma, Italique ou Image

Vous me devez deux euros.

pour les ☺ ☻ ♥ ♦ ♣ ♠ • ◘ ○ ◙ ♂ ♀ ♪ ☺ ♫ ☼ ► ◄ ↕
c'est bien plus cher

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