-
Un fournisseur du vaccin de la grippe A licencie
LeParisien.fr20/11/09 | 10h14 -
AOL veut supprimer plus d'un tiers de ses effectifs
AFP via LesEchos.fr19/11/09 | 15h57 -
AZF : Total et Thierry Desmarest mis hors de cause
AP via Nouvelobs.com19/11/09 | 15h54 -
Augmentation des dossiers de surendettement de 16%
AFP via LesEchos.fr18/11/09 | 16h15 -
L'ex-PDG de Valeo réclame 2,5 millions d'euros
RTL.fr18/11/09 | 14h45
Qui doit payer pour rénover le réseau électrique français ?
Par Caroline Fleuriot | Etudiante en journalisme | 17/09/2008 | 15H41

Alors que les tarifs d'EDF ont déjà augmenté en août, est-ce à l'usager de passer à la caisse pour rénover le réseau d'électricité ? Suite aux déclarations du président du directoire d'ERDF, qui souhaite une nouvelle hausse des prix d'électricité, un riverain de Rue89, Breizhad, s'étonne du mauvais état du réseau : il ne comprend pas pourquoi les producteurs et fournisseurs ne piochent pas dans leurs marges pour l'améliorer. Explications.
Le président du directoire d'Electricité réseau distribution France(ERDF), Michel Francony a annoncé, fin août dans un entretien à La Tribune, qu'il souhaitait une hausse de 15,1% des tarifs d'utilisation des réseaux publics d'électricité (Turpe).
La Commission de régulation de l'électricité (CRE), chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés de l'électricité et du gaz, a, quant à elle, envisagé une augmentation de 10% étalée entre 2009 et 2012. En octobre, une fois l'avis définitif de la CRE rendu, l'Etat qui a le dernier mot en la matière, aura deux mois pour trancher.
Depuis la séparation des activités de fourniture et d'acheminement de l'électricité en 2007, c'est ERDF et Réseau de transport d'électricité (RTE) qui gèrent respectivement la distribution de l'électricité depuis les centrales de production jusqu'aux foyers, et son transport.
1516 minutes de coupure dans la Creuse
Le Turpe est payé à ces deux filiales d'EDF par les fournisseurs qui produisent ou achètent l'électricité puis la vendent (depuis juillet 2007, EDF n'a plus le monopole dans ce domaine).
Pour Michel Francony, cette augmentation du Turpe doit être « répercutée dans le tarif réglementé » appliqué aux consommateurs. Car d'après lui, « ce n'est pas aux producteurs et aux fournisseurs de prendre sur leurs marges ».
Une des raisons mises en avant par ERDF pour justifier cette hausse du Turpe : la dégradation de la qualité du réseau. ERDF, contacté par Rue89, avoue qu'à certains endroits le réseau est en « mauvais état ».
Entre 2004 et 2007, la durée moyenne de coupure d'électricité, par an et par client basse tension, est passée de 64 à 72 minutes. Elle a même atteint 1516 minutes dans la Creuse en 2007, soit plus de 25 heures, alors que l'objectif fixé par le contrat de service public est d'une heure. Les achats de pertes d'électricité « représentent 17% des charges d'exploitation », précise Michel Francony.
« L'objectif est peut-être une augmentation des marges »
Comment en est-on arrivé là ? Pour cette filiale d'EDF, la dégradation serait liée à « la baisse des investissements dans les années 90. On pensait pouvoir conserver une bonne qualité du réseau malgré cette diminution », se justifie-t-on chez ERDF.
Jacques Mopin, administrateur national de l'UFC-Que Choisir n'est pas convaincu par les explications d'ERDF :
« C'est complètement fou. On ne nous avait jamais dit auparavant que le réseau était dans un état lamentable. Deux possibilités : soit c'est vrai et on nous l'avait caché. Soit on essaie de nous faire croire qu'il existe une nécessité d'augmenter le Turpe alors que l'objectif est une hausse des marges. Nous sommes très méfiants. »
Autre motif avancé par ERDF : le besoin d'investir pour offrir aux fournisseurs d'électricité une meilleure qualité de service. Cependant, est-ce normal que l'augmentation du Turpe soit répercutée sur le tarif réglementé, alors que cette hausse viserait à financer des investissements ?
« C'est à ERDF de financer ses investissements »
Eclairage par Edouard Petitjean, chargé de mission économique au sein de l'association Consommation logement cadre de vie (CLCV) :
« Le Turpe correspond aux coûts d'utilisation. Il ne doit donc pas servir à payer quelque chose qui n'existe pas encore. C'est à ERDF de financer ses investissements, en utilisant ses bénéfices par exemple. Une fois les investissements réalisés, ERDF devra évaluer si une augmentation du Turpe est justifiée. Ce qui n'est pas sûr car ces investissements peuvent engendrer une augmentation du chiffre d'affaire. »
EDF a l'un des comités d'entreprise les plus riches de France. Breizhad propose comme moyen pour limiter la flambée des prix de l'électricité de « réaffecter le 1% de chaque facture qui va directement dans les caisses de ce comité d'entreprise ».
En effet, 1% des recettes des ventes d'électricité et de gaz dans notre pays assure une partie du financement des activités sociales de la Caisse centrale d'activités sociales (CCAS) proposées au personnel des industries électriques et gazières.
► Article modifié le 18 septembre 2008, 11h50, suite à la demande d'Edouard Petitjean.
12005 visites | 109 réactions
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque






























6
De el Chiquito
en promenade | 16H39 | 17/09/2008 |
La privaisation a conduit à diviser EDF en 3 entreprises, la production, la distribution et le transport. Ce schéma est identique à celui des pays libéraux, comme les Etats Unis. Or, aux US il y a des problèmes important de maintenance du réseau, ce qui a conduit à de nombreux incidents (coupure à New York voir : http://www.rfi.fr/actufr/articles/044/article_23429.asp )
L'entreprise de transport se trouve à la fois sous la pression du producteur et celle du (ou des ) distributeur. Il se retrouve avec très peu de marges de manoeuvre.
De solstice
pigiste | 16H49 | 17/09/2008 |
Dommage que je soie incapable de vous coller une image pour vous monter « l'entretien » des réseaux edf et téléphone, au fin fond de la cambrousse, depuis la tempête de 1999…
On a du rafistolage partout et, comme cela pète régulièrement, je me demande si c'est vraiment rentable de laisser se dégrader un réseau à ce point, puisqu'il faut sans cesse venir faire des rustines…
A la suite de surtensions régulières, notre compteur a cramé (on a eu chaud). Trois bricolages et autant de coups de fils furibonds nous ont permis d'avoir un nouveau compteur : trois déplacements, du bricolage, un compteur… au bout de 3 ans.
Ce n'est même pas pour sauver des emplois edf puisque, la plupart du temps, ce sont des entreprises privées qui viennent.
De robindesfoix
cherche une issue | 16H55 | 17/09/2008 |
Ca me rappelle la même histoire avec la distribution de l'eau,et les autoroutes.
un réseau payé par nos impôts et récupérer par le privé on a vu les conséquences .
le beurre et l'argent du beurre,un peu comme si on achetait une maison a un constructeur et chaque fois que l'on voudrait rentrer chez nous on payait une taxe pour l'entretien de ces camions.
EDF nous fait le coup de l'entretien du réseau,ils vont faire comme les sociétés de distribution de l'eau il vont prendre l'oseille et laisser le réseau dans l'état.
demain je vais demander une augmentation a mon tolier vu qu'il faut que je change les plaquettes de freins de ma bagnole ! ! ! ! !
De chocolat26
bibliothécaire | 17H03 | 17/09/2008 |
Le Ce, à EDF comme dans d'autres endroits, c'est une partie du salaire des salariés, qui est mutualisé. Pourquoi est-ce que les salariés devraient financer les investissements ? C'est extraordinaire. Si demain un employeur veut construire une nouvelle usine, il faudra qu'on lui donne les tickets restaurants aussi, et pourquoi pas notre salaire ?
De ZonZon la MouChe
ni dieu ni maître ! | 17H19 | 17/09/2008 |
Vous imaginez : le bénéfice net d'EDF a reculé au premier semestre 2008 de 12,2%
Un recul de douze virgule deux pour cent !
Horreur et damnation !
Aussi M. Gadoneix a réclamé une hausse des tarifs « au plus égale à l'inflation » qu'il a dit.
Pour couvrir « les coûts » de l'entreprise qu'il a ajouté.
Mince alors ! Le bénéfice net n'est-il pas là pour ça ?
Parce que même en baisse de 12,2%, il a tout de même atteint 3,08 milliards d'euros pour six mois, ce qui fait dans les 6 milliards par an !
Nonobstant l'entretien du réseau, est-il normal que la fourniture d'électricité, besoin vital, serve à engranger de tels profits ?
Hein ? allooooooo M. Gadoneix ?
De ramassis
(ch'tite racaille) | 17H24 | 17/09/2008 |
« comme moyen pour limiter la flambée des prix de l'électricité de “ réaffecter le 1% de chaque facture qui va directement dans les caisses de ce comité d'entreprise”
N'importe quoi.
Alors comme ça, si une boîte a besoin de liquidités, c'est aux salariés de morfler ?
Les employés d'EDF sont venus en sachant qu'ils auront de petits salaires… mais aussi des avantages (électricité à prix canon ; CE bien doté).
Leur reprendre tout ça maintenant qu'ils sont là, c'est se foutre d'eux.