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Autoroutes : pourquoi les tarifs vont encore augmenter

Par Lise Barcellini | Journaliste | 23/09/2008 | 09H51

Péages automatisés, tronçons amortis, chiffres d'affaires en hausse… Pourtant les automobilistes vont payer plus en 2009.

Blocage autoroutier près de la frontière italienne, janvier 2000 (Eric Gaillard/Reuters).

A la fin de l'année, les contrats qui lient l'Etat à trois des grosses sociétés d'autoroutes (Sanef, Autoroutes Paris-Rhin-Rhône, Cofiroute) arrivent à échéance. Des négociations sont donc en cours pour élaborer le contrat de plan 2009-2013 : la nouvelle grille tarifaire sera, une nouvelle fois, indexée sur l'inflation (70 à 85%), à laquelle s'ajoutera une somme fixée en fonction des nouveaux investissements, liés principalement au Grenelle de l'environnement (péages Free Flow, mur anti-bruit) et à la sécurité (bornes d'arrêt d'urgence par exemple).

Pourquoi paye-t-on l'autoroute ?

Originellement, l'argent collecté aux péages devait couvrir l'amortissement des investissements, l'exploitation et l'entretien des autoroutes. Au fil des ans, il s'est mis à financer la construction de nouvelles autoroutes : ce système de l'« adossement » a été jugé illégal par le Conseil d'Etat, et l'Etat y a mis fin en 1998. Les nouvelles autoroutes sont désormais des concessions autonomes. Pourtant, le système de fixation des tarifs sur les anciennes autoroutes n'a pas changé, et les tarifs n'ont pas baissé.

Si la gestion des autoroutes a été privatisée fin 2005, l'Etat a encore son mot à dire sur les tarifs aux péages : fixés par un contrat de plan quinquennal, ils sont validés chaque année par un arrêté ministériel après approbation de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

En 2007, l'Etat avait tapé du poing sur la table pour que les concessionnaires modèrent leurs tarifs. Mais sa marge de manœuvre est quasi inexistante. Au cabinet du secrétaire d'Etat aux Transports, on peut tout juste assurer que pour 2009, on veillera à « moduler la hausse ». Modulation, peut-être. Mais hausse, à coup sûr. A qui la faute ?

Un système opaque, injuste et complexe

Dans un rapport au vitriol publié en février, la Cour des comptes dénonce l'opacité des tarifs pratiqués aux péages : elle déplore l'absence de lien entre coûts et tarifs ,et note des écarts de prix kilométriques « incompréhensibles », qui vont de un à quatorze :

« L'automobiliste qui emprunte vers le nord le tronçon Avignon-Sud-Cavaillon de l'autoroute A7 paie son passage sur ce tronçon onze à treize fois plus s'il va jusqu'à Orange (1,1 euro) ou Chanas (1,3 euro) que s'il va à Montélimar (0,1 euro). »

En clair, les automobilistes qui roulent le plus ne sont pas nécessairement ceux qui paient le plus. Une inégalité des usagers face aux péages qui remet en cause, selon le Parti communiste, le « droit à la mobilité et l'aménagement du territoire ».

Autre exemple : le prix du trajet Paris-Lille a augmenté de 7,33% entre 2006 et 2007. Une hausse très supérieure à l'inflation et aux pourcentages approuvés par l'Etat, d'environ 2,5% cette année-là.

Dysfonctionnement ou fraude des sociétés concessionnaires ?

Pour la Cour des comptes, le coupable, c'est la technique du « foisonnement » : les concessionnaires rusent avec la hausse globale moyenne convenue avec l'Etat, en augmentant davantage les tarifs des sections les plus fréquentées.

D'ailleurs, la publication des résultats semestriels des groupes concessionnaires le montrent : leur chiffre d'affaires péages augmente plus vite que le trafic. APRR s'en félicite dans un communiqué

 :

« Le chiffre d'affaires péages, représentant 97,3% du chiffre d'affaires total, connaît une progression de 4,5%. Le trafic, mesuré en nombre de kilomètres parcourus, a augmenté de 1,1% par rapport au premeir semestre 2007, dont 1,3% pour les véhicules légers (VL) et 0,3% pour les poids lourds (PL). »

Au secrétariat d'Etat aux Transports, on jure pourtant que le foisonnement n'existe plus.

Un Etat peu regardant

Pour la Cour des Comptes, l'administration est doublement coupable : coupable de n'avoir pas modifié le système au moment de l'ouverture du capital puis de la privatisation ; coupable ensuite d'avoir « mal rempli son rôle de régulateur ».

Pour l'aider à mieux remplir ce rôle, la Cour des comptes avait émis il y a quelques mois plusieurs recommandations : ont-elles été mises en œuvre ou sont-elles restées dans un tiroir ? Rue89 a posé la question à un conseiller de Dominique Bussereau.

  • 1. La Cour des Comptes souhaitait que l'Etat « impose la publicité, au moins sur Internet, des tarifs réels au kilomètre ». Le ministère répond que les tarifs sont déjà en ligne. Faux : seuls les tarifs par tronçon sont disponibles. Les sociétés concessionnaires sont très hostiles à une publication des tarifs kilométriques.
  • 2. La Cour des Comptes s'interrogeait sur la légitimité de l'indexation des tarifs sur l'inflation :
  • « Cette mesure est critiquable [car], pour les concessionnaires d'autoroutes anciennes, l'achèvement des programmes de construction et la fin de l'adossement font qu'ils n'ont plus de nouvelles sections importantes à financer, que les anciennes autoroutes sont elles-mêmes progressivement amorties, et que l'automatisation des péages procure des gains de productivité significatifs. »

    Elle demandait donc de « réexaminer l'indexation sur l'inflation ». Le ministère répond que « ce n'est pas d'actualité ».

  • 3. La Cour demandait une mesure d'urgence : « dans l'immédiat, examiner avec plus de rigueur les hausses proposées par les sociétés ». C'est chose faite : pendant l'été 2007, alors que la Cour des comptes n'avait pas encore finalisé son rapport, l'Etat avait obtenu des concessionnaires qu'ils n'augmentent pas leurs tarifs autant que prévu.
  • 4. Enfin, la Cour demandait une remise à plat complète du système : le ministère indique qu'elle n'est pas d'actualité, non seulement parce que le système dépend du contrat de concession (qui, lui, n'arrive pas à échéance) et surtout parce que le « système est clair ». Résultat : l'Etat obtient un 5/20, une seule recommandation sur quatre a été suivie d'effet.

La privatisation coupable ?

Lorsque Dominique de Villepin annonce la privatisation des autoroutes en 2005 (mouvement entamé dès 2001 via une ouverture du capital), ses détracteurs ne s'inquiètent nullement d'une future hausse des tarifs pour les usagers. Ce qui les choque, c'est que l'Etat brade ses « bijoux de famille » (pour environ quatorze milliards d'euros).

A l'époque, François Bayrou avait même déposé un recours devant le Conseil d'Etat. Aujourd'hui, le président du MoDem indique que les dérapages tarifaires sont une dérive logique de la privatisation :

« Les sociétés concessionnaires d'autoroute ont intérêt à ce que la machine à sous fonctionne le plus efficacement possible, et pour cela, elles rusent avec les décisions publiques » : (Ecoutez le son)

Autre député très remonté contre les dérapages tarifaires aux péages : Nicolas Dupont-Aignan, qui y voit « l'un des plus gros scandales d'Etat » :

« On a privatisé à tort les autoroutes et aujourd'hui on s'aperçoit que les sociétés d'autoroutes rançonnent les voyageurs » : (Ecoutez le son)

Dans un communiqué intitulé « Autoroutes : assez du racket », le président de Debout la République demande à Bercy un gel des tarifs pendant un an, et la création d'une commission d'enquête parlementaire.

Au cabinet de Dominique Bussereau, on indique que la privatisation permet justement à l'Etat d'être impartial dans son rôle de contrôle des tarifs, puisqu'il n'est plus juge et partie.

« Bercy est l'avocat des intérêts privés »

Une impartialité mise en doute par les opposants au gouvernement, de gauche comme de droite. Nicolas Dupont-Aignan estime que « le ministère des Finances est l'avocat des actionnaires et non pas des Français. » (Ecoutez le son)

Une chose est sûre : les sociétés comptent bien profiter des négociations du nouveau contrat de plan pour monnayer leurs nouvelles compétences et obtenir de nouvelles concessions. Exemple : en avril, dans une interview au journal Les Echos, le PDG de Cofiroute Pierre Coppey s'est porté candidat à la gestion des quatre-voies bretonnes, suggérant que les négociations en cours seraient l'occasion d'en discuter :

 » Si l'Etat veut bien aborder ce sujet, il gagnerait selon nous, à élargir le périmètre des concessions autoroutières pour financer des dossiers d'infrastructures comme l'entretien ou l'élargissement de la Francilienne ou des quasi-autoroutes bretonnes payées par le contribuable mais gratuites pour l'usager. »

Cofiroute se ferait alors payer ses investissements effectués sur les quatre-voies soit par l'instauration d'un péage, soit par l'allongement de la durée de ses autres concessions…

Contactées par Rue89, Sanef, APRR et Cofiroute n'ont pas donné suite à nos demandes d'interview.

Blocage autoroutier près de la frontière italienne, janvier 2000 (Eric Gaillard/Reuters).

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Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 10H29 | 23/09/2008 | Permalien

Portrait de Michael A.

à Charles Mouloud Portrait de Charles Mouloud De Michael A.

apprenti-chercheur (futur chômeur) | 10H53 | 23/09/2008 | Permalien

Très bien vu la rèf à « High way to Hell » !

Portrait de sinclair

De sinclair

10H31 | 23/09/2008 | Permalien

Cela s'appelle le résultat de la privatisation. Les tarifs ont déjà pas mal augmente avec des tarifications curieuses. Le droit de regard de l'état est tout relatif et les explication vont pleuvoir. Lorsque l'on pense que ces privatisations ont été faites a « prix d'ami » le choc est encore plus grand.

Prochaines victimes (déjà en fait) du progrès les agents de péage. C'est dire si les profits s'annoncent encore plus juteux. La campagne d'offre d'abonnement est là pour çà. même les robots de péage vont être sont déjà en diminution. Encore trop cher

Portrait de marie 75

à sinclair Portrait de sinclair De marie 75

10H36 | 23/09/2008 | Permalien

avec moins de service : autoroutes plus mal nettoyées : accident cet été par « ramassage » d'une plaque de fer dans un pneu : double 8 sur autoroute après éclatement d'un pneu.
Pas de mort !
Véhicule non abimé !
Mais quelle trouille !

La privatisation c'est aussi cela !

Portrait de Bibifri

à marie 75 Portrait de marie 75 De Bibifri

09H50 | 24/09/2008 | Permalien

Dans la même veine :
L'an passé à la même époque j'ai eu l'occasion de déplorer l'état de friche du bas-côté situé au delà de la glissière de sécurité sur les abords de l'A13 (environs du péage d'Heudebouville).
Le couple de « survivants » (20 mn est le délai moyen, dit-on ? ) qui avait laissé son véhicule sur la bande d'arrêt d'urgence n'était pas équipé pour une telle randonnée dans les hautes herbes !
Au péage suivant, les locaux de la gendarmerie et du point infos du concessionnaire étaient déserts (le WE étant passé par là sans doute).
Ce point là va bientôt « réglé » puisque (parait-il) la gendarmerie va être déchargée de cette mission d'assistance au profit du concessionnaire.

Je tiens à signaler toutefois le courage dont doivent faire preuve les personnels chargés de l'entretien pour avoir constaté le comportement totalement inconséquent des usagers lors du dépassement d'un des « convois » se rendant sur un chantier de débroussaillage : aucune « levée de pied » dans les files de gauche, changement de file au dernier moment sans clignotant pour le poids lourd dans celle de droite etc… alors que le convoi était visible depuis au moins 2 km et, ma foi assez rapide pour un tracteur !
Cela n'empêche pas la présence du radar fixe/embarqué dans ces parages (là je ne me sens pas du tout concerné lol)

Sociétés concessionnaires des royalties et/ou du service ?
« On » a eu beau jeu de chambrer les services de l'équipement autrefois.

Avoir eu à payer le péage complet quelque temps après la mise en service de l'autoroute Alençon - Le Mans, alors que la moitié du trajet était en chantier et donc à vitesse réduite sur une file, je n'ai pas trouvé ça très …. hum, commercial ( ! )

Je me sens très « breton » parfois, tant qu'à être, de toute façon, contribuable !

Portrait de sinclair

De sinclair

10H33 | 23/09/2008 | Permalien

Cela s'appelle le résultat de la privatisation. Les tarifs ont déjà pas mal augmente avec des tarifications curieuses. Le droit de regard de l'état est tout relatif et les explication vont pleuvoir. Lorsque l'on pense que ces privatisations ont été faites a « prix d'ami » le choc est encore plus grand.

Prochaines victimes (déjà en fait) du progrès les agents de péage. C'est dire si les profits s'annoncent encore plus juteux. La campagne d'offre d'abonnement est là pour çà. même les robots de péage vont être sont déjà en diminution. Encore trop cher

Portrait de kdb

De kdb

10H35 | 23/09/2008 | Permalien

ca me semble logique…..vu qu il y a une nouvelle taxe par mois ! ! ….ca après + 10% sur le tabac ; ..(et c'est pas finit-ca-commence ! ).ya plus de limite l'état comble ca médiocre gestion avec le porte monnaies du peuple penser autre chose est penser faux

Portrait de guerzit

De guerzit

Incomprenant majeur | 10H36 | 23/09/2008 | Permalien

« le PDG de Cofiroute Pierre Coppey s'est porté candidat à la gestion des quatre-voies bretonnes », ces « quasi-autoroutes bretonnes payées par le contribuable mais gratuites pour l'usager. »

Qu'il y vienne le Coppey… On lui plastiquera encore ces putains de barrière à péage… Les bandits de grand chemin ne sont pas bienvenus en Breizh Izou…

Et il à bon dos de parler du contribuable cet empafé… L'indécence ne l'étouffe pas…

Portrait de robindesfoix

à guerzit Portrait de guerzit De robindesfoix

cherche une issue | 13H48 | 23/09/2008 | Permalien

que diantre manant TU ES le bandit( que dis-je le TERRORISTE ) de grand chemin.lui il est monseigneur coppey le bon qui vient rétablir la justice et l'égalité pour tout le bon peuple.
Prend garde guerzit tu seras dénoncé par EDWIGE et finira au gibet sous les yeux de bon peuple de France que tu terrorisait…

Portrait de BrunoC

De BrunoC

( ° ) ( ° ) | 10H46 | 23/09/2008 | Permalien

« La privatisation coupable ? “

C'est donc ça qu'on appelle un point d'interrogation pudique.

Portrait de Lise Barcellini

à BrunoC Portrait de BrunoC De Lise Barcellini (auteur)

Journaliste | 11H36 | 23/09/2008 | Permalien

@ BrunoC,
 » ? ou pas ? » C'est vrai, la question m'a taraudé…
La privatisation n'est pas seule coupable (elle a accéléré la hausse, sans la provoquer) : voilà donc comment il faut comprendre ce point d'interrogation.

Portrait de noftal

De noftal

10H47 | 23/09/2008 | Permalien

« Mais sa marge de manœuvre est quasi inexistante. »
Pourquoi ?

Dommage, le sujet était intéressant, mais l'article peine à expliquer pourquoi
- les prix sont ce qu'ils sont (diversité des prix au km ? )
- l'état, qui fixe les prix (sur proposition des sociétés) ne peut pas modérer ces prix.

Après l'article sur ERDF et la SNCF, et faute d'un approfondissement salutaire, encore un article où les commentaires vont aller bon train sur le libéralisme et le capitalisme…

Portrait de Lise Barcellini

De Lise Barcellini (auteur)

Journaliste | 11H15 | 23/09/2008 | Permalien

@ noftal :
« Pourquoi la marge de manoeuvre de l'Etat est-elle quasi inexistante ? Pour schématiser mon papier :
MAUVAIS SYSTEME (qui existait avant la privatisation)
+ LOGIQUE DE PRIVATISATION
= DERAPAGES TARIFAIRES AUX PEAGES

- Vous écrivez : “Les prix sont ce qu'ils sont” //
la diversité des prix kilométriques ne sont pas une fatalité : les écarts de prix sont injustes et ne reposent sur rien d'autre qu'une logique de profit (les sections les plus empruntées étant les plus chères). Il faudrait publier les prix au km et rétablir le lien entre coûts et tarifs.

- “L'Etat, qui fixe les prix (sur proposition des sociétés)‘//
c'est plutôt le fruit d'une négociation, où l'Etat valide les propositions des concessionnaires. Des négociations qui dépendent d'un mauvais système qui indexe les tarifs sur l'inflation, alors que, comme le remarque la Cour des Comptes, cela est criticable.
C'est un mauvais système pour une autre raison : il fait peser les nouveaux investissements sur les usagers, alors que les bénéfices des concessionnaires augmentent chaque année et qu'ils font des économies en supprimant des emplois aux péages.

Portrait de la champenoise

à Lise Barcellini Portrait de Lise Barcellini De la champenoise

11H42 | 23/09/2008 | Permalien

En résumé, l'état valide les tarifs qui sont indexés sur l'inflation. Làtout se passe bien.
Comment se fait-il alors que cette indexation ne fonctionne pas s'agissant de l'augmentation des retraites ? Cela est pourtant prévu par la fameuse loi Fillon.
Alors M. FILLON, qui respectez si bien votre parole quand il s'agit des industriels, quand allez-vous le faire s'agissant des retraités qui ont été avant vous, et heureusement pour vous, les forces vives de la nation ?

Portrait de noftal

à Lise Barcellini Portrait de Lise Barcellini De noftal

14H17 | 23/09/2008 | Permalien

J'ai bien compris. Mais ce que je ne comprends pas, et ce que vous ne cherchez pas à expliquer dans votre article, c'est pourquoi l'état « lâche » de telles augmentations.
S'agissant d'une « négociation » entre les sociétés et l'état, il me semble que l'intérêt de l'état rejoint celui des clients : faire en sorte que l'autoroute coûte le moins cher possible afin de sauvegarder du pouvoir d'achat. L'état devrait donc être amené à serrer davantage les boulons.
S'il ne le fait pas, et je doute que ce soit par sadisme (n'en déplaise à certains, ce n'est pas un pb de privatisation, de droite ou de gauche, car les hausses ont toujours été supérieures à l'inflation quel que soit le gouvernement), c'est qu'il manque à notre connaissance un élément déterminant de la négociation. J'espérais que votre investigation préalable à l'écriture de votre article nous apporterait ces éléments.

Un autre point que vous ne prenez pas en compte dans vos conclusions : le prix de l'autoroute sert
- à payer les charges d'exploitation (entretien) pour l'autoroute qui supporte le péage
- à rembourser l'investissement des sociétés concessionnaires (rappelons que ce sont elles qui apportent le financement dans le cas d'une construction nouvelle), pour l'autoroute qui supporte le péage
- MAIS AUSSI pour celles, parfois annoncées dès le départ comme non rentables (A39, A89, A5…), dont la construction est confiée à ces mêmes sociétés.
Pour prendre un exemple concret qui casse une idée reçue : l'A6 construite par la SAPRR en contrepartie de sa concession a bien sûr été amortie bien plus que son coût de départ, mais avant la fin de la concession, la SAPRR s'est vue confier la construction de l'A5 puis de l'A39 qui ne seront jamais suffisamment fréquentées pour que leur propre péage compense le coût de construction et des charges d'exploitation. C'est pourquoi la contrepartie convenue à l'époque a été de prolonger la concession de l'A6 (autoroute très rentable) à la SAPRR. Ce n'est pas un secret, même si ce n'est pas très connu. Et personnellement, je trouve que c'est un bon montage, car sans celui-ci, ces autoroutes n'auraient jamais vu le jour.

Portrait de clive

De clive

10H51 | 23/09/2008 | Permalien

Vos titres :

- Un système opaque, injuste et complexe
- Dysfonctionnement ou fraude des sociétés concessionnaires ?
- Un Etat peu regardant
- La privatisation coupable ?
- « Bercy est l'avocat des intérêts privés »

Avec quelques changements mineurs, vous pouvez les garder pour un papier sur l'effondrement de la finance.

Si on veut que nos enfants puissent vivre « en société », il faudra revenir au premier sens du mot

- mode de vie propre à l'homme et à certains animaux, caractérisé par une association organisée d'individus en vue de l'interêt général -

Portrait de Gosseyn

De Gosseyn

10H52 | 23/09/2008 | Permalien

« des quasi-autoroutes bretonnes payées par le contribuable mais gratuites pour l'usager. »

Aux dernières nouvelles, l'usager et le contribuable sont les mêmes personnes (à de très rares exceptions près).

Portrait de BrunoC

à Gosseyn Portrait de Gosseyn De BrunoC

( ° ) ( ° ) | 11H00 | 23/09/2008 | Permalien

La rare exception qu'est le con qui n'a pas de voiture.

Portrait de I.P

à BrunoC Portrait de BrunoC De I.P

Flat4 | 15H42 | 23/09/2008 | Permalien

Bien entendu celui qui n'a pas de voiture ne consomme pas de produits qui sont ammenés à lui par la route, n'envoie pas ses enfants à l'école en car scolaire et ne profite pas des services de secours qui viennent lui sauver la vie par la route.

Portrait de FO le dire

à I.P Portrait de I.P De FO le dire

Nantes | 17H53 | 23/09/2008 | Permalien

C'est dans l'air du temps, développement durable tout ça, et on va vers cela, laisser la voiture et prendre le train. Cette tendance vaut pour les grandes villes et leurs périphéries et cela ira s'amplifiant. Les cons sans caisse seront de plus en plus nombreux.

Portrait de I.P

à FO le dire Portrait de FO le dire De I.P

Flat4 | 19H24 | 23/09/2008 | Permalien

Ca ne change pas grand chose aux cas que j'ai évoqué juste avant.

Portrait de noftal

De noftal

10H52 | 23/09/2008 | Permalien

Sans être un partisan de la privatisation, il faut bien dire que les règles régissant les hausses régulières de tarifs existaient depuis l'origine des concessions.

Si ma mémoire est bonne, je suis prêt à parier que la courbe des tarifs en fonction du temps ne s'est pas « brutalement » raidie après la privatisation. Elle était déjà raide avant.

Le débat est donc bien de comprendre le pourquoi de l'établissement de ces tarifs

Portrait de Lise Barcellini

à noftal Portrait de noftal De Lise Barcellini (auteur)

Journaliste | 11H22 | 23/09/2008 | Permalien

La question est plutôt de savoir pourquoi le système d'élaboration des tarifs n'a jamais été modifié, alors que le « pourquoi de l'établissement de ces tarifs » est obsolète (pour les tronçons qui sont amortis). Cf. encadré « pouquoi paye-t-on l'autoroute ».

Portrait de noftal

à Lise Barcellini Portrait de Lise Barcellini De noftal

14H24 | 23/09/2008 | Permalien

Ben non, cette question n'est pas obsolète. Le péage ne paye pas que l'autoroute qui le supporte (cf mon post un peu plus haut)

Portrait de Bebert Cassandre

De Bebert Cassandre

10H54 | 23/09/2008 | Permalien

Salauds de bretons ! y paient pas l'autoroute ! C'est pas juste ! Au nom du principe républicain « Egalité », devront cracher au bassinet les ploucs ! … Comme les autres ! Non mais des fois ! T'as raison Bussereau, faut pas se gêner, en plus ces cons de « gwenn a du » votent en majorité à gauche ! ça leur apprendra !

Portrait de solstice

à Bebert Cassandre Portrait de Bebert Cassandre De solstice

pigiste | 13H03 | 23/09/2008 | Permalien

Salauds de corses, nous non plus, on la paie pas notre quasi autoroute sur la côte orientale : encore heureux, elle doit faire 40 km de long et cache mal un réseau en piteux état. Avec le prix de l'essence sur l'île, faudrait pas rajouter un centime de péage !

Portrait de mangetasoupe

De mangetasoupe

10H59 | 23/09/2008 | Permalien

le Marché reconnaitra les siens

Portrait de Millecalottes SARKASTIK

De Millecalottes SARKASTIK

Variable | 11H04 | 23/09/2008 | Permalien

Les comptes s'imposent et, pour la première fois cette année, la fréquentation du grand ruban est en baisse…

Pour avoir fait le calcul en considérant la consommation moyenne, le prix de l'autoroute représente 30% du prix du carburant à mettre dans le véhicule ! Attendez, ce n'est pas fini… Prise en considération dans mon calcul, votre véhicule sur l'autoroute consomme plus (que proportionnellement), je ne vous parle pas du prix des carburants sur autoroute assimilable à un sacré racket, à peu près le même que celui de la maréchaussée qui vous y guette ! Et bien, amis riverains, il serait tant de tout poser sur la table, pour comparer cette offre qui a perdu de sa splendeur !
Car si vous n'êtes pas pressés disons ½ heure, la route me semble une alternative plus que rentable…
A itinéraire comparé, il n'est pas rare que l'autoroute impose 50 à 80 Kms de plus que la route, cette bonification kilométrique intégrée dans mon calcul se justifie par le contournement des villes, des marais mouillés, des montagnes, (quand ils n'ont pas pu ou su les défigurer), etc. Bref, j'ai considéré que mon automobiliste avait fait son plein à pas cher donc hors autoroute (calcul par défaut), qu'il s'organisait pour ne pas se faire plumer dans les belles stations services où tout est plus cher (boissons, fruits, etc.)
Bilan de l'affaire, si vous avez en moyenne ½ heure à perdre, (et hors rédaction du PV), vous économiserez presque 40% sur le coût du déplacement, en profitant d'un paysage non stéréotypé dans un véhicule plus écologique puisque consommant moins.
On nous a promis une politique SECURITAIRE… Comment se fait-il que le ruban routier le moins dangereux, soit le plus taxé et le plus cher…

Comme d'habitude, cherchez l'erreur !

http://millecalottessarkastik.over-blog.com/article-20826200.html

Cordialement et bien à tous

Portrait de Lise Barcellini

à Millecalottes SARKASTIK Portrait de Millecalottes SARKASTIK De Lise Barcellini (auteur)

Journaliste | 11H28 | 23/09/2008 | Permalien

@ Millecalotes SARKASTIK
C'est exact, au premier semestre, le trafic était en baisse, mais ce qu'ils appellent le « chiffre d'affaire péages » était, lui, en hausse.
(Et comme le montre le communiqué d'APPR -cité dans l'article-, la différence n'est pas dûe aux poids lourds (qui paient plus cher que les particuliers).
Donc, cherchez l'erreur.

Réponse : les autoroutes les plus empruntées coûtent plus chères.

Portrait de Millecalottes SARKASTIK

à Lise Barcellini Portrait de Lise Barcellini De Millecalottes SARKASTIK

Variable | 13H15 | 23/09/2008 | Permalien

Chère Lise, je suis un addict à la déconstruction structurelle du grand schéma d'intox omniprésent… Donc, poussant mon raisonnement de bargeot jusqu'à l'absurde, (qui dans ce cas pourrait-être la raison) suivant les standards en vigueur actuellement, je persiste, je signe, et je m'en vais vous faire à tous un petit rappel…

Quand tout le monde aura compris que l'autoroute n'est qu'une vaste pompe à fric d'un état sécuritaire, que ça arrange bien en la matière. J'intègre aussi que cette répression ne peut se faire que si les acteurs sont regroupés aux mêmes endroits que les grands délinquants que nous sommes. Chère Lise, comme les judoka faisant amis avec la terrible force de mon adverssaire, le boycott aura pour effet immédiat de réouvrir des organismes publics dans nos campagnes aujourd'hui désertées. Si je n'ai pas d'affection particulière pour les gendarmeries et ceux de cette espèce, elles auront peut-être pour effet de faire suivre les bureaux de postes, les trésoreries, les gares, les bus ou des taxis pour éviter de repartir à pieds.

La démarche déconstructrice en quelque sorte…

C'est grave Docteur ?

Cordialement Lise

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