-
H1N1 : bientôt vaccinés au bureau ?
France-Info.com04/12/09 | 11h08 -
Bernard de la Villardière déclenche un conflit à M6
Liberation.fr via Ozap.com04/12/09 | 10h08 -
« Explosions » d'iPhone : la justice désigne un expert
LeFigaro.fr03/12/09 | 14h55 -
Messier comparaîtra devant la justice le 21 janvier
LExpress.fr03/12/09 | 14h44 -
Pas de coup de pouce au Smic en janvier
LaTribune.fr03/12/09 | 11h40
Crise financière : qui Nicolas Sarkozy veut-il châtier ?
Par Paul Jorion | Anthropologue | 24/09/2008 | 15H31
Quand j'ai lu les propos du président français à l'ONU, où il appela à une réunion internationale pour résoudre la crise financière et parallèlement, à ce que l'on en punisse les responsables, j'ai eu une vision irrévérencieuse : au moment où tous les participants à cette réunion seraient dans la salle, Eliot Ness [ndlr : le chef des Incorruptibles dans les années 30] dirait à ses troupes « Allez, on embarque tout ce beau monde ! »
Ce n'est certainement pas cela que Nicolas Sarkozy envisage : il pense à des responsables occupant des rangs plus subalternes et plus particulièrement, je reprends ses propos, à « ceux qui mettent en danger l'argent des épargnants ».
Ceci ne peut viser que les dirigeants de banques commerciales qui ont toléré que leur salle de marché se livre à des opérations spéculatives sur fonds propres. C'est-à-dire, à ma connaissance, à peu près tous. Mettre au pilori les spéculateurs et retrouver sur le banc des accusés les responsables de fonds de pension et les administrateurs d'ONG, ne résoudra rien non plus.
Et c'est là que le bât blesse, parce que si l'on châtie effectivement les responsables de la crise, il ne restera pas grand-monde pour reconstruire ensuite. Il y a eu des fraudes et ceux qui les ont commises doivent être punis mais ceci, absolument rien n'empêche de le faire maintenant, et ce devrait faire partie de la procédure courante.
Mais changer les règles en cours de route et dire « Tous ceux qui ont fait ceci -qui était légal à l'époque- seront punis aujourd'hui » est non seulement arbitraire mais aussi extrêmement dangereux.
Appeler à un nouveau Bretton Woods est une excellente initiative. Affirmer « Apprenons à gérer collectivement les crises les plus aiguës que nul ne peut résoudre tout seul » est également très louable et blâme à juste titre les autorités américaines pour leur orgueil.
Ce qu'il convient de faire, c'est réinventer les règles du jeu pour le rendre enfin humain. Ce ne sera pas facile et cela exigera beaucoup de remue-méninges et de dévouement. Désigner quelques « responsables » au hasard à la vindicte publique ne serait ni plus ni moins, et une fois encore, que du « panem et circenses ».
Cet article a été publié par Paul Jorion sur son blog. Ce texte est un « article presslib » », c'est-à-dire qu'il est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit. Paul Jorion est un « journaliste presslib » » qui vit exclusivement de ses droits d'auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d'écrire comme il le fait aujourd'hui tant que vous l'y aiderez. Votre soutien peut s'exprimer ici.
4320 visites | 48 réactions
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque































3
De vol19
awash | 19H06 | 24/09/2008 |
Cet article me met mal à l'aise.
Certes, cet effet d'annonce du président Français est probablement stratégique et manipulatoire. Certes, comme l'a très bien montré René Girard, le sacrifice de quelques bouc-émissaires, ne change en rien les problèmes et les structures de fond…
Quand au laissez-faire de l'invention de nouvelles règles par les acteurs pour le bénéfice de la finance…
Je ne connaissais pas l'auteur, qui se revendique « anthropologue » et selon son site, spécialiste des « sciences cognitives », de la complexité,et s'appuiant sur l'« intelligence artificielle »… tout en ayant travaillé dans la finance (impliqué : réflexion sur la notion de prix pour une banque)… c'est une posture engagée, pourquoi pas ?
Pour qui veut travailler dans les sciences humaines, je pense que la réflexion sur sa posture, en particulier la soumission éventuelle à la « figure du maître » est importante. J'émets beaucoup de réserves sur ce que l'on est en train de mettre dans les « sciences cognitives » et « l'intelligence artifielle ». Jusqu'à quel point peut on inclure les dynamiques humaines dans l'intelligence artificielle ? J'émets des réserves… pour avoir réfléchi sur le sujet.
Non, je ne suis pas d'accord avec l'idée que le système financier mondial se résume à l'invention de règles entre acteurs… Et l'éthique ? Et surtout, Ou est le Tiers ? Ce tiers ne peut être que la communauté financière. Ou sont les cadres, les dispositifs, les régulateurs ? Quels sont les acteurs représentatifs pour le décider ?
Autant, sacrifier quelques lampistes me semble détestable, par contre qu'une justice fasse « payer » l'ensemble des responsables de ces excès, ce qui n'est certes pas facile, me semble pas inutile…pour leur rappeller que les 99.9% de la population mondiale ne sont pas des termites.
De affreuxjojo
19H53 | 24/09/2008 |
Venant de Sarkosy, l'idée de punir des responsables de la banqueroute actuelle pourrait prêter à sourire. Que pourrait-on faire en France ?
Soit les banquiers ont respecté les lois. Nous sommes en état de droit. La loi ne peut rien.
Soit il y a eu fraude. Pas de bol, le droit des affaires a été dépénalisé par Sarko. Donc, au pénal,la loi ne peut rien non plus. Au civil, les fraudeurs n'ont pas les moyens de rembourser.
Les discours de Sarkosy sont donc totalement pipeau.
De Paul_Jorion
chercheur | 20H38 | 24/09/2008 |
nipivime
Ce n'est pas une mauvaise question que vous posez : pourquoi ce paragraphe ? La réponse est la suivante : même si vous ne me connaissez pas, je suis en ce moment très sollicité : depuis la rentrée - pour mettre une borne dans le temps - mes textes ont été publiés dans Le Monde, Libération, La Tribune, l'Humanité et Le Débat, en ligne sur ContreInfo, BétaPolitique, rue89, etc. j'ai parlé à BFM et on m'aurait vu dans trois émissions de télévision si j'habitais Paris.
Je suis un homme « de terrain » : j'ai travaillé dans des banques depuis 1990, à Paris, à Londres, à Amsterdam, à San Francisco et à Los Angeles. Je travaillais dans un secteur aujourd'hui sinistré : le prêt hypothécaire. Je suis chômeur depuis onze mois. On me consulte énormément, je viens de le dire, mais une seule des publications que je viens de nommer me rémunère à la pige, toutes les autres me consultent au titre d'« expert », c'est–à–dire gratuitement. Le sens du paragraphe incriminé doit être lu comme un simple rappel que j'adresse au monde : « Beaucoup d'entre vous veulent me lire, m'entendre, me voir, mais comme tout le monde, j'ai besoin d'un emploi rémunéré, alors, si vous avez un tuyau ! »