-
Electricité : les habitants de Bretagne et de Paca incités à la modération
AP via Nouvelobs.com15/12/09 | 16h07 -
Les prix ont baissé de 0,1% dans la grande distribution
LeFigaro.fr15/12/09 | 14h59 -
Smic : pas de « coup de pouce » le 1er janvier
LesEchos.fr15/12/09 | 11h33 -
Y aura-t-il de l'argent dans les distributeurs à Noël ?
LeParisien.fr14/12/09 | 17h58 -
La taxe sur les bonus toucherait 2000 à 3000 banquiers français
LesEchos.fr14/12/09 | 17h46
Souffrance au travail : appel aux questions à Marie Pezé
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 24/09/2008 | 16H38

Un livre dont on ne sort pas indemne. Vendredi matin, Rue89 va interviewer, avec vos questions, Marie Pezé, psychologue dans la première consultation « Souffrance et travail » en France. Elle vient de publier « Ils ne mouraient pas mais tous étaient frappés ».
Un documentaire du même nom, sorti en salle en 2006, avait permis au public de jeter un œil dans cette consultation si particulière, où se lisent les maux de notre société. Là, accompagnés d'une professionnelle dotée d'une écriture précise, à la fois ultra sensible et médicale, on entre dans le psychisme d'Agathe, aide-soignante paranoïaque ; de Serge, qui cherche dans son travail à se « sentir vivant » ; de Solange, secrétaire martyrisée par un chef qui lui fait coller les timbres à 4 mm du bord ; de Fatima, femme de ménage illettrée devenue poète…
Au-delà de ces destins personnels, ce livre révèle à quel point « le travail nous confronte à nous-mêmes », « pour le meilleur, dans l'espoir d'élargir et d'enrichir notre savoir, nos compétences, notre contact au monde », mais « pour le pire quand le travail est vide de sens, quand il contraint nos corps, quand il verrouille notre fonctionnement mental ».
Voici brièvement les idées fortes du livre, qui vous permettront de lui poser des questions :
- Le travail définit l'identité : « Travailler n'est pas seulement produire, mais se travailler soi-même. Le sujet qui affronte authentiquement le travail accepte de se faire habiter tout entier par lui. Chacun des patients présentés dans ce livre investissait son travail, avec énergie et endurance, dans une forte résonance symbolique. (…) La mise en échec au regard des exigences que nous avons de nous-même fait chavirer l'estime de soi. Alors, on s'accuse d'impuissance, on est habité par des sentiments de honte et d'indignité. L'idée du suicide comme seule délivrance peut ainsi se profiler ».
Et pourtant, travailler engage bien plus que notre intellect. Pour l'ouvrier qui « danse » sur son échafaudage comme pour le chirurgien admirant le moiré du tendon qu'il suture, pour la caissière qui vous reconnaît et donc vous sourit vraiment, pour la psychanalyste qui perçoit l'angoisse de son patient avec tout son corps, travailler implique de convoquer corps organique et corps érotique. »
- L'impossibilité de démissionner aggrave les cas : les salariés en souffrance sont dans l'impasse. Ils ne peuvent démissionner, sous peine de perdre tous leurs droits sociaux. Ainsi, il faut tenir coûte que coûte ; parce que le salaire tombe à la fin du mois. Seul l'arrêt maladie est capable d'alerter les médecins et l'entreprise elle-même sur le fait que quelque chose ne va pas. D'arrêt maladie en incapacité de travail, les plus en peine finissent pas être pris en charge par la Sécurité sociale, alors qu'une possibilité de s'octroyer une pause avant de craquer aurait pu éviter la chute.
- La peur comme mode de management : une « idéologie manageriale » s'est propagée dans le monde de l'entreprise, note Marie Pezé. A force d'objectifs chiffrés, pas toujours compréhensibles par les salariés, d'injonctions paradoxales venant d'une hiérarchie autoritaire, les plus faibles plongent dans le stress, la dépression, et finissent par craquer.
- La mise en cause de l'organisation du travail : l'auteur cite l'exemple d'un boucher, dont le métier s'appuie sur des compétences dans la coupe, l'anatomie animale et le geste de travail. Or ce boucher employé dans une cuisine industrielle « a subi une modification de ses conditions de travail, une organisation rationalisée, taylorisée, chaque tâche est séquencée, morcelée (…)et le travail se résume à une simple manutention nécessitant aucune compétence particulière ».
- La spécificité des femmes : beaucoup des patients de Marie Pezé sont des patientes, victimes de machisme, voire considérées comme des objets sexuels par leur hiérarchie. Pire encore est leur sort si elles sont divorcées avec des enfants à charge, noyées sous les contingences et la précarité.
- Les ressources humaines sont en danger, crie Marie Pezé, en épilogue. « Certes les consultations Souffrance et Travail se sont multipliées (plus d'une quinzaine aujourd'hui). Mais sans financement, toujours grâce à des initiatives locales (…). A qui demander conseil ? Vers qui se tourner quand l'exécution du geste de travail devient difficile ? » La question reste largement sans réponse. Certes la justice entend maintenant le préjudice de harcèlement, et peut obliger les fautifs à réparer. « Mais quelle réparation possible pour un emploi perdu. Pour l'atteinte à la santé mentale et/ou physique ? pour la perte du sens du travail ? » et « quelle place pour la prévention ? » interroge l'auteur.
► Ils ne mouraient pas mais tous étaient frappés par Marie Pezé - Editions Pearson - 17€.
Photo : un boucher au travail (Christina Hu/Reuters).
14432 visites | 90 réactions
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque































90
(Pour réagir, connectez-vous)
à Pierrrrre
De Fraise des Bois
Buveur | 16H52 | 26/09/2008 |
Pierrrre je vous adore ! Pas un pli et droit au but.
Merci.
à karlM
De pablico
13H32 | 25/09/2008 |
le travail est devenu obligatoire dans notre société.
Mais on peut le faire dans de bonnes conditions.
le management y est pour beaucoup.
il y a deux sortes de management,
le management où l'on respecte le subordonné, on lui donne l'impression qu'il est encore un humain, avec des initiatives, du respect, de la considération. Qu'il fait partie d'une équipe .
le management ou l'on considère que le subordonné est un esclave, une machine, et là le travail commence à être un supplice, une déshumanisation. On perd son autonomie, son intelligence, ses initiatives, on est avili etc etc… de façon que le manager se trouve de fait plus intelligent que les subordonnés..
Il y a aucune loi qui « manage » le management, aucune loi.
c'est la jungle.
à karlM
De Marie-Sophie Keller
Rue89 Eco89 | 12H38 | 25/09/2008 |
Bonjour KarlM,
« Rue89 devrait plus hiérarchiser ses infos. »
Nous n'avons pas de principe de hiérarchisation comme dans un journal papier. Notre principe de classement des articles est simple : ce qui peut intéresser le grand public va en colonne centrale au fur et à mesure que les articles sont prêts.
Sauf la manchette et l'article juste en dessous, qui restent plus longuement en une, les papiers sont chassés vers le bas par les plus récemment publiés.
Quant aux tribunes ou articles trop spécialisés, ils sont publiés dans l'Info à trois voix avant de rejoindre leur blog.
Donc oui, il est possible qu'un article d'actu qui passionne les foules se retrouve sous un article moins chaud qui ne fera que mille clics. Il est possible aussi qu'un article léger, comme celui sur l'échangisme, passionne les foules tout en nous attirant les commentaires amers des lecteurs les plus engagés qui auraient préféré le compte-rendu d'une manif.
Mais notre position est qu'il en faut pour tous les goûts. Je constate d'ailleurs souvent que les papiers décalés ou drôles font 50 000 entrées pour 1300 pour les article sur la faim en Afrique. Et comme vous pouvez le constater, cela ne nous empêche pas de publier les papiers sur la faim en Afrique en colonne centrale. C'est un choix que nous assumons.
Et selon quels critères, selon vous, pourrions nous « mieux hiérarchiser » ? L'actu ? On ne peut pas suivre avec une équipe de quinze. Le nombre de clics ? Ce serait démagogique. L'urgence sociale ? Chaque internaute aurait sa vision de l'urgence selon ses centres d'intérêt.
Vos suggestions sont les bienvenues. Amicalement,
msk
à karlM
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 10H46 | 26/09/2008 |
… et davantage de suivi ne nuirait pas…
De Thierry Catrou
18H49 | 24/09/2008 |
Tableau apocalyptique du travail. Sueur et angoisse… Décidement ce livre n'est pas à mettre entre toute les mains. Un seul désir fuir cet enfer… Peut-être que l'on est pas encore pris dans les rets maléfiques qui nous conduisent à l'extermination dans une abomination de tortures terribles mais l'on sait déjà que l'on risque fort d'être les prochains sur la liste. La « sélection » est impitoyable et peu survivront. Ils ne nous restent plus qu'à tenter par tous les moyens d'y mettre fin… Révoltons nous « frères humains » !
De vol19
awash | 19H31 | 24/09/2008 |
Voilà un sujet très important, qui a été trop longtemps placé sous la loi du silence, du déni, ou encore réduit à une victimisation d'un affreux « pervers narcissique ». Hors, c'est un système qui s'est mis en place. Problablement le résultat d'un mal collectif : -cette captation de la libido de chacun par le capitalisme- et qui sert une forme de pouvoir.
Accepter d'en parler est la première étape, et que celle-ci fût longue, combien de médias et de journalistes ont censuré ce type de sujet, il y a seulement trois/quatre ans. Par contre, attention, à ce qu'en parler ne mène pas à la banalisation, la relativisation, puis l'oubli.
Il s'agit bien là de meurtres, dans certains cas, à petit feu, en silence, poussant à l'autodestruction, devant la complaisance/passivité de spectateurs appeurés ou décérébrés (qui ne comprennant pas vraiment la violence et ce qui se passe tant parfois l'imaginaire sadomaso a envahi les esprits).
Laisser cette perversité s'installer, et tout le monde en paiera demain les conséquences…
à vol19
De jexiste
si, si | 11H42 | 25/09/2008 |
Etes-vous retourné voir ce qui reste des nombreuses interventions d'Existe sur le sujet du harcèlement depuis le 6 septembre dernier ?
Rien, absolument rien.
Et tant qu'à faire, ce sont tous ses commentaires depuis son inscription, soit plusieurs centaines de commentaires quasiment tous informatifs sur divers sujets qui ont disparu d'un coup.
Il n'y a plus nulle part aucune trace de ce riverain dans les colonnes de Rue89.
Voyez vous-même :
http://www.goojet.com/p/http/www.rue89.com/riverain/existe
à jexiste
De Marie-Sophie Keller
Rue89 Eco89 | 12H52 | 25/09/2008 |
Rassurez-vous, si son compte a été supprimé suite à une douloureuse suite d'événements sur lesquels nous ne souhaiterions pas revenir, Existe nous a fait savoir qu'il/elle avait ouvert un nouveau compte sur Rue89…
à Marie-Sophie Keller
De jexiste
si, si | 13H36 | 25/09/2008 |
Douloureuse pour qui ?
Que je sache, il ne s'agissait pas de la première suppression de compte de riverain.
En revanche, la suppression de tous les commentaires associés est bien une première et constitue ni plus ni moins qu'une mesure de censure tout à fait exceptionnelle.
Comment la justifiez-vous ?
Outre que votre réponse m'intéresse, je pense que vous devriez faire un Making of sur la question des suppressions de compte.
à jexiste
De Nébuleuse
Ras les Antennes | 17H38 | 25/09/2008 |
@ jexiste, tu sais ô combien, je te soutiens,mais ne dévie pas sur ce sujet-LA !
Ce n'est peut être pas le sujet, nous avons là une personne qui connaît beaucoup sur la souffrance au travail.
@ Marie Pezé :
2 millions d'individus « frappés » je vous le rappelle, en plus en tâche d'huile en comptant les proches, mari, femme, enfants, parents…
Merci de laisser de côté ces autres querelles pour approfondir ce sujet…
Cette souffrance au travail quelle qu'en soit les causes, très multipes existe et perdure en raison pas de l'inexistence de lois, mais en fonction du non respect par les employeurs en plus suivis par les magistrats, et les avocats jusque ceux habilités auprès du Conseil d'Etat et de la Cour de Cassation…
En plus, comment est facilitée l'expression de cette souffrance, dans l'omerta, dans la peur de perdre son emploi pour les témoins ?
Des personnes meurent en entreprise, il paraîtrait que les employeurs aient droit de vie et de mort sur leurs sujets, tant qu'à ceux rendus définitivement invalides : qui s'en soucie ?
Ce ne sont pas des faibles, ce sont des personnes que l'on a voulu briser, style lavage de crâne… pour empêcher de parler… Ceux qui se sont indignés face à des méthodes de management contestables…
Les consultations de souffrance au travail ouvertes un peu partout en France dans les grands hôpitaux sont surchargées…
Il faut dire et répéter qui sont ces victimes laissées dans l'ignorance ! Qu'il n'y ait plus de suicidé que l'on enterre avec sa lettre devenue aussi « morte » que lui,parce que tout le monde a décidé de se taire, alors qu'il lui livrait dans cette même lettre le nom de son « agresseur », son supérieur hiérarchique.
Que font les Procureurs de la République dans ces cas-là ?
Traiter comme est traitée la « souffrance au travail » aujourd'hui en France n'est pas mettre un pansement sur une jambe de bois ?
Madame Pezé, nous avons fait un grand pas avec les mises en inaptitude pour arracher les victimes à leurs bourreaux ! ! ! Mais pourquoi est-ce toujours à ces victimes de payer le prix de cette souffrance, et pas à leurs bourreaux ?
Dans les cas que vous étudiez, avez-vous des employeurs qui ont été lourdement condamnés ? Que du sursis pour les cas les plus graves, jamais d'emprisonnement… Et pourtant pour des délits moindres, beaucoup connaissent les charmes de la « préventive » !
La victime : que demande-t-elle ? La reconnaissance de son statut de victime d'abord et avant tout, et ainsi que MF Hirigoyen le signalait dans son dernier livre, les procédures juridiques à trois tribunaux saisit vont au-delà de cette douleur déjà bien ardente ?
Je précise que les syndicats aident peu dans ces cas-là : trop subjectif, disent-ils ? ? ? ?
Il ne reste que des bénévoles qui en rattrapent quelques uns comme dans des filets à papillon et quelques médecins et inspecteurs du travail, mais nous sommes si peu par rapport à l'étendue des dégâts…
Avez-vous des données statistiques de l'évolution ? Pour moi, c'est un hausse ; le pire, c'est quand d'autres salariés aussi donnent dedans…
Cette souffrance-là, elle est indicible !
à Nébuleuse
De jexiste
si, si | 18H26 | 25/09/2008 |
Mes questions ici concernent toutes directement le sujet du harcèlement. Il n'y a jamais eu d'autre « querelle » que celle-là.
Existe était une contributrice régulière de la Rue depuis plusieurs mois. Jusqu'au 6 septembre dernier, aucun de ses commentaires n'avait jamais été dépublié, signe manifeste qu'elle respectait scrupuleusement la Charte des commentaires.
Il aura suffi qu'elle se signale comme victime de harcèlement, évoque son cas personnel en termes vagues, et toujours dans le respect de la Charte, pour qu'un riverain informé par X ( ? ) vienne l'agresser avec des renseignements du ressort de sa vie privée qui n'ont jamais circulé dans aucun lieu public.
Le journaliste alors aux commandes, au lieu de dépublier ces commentaires hors charte, a systématiquement dépublié les réponses d'Existe qui ne l'étaient pas, et finalement supprimé son compte et tous les commentaires associés, réalisant ainsi ce qui s'analyse comme un assassinat symbolique (un de plus ! ) à l'encontre d'une victime déjà polytraumatisée.
à jexiste
De Nébuleuse
Ras les Antennes | 20H08 | 25/09/2008 |
Je sais, jexiste, mais j'aimerais que l'on puisse aussi à l'occasion de ce sujet exorciser ce que l'on tait à l'heure actuelle…
Je me suis permise de le dire que cela tombait mal qu'à l'occasion d'un sujet sur le harcèlement, on touche à une victime et on l'exclut…. Les victimes de harcèlement moral ont été torturées, ce genre de crime sans trace apparente… comme si l'on vous arrachait chaque cm de peau, l'un après l'autre… du travail d'artiste !
à Nébuleuse
De Gouthe dô
para legal Défense | 07H57 | 26/09/2008 |
merci pour ce coup de gueule car c'est exactement cela
je suis en souffrance depuis 2 ans, la seule solution que j'ai pour survivre est de quitter mon entreprise
mes hiérarchiques sont impliqués couverts par la DRH que ca dérange car trop de cas comme le mien et trop de suicides ! ! dont certains médiatisés
les arrêts maladie je ne peux plus car le médecin conseil tout en reconnaissant que je suis en danger ne veut plus payer mes arrêts et a exigé que je me fasse licenciée pour inaptitude au poste ! ! ! un avocat m'a conseillé de même ! ! ! un autre avocat m'a demandé de recueillir des témoignages, mais mes collégues ont peur, mon médecin traitant m'a engueulé en me disant que pour elle un tel témoignage était risqué et qu'elle pourrait être radiée de l'ordre
le silence et le camouflage prévalent
l'employeur est trop puissant et a trop de réseau
le rapport remis à Xavier Bertrand pour faire progresser en l'état est trop succinct et ne va pas assez loin
les syndicats font ceux qu'ils peuvent mais leurs pouvoirs sont limités
le médecin du travail m'a lâché sous la pression de l'employeur qui est le même que le mien ! ! !
dans ce systéme comment voulez vous qu'un salarié en détresse s'en sorte, et ne se suicide pas
j'ai eu la chance de trouver une personne qui m'accorde l'écoute dont j'ai besoin et qui m'aide à y voir clair dans ce qui se passe car vous devenez une loque humaine
et tout le monde est responsable mais vos chers collégues qui se taisent
et en effet en conclusion et bien c'est le salarié qui est pénalisé car quand il ne meurt pas, il quitte l'entreprise avec toutes ses conséquences
et l'entreprisebet bien elle continue car 1 de perdu 10 de retrouvés en toute impunité
la seule choses qui les font trembler c'est la presse
mais quand la presse parle d'un suicide ou autre, ce n'est pas suivi et cela s'essoufle
c'est désolant et décourageant
merci à Rue 89 de faire réguliérement des articles sur ces sujets
De einna
19H34 | 24/09/2008 |
dans une même entreprise avec les mêmes conditions de travail, les mêmes « chefs » certains souffrent, d'autres pas. Il me semble que la souffrance au travail est aussi à prendre dans une dimension personnelle celle du rapport du sujet à l'autre, à la demande de l'autre, à son désir de faire (bien faire ou faire pour avoir un salaire et vivre ou …)
Le productivisme a accentué les pressions sur les salariés c'est évident et les conditions de travail se sont dégradées fortement ces dernières années mais celà ne fait pas tout. La société actuelle qui médique à tout va les états psychiques difficiles ne cherche pas à ce que les gens réfléchissent sur ce qui ne va pas, ce qui ne leur va pas et ce en quoi ils ne vont pas.
S'il est nécessaire de défendre les conditions de travail, il est aussi nécessaire que les personnes qui souffrent dans l'entreprise et/ou en dehors puissent élaborer quelque chose de cette souffrance pour pouvoir s'en extirper mais quand on constate qu'en france à l'université la psychologie clinique et la psychanalyse sont attaquées, on peut se demander ce que la société nous prépare pour l'avenir.
à einna
De Louve Bleue
en survie | 08H42 | 29/09/2008 |
L'avenir ? Non ! Il s'agit bien du présent !
De dy
c'est probable mais fort impossible... | 23H35 | 24/09/2008 |
Puisqu'il faut poser des questions…
- qu'est-ce qu'un corps organique, qu'est-ce qu'un corps érotique ?
- Quel rapport entretiennent (ou n'entretiennent pas) ces corps avec l'intellect ?
- Quel rapport entre ces corps et « la spécificité des femmes » telle qu'elle est évoquée dans l'article de Sophie Verney-Caillat ?
- Les objectifs chiffrés, les injonctions paradoxales (par exemple…quoi ? ), sont-ils les seuls éléments qui définissent « la peur comme mode de management » ?
- Compte tenu des causes multiples du burn out professionnel, qui vont selon vous, de la dichotomie intellect-corps organo-érotique aux facteurs sociaux contingences-précarité, quel type de prévention préconisez-vous ?
PS : Une remarque : un boucher qui devient manutentionnaire, est un boucher de formation qui a changé de travail et en est arrivé à faire un job qui n'a pas forcément de lien avec sa formation initiale (ce qui ne signifie pas qu'être manutentionnaire est un job qui ne nécessite aucune formation ni compétence particulière ! )…
Questions : vous semblez savoir en quoi consiste le travail d'un boucher, mais savez-vous en quoi consiste le travail d'un manutentionnaire ? Quel rapport entre la taylorisation et un changement de job ?
De guerzit
Incomprenant majeur | 09H02 | 25/09/2008 |
Le travail c'est l'a-santé ! ! !
à guerzit
De Gudule
17H14 | 25/09/2008 |
rien faire, c'est la conserver ! ! !
De zbigniew
09H13 | 25/09/2008 |
Question à Marie Pezé :
Ma question porte sur le « programme politique inconscient » de l'approche en terme de souffrance au travail, qui me semble très peu « révolutionnaire ». Dit autrement :
- un salarié confronté à une organisation du travail saine, à des supérieurs et des collègues de travail qui reconnaissent pleinement ce qu'il apporte au quotidien, à qui on laisse une certaine autonomie, etc… peut-il être un salarié heureux (ou plutôt « non-souffrant ») tant qu'il est payé au lance-pierres et qu'il a un contrat précaire ?
- ce qu'on appelle la souffrance au travail n'est-elle pas inévitable tant que subsiste ce que Marx appelait l'exploitation ou les rapports de production capitalistes - i.e. des chefs plus payés alors que leur salaire vient en grande partie du travail effectué par les salariés précaires de la base ?
à zbigniew
De Pierrrrre
11H26 | 25/09/2008 |
»….ce que Marx appelait …. »
► on avait compris d'où venaient les références de ceux qui désiraient exploiter politiquement ces abhérations oiciétales..
Sachant que dans les sociétés marxistes, c'est convivialité, bonheur et respect des travailleurs !
à Pierrrrre
De Teez-teez
Back in the USSR | 14H17 | 25/09/2008 |
en fait, oui.
(à carricature, carricature et demie ! ; -)
De Seccotine
10H31 | 25/09/2008 |
« A qui demander conseil ? Vers qui se tourner quand l'exécution du geste de travail devient difficile ? »
Il existe tout de même des structures dans certaines entreprises, je veux dire par là : des délégués du personnel, des membres du CHSCT dont c'est justement le rôle de défendre le personnel qui ne va pas bien pour une raison ou une autre.
Je suis pour ma part dans ces deux structures. Outre le fait de remplir l'engagement pour lequel j'ai été élue, cela m'a permis aussi de me soustraire psychologiquement à un harcèlement caractérisé de la part d'un petit chefaillon anti-syndicaliste primaire.
Ce que je pense, c'est que s'investir autrement permet aussi de ne pas se laisser enfermer. Evidemment ça n'est pas possible partout. De plus ça n'est pas non plus une question, simplement un retour d'expérience.
De lesuperdidou
Saltimbanque | 10H45 | 25/09/2008 |
Ceux de l'arrière plan sur la photo, ils ne souffrent plus !
De Fantou
10H49 | 25/09/2008 |
Il me semble qu'il est en effet important de mettre en cause l'organisation du travail là où c'est l'individu « défaillant » qui est mis en cause. Les formes du management n'expliquent pas tout. Par exemple, dans l'éducation nationale où il y a pas mal de souffrance au travail, mais où le management est plus un mot qu'une réalité (même s'il existe des responsables zélés en la matière qui peuvent faire des dégâts), la question est surtout la faible capacité de riposte collectives des enseignants et leur difficulté à faire valoir leur expertise.
C'est aussi ce que montre un bouquin récent « La souffrance des enseignants. Une sociologie pragmatique du travail enseignant » (PUF).
J'aimerais avoir le point de vue de Marie Pezet à propos des difficultés particulières rencontrés par les salariés qui exercent des métiers de relation. L'évolution de leur travail et des conditions dans lesquelles ils l'exercent, au-delà du management, est -semble-t-il, source de souffrance.
De Brividi
Scribouillarde mais pas que | 10H50 | 25/09/2008 |
La souffrance au travail… Je l'ai rencontrée… Deux ans et demi de harcèlement moral par un de mes supérieurs hiérarchiques… Je me pensais fragile (et le suis par certains côtés) et me suis révélée à moi-même bien plus combative et résistante que ce sur je n'aurais jamais pensé. Ce qui est étonnant (effrayant quand on est dans cette valse sordide) c'est la façon dont le groupe cautionne souvent par son silence (ou même par des actes) ce qui se passe de douloureux : la tentative de mise à mort (certes pas physiquement, mais pouvant conduire au suicide par exemple) d'un individu dudit groupe… Tant que le « chef » tape sur quelqu'un, il fout la paix aux autres, tout en leur envoyant des signaux de ce qui pourrait leur arriver si d'aventure ils devaient se retrouver dans sa ligne de mire.
En revanche, je peux aussi témoigner que, pour employer une expression populaire, « la roue tourne » et, même s'il faut avoir la force de patienter longtemps, les plaques tectoniques humaines se déplacent et l'on assiste parfois à des situations qui laissent penser que rien n'est jamais figé.
à Brividi
De Blummy des sables
réformé | 13H24 | 25/09/2008 |
Bonjour à tous
« Tant que le “ chef ” tape sur quelqu'un, il fout la paix aux autres »
Je vous rappelle au passage cet important proverbe shadok :
« Pour qu'il y ai le moins de mécontents possibles, il faut toujours taper sur les memes… »
N'importe quel prof de socio, science po ou autre vous le dira : « Dans n'importe quel systeme, il y a toujours un bouc emissaire ».
Dans une entreprise (un petit systeme), on peut toujours partir…
Mais dans des systemes plus grands et plus complexes, il est parfois plus difficile de sortir de la position de bouc emissaire (juifs, Roms, negres…)
C'est malheureux mais c'est humain (Ca explique, ca n'excuse pas…)
à Blummy des sables
De jexiste
si, si | 15H21 | 25/09/2008 |
Non, justement, on ne peut pas toujours partir. On voit certains patrons faire appel à des milices mafieuses pour contraindre leurs salariés démissionnaires à rester dans l'entreprise. Et même lorsque ces derniers ont définitivement quitté l'entreprise, les milices ne les lâchent toujours pas et continuent inlassablement à les poursuivre de leurs harcèlements et agressions diverses et variées en tous temps et tous lieux, jusqu'à obtention de leur décès.
à jexiste
De jexiste
si, si | 16H14 | 25/09/2008 |
On voit même des journalistes participer à la traque de la victime dont le seul tort est d'être toujours en vie…
à jexiste
De Pierrrrre
03H17 | 26/09/2008 |
»….les milices ne les lâchent toujours pas et continuent inlassablement à les poursuivre….. jusqu'à obtention de leur décès. »
»…On voit même des journalistes participer à la traque de la victime dont le seul tort est d'être toujours en vie….. »
►► Vous en dites trop, ou pas assez… ? … ? … ? … ?
De Pierrrrre
11H32 | 25/09/2008 |
C'est effrayant, sur la photo du haut de page, tous ces travailleurs pendus, dépecés et découpés à chaire vive par un nervi du patronat, pour ne pas avoir assez bien travaillé !