Automobile

Inde : la Nano de Tata cède face à la colère paysanne

Par Juliette Tissot | Aujourd'hui l'Inde | 07/10/2008 | 11H47

Des enfants devant une réplique de la Nano à Kolkata, en Inde (Parth Sanyal/Reuters).

(De Delhi) Le groupe indien Tata abandonne finalement le chantier de l’usine de construction de la Nano, à Singur, dans l’est de l’Inde. Les manifestations contre ce projet industriel ont donc eu raison de la patience de Tata. La voiture la moins chère du monde sera fabriquée ailleurs, sans doute au Karnataka, dans le sud du pays.

C'est un peu l'épilogue de l'affaire Tata à Singur, cette ville du Bengale occidental qui avait été choisie pour accueillir l'usine Nano il y a plus de deux ans. Cette fois, Ratan Tata jette l'éponge :

"Vous ne pouvez pas faire tourner une usine sous protection policière, lorsque des bombes y sont jetées, lorsque des ouvriers y sont intimidés."

L'usine Nano était presque achevée et les premières voitures aurait dû sortir ces jours-ci pour se lancer sur les routes indiennes. Mais depuis un mois, le chantier était au point mort. Dans un communiqué, le groupe Tata Motors regrette de devoir prendre cette décision et remercie le gouvernement communiste du Bengale occidental de son soutien et de ses efforts pour tenter de régler la crise.

La colère des paysans de Singur

Numéro un indien de l'automobile, Tata Motors avait investi 230 millions d'euros pour la construction de son usine de Singur. Mais depuis deux ans, des centaines de paysans n'ont cessé de manifester sur le site.

Ils se plaignaient de ne pas avoir été correctement indemnisés pour la perte des terres utilisées pour la construction de l'usine et réclamaient la restitution de leurs champs. Ils assuraient que certaines terres avaient été réquisitionnées par la force.

Avec le soutien du parti politique d'opposition Trinamool Congress de Mamata Banerjee, ils ont bloqué l'accès au site et intensifié les manifestations pendant l'été.

Il y a un mois, face à l'ampleur des manifestations, Ratan Tata avait menacé de quitter Singur pour aller construire son usine Nano ailleurs. C'est désormais chose faite. Le groupe Tata va certainement s'installer dans le district de Dharwad au Karnataka où il possède déjà des usines. Le groupe voudrait doubler la surface qu'elle occupe déjà là-bas. Le gouvernement du Karnataka est d'accord pour accueillir la nouvelle usine Nano.

Le Bengale occidental antibusiness?

Le Bengale occidental risque de se réveiller avec la gueule de bois. Déjà fin août, un éditorialiste du Hindustan Times soulignait que cet Etat était déjà « fortement handicapé par sa réputation antibusiness ».

"Le projet de la Nano doit être considéré d'un point de vue économique car au Bengale, la faiblesse de l'industrie prend des proportions inquiétantes. Officiellement, 35 millions d'habitants sont au chômage. Le projet de la Nano aurait pu créer des bases solides sur lesquelles bâtir, tout en donnant l'exemple à d'autres groupes industriels."

Or c'est bien l'inverse qui est en train de se passer. L'affaire médiatisée de Tata à Singur risque de décourager les investisseurs tant indiens qu'étrangers. Quant au groupe Tata, il est suffisamment puissant pour se relever. Malgré tout, on ne sait pas encore si la le prix plancher de la Nano, annoncé à 1700 euros, pourra être maintenu.

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Photo : des enfants devant une réplique de la Nano à Kolkata, en Inde (Parth Sanyal/Reuters).

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Réaction de nemo3637 | enseignant | 07/10/2008 | 13H06

C’est terrible ce qui peut arriver à un patron qui ne tient pas compte de son environnement.
« L’affaire médiatisée de Tata à Singur risque de décourager les investisseurs tant indiens qu’étrangers. »
On en a les larmes aux yeux!
« on ne sait pas encore si la le prix plancher de la Nano, annoncé à 1700 euros, pourra être maintenu. »
Qu’est-ce qu’ils peuvent être cons, tout de même, ces paysans indiens…

 

Réaction de marsman | esprit critique | 07/10/2008 | 13H37

Il ne faut peut-êtrer pas tout confondre… si les paysans se sont fait spoliés leurs terres avec usage de la force, ils ne sont pas forcément « anti-business » mais cherchent simplement à défendre leur peau.

Quelle mauvaise foi dans ce raccourci… On met le problème sur le dos des « cons de paysans » qui devraient se la boucler peut-être ?!! C’est dommage pour Tata et surtout pour le bassin d’emploi perdu mais c’est Tata le premier responsable de ce qui lui arrive.

 

Réaction de EjpH |   | 07/10/2008 | 14H18

D’après l’AFP (dépêche mise à jour à 10:34 aujourd’hui sur le site du Figaro), le nouveau site de construction de la Nano serait dans le Gujarat.

 

Réaction de homemade | 07/10/2008 | 16H08

Youpi! Paysans de tous les pays, foutez leur sur la gueule!

 

Réaction de jyeden | 07/10/2008 | 16H27

le problème c’est la nano
une veritable catastrophe ecologique
je sais que c’est facile de faire cette critique pour un occidental
mais tout le monde ne peut pas rouler en voiture
la voiture ce n”est pas seulement le co2 mais toutes les infrastructure qu’elle demande et qu’elle génére

 

Réaction de Stump | Etudiant | 07/10/2008 | 17H31

« Le projet de la Nano doit être considéré d’un point de vue économique car au Bengale, la faiblesse de l’industrie prend des proportions inquiétantes. Officiellement, 35 millions d’habitants sont au chômage. Le projet de la Nano aurait pu créer des bases solides sur lesquelles bâtir, tout en donnant l’exemple à d’autres groupes industriels. »

Mais laissons leurs cultiver leur jardin plutot que de leur imposer une modernite qui les plongerait dans la misere…

 

Réaction de Chich | Amateur d'orthographe | 08/10/2008 | 13H54

« Mais laissons leurs cultiver leur jardin plutot que de leur imposer une modernite qui les plongerait dans la misere… » : ah parce qu’il vive dans l’opulence ? c’est nouveau ça… Renseignez vous un peu sur le Bengale Occidental et vous verrez que si ce n’est pas la province la plus pauvre d’Inde, c’est loin (mais vraiment loin) d’être la plus riche…

Bien sur je suis contre le genre de pratique que Tata met en œuvre pour récupérer un peu de place pour construire son nouveau jouet surtout que l’Inde se considère comme la plus grande démocratie au monde et c’est méthode sont indigne d’une démocratie.
Mais sachez que le peux que demande n’importe quel Bengali en particulier (et n’importe quel Indien en général) c’est l’accès à l’eau potable sans avoir à faire 10 km tout les matins et ça désolé mais ce n’est pas avec leurs moyens archaïques qu’ils pourront l’avoir… la modernité n’a pas que des défauts, il faut savoir la contrôler.. par exemple vous pouvez éteindre cette télévision que vous chérissez tant et qui vous a été donné par Mère Technologie…(une cousine de Mère Nature, d’après Closer et Public les relations entre les 2 sont aux plus mal…)

 

Réaction de Yémanja | Toulouse | 07/10/2008 | 20H24

La Nano est une catastrophe écologique et sociétale : spoliation de la terre (grâce au chantage à l’emploi amplement utilisé par le duo maléfique composé des communistes+capitalistes soit le couple Etat+patronat - beaucoup plus fréquent qu’on ne l’imagine…) ; exploitation du lumpen prolétariat indien et désastre écologique (la voiture la plus polluante que tout autre moyen de transport au kg transporté).
Ce n’est pas répondre au réel besoin de transport des Indiens que de proposer la Nano.
Quid des solutions alternatives ? Quelles sont les autres idées ?
La famille Tata est l’une des familles des plus négrière du monde !
Une énorme partie de l’Inde leur appartient et leurs salariés sont quasiment des esclaves (80 à 95% d’intouchables).
J’ai vu leurs aciéries ou cimenteries en Inde : ce ne sont que exploitation et pollution !

YA BASTA !