Crise : un ultime « quitte ou double » des Européens
Par Pascal Riché | Rue89 | 12/10/2008 | 23H19
A la sortie de la réunion des responsables des pays de l'Eurogroupe, dimanche soir à Paris, un journaliste belge a demandé à Nicolas Sarkozy : « N'êtes vous pas en train de jouer à quitte ou double ? » Le Président s'est animé : « On ne joue pas ! Ni à quitte ni à double », car ce qui est en cause, ce sont « les emplois et l'épargne des européens, la défense de nos idées et de nos convictions ».
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On comprend bien le sens de la question de notre confrère : depuis une semaine, les réunions s'enchaînent, sans aucun résultat, malgré des annonces de plus en plus énormes. Il y a eu le G4 (les pays européens du G8) le week-end dernier, puis une réunion de l'Ecofin mardi, un G7 à Washington vendredi, un G20 samedi, un sommet de l'Eurogroupe dimanche… Pendant ce temps, la tourmente financière n'a cessé de s'aggraver.
Certes, Nicolas Sarkozy et ses collègues sont bien obligés de « jouer », puisqu'ils ont choisi comme terrain celui de la psychologie : il s'agit de stopper la panique, restaurer la confiance en inondant les banques de liquidités et en les blindant de garanties sur les financements qu'elle reçoivent ou accordent.
Mais ces mesures ont-elles du sens alors que les Etats ont en face d'eux des partenaires d'un jeu dont ils n'en comprennent même plus les règles ? Des banques qui n'ont plus aucune confiance en leur propre fonctionnement (elles ne se prêtent plus d'argent entre elles) et des marchés « qui ont cessé de fonctionner comme des marchés » pour reprendre l'expression de Sarkozy. Comment jouer dans ces conditions ?
« Ce ne sont pas les marchés qui décideront en dernière analyse », a déclaré d'un ton martial Nicolas Sarkozy, dimanche soir. Il a raison sur un point : les Etats ont plus de pouvoir que les marchés, ce sont des pouvoirs immenses… pour autant qu'ils décident de les utiliser. Mais pour cela, il faudra renoncer au jeu psychologique, et se résoudre à confisquer les cartes d'un adversaire devenu incapable de les utiliser.
Si l'accord qualifié d'« historique » trouvé au sein de l'Eurogroupe et les décisions qui seront annoncées ce lundi ne débouchent que sur un surcroît de chaos, il faudra alors se poser sérieusement la question, déjà soupesée, de la nationalisation d'un système défaillant.
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De Humain
00H16 | 13/10/2008 |
Pourquoi parler d'économie « réelle »….
L'économie à toujours été « réelle »…. Nous ne sommes pas en train de jouer au monopoly ! !
Lorsque les dirigeants du monde parlent d'argent ils parlent de « notre » argent »… Pas de « bouts de papier » !
Nous sommes dans le « réel »….
De Le Yéti 6095
yetiblog.org | 00H34 | 13/10/2008 |
« QUITTE OU DOUBLE » ?
Non, vraiment vous croyez encore qu'on en est là ? Ça n'est jamais que la mille et unième fois, depuis quelques jours, quelques semaines, que nos puissants en déroute nous ressassent leur volonté de rester unis séparément, d'interdire la faillite des banques au prix de la leur (et surtout de leurs concitoyens), de garantir tous les dépôts des épargnants sans avoir d'autre moyen que l'injection massive et pathétique de monnaie de singe dans des tuyaux percés… C'est quitte à mort et débandade sur tous les tableaux, leur histoire, oui !
Comment ne pas voir que nous sommes entrés de plein-pied dans « une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des États occidentaux, vont faire tout ce qu'il est techniquement possible pour retrouver l'équilibre, mais il est fort probable qu'ils n'y parviendront pas. »
Ces derniers mots sont d'Immanuel Wallerstein, fondateur et ancien dirigeant de Centre Fernand-Braudel pour l'étude de l'économie des systèmes historiques et des civilisations de l'université de l'État de New York, et dont Le Monde vient de publier une passionnante interview sous le titre : « Le capitalisme touche à sa fin ».
Allez, bonne nuit à tout le monde (elle risque d'être longue ! ).
De Gandijyn
03H21 | 13/10/2008 |
Hé hé, le frisson dans la salle… le chef de tribu avait la crête hérissée ! … c'est qu'il faudrait prendre des gants pour poser ce genre de question au « Monarque temporel de l'Europe » !
La seule différence : c'est que votre réalité « argent », sueur, courbatures, stress d'être viré n'importe quand selon l'humeur d'un boss invisible …. EUX, ne sont pas dans cette réalité !
Les représentants des différents gourvernements (CEE, Europe, US, Asie, Moyen-Orient, Monde) viennent de s'apercevoir qu'il y a des humains (bas peuple), qui remplissaient paisiblement et volontairement, crachaient toutes leurs petites économies, sur des Giga-Méga-comptes… et que ces humains, bon gré mal gré, râlent, rechignent quand ils demandent des comptes… ce qui est justifié.
à 10 centimes €uro près, on vous « emmer…. », et vous devez justifier par vos tickets de caisses, vos bilans comptables, entrées et sorties !
Des milliers de milliards de dollars s'envolent, sans trace, et sans justifications, sans responsable, surtout pas EUX : vous venez de gâcher leur petite sauterie qui durait depuis plusieurs décennies, un peu trop facilement. Et il est fort probable que ces « jeux » privés, réservés à ces élus (choisis ? ), voient modifiés quelque peu le système pyramidal du « monopoly caviar »…
Vous devrez travailler (beaucoup) plus, pour gagner plus, pour remplir (beaucoup) plus ! … (juste une petite nuance de diffusion et d'interprétation d'une petite dépression) : )))
Il est à craindre que cela change (beaucoup) pour nous, et en aucun cas, rien pour EUX, c'est « génétiquement virtuel » , ILS vont continuer à « jouer » et garanti, le double, ce sera pour EUX : )))
De Jana 13372
bretonne en Normandie | 13H18 | 13/10/2008 |
@ nemo 3637
« Il faudrait à présent en France, qu'on puisse exprimer, à travers les médias, des utopies de réorganisation »
Ce n'est pas totalement utopique.
Il y a beaucoup de réalisations concrètes pour construire d'autres rapports à l'économie, en la « décollant » de la folle financiarisation.
Il serait intéressant d'en faire l'inventaire pour résister au « défaitisme » ambiant.
Je pense qu'il reste beaucoup à inventer entre l'enfer des paradis fiscaux ou la menace de l'enfer du goulag effectivement.
Ni le grand soir, ni le paradis sur terre, juste la vie ensemble à poursuivre, construire, à inventer, à rêver… mais les pieds sur terre pour bien suivre, surveiller, les circuits de l'argent.