Enquete

Un plan de sauvetage pour les villes spéculatrices

Par David Servenay | Rue89 | 18/10/2008 | 00H26

L'Etat prévoit des milliards pour éviter que des collectivités n'entrent en cessation de paiement à cause de leurs placements.


La forêt suspendue, à Lille, en 2004 (Pascal Aimar/TF)

Par où la crise va-t-elle arriver ? Les villes seront-elles les prochaines cibles de l'effondrement boursier ? Les départements ? Les régions ? Alerté depuis des mois, le gouvernement prépare un plan de sauvetage des collectivités locales : « plusieurs milliards d'euros », selon une source officielle.

Place Beauvau comme à Bercy, on suit en effet la situation de près. L'estimation des encours de prêts pour les collectivités locales en 2008 s'élève à 67 milliards d'euros. Or, sur cette somme, 10 milliards seraient des « produits toxiques », précise-t-on dans l'entourage de la ministre de l'Intérieur, Michèle Aliot-Marie. L'agence de notation financière Fitchratings estime, elle, ces produits toxiques à 20 à 25 milliards d'euros. En juillet, elle livrait le diagnostic suivant :

« Ces produits, qui comportent généralement des contrats d'option très risqués, ont déjà entraîné certaines collectivités dans une fuite en avant qui pourrait les mener jusqu'à l'insolvabilité. »

Car les principales banques manquent de liquidités pour faire face aux demandes croissantes des collectivités locales, explique-t-on dans l'entourage de MAM :

« En début de semaine, nous avons eu une réunion avec les banques au ministère des Finances pour identifier les ressources : il faut trouver plusieurs milliards. […] Les communes ont fait comme dans toutes les entreprises, pour présenter des choses bien lissées. On appelle cela la comptabilité optimisée. Mais lorsque les élus ont signé ces prêts, ils sont en principe responsables. Personne ne vous oblige à signer… »

Le gouvernement a tout de même décidé d'accélérer la mise en oeuvre de son plan. Les collectivités sont un maillon essentiel de l'économie, puisqu'elles assurent 75% de l'investissement public du pays. Si cette machine tombe en panne, la France est potentiellement en banqueroute. Un scénario noir jugé impossible par les observateurs, mais il faut prévoir le pire. Or, ces dernières semaines, les banques multiplient les refus de crédits.

A la communauté urbaine de Lille, 57% de la dette en produits complexes

L'information est passée inaperçue : le 25 septembre, le conseil de la communauté urbaine de Lille a voté la délibération « Réaménagement de la dette communautaire en 2009 ». Vote à l'unanimité, sur la foi d'un rapport présenté par Martine Aubry. Le texte s'achève par cette phrase mystérieuse qui autorise la présidente de la CULM :

« A faire appel en cas de besoin à des index référencés en devises étrangères de pays n'appartenant pas à la zone euro, dans la mesure où ces devises présentent des taux attractifs et un risque de change maîtrisé, et dans la limite de 15 % de l'encours de dette au 31/12/2008. »

Taux « attractif » ? Risque de change « maîtrisé » ? C'est la deuxième fois que les élus autorisent la collectivité à prendre des risques sur les marchés financiers. Et pas n'importe lesquels : le même jour, dans la délibération « Recours aux instruments de couverture du risque de taux et de change en 2009 », un chiffre est lâché :

« Au 31 décembre 2007 le portefeuille d'instruments de couverture comprenait 48 contrats représentant un montant notionnel de 955 068 669,46 euros, soit 57,40 % du stock de dette. »

En clair, sur les 1,7 milliard d'euros de dette, 57% sont adossés à des produits spéculatifs. Le banquier du Grand Lille ? Dexia… la banque qui assure les trois-quarts des crédits dédiés aux collectivités territoriales françaises. L'adjoint aux finances de Lille, Pierre de Saintignon, assure que les produits structurés ne représentent que 30% de la dette (160 millions d'euros) :

« Nos produits structurés sont des produits plutôt simples (essentiellement des taux fixes bonifiés avec des barrières sur les taux variables) et nous ne disposons pas de produits basés sur la pente de la courbe des taux (qui ont été les produits les plus risqués ces derniers mois) ni de produits exotiques sur le change. »

L'argentier de Lille n'en dira pas plus : il négocie en ce moment avec les banques.

Des prêts indexés sur les produits les plus volatiles

Pour comprendre, il faut revenir trois ans en arrière. A partir de 2005, les fertiles cerveaux du trading imaginent de lancer sur le marché des collectivités locales de nouveaux produits. A l'époque, les taux d'intérêts sont encore très bas. Les communes présentent un très bon facteur de risque et surtout elles sont de plus en plus endettées. La recette des banquiers pour réduire cette dette ? Parier sur les « taux structurés ».

Les gros établissements de la place (Dexia, Crédit Agricole, Caisse d'Epargne) proposent à leur client ces prêts très spéciaux :

  • Les taux fixe à barrière désactivante. Ces contrats prévoient une période de grâce (ou de bonification) de deux ou trois ans durant laquelle le taux applicable à l'emprunt est inférieur au coût de l'argent. Puis, une fois la « barrière » désactivée, le taux d'intérêt est calculé sur la base d'un autre indice européen, type Euribor, mais sans être « capé », c'est-à-dire sans limite…

  • Puis, des contrats de deuxième génération sont apparus -appelés « taux à effet de levier »- ils proposent la même chose et cette fois-ci le taux de référence n'est plus un indice, mais un calcul d'indice. En clair, un produit hautement sophistiqué comme l'écart entre deux taux, une option sur des cours de matières premières… bref, un indice hautement volatile.

Lyon a même indexé certains de ses prêts sur le cours du baril de brut. Concrètement, le risque avec ce type de prêt est de voir passer un taux de 3 à 10% ! Une perspective qui n'est plus si chimérique avec les soubresauts de ces dernières semaines.

Le maire de Saint-Etienne, Vincent Maurice (DR)Le maire (PS) de Saint-Etienne s'en est aperçu au printemps dernier, après un audit financier des comptes de sa ville soupçonnant une gestion hasardeuse de son prédécesseur UMP. Une véritable aberration pour Maurice Vincent… car à partir de 2011, Saint-Etienne plonge dans « l'inconnu » :

En juin, Maurice Vincent alerte les cabinets de Christine Lagarde, ministre des Finances, et Michèle Aliot-Marie, ministre de l'Intérieur, leur enjoignant de prendre des mesures réglementaires pour interdire ce type de prêts. Il n'a jamais reçu de réponse.

A Tulle, Hollande a choisi un prêt de pente en 2007

Qu'elles soient de droite ou de gauche, ces municipalités ont fait un pari très risqué sur l'avenir. Avec l'immense avantage de pouvoir afficher, juste avant les élections, une réduction substantielle des charges financières. Une sorte de brevet de bonne gestion, quitte à jouer à la roulette sur les années suivantes. L'exemple de Tulle est emblématique.

En juillet 2007, la ville corrézienne contracte, sous l'égide de son maire François Hollande, un prêt de 6,7 millions d'euros (pour une dette globale de 29,5 millions) à un taux fixe de 3,65% sur vingt ans, à condition que l'écart entre les taux à un an et les taux à trente ans reste positif. Dans le jargon de la finance, c'est un prêt de pente sur la courbe des taux. « Une gestion dynamique de l'endettement », commente Laurent Bourgès, directeur général des services.

En juin 2008, la courbe des taux s'inverse. Catastrophe, le taux « fixe » de 3,65% s'envole. Tulle renégocie alors son contrat avec Dexia. Elle obtient une garantie de taux fixe pour 2008, un passage à 4,3% pour 2009 et pour 2010… un retour aux conditions du premier contrat ! « Nous étions avec Dexia hier, ajoute Laurent Bourgès, et heureusement les courbes se sont recroisées il y a une semaine. » Cette fuite en avant est la seule solution possible. Pour repasser sur un taux fixe, la banque exigeait 6 à 7% de taux d'intérêt.

Des collectivités notées sur les marchés financiers

Tout un business s'est développé autour de ces contrats. A commencer par celui de la notation financière. Fitchratings est l'une des premières à avoir mis en place une liste mensuelle de cotation de communes. Objectif : fournir aux investisseurs un outil complet pour évaluer les opportunités du marché. David Diano, analyste chez Fitchratings, reconnaît que ces montages ne sont pas toujours très limpides pour les clients :

« Dans les plus grosses collectivités, on a souvent des équipes plus aguerries aux risques financiers, dans les plus petites, on peut en douter. Le contenu de ces contrats est rarement rendu public. »

Des petites communes comme Pont Saint-Esprit (Gard) ou Monteux (Vaucluse) ont cédé aux sirènes des produits structurés. Elles seraient plus nombreuses qu'on ne le croit. « Ces petites villes ne souhaitent pas communiquer, explique André Robert, délégué de l'Association des petites villes de France, car elles auront alors plus de difficultés pour négocier avec les banques. » Le 8 octobre, l'APVF a écrit au Premier ministre pour sonner l'alarme. Là encore, pas de réponse.

Le cabinet indépendant Public Evaluation System (PES) propose un autre palmarès, sur les grandes villes, les départements et les régions. Ici, pas de note, mais un classement des meilleurs profils financiers. Dans le palmarès 2008 des grandes villes, on trouve en queue de classement :

  • Grenoble
  • Tours
  • Mulhouse
  • Reims
  • Marseille

Marseille… l'une des villes les plus endettées de France : en 2006, sa dette s'élevait à 2290 euros par habitant, pour une moyenne dans sa catégorie de 995 euros. Marseille, où les emprunts financent certaines dépenses de fonctionnement, ce qui est théoriquement interdit. Quelle est la part des prêts exotiques dans cette dette ? L'information est quasiment impossible à obtenir. Céline Moyon, consultante de PES, s'est souvent heurtée à cette opacité :

« Dans une délibération de conseil municipal, vous n'avez pas tout le détail du contrat, au nom du secret industriel et commercial. La seule obligation légale est de faire apparaître dans les annexes du compte administratif, en fin d'année, la liste des opérations de couverture (si elles ont eu lieu), le nom de l'établissement bancaire, les gains et les pertes. »

Maurice Vincent, pourtant professeur agrégé d'économie, avoue n'avoir compris les complexes montages de Saint-Etienne qu'après l'audit réalisé par des spécialistes en finance publique.

Un risque de placement sous tutelle

En fin d'année, les règles comptables obligent les collectivités locales à équilibrer leurs comptes. Avec l'argent des banques. Face à la crise financière et à la rareté des liquidités, peut-on imaginer des faillites ?

A priori, non, répondent en choeur les protagonistes. Le risque, souligne Maurice Vincent, est plutôt de voir les villes en difficulté passer sous tutelle de la Chambre régionale des comptes, si elles se retrouvent en cessation de paiement :

Chez Fitchratings, David Diano se montre nettement moins optimiste :

« Nous n'excluons pas de voir des entités en très grande difficulté. Cela sera d'autant plus probable que la collectivité :

  • a une dette importante
  • a une marge de manoeuvre fiscale et budgétaire faible
  • a dans ses emprunts une part importante de produits structurés »

La liste des villes au bord du gouffre est entre les mains du gouvernement, mais pas question de la rendre public : « Pas d'affolement, nous sommes attentifs », répète-t-on à l'envie, comme pour se convaincre que le pire n'est jamais sûr.

A lire aussi :

► La note de conjoncture de Dexia de septembre 2008, assez alarmante.

► La note de Fitchratings de juillet 2008 « L'abus de produits structurés met certaines collectivités locales françaises dans une situation à haut risque ».

Photo : la forêt suspendue, à Lille, en 2004 (Pascal Aimar/TF)

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Portrait de Thucydide

à kebra Portrait de kebra De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 23H18 | 18/10/2008 | Permalien

Je pense que votre post est assez prémonitoire concernant l'économie de résistance.

En effet, il est probable que d'ici quelques mois, un grand nombre d'entre nous seront obligés de se rabattre sur une économie locale dans un rayon de plus en plus court.
Le carburant sera rare et cher, les produits ne pourront plus circuler très loin et le manque endémique de liquidités mèneront tout naturellement vers des SEL.

Pensons-y maintenant : j'ai noté que les SEL existants ont chacun sa monnaie et sa grille d'évaluation.
Il serait peut-être intéressant qu'une harmonisation « monétaire'soit entreprise entre les diverses associations, pour dès le départ permettre un élargissement des échanges lorsque les conditions redeviendront favorables.

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De papy55

prof. en province | 12H51 | 18/10/2008 | Permalien

Dans les semaines à venir, nous n'avons pas fini d'apprendre les difficultés de telle institution, telle association, tel syndicat et je ne sais encore, qui sont tombés dans les filets de la finance facile, comme beaucoup d'individus piégés par la publicité, les « conseils » avisés de conseillers financiers, (conseillers commerciaux en fait ! ), ces mêmes conseillers se retrouvant eux mêmes dans les mêmes filets !

La base de l'économie réelle est en fait assise sur la bulle financière créée par des gens de plus en plus hardis et inconscients !

Cette bulle ne demandait qu'à exploser, c'est fait ! Elle ne demande qu'à se regonfler, et là il ne faudra pas que les soutiers de l'économie réelle manquent de souffle !

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De nf cachot

employé | 13H06 | 18/10/2008 | Permalien

Aux prochaines élections je voterais FN pour leurs dire MERDE à tous…

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De zorbek

15H37 | 18/10/2008 | Permalien

« L'Etat prévoit des milliards pour éviter que des collectivités n'entrent en cessation de paiement à cause de leurs placements. »

Je trouve cette formulation maladroite. Sans vouloir disculper l'une ou l'autre magouille, ne s'agirait-il pas plutôt de mauvais emprunts que de mauvais placements ? Dans la plupart des cas cités, il s'agissait d'emprunter le moins cher possible, le choix en apparence alléchant se révèle maintenant aussi onéreux que foireux à cause du retournement du marché. A ceux qui ont la critique facile, je pose la question : où trouver l'argent si les recettes des collectivités sont moins importantes que leurs dépenses ? A partir du moment où on dépense plus que l'on ne gagne, on dépend forcément d'un prêteur. C'est valable aux US, mais c'est également valable en France, fut-elle celle d'un Besancenot (le retour à une monnaie de singe ne procurerait qu'un bref répit avant qc de beaucoup plus grave). Il semblerait donc qu'il n'y a pas que les US qui vivent au dessus de leurs moyens…

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De atao

14H29 | 18/10/2008 | Permalien

bonjour à tous,
Ce qui me dégoûte là dedans, c'est le propos - sans doute vrai - entre le banquier Dexia et le maire : « voilà coco, t'en as encore pour six ans comme maire, alors voici ce que j'te propose : j'te fais un prêt pour ta médiathèque, tu paies pas d'intérêt pendant six ans, après, c'est le baton de dynamite mais si t'es pas réélu, c'st pas toi qu'iras à l'hôpital, si t'es réélu - comme c'est prévisible, vu qu't'es intelligent - on se reverra pour renégocier çà, of, coco ?

Portrait de Toby E

De Toby E

15H29 | 18/10/2008 | Permalien

Rassurez-vous : la structure qui va sauver le capitalisme en France sera dirigée par Michel Camdessus, ancien directeur du FMI, de 1987 à 2000.
Pour se rappeler les exploits du monsieur, on peut lire le blog de JL Mélenchon :
http://www.jean-luc-melenchon.fr/ ? p=631

Portrait de Shaddocko

à Toby E Portrait de Toby E De Shaddocko

Pompé des Phynances | 17H53 | 18/10/2008 | Permalien

A-t-on vraiment besoin d'une piqûre de rappel ?
Le bonhomme a laissé une trace dans les mémoires, en défrayant la chronique financière plus qu'à son tour.

Je crois me rappeler que chaque fois qu'il fourguait ses règles pour garantir des finances saines, les seuls pays qui ont survécu sont ceux qui avaient compris qu'on ne pouvait s'en relever qu'en s'asseyant sur les recettes du charlatan.

La grenouille de bénitier allait ensuite faire ses saintes ablutions au nom de toutes les détresses qu'il laissait derrière lui.

C'est pas une blague ? Il revient ?
C'est le chanoine de Latrines qui l'appelle ?

Portrait de sifer

De sifer

| 15H36 | 18/10/2008 | Permalien

On peut se demander que font les chambres régionales des comptes si promptes à donner des recommandations.

Laisser passer cela veut dire que l'on admet qu'une dépense puisse devenir indéterminée et incontrôlable dans le temps…

Portrait de Shaddocko

à sifer Portrait de sifer De Shaddocko

Pompé des Phynances | 17H54 | 18/10/2008 | Permalien

Elles recommandent.
Elles sont (bien) payées pour ça.
Le reste, elles s'en foutent.
Et d'ailleurs on ne leur demande pas de s'en mêler

Portrait de Thucydide

De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 17H16 | 18/10/2008 | Permalien

Les banques… en faillite !
L'Etat… comptes exsangues ! !
Les collectivités territoriales… pauvres comme Job ! ! !

Dans ce désastre qui arracherait des larmes à une statue de Louis XIV, comment se fait-il que les chefs et les responsables de ce petit monde de misère puissent afficher leur bonne fortune avec autant d'indécence ! ! ! !

Les coups-de-pieds-au-cul perdus ne se rattrapent guère.

Portrait de kassis01

De kassis01

18H07 | 18/10/2008 | Permalien

Où sont les contrôles ? Qui dans notre pays est chargé de contrôler la gestion de nos élus ? Néant ? Rien ? C'est tout le contrôle de la démocratie qui est à reconstruire.

Portrait de survivant

De survivant

18H09 | 18/10/2008 | Permalien

Maintenant que les élus, les patrons, les syndicats, les banques , les assurances ; en somme toute la politique ultra libérale et ceux qui se sont acoquinée avec sont découverts, ça va être dur pour ceux qui y ont cru de retourner voter. Il est à craindre que l'Occident décline vers une crise politique majeure. Les présidents US et Européens renvoient le paquet de linge sale aux ménages en nationalisant. L'électro choc va être foudroyant ( la faim justifie les moyens). Rien ni personne pas même un Besancenot en furie ne retiendra le peuple trahit. J'échange un gigot d'agneau contre trois sacs de farine.

Portrait de Petite citoyenne

De Petite citoyenne

Indépendante | 18H26 | 18/10/2008 | Permalien

Ca fait deux ans qu'on nous explique que ce sont les pauvres et ceux qui se soignent qui ruinent la France.
C'est à gerber.

Portrait de beerootfr

De beerootfr

rentier baroudeur | 18H51 | 18/10/2008 | Permalien

Je suis pour ! ! ! ! pour tous les plans de sauvetage.

Je suis spéculateur et j'ai perdu beaucoup d'argent.

Après les banques, les municipalités : les citoyens ! ! !

Euh… qui va garantir ?

Portrait de tangi

De tangi

perplexe | 21H24 | 18/10/2008 | Permalien

Le problème est réel, et il n'y aucun doute que des collectivités vont avoir des problèmes dans le futur.

L'article fait toutefois quelques confusions et exagérations.

Confusion : le problème de financement à court terme auquel vont être confronté les collectivité locales est lié à la crise, à l'augmentation des taux d'intérêts et au probable crédit crunch, et non à leur mauvaise gestion, du moins pour la grande majorité d'entre elles. En gros, elles vont avoir des problèmes de financement, comme tout le monde va en avoir, PME, particulier, etc.

Exagérations :
- les 57% de produits spéculatifs dont vous parlez pour Lille : ce pourcentage correspond au total des produits financiers. Mais il existe aussi des produits financiers qui n'ont rien de toxique. Ces produits non toxiques sont en général la majeure partie des produits de couverture utilisés par les collectivités.
- même si l'article précise que les collectivités ne vont pas faire faillites, les commentaires montrent que tout monde comprend qu'en fait si, et en grand nombre. Il va y avoir des problèmes pour certaines collectivités, certainement, mais ils resteront marginaux. Ce ne sera d'ailleurs pas la première fois que des collectivités ont un problèmes d'endettement excessif.

Pour Lyon ayant adossé certains de ces emprunts sur le cours du pétrole, il peut tout à fait s'agir d'une vrai opération de couverture du risque : le pétrole augmente, les frais de chauffage, essence, etc augmentent, le coût de la dette baisse. Le pétrole baisse, des économies sont faites sur certains postes, le coût de la la dette augmente : il y a une vrai stabilisation du risque. Le responsable financier de la ville de Lyon est loin d'être un niais, soyez sur qu'il connaissait la toxicité des produits proposés par Dexia et qu'il n'a pas fait n'importe quoi.

Cette problématique est à la mode, elle est traitée par la presse depuis quelques mois, avec raison, puisqu'à coup sur il va y avoir des problèmes. Mais elle est traitée avec une dramatisation excessive. Bon, vu le bordel actuel, on peut comprendre.

Tiens au fait, ça va arranger le gouvernement de jouer le sauveteur des collectivités territoriales, après les avoir accuser de laisser filer la dette tandis qu'elles répondaient :
- que leur gouvernement leur filait les compétences sans les moyens
- que réalisant la majeure partie de l'investissement publique avec des dotations de l'état en baisse, elles étaient bien forcées d'emprunter.

Portrait de lololo

De lololo

21H34 | 18/10/2008 | Permalien

Très intéressant l'article, merci pour l'info.

Petite précision néanmoins (à moins d'avoir mal compris l'article) en référence au ton général de l'article et au passage décrivant les produits souscrits par Lille : TOUT produit financier est spéculatif. Portefeuille, couverture ou obligation d'Etat.

je souhaite faire ces précisions car cet article est alarmiste (à juste titre) Néanmoins, dans certains cas, il manque légèrement de rigueur à mon goût, parce que 1/ un instrument financier est tjrs spéculatif et ce n'est pas toujours mauvais
et que 2/ ds le cas de Lille, certes, 57% des produits sont des produits de couverture, mais peut être le portefeuille est il bien géré.

Ex d'une obligation d'Etat (réputée très sûre) : j'en prends une avec un rendement de 4% sur 30 ans. MAIS je ne suis pas à l'abri que l'Etat fasse faillite. Je fais donc un pari, même avec une obligation d'Etat. Je peux aussi parier que les obligations d'Etat qui seront émises plus tard auront seulement un taux de 3%, ce qui fera que mon obligation d'Etat sera très prisée et qu'on voudra me l'acheter très cher, et que donc je pourrais faire une plus value.

Ex : une couverture est aussi spéculative mais si elle est bien faite, elle aura surtout pour but de protéger. Ex : je souscris un emprunt un taux variable et je m'arrange pour échanger ce taux variable avec un taux fixe (grâce à une couverture). Dans ce cas ci, je suis protégé : quelle que soit l'évolution des taux (hausse ou baisse) je paierais toujours des taux fixe.

Tout simplement pour dire que tout ce qui est financier n'est pas tjrs très/trop complexe et que ce qui peut apparaître comme très spéculateur au premier abord ne l'est pas tjrs.

Portrait de David Servenay

à lololo Portrait de lololo De David Servenay (auteur)

Rue89 | 10H50 | 19/10/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord avec vos remarques, lololo.

Le problème est que la plupart des collectivités ayant recours à ce genre de produits structurés, pour certains très risqués, n'affichent pas publiquement la façon dont elles gèrent leur dette.

Dans ces conditions, difficile de savoir où l'on va. C'est d'ailleurs ce qui a obligé certaines d'entre elles (citées dans l'article) à revoir en vitesse des contrats conclus à l'époque où les marchés étaient euphoriques. Ce qui a -lègérement- changé ces dernières semaines.

La transparence, c'est l'un des enjeux essentiels de ce sujet.

Portrait de emachedé

De emachedé

09H16 | 19/10/2008 | Permalien

Au lieu d'injecter des milliars pour rien, pourquoi l'Etat ne met pas directement les 360 milliards de crédits à la dispo des collectivités locales plutôt qu'aux banques.
Car l'Etat leur fait des « cadeaux » avec des taux préférentiels, mais en échange rien de la part de celles-ci.
Et pourtant que ça soit l'Etat ou les collectivités, le payeur est le même : nous !

Portrait de levraidebat

De levraidebat

09H33 | 19/10/2008 | Permalien

Encore une conséquence des magnifiques décentralisations…qui ont donné du pouvoir à de petits barons inconscients.

Il faut réfléchir au bilan de cette décentralisation et revenir sur les excès les plus graves. Les vraies sources d'économie et d'efficacité sont là. Il y a notamment un étage de trop, très certainement la région, trop grande pour être l'échelon de proximité et trop petite pour être l'échelon stratégique.

http://www.levraidebat.com

Portrait de Yfig

De Yfig

Poète sans illusions j'écris des ch... | 12H12 | 19/10/2008 | Permalien

Moins drôle …… beaucoup, beaucoup moins drôle !

Les villes surendettées plombées par les subprimes :
http://www.rue89.com/2008/10/18/un-plan-de-sauvetage-pour-les-villes-spe…

Le problème des politiques, des édiles, des élus c'est de se comporter comme les seigneurs du moyen-âge !

Comment des trésoreries de communes, normalement suivies par la trésorerie (fisc) peuvent-elles aller jouer à la bourse ?

Pour moi, c'est mystère et magouille sont à la tête de la mairie et impair et passe ! ! ! ! !

Tout le monde semble vouloir jouer au casino avec mon argent !

Là, ce n'est plus du ménage qu'il faut faire, c'est le nettoyage industriel au karcher qu'il faut entreprendre !

Et si ………………
la LCR était prise par le peuple comme recours ultime anticapitaliste ….
….. une fois au pouvoir …. s'inspireront-ils des bandits à qui ils succéderont ?

Mettront-ils, à leur tour la main dans la caisse pour nourrir les copains et les maîtresses,

s'engraisseront-ils au dépends des autres ?

Allez voir ce qui s'est passé en Afrique du Sud après que les noirs aient pris le pouvoir politique …. les nouveaux élus sont devenus riches, très riches ….et le peuple est resté pauvre, très pauvre !

Alors, les belles déclarations …. bah … ça reste des voeux pieux, des intentions aussi vite oubliées ….

Il faut rédiger une charte.
La charte qui liera les élus aux citoyens avec des sanctions immédiates pour les tricheurs et les voleurs …. sans cette charte signée du sang des candidats aux affaires …. rien ne changera …. jamais !

Yfig, citoyen et fier de l'être.

http://yfigexnihilo.hautetfort.com/

Portrait de ogareff

De ogareff

12H40 | 19/10/2008 | Permalien

Quelqu'un sait quelle est la ville sur la photo qui sert d'illustration à l'article ?

Portrait de Lucius Sergius

De Lucius Sergius

Citoyen | 18H04 | 19/10/2008 | Permalien

Type de « financements » (ça veut dire endettement en novlangue banquaire) qui a permis de faire entrer de plein fouet ce qui relève typiquement de l'économie publique, et échappe normalement aux vicissitudes du marché sans foi ni loi, dans la gabegie financière. Très certainement aussi par idéologie. Ou une autre manière de généraliser un système sans passer par les urnes…

Ils ont tout osé, c'est même maintenant à ça qu'on les reconnaît.
Et il semblerait qu'on n'en ait pas fini avec les surprises.

Delenda Carthago

Portrait de lorientois

De lorientois

09H51 | 20/10/2008 | Permalien

Rien n est simple mais beaucoup d élus de gauche ou droite se sont lancés dans cette fuite en avant en esperant payer moins à la sortie ; le contraire a touché tout le monde et surtout les citoyens qui sont maintenant endettés et devront payer entre autre par les impots locaux …

Portrait de Theokafe

De Theokafe

vigilant | 10H16 | 20/10/2008 | Permalien

ERREUR !

Vous mélangez la communauté urbaine et la maire de Lille qui sont deux institutions différentes.

Pierre de Saintignon est Adjoint aux finances de la ville, pas de la communauté urbaine.

La ville de Lille est très faiblement endettée, d'ailleurs il suffit de vérifier vos sources, par exemple le ministère des finances

http://alize2.finances.gouv.fr/communes/eneuro/tableau.php ? icom=350&dep=…

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