Droit de suite

Sauvetage des villes : Matignon confirme les infos de Rue89

Par Rue89 Droit de suite | 20/10/2008 | 19H09

Cinq milliards d'euros pour les collectivités locales : comme Rue89 l'annonçait dès samedi, le gouvernement a présenté lundi un plan de sauvetage des villes spéculatrices. En sortant d'une ultime réunion avec les banques, François Fillon a précisé que cette somme serait octroyée à 50/50 par la Caisse des dépôts et consignations et par les établissements concernés.

La situation est-elle si tendue que le gouvernement a décidé d'accélérer le mouvement ? En tout cas, une semaine après les premières consultations avec les principales banques concernées (Dexia, Crédit Agricole et Caisse d'Epargne), le Premier ministre a annoncé un plan de sauvetage pour assurer le financement des collectivités locales.

En injectant cinq milliards d'euros, l'Etat veut sans doute éviter des déconvenues trop lourdes pour les finances locales. Laval, par exemple, aurait perdu 400 000 euros en quelques semaines. A Tulle, l'équipe municipale avoue avoir renégocié cet été un prêt de 6,7 millions d'euros dès que la courbe des taux s'est inversée, en juin. A chaque fois, les équipes renégocient leurs prêts, mais l'addition s'alourdit, au détriment des contribuables.

Villes, départements et régions sont adossés sur des « produits structurés »

Cinq milliards d'euros, est-ce suffisant ? D'après David Diano, directeur Finance publique internationale chez Fitchratings, l'estimation est cohérente :

« L'ordre de grandeur me paraît cohérent avec les besoins des collectivités locales. Cela correspond à un quart du total des nouveaux emprunts estimés en 2008, qui devraient s'élever à 20 milliards d'euros. »

Pourtant, il pourrait y avoir des surprises, pour deux raisons :

  • D'abord, rien n'oblige les collectivités à rendre public la structure de leur dette. Légalement, elles doivent juste déclarer en annexe de leur compte administratif, en fin d'année, les opérations de couverture de l'année, affichant les gains et les pertes.

  • Ensuite, la fin de l'année est toujours une période critique, car c'est le moment où les collectivités bouclent leur ligne de trésorerie et donc… négocient avec les banques. Or, en pleine discussion, il n'est jamais bon de montrer ses faiblesses.

Pour l'analyste David Diano, ce plan de sauvetage n'est que la première étape du processus de renflouement :

« La tentation d'un certain nombre d'établissements bancaires était de graver dans le marbre des conditions de prêt aujourd'hui très dégradées, c'est sur ce point qu'il faudra être vigilant. »

Les banques ont-elles manqué à leur « obligation de conseil » ?

Pourtant, comme dans les plus fameux tangos, collectivités et banques ne peuvent pas se passer les unes des autres. Dans les faits, une ville, un département ou une région ne peut être placée en faillite. En cas de cessation de paiement, une commune passe automatiquement sous contrôle du préfet, puis de la Chambre régionale des comptes. Donc de l'Etat.

Les banques ont donc tout intérêt à se montrer conciliantes avec de si bons clients. Mais l'affaire n'en est qu'à ses débuts : certains élus menacent d'attaquer au pénal pour défaut d'information. Ils s'appuient sur la jurisprudence d'un récent jugement du Tribunal de commerce de Toulouse, qui a sonné comme un coup de tonnerre. Voici comment le résumait le Bulletin des annonces légales du 1er octobre 2008 sur les comptes consolidés de Natixis :

« Litiges concernant des opérations de swap avec les Sociétés HLM : Par décision en date du 27 mars 2008, le Tribunal de Commerce de Toulouse a prononcé la résiliation de deux contrats de swap de 7,5 et 12,5 M€ de notionnel passés avec la Société Patrimoine Languedocienne, SA d'HLM (SPL), et a reconnu la responsabilité solidaire de la Caisse d'épargne Midi Pyrénées (CEMP) et de Natixis dans la mise en place de ces swaps. Le tribunal a nommé un expert chargé d'évaluer le préjudice qui a fait l'objet d'un paiement provisionnel. Natixis a fait appel de ce jugement.

Prenant appui sur les considérants de ce jugement de première instance, la Société d'Economie Mixte de Construction de la ville de Tarbes (SEMI Tarbes) a assigné la CEMP et Natixis en juin 2008 en vue d'obtenir la résiliation d'un contrat de swap d'un notionnel de 20 M€ et l'indemnisation du préjudice prétendument subi du fait de la conclusion de ce contrat.

Les contrats de swap concernés ont été mis en place afin de couvrir l'exposition de la SPL et de la SEMI Tarbes à la variation du taux du Livret A, sur lequel les emprunts de ces deux sociétés sont indexés, étant précisé que la variabilité de ce taux est effective depuis 2004. En s'appuyant notamment sur un avis de la Compagnie Nationale des commissaires aux comptes relatif au traitement comptable de ce type de contrat, le Tribunal de Commerce de Toulouse a décidé que les swaps ont un caractère spéculatif. Les juges ont prononcé l'annulation des contrats de swap mis en cause au motif que la CEMP et Natixis auraient manqué à leurs obligations de conseil relatives aux instruments spéculatifs. »

« Manquement aux obligations de conseil »… un gros mot dans les conseils d'administration, où les temps ne sont pas à l'indulgence.

David Servenay


Article suivi : Un plan de sauvetage pour les villes spéculatrices

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Portrait de napakatbrax

De napakatbrax

19H16 | 20/10/2008 | Permalien

Noter aussi qu'un certain nombre de procès ont déjà été gagnés par les collectivités… et que la plupart engagent ou pensent engager des actions en justice.

Il se pourrait bien que cet état de fait, connu depuis longtemps, (voir LMOUS juillet 2008) puisse être bien plus profond que les infos récentes ne le laissent présager.

Un exemple : Claude Bartelone, le nouveau président PS du Conseil général de Seine-Saint-Denis, vient de déclarer que les emprunts « toxiques » du 93 montent à 97% !

http://www.LesMotsOntUnSens.com

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 19H20 | 20/10/2008 | Permalien

Le problème reste que si je suis à découvert, ma banque ne me fera pas de cadeaux… !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 19H23 | 20/10/2008 | Permalien

Ma banque , ma mutuelle d » assurance, ma ville , mon boulanger : tous ces crétins , ils ont spéculé avec MON argent !
La prochaine fois que je vais chez mon poissonnier, il va me vendre une arête ?

Portrait de mao-tse-toung

De mao-tse-toung

grand démocrate réformateur | 19H44 | 20/10/2008 | Permalien

Qui va payer, et comment seront punis les responsables de ces dérives ?

Portrait de jma14

à mao-tse-toung Portrait de mao-tse-toung De jma14

08H30 | 21/10/2008 | Permalien

Certainement pas les politiques, tous les élus qui sont pris les doigts dans le pot de confiture sont aussi bien de droite que de gauche.

J'ai pour habitude de taper régulièrement sur les journalistes, mais Rue89 a le mérite de faire sortir un vrai dossier. Dossier qui ne sera probablement pas relayé dans les « grandes » presses, puisque aucun des parties n'aura d'intérêt.

Sinon comment punir ? En votant et en votant blanc. C'est le seul vote qui permettra aux citoyens de se faire comprendre. Ce n'est plus un problème de gauche ou de droite, c'est un problème de république.

Portrait de Mr_Quiconque

à jma14 Portrait de jma14 De Mr_Quiconque

10H21 | 21/10/2008 | Permalien

Le vote blanc n'est décompté que pour le taux de participation, ça ne va pas leur faire grand mal.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vote_blanc

Et puis le vote cela donne l'illusion que l'on s'exprime, à chaque élection les politiques nous disent qu'ils ont compris certains votent de protestation, qu'ils ont compris l'abstention, etc mais rien ne bouge. Pourquoi ? Parce qu'une fois qu'ils ont votés les gens se rendorment au fond de leur canapé alors le vote…bof.

Sans parler du référendum sur le traité de constitution européénne sorti par la porte et revenu par la fenêtre.

Le vote c'est juste pour légitimer les politiques à leur poste, c'est un chèque en blanc.

Il n'y a qu'une chose que les politiques comprennent, c'est la manif de rue et rien d'autre.

Portrait de MrBozo

à Mr_Quiconque Portrait de Mr_Quiconque De MrBozo

Ingénieur | 15H23 | 21/10/2008 | Permalien

La source du problème politique est que la politique repose sur la violence. L'état, la commune, la localité, prennent la propriété de leurs sujets par la force. Si vous ne me croyez pas, essayez de ne pas payer vos impôts et observez ce qu'ils vous arrivera.

Répondre à ce problème par la manifestation pose deux problèmes :
- La manifestation aussi repose sur la violence. Vous bloquez des rues. Vous empêchez d'autres personnes d'exercer leur liberté. Bref vous commettez un crime similaire aux crimes commis par les politiques eux-même.
- Vous esperez que les politiques vous écouteront et arrêteront de vous piller. C'est complètement illusoire. Et pire que tout, vous admettez la légitimité du politique à vous gouverner. Vous légitimisez votre position d'esclave et la position de maître du politique.

Non la solution dans un premier temps est de rejeter la politique complètement. Autant que faire se peut j'entends. Ne demandez plus aux politiques de résoudre tel ou tel problème. Boycotez l'armée, boycotez l'administration, boycotez la bureaucratie, arrêtez de voter. Payez vos impôts car sinon vous serez jetez dans un donjon, mais faites le en ayant pleine conscience de l'immoralité du système. Libérez vous de la politique. Lorsque le président sera élu avec un vote correspondant à 5% de la population, à ce moment là seulement les choses pourront changer.

Portrait de jma14

à MrBozo Portrait de MrBozo De jma14

15H39 | 21/10/2008 | Permalien

« Libérez vous de la politique. Lorsque le président sera élu avec un vote correspondant à 5% de la population, à ce moment là seulement les choses pourront changer. »
C'est bien pour cela qu'il faut voter blanc. Seul se vote à un sens et un seul. Ne pas voter, c'est envoyé un message illisible. Le vote blanc est trop dangereux pour les politiques, c'est pour cela qu'il est maintenu dans les absentions. Le jour où comme vous dites (à l'inverse) 95% des gens voteront blanc, croyez-moi que le message sera bien passé.
A noter que les quelques politiciens qui ont eu l'idée de rendre obligatoire le vote, se sont vite retirés. Car trop dangereux, le blanc deviendrait une idée en elle même, impossible à classer dans les absentionnistes.

Portrait de Hatamoto

De Hatamoto

19H45 | 20/10/2008 | Permalien

D'aprés une « source » au conseil général de l'essone, la situation est catastrophique.
Des collectivités se sont vu proposer des emprunts sur mesure : les remboursements (ou seulement les intérêts, ça nécessiterai de vérifier) ne commencent qu'au bout de 5 ans.
Quelle coïncidence, le mandat du décideur ne dure que 5 ans ! ! !

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 21H48 | 20/10/2008 | Permalien

Qui va payer ?

Personne ! Personne NE POURRA jamais rembourser toutes ces liquidités inventées en désespoir de cause pour l'occasion. Voilà l'impasse gravissime dans laquelle nous sommes désormais projetés. Celle qui va bientôt sonner le glas de toutes ces promesses intenables (ah, ces hallucinants 1700 milliards d'euros censés sauver le système financier européen ! ). Et de ce fait précipiter l'agonie d'un système pervers devenu totalement dément.

Résumons la situation à ce jour :

1/ le système financier s'est proprement effondré, ne tient la tête hors de l'eau que grâce aux milliards injectés depuis le début de l'année par des banques centrales désormais à sec ;

2/ en manque d'oxygène financier, les entreprises privées (PME en premier lieu) comme publiques (Éducation Nationale, Santé, collectivités locales…) vont boire la tasse jusqu'à la lie la plus amère dans les mois qui viennent, sans AUCUN ESPOIR de reprise ;

3/ dans les mois qui viennent, toujours, les entreprises exsangues, privées comme publiques, vont jeter dans la rue des millions de travailleurs devenus inutiles. Le BIT (Bureau International du Travail) en prévoit pas moins de 20 millions supplémentaires en 2009 dans le monde. Soit l'équivalent d'un tiers de la population française ;

4/ toute l'agitation médiatique ou diplomatique de nos « puissants » en déroute, toutes les réunions au sommet, toutes les mesures et les plans de sauvetage ahurissants sortis de chapeaux troués, toutes les bouffées d'euphorie boursière (aussitôt suivies de prostrations soudaines encore plus meurtrières), tout cela n'est que pathétiques et vaines agitations d'agonisants.

Plus d'espoir ? Si, un seul : vider l'abcès (et les parasites des pseudo sommets qui commencent à nous les gonfler sérieux ! ), tourner la page d'un capitalisme en état avancé de mort clinique, reprendre les choses à zéro, inventer une organisation toute neuve, toute simple et pas trop bégueule…

MAIS QUI ? ? ?

Portrait de jackie75 desactivé

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De jackie75 desactivé

06H55 | 21/10/2008 | Permalien

Yéti,

Vous êtes un grand malade. Y'a pas d'autre mot…

Portrait de Thucydide

à jackie75 desactivé Portrait de jackie75 desactivé De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 15H27 | 21/10/2008 | Permalien

Je le comprends, la société qu'on est en train de nous bâtir rendrait malade n'importe qui.

Apparemment pas vous : je vous félicite

Portrait de jma14

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De jma14

08H45 | 21/10/2008 | Permalien

« tourner la page d'un capitalisme en état avancé de mort clinique, reprendre les choses à zéro, inventer une organisation toute neuve, »
Nous sommes à peu prêt d'accord sur ce constat. Mais la question, c'est de savoir laquelle. On sait maintenant que le communisme est mort et n'a pas fait ces preuves. Ne parlons même pas des extrèmes. Le seul sytème qui tiendrait éventuellement debout serait la décroissance. Ce sytème n'a jamais été établi à grande échelle. Et c'est bien au niveau mondial qu'il faut refaire le système, car une poignée de pays ne sera pas suffisante.
Le problème de la décroissance c'est qu'elle nourrit en son sein quelques extrémistes propageants des idées plusque mauvaises.
Pour pondre un bon système, il faudra d'abord faire une bonne synthèse du capitalisme et tout le problème est là.

Portrait de lecok

à jma14 Portrait de jma14 De lecok

08H50 | 21/10/2008 | Permalien

Si la Crise perdure,

Ils vont nous réinventer la poudre,
Nous faire redécouvrir le fil à couper le beurre
Mais aussi la roue, le papier, le feu et donc l'eau chaude avec !

Ne trouvent-ils pas soudain quelques vertus au marxisme ?
N'estiment-ils pas enfin que la bonne gestion des pays suppose
Des États forts, actionnaires majeurs et protecteurs, régulateurs et salvateurs ?

S'ils avaient eu d'autres lectures que les doctrines s'élaborant entre leurs experts cooptés, toujours les mêmes et désormais très cathodiques, des extraits comme les suivants ne leur auraient pas échappé. Des idées au rebours de la pensée dominante, contenues dans « un fascicule de mobilisation générale autour de quelques sujets, grands et petits, sans autre carcan que celui de l'ordre alphabétique ». Intitulé « Pourquoi, diable, n'ai-je pas été un griot ? » il a été publié par Ganndal, une petite maison d'édition de la Guinée-Conakry en 2006.

Page 41
« Communisme :
S'il est une pensée libératrice de tous les carcans à commencer par celui du communisme (…), c'est bien la dialectique marxiste appliquée au… marxisme !
La réhabilitation du communisme, inévitable dans un avenir plus ou moins lointain, passera par son avènement aux Etats-Unis d'Amérique ou dans quelques pays démocratiques d'Europe occidentale ! Il s'imposera à point nommé pour éviter de justesse que le libéralisme arrivé à son point de saturation ne précipite le monde vers sa totale désintégration. »

Page 52
« Libéralisme :
On lui pardonnerait tout pour (…) le couple qu'il forme avec liberté. Mais combien on aurait tort car, à l'état sauvage, il devient vite fou furieux et poignarde sa femme, très belle et irréprochable, elle. »

Portrait de jma14

à lecok Portrait de lecok De jma14

15H27 | 21/10/2008 | Permalien

Dit comme cela le communisme s'est très beau. Mais dans les faits le communisme est très moche. Et je suis gentil.
Votre vision est aussi magniquéenne que les ultras-libéraux.
La vérité ne se trouve certainement pas dans les extrèmes. Il faut ré-inventer un système.

Portrait de Le Yéti

à jma14 Portrait de jma14 De Le Yéti

yetiblog.org | 08H59 | 21/10/2008 | Permalien

ASSAINISSEMENT (@ jma14)

Non je ne crois pas que la « décroissance » soit la solution. Il faut dépasser ces notions de « croissance » et de « décroissance ». Le maître-mot me semble plutôt être « ASSAINISSEMENT ».

L'économie doit être assainie, restituée à sa dimension première : la fabrication et la distribution de biens et de services destinés à satisfaire les besoins et le confort des populations, de toutes les populations. Certainement pas à engraisser les porcs, dilapider les ressources naturelles, créer le superflu et submerger les décharges publiques, fabriquer du fric totalement stérile et imbécile.

La « décroissance » n'est que le revers de la médaille « croissance ». L'assainissement de l'économie demande bien plus d'ambition et d'imagination. Elle suppose de remettre toutes les choses à plat pour rebâtir

C'est les « imagineurs » en chef qui manquent cruellement ! Jusqu'à présent, les fous n'ont trouvé que les guerres pour mettre « les choses à plat ».

Portrait de jma14

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De jma14

15H23 | 21/10/2008 | Permalien

Oui, mais quel système ?
Ce changement ne se fera qu'avec l'accord des citoyens. Là est le problème. En effet, les emmerdes arrivent, dès que le citoyen lambda se demande où il va placer son argent pour payer les études de ces enfants, la prochaine voiture…(PEA, codevi, livret A, PEL, CEL…..) Et je vous fais grace du dernier plasma ou téléphone portable pour en avoir de plus « grosses » que son voisin.

Les politiques ont certes vraiement intérêt à trouver de bonne solution, mais attention au signal que le citoyen va envoyer.

Portrait de Thucydide

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De Thucydide

Bêcheur de fond en Bourbonnais | 15H34 | 21/10/2008 | Permalien

Dans l'absolu, l'assainissement est certainement la seule solution.

Mais quelle structure serait en mesure de centraliser, planifier et contrôler cet assainissement, nécessairement à l'échelle planétaire ?
Aucune.

Et ceux-là mêmes qui seraient en mesure de la mettre en place font pour l'essentiel partie des cibles d'un tel assainissement.

Ouroboros : c'est le serpent qui se mord la queue.
Et c'est à lui que nous avons affaire…

Portrait de Mr_Quiconque

à jma14 Portrait de jma14 De Mr_Quiconque

10H45 | 21/10/2008 | Permalien

Le communisme a été dévoyé par et pour un petit groupe d'apparachiks, le capitalisme l'a été par les financiers au profits de 1% les plus riches en laissant des miettes plus ou moins grosses aux autres.
Que dire du capitalisme auquel on a laché la bride est qui pour se sauver en appelle à une forme de socialisme, sans compter les dégats environnementaux, sociaux, humains de sa logique qui tend de plus en plus au court termisme pour maximiser les profits ?

Le capitalisme a transformé l'humain en petit rat qui court après le profit, pour quelle finalité si ce n'est son auto-destruction à long terme ?

Une proposition (audio) :
Le SLAM
http://www.la-bas.org/article.php3 ? id_article=1525

Afin d'apporter sa modeste contribution à la refondation du capitalisme en cours, « Là-bas si j'y suis » propose une deuxième diffusion du petit cours d'économie du Professeur Lordon.
A bon entendeur…
Comment l'actionnariat a-t-il pris le dessus sur l'économie ?
Quel remède possible contre cette dictature de la puissance financière ?
L'économiste dissident Frédéric Lordon se propose de répondre à ces questions en revenant sur la généalogie du pouvoir financier, et en suggérant l'esquisse d'une solution : le SLAM, le Shareholder Limited Authorised Margin, ou, en bon français, la limite de marge actionnariale autorisée.

Portrait de MrBozo

à Le Yéti Portrait de Le Yéti De MrBozo

Ingénieur | 16H48 | 21/10/2008 | Permalien

« banques centrales désormais à sec »

Les banques centrales sont les créatrices de la monnaie. Elles ne peuvent techniquement jamais être à sec. C'est comme si vous aviez une machine à billets dans votre cave, vous ne seriez jamais à sec de billets. Par contre à chaque billet que vous imprimez vous dilluez la valeur de tous les billets existants, bref vous volez une part de la monnaie détenue par autrui. Et si vous utilisez un peu trop votre machine à billets et créez des milliards de milliards de billets, vous allez détruire complètement la monnaie, elle ne vaudra plus rien. Même lorsque vous n'utilisez votre machine qu'un petit peu vous pervertissez déjà petit à petit l'économie, c'est d'ailleurs la cause de la crise actuelle.

« les entreprises privées comme publiques vont boire la tasse jusqu'à la lie la plus amère dans les mois qui viennent, sans AUCUN ESPOIR de reprise »

Il est d'abord primordial de faire la différence entre entreprises privées et publiques :
- Les entreprises privées sont financées par leurs clients. Elles ne survivent que si les clients existent, c'est-à-dire que si elles offrent des produits qui ont une réelle valeur. Et elles ne survivent que si elles sont performantes, c'est-à-dire que si la valeur qu'elles produisent est supérieure aux coûts qu'elles consomment. Les entreprises privées sont créatrices de valeur ajoutée : la valeur créée est supérieure à la valeur consommée.
- Les entreprises publiques sont financées par le contribuable. Elles survivent peu importe la qualité ou l'utilité de leur production. Elles n'ont aucun repère pour savoir si ce qu'elles font est créateur ou destructeur de valeur car le client ne paie rien directement. Tout est financé par la contribution collective, qu'il est plus exact d'appeler pillage collectif.

Au cours des dernières années le crédit a coulé à flot grâce aux taux d'intérêts artificiellement bas maintenus par les banques centrales. Ceci est source de nombreux investissements défectueux. Par exemple de nombreuses maisons ont été construites aux Etats-Unis au cours de la bulle immobilière, sans pour autant trouver preneur à un prix élevé aujourd'hui (dans cet exemple : cela n'affecte pas que les constructeurs, cela affecte les fournisseurs de constructeurs et les fournisseurs de ces fournisseurs etc jusqu'au matières premières). Mais *tous* les investissements ne sont pas défectueux pour autant. Certaines entreprises restent saines. Ce qu'il se passe en ce moment et va se passer au cours des prochains mois est une réallocation des ressources économiques : les entreprises ayant mal investis font faillite ou se font rachetées, des emplois disparaissent dans un premier temps puis de nouveaux emplois seront créés ailleurs, dans des secteurs correspondant au marché, c'est-à-dire des secteurs créant de la valeur ajoutée et répondant aux préférences des consommateurs.

Les entreprises publiques, elles, restent financées par le contribuable et restent sans aucun repère vis-à-vis de leur utilité ou de leur efficacité. Ceci ne changera pas. Par contre, ce que l'on constate par les vastes plans d'aide et de nationalisation ou semi-nationalisation, c'est que l'état empêche le marché de fonctionner. L'état empêche ou plutôt ralentit le processus de réallocation des ressources éonomiques (capitaux, emplois) vers des utilisations rentables. Et qui va payer ces plans d'aide ? Vos enfants bien sûr. De la même manière que vous payez aujourd'hui les vastes arnaques des politiciens d'il y a 20 ans. Le financement se fait toujours par la dette, ou par l'inflation, c'est selon, dans tous les cas la facture ne se fait sentir que plus tard.

L'état réalise ces plans d'aide car certaines entreprises ont des lobbys politiques forts protégeant leurs intérêts, et parce que le système bancaire est complètement lié à l'état depuis la création de la banque centrale il y a longtemps. En fait le système monétaire actuelle est par définition même une fraude institutionalisée par l'état. Les banques créent de la monnaie papier, elles prêtent de l'épargne qui n'existe pas, c'est là la source des crises à répétition.

Le problème n'est pas le capitalisme. Le capitalisme n'est pas un système politique. Le capitalisme est juste la liberté, laisser les gens produire et échanger leur production librement. Comment peut-on penser que la liberté est le problème ? Mais le système actuel n'est pas la liberté. C'est un système mercantiliste : politique et économie sont étroitement liés, les banques centrales sont des institutions frauduleuses, les entreprises qui réusissent sont celles qui profitent au mieux de l'état, par le biais de contrats ou d'aides ou de régulations limitant la concurrence etc. L'état maintient son pouvoir grâce à la propagande et la dévotion quasiment religieuse que la population lui accorde. Mais l'état se finance par l'impôt, l'impôt n'est pas un don volontaire, l'impôt est un vol institutionalisé. De la violence ne peut naître qu'un système pervers. Et la majorité des lois et régulations n'ont plus rien à voir la moralité, elles sont toujours créées pour le profit à court terme d'un petit groupe de pression aux détriments de tout le monde à long terme.

Le problème n'est pas le capitalisme. Le problème est l'existence même de l'état. La solution n'est pas de chercher un nouveau fonctionnement pour l'état, la solution est d'éradiquer complètement l'état. Mais bien sûr cela demande de comprendre que la liberté augmente le niveau de vie de tous, les plus pauvres y compris. Le marché libre n'est pas la loi de la jungle où les plus faibles s'appauvrissent. C'est le cas actuellement justement car le marché n'est pas libre. Il faut bien être conscient que l'économie n'est pas un jeu à somme nulle : tout échange est bénéfique aux 2 partis, sinon l'échange n'aurait pas lieu. Et les plus faibles profitent tout autant des plus forts que l'inverse.

« L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » - Frédéric Bastiat.

Portrait de Lairderien

De Lairderien

20H21 | 20/10/2008 | Permalien

Bref, si je comprends bien cette crise c'est comme un iceberg, on n'en voit que la partie émergée, les trois quart sont encore invisible ! ! !

Ou pour prendre une autre métaphore, on a commencé à tirer un fil et on s'aperçoit que bientot on aura détricoté toute la couverture et que nous serons tout nu ! ! !

Portrait de Numerosix

à Lairderien Portrait de Lairderien De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 21H55 | 20/10/2008 | Permalien

Ce n'est pas trois quart , c'est 8/9 em , la face immergée de l » iceberg métaphorique !

Bloug !

Portrait de tangi

De tangi

perplexe | 12H23 | 21/10/2008 | Permalien

Encore une fois, il y a confusion (volontaire ? ) : les 5 milliards d'euros dont parle l'article des échos sont destinés a pallier au crédit crunch, conséquence direct de la crise, et dont les collectivité ne sont responsables en rien (lire l'article des échos en lien).

Il est sur que certaines ont adossé des emprunts à des produits structurés. Certaines vont avoir des problèmes, mais cela restera marginal. Et le montant des pertes ne sera certainement pas de 5 milliards d'euros.

Ce mode de financement des collectivité est une vraie information, mais sans rapport avec la crise.

Le traiter en parallèle avec leurs futures difficultés de financement pour lesquelles elles n'y sont pour rien (hormis celles qui ont vraiment fait n'importe quoi, un tout petit nombre), c'est entretenir une confusion, et c'est presque de la désinformation.

Portrait de goalexandre

De goalexandre

technicien du batiment | 21H27 | 20/10/2008 | Permalien

je n'ai aucune confiance dans le personnage bling bling et et de son equipe de sans personnalitée qui sont des bénis oui oui

voila ces gens comme zorro ils viennent sauver les villes les regions gérés par les socialistes ? ? ? ? ,
tiens bizarre non ? ? ,

Je soupsonne les capitalistes liberaux mondiaux d'avoir mis en place des strategies pour affaiblir le socialisme mondial qui leur fait peur
en effet crise financiere ! qui en est a l'origine les banquiers qui sont tous aux ordres des capitalistes acharnés

et si tout ce tintouin tzarkozyste buschiste barroso n'etait fait justement pour ecarter a jamais les socialistes pour les affaiblir a jamais

sarko a juré la perte du socialisme et de la gauche mais il se gourre
quitte a en crever on sera là et bien là

que pouvons nous faire ? peut etre une strategie contraire
aprés tout le socialisme dans le monde se porte bien

et si les peuples se mettaient a dénoncer et combattre ces exploiteurs profiteurs

citoyerns citoyennes du monde ecartons ces capitalistes
unissons nos intelligenses collectives et empechons ses
gens individualistes d'executer leurs stratégies anti sociales

Portrait de jma14

à goalexandre Portrait de goalexandre De jma14

08H54 | 21/10/2008 | Permalien

« Je soupsonne les capitalistes liberaux mondiaux d'avoir mis en place des strategies pour affaiblir le socialisme mondial qui leur fait peur »
La théorie du complot ? Reprenez vos esprits, je pense que ce sont plutôt des gens individualistes qui se copient entre eux, se rassamblent comme des moutons (comme le peuple) avec un peu plus de pouvoir (parce que mieux fédéré du fait du nombre). Croyez moi il y a quelques riches moutons qui boivent la tasse.

Portrait de antonvoyl

à jma14 Portrait de jma14 De antonvoyl

gestionnaire administratif | 15H15 | 21/10/2008 | Permalien

Ne croyez-vous pas que les banques privées complotent depuis la troisième république pour prendre autant de pouvoir qu'elles n'en ont aujourd'hui ?

Savez-vous que c'est la banque de france qui a soutenu le réarmement de l'Allemagne nazie et qui a sacrifié la tchecoslovaqie à Munich ?

Lisez certains historiens contemporains. Les archives se sont ouvertes il y a peu de temps et je peux vous garantir qu'on y decouvre des surprises. Je ne parle pas de théories fumeuses glanées sur internet. Mais on comprend mieux maintenant pourquoi ils n'ont qu'un mot à la bouche « devoir de mémoire ». Un souvenir s'escamote plus facilement qu'une vérité historique…

Portrait de MrBozo

à goalexandre Portrait de goalexandre De MrBozo

Ingénieur | 17H11 | 21/10/2008 | Permalien

Bonjour. La crise actuelle est plutôt en train de renforcer le socialisme, je ne comprends donc pas vos propos. N'avez-vous pas lu que de nombreuses banques avaient été nationalisées ?

Et pourquoi défendez-vous le socialisme au juste ? Qu'avez vous contre l'individualisme ? N'êtes vous pas vous même un individu ? Puis-je entrer chez vous et vous prendre votre ordinateur, pour le bien de la communauté ? Serais-je alors un sage socialiste à vos yeux ? Vous ne croyez pas en la fondation morale de la propriété privée ?

Les banques entrent aujourd'hui parfaitement dans le « filet de sauvetage » socialiste, un monde magnifique où les profits sont individualisés et les pertes sont collectivisées. Ne s'agit-il pas là du monde socialiste rêvé ? Il s'agit pourtant parfaitement de la « tragédie des communs » que je vous invite à googler.

Ou voulez-vous collectiviser les profits et individualiser les pertes ? C'est ce qu'il se passait en URSS, les chefs d'usine avaient des objectifs à réaliser, du type « fabriquer 1,000,000 de clous par an », ils ne gagnaient rien à réaliser l'objectif mais par contre ils étaient envoyé au goulag s'ils échouaient. Est-ce là votre modèle socialiste idéal ? Ou peut-être voulez-vous tout collectiviser ? Rejeter complètement la notion de propriété privée ? Avez-vous déjà essayé de prendre le jouet des mains d'un enfant de 2 ans ? Pourquoi la propriété privée est-elle innée ? Peut-être découle-t-elle d'un droit naturel qu'il serait intéressant d'étudier non ?

Bon, je vais m'arrêter là. Le socialisme n'est peut-être pas le modèle de moralité que vous croyez. J'espère juste avoir initié quelques onces de curiosité dans votre esprit.

Portrait de millesime

De millesime

retraité | 22H19 | 20/10/2008 | Permalien

les collectivités allemandes sont dans la même situation, les responsables des affaires financières municipales des villes allemandes se sont laissés séduire par les grands instituts financiers à l'anglo-saxonne de sorte que les municipalités sont menacées de faillite… !
en fait dans tous, tous partout, ont trempé le doigt dans le pot de miel… !

ainsi on va recapitaliser les banques françaises (qui selon la ministre Mme Lagarde était « saines ») et le contribuable va être mis à contribution à tous les niveaux…

bravo les banksters… !

http://millesime.over-blog.com

Portrait de Pierrot44

De Pierrot44

22H25 | 20/10/2008 | Permalien

M. Servenay, pour reprendre l'idée développé par « tangi » (déjà dans votre précédent article, mais a priori vous n'en avez pas tenu compte …), je suis navré de vous dire que vous faites, délibérément ou non, une grave confusion.
Les 5 milliards n'ont RIEN à voir avec les villes « spéculatrices », absolument RIEN : vous devez l'admettre et corriger le tir. Ces milliards vont pallier l'impossibilité totale ou partielle des banques à prêter sur leurs ressources « classiques », compte tenu de la crise de liquidité. Ces milliards seront prêtés aux collectivités, quelque soit leur santé financière.

La question des produits structurés est une autre question, importante, mais sans aucun rapport avec cette mesure gouvernementale.
Il est important que vous rétablissiez cette vérité au risque de mettre aux yeux de vos lecteurs toutes les collectivités dans le même sac.

Portrait de alain69

à Pierrot44 Portrait de Pierrot44 De alain69

06H00 | 21/10/2008 | Permalien

Désolé de vous contredire en partie.
Il est vrai que les banques ont moins de possibilités de prêter du fait de leurs égarements sur les marchés financiers, de la liquidité qui s'est raréfiée, avec pour conséqquence une course effrenée des collectivités pour trouver le financement de dépenses souvent déjà engagées.
Mais il est aussi vrai que ces mêmes localités ont parfois participé à des opérations de swap, ou emprunté en yen ou en franc suisse (les taux sont quasi nuls sur le yen) pour augmenter leur capacité d'emprunt par rapport à un emprunt classique en euros. Et lorsque le marché se retourne, l'addition peut être très lourde de conséquences.
C'est donc à mon avis le mélange des deux qui est responable du risque de cessation de paiement de certaines collectivités.
Et in fine, ce sont toujours les mêmes qui paieront : nous, les citoyens.

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