Tribune

Jeux en ligne : vive la concurrence !

Par Pascal de Lima | Maître de conférences en économie à... | 27/10/2008 | 15H14

Actuellement, les jeux en ligne sont interdits en France à l'exception des monopoles d'Etat, la Française des jeux et le PMU. Le gouvernement a cependant annoncé l'ouverture à la concurrence de ce secteur pour le deuxième semestre 2009 afin de mettre notre pays en conformité avec les dispositions du Traité européen relatives au libre échange. Une opportunité formidable pour notre économie.

Aujourd'hui, 600 000 joueurs parient en ligne depuis un ordinateur basé en France et trois sur quatre jouent sur des sites autres que ceux des « monopoleurs » français. L'ouverture à la concurrence de ce secteur permettrait de rapatrier sur notre territoire des activités pratiquées depuis des sites dits « illégaux » (Bwin, Unibet, Betclic, Eurobet, Gamebookers, etc…). Bien que cette « illégalité » ne soit qu'à moitié illégale car le pari est pleinement autorisé au niveau communautaire.

Un vivier d'emplois nouveaux

A l'évidence, l'ouverture à la libre concurrence aura des impacts très positifs sur l'emploi. Une étude entreprise par l'économiste Nicolas Bouzou et le cabinet Astérès et non encore publiée démontre qu'au bout de cinq ans, près de 18 000 emplois pourraient être créés sur le sol français, soit en moyenne 3 600 emplois par an en création nette. Ce chiffre représenterait plus de 17% des emplois salariés créés par le secteur marchand en moyenne chaque année depuis 1998.

Ces chiffres très favorables ne sauraient surprendre : la concurrence a toujours été un véritable moteur pour la création d'emplois. Pour en attester, il suffit de lire quelques références sérieuses. A titre d'exemple, dans un article de référence, l'économiste américain James Peoples (« Deregulation and the Labor Market », 1998, Journal of Economic Perspectives) a ainsi étudié les variations de l'emploi aux Etats-Unis après les déréglementations opérées dans le pays depuis les années 1970. Dans chacun des secteurs, l'étude montre que le stock total d'emplois s'est nettement accru après l'ouverture à la concurrence.

Une fiscalité nécessairement favorable

Cependant, pour parvenir à des résultats aussi favorables, il est fondamental que la fiscalité des jeux en ligne soit particulièrement incitative.

En terme d'assiette, la fiscalisation des mises, telle qu'elle se pratique aujourd'hui (28% des mises pour la FDJ), est un système consubstantiellement lié au caractère semi-public de la situation actuelle. Propriétaire de 72% de la Française des jeux (FDJ), l'Etat français a développé une politique de « commerce fiscal » à partir des mises de la FDJ, c'est-à-dire qu'il perçoit à la fois des recettes fiscales importantes et des dividendes. Maintenir cette fiscalité priverait, d'entrée de jeu, ce marché de tout développement privé et pénaliserait les joueurs.

Comment attirer en France de nouveaux acteurs qui, en venant chez nous, verraient leurs résultats nets automatiquement coupés de plus de moitié par une fiscalité assassine ? Il faut d'ailleurs, pour les mêmes raisons, totalement se garder d'imaginer ce nouveau marché comme une opportunité de créer de nouvelles taxes. C'est pourtant ce qu'ambitionnerait la ministre de la culture, Christine Albanel, qui aimerait opérer un prélèvement sur les jeux en ligne pour financer la rénovation du patrimoine national et qui, ce faisant, ruinerait d'emblée la capacité de ce secteur de devenir un fleuron de notre économie.

En termes de recettes fiscales, Jean-Jacques Rosa, professeur d'économie à Sciences-Po, a démontré dans une étude que l'intérêt de l'Etat français était bien de laisser se développer ce marché pour attirer les acteurs off shore. Selon lui, si les jeux en ligne français étaient imposés comme ils le sont en Grande-Bretagne (15% du PBJ), « le choix de ce taux d'imposition différentiel par rapport aux jeux in situ, motivé par l'existence de la concurrence internationale, n'introduirait pas de différences importantes dans le total des recettes de l'Etat ».

La stratégie de l'ouverture à la concurrence est gagnable pour tous. A condition de se donner véritablement les moyens de faire de cette activité ludique, qui entre en pleine cohérence avec l'ambition de faire de la France l'un des leaders du loisir et du tourisme, un pôle de compétitivité et de croissance de premier plan.

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Portrait de nipivime

De nipivime

;- | 16H29 | 27/10/2008 | Permalien

C'est sérieux, cet article ?
Je veux dire, c'est à lire à quel degré… ?

Je vais partir du principe que c'est un canular, et donc merci à son auteur de nous démontrer combien les experts peuvent, si ils n y prennent pas garde, désincarner leurs propos et finir par s'éloigner complètement de la réalité qu'ils se proposent de décrypter.

- d'abord, cette étude d'un sujet sans même en parler vraiment. Aucun recul sur le produit dont on parle, ni de ses effets induits dans l'économie, ni des a cotés sociologiques ou moraux. Aucune étude dynamique, rien que du statique avec une louche d'extrapolation. On parle ici de « jeux en ligne », mais, à quelques chiffres près (d'autant que l'étude citée n'est pas publiée…), on pourrait aussi bien parler de « télécommunication », ou de « drogues ». Vous ne me croyez pas ? Essayez.

- formules toutes faites « Une opportunité formidable pour notre économie. », « La stratégie de l'ouverture à la concurrence est gagnable pour tous »,…

- on cite les gens qu'il faut (JJ Rosa, professeur à SciencesPo, tiens, l'auteur y est maitre de conférences) et quelques obscurs articles (l'article de référence de James Peoples, très drôle… Ah non, il existe, il est professeur dans le Milwaukee…)

- les approximations dangereuses (« leurs résultats nets coupés de plus de moitié ».. résultats, vraiment ? .)

- et puis, et surtout, les poncifs libéraux qui camouflent tellement mal l'objectivité dont je suppose que l'auteur se veut pourtant porteur… « fiscalité assassine »… « a l'évidence, l'ouverture à la libre concurrence aura des impacts très positifs sur l'emploi. »

Bref.
« un fleuron de notre économie », les jeux en ligne ?
J'ai bien ri. Merci.
N

Portrait de Lurker

De Lurker

Neant | 20H18 | 27/10/2008 | Permalien

Tiens, l'objectivité se fait la malle. Pourrait-on (une fois n'est pas coutume) etayer un peu ses propos par des preuves, plutôt que par des affirmations ?
Je suis ouvert a tout, mais les débuts de références à des études partisannes de 20 ou 30 ans, ça me donne moyen confiance.

Portrait de Lairderien

De Lairderien

21H57 | 27/10/2008 | Permalien

A ressortir pour le 1er avril svp ! ! ! !

On croirait le discours d'un conseiller économique de sarko1er !

Mais faudra un peu l'améliorer pour qu'on y croie plus que 30 secondes.

Portrait de Yawn

De Yawn

Chomiste | 00H07 | 28/10/2008 | Permalien

C'est amusant comme le simple fait d'utiliser le mot « concurrence » fait bondir certains (sans qu'ils évoquent d'arguments contraires d'ailleurs). Et pourtant c'est vrai que les monopoles n'ont jamais servi que les entreprises monopolistiques. Je ne sais pas qui peut se plaindre qu'il existe une concurrence dans les télécoms, dans la télé, dans le transport aérien…

Portrait de nipivime

à Yawn Portrait de Yawn De nipivime

;- | 09H23 | 28/10/2008 | Permalien

@ Yawn (et à Pascal de Lima, peut être)

Il ne s'agit pas de bondir au mot « concurrence » comme d'autres hurlent au mot « impot ».

Mais de s'amuser de l'utilisation de ce mot. « concurrence » ? Le problème est peut être dans le sens multiple du mot.
-Dans son sens général, « concurrence » veut dire « autre producteur sur le marché ».
-En théorie économique (celle du courant dominant), la concurrence doit être pure et parfaite pour se traduire par des effets bénéfiques pour les prix. C'est à dire que n'importe qui doit pouvoir venir concurrencer les producteurs installés. Ce n'est pas le cas souven Dans les telecoms ? il y a des licences. Dans la télé ? Tout le monde ne peut pas créer une chaîne et diffuser. Ouvrir un café ? il vous faut une licence. Etc, etc. Quand ce n'est pas une question de licence, l'accession de nouveaux producteurs est en général limité par la limitation de la ressource (vous voulez être un producteur de pétrole ? Faites, mais bon… trouvez d'abord le pétrole) ou de cout d'entrée (vous voulez être un constructeur automobile ? Essayez, mais ca va vous couter cher avant de pouvoir concurrencer les majors).

Dans ce cas, on est en « oligopole » (c'est à dire quelques vendeurs qui se partagent le marché). Et la, la théorie nous prévient : cela ne conduit pas à une baisse des prix, mais à un partage des profits entre les producteurs (et sans doute, sans contrôle de l'Etat, à une diminution des services rendus). D ou l'importance d'un régulateur, qui impose des normes (tout le territoire doit être couvert par les télécoms, on ne peut pas construire une voiture sans certaines regles sécuritaires, etc).

Bref : la concurrence est une chose compliquée. Intéressante. Mais certainement pas un concept adapté à un raisonnement du genre « bien sûr, comme il y aura concurrence, tout va mieux se passer ».

Ce n'est pas une question « d'argument » : on est pas « pour ou contre la concurrence », pas plus qu'on est pour ou contre la pluie ou la régulation. C'est une question d'utilisation des mots.

Après, la discussion argumentée intervient une fois que, étant d'accord sur les mots, on se demande « faut il plus ou moins OUVRIR A LA CONCURRENCE tel ou tel secteur ». Ce qui n'est pas la même chose…
N

Portrait de patdu49

De patdu49

chomiste du maine et loire | 11H44 | 28/10/2008 | Permalien

bonjour,

je profite de cet article pour mettre en garde, les personnes, qui pourraient se faire avoir

n'allez jamais sur les casinos, en ligne, machines à sous etc JAMAIS …
c'est de la PURE ARNAQUE.

quand vous lisez les rêglements bien a fond, vous ne pouvez absolument rien gagner, car des systemes comme quoi, style : il faut remiser 20 fois le montant du gain, pour pouvoir l'encaisser etc etc …
ce qui est bien entendu mathématiquement une obligation de tout reperdre…. JE DIS BIEN MATHEMATIQUEMENT IMPOSSIBLE d'empocher le moindre gain.
et ne vous fier surtout pas a des pseudo témoignages de gagnants, là encore c'est de la pure FICTION, ils n'existent pas.

bref ces casinos virtuels, sont tenus par des bandits, ne vous faites pas avoir, je vous en supplies, ça fait trop de dégats chez des personnes, qui n'osent bien souvant pas en parler, par honte …

honte mal placées, car la honte c'est pour les escrocs qui s'engraissent sur la misère ou la naiveté de ceux qui se font baiser…

et les sites qui sont là pour accrocher les clients, les webmasters recoivent des commissions, sur les gogos qui se font avoir, ces webmasters, eux parfois bien français sont des petits salopards qui n'ont aucun scrupules à gagner comme ça qq euros …. ou parfois des victimes eux mêmes, car des systèmes de parainnage existent …

BREF NE VOUS FAITES PAS AVOIR …
merci

patrick.

Portrait de Pascal de Lima

De Pascal de Lima (auteur)

Maître de conférences en économie à... | 12H25 | 28/10/2008 | Permalien

« Chers internautes,

Vous oubliez que les joueurs en ligne existent déjà ! ! ! ! ! ! 600 000 ! ! !
Il s'agit d'une estimation basse, certaines autres études multiplient par 3 ce chiffre ! ! ! Il faut bien faire qqc.

Que fait-on dans ce cadre ? L'ouverture à la concurrence est une possibilité…

Enfin, connaissez-vous les “clickoptions”, des concurrents du pmu depuis
longtemps. Ils ont trouvé le truc pour contourner la loi, ils s'appellent
“instruments financiers dérivés sur les marchés à terme” !
Une trouvaille d'une grande banque universelle, des dizaines de millions de
positions, des marges à plusieurs euros par positions… “

Bien à vous

Pascal de Lima”

Portrait de Nicolas Meunier

à Pascal de Lima Portrait de Pascal de Lima De Nicolas Meunier

économiste | 17H58 | 28/10/2008 | Permalien

Cher Pascal de Lima.

Les 600.000 ne sont qu'une estimation dont la base me semblera fragile, tant que je n'aurai pas une source fiable. Mais même.

Que fait on ?

Quand on est un Etat, peut être, tout simplement, on règlemente les jeux en ligne, en organisant éventuellement la concurrence (mais sans la poser en objectif, elle ne peut être que moyen). Mais surtout, on s'assure que cela ne correspond pas à des sorties de capitaux incontrôlées, on regarde ce que la société dans son ensemble peut tirer de cet engouement (raisons, problèmes, externalités positives, etc).

Bref, quand on est un Etat, on agit comme un Etat et non comme un entrepreneur.
NM

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