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Piratage : une loi déconnectée des internautes
Par François Krug | Eco89 | 29/10/2008 | 13H07

La loi examinée ce mercredi au Sénat veut priver les pirates de leur abonnement à Internet. Et elle oublie l'essentiel : offrir une véritable alternative au téléchargement illégal. Les lobbies du cinéma et de la musique ne sont pas pressés de la voir émerger.
Les sénateurs ne cachent pas un léger scepticisme. « Il faut que les deux pans du projet de loi soient bien équilibrés », résume diplomatiquement le rapporteur UMP, Michel Thiollière. Mais le gouvernement veut aller vite. Présenté en urgence, le texte ne sera soumis qu'une fois au Sénat puis, en janvier, à l'Assemblée nationale.
Flash-back. Le 23 novembre 2007, Nicolas Sarkozy reçoit en grande pompe à l'Elysée les professionnels de la culture et ceux d'Internet. Et quelques stars, comme la chanteuse Carla Bruni. Mais le véritable héros du jour s'appelle Denis Olivennes. Après deux mois de tractations, le PDG de la Fnac a rempli la mission que lui avait confiée la ministre de la Culture, Christine Albanel.
Les deux camps ennemis, celui du « copyright » et celui du web, ont accepté de conclure un accord a minima : le premier facilitera la mise en ligne des films et des chansons, le second participera plus activement à la lutte contre le piratage. Et l'Etat accompagnera l'accord d'une nouvelle loi sur le téléchargement. La précédente n'a qu'un an, mais elle est déjà dépassée.
Retour en 2008. Carla Bruni s'appelle désormais Mme Sarkozy. Denis Olivennes, qui dénonçait le piratage dans son livre « La Gratuité, c'est le vol », dirige Le Nouvel Observateur, qui soutenait les voleurs avec la pétition « Nous sommes tous des pirates ». Et chez les signataires de l'accord à l'Elysée, l'unanimité de façade a volé en éclats.
Une « riposte graduée » contre le piratage
Christine Albanel a pourtant respecté sa part du contrat. Comme le prévoyait l'accord, son projet de loi instaure une « riposte graduée » contre le piratage. « Graduée », car se voulant mieux adaptée à la gravité des faits et plus modérée que le recours aux tribunaux : relevant de la contrefaçon, le piratage est passible de 300 000 euros d'amende et de trois ans de prison.
Cette riposte sera conduite par une Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des contenus sur Internet (Hadopi). Identifiés par leur adresse IP, les pirates recevront d'abord un mail d'avertissement. Puis, s'ils persistent, une lettre recommandée. Les plus endurcis subiront une suspension provisoire de leur abonnement à Internet. Et leur inscription sur une liste noire commune à tous les fournisseurs d'accès les empêchera de se connecter pendant la durée de la sanction.
En contrepartie, les dirigeants des industries de la musique et du cinéma s'étaient engagés à développer une « offre légale » : plus de films et de chansons en ligne, et moins d'entraves pour les internautes. Rien n'a encore été fait. L'accord de l'Elysée ne leur demande de se mettre au travail qu'une fois la loi de Christine Albanel adoptée. Pas avant le début de l'année prochaine, donc. Mais les professionnels du « copyright » joueront-ils vraiment le jeu ?
Ecouter ses MP3 comme on le veut
Pour l'industrie musicale, l'engagement est simple : abandonner les DRM (« Digital Rights Management »), ces verrous numériques qui restreignent l'utilisation des MP3. En empêchant, par exemple, de transférer un morceau d'un ordinateur à un autre ou sur un baladeur. En jargon, il s'agit de garantir « l'interopérabilité » : les morceaux doivent pouvoir être écoutés sur tous les supports.
Mais aujourd'hui, les maisons de disques renvoient vers d'autres coupables : les services de téléchargement de musique comme ceux d'Apple (iTunes), de la Fnac ou de Virgin, qui disposent de leurs propres DRM. Explication d'Hervé Rony, directeur général du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep) :
« Apple dispose de son propre format de fichier sur iTunes. Lorsque les maisons de disques ont signé avec Apple, on les a accusées d'avoir oublié l'interopérabilité et d'avoir simplement accepté une offre commerciale très attractive. Mais il était quand même difficile de ne pas fournir nos catalogues à Apple ! C'est à eux d'assurer l'interopérabilité. »
Le Snep souligne d'ailleurs la bonne volonté d'une partie de l'industrie musicale. Les labels indépendants ont renoncé aux verrous. La major EMI l'a fait partiellement. Mais les trois autres géants du secteur, Universal, Sony et Warner, se font encore prier.
Pourtant, en 2006, la précédente loi sur le téléchargement s'était déjà attaquée aux DRM. Elle avait créé une Autorité de régulation des mesures techniques, chargée de recueillir les plaintes des associations de consommateurs, mais aussi celles de maisons de disques victimes d'éventuels diktats, par exemple, d'Apple. Personne ne l'a jamais saisie. Ironie : c'est cette même autorité sans activité, rebaptisée Hadopi, que Christine Albanel charge aujourd'hui de lutter contre le piratage.
Pour Edouard Barreiro, de l'UFC-Que Choisir, cette institution anti-verrouillage n'était qu'une « coquille vide ». Selon lui, le débat sur les DRM en occulte un autre, tout aussi important :
« Les quatre majors représentent 90% des ventes et de la musique diffusée à la radio. Mais les magasins de musique en ligne n'ont pas tous accès à l'ensemble de leurs catalogues. Cela limite la concurrence. Or qui dit concurrence dit baisse des prix. »
Pour l'instant, ces prix augmentent. Selon l'Observatoire de la musique, un morceau coûte en moyenne 0,77 euros en ligne, une hausse de 5,8% en un an. Et 1,10 euro s'il est téléchargé depuis un mobile, un bond de plus de 39%.
Télécharger les films plus vite
De leur côté, les professionnels du cinéma ont accepté de répondre à une des principales motivations du piratage : l'impatience. Aujourd'hui, les cinéphiles doivent attendre plus de huit mois après la sortie d'un film en salles pour pouvoir le télécharger légalement.
Un accord professionnel impose en effet une chronologie très stricte à la carrière d'un long métrage, censée préserver les intérêts de tous les secteurs d'activité. Pour ne pas concurrencer les salles, le DVD ne peut pas être mis en vente moins de six mois après la sortie. Le délai passe à 33 semaines pour le web, un an pour une diffusion sur Canal+, et deux ans pour un premier passage sur une grande chaîne.
Une petite révolution aura lieu en 2009 : les films seront disponibles en DVD et sur Internet au même moment, six mois après leur sortie. Mais tout au long de la chaîne, des résistances apparaissent lorsqu'il s'agit d'aller plus loin, comme le prévoit pourtant l'accord signé à l'Elysée. Denis Olivennes avait brusqué une partie des professionnels en proposant de raccourcir les délais à quatre mois. Les principaux intéressés sont d'accord et impatients, comme l'explique Jean-Yves Mirski, du Syndicat de l'édition vidéo et numérique :
« La consommation de cinéma est très liée à l'actualité. Tout le monde parle de “Coluche” ou “Mesrine” au même moment, on est sur de l'instantané. Il faudrait que ça s'accélère un peu. On a déjà pris un an de retard. Mais une partie des professionnels considère qu'il faut d'abord une avancée significative dans la riposte graduée avant de développer l'offre légale. »
A l »Association des producteurs de cinéma, Frédéric Goldsmith confirme :
« Les négociations seront entamées quand la riposte graduée entrera en application, et quand les fournisseurs d'accès auront pris des mesures contre le piratage. »
Mais les plus récalcitrants sont les exploitants des salles. Selon les chiffres du Centre national du cinéma, un film réalise pourtant près de 90% de ses entrées en seulement cinq semaines. La Fédération nationale des cinémas français pose ses conditions : d'accord pour raccourcir les délais, mais seulement si les distributeurs qui louent les films aux salles diminuent leurs tarifs. Les intéressés, évidemment, se font prier.
« Si un maillon cède dans le dispositif, toute la chaîne du cinéma est touchée », reconnaît le rapporteur du projet de loi, Michel Thiollière. Mais il propose de passer outre les oppositions des professionnels : faute d'accord professionnel, un amendement autorise le gouvernement à imposer de nouvelles règles par décret.
Plus de films en ligne
L'industrie du cinéma s'est aussi engagée à répondre à une autre motivation du piratage : la frustration. Face aux réseaux peer-to-peer ou Bit Torrent, le catalogue légal de films se ridiculise par sa taille et son manque de fraîcheur.
Les internautes soucieux de légalité se voient proposer, selon les chiffres du CNC, moins de 3 300 longs métrages. Dont 85% ont plus de trois ans. Et les producteurs ne prennent que lentement la mesure du problème. Entre 2006 et 2007, un tiers seulement des films sortis en salles a été mis en ligne.
Pour accélérer le mouvement, Denis Olivennes avait suggéré une mesure radicale : les aides financières du CNC, indispensables à la plupart des producteurs, ne seraient versées qu'à ceux s'engageant à les proposer en téléchargement. Devant le refus général, la proposition a disparu de l'accord final.
C'est donc une loi déséquilibrée que les sénateurs examinent aujourd'hui. Un texte censé ramener les consommateurs dans le droit chemin, mais qui ne leur fournit aucune autre raison de le faire que la peur du gendarme.
Photo : un jeune Indien chez lui à Bangalore (Jagadeesh/Reuters).
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De personne
13H41 | 29/10/2008 |
Vous oubliez l'une des dernières dispositions proposée.
On vous laisse le choix de la liberté fondamentale dont on vous prive : la présomption d'innocence (Article 11) ou le respect de votre vie privé (Article 12). Mais dans tous les cas on perd le droit à être juger par un tribunal et de pouvoir défendre sa cause (Article 11 toujours).
à personne
De pablico
17H38 | 29/10/2008 |
il n'y a pas de justice !
apres avoir vu l'exemple des financiers, des banquiers ripoux à milliards, qui ont droit à des parachutes dorés, on se permet de chasser l'internaute ripoux à 4 sous et les faire payer eux ! !
incroyable ! on rêve éveillé….
De Diablo
Concepteur Architecte Informatique | 14H09 | 29/10/2008 |
Autre oubli, selon moi, de l'article : les propositions de solutions alternatives au financement de la création sans la répression imposée par les Majors et les politiques à leurs bottes…
http://www.laquadrature.net/fr/lancement-du-livre-internet-creation-de-p…
et commenté ici :
http://www.ecrans.fr/Internet-du-piratage-au-partage,5554.html
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 14H28 | 29/10/2008 |
oubli majeur… l'effroyable solution proposée pour apporter la preuve du téléchargement illégal : un spyware sur tous les ordinateurs…
Des amendes plutôt que la suspension d'Internet : et alors ?
Cependant, amende ou suspension, ça n'est qu'un problème accessoire au problème beaucoup plus fondamental de l'irrespect des droits de la défense posé par le projet de loi Création et Internet. Avant d'infliger une sanction, quelle qu'elle soit, il faut être certain de la culpabilité de la personne sanctionnée. Or en matière de preuve, rien de satisfaisant n'est pour le moment proposé. La Commission des Affaires culturelles demande la mise en place d'une sorte de « spyware » qui n'est ni efficace techniquement ni acceptable au regard de la vie privée, tandis que la commission des affaires économiques semble avoir passé le problème sous silence. En outre, la procédure d'appel prévue par le projet de loi n'est pas suspensive. Un abonné condamné à tort pourra donc être sanctionné avant-même d'avoir eu la possibilité de défendre sa bonne foi devant un tribunal qui, lui, sera beaucoup plus exigeant sur les preuves.
intégrale :
http://www.numerama.com/magazine/11192-Des-amendes-plutot-que-la-suspens…
voir aussi l'article du 27.10 :
http://www.numerama.com/magazine/11170-Le-Senat-veut-installer-un-spywar…
De Gandijyn
15H01 | 29/10/2008 |
Puisque les sites de téléchargement identifient l'internaute par « l'adresse IP », il serait tellement simple d'interdire l'accès au site, plutôt que suspendre ou de mettre fin à l'abonnement…
Ne pas oublier qu'Internet, pour certains, est le seul moyen de comm au monde, un outil professionnel, un outil de télé-enseignement pour beaucoup d'élèves (du primaire, comme au supérieur), un moyen d'information (contradictoire ! ) qui permet de se soustraire de l'intox quotidienne par la T.V. et Journaux, ou autres ! …
et d'autre part, s'il y a piratage, c'est qu'il y a des propositions, et vente de logiciels illégaux de téléchargement ! … C'est là qu'il faut tapper… Et puis, c'est un jeu tellement marrant de bluffer ces industriels et politiques qui pensent uniquement aux cases « amendes » et « prisons », alors qu'eux en font autant, sinon pire ! : )))))
à Gandijyn
De shillom
16H51 | 29/10/2008 |
Désolé mais tu te trompes sur toute la ligne.
Par rapport à l'interdiction d'accès au site, les sites justement migrent régulièrement vers de nouvelles adresses, et sont quasiment toujours enregistrés dans un pays hors d'atteinte de la juridiction française. Interdire l'accès à ces adresses IP reviendrait à une ingérence de l'état français dans les politiques de routage des FAI.
Concernant les logiciels de téléchargement, leur usage n'a rien d'illégal, on peut tout à fait s'en servir pour télécharger légalement (par exemple des distributions linux, des albums légalement mis à disposition, et j'en passe.
à shillom
De lamichael
18H14 | 29/10/2008 |
Autre solution,brouillé sa propre adresse IP : )
http://www.torproject.org/index.html.fr
à lamichael
De General Subverciòn
réfractaire délocalisé | 21H55 | 29/10/2008 |
Y'a aussi PeerGuardian qu'est bien pour bloquer les IP…
téléchargeable là : http://phoenixlabs.org/pg2/
à shillom
De Gandijyn
18H43 | 29/10/2008 |
Ben voilà, c'est simple, il suffit de s'expliquer… je n'ai pas encore la science infuse : )))
C'est un peu « trop » technique à mon esprit, et vais essayer d'intégrer ce charabia, d'autant que « TOR » avait déjà été proposé pour les jeux olymiques de l'été dernier, et faciliter le travail de certains journalistes… et confirmé par « Lamichael ».
De Tyb
(par ici, par là) | 15H00 | 29/10/2008 |
Euh c'est Apple qui historiquement a été un des premiers à forcer la main aux majors pour l'abandon des DRM, donc Hervé Rony raconte n'importe quoi (c'est pas nouveau)
D'ailleurs le même vient de demander la création d'une taxe pour les FAI basé sur un système de détection statistique automatique des morceaux piratés.
C'est exactement ce que proposait la licence globale, refusée par la SACEM et les majors il y a quelques années, sous prétexte que ce n'était pas faisable techiquement ! ! !
Bref, le foutage de gueule continue, et on sait bien qu'au final tout ça se terminera vraisemblablement par l'adaptation d'un système équivalent à la licence globale, après des années de gachis financier et de culpabilisation forcée.
Enfin on peut toujours compter sur le PS pour faire carpette sur le sujet, encore une fois.
Merci au député européen Bono cependant, et prions pour que le hold-up de Sarkozy sur l'Europe échoue.
De I.P
Flat4 | 15H16 | 29/10/2008 |
Moralité, laissez un mot de passe WEP sur votre connexion Wifi et ne passez pas en WPA. Ou alors passez en WPA avec un mot de passe simple trouvé dans un dictionnaire, quitte à le faire tourner de temps en temps (mais ça il ne faut pas le dire).
Vous pourrez ainsi facilement arguer que n'importe qui a pu se connecter sur votre réseau, à l'insu de votre plein gré évidemment, pour effectuer les téléchargements via votre connexion internet.
à I.P
De shillom
16H52 | 29/10/2008 |
Je ne pense pas que ça change grand chose, à moins que tu sois en mesure de prouver que ta connexion a été piratée, ce sera toi le coupable aux yeux de la loi.
à shillom
De I.P
Flat4 | 19H50 | 29/10/2008 |
à moins que tu sois en mesure de prouver que ta connexion a été piratée
C'est ni prouvable, ni infirmable, sauf si vous avez laissé trainer sur votre disque dur les fichiers qu'on vous reproche d'avoir piraté.
Et ça m'étonnerait très fortement qu'un jugement qui vous incrimine sans aucune preuve irréfutable tienne le coup en appel, surtout si la pression médiatique s'en mèle.
De egide
Littéral | 20H14 | 29/10/2008 |
La société du soupçon.
Voilà l'objectif de la loi tel qu'édicté dans le texte même :
L'ensemble de ce dispositif ne repose pas sur le délit de contrefaçon mais sur une obligation de surveillance, d'ores et déjà mise à la charge de l'abonné à internet [qui] aura donc l'obligation de veiller [d'empêcher] son utilisation [qui porterait] atteinte aux droits de propriété littéraire et artistique.
D'autre part, on sort du droit pour privatiser la réglementation de ce que l'on considère comme un marché :
Elle sera donc(…) préventive et [la] sanction de la méconnaissance des droits de propriété littéraire et artistique ne passera plus nécessairement par le juge
On crée une nouvelle instance, indépendante, nous dit-on, sauf qu'elle agit essentiellement sur des recommandations d'organismes privées chargés de collecter les informations sur les dits contrevemants aux droits de propriété intellectuelle d'un fichier numérique.
En ce qui concerne la répression, des agents assermentés ? ? ? seront désignés par les titulaires de droits ou leurs représentants, aux exploitant des droits qui produisent des œuvres, aux organismes professionnels représentant les détenteurs de marques et de droit de propriétés intellectuelles industrielles et commerciales
Même si la justice peut saisir directement la commission de protection des droits pour qu'elle agisse sur la base d'informations transmises par un procureur de la République. Evidemment, dans ce cas suite à une plainte de quiconque s'estime lésé.
L'autorité judiciaire ne peut être saisi seulement que pour arbitrer un recours opposé par la personne sanctionnée.
L'implacable logique néo-conservatrice de privatiser la sphère économique et d'en exclure le droit est bien reflété dans ce projet de loi. Ainsi le concept de piratage de masse n'est pas défini, c'est un délit imprécis dont on sait seulement qu'il diffère de la contrefaçon. Rien n'est dit sur la nature de la preuve qui conduirait à une sanction.
De fait, chaque possesseur d'un système informatique connecté à internet, faute de mesures techniques appropriées ou bien dans l'incapacité de justifier son bon droit de posséder des exemplaires de fichiers numériques dont le contenu se rapporte à une œuvre sur laquelle il ne détient aucun droit de propriété intellectuelle est susceptible d'être un délinquant.
La copie privée devient un risque en soi faute d'être démontrable. L'échange de fichiers devient de fait un délit quelque soit l'usage qu'on fait du partage de fichiers entre tiers responsables.
Bientôt, il n'y aura guère de différence entre la Chine et les démocraties libérales sinon que les moyens de surveillance sont étatisés pour la première tandis que pour les autres ils sont laissés à l'initiative privée. Par contre, dans tous les cas le droit est supplanté par des règlements bureaucratiques.
L'emprise de la technocratie est de plus en plus prégnante. Cette loi est un bijou de bureaucrate. On est très, très loin des Lumières. Beaumarchais, au secours !
De egide
Littéral | 15H21 | 29/10/2008 |
De marabbeh
16H27 | 29/10/2008 |
Il faudrait légaliser le piratage tant que les acteurs de ce foutoir ne se sont pas mis d'accord. Vous allez voir qu'un accord va se faire vite fait.
De shillom
16H56 | 29/10/2008 |
On oublie aussi un point essentiel : il paraitrait que le volume de ventes, en DVD ou en CD n'a jamais été aussi fort que ces dernières années. le manque à gagner ne vient pas du téléchargement mais plutôt du déni de la musique et des films kleenex qu'on rêve de nous vendre à prix d'or.
Autre chose, une enquête réalisée il y a une petite année au canada concluait que les « pirates » de le musique sont aussi les plus gros consommateurs de CD qui soient ! Bizarrement personne n'en fait l'echo…
http://www.generation-nt.com/p2p-internet-etude-consommation-brigitte-an…
De jonskki
Etudiant | 18H00 | 29/10/2008 |
Je pense également que le problème vient des majors qui ne savent pas s'adapter rapidement aux nouveaux modes de consommation de la culture (exemple ds lecteurs mp3) et de l'envie d'avoir accès à la culture. D'un côté on nous pousse à développer notre sens créatif et notre curiosité et d'un côté on propose des produits à des prix prohibitifs pour la plupart des bourses.
De Coragyps Atratus
Dans l'attente du moment propice | 18H41 | 29/10/2008 |
La bêtise de l'industrie du disque est insondable…
L » ALPA (Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle et faux nez de l'industrie du disque ) diffuse un message au d'avertissement au début des films sur DVD en encourageant les spectateurs à « signaler des délits » de piratages ! Eh oui, le bon vieux temps de la dénonciation reprend. Ainsi vous pouvez dénoncer les méchants pas beaux pirates du numérique par téléphone au 01 45 22 07 07, par courriel contact@alpa.asso.fr et par courrier à ALPA 6 rue de Madrid 75008 Paris
et par fax au 01 45 22 77 17.
Eh oui, si la nostalgie pétainiste vous prend, amusez vous à dénoncer….
http://www.alpa.asso.fr/
De Homer555
travailleur plus qui à gagné moins | 19H08 | 29/10/2008 |
L'industrie n'a pas toujours freiné des 4 fers et n'a pas toujours été aussi lente.
Reposons le décor :
Lors du passage de la cassette au disque laser (plus de 15 ans en arrière, désolé les jeunes : ) ) Les majors étaient alors le seul moyen de se procurer un support de musique. Internet étaient encore anecdotique et les radios ne nous aidaient pas pour se faire une petite copie (En plein milieu d'une musique : « Vous êtes sur RTL, il est 12H54 » <_< )
La mutation vers le CD s'est faite en environ 2 ans. En obligeant les gens à un investissement lourd dans une platine cd (chère à l'époque). Et l'industrie du disque très contente d'imposer une musique numérique difficilement copiable en l'état (la copie de cassettes était un sport) car les graveur étaient hors de prix et le copies très longue à graver et pas simple à écouler. C'était de la vraie contrefaçon à ce moment.
Voila donc l'industrie du disque mise en place en situation de monopole.
Arrive internet avec 2 avancée majeure le mp3 et le peer to peer qui permettent une copie massive et rapide des morceaux. Et la suite qu'on connait.
A cela, les majors répondent que c'est du vol de droits d'auteur. La communauté d'internet propose donc des solution pour rémunérer les auteurs comme la licence globale, mais ça ne leurs convient pas. Pourquoi ? Parce que on se passe de producteur. Pas de dividendes donc.
Et voila l'état qui souhaite nous imposer d'utiliser un intermédiaire très couteux alors qu'on possède la solution ? Si ça c'est pas du lobbyisme…
Il faut aussi dire que si les majors n'étaient pas aussi rapace, ça se passerait mieux. Télécharger un disque légalement coute aussi chère que d'acheter le disque en magasin. Pourtant il n'y a pas de support à payer. Qui s'est mis la différence en poche ? Il ont pris leurs clients pour des buses et ils ont perdus.
à Homer555
De Jacky_S
03H35 | 30/10/2008 |
D'autant que la musique téléchargée légalement l'est en 128 kbs, alors que je peux l'avoir gratos en 320 kbs.
Reformulé autrement : pourquoi payer une offre techniquement limitée alors que l'on peut avoir mieux gratuitement.
De l´axe du bien
19H37 | 29/10/2008 |
http://www.torproject.org/index.html.fr
je remets le lien. tor de vidalia permet de surfer plus anonymement, testé et approuvé.
De YoshiL7
20H46 | 29/10/2008 |
Les plus déconnectés du net et de la réalité ne sont finalement pas les internautes que l'on pointe du doigt, mais bien ceux qui nous pondent des lois, des amendements à la con sur un domaine qu'ils ne maitrisent nullement… A chaque amendement, à chaque proposition de loi, à chaque proposition tout court, ils nous montrent leur capacité à être ridicule et à être incompétent… Les derniers en date sont les sénateurs qui viennent de nous prouver qu'ils ne servaient à rien…
De watashi_baka
... | 20H55 | 29/10/2008 |
On peut dire pleins de chose sur le sujet, je vais essayer d'être bref
-Tout d'abord il ne faut pas limiter cette loi au problème du piratage, je vous invite à lire la chronique de C.Paul dans libération ( Heureusement qu'il reste Guy Bono et Christian Paul pour sauver le PS, faut dire que ces deux la sont plus occupé à défendre le peuple qu'a se battre pour être Calife à la place du Calife : p ). En vrac on parle d'autorisé HADOPI a espionner vos communication. Tiens monsieur X écrit un commentaire hostile à Sarko sur rue 89, pire il fait la même chose sur lefigaro.fr, dire que certains se plaignaient d'EDVIGE. Et plus prosaiquement imaginez qu'un bloggeur s'oppose de façon un peu trop virulente aux intérêt des majors, hop un petit coup d'HADOPI et le voilà orivé de cnx internet sans autre forme de proces bon courage pour qu'il s'en face rétablir une. D'ailleurs l'amende proposée par le Senat représente un progrès, une Amende ça se conteste pour récuper l'argent en cas de fausse accusation, une coupure de 3 mois d'internet ça se passe comment lorsqu'elle est annulée par un tribunal un an après ?
D'ailleur une amende de 11 Euros plus une indemnité forfaitaire au ayants droit le tout une ou deux fois par an et on se rapproche fortement de la licence globale ( Je me tais avant de donner des idées à une certaines ministres)
-On nous sort une loi basée sur des chiffres absurdes sachant que le film le plus téléchargé est Bienvenu chez les Chti ça prouve bien que plus un film est téléchargé plus il fait d'entré en salle et donc que le téléchargement illégal produit des ventes ( Je sais que ce raisonnement est bancal mais pas plus que celui des majors qui nous explique que un téléchargement = un vol)
-Pour continuer dans ce sens la, pensez au Jeux vidéo il y a 20 ans les disquettes était facile à copier, et les jeux était fait par des équipes de 5 geek dans leurs garage, bref cette industrie à toujours été massivement piratée, pourtant désormais la sortie ou le retard d'un nouveaux gros jeux vidéo peut faire l'objet d'un article dans les pages saumon du Figaro tellement les sommes en jeu sont énorme difficile de dire que le piratage nuit à l'économie
-L'offre légale est inexistante et difficile d'accès. Vous voulez une vraie protection anti-copie efficace : Watermarking sur les vidéo pour savoir qui est à l'origine de la copie, voir assumer rajouter au générique un bandeau avec le nom du client qui a téléchargé ça se fait facilement automatiquement et 90% des gens ne saurons pas comment le retirer et seront dissuader de le mettre en DL.
-La qualité de l'offre légale est déplorable, franchement si vous avez une bonne chaine stéréo, la qualité d'un MP3 acheté n'a rien à voir avec le CD ils pourraient au moins proposé des fichiers FLAC ( compression sans perte) au téléchargement légal non c'est trop dur.
-Bon après soyons clair, si les artistes n'ont pas envie que j'écoute leurs musique et bien je ne l'écoute pas il y a suffisament d'excellente chose disponible en créative commons ( Jamendo powaa ! ! ! ) pour pouvoir se passer d'écouter de la musique non libre.
-Le gros risque pour le gouvernement c'est le developpement de la cryptographie, certe utilisé TOR ou freenet est un geste citoyen de solidarité envers les journalistes chinois. Mais des loi restrictive vont en généralisé l'usage bonne nouvelle pour la liberté d'expression. Moins bonne nouvelle pour les vilains parano sécuritaire qui veulent chasser le pedonazi terroriste sur internet.
-Au final il n'y a pas de bonne solution au problème du piratage, Je croyais qu'on vivait dans un pays capitaliste et liberal donc laissons les editeurs s'adapté et si il ne s'adapte pas aux évolutions du marcher et bien qu'il crève, ce n'est pas moi qui ira les pleurer. Le contexte legislatif actuel permet déjà à une offre légale de qualité d'apparaitre, et ce sera surement plus éfficace que toutes les lois restrictive du monde
De Eliott
21H20 | 29/10/2008 |
Encore une loi débile qui ne va rien résoudre.
Prenons le cas d'un étudiant. Entre le forfait portable, et le forfait Internet il dépense 70 euros/mois.
Ces 70 euros, il les dépense aux détriments d'autres choses, qui par exemple peuvent être des CD. Si les majors ont des problèmes qu'elles s'adressent aux opérateurs de téléphonie et d'internet.
Ensuite l'excuse c'est pour protéger la culture française… de qui se moque-t-on ? Le téléchargement illégal concerne tout, et en valeur absolue il est bien plus important pour les cd/film qui viennent des USA.
Ensuite depuis quand on va devoir payer une amende par un organisme que personne ne reconnait. Les majors sont devenues des palais de justice ? De toute façon la France peut nous pondre ce qu'elle veut avec la position de l'Europe sa loi n'a aucune valeur. Sur ce point il est stupéfiant de voir le silence des journaux TV, aucun ne soulève cette contradiction que même si la loi passait nous sommes hors la loi vis à vis de l'Europe.
Bref, c'est un gros coup de communication de l'Etat et des majors sachant que cette loi avant d'être votée sera de toute façon inapplicable.
Et pour conclure, lorsqu'on aime un artiste, on achète son album. Maintenant pour les artistes éphémères c'est probablement un vrai problème pour les majors, car ce sont elles qui perdent le plus d'argent.
De amnesic
jongleur | 21H44 | 29/10/2008 |
Le discours Hervé Rony, directeur général du Syndicat national de l'édition phonographique (Snep), est pathétique.
Ce sont les maisons de disque qui ont imposé à Apple l'obligation des DRMs pour mettre leur catalogue en ligne. D'ailleurs le discours d'Apple sur ces verrous bien inutiles et très bien résumé par Steve Jobs (patron Apple) :
http://www.apple.com/hotnews/thoughtsonmusic/