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Le casse-tête des intérimaires sans-papiers
Par François Krug | Eco89 | 31/10/2008 | 17H49
Ils s'estiment victimes d'une double précarité, sur le marché du travail et sur le territoire français. Ces sans-papiers ont décidé d'occuper nuit et jour leur agence d'intérim. Le patron, lui, se tourne vers l'Etat. Sans obtenir de réponse.
Chez Perfect Intérim, dans le Xe arrondissement de Paris, la crise a commencé le 16 juin dernier. Ce jour-là, une quarantaine d'intérimaires soutenus par la CGT se sont mis en grève, installant une table et des banderoles sur le trottoir. Depuis lundi, ils occupent les locaux. (Voir la vidéo)
C'est un casse-tête pour les occupants de l'agence comme pour son patron. Pour être régularisés, les intérimaires doivent présenter un CDD ou un CDI d'au moins un an. Difficile sur ce marché précaire. D'autant que pour travailler, il faut désormais soumettre les titres de séjour et les papiers d'identité à la préfecture, qui en détermine la validité.
« On ne peut ni travailler, ni aller à la préfecture », résume le porte-parole des occupants, Doucoure Hamedy. Depuis son arrivée de Mauritanie il y a huit ans, il travaille comme manœuvre dans le bâtiment, touchant 330 euros par semaine.
Lui et ses camarades exigent désormais que l'agence leur fournisse les contrats nécessaires. Impossible, estime le directeur, Elie Berrebi :
« Je peux leur faire un contrat de mission et non d'embauche, pour une mission précise et pas plusieurs. Et il faudrait que les donneurs d'ordres (les entreprises clientes de l'agence, ndlr) attestent qu'ils les prennent en charge et qu'ils versent la taxe Anaem. »
La régularisation nécessite en effet le versement d'une taxe à l'Agence nationale de l'accueil des étrangers et des migrations. Coût pour Perfect Intérim : 900 à 1600 euros par intérimaire. Elie Berrebi estime qu'il n'en a pas les moyens. Selon lui, depuis juin, le mouvement lui a fait perdre la moitié de son chiffre d'affaires. Et ses clients, de petites entreprises du bâtiment, sont les premiers frappés par la crise économique.
Pour Elie Berrebi, seul l'Etat peut régler la situation. Mais il fait la sourde oreille. Contactée par Eco89, la préfecture de police de Paris renvoie au ministère de l'Immigration. Le cabinet de Brice Hortefeux n'a pas répondu à nos sollicitations.
Au Prisme, l'organisation des professionnels du travail temporaire, on se veut serein. Perfect Intérim, qui n'est pas membre du syndicat, représente un cas exceptionnel, selon le délégué général, François Roux :
« Il n'y a pas d'intérimaires sans-papiers : depuis le 1er juillet 2007, tous les papiers sont vérifiés par la préfecture. Ce qui peut se passer en revanche, c'est que des gens qui ont été intérimaires avant cette date profite d'un mouvement général pour être régularisés. »
Pourtant, les géants de l'intérim sont eux aussi touchés : depuis jeudi, l'agence Adecco située juste en face de Perfect Intérim est elle aussi occupée, depuis jeudi.
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De moa98
la France d'en bas | 22H18 | 31/10/2008 |
Excusez du peu, mais il n'y a déjà pas de boulot pour les gens avec papiers , jeunes et moins jeunes, diplômés et moins ou pas diplômés …. Ne faudrait il se battre déjà à ce niveau là, pour qu'ensuite cela puisse générer des boulots si les entreprises tournent bien ? ? ? ? Ne faudrait il pas que les jeunes des banlieues et d'ailleurs se couchent + tôt le soir pour pouvoir aller au boulot le lendemain, plutôt que de les laisser vivre grace au RMI et autres………. sans nom
à moa98
De Jackysback
23H46 | 01/11/2008 |
Encore ce bon vieux discours qui as valu à sarkozy d'être élu…
Dans les cités, il se trouve que la majorité de ceux qui « trainent » sont des mineurs, ensuite viennent effectivement des rm-istes, ceux qui n'ont pas assez de travail et ont besoin d'un complément, enfin suivent les populations les plus touchées : enfants d'alcooliques, ou de personnes analphabètes, qui n'ont pas été prises en charge de façon efficace par les services sociaux débordés et en manque de personnel.
Sans compter la discrimination au niveau du lieu d'habitation pour l'embauche.
La seule chose qu'il reste aux cités et aux immigrés, c'est un choix entre l'irrégularité (exploitation, logés par douzaines dans un appartement sous-loué, voir dans la rue) et les boites d'interim, qui gardent les meilleurs emplois pour les « bons » français.
Dernière agence ou j'ai travaillé, dans les landes, un monsieur d'origine turque était devant moi, demande si il aura bientôt une autre mission, il s'est vu répondre par la négative, il avait déjà 12 ans d'expérience en intérim en charpente, moi qui était charpentier non-diplomé, en passant après, j ai eu droit à une mission et une réflexion : qu'est ce qu'on peut faire pour des gens comme lui ? personne ne le prendra maintenant… allusion au fait que de nombreux jeunes « blancs » cherchaient du travail, donc seront pris à la place d'une personne hautement qualifiée… mais arabe…
Donc avant de sortir votre vieux dialogue réchauffé, renseignez vous sur la réalité.
Un citoyen