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Un vent anti-Parisot souffle au Medef : jusqu'à quand ?
Par David Servenay | Rue89 | 05/11/2008 | 23H45

Laurence Parisot n'en finit pas d'éteindre l'incendie qui couve au sein du Mouvement des entreprises de France (Medef). Derniers feux : les divergences sur la retraite à 70 ans et la démission surprise du directeur général, nommé il y a trois mois par la présidente.
Le DG annonce sa démission surprise par un mail interne à 22 heures
Pierre-Henri Ricaud n'est pas du style « sauteur ». X-Mines, 53 ans, ex-d'EADS, il ne lui a pas fallu plus de cent jours pour tirer les leçons du piège dans lequel il s'est fourvoyé en rejoignant le QG du Medef comme directeur général.
Sa démission surprise a été révélée mardi soir, par un mail interne envoyé à 22 heures aux salariés et aux administrateurs de l'organisation patronale :
« Après trois mois intensifs comme directeur général du Medef, j'ai décidé, en accord avec Laurence Parisot, de ne pas poursuivre cette mission. »
Le 25 juillet dernier, Pierre-Henri Ricaud avait remplacé l'historique Jacques Creyssel, jugé trop proche des vieilles habitudes de fonctionnement de la maison. Il restera en fonction jusqu'au 15 novembre. Voilà pour la version officielle.
Au bureau exécutif du Medef, Parisot ne dit pas un mot de la démission de Ricaud
En coulisse, les critiques fusent pour décrire une gestion très personnelle du Medef par son autoritaire présidente. En fait, Pierre-Henri Ricaud n'a jamais pu assurer les fonctions promises par Laurence Parisot et ainsi décrites sur le site du Medef :
« Le MEDEF, c'est aussi une équipe de deux cents collaborateurs permanents rattachés aux différentes commissions. La coordination et l'animation générale de l'équipe est assurée par Pierre-Henri Ricaud, le directeur général, sous l'autorité directe de la présidente. Pierre-Henri Ricaud dirige les services du MEDEF depuis juillet 2008. Il anime les équipes et veille à la mise en œuvre des décisions du Conseil exécutif. »
En clair, il n'a pas voulu se contenter du rôle de « gentil organisateur », réclamant sa place dans la définition de la stratégie de l'organisation patronale. L'ancien secrétaire général d'EADS, jugé compétent et plutôt bien accueilli par l'aréopage des grands patrons, n'avait pourtant rien d'un profil politique. Serait-ce le pas de trop pour Laurence Parisot ? Malgré de nombreux appels, le Medef n'a pas répondu à notre demande d'explication sur ce départ.
Avec ce nouveau départ, la présidente du Medef voit se multiplier les griefs. D'abord sur la forme : plusieurs participants au bureau du Conseil exécutif, qui a eu lieu lundi, lui reprochent de ne pas y avoir dit un mot sur le départ du directeur général. Une belle goujaterie, estiment en privé plusieurs membres du bureau.
Sur la retraite à 70 ans, Parisot joue cavalier seul
Mieux, deux heures après la fin de cette réunion, le Medef publie un communiqué triomphal sur l'amendement autorisant la retraite à 70 ans. Texte assorti de la déclaration suivante de Laurence Parisot :
« Cette mesure est un premier pas historique, une occasion de faire changer le regard de tout le monde sur le travail des séniors, une avancée pour faire comprendre que travailler plus longtemps n'est pas forcément un drame, mais le plus souvent une opportunité. C'est dans l'intérêt de tous compte tenu de l'allongement de la durée de la vie. »
« Historique », le terme fait tousser car au cours des discussions du bureau, plusieurs voix se sont élevées pour condamner l'initiative prise par les députés UMP dans la nuit de vendredi à samedi dernier. En majorité, les voix du bureau sont bien loin du « pas historique » proclamé.
La retraite à 70 ans fait débat chez les patrons. Pour plusieurs raisons, la première étant que l'âge obligatoire (65 ans) a pour immense avantage de mettre tout le monde d'accord et de faire des économies. Cette position est traditionnellement défendue par l'UIMM, parce qu'elle permet aux entreprises de négocier des accords de branche facilitant des départs négociés.
Deuxième raison de s'opposer au texte : éviter tout conflit entre salariés et employeurs. Les chefs d'entreprise le savent, une rupture conflictuelle du contrat de travail finit toujours par coûter plus cher qu'un départ à l'amiable. La CGPME défend d'ailleurs publiquement cette position :
« Poursuivre son activité au-delà de 65 ans exige une volonté réciproque du salarié et de l'employeur. Imposer le maintien d'un salarié jusqu'à 70 ans contre la volonté de son employeur, c'est ouvrir la porte à toutes les dérives.
La CGPME souhaite donc que le dispositif adopté par les députés soit rééquilibré pour tenir compte de la réalité de la vie des entreprises. »
Un avertissement que Laurence Parisot aura à méditer : l'ex-directeur général, Jacques Creyssel, licencié sans explications cet été, a entamé une procédure aux prud'hommes contre son ancien employeur. L'audience de conciliation est prévue pour le 20 novembre.
Photo : Laurence Parisot à l'université d'été du Medef en août 2008 (Charles Platiau/Reuters).
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De 9911francis
06H48 | 06/11/2008 |
En prime,elle a déclaré à Renaud Donnedieu de Vabre lors d'un déjeuner qu'elle se voyait un « destin national “.
Réussir là où Hilary Clinton a échoué !
Donc elle rêve de succéder à Sarlozy à l'Elysée.
Etant donné qu'il a réussi à monter les français les uns contre les autres et que ça continue à marcher ainsi, pourquoi, hélàs, n'aurait-elle pas un bel avenir national ?
De Cadre modele
Consultant RH | 09H56 | 06/11/2008 |
L'emploi des séniors en France est à la berne de l'Europe. Le droit du travail est trop rigide aux dires des entreprises. Pour autant la dérèglementation ne fait pas que heureux au sein du Medef.
Pourquoi l'entreprise ne serait pas favorable au maintien des séniors dans l'entreprise ?
Doit-on en déduire que les entreprises préfèrent les jeunes talents économiques aux savoirs matures ?
Doit-on en déduire que les budgets de formation ne sont pas utilisés pour adapter les séniors au poste de travail, aux nouvelles technologies, aux évolutions du métier ?
Qui profite du report de départ à la retraite volontaire dans l'entreprise ?
Les agents du service public ?
Les personnels du secteur privé ? (ouvriers, employés, agents intermédiaires, cadres, cadres dirigeants)
Après des ministres issus des cabinets d'avocats aux talents d'orateurs avérés, l'avenir de la politique française sera t-il chez des ministres issus des instituts de sondages et d'opinions aux talents manipulatoires reconnus ?
Comprendre & Agir
De Lairderien
10H03 | 06/11/2008 |
On constate que les patrons pragmatiques, notamment à la tête des fédérations locales du Medef (j'en connais au moins un dans ce cas)pour des raisons qui peuvent paraitre seulement d'ordre financier, rejoignent les syndicats ouvriers, pour dénoncer cette mesure de prolongation de la durée du travail jusque 70 balais.
Eux ils savent bien que les seuls qui souhaiteront travailler au dela de 65 ans, seront des « employés » plutôt situés dans les niveaux cadres ou assimilés (cad pas trop usés par le boulot) et que si d'aventure ils souhaitent s'en séparer avant 70 ans, ils seront très certainement obligés de les licencier, d'ou un coût bien plus élevé, qu'un départ en retraite à la date limite fixée par la loi actuelle.
par contre, pour tous les autre salariés de la base, cette mesure permettra de leur dire : « votre retraite n'est pas assez élevée, mais M. ou Mme, il est impossible de l'augmenter, cherchez donc un travail pour améliorer vos revenus, vous avez le droit puisque la loi le permet ! ! ! »
à Lairderien
De France Fabay
créatrice d'entreprise | 14H53 | 06/11/2008 |
J'aime bien ce que vous dites, Lair de rien, sur les patrons « pragmatiques ». L'une des grandes qualités dont la droite se prévalait jusque là était précisément le pragmatisme - et tout en n'étant pas de droite moi-même j'étais assez encline à la lui reconnaître.
Mais je trouve que depuis l'élection de 2007 une partie de la droite se veut de plus en plus « idéologique » et je trouve ça déletère :
c'est cette « idéologisation » qui fait que les gens comme Sarkozy ou Parisot lancent comme ça des grandes idées-choc, basées sur des « valeurs » (c'est à dire des indignations de café du commerce, des effrois collectifs du genre « quand je pense qu'il y en a qui veulent travailler et qu'ils ne peuvent pas juste à cause de l'âge ! » ou encore « c'est nos pôv » z'enfants qui vont payer les retraites des cohortes de vieux égoïstes ! ») plutôt que de tricoter des solutions pragmatiques dont les syndicats peuvent ensuite discuter au mieux des intérêts de ceux qu'ils représentent, et qui trouvaient jadis leur raison d'être dans le fait que les « grandes idées » égalitaristes de la gauche ne parvenaient pas toutes à s'implanter de façon viable dans la réalité.
De lesuperdidou
Saltimbanque | 13H26 | 06/11/2008 |
AVIS AUX ANNONCEURS :
CONNAISSEZ-VOUS LE RENFORCEMENT NEGATIF ?
OUVREZ SIMPLEMENT LA UNE DE RUE89.
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 14H13 | 06/11/2008 |
Rien à voir (quoique) :
Paribas a décidé de se ridiculiser définitivement avec son super-assureur mode marvel comics sur la Une ? La crise financière leur suffit pas, ils sont si masos que ça… ou complètement à la masse ?
à Lohiel
De France Fabay
créatrice d'entreprise | 16H10 | 06/11/2008 |
A la masse… ou alors c'est de la provoc » ! Vous avez vu ? Le message c'est : « on fait pas seulement de la banque, on fait aussi de l'assurance »… cela, au moment où les banques demandent au contribuable de les assurer a postériori contre les risques inconsidérés qu'elles ont pris !
à Lohiel
De France Fabay
créatrice d'entreprise | 16H13 | 06/11/2008 |
A
De General Subverciòn
kouign aman délocalisé | 21H01 | 06/11/2008 |
qu'ils s'entretuent,ça en fera toujours moins à pendre,
De Henri Maillot
Chef d'équipe | 23H59 | 07/11/2008 |
La Présidente du Medef aurait-elle enterré la question des caisses de congés du BTP ?
Au moment où l'argent manque et que l'Etat doit prêter 10,5 milliards d'euros aux 6 banques de notre pays, les caisses de congés confisquent en permanence 5 milliards d'euros ?
Voir : http://www.rue89.com/2008/03/11/les-cinq-milliards-du-btp-qui-enrichisse…
Il est vrai que dans l'exécutif du Medef, il y a Patrick Bernasconi, Président de la Fédération Nationale des Travaux Publics et Didier Ridoret, Président de la Fédération Française du Bâtiment qui succède à Christian Baffy… Combien apportent-ils de cotisations au Medef ? D'où provient cet argent ? Les caisses de congés du BTP, c'est eux principalement.
Il faut bien observer qu'il est assez facile d'avoir du pouvoir avec l'argent des autres. Celui qui est arraché aux trésoreries des entreprises du BTP à l'insu de leur plein gré…
Tôt ou tard, ces caisses finiront par rendre cet argent social. Seules les entreprises du BTP en sont les détentrices légitimes.
Pendant que l'URSSAF, l'ASSEDIC prorogent les échéances, est-ce que les caisses de congés manifestent de la souplesse dans cette inique collecte ?