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Fillon veut « imposer » aux banques de se doter de fonds propres
AFP via Google.com07/11/09 | 14h07 -
Changement à la tête du Crédit Agricole
LaTribune.fr06/11/09 | 19h46 -
Les dockers en grève sur fond de réforme portuaire
Reuters via LExpress.fr06/11/09 | 16h30 -
Le chômage dépasse 10% aux Etats-Unis
bloomberg.com (anglais)06/11/09 | 15h03 -
Le déficit commercial français se réduit de moitié
Reuters via LesEchos.fr06/11/09 | 13h51
Un projet politique pour la gauche : en finir avec le libre-échange
Par Christophe Ventura | Militant altermondialiste | 07/11/2008 | 15H09

En France, comme dans le reste de l'Europe, tous les partis de gouvernement se réclamant de la « gauche » (en particulier ceux issus de la social-démocratie), comme ceux de droite, sont coresponsables, depuis 30 ans, des ravages du libéralisme que les populations s'apprêtent à payer comptant. Peut-il naître, dans ces conditions, quelque chose de nouveau de cette calamité ?
Oui, à condition qu'une gauche radicale de gouvernement émerge et qu'elle affirme de nouvelles ambitions idéologiques et politiques. Cela en s'attaquant, dans une perspective de reconstruction d'une solidarité internationaliste, à la racine du mal : les diverses facettes du libre-échange, c'est-à-dire sur l'absence de freins institutionnels à la circulation des biens, des services et des capitaux pour accroître l'enrichissement des capitalistes et leur permettre d'imposer leurs intérêts à l'ensemble de la planète.
Une crise du capitalisme
De plus en plus de voix s'élèvent à juste titre pour rappeler que la crise actuelle n'est pas simplement « financière », mais directement liée au régime d'accumulation capitaliste. Ce dernier est caractérisé selon les termes de Jacques Sapir par :
« Une capture presque totale des gains de productivité par les profits au détriment des salaires. (…) Pour aboutir à ce résultat, il fallait (…) pouvoir créer une véritable déflation salariale. L'ouverture progressive et la mise en place d'un cadre généralisé de libre-échange a été l'instrument principal de cette déflation salariale. »
Ce système a, en effet, permis la compression des salaires et le démantèlement des protections sociales par l'organisation, via la mise en concurrence des travailleurs entre pays industrialisés et pays à bas salaires, d'une déconnexion entre la progression des salaires et des gains de productivité dans le partage de la valeur ajoutée.
Un projet économique mondial
Au-delà de la nécessaire limitation du pouvoir de la finance et du contrôle des flux financiers réclamés par tous -droite conservatrice et libérale comme gauche libérale et progressiste-, défaire le libre-échange doit devenir, pour une gauche radicale de gouvernement, la ligne directrice d'un projet économique mondial cohérent et écologique.
Les pistes existent à mon sens :
- La réorientation de l'économie mondiale vers des modèles de développement tournés vers la satisfaction des besoins locaux plutôt que vers des modèles de croissance extravertie, socialement et écologiquement néfastes.
- La mise en place, dans le cadre de la construction de blocs économiques et politiques régionaux, de mécanismes de « protectionnisme altruiste » selon l'expression de Bernard Cassen. Ceux-ci, sans devenir de nouvelles formes absolues, doivent permettre de reconstruire un rapport de forces capable d'inverser les tendances actuelles du commerce mondial.
- L'utilisation de l'outil étatique dans l'économie : contrôle monétaire, contrôle des changes, nouvelles formes de nationalisations pour les secteurs clés de l'économie et de services à la population, élargissement de l'économie non marchande, etc.
La gauche a honte
De nombreuses propositions inédites et internationalistes, laissées à l'abandon par la « gauche » dans le placard de sa honte, existent pour construire un monde multipolaire dans lequel l'action politique prévaudra sur les intérêts des acteurs économiques.
De ce point de vue, il est significatif d'observer, en France, qu'au sein du parti socialiste, seule la motion portée par les sensibilités représentées par Benoît Hamon abordait la question de la nécessaire limitation du libre-échange dans son programme soumis au vote des adhérents le 6 novembre. Le résultat de la consultation indique, comme on pouvait s'y attendre et malgré un bon score de cette motion, que l'orientation de la nouvelle majorité du parti ne sera pas celle-ci.
Existerait-il, pour une force assumant cette rupture sans concession avec le libre-échange, d'autres points d'appui dans le monde ?
Oui, mais cependant moins aux Etats-Unis, même dirigés par Barack Obama, qu'en Amérique latine. C'est en effet actuellement la seule région du monde où de réelles politiques de rupture avec le libre-échange, au profit d'actions gouvernementales basées sur la solidarité, la coopération et la complémentarité, sont déjà expérimentées chez les pays membres de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba) et même au-delà, notamment dans le cadre de l'accord énergétique Petrocaribe. Ces pays voudront sans doute faire entendre une autre voix que celle du G 20 prévu le 15 novembre. Et nous ?
Photo : Un groupe de manifestants anticapitalistes devant la Banque d'Angleterre, 10 octobre 2008 (Luke Mac Gregor/Reuters).
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De zphilou
15H36 | 07/11/2008 |
»…. en finir avec le libre-échange… »…. ? ? ? ? ?
Ah ben c'est DSK qui va faire la gueule tandis que Soeur Anne, enfin, ne verra rien venir…. ! ! ! !
Mwwaaarrfff……
Sorry..j'ai pas pu résister….. ! ! !
à zphilou
De kawouede
20H53 | 07/11/2008 |
« en finir avec le libre-échange » : est-ce là un « projet politique pour la gauche » ? j'y vois plutôt une recette simpliste, un slogan
De compte supprimé16
révolté | 15H39 | 07/11/2008 |
Vous avez choisi la facilité. Vous donnez les objectifs à atteindre, parlez de méthodologie mais êtes très silencieux sur la stratégie. Or, c'est la question la plus difficile ! Alors, concrètement, on fait comment pour en finir avec le libre-échange ?
De zphilou
16H23 | 07/11/2008 |
Comment… ? ? ?
Eh bien simplement revenir aux fondamentaux…, à savoir : « Payer une chalandise à son juste prix »…et savonner sévère les spéculateurs tout poil… ! ! !
La France étant éternellement tournée sur elle-même (soyons sérieux, elle ne représente jamais qu'1% de la population mondiale… ! ! )
Aujourd'hui, une levée de boucliers des agriculteurs à qui l'on offrira une piteuse compensation la semaine prochaine… ! ! ! !
Par contre, de mémoire, il ne me semble pas que le cours du cacao, café, coton, soit établi en parfaite concertation avec les pays producteurs…(suivez mon regard notamment vers l'Afrique Sub-Saharienne… ! ! )…..
Sans plonger dans un misérabilisme de surface, sachez que je connais parfaitement la courbe de l'échine du paysan africain croulant sous la charge physique de sa panière…des charges économiques imposées…des charges de famille..qu'il ne peut hélas assumer………..
Alors…Le Libre-Echange… ? ? ? Il commencera dès lors qu'une juste rétribution sera accordée aux pue-la-sueur….et que le consomateur lamba s'y retrouvera dans son cabba…son caddie……et que les founisseurs et autres distributeurs..et autres boursicoteurs cesseront de s'engraisser sur le dos du producteur..et du consommateur… ! ! !
à zphilou
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 16H33 | 07/11/2008 |
Oui , mais vous repondez pas à Leo Hamelin ! Quelle STRATEGIE , bon sang ! ? ? ? On veut du Clausewitz , on veut du Sun Tzu , on veut du Machiavel , on veut des scénarios de Kriegspiel , pour y arriver !
C'est la guerre , la guerre économique …
à zphilou
De Karg se
Ingénieur agronome en recherche d'e... | 17H58 | 07/11/2008 |
Le libre échange permettrai aux paysans africains de vendre leur coton et céréales à des prix plus intéressant, sans les subventions ça ferait longtemps que les USA ne feraient plus de riz et de coton, idem en EU, ça mettrait un frein à l'intensification à outrace.
à zphilou
De pablico
18H05 | 07/11/2008 |
souvent le libre-échange, n'est que du colonialisme sans occupation…physique.
Pour donner le change, on critique avec véhémence le « vieux colonialisme'..
à pablico
De Karg se
Ingénieur agronome en recherche d'e... | 19H23 | 07/11/2008 |
Le libre échange, c'est permettre a ces pays de profiter de leur atouts, les néo colonialismes c'est dire « t'embête pas bamboula, élèvent pas des vaches je t'envoi du lait, pas cher »
De zorbek
21H49 | 07/11/2008 |
« Payer une marchandise à son juste prix ».
Ah bon ? Et qui va fixer le « juste » prix ?
Le consommateur ?
Le producteur ?
A mon sens, à moins de postuler une supériorité de fait à un commissaire du peuple ou assimilé comme cela s'est fait aux pays des magasins vides, le seul « juste » prix ne peut provenir que d'un accord entre celui qui vend et celui qui achète. Toute autre solution se fera forcément au détriment de l'une ou l'autre partie qui se sentira lésée…
Quant à la larme facile sur les soi-disant ravages du libre-échange en Afrique ou ailleurs, avez-vous lu ce qu'en disent Lamy ou Diouf sur ce site ? Que la crise alimentaire du tiers monde provient de NOS subventions agricoles et de NOS propres barrières au commerce mondial, non pas sur les matières premières évidemment (les hydrocarbures sont un cas à part), mais sur tout ce qui est produit par le travail des masses laborieuses du tiers monde. En d'autres termes, NOUS, profitant de notre position avantageuse de pays riches, nous nous enrichissons sur leurs dos en taxant le travail des plus pauvres (c.a.d en taxant leur plus-value, pour l'exprimer en termes marxistes). Et tout ce que l'intervenant lambda trouve à dire c'est de critiquer Lamy ou Diouf qui l'exposent pourtant de la manière la plus claire qui soit (cf « un vieux truc hérité du colonialisme »), comme si la faim dans le tiers monde venait du libre-échange (qui ne l'est absolument pas) alors que dans ce cas précis c'est bien notre protectionnisme de pays riche qui est en cause…
Lamy est pourtant on ne peut plus clair : « un des objets de la négociation à l'OMC, ce fameux round du développement, c'est effectivement de remédier à cette escalade tarifaire en faisant en sorte que les pays développés ne puissent plus utiliser ce vieux truc qui consiste à augmenter les tarifs au fur et à mesure que la valeur ajoutée augmente, et qui a pour effet de cantonner les pays en développement dans le fin fond des économies de cueillette. »
Mais plutôt que de lire et d'essayer de comprendre, il semble que la majorité des altermondialistes préfère le confort des raccourcis et préjugés idéologiques, tout en feignant ne pas s'apercevoir qu'ils foncent droit dans le mur du contre-sens…
Le conservatisme idéologique de gauche, et particulièrement celui d'ATTAC, est presque pire que celui de droite.
à zorbek
De Béatrice1
| 23H12 | 07/11/2008 |
Bravo. Je suis, comme souvent, entièrement d'accord avec vous. L'enfer est pavé de bonnes intentions, et c'est l'enfer assuré qu'ils nous promettent, à ATTAC.
à Béatrice1
De zorbek
23H36 | 07/11/2008 |
Merci pour votre conclusion qui résume bien le fond de ce que j'ai voulu dire. Il est vrai que je retrouve souvent mes propres convictions dans les vôtres et que ça aide à se sentir moins solitaire, au delà des points rouges (ou bleus) anonymes.
à zorbek
De William Tel
à Lille | 19H03 | 08/11/2008 |
Lamy, comme d'autres, est dogmatique. Il croit au libre-échange, il considère donc que si l'économie de certains pays va mal, ce n'est pa à cause du libre- échange, mais c'est parce qu'il n'y a pas assez de libre-échange. Par où la propagande néo-libérale rejoint la propagande soviétique. Il me semble pourtant que la « crise » actuelle démontre à quel point la liberté des échanges (c'est-à-dire l'absence de contrôle des états) mène à la catastrophe.
Reprocher à la gauche son abord iéologique des problèmes, qui l'empêcherait de voir la réalité telle qu'elle est, est un argument forgé par les néo conservateurs. A chacun ses « préjugés idéologiques »
à zphilou
De compte supprimé16
révolté | 10H56 | 08/11/2008 |
Parce-qu'il y aura encore des caddies dans ce monde nouveau ? Hm hm hm…
Pour le prix des denrées alimentaires, il est fixé, si ma pauvre mémoire est bonne, à la bourse de Chicago, ville symbole d'une toute nouvelle révolution. Tous les espoirs sont permis pour l'échine martyrisée du paysan africain, non ?
à compte supprimé16
De zorbek
11H37 | 08/11/2008 |
S'il est exact que les prix sont négociés au CBOT (Chicago Board of Trade) directement ou indirectement par des contrats à terme, il n'en reste pas moins que ces mêmes prix ne reflètent en rien un équilibre de marché puisqu'une large part de ce qui s'échange là est, comme le dit Diouf, l'aboutissement de centaines de milliards de $ injectés par les gouvernements US ou Européens (PAC) sous forme de subsides et autres prix garantis à la production. Et ce sont bien ces centaines de milliards en amont qui font la différence, le CBOT n'étant qu'un lieu d'échange après que les bureaucrates de la PAC ou de l'administration US aient décidé de la répartition de la largesse du contribuable.
Mais le problème du paysan africain n'est pas encore directement celui-là : il le serait s'il avait les moyens de produire à grande échelle, ce qui serait évidemment contraire aux intérêts des lobbies agricoles US et Européens qui font tout ce qu'ils peuvent pour l'en empêcher via les barrières aux importations : si vous avez des doutes, demandez un peu à Lulla ce qu'il pense de la PAC, voire d'ATTAC. Le problème direct du paysan pauvre du tiers-monde, c'est le dumping de toute notre surproduction intensive sur son propre marché qui va rendre le produit de son travail invendable. Face à cette concurrence faussée, il n'a plus les moyens de survivre, abandonne son savoir-faire traditionnel et va peupler les mégalopoles du tiers monde dans l'espoir vain de pouvoir peut-être un jour s'embarquer vers l'opulence de l'Occident pour venir y ramasser nos ordures, pour autant qu'il survive au périple, et aux adeptes de la France blanche s'il atterrit chez nous…
De BA
- | 16H29 | 07/11/2008 |
Le traité de Lisbonne est lisible à cette adresse :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i0439.pdf
Le traité de Lisbonne impose le libre-échange mondial généralisé :
« Par l'établissement d'une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l'Union contribue, dans l'intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres. »
Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, Cinquième partie, Titre II, Article 206, page 152.
Le 7 février 2008, à l'Assemblée Nationale, les députés ont voté POUR ou CONTRE ce traité de Lisbonne libre-échangiste. Bilan :
- 121 députés du Parti Socialiste ont voté POUR !
- seulement 25 députés du Parti Socialiste ont voté CONTRE !
http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0083.asp
De Karg se
Ingénieur agronome en recherche d'e... | 17H56 | 07/11/2008 |
Ceux qui provoquent la déflation salariale, c'est pas le libre échange, c'est le mélange de plusieurs facteurs :
- l'érosion de l'IR qui n'a plus son rôle de modérateur de rémunération : on est passé de 60% à 40% (voir 25-30% avec les niches fiscales)
- le vieillissement de la population : plus vieux, plus épargnants que consommateur, ça augmente mécaniquement la part des revenus du capital dans le PIB
- la bulle immobilière, qui alimente surtout les capitaux (on attend la chute avec impatiente.
- l'abandon de la démocratisation scolaire dans les années 90, malgré ses effets bénéfiques prouvés (voir les enquêtes emplois)
La mondialisation met en concurrence un part marginal des salariés, le problème de la France c'est pas la Chine, mais l'Allemagne, on est incapable de produire des biens intéressant pour les « riches ». Un pays qui voient partir 2500 thésards par ans se condamne à une mort lente, la fermeture des frontières ne fera rien d'autre qu'augmenter les prix dans les magasins et engraisser quelques cartels.
Le protectionisme, le Medef applaudis.
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 18H06 | 07/11/2008 |
La solution protectionniste est précisément celle qu'il paraît indispensable d'éviter en période de crise économique et de déflation mondiale. Les précédents historiques montrent que les modèles protectionnistes aboutissent à des résultats contraires aux objectifs souhaités (raréfaction et renchérissement des denrées), avec un surcroît de paupérisation des populations.
Le reste procède d'une série de vues de l'esprit : comment s'opposer au libre-échange alors que toutes les économies du monde le pratiquent (avec certaines exceptions notoires, notamment les Etats-Unis, qui protègent certains secteurs réservés) ? Comment aménager la politique de solidarité préconisée dans l'article si les partenaires européens de la France ne l'approuvent pas ? Autant annoncer que la France se retire de l'Union Européenne ! (Et si tel est le but, qu'on le dise.)
Quant à l'Alternative bolivarienne, on me permettra de rire ! Elle se compose actuellement d'un pays complètement dépendant de la manne pétrolière (Venezuela), et d'autres, tels que l'Equateur ou le Nicaragua, qui ne pèsent pas bien lourd dans l'économie latino-américaine. Naguère, Attac chantait les louanges de Lula da Silva au Brésil (pays qui serait un partenaire majeur), mais le concert a cessé du fait de diverses options choisies par Lula (production intensive d'agrocarburants, de plantes tropicales, etc.) qui ne paraissent pas politiquement ou écologiquement acceptables. Il est parfaitement compréhensible que Lula et d'autres leaders latino-américains insistent pour que leurs populations nationales ne soient pas les premières victimes de la crise.
On ne reviendra PAS en arrière : les flux commerciaux internationaux peuvent être modifiés et réorientés, mais ils ne vont pas cesser. Il est illusoire de croire que le culte du localisme et de la solidarité inter-locale représente une alternative crédible au libre échange. D'ailleurs, les économies sous-développées auraient tout à perdre à l'abandon des échanges. Ce qu'il faut modifier, c'est la COMPOSITION de ces échanges.
Je préfèrerais donc qu'on aménage des possibilités de « programmation » à long terme de la production globale par le biais d'un infléchissement vers le développement économique environnementalement compatible au sein des institutions existantes, y compris l'OMC, le FMI et la Banque mondiale, et surtout par un dialogue raisonné avec tous les partenaires existants (y compris la Chine et l'Inde). Il est encore temps de convaincre tous ces partenaires que la protection de l'environnement au sens large est désormais un impératif immédiat qui s'impose à tous.
à Jaycib
De Lairderien
01H39 | 08/11/2008 |
Proposition pragmatique incontournable, avec laquelle je suis en phase.
Ici comme ailleurs dans d'autres domaines, il faut savoir garder les pieds sur terre et tenir compte de l'existant.
De nemo3637
Déchoukeur | 19H40 | 07/11/2008 |
Le retour au aux idéaux du capitalisme d'état, au tout état, est somme toute récurent lors des grandes crise économiques. C'est à ce moment-là que les capitalistes, jusque là libéraux jusqu'à la racine, lui trouvent toutes les qualités ! Aux Etats-Unis, c'est le « New Deal » de Roosvelt, inspiré de Keynes - qui ne pourra se développer réellement qu'après une répression du mouvement ouvrier et une guerre, la seconde guerre mondiale -, en Europe le totalitarisme étatique s'impose, depuis la Russie bolchévique - que Paul Mattick appelera « fascisme rouge“-, en passant par l'Italie et l'Allemagne. En France, à l'intérieur de la SFIO, il existera toute une tendance - les ‘planistes’ - conduit par Marcel Déat, qui prétendra résoudre la crise par un protectionnisme et une planification rigoureuse. Il passera logiquement à l'extrème-droite, comme on sait.
Le naïf croit découvrir des merveilles et ce ne sont que de vieilles lunes nauséabondes.
De Karg se
Ingénieur agronome en recherche d'e... | 19H25 | 07/11/2008 |
Durant la crise de 1929, c'est le protectionisme qui a répandu et aggravé la crise, faire ce choix aujourd'hui c'est se condamner. Keynes était profondément libre échangiste, comme l'est la gauche américaine, celle de Krugman.
à Karg se
De Pas lolo
fasciné | 09H59 | 08/11/2008 |
Pour sur, c'est la droite et les mandataires des secteurs financiers qui sont contre les IDE et le libre échange. En fait, on aurait vite fait de dresser la liste des partisans du libre échange sans restrictions dans le milieu des économistes américains. Et pour ce qui est de la « gauche » politique américaine, demandez vous donc ce que peut vouloir dire « fair trade, not free trade ».
Semble qu'on ait encore un train de retard en France. Vu la qualité de ce qui nous fait leiu d'économistes, pas étonnant.
De nemo3637
Déchoukeur | 20H03 | 07/11/2008 |
Tout à fait. Le problème qui se pose actuellement - et qui se posait aussi finalement en 1929 - c'est le contrôle (aujourd'hui on parle de « régulation des marchés ») d'une machine économique et financière fonçant dans une crise abyssale. Pour ma part je ne vois aucune solution à l'intérieur du système capitaliste, sinon les conséquences à une rétractation de l'économie, c'est-à-dire, toujours dans la logique du système, le totalitarisme d'état et la guerre. A moins que…
à nemo3637
De nemo3637
Déchoukeur | 20H12 | 07/11/2008 |
Sur Keynes
Keynes était avant tout pragmatique, comme devrait l'être tout penseur efficace du capitalisme. Il est connu notamment pour avoir donné un rôle à la puissance publique. Son libéralisme s'arrête - ou se tempère - avec son admiration de la politique économique du régime nazi, qu'il félicitera de s'être inspiré de sa propre pensée, dans sa correspondance avec le minitre allemande de l'économie, Schaft.
à nemo3637
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 22H28 | 07/11/2008 |
Le ministre de l'économie allemand inspiré par l'oeuvre de Keynes était Hjalmar Schacht, et encore n'a-t-il exercé cette fonction que pendant deux ans et quelque au début de l'« administration » nazie. Il a ensuite été directeur de la banque centrale du Reich, limogé subséquemment par Hitler du fait de son opposition aux dépenses excessives en armements du Reich.
Keynes n'était pas un économiste libéral au sens contemporain du terme, ce que Hayek, pratiquement son condisciple, lui a beaucoup reproché.
De mec de banlieue
un martien sur cette planete | 00H10 | 08/11/2008 |
j'ai plus rien a dire apres l'article et les commentaires , merci , si les envoyes au PS , ils pourront voir de vrai personnes de gauche .
De Victor31
étudiant | 12H03 | 08/11/2008 |
Apparemment, les clichés concernant le libre-échange que vous détectez dans les idées altermondialistes ont de quoi concurrencer les votres concernant le protectionnisme …
« Protectionnisme altruiste » ou « éducateur, furtif » selon Friedrich List. L'idée serait, il me semble, non pas de retourner au « culte du localisme », mais de permettre aux industries naissantes de se préparer à la concurrence internationale (via subventions entre autres …). Seulement voilà, les discours des pays riches (à coup de « faites ce que je dis, pas ce que je fais ») ont clairement proné le libre-échange comme solution aux proclèmes du Tiers-Monde. Et les organisations supranationales (FMI, Banque Mondiale) ont tenu un discours semblable plutôt que de s'attaquer en priorité aux pays riches dont les manipulations protectionnistes ont des conséquences bien plus graves. Certes les Lamy, Camdessus, Zoelick (entre autres) ont critiqué ce protectionnisme à la sauce occidentale … mais juste critiqué.
Ce n'est pas ce protectionnisme que les mouvances altermondialistes pronent, il s'agirait plutôt de donner une certaine marge de manoeuvre aux PMA ou autres PED afin de leur permettre de préparer leurs industries naissantes à entrer sur le marché mondial. Seulement, ce projet nécessite un consensus mondial et le passage du libéralisme au pragmatisme des organisations supranationales. Difficile en apparence.
De gribouillemoqueur
13H31 | 09/11/2008 |
Je pense que la principale lacune de cet article est de partir d'un postulat : Le libre échange comme la racine de tous nos maux.
Jacques Sapir fait de la déflation salariale une conséquence de la concurrence internationale. C'est une vision généralement admise par tous.
Cependant, quand on analyse l'impact du commerce international notamment sur le chomage. Les économistes sont unanimes pour aboutir à la conclusion d'un effet marginal de la concurrence des pays à bas salaires sur l'emploi dans les pays développés.
Dès lors, d'où vient cette idée généralement admise qu'il est nécessaire de dégrader les conditions de travail et de baisser les salaires pour ne pas perdre son emploi ?
Aujourd'hui que l'on parle d'un retour souhaitable au proteccionnisme, parce qur le capitalisme serait devenu fou. Pourquoi des questions simples comme la parité de l'Euro, la lutte quasi absurde menée par la BCE contre l'inflation, ne sont même pas posées avant de tomber dans l'extrême inverse du proteccionnisme comme seul remède au mal qui nous frappe ?
Pourtant la question de la parité de l'Euro détermine directement notre compétitivité internationale ?
pourtant la lutte contre l'inflation influence la répartition de la richesse produite entres les revenus du capital et du travail ?
Alors pourquoi s'en prendre au libre échange en particulier ?
De JEFFDEBADEN
Ingénieur en retraite | 18H30 | 09/11/2008 |
Dans la mesure ou le libre échange n'a pour but ultime que de faire du fric il est condamnable. L'univers spéculatif dans lequel nous sommes depuis des années conduit au chaos parceque la faiblesse des uns fait la richesse des autres, parcequ'aucune régle d'humanisme n'interfère dans les transactions commerciales.
Il faut produire là où les coûts de production sont les moins chères, acheter au prix fixé par le « Dieu » Marché, instrumentaliser les hommes pour en faire des robots soit producteurs soit consommateur. Tout cela s'effectue en affaiblissant les politiques de tous les Pays selon des stratégies financières de lobbying sophistiquées.
Les conséquences en sont la paupérisation d'une majorité de l'humanité et l'enrichissement honteusement énorme d'une minorité, l'uniformisation de la consommation et des cultures, la migration des désespérés vers des hypotéthiques eldorado, le pillage de plus en plus rapide des ressources naturelles etc…..
Si le libre échange doit se poursuivre ainsi alors que Dieu ait pitiè de nous !
Nous nous en sortiront que lorsque les hommes politiques de tous les pays auront établi des régles de partage équitable et pour cela il faut qu'ensemble ils deviennent plus forts que les multinationales, qu'ils acceptent une logique humaniste et non simplement financière. Pour commencer, il serait nécessaire de refonder les organismes internationaux qui traitent d'échanges commerciaux et financiers en les élargissants à une majorité de pays.
Déjà, la gestation lente de l'Europe pourrait servir de modèle, Je rêve ! mais pourquoi pas ? La crise d'aujourd'hui n'est-elle pas propice à ce genre d'évolution (j'ai hésité avec le mot révolution).
Tout cela pourrait prendre beaucoup de temps car je pense que la logique capitaliste financière correspond assez bien à l'essence même de l'égoîsme humain. Alors le libre échange mondial actuel a encore quelques beaux jours devant lui, en attendant l'homogénisation des politiques commerciales et le renforcement des hommes politiques nouveaux.
De gribouillemoqueur
20H43 | 09/11/2008 |
Votre vision du libre échange est compréhenssible. Cependant, le libre échange ne conduit pas forcément au scénario que vous décrivez. par exemple :
Quand on interrogeait les syndicats suèdois sur la fin des quotas textiles chinois, ils disaient que la possibilité d'avoir accès à des produits chinois, permettait un gain de pouvoir d'achat de l'ordre de 200 € par an et par famille. Quand on leur posait la question de l'avenir de l'industrie textile suèdoise et ses emplois, ils répondaient qu'elle ne craignait rien car elle s'était positionnée sur de nouveaux segments de marché.
Malheureusement au delà de cet exemple, on doit admettre que la perception du libre échange au niveau des sphères dirigeantes et du public conduisent à considérer le libre échange comme un indicateur de performance et de compétitivité sur fond de guerre économique.
C'est en cela qu'on demande aux populations toujours plus de sacrifices pour des motivations aussi infondées qu'inutiles (personne n'a dit aux allemands que leurs sacrifices pour devenir compétitif ces dernières années n'ont servi à rien tant les fluctuations des monnaies ont gommé d'un trait plume les efforts consentis)
On ne comprend pas que les déséquilibres commerciaux entre pays conduisent à la destruction des échanges internationaux. On se focalise sur la balance commerciale en considérant que l'accumulation d'un excédent est un objectif. Or un excédent commercial n'assure pas en soi un meilleur niveau de vie à la population. Ce n'est ni plus ou moins qu'un indicateur dont il faut assurer l'équilibre entre les exportations et les importations sur le long terme.
Or dans un système de taux de change flexibles qui ne serait pas perturbé pas des éléments financiers, Des relations qui seraient régies par les avantages comparatifs. La balance commerciale ne peut que conduire à l'équilibre sauf hypothèse de corruption du système par le jeu de manipulations diverses.
C'est pourquoi le libre échange n'est pas à l'origine de la baisse du niveau de vie des populations des pays développés. Il faut chercher la responsabilité dans le coeur de nos institutions et dans notre système de pensée, non dans le libre échange lui-même.
De fâché.com
perdu | 22H54 | 09/11/2008 |
Et pourquoi pas un peu beaucoup de protectionnisme, s'il part d'une réflexion sans concession de l'histoire des 20-30 derniéres années : la désindustrialisation à tout berzingue pour chercher les plus values les plus rapides à l'extérieur, au mépris de l'environnement, de l'éthique sociale, de la recherche de la performance technologique réfléchie à long terme .
Nous en payons le prix fort actuellement, sans avoir la ressource intellectuelle et morale pour se ressaisir vu que le profit à court terme a prévalu et continue de prévaloir.
La politique officielle depuis une bonne dizaine d'années, voire plus, a consisté à récompenser les entreprises les plus bénéficiaires à ultra court terme, à en plus, border les dirigeants des grandes sociétés dans des draps cousus d'or même dans les situations de cessation de paiement ou de quasi-faillites (les exemples fourmillent).
Ces mêmes dirigeants auraient dû être condamnés aux fers ainsi que leurs protecteurs, malheureusement ce sont les citoyens lambdas qui trinquent comme nous le voyons encore plus clairement ces dernières semaines.
ll suffirait peut-être d'un peu plus de raison maintenant, c'est à dire d'accepter un train de vie plus raisonnable pour tous, de se concentrer sur nos savoirs-faire, de répartir nos richesses (hou la la, je sens monter la fièvre droitière et poujadiste ! ), d'arrêter de rêver à des chimères aventuristes en Afghanistan ou en Iran. Le vrai travail est un travail de coureur de fond, concentré sur nous mêmes,sur nos erreurs nombreuses depuis la « révolution néo libérale » qui a intoxiqué tous les milieux et courants de la société de l'extrême droite jusqu'aux ex-gauchistes. Vive le protectionnisme réfléchi et non xénophobe ! ! !