Tribune

Madame Bachelot, l'hôpital public est en cours d'asphyxie

Par Denis Devictor | Assistance publique-Hôpitaux de Par... | 10/11/2008 | 13H16

C'est la première fois qu'autant de médecins hospitaliers montent au créneau. Revenant sur les réformes récentes engagées par la ministre de la Santé, notamment la tarification à l'activité, Denis Devictor adresse cette tribune à Roselyne Bachelot, au nom de tous les présidents de comités consultatifs médicaux des hôpitaux de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

La politique déployée sur nos hôpitaux depuis plusieurs mois ressemble de plus à en plus à un étranglement financier pur et simple. Des restrictions budgétaires sans objectifs médicaux ni de santé publique clairement identifiés font courir des risques graves au système de santé que nous servons.

A l'heure où les parlementaires français réfléchissent à l'avenir du système de santé en France à l'occasion des discussions sur la loi « portant réforme de l'hôpital et des dispositions relatives aux patients, à la santé et aux territoires », il ne faudrait pas que toute tentative de changement, portée par une volonté justifiée d'améliorer l'organisation du système de santé, n'aboutisse à une paupérisation progressive de nos hôpitaux et à un découragement de l'ensemble des personnels qui y travaillent.

Déjà deux réformes majeures ont eu lieu :

1. Les pôles d'activité. Les présidents des comités consultatifs médicaux (CCM) des hôpitaux de l'AP-HP se sont engagés ces dernières années avec volonté dans la réorganisation de l'hôpital en mettant en place les pôles d'activité médicale.

Nous avons dû convaincre ceux de nos collègues inquiets des changements importants que cela annonçait dans l'organisation quotidienne du travail. Nous avons réfléchi sur le terrain aux risques de perte d'identité de petites équipes performantes pouvant être « noyées dans de grands pôles ».

Une modernisation de l'hôpital nous semblait indispensable et nous avons plaidé que cela passait par de nouveaux schémas, plus solidaires et plus responsables vis-à-vis de l'utilisation rationnelle des moyens dédiés par la communauté au système de santé.

2. La tarification à l'activité. Nous avons dans le même temps accompagné la vague de la « tarification à l'activité », nouveau mode de financement des hôpitaux où les moyens alloués sont directement liés à l'activité, et les bouleversements qu'elle a induit.

Là aussi, nous avons plaidé l'aspect fortement incitateur de cette réforme en termes de réorganisation et d'optimisation des moyens utilisés. Nous avons examiné les risques que pourraient engendrer une volonté de développer prioritairement une activité financièrement « rentable », aux dépens de la qualité et des missions de service public.

Dans cet esprit, nous avons approuvé les mécanismes compensateurs de soutien aux activités de recours de l'hôpital public, aux missions d'intérêt général, à l'accueil des urgences et des personnes âgées et aux missions de recherche. La recherche a en effet pris place désormais au coeur de nos métiers à l'hôpital public et à l'AP-HP, car c'est en innovant et en évaluant aujourd'hui nos pratique que nous offrons de meilleurs soins dès demain.

La situation s'aggrave sur le plan financier

Depuis quelques mois, le ton a malheureusement changé. La place n'est plus aux réorganisations et regroupements médicalement utiles et intelligents, aux investissements sur des projets prometteurs, la place est aux économies à très court terme et à tout prix.

Les investissements non engagés sont arrêtés. On nous demande désormais de recruter nos jeunes collaborateurs sur la base d'une masse salariale constante qui conduit inéluctablement à une réduction d'emplois et compromet l'avenir. Les crédits d'emplois non utilisés temporairement « disparaissent ». Les crédits dits « fléchés », c'est-à-dire devant servir à un besoin de santé publique spécifiquement identifié, sont gelés dès qu'il ne sont pas immédiatement engagés.

Les dépenses de personnel supplémentaires (remplacement, intérim), si importantes dans les périodes de surchauffe, sont bloquées. Les heures supplémentaires pour les personnels, les plages « additionnelles » (équivalent pour les médecins), tout cela est soumis à la moulinette financière la plus drastique qui soit.

La direction générale de l'AP-HP ne fait, semble-t-il, que répercuter une politique qu'elle doit subir.

Un risque majeur d'étranglement progressif

Au nom des présidents des comités consultatifs médicaux, médecins de terrain, suivant au plus près les répercussions des réformes et des contraintes budgétaires sur le quotidien de l'hôpital, je tiens à souligner notre inquiétude. Les deux réformes précédentes majeures (« pôles et nouvelle gouvernance » et « tarification à l'activité ») ont eu des effets stimulants pour mettre en place un meilleur fonctionnement.

Ces réformes sont à peine mises en place et l'émoi qu'elles ont entraîné est loin d'être retombé. Aujourd'hui cependant, l'impression est qu'elles risquent de ne servir qu'à un étranglement progressif de l'hôpital public par, entre autres, une mécanique inquiétante de baisse annuelle des tarifs de remboursement de l'activité. Ni la tarification à l'activité ni la nouvelle gouvernance ne sont intrinsèquement en cause car ce ne sont que des outils de gestion et d'organisation. La vraie question est de savoir quelle santé nous voulons.

La santé est un investissement pour le pays. L'utiliser pour un objectif à court terme de réduction pure et simple des dépenses est dangereux. La qualité va en pâtir sans aucun doute, de même que l'accès aux soins pour tous, si efficace aujourd'hui en France. Le découragement des acteurs qui font l'hôpital public va s'en suivre. Il y a danger. Les médecins impliqués dans l'organisation hospitalière à l'AP-HP vous le disent solennellement.

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De Garp

citoyen d'en bas | 15H59 | 10/11/2008 | Permalien

C'est pourtant simple :
1. Mettre à terre un service public en limitant les moyens alloués aux tâches qui lui sont dévolues
2. Mettre en avant les réussites du système privé qui, LUI, réussit à être rentable
Il ne reste plus qu'à proposer la privatisation du service public qui sera acceptée par le plus grand nombre.
Regardez bien : la santé, l'éducation, la poste …

Portrait de admirateur

à Garp Portrait de Garp De admirateur

16H03 | 10/11/2008 | Permalien

le frère jumeau de gaetan

Portrait de fermtag

à admirateur Portrait de admirateur De fermtag

18H39 | 10/11/2008 | Permalien

Laissons-lui le bénéfice du doute et espérons qu'il s'agit d'un second degré, genre « la preuve par l'absurde »…

PS : il ne faut pas non plus oublier que si le privé est rentable, c'est aussi parce que il envoie vers le public ceux qui ne le sont pas/plus : -(

Portrait de hycare

à Garp Portrait de Garp De hycare

23H28 | 10/11/2008 | Permalien

C'est exactement la feuille de route du président.
En résumé ce gouvernement n'aura plus que les fonctions régaliennes comme uniques services publics : armée, justice et … médias…ou comment « forger l'opinion public » d'un Gaétan, par exemple…

Portrait de affreuxjojo

De affreuxjojo

19H25 | 10/11/2008 | Permalien

Petite contribution qui peut éventuellement servir à Gaétan.
Le système de santé privé Américain est devenu de très loin le plus coûteux par habitant de toute la planète. Ce système privé est basé sur la responsabilité individuelle (à chacun de s'assurer) et sur la libre concurrence. Si ces notions (qui sont à la base de libéralisme) fonctionnaient, le système de santé américain serait le meilleur du monde. En réalité et de plus en plus d'Américains en prennent conscience, c'est un des plus mauvais, tout en étant, je le répète, le plus coûteux. Et, tare supplémentaire,malgré le coût global pharamineux, près de 50 millions d'Américains n'ont aucune assurance santé.
C'est donc un système injuste, ruineux et inefficace que la France devrait copier ?
Le système de tarification mis en place est inique car non fondé sur les coûts réels. Les cliniques privées se jettent sur les actes médicaux bien rémunérés. Par obligation de service public restent à l'hopital public les actes sous tarifés. Un accouchement sans problème peut ainsi être réalisé avec profit dans une clinique privée. Un accouchement à risque sera effectué a perte par l'hopital privé (équipe chirurgicale, bloc opératoire, hospitalisation prolongée de la patiente etc). Ce système de tarification est tellement déséquilibrée que l'hôpital public est en quasi faillite financière. En contrepartie,certaines cliniques privées sont tellement juteuses financièrement qu'elles sont actuellement achetées à tour de bras par des fonds d'investissement et des fonds de pensions.
En résumé nos cotisations ne financent plus notre système de santé mais enrichissent des actionnaires.

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De layote

20H13 | 10/11/2008 | Permalien

pour tout comprendre sur les effets pervers de la tarification à l'activité , vous pouvez aller sur :
http://www.appel-sauver-hopital.fr/spip.php ? article676

Travaillant à l'hopital , je peux vous assurer que la recherche de rentabilité pervertit le systéme , le rend inflationniste et exclue de fait du champ de nos missions (de service public ? ? ) la prise en charge de pathologies lourdes non rentables.La proportion de français qui renonce aux soins va augmenter avec les risques sanitaires qui vont avec (ex tuberculose).
Triste époque qui ne comprend pas que l'hopital a besoin de réformes mais pas celle là qui le condamne à mort…..

Portrait de marie 75

à layote Portrait de layote De marie 75

11H57 | 11/11/2008 | Permalien

signez cet appel, il en va de notre santé publique et de votre santé et de celle de vos proches.
L'UMP a décidé la mort du sce public !

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De jfko

Infosophe | 23H15 | 10/11/2008 | Permalien

Et en quoi le déficit de notre service de santé serait scandaleux et inacceptable ? L'AP-HP n'est pas (encore) une valeur cotée au CAC, que je sache ! Vouloir « marchandiser » la santé est tout simplement une honte !
Il est cependant indéniable que certains en profitent et, certes, la plupart des toubibs gagnent très bien leur vie. Mon médecin (médecin de campagne, je précise) m'a dit récemment dit qu'1 euro supplémentaire par consultation lui procurait le montant d'un SMIC par mois. Il me disait également vouloir fermer son cabinet, ne supportant plus cette dérive imposée, écœuré par cette fameuse mesure de « prime à l'ordonnance courte et aux examens évités ».
Mme Bachelot a encore une fois tout faux ! C'est pathétique !

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De sujetduprince

00H06 | 11/11/2008 | Permalien

les medecins du service public ont creusé leur propre tombe depuis des annéées par un silence coupable quand les personnels se mobilisaient … on ne manifestait pas avec le bas peuple des hopitaux …caste oblge

l'etranglement financier … depuis le plan Juppé se met en place sous tous les gouvernements, de droite comme de gauche ….

les grands perdants : les assurés sociaux dont on veut envoyer les cotisations vers les assurances privées et les cliniques privées. …. la santé est un produit pour le capitalisme sauvage ( y en a t il un autre ? )

pour etrangler les hopitaux a été inventée la « moyenne “ …tout hopitral ayant des dépenses au dessus de la moyenne est sanctionné … le raisonnement mathematique du niveau d'un enfant de cp est simple : si la moyenne devient le plafond…la moyenne va baisser - indefiniement - jusqu'à disparition des hopitaux publics.

la ‘moyenne’ se joue aussi au niveau du malade … du client (dire le malade devient d'une ringardise dans les hopitaux….meme pour certains syndicalistes) …la maladie doit etre dans la moyenne et si vous n'etes pas guéri dans la moyenne vous faites chuter la boite de bons points du service (si votre maladie doit etre guérie en cinq jours d'après les normes définies dans un quelconque bureau … ne vous avisez pas de dépasser … vous devenez un problème financier)

et si vous n'etes pas content … payez la consultation privée …. vous n'en avez pas les moyens ! … travaillez plus pour arondir les fins de mois de votre medecin déjà payé par le service public

il semblerait que dans certaines spécialités les revenus des medecins entre public et privé vont de un à dix pour le meme service … jusqu'à ce que votre maladie devenant incurable vous soyez reexpédié vers ces nuls du service public pour y mourir

Portrait de ah_bon

De ah_bon

cherchant | 05H21 | 11/11/2008 | Permalien

je ne comprends pas très bien la rédaction de votre titre… Vous voulez alerter Mme Bachelot ? Mais justement elle VEUT l'asphyxie de l'hôpital public, pour mieux pouvoir débrancher le malade au profit du privé.

C'est le même principe que pour la poste, la SNCF, EDF, etc., etc.

Portrait de gmily

De gmily

10H39 | 11/11/2008 | Permalien

Malheureusement , faire cadeaux aux grosses entreprises de plus en plus de taxes et charges , créent des manques aux hôpitaux publics , c'est un choix politique que Mr Sarkozy a fait avec l'aide de 53 % des Français qui maintenant vont se plaindre , dans les professions de la santé , ce pourcentage est encore plus fort ! Les très riches ne paient pas d'impôts sur leur revenus ! Moi, en tant qu'artisan , je donne 1040 € de charge mensuelle pour un salaire net de 1000 € combien donne un médecin ? le problème est là , ce n'est pas la peine de tourner autour du pot !

Portrait de markeda

à gmily Portrait de gmily De markeda

Chirurgien | 13H20 | 16/11/2008 | Permalien

Les charges des médecins sont les plus élevées des professions libérales

Portrait de karine83

De karine83

informaticienne | 18H20 | 11/11/2008 | Permalien

Moi qui travaille à l'hôpital, je vous remercie pour cette tribune qui reflète vraiment mon sentiment.

La question de fond est
« Quel choix de société faisant nous pour la santé ? “.
‘ Que faisons-nous du principe de solidarité ?

Va t-on laisser sur le bord de la route toute personne qui tombe gravement malade ? Va t-on laisser les plus vieux d'entre nous tomber dans la déchéance. Va t-on dès 20 ans devoir payer une assurance jusqu'à la fin de sa vie active pour assurer ses vieux jours. C'est bien ce vers quoi ils veulent nous entrainer et de manière tellement insidieuse que peu sont ceux qui réagissent.

A lire cette pensée philosophique (un petit conte d'Olivier Clerc) :

http://www.lepost.fr/article/2008/08/17/1245533_le-principe-de-la-grenou…

Portrait de Béjaet123

De Béjaet123

(démocratiemoncul) | 06H11 | 12/11/2008 | Permalien

Il apparait que nous sommes tellement débordés, nous, citoyens, dans cette politique du pire ou la solidarité sans est allé. Les politiques actuelles tirent sur l'élastique qui est dors et déjà à un doigt de céder.
Ils ne prendront pas leur responsabilité quand l'explosion sociale qui couve, s'embrasera. Comme dit le proverbe : « je ne sais pas ou on va mais on y va »…Le malaise social touche presque tous le monde…. Du plus petit dénominateur commun au plus (grand). Pour ce qui concerne la santé, soit ce sont les soins et les interventions à la chaine, pour faire du profit. ( J'en suis victime, 4 interventions du rachis consécutives et 2 contaminations à Staphylocoque doré en plan profond, dans une clinique de Rennes, la clinique Saint Vincent, de Saint Grégoire) et des mutilations alors que je n'avais qu'une petite hernie discale et une infiltration aurait suffit. Après 3ans de procédure, je ne suis toujours pas indemnisé et seule la solidarité nationale me permet de survivre. Nous sommes face à une inflation d'interventions non contrôlé qui met notre système de santé par terre. En effet, de très nombreuses clinique privé ce sont mises à pousser ces dernières années avec des médecins très souvent actionnaire de l'outil de travail. Ce qui dans un premier temps ne choc personne mais il apparait que cela impose une gestion des clients (patients) milimettrés. En effet, des sommes colossales ont été investies et seul un rythme élevé d'intervention permet financièrement de rester à flots, ( sauf que les actionnaires ne sont à l'évidence pas trop pénalisé). Les autorités sanitaires font très attention à ne pas trop froisser nos élites médicales, cause le numérus clausus. Seul une limitation des interventions par bloc a été demandée, afin de permettre une désinfection plus importante. La parade à la législation et afin de tenir le rythme plusieurs champs opératoires ont et construit. Le rythme d'interventions peu être. Personne n'y vois rien à redire. Les cadences sont soutenues et les hôpitaux publiques gère le lourds, les échecs médicaux, les personnes agés, le patient chronique et n'a plus l'aval financier des pouvoirs publiques qui étouffent surement notre patrimoine commun.

Portrait de Béjaet123

De Béjaet123

(démocratiemoncul) | 06H11 | 12/11/2008 | Permalien

Il apparait que nous sommes tellement débordés, nous, citoyens, dans cette politique du pire ou la solidarité sans est allé. Les politiques actuelles tirent sur l'élastique qui est dors et déjà à un doigt de céder.
Ils ne prendront pas leur responsabilité quand l'explosion sociale qui couve, s'embrasera. Comme dit le proverbe : « je ne sais pas ou on va mais on y va »…Le malaise social touche presque tous le monde…. Du plus petit dénominateur commun au plus (grand). Pour ce qui concerne la santé, soit ce sont les soins et les interventions à la chaine, pour faire du profit. ( J'en suis victime, 4 interventions du rachis consécutives et 2 contaminations à Staphylocoque doré en plan profond, dans une clinique de Rennes, la clinique Saint Vincent, de Saint Grégoire) et des mutilations alors que je n'avais qu'une petite hernie discale et une infiltration aurait suffit. Après 3ans de procédure, je ne suis toujours pas indemnisé et seule la solidarité nationale me permet de survivre. Nous sommes face à une inflation d'interventions non contrôlé qui met notre système de santé par terre. En effet, de très nombreuses clinique privé ce sont mises à pousser ces dernières années avec des médecins très souvent actionnaire de l'outil de travail. Ce qui dans un premier temps ne choc personne mais il apparait que cela impose une gestion des clients (patients) milimettrés. En effet, des sommes colossales ont été investies et seul un rythme élevé d'intervention permet financièrement de rester à flots, ( sauf que les actionnaires ne sont à l'évidence pas trop pénalisé). Les autorités sanitaires font très attention à ne pas trop froisser nos élites médicales, cause le numérus clausus. Seul une limitation des interventions par bloc a été demandée, afin de permettre une désinfection plus importante. La parade à la législation et afin de tenir le rythme plusieurs champs opératoires ont et construit. Le rythme d'interventions peu être. Personne n'y vois rien à redire. Les cadences sont soutenues et les hôpitaux publiques gère le lourds, les échecs médicaux, les personnes agés, le patient chronique et n'a plus l'aval financier des pouvoirs publiques qui étouffent surement notre patrimoine commun.

Portrait de Béjaet123

De Béjaet123

(démocratiemoncul) | 06H14 | 12/11/2008 | Permalien

Il apparait que nous sommes tellement débordés, nous, citoyens, dans cette politique du pire ou la solidarité sans est allé. Les politiques actuelles tirent sur l'élastique qui est dors et déjà à un doigt de céder.
Ils ne prendront pas leur responsabilité quand l'explosion sociale qui couve, s'embrasera. Comme dit le proverbe : « je ne sais pas ou on va mais on y va »…Le malaise social touche presque tous le monde…. Du plus petit dénominateur commun au plus (grand). Pour ce qui concerne la santé, soit ce sont les soins et les interventions à la chaine, pour faire du profit. ( J'en suis victime, 4 interventions du rachis consécutives et 2 contaminations à Staphylocoque doré en plan profond, dans une clinique de Rennes, la clinique Saint Vincent, de Saint Grégoire) et des mutilations alors que je n'avais qu'une petite hernie discale et une infiltration aurait suffit. Après 3ans de procédure, je ne suis toujours pas indemnisé et seule la solidarité nationale me permet de survivre. Nous sommes face à une inflation d'interventions non contrôlé qui met notre système de santé par terre. En effet, de très nombreuses clinique privé ce sont mises à pousser ces dernières années avec des médecins très souvent actionnaire de l'outil de travail. Ce qui dans un premier temps ne choc personne mais il apparait que cela impose une gestion des clients (patients) milimettrés. En effet, des sommes colossales ont été investies et seul un rythme élevé d'intervention permet financièrement de rester à flots, ( sauf que les actionnaires ne sont à l'évidence pas trop pénalisé). Les autorités sanitaires font très attention à ne pas trop froisser nos élites médicales, cause le numérus clausus. Seul une limitation des interventions par bloc a été demandée, afin de permettre une désinfection plus importante. La parade à la législation et afin de tenir le rythme plusieurs champs opératoires ont et construit. Le rythme d'interventions peut être maintenu. Personne n'y vois rien à redire. Les cadences sont soutenues et les hôpitaux publiques gère le lourds, les échecs médicaux, les personnes agées, le patient chronique et n'a plus l'aval financier des pouvoirs publiques qui étouffent surement notre patrimoine commun.

Portrait de markeda

à Béjaet123 Portrait de Béjaet123 De markeda

Chirurgien | 13H27 | 16/11/2008 | Permalien

Je comprends votre désarroi suite à vos problèmes nosocomiaux.
Cependant, soyez conscient que cette dérive va se réguler d'elle même du fait de la pression judiciaire.

Les chirurgiens ne poussent plus les indications car en cas de problème ils sont impardonnables.

Ex : les ophtalmologues opéraient auparavant les cataractes un peu trop tôt pour gonfler leur chiffre. Plusieurs condamnations en cas d'infection sur une cataracte dont la chirurgie était inutile ont calmé leurs ardeurs.
Maintenant, 95% des praticiens opèrent quand il le faut

En revanche dans les 5 années qui viennent, la relation médecin malade va fortement se contractualiser par l'intermédiaire de la signature de formulaire de consentement de façon systématique

Portrait de gmily

De gmily

08H40 | 12/11/2008 | Permalien

la question importante est, fait-on le choix politique d'un service public fort, ou non ! ….. Aujourd'hui , la France est très riche par rapport à l'époque ou les services public ont été crées , donc , le problème n'est pas l'argent. Le problème , c'est ,est-ce que tout le monde ,dans ce pays doit participer à ce système , pour moi il n'y a aucun doute , si on veut une France forte et équilibré qui soit à nouveau un exemple à suivre ! il faut taxer les hauts revenus , la bourse autant que les bas revenus et ne plus permettre à certains de s'enrichir sans rien reverser à la communauté ! . lorsque Le MEDEF , veut vendre l'industrie Française à l'étranger ,il vante les bons côtés de notre système soit « la main d » oeuvre la moins chère d'Europe , le temps de travail le plus long d'Europe ,le pays ou il y a moins de grève et l'ouvrier le plus productif d'Europe. lire cet article et le faire passer http://www.marianne2.fr/Faibles-couts-salariaux,-productivite-exceptionnelle-La-Chine-Non,-la-France ! _a92947.html
par contre à l'intérieur du pays , il dit exactement le contraire ! et il continue de faire baisser les taxes et les imôts des sociétés ! le résultat économique prouve que ce n'est pas la bonne voie car nous sommes en retard sur les autres.
Le seul système politique qui peut relancer le pays en mettant tous les Français sur le même plan , c'est le système basé sur la solidarité d'antan ou tout le monde se sent concerné par le même devoir . C'est la seule façon de faire , pour que les riches et les pauvres soient moins égoïstes et aient envie de mouiller le maillot pour le pays , et non pour son seul intérêt ! …..

Portrait de markeda

De markeda

Chirurgien | 13H18 | 16/11/2008 | Permalien

Une solution pour l'hôpital ?
Il n'y en a pas une mais plusieurs qu'il faut mettre en place rapidement.
La santé coute cher et coutera de plus en plus cher.

La seule façon de s'en sortir c'est d'être performant et efficace.
Mais ceci ne passe pas forcément par une réduction seule des coûts, mais plutôt par le fait de choisir des priorités et de mettre les moyens pour que cela soit rentable.

Un exemple : comment expliquez vous que le CHU qui m'emploie ferme ses blocs opératoires pendant les vacances de la Toussaint, en raison du manque de personnel infirmier qui pose ses RTT pour être en famille ?
Mon programme opératoire est plein à 4 mois, je ne prend pas de vacances de la toussaint du fait de mon statut (pas le droit au RTT), mais je ne peux pas opérer.
Ceci est aberrant pour les patients et pour l'hôpital à qui je rapporte de l'argent.

Les pathologies lourdes rapportent énormément d'argent à l'hôpital, donc ne vous en fait pas, les malades les plus graves seront toujours bien soignés dans des centres d'excellence.

Les médecins doivent être bien payés car sinon ils ne s'engagent pas dans des spécialités contraignantes (pourquoi choisir la chirurgie, qui implique 13 à 15 années d'études pour être à niveau, et des horaires allant de 60 à 80 heures par semaine, pour débuter à 2700 Euros par mois en tant que praticien hospitalier ? )

En revanche, il faut en finir avec la médecine de confort et la possibilité de demander 5 avis à 5 médecins différents pour un angine ou un syndrome grippal.

Responsabilisons nous et soyons efficaces
Les patients seront mieux soignés, l'hôpital gagnera de l'argent, et la société fera des économies

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