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Le déficit commercial français se réduit de moitié
Reuters via LesEchos.fr06/11/09 | 13h51
Grandes écoles : coupables, forcément coupables…
Par Marianne Blanchard | nonfiction.fr | 15/11/2008 | 20H26

« Bienvenue sur les étoiles mortes de l'enseignement supérieur. » Les premières pages de « Grandes écoles : la fin d'une exception française », donnent le ton : le système scolaire français, ultra-élitiste, serait responsable des difficultés économiques du pays et condamné face à la mondialisation du marché éducatif.
Le thème n'est pas nouveau. Pourtant, alors que les réformes de l'enseignement supérieur sont fortement débattues, il n'est pas inutile de bénéficier des mises au point que proposent Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter.
Sur certains points, il ne s'agit que de variations sur un thème devenu classique. On n'échappe pas au passage obligé sur « l'enfer des prépas », avec les bêtes à concours dressées depuis leur plus jeune âge pour entrer à Polytechnique ou à HEC. Ce type de discours, présentant une image souvent caricaturale, est à peine nuancé par une rapide évocation des prépas « moins cotées et moins sélectives ».
« Pas facile de réinjecter artificiellement de la diversité »
Les auteurs s'intéressent en outre aux politiques dites d'« ouvertures sociales » mises en place dans différents établissements afin d'élargir le recrutement extrêmement élitiste de ces formations. Ils reviennent ainsi sur des mesures emblématiques, comme les 30% de boursiers en classes préparatoires souhaité par Jacques Chirac ou la fameuse « classe préparatoire à l'enseignement supérieur » à Henri IV en 2006.
Ils reconnaissent un léger malaise face à ce dispositif qui contribue à vider les bons établissements de banlieue de leurs meilleurs éléments. « Pas facile de réinjecter artificiellement de la diversité. »
Il est ensuite question des grandes écoles. Les auteurs en dénombrent environ 400. Pourtant, il n'est en réalité question que de quelques établissements : Polytechnique, HEC, l'Essec, l'ESCP-EAP, Centrale, Les Mines, l'ENA et parfois les ENS.
L'ouvrage fournit des clés de lecture claires pour comprendre la « folie » des classements et les luttes d'images qui se jouent entre les écoles de commerce et d'ingénieurs, que ces classements soient nationaux, via la presse magazine, ou internationaux comme le classement de Shangai.
« Redistribution à l'envers »
Mais la question centrale est celle du financement de ces établissements. Les auteurs soulignent les profondes inégalités qui existent en termes de financement étatique entre les étudiants. Un étudiant en 2e cycle universitaire de sciences économiques coute 3465 euros à l'Etat, contre 34905 pour un élève de Polytechnique.
Or un grand nombre des meilleurs étudiants formés dans cette école se destine à une carrière dans le privé, voire dans un autre pays. Pourquoi l'Etat, et donc les contribuables, devraient payer pour cette formation ?
Ceci apparaît d'autant plus injuste que les élèves des grandes écoles sont pour la grande majorité issus de milieux très favorisés. On assiste de fait à un phénomène de « redistribution à l'envers » :
« Les classes moyennes dont les enfants étudient à l'Université payent par leurs impôts la scolarité confortable de jeunes gens biens nés. »
Les grandes écoles coûtent chères, mais en plus elles sont inefficaces, affirment les auteurs. Elles produisent plus de banquiers que d'entrepreneurs, ingénieurs ou chercheurs, ce qui n'est pas propice au dynamisme économique du pays. Pire, elles contribuent à une uniformisation des manières de faire et de voir des dirigeants de notre pays, qui en sont pour la grande majorité issus.
Une « exception culturelle » à combattre
Ceci mène à la question de l'ouverture sociale de ces établissements. Ici c'est Sciences Po Paris et ses « conventions ZEP » qui font figure de modèle. Les auteurs parviennent pourtant à se détacher du discours lénifiant souvent présent dans les médias, et prônent une certaine distanciation face aux invariables « belles histoires » de « pépites des cités », sorties du ruisseau. La médiatisation de Sciences Po a provoqué l'augmentation du nombre de candidatures ce qui a eu pour effet de renforcer la sélection à l'entrée de l'Ecole.
L'ouvrage présente ensuite une série d'initiatives, dont celles regroupées sous l'étiquette « Une prépa, une grande école, pourquoi pas moi » ? (PQPM).
Au final, les auteurs reconnaissent que ces initiatives « ont médiatisé la nécessité de réformer le recrutement des élites en France » mais paradoxalement « confortent le système et ses ancestrales hiérarchies ». Réussir, c'est encore faire une classe préparatoire et entrer dans une grande école.
La conclusion de l'ouvrage est sans appel : « L'exception culturelle, parfois, ne mérite pas qu'on s'y accroche désespérément. » Reste maintenant à discuter de ce qui pourrait remplacer l'actuel système.
Grandes écoles : la fin d'une exception française de Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter (ed. Calmann-Lévy, 219 pp., 17 euros)
Photo : Congrès du Medef à l'Ecole Polytechnique de Palaiseau en septembre (Charles Platiau/Reuters)
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De DIOPZO
21H37 | 15/11/2008 |
Moi non plus, pour la bonne et simple raison que je n'en étais pas capable. Un fois évacués les clichés, force est de reconnaître le haut niveau de formation et l'excellence de ceux qui y enseignent. Un de mes anciens condisciple en classe de terminale s'est engagé dans ces études et y a fait un brillant parcours. Tout cela pour finir dans les bureaux d'étude d'une grande firme de matériel d'armement.
Lui qui voulait, à 18 ans, se lancer dans la recherche médicale.
Le gâchis. Combien de brillants esprit voient ainsi leurs aspirations les plus nobles dévoyées par le miroir aux alouettes.« C'est Mozart qu'on assassine »
De actimem
22H14 | 15/11/2008 |
allez demander l'avis des cadres d'ailleurs comment l'élite française est perçue.
Ce n'est pas honorable : dans certains métiers et secteurs internationaux, peu adorent travailler avec les french. Ils sont accusés entre autres de ne pas savoir qu'ils ne savent pas. En plus, on les désigne comme arrogants et psychorigides.
L'indicateur clé est leur performance de conclure des contrats à l'étranger. C'est faible sauf si l'Etat français intervient.
Il est temps que cette élite majoritairement blanche se rendent compte du mal qu'elle fait au pays.
De Fozzie
22H20 | 15/11/2008 |
Tout à fait d'accord, mais ça m'irrite quelque peu cette idée que pour réussir, il faut ABSOLUMENT faire une grande école. La « jungle » de la fac vous oblige à être très débrouillard pour réussir… Et je me souviens que quand je fréquentais les bancs d'une université seulement à moitié construite faute de crédits, l'école de commerce d'à côté se payait un château dans un parc pour ses étudiants… Mais je ne veux absolument pas dire que tous les étudiants qui fréquentent ces écoles sont destinés à n'être que des « winners » programmés pour gagner un max sur le dos des autres ! Heureusement certains s'en sortent ! ( humour ! )
De Simsim
Néo-Teuton | 01H39 | 16/11/2008 |
Vaste débat que celui de la valeur des grandes écoles. Si la question est aussi épineuse, c'est que nos diplômes sont très statutaires.J'ai travaillé pour une très grosse entreprise française où la hiérarchie était tellement figée que c'en était drôle : le chef (N+1 donc) avait toujours fait Télécom Paris, le chef du chef (N+2 cette fois-ci) avait toujours fait les Mines, et le chef du chef du chef (N+3, attention) avait toujours fait Polytechnique. A partir de N+4, je sais pas d'où ils sortaient, ça faisait mystère, mais le concours d'entrée devait être particulièrement sélectif.
C'était un très beau monde de frustrations, tout le monde voulait le diplôme de son chef mais savait qu'il ne l'aurait jamais parce qu'il avait raté une épreuve de Maths environ 20 ans après sa naissance, et qu'il ne le méritait donc pas. Ceux qui, imbéciles, n'avaient pas très bien réussi l'épreuve de Physique du lendemain, étaient condamnés à rester de la valetaille technique toute leur vie, enfin jusqu'à 40 ans parce qu'après ils ne seraient même plus bons à ça.
Étrangement, depuis, beaucoup ont appris des langues étrangères, se sont expatriés et se sont très bien intégrés dans des communautés locales fort accueillantes.
Bref, heureusement que les étrangers sont ignares…
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 07H23 | 16/11/2008 |
Le modele francais a vecu.
Les « grandes ecoles » francaises sont des nabots au niveau international, a commencer par leur taille, et au-dela de l'axe international (profil d'etudiants et d'enseignants, antennes a l'etranger) Il y a clairement 2 modeles de developpement (les habitues reconnaitront) :
- suiveur : je colle au modele anglo-saxon et je cherche a optimiser ma place dans les classements (quitte a en arriver a des extremites comme les campagnes de denigrement des concurrents)
- innovateur : je repense mon metier, et je cree de nouveaux concepts pedagogiques pour anticiper les evolutions de l'environnement (chaires thematiques, modeles participatifs, apprentissage, partenariats, MBA integre…)