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Grandes écoles : coupables, forcément coupables…

Par Marianne Blanchard | nonfiction.fr | 15/11/2008 | 20H26

Congrès du Medef à l'Ecole Polytechnique de Palaiseau en septembre (Charles Platiau/Reuters)

« Bienvenue sur les étoiles mortes de l'enseignement supérieur. » Les premières pages de « Grandes écoles : la fin d'une exception française », donnent le ton : le système scolaire français, ultra-élitiste, serait responsable des difficultés économiques du pays et condamné face à la mondialisation du marché éducatif.

Le thème n'est pas nouveau. Pourtant, alors que les réformes de l'enseignement supérieur sont fortement débattues, il n'est pas inutile de bénéficier des mises au point que proposent Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter.

Sur certains points, il ne s'agit que de variations sur un thème devenu classique. On n'échappe pas au passage obligé sur « l'enfer des prépas », avec les bêtes à concours dressées depuis leur plus jeune âge pour entrer à Polytechnique ou à HEC. Ce type de discours, présentant une image souvent caricaturale, est à peine nuancé par une rapide évocation des prépas « moins cotées et moins sélectives ».

« Pas facile de réinjecter artificiellement de la diversité »

Les auteurs s'intéressent en outre aux politiques dites d'« ouvertures sociales » mises en place dans différents établissements afin d'élargir le recrutement extrêmement élitiste de ces formations. Ils reviennent ainsi sur des mesures emblématiques, comme les 30% de boursiers en classes préparatoires souhaité par Jacques Chirac ou la fameuse « classe préparatoire à l'enseignement supérieur » à Henri IV en 2006.

Ils reconnaissent un léger malaise face à ce dispositif qui contribue à vider les bons établissements de banlieue de leurs meilleurs éléments. « Pas facile de réinjecter artificiellement de la diversité. »

Il est ensuite question des grandes écoles. Les auteurs en dénombrent environ 400. Pourtant, il n'est en réalité question que de quelques établissements : Polytechnique, HEC, l'Essec, l'ESCP-EAP, Centrale, Les Mines, l'ENA et parfois les ENS.

L'ouvrage fournit des clés de lecture claires pour comprendre la « folie » des classements et les luttes d'images qui se jouent entre les écoles de commerce et d'ingénieurs, que ces classements soient nationaux, via la presse magazine, ou internationaux comme le classement de Shangai.

« Redistribution à l'envers »

Mais la question centrale est celle du financement de ces établissements. Les auteurs soulignent les profondes inégalités qui existent en termes de financement étatique entre les étudiants. Un étudiant en 2e cycle universitaire de sciences économiques coute 3465 euros à l'Etat, contre 34905 pour un élève de Polytechnique.

Or un grand nombre des meilleurs étudiants formés dans cette école se destine à une carrière dans le privé, voire dans un autre pays. Pourquoi l'Etat, et donc les contribuables, devraient payer pour cette formation ?

Ceci apparaît d'autant plus injuste que les élèves des grandes écoles sont pour la grande majorité issus de milieux très favorisés. On assiste de fait à un phénomène de « redistribution à l'envers » :

« Les classes moyennes dont les enfants étudient à l'Université payent par leurs impôts la scolarité confortable de jeunes gens biens nés. »

Les grandes écoles coûtent chères, mais en plus elles sont inefficaces, affirment les auteurs. Elles produisent plus de banquiers que d'entrepreneurs, ingénieurs ou chercheurs, ce qui n'est pas propice au dynamisme économique du pays. Pire, elles contribuent à une uniformisation des manières de faire et de voir des dirigeants de notre pays, qui en sont pour la grande majorité issus.

Une « exception culturelle » à combattre

Ceci mène à la question de l'ouverture sociale de ces établissements. Ici c'est Sciences Po Paris et ses « conventions ZEP » qui font figure de modèle. Les auteurs parviennent pourtant à se détacher du discours lénifiant souvent présent dans les médias, et prônent une certaine distanciation face aux invariables « belles histoires » de « pépites des cités », sorties du ruisseau. La médiatisation de Sciences Po a provoqué l'augmentation du nombre de candidatures ce qui a eu pour effet de renforcer la sélection à l'entrée de l'Ecole.

L'ouvrage présente ensuite une série d'initiatives, dont celles regroupées sous l'étiquette « Une prépa, une grande école, pourquoi pas moi » ? (PQPM).

Au final, les auteurs reconnaissent que ces initiatives « ont médiatisé la nécessité de réformer le recrutement des élites en France » mais paradoxalement « confortent le système et ses ancestrales hiérarchies ». Réussir, c'est encore faire une classe préparatoire et entrer dans une grande école.

La conclusion de l'ouvrage est sans appel : « L'exception culturelle, parfois, ne mérite pas qu'on s'y accroche désespérément. » Reste maintenant à discuter de ce qui pourrait remplacer l'actuel système.

Grandes écoles : la fin d'une exception française de Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter (ed. Calmann-Lévy, 219 pp., 17 euros)

En partenariat avec :

Photo : Congrès du Medef à l'Ecole Polytechnique de Palaiseau en septembre (Charles Platiau/Reuters)

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Portrait de Fozzie

De Fozzie

20H58 | 15/11/2008 | Permalien

Ben moi, j'ai pas fait de prépa, j'ai pas fait une grande école mais une simple fac et je ne pense pas que ma vie soit ratée… Réussir sa vie, c'est être cadre dans une banque ou trader ? Pour gagner un maximum de fric ? Non merci ! Jamais et surtout pas en ce moment…

Portrait de dulconte

à Fozzie Portrait de Fozzie De dulconte

Mordu par un fachogarou | 21H22 | 15/11/2008 | Permalien

faire une grande école peut vous amener à gagner 400 euros par mois en étant parfaitement heureux et surtout très loin de ses pompes à frics où certains m'auraient bien vu finir : )

Portrait de Fozzie

De Fozzie

22H20 | 15/11/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord, mais ça m'irrite quelque peu cette idée que pour réussir, il faut ABSOLUMENT faire une grande école. La « jungle » de la fac vous oblige à être très débrouillard pour réussir… Et je me souviens que quand je fréquentais les bancs d'une université seulement à moitié construite faute de crédits, l'école de commerce d'à côté se payait un château dans un parc pour ses étudiants… Mais je ne veux absolument pas dire que tous les étudiants qui fréquentent ces écoles sont destinés à n'être que des « winners » programmés pour gagner un max sur le dos des autres ! Heureusement certains s'en sortent ! ( humour ! )

Portrait de DIOPZO

De DIOPZO

21H37 | 15/11/2008 | Permalien

Moi non plus, pour la bonne et simple raison que je n'en étais pas capable. Un fois évacués les clichés, force est de reconnaître le haut niveau de formation et l'excellence de ceux qui y enseignent. Un de mes anciens condisciple en classe de terminale s'est engagé dans ces études et y a fait un brillant parcours. Tout cela pour finir dans les bureaux d'étude d'une grande firme de matériel d'armement.
Lui qui voulait, à 18 ans, se lancer dans la recherche médicale.
Le gâchis. Combien de brillants esprit voient ainsi leurs aspirations les plus nobles dévoyées par le miroir aux alouettes.« C'est Mozart qu'on assassine »

Portrait de kevangel

à DIOPZO Portrait de DIOPZO De kevangel

Chercheur | 23H22 | 15/11/2008 | Permalien

Et pourquoi il n'a pas choisi la recherche à ton avis ? Et bien parce que, ayant beau avoir fait une école d'ingé, il faut faire 3 ans de thèse après, plus 1 ou 2 ans de post-doc et ensuite partir à l'étranger car la France n'embauche plus de chercheurs. Au total tu finis à bac+10 et tu as une situation sociale moins bien qu'en arrêtant à bac+5 et en partant dans la finance ou le consulting.
Voilà le gros problème : les écoles d'ingénieurs ne forment plus d'ingénieurs ou de chercheurs, elles forment des managers comme les écoles de commerce. La faute à qui ? Aux politiques et aux entreprises qui font tout pour encourager la finance et le tertiaire au détriment de l'industrie.

Portrait de tlaloc

à kevangel Portrait de kevangel De tlaloc

Retraité | 11H37 | 16/11/2008 | Permalien

tout à fait d'accord la majorité des chercheurs viennent de la fac non des grandes écoles à l'exception de Normale sup sciences

Portrait de pablico

à DIOPZO Portrait de DIOPZO De pablico

12H44 | 16/11/2008 | Permalien

Les Grandes écoles, sont une force et un talon d'Achille.
Ils ont les même professeurs, qui leur enseignent la même chose.. et résultat on a des stéréotypes..
on voit cela en économie…et la loi du marché.. le libéralisme. tout le monde récite la même leçon sur l'économie..et l'économie n'est pas une science exacte comme les maths, la physique.
de droite ou de gauche, écoutez bien, c'est la même leçon de base récitée..

Portrait de cardamome

De cardamome

21H55 | 15/11/2008 | Permalien

Euh, c'est de quel livre qu'il s'agit ?

Portrait de Arnaud Aubron

à cardamome Portrait de cardamome De Arnaud Aubron

Rue89 | 13H30 | 16/11/2008 | Permalien

Pardon oui, j'ai rajouté tout cela. Merci de votre vigilance.

Portrait de mec   de banlieue

De mec de banlieue

un martien sur cette planete | 22H00 | 15/11/2008 | Permalien

Portrait de actimem

De actimem

22H14 | 15/11/2008 | Permalien

allez demander l'avis des cadres d'ailleurs comment l'élite française est perçue.

Ce n'est pas honorable : dans certains métiers et secteurs internationaux, peu adorent travailler avec les french. Ils sont accusés entre autres de ne pas savoir qu'ils ne savent pas. En plus, on les désigne comme arrogants et psychorigides.

L'indicateur clé est leur performance de conclure des contrats à l'étranger. C'est faible sauf si l'Etat français intervient.

Il est temps que cette élite majoritairement blanche se rendent compte du mal qu'elle fait au pays.

Portrait de Pas lolo

à actimem Portrait de actimem De Pas lolo

fasciné | 12H49 | 16/11/2008 | Permalien

20 années passées à me balader entre des chantiers de démarrage ou des réunions de clarifications ou d'avancement de contrats.
Et j'aurais tendance à dire exactement le contraire. Quand vous aurez supporté une dizaine de ricains ou d'allemands sur un de vos chantiers, on pourra rediscuter sérieusement. Pour l'instant, votre propos relève du french bashing complètement infondé.

Portrait de Littérature Pour Noeuds

De Littérature Pour Noeuds

chômeuse ki ne perdra pas son job b... | 23H13 | 15/11/2008 | Permalien

Peu adorent travailler avec les french, ça dépend. S » ils travaillent avec 1 boîte de frenchies alors non ! pour sur (pb 2 méthodologie 2 travail). Oui nous avons une mauvaise réputation d'arrogants (mais elle est loin d'être à sens unique-Loin)
par contre si ils travaillent avec une boîte où plusieurs individuels sont french dans la boîte non-french (et qui ne se la jouent pas je suis french), ça ils aiment ?
Le pb vient du fait que les frenchies à l'étranger se la jouent communautaire (bien qu'ils réfutent le communautarisme sur leur sol).
T'arrives à l'étranger, tu loues dans le quartier fcs, tu vis entre fcs, tu parles mal le linguo local parce que t'es tjs entre fcs, tu craches sur la culture locale, tu bosses pour une boîte franco-française (et encore pour qques mois de stage, en qques mois tu crois connaître le pays)= là ils t'attendent ! tu te fais décimer

Tu y vis depuis des années, tu y bosses, tu es un individu parfaitement bilingue parmi d'autres, là t'es super accepté

Pour ce qui est des études, dans les pays anglo-saxons, seuls les riches en font (et très peu au-delà de la licence-et encore généraliste la licence…), pour ceux qui n'ont pas les moyens de financer leurs études ils prennent un prêt à vie. Ex : une pote de boîte ; néo-zélandaise qui ne pouvait pas retourner dans son pays où elle aurait littéralement été attendue sur le tarmac de l'aéroport. Pourquoi ? de classe modeste elle avait contracté un prêt pour financer ses études (de 3 ans) et devait rembourser ça sur 20 ans ! elle avait quitté le pays mais ses parents au pays ont reçu des coups 2 fil tous les jours pour les pressuriser…

Les riches eux ont une année « freshers » : avant d'incorporer la fac, ils partent prendre une année sabbatique (au Kénya, en Amérique du Sud), enfin bref

Mais bon. ça va peut-être choquer ce que je dis mais : peux de gens étudient et les études ne sont pas aussi compartimentées qu'ici. Sur l'employabilité maintenant= tout repose sur ta façon de montrer ta débrouillardise lors de l'entretien d'embauche (pas 2 comme en France où tu doit te justifier d'être né ! ! ! , 1 seul entretien ! ), et les pistons n'ont rien de foutre à y faire ! en + tu peux t'y ramener avec le voile ou le turban sikh sans te faire cracher sur la gu..le ! par rapport à ici

Savez vous k'Obama avec tout ce qu'il gagne n'a réussi à rembourser son prêt étudiant qu'il y a 4 ans ! ! ! (il a la quarantaine).

Et ici avec la libéralisation les études seront de + en + élusives pour qui n'a pas la thune.C'est fait pour. Par contre t'as l'argent et les pistons : 2 gros poufs t'attendent pour reposer ton cul de « décideur » fatigué ?

Là la photo de l'université du merdef avec leurs poufs géants pour capitalistes stressés ! ! ! ça me choque

Portrait de Simsim

De Simsim

Néo-Teuton | 01H39 | 16/11/2008 | Permalien

Vaste débat que celui de la valeur des grandes écoles. Si la question est aussi épineuse, c'est que nos diplômes sont très statutaires.J'ai travaillé pour une très grosse entreprise française où la hiérarchie était tellement figée que c'en était drôle : le chef (N+1 donc) avait toujours fait Télécom Paris, le chef du chef (N+2 cette fois-ci) avait toujours fait les Mines, et le chef du chef du chef (N+3, attention) avait toujours fait Polytechnique. A partir de N+4, je sais pas d'où ils sortaient, ça faisait mystère, mais le concours d'entrée devait être particulièrement sélectif.
C'était un très beau monde de frustrations, tout le monde voulait le diplôme de son chef mais savait qu'il ne l'aurait jamais parce qu'il avait raté une épreuve de Maths environ 20 ans après sa naissance, et qu'il ne le méritait donc pas. Ceux qui, imbéciles, n'avaient pas très bien réussi l'épreuve de Physique du lendemain, étaient condamnés à rester de la valetaille technique toute leur vie, enfin jusqu'à 40 ans parce qu'après ils ne seraient même plus bons à ça.
Étrangement, depuis, beaucoup ont appris des langues étrangères, se sont expatriés et se sont très bien intégrés dans des communautés locales fort accueillantes.
Bref, heureusement que les étrangers sont ignares…

Portrait de compte désactivé 2

De compte désactivé 2

07H12 | 16/11/2008 | Permalien

Quelle honte et quelle sottise. Au nom du dévergondage compassionnel et autres niaiseries sociales de la répugnante gogoche, on sabote tout ce qui marche en France ! Halte aux fossoyeurs !

Portrait de tlaloc

à compte désactivé 2 Portrait de compte désactivé 2 De tlaloc

Retraité | 11H33 | 16/11/2008 | Permalien

Ce n'est la gauche qui veut supprimer la section S mais Darcos et Sarkosy

Portrait de stephanemot

De stephanemot

Author & Chief AtoZ Officer | 07H23 | 16/11/2008 | Permalien

Le modele francais a vecu.

Les « grandes ecoles » francaises sont des nabots au niveau international, a commencer par leur taille, et au-dela de l'axe international (profil d'etudiants et d'enseignants, antennes a l'etranger) Il y a clairement 2 modeles de developpement (les habitues reconnaitront) :

- suiveur : je colle au modele anglo-saxon et je cherche a optimiser ma place dans les classements (quitte a en arriver a des extremites comme les campagnes de denigrement des concurrents)

- innovateur : je repense mon metier, et je cree de nouveaux concepts pedagogiques pour anticiper les evolutions de l'environnement (chaires thematiques, modeles participatifs, apprentissage, partenariats, MBA integre…)

Portrait de compte désactivé 2

à stephanemot Portrait de stephanemot De compte désactivé 2

07H51 | 16/11/2008 | Permalien

On connaît ce bla bla…

Portrait de tlaloc

De tlaloc

Retraité | 11H34 | 16/11/2008 | Permalien

Adressez vous à ceux qui veulent supprimer la sectionS

Portrait de layote

De layote

13H13 | 16/11/2008 | Permalien

Ce qui me gêne dans les grandes écoles c'est la bachotage pendant 2 ans dans les prépas avec un quantité de travail énorme pour être fin prêt le jour J des concours.

Portrait de deecurl

à layote Portrait de layote De deecurl

| 17H39 | 16/11/2008 | Permalien

effectivement c'est assez éprouvant, mais il faut reconnaître qu'au bout de 2 ou 3 ans, au-delà des connaissances qu'on utilisera jamais, on a appris à apprendre, on est doté d'un esprit de synthèse et on apprend à gérer les priorités, ses envies et son temps.
personnellement c'est à ce moment que je me suis jurée de toujours laisser de la place pour ma vie privée, étouffée sous le boulot : )

l'encadrement très serré, le contrôle continu avant le concours permet en outre à ceux qui ont du mal à s'organiser de respecter des échéances.

à mon sens, l'inconvénient c'est que ce n'est pas généralisé dans les facs (sans forcément mettre en place un concours). bien sûr c'est très coûteux et utopique.

mais au moins c'est égalitaire : c'est dans un lycée et subventionné à mort donc moins cher, pour les boursiers l'inscription aux concours est très réduite, et il y a tellement de boulot qu'il n'y a pas la place pour des cours privés hors de prix qui existent en médecine et pharma qui font qu'on ne réussit le concours que quand on a pu se faire payer ça.

Portrait de Tyb

à deecurl Portrait de deecurl De Tyb

(par ici, par là) | 11H18 | 17/11/2008 | Permalien

oui sauf que les résultats de concours sont tellement serrés qu'il suffit qu'un centre d'examen tombe sur un examinateur plus sévère que les autres pour que votre promo entière soit dans les choux.

et encore ça c'est seulement l'écrit, parce qu'après y'a les oraux, et là c'est encore plus n'importe quoi. (dans certains de ceux que j'ai passé on nous faisait lancer un dé pour déterminer le sujet d'oral…)

enfin en classe prépa, on fait généralement trois ans :
- une année passé ne rien comprendre
- la deuxième passée à ne rien comprendre de l'année en cours mais à rattraper le retard de la première
- la troisième qui est la deuxième redoublée qui permet de comprendre celle-ci

tout de même plus du bachotage bourrin que la vive et complexe intelligence vantée ici et là, hormis quelques êtres d'exception planant loin au dessus de la mélée (et qui ne font pas de troisième année généralement)

après c'est quand même la loterie, évidemment ceux qui vont en grande école sont parmi les meilleurs, mais la plupart des places en grandes écoles, ENSI ou autres se jouent à des millièmes de points…

le tout sans aucun contrôle continu qui permettrait de limiter la casse.

bref une formation qui ne forme qu'à une chose : la compétition effrénée, quitte à marcher sur les autres…

et dans tout ça je ne parle même pas de l'aspect social, qui pour résumer, consiste tout simplement à sacrifier totalement trois (voire 6 selon l'école) des plus belles années de la vie.

Portrait de deecurl

à Tyb Portrait de Tyb De deecurl

| 13H03 | 17/11/2008 | Permalien

pour le sacrifice des plus belles années de la vie, entièrement d'accord, mais moi j'ai passé ma prépa dans un lycée avec des profs dinosaures qui estimaient qu'un bon élève de prépa est un élève qui souffre.
mais pour beaucoup de mes amis de promo d'école, la prépa était un super souvenir, certes beaucoup de travail, mais aussi de la solidarité et des soirées. des étudiants normaux quoi. ça dépend des établissements.

il faut aussi arrêter cette idée de classement d'écoles qui frustre et désespère artificiellement tel ou tel qui n'aura pas eu l'école qu'il voulait à 1 place près.
j'ai fait une ENSI, un de mes collègues à fait une des Centrales (certes pas Paris), un autre une des Mines (pas Paris non plus) donc a priori des écoles plus difficiles à avoir, mais tous trois avec la même spécialité. nous avons le même âge. tous les trois faisons ce que nous aimons, nous avons le même poste et notre salaire est le même à la virgule près.

il faut surtout qu'on mette dans la tête des élèves de prépa qu'il y a :

- les très grandes écoles (X, Mines Paris, Centrale Paris…)

- mais aussi toutes les autres qui sont de niveaux équivalents. tout le monde aura un boulot à la sortie avec un bon salaire (qui dépend surtout du secteur et pas de l'école).

le choix est tellement large que rater une école en particulier n'empêchera aucun étudiant de faire ce qu'il a envie de faire.

bref, si on m'avait dit ça avant, j'aurai eu la même école sans doute, et j'aurai été bien plus sereine pendant ces 2 ans.

Portrait de Tyb

à deecurl Portrait de deecurl De Tyb

(par ici, par là) | 14H56 | 17/11/2008 | Permalien

oui après mon post je me suis aperçu que j'avais oublié de parler du problème des profs aussi (ceux que vous décrivez semblent tout de même être la norme j'y ai eu le droit aussi, ainsi que tout ceux que je connais ; ) )

enfin le problème n'est pas d'échouer à une école précise, mais bien potentiellement de pouvoir faire d'énormes chutes dans le classement final pour un oui ou pour une non, il suffit d'un examinateur de mauvaise humeur !

et l'impact des diplômes reste tout de même énorme dans les grosses sociétés franco-françaises, que ce soit par le système de la grille salariale ou même le verrouillage de certains postes-clés réservés au diplôme les plus prestigieux, même avec 30 ans d'expérience derrière vous. enfin il est vrai que ce n'est qu'une des parties de ce grand problème français : l'archaïsme et la frilosité des recrutements.

Portrait de NonooStar

à Tyb Portrait de Tyb De NonooStar

Informaticien | 15H57 | 17/11/2008 | Permalien

En même temps, pour tous les concours, il existe ce risque de tomber sur un examinateur de mauvaise humeur et de perdre des places au classement final. Et je n'y vois malheureusement pas d'alternatives. Un contrôle continu me semble impossible, j'ai vu l'exemple de mon prof de maths de spé qui notait un peu à l'emporte-pièce (notes possibles : 3, 6 ou 11… parfois 15 si on avait de la chance et qu'on avait révisé la veille sur le sujet d'annale tombé à l'interro) mais qui inscrivait des moyennes entre 8 et 15 sur le bulletin pour que nos parents ne s'inquiètent pas. Partant de là, j'imagine qu'il aurait également relevé nos notes si elles avaient influées sur notre classement aux concours.

Cela dit, je suis totalement d'accord avec vous sur l'archaïsme et la frilosité du recrutements par les entreprises engluées dans des automatismes « une école=un salaire ».

Portrait de kawouede

De kawouede

17H20 | 16/11/2008 | Permalien

Il faut aussi compter sur les financements privés. Les grandes écoles en récoltent énormément, alors que les universités par principe les refusent ; une des causes de l'inégalité profonde entre les deux est là. Comparez les conditions de travail des étudiants (et les salaires des enseignants) entre les deux !

Portrait de Humain

De Humain

18H42 | 16/11/2008 | Permalien

Comme vous le dites « Les grandes écoles coûtent chères »

Elle nous sont chères ces écoles et coutent très cher !

Elles coûtent cher à la nation… Et parfois pour les plus pauvres elles coûtent en SOFINCO ou autre COFIDIS pour ceux ou celles dont les les parents n'auraient pas assez mis de coté pour les études de leur progéniture !

Question :
L'important est-il le classement de Shangai, ou bien d'avoir des étudiants capables de faire tourner de facon efficace nos PME ?

Je crains que le classement de Shangai ne soit entre autre que l'application des modes de gestion de l'Ecole de chicago ! !

Dommage !

Portrait de Fifidou

De Fifidou

Thésard en Physique | 21H18 | 16/11/2008 | Permalien

Je suis assez d'accord avec pas mal de points dans cet article. La sélection dans les grandes écoles reflète mal la diversité. Il faut sortir d'un environnement familial favorisé pour pouvoir prétendre, si on en a le talent, entrer dans de grandes écoles. Et la mixité sociale n'est pas favorisée : en sortant d'un lycée (qui recrute local), on arrive dans une prépa (entre gens qui se ressemlent, à cause de l'environnement familial propice qui est d'autant plus probable que la famille est riche), et qui vont se préparer pendant deux ans pour des concours. Mais là où je trouve qu'il y a une erreur de raisonnement, c'est dans les débouchés. La mentalité des gens étant ce qu'elle est, qu'ils soient puissants ou misérables, c'est de bien aimer les gros salaires. Et les gros salaires, on les obtiens en devenant financier, plutôt que technique. Le poids du financier, comme celui du commercial, est toujours prépondérant devant le poids des techniques. Et ça ne servirait à rien de refonder le système éducatif pour que les gens les plus brillants en maths (au moment des concours d'entrée, s'entend, bien sûr) puissent devenir chercheur si le salaire d'embauche est de 1700€ par mois.
Enfin, je dis ça, moi je sors de l'X et je fais une thèse en physique, et dans mes ex camarades à l'école, il y a toutes une frange de gens intéressés uniquement par le pognon et le pouvoir que je n'appréciait guère il y a 5 ans, et ça m'ennuierai très fort de les voir redébarquer comme collègues dans la recherche…

Portrait de Benoît Granger

De Benoît Granger

Chercheur en microfinance | 21H28 | 16/11/2008 | Permalien

Je suggère de lire sur le remarquable Blog de Richard Descoings son récit sur l'origine des Conventions d'éducation prioritaire. Chapeau le mec !

c'est là : http://www.richard-descoings.net/index.php ? 2008/11/16/94-le-modele-repub…

Portrait de jeff_AM

De jeff_AM

étudiant | 22H15 | 16/11/2008 | Permalien

Bonsoir,
Je suis en école d'ingénieurs (ENSAM) et j'ai dans ma promo des élèves étrangers qui viennent de l' »universités. En discutant nous nous sommes mis d'accord sur le fait suivant ; l'école d'ingénieur est très bien pour former des élèves, mais n'est pas adaptée pour la recherche. Et ce en raison de la différence de taille énorme, une université scientifique en Allemagne c'est facilement 20000 étudiant alors qu'une école c'est environ 400 élèves, ça ne peut pas faire le poids.

Maintenant concernant les connaissances les élèves français étant passés par la prépa dominent largement les matières mathématiques. Les élèves des universités étrangères présentent une autonomie un peu plus poussée, par contre ils ont abordé moins de notions scientifiques. La spécialisation semble être privilégiée dans ce dernier cas.

En clair les étudiants en cursus français sont plus polyvalents (plus de notions vues) avec des semaines de 34-40 heures. Les étudiants d'universités étrangères plus autonomes mais ont moins de connaissances, semaines de 20-26 heures.
Il en résulte qu'à part pour l'Allemagne (ils viennent de la première université d'Allemagne), les étudiants étrangers que j'ai vu voir passer (Inde, Chine, Turquie, USA…) n'avaient pas le niveau pour intégrer ce genre d'école. « L'enfer des prépas » ça donne des bases solides et de haut niveau (pour avoir pu comparer), les écoles françaises sont des nains numériquement parlant mais les ingénieurs qui en sortent rivalisent sans problème avec les étudiants sortant des grandes universités mondiales.

Par ailleurs les citations du livre donnent une vision erronée et fausse des écoles d'ingénieurs, il n'y a pas tant d'écoles qui forment des cadres pour la haute finance (10-20 maxi sur 160 écoles) et encore cette orientation est justifiée par le fait que la finance requiert des personnes ayant de très bonnes bases mathématiques. Concernant le coût d'un étudiant en 2ème cycle universitaire, les auteurs citent polytechnique, c'est malhonnête de leur part de partir d'un cas aussi extrême pour généraliser à l'ensemble des écoles, même si j'admets que le coût d'un élève ingénieur est plus élevé, il n'est pas raisonnable de sous-entendre qu'il soit dix fois plus élevé dans chacune des 160 écoles d'ingénieurs.

Concernant la mixité sociale, je ne suis pas entouré par la France d'en haut, et il me semble que l'on peut intégrer une école d'ingénieur assez facilement en France quelque soit votre milieu social pour peu qu'on en ai la volonté, personne n'avait jamais fait d'école d'ingénieur des deux cotés de ma famille (donc pas de bêtes à concours).
Cordialement.

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