-
Un fournisseur du vaccin de la grippe A licencie
LeParisien.fr20/11/09 | 10h14 -
AOL veut supprimer plus d'un tiers de ses effectifs
AFP via LesEchos.fr19/11/09 | 15h57 -
AZF : Total et Thierry Desmarest mis hors de cause
AP via Nouvelobs.com19/11/09 | 15h54 -
Augmentation des dossiers de surendettement de 16%
AFP via LesEchos.fr18/11/09 | 16h15 -
L'ex-PDG de Valeo réclame 2,5 millions d'euros
RTL.fr18/11/09 | 14h45
Question séléctionnée par Eco89
Pourquoi le rapprochement Caisse d'Epargne / Banque Populaire ?
Petite révolution en vue dans le système bancaire français. Deux de ses piliers historiques, la Caisse d'Epargne et la Banque Populaire, ont décidé de fusionner avant la fin du premier semestre 2009. Une opération annoncée dès le 8 octobre, en pleine crise des marchés financiers, et confirmée le 12 novembre par la signature d'un « accord d'ouverture de négociations ». Quelles en sont les motivations ?
Grossir pour survivre
Les deux réseaux ont été durement frappés par la crise financière. L'annonce de la fusion a d'ailleurs coïncidé avec celle d'une perte infligée à la Caisse d'Epargne par un de ses traders, initialement évaluée à 600 millions d'euros, puis finalement réévaluée à 750 millions.
Ce contexte troublé devrait accélérer la « consolidation » du secteur et renforcer la concurrence. Ces dernières années, la BNP s'est mariée à Paribas, le Crédit Agricole a absorbé le Crédit Lyonnais, et la gamme des services financiers de La Banque postale s'est développée.
Pour survivre, il faudrait donc grossir. A titre de comparaison, le leader du marché, BNP Paribas, a dégagé en 2007 un produit net bancaire (PNB, l'équivalent de la valeur ajoutée) de 31 milliards d'euros. Contre 9,7 milliards pour la Caisse d'Epargne et 6 milliards pour la Banque Populaire. La même année, BNP Paribas a enregistré un bénéfice net de 7,8 milliards d'euros. Contre 1,36 milliard pour l'Ecureuil et 1,1 milliard pour son futur partenaire.
Une filiale commune en difficulté
La Caisse d'Epargne et la Banque Populaire sont en fait déjà associées via une filiale commune, la banque de financement et d'investissement Natixis, dont elles détiennent chacune 34%. Sur la place parisienne, l'établissement a été l'un des plus touchés par la crise des subprimes. Mi-novembre, il avait d'ailleurs démenti une information de La Tribune, qui évoquait une perte d'un milliard d'euros au mois d'octobre. Selon Natixis, la perte s'élevait « simplement » à 250 millions d'euros, auxquels s'ajoutaient 250 millions supplémentaires au titre de provisions.
La création de Natixis, en 2006, marquait la volonté des deux réseaux de se renforcer dans les activités plus spéculatives que la gestion de l'épargne populaire. La Caisse d'Epargne disposait depuis 2004 de sa propre banque d'investissement, Ixis, rachetée à la Caisse des dépôts. La Banque Populaire avait suivi son exemple deux ans plus tard, en créant Natexis. Suivant le principe du « grossir pour réussir », les deux réseaux avaient décidé de s'unir : Natexis + Ixis = Natixis.
Une culture commune ?
Pour justifier leur fusion, la Banque Populaire et la Caisse d'Epargne mettent aussi en avant une culture commune. Elles disposent en effet toutes les deux d'un statut coopératif : ce ne sont pas à proprement parler des banques, mais des réseaux unissant des banques locales indépendantes.
La Banque Populaire réunit ainsi 18 établissements régionaux, ainsi que le Crédit Coopératif et la CASDEN, banque destinée aux personnels de l'Education nationale, de la Culture et de la Recherche. L'Ecureuil, lui, compte 17 caisses régionales. Mais un statut identique suffit-il à créer une culture commune ?
La tradition coopérative est plus ancienne à la Banque Populaire. Celle-ci a acquis son statut actuel en 1917, alors que la Caisse d'Epargne ne l'a obtenu qu'en 1999, avec le vote d'une loi sur l'épargne et la sécurité financière. Et les missions historiques des deux réseaux sont différentes : soutenir le commerce et les PME pour la Banque Populaire, encourager l'épargne populaire pour l'Ecureuil (avec, notamment, la gestion du Livret A).
La Banque Populaire et la Caisse d'Epargne diffèrent aussi par leur mode de fonctionnement interne. Chez la première, ce sont les dirigeants des 20 banques associées qui élisent ceux de l'organe central, la Banque fédérale des Banques Populaires. A la Caisse d'Epargne, inversement, c'est cet organe, la Caisse centrale des Caisses d'Epargne, qui intervient dans la nomination des directeurs régionaux.
Pas de changement pour les particuliers
La fusion ne concernera en fait que les organes dirigeants, la Banque fédérale des Banques Populaires d'un côté, et la Caisse centrale des Caisses d'Epargne de l'autre. Celles-ci fixent les grandes options stratégiques de chaque réseau et font office de holding, gérant les participations financières et les filiales, à commencer par Natixis.
L'opération de fusion est donc essentiellement financière. Et les deux partenaires assurent qu'elles ne concernera pas leurs agences. Aujourd'hui, la Caisse d'Epargne en compte 4 350, et la Banque Populaire 3 370.
Merci à Artmorik, Filou 25 et Benoît Granger pour leurs contributions.
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque





























5
De Artmorik
Un peu de gauche | 13H03 | 14/11/2008 |
Et pour moi qui ai un compte à la Bque Pop ça change quoi ? ? ?
De FILOU 25
conseiller | 13H00 | 14/11/2008 |
il me semble utile de préciser qu'il existe une différence de taille entre ces deux établissements c'est le pouvoir de décision des banques régionales.
Dans le cas de la caisse d'épargne c'est le président qui nomme les directuers généraux de chaque banque régionale .
Pour les banques populaires ce sont les directeurs généraux des banques régionales qui élisent leur président.
Cette fusion est en fait une vieille idée.
Jacques DELMAS MARSALLET alors Président des B.P envisageait déjà une fusion B.P/C.E avec le soutien du premier ministre de l'époque Edouard BALLADUR.
La motivation était simple la C.E est une banque de ressource qui possédait un savoir faire dans la gestion de l'épargne et les B.P beaucoup plus pointue dans la distribution de crédits aux entreprises il y avait donc une complémentarité entre ces deux réseaux.
Les directeurs régionaux des B.P n'ont pas acceptés cette fusion Jacques D.M à quitté son poste et c'est le plus vif opposant à cette fusion Philippe DUPONT qui devient le Président .
Ironie de l'histoire c'est lui qui va finalement réaliser cette fusion.
A
De FILOU 25
conseiller | 13H02 | 14/11/2008 |
Alors pourquoi maintenant ?
Parce que entre temps le paysage bancaire a beaucoup changé :
Fusion BNP/PARIBAS, CA/ CL, CMDP / CIC, création BANQUE POSTALE etc..
et de fait il ne reste plus qu'une seule véritable complémentarité c'était l'idée de départ .
La seconde motivation c'est l'urgence les deux groupes se sont épuisés à suivre le leader BNP/PARIBAS mais sans avoir acquit le savoir faire et avec des outils beaucoup moins performants.
Il faut savoir aussi que la CE n'a pas vraiment une culture de banque coopérative. Ce statut est très récent pour eux et fut mis en place pour préparer cette fusion.
L'autre scénario possible était la fusion Société générale et B.P il y a aussi une complémentarité d'un groupe très présent dans les grandes sociétés et d'un groupe mutualiste très présent chez les PME .
Mais quid des C.E ? cela supposait pour eux la création d'un groupe « public » POSTE / CE / CNP .
C'est donc aussi un choix politique .
Aujourd'hui la motivation majeure est sans doute le sauvetage.
Un dossier risqué.
De FILOU 25
conseiller | 13H02 | 14/11/2008 |
En complément :
Je conteste le terme de « culture commune » la première fusion a échouée justement parce qu'il y a deux cultures d'entreprises totalement opposées ; c'était d'ailleurs l'argument de l'actuel dirigeant des B.P.
Seul le statut est commun et encore comme je l'indiquais dans ma première contribution avec un fonctionnement diamétralement opposé.
A votre disposition
De Benoît Granger
Chercheur en microfinance | 10H36 | 17/11/2008 |
Elles « ont été créées » : c'est quand même beaucoup plus nuancé que ça ! Les Caisses d'épargne « ont été créées », oui, par une sorte de mécénat de grandes familles pour assurer un avenir aux fidèles serviteurs partis à la guerre et à leurs familles. Les Banques populaires se sont créées toutes seules, issues de la tradition Rafeisen des coopératives d'épargne et de crédit, créées par les pauvres pour échapper aux usuriers…
Tout ça fait une vraie différence de contexte culturel !
(Bien entendu, je me garderai bien de commenter les conditions du départ du président des Caisses d'épargne qui fit l'objet d'un article d'une remarquable méchanceté dans La Tribune)