Crise financière : les pauvres et la société civile ont leur mot à dire
Par Patrice Barrat | Journaliste | 19/11/2008 | 14H53

La crise financière est-elle une affaire trop sérieuse pour consulter les pauvres ? A voir comment on lui cherche des remèdes, il semblerait que les riches se sentent seuls concernés.
Qu'il s'agisse du Forum Economique Mondial qui vient de réunir 700 experts à Dubaï pour un sommet sereinement intitulé « Post-Crise » ou bien du sommet spécial du G8 étendu au G20 qui a lieu à Washington, tout se passe comme s'il fallait ne prêter le pouvoir de décision qu'aux riches.
Que les pauvres avalisent ce que les riches décident dans l'urgence
Jusqu'au dernier moment -et cela est formulé sans scrupule- le critère de qualification pour s'asseoir à cette table, c'est d'être une puissance économique mondiale ou bien d'être un nouveau riche (Inde, Brésil, Chine…).
Plus tard, un jour, dans une enceinte qui reste à déterminer -les Nations dites « unies » probablement- les pays pauvres ou les pauvres tout court n'auront plus qu'à avaliser ce qui aura été décidé dans l'urgence par les pays riches ou à ramasser les restes.
Ainsi, début décembre, à Doha, une conférence de l'ONU sur le financement du Développement risque fort de faire les frais de dépenses engagées maintenant ailleurs…
On sait depuis longtemps que les cinq puissances qui décident de la guerre et de la paix au Conseil de sécurité de l'ONU sont les cinq plus grands vendeurs d'armes de la planète (Chine, Etats-Unis, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni). De la même manière paradoxale, on continuerait donc de voir les pays prédateurs des richesses planétaires décider entre eux de solutions à une crise financière dont les conséquences économiques et sociales sont pourtant ressenties par tous dans le monde.
Qui plus est, les pays riches décideraient seuls également d'une réforme de ces institutions de Bretton Woods (Banque mondiale et Fonds monétaire international) qu'ils ont dominé sans vergogne jusqu'à présent, pour le plus grand malheur de pays pauvres et endettés.
Avec pour but principal de « refonder le capitalisme mondial », l'Union européenne, encore présidée quelques semaines par la France, rate un coche. C'est une chose de forcer la main de George W. Bush sur la dénonciation de certains errements du capitalisme financier. C'en est une autre de prendre le devant des crises dans leur ensemble et de remettre en question le modèle économique néolibéral.
Les absents ont peut-être raison
Car la vague d'espoir symbolique suscitée par l'élection de Barack Obama vient maintenant se conjuguer au sentiment d'iniquité provoqué par l'aide soudaine et massive aux banques alors que l'argent manquait pour d'autres urgences. Fort heureusement, tout n'est pas joué. L'ombre portée, en son absence remarquable, par le président américain nouvellement élu, peut rendre relativement mineures les conclusions de ce sommet spécial de Washington. Et donner le temps aux autres absents de faire valoir leurs réponses.
Parmi eux, donc, les gouvernements des pays pauvres. Mais aussi, à l'heure où Etats et gouvernements retrouvent une fonction politique véritable et un rôle de régulation, d'autres acteurs de la gouvernance globale ou locale qui devraient effectuer un retour en force ou une montée en puissance.
Cette crise financière vient en effet marquer la victoire -un peu triste certes et posthume selon certains- de ce qu'il est convenu d'appeler la société civile et même d'un altermondialisme que l'on avait vite enterré. Depuis des années, c'est de là que viennent les signaux d'alarme ou des propositions souvent disqualifiées d'emblée, comme si médias et gouvernements des pays riches continuaient de mettre en pratique le fameux « There is no alternative » (« Il n'y a pas d'alternative ») de Margaret Thatcher.
Le modèle néolibéral dans l'impasse
Tour à tour, les crises climatique, énergétique, alimentaire et financière ont amené gouvernements et institutions à prendre en considération des approches qui émanaient de la société civile : annulation de la dette, commerce équitable, cultures vivrières, schémas de taxation globale, réponses au réchauffement planétaire, mise en question des critères de la croissance, besoin de réforme des institutions internationales…
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Mais force est d'observer que chacune des crises souligne à sa manière la même impasse -celle du modèle néolibéral- et que nombre de gouvernements voudront demeurer aveugle à cela le plus longtemps possible.
Pour inverser le cours des choses, l'élan multilatéral, global et multipolaire, impulsé par Barack Obama sera loin d'être suffisant. C'est un monde devenu profondément multi-acteurs –disons plus ouvert- qui sera nécessaire. Les acteurs organisés -ONGs, associations, syndicats, entreprises, autorités locales- sont de plus en plus nombreux à frapper à la porte du système.
Discrètement pour l'instant, ils se mobilisent autour de ce G20 déplacé (lire l'encadré). Dans sa timidité, ce sommet baptisé Bretton Woods II, aurait alors eu pour fonction principale d'amplifier le scandale et de cristalliser les symboles de la fin d'une époque, permettant à ces acteurs non-étatiques de se rassembler pour être parties prenantes d'une nouvelle phase de la mondialisation.
Il reste à espérer que cela se passera au plus vite et au vu et au su de tout le monde afin que les victimes -réelles ou potentielles- de toutes les crises puissent croire en de nouveaux symboles et surtout participer activement à des processus où chacun -jusqu'au « dernier homme » de Gandhi- aurait son mot à dire.
Patrice Barrat est rédacteur en chef du site Madmundo.tv
► Voir aussi le blog de Madmundo sur rue89, consacré aux problématiques de la mondialisation.
Photo : des squelettes sur une grue lors du sommet de l'OMC à Hongkong (DR).
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De Trevor narg
auteur | 18H00 | 19/11/2008 |
Mais bien sûr qu'il y a une cause essentielle, commune à cette succession de crises, la dérive libérale du capitalisme. Hélas qualifiée du doux mot de « néolibéral ». Par qui au fait ? Sans doute par l'un d'entre eux, relayé par des médias complaisants. Je préfère « libertaliste », plus évocateur me semble-t-il *.
Oui tout est parti de la « revanche » des années 70 qui a méticuleusement organisé la « globalisation », grands groupes grâce à la TVA, exports d'usines clés en mains avec transfert de technologies, OMC, Gatt, dérégulation, entre autres… Et toutes les dérives que vous rappelez qui se traduisent par autant de crises symptomatiques. La dernière, « le top », la crise du siècle, arrivant à point pour masquer l'échec du système**. Et pour le « refonder »… Par les mêmes !
C'est en tout cas mon point de vue, et l'objet de ma trilogie*
http://trevornarg.vox.com/
* http://www.youtube.com/watch ? v=-B0NuMRLmTo
** http://www.youtube.com/watch ? v=h7eY9-U1nd0
De robindesfoix
cherche une issue | 20H22 | 19/11/2008 |
mais bien sur qu'ils ont leurs mots a dire les pauvres : :
PAS TROP FORT LE COUP DE MASSUE SIOUPLAIT MSIEUR ! !
De General Subverciòn
libre libertaire | 22H43 | 19/11/2008 |
« Crise financière : les pauvres et la société civile ont leur mot à dire »…
C'est rigolo comme titre pour une fiction…Seulement sur la crise financière ? Ah oui,j'oubliais,pour le reste,on n'est que des terroristes mécréants économiques en mal de sabotage de leur beau jouet « pompe à fric » pour profiteurs et inféodés en quelque sorte…
Toute forme de civilisation finit par sombrer dans la décadence avant de disparaitre et d'être remplacée par une autre qui se crée sur les ruines de la précédente…l'histoire se répète mais ne sert jamais de leçon à l'humain…dommage.
à General Subverciòn
De marie 75
3563
10H53 | 20/11/2008 |
une info budget :
Orange augmente en douce ses tarifs de téléphonie
jeudi 20 novembre 2008 (09h51)
Le Temps
Sous prétexte de simplification, Orange augmente en douce ses tarifs de téléphonie
TELECOMS. L'opérateur facture désormais les appels par tranches de 10 secondes, et non plus d'une seconde. Il pourrait ainsi gagner plusieurs millions de francs supplémentaires par an. Sunrise et Swisscom ont des systèmes très proches.
Anouch Seydtaghia Jeudi 20 novembre 2008
Ce ne sont que quelques lignes, imprimées en tout petits caractères au bas de la facture mensuelle d'octobre. La mise en page est si mauvaise que le paragraphe est même coupé en deux, sa seconde moitié se trouvant au verso de la feuille. Le message ? Orange annonce qu'il modifiera « prochainement » son système de tarification. Les appels seront facturés par tranches de 10 secondes, et non plus une seconde.
Ainsi, un appel de 51 secondes comptera comme un appel de 60 secondes. Et le client paiera pour ces 9 secondes de différence, même s'il ne les a pas utilisées. Comparis a fait ses calculs : un consommateur moyen d'Orange paiera chaque mois 7 minutes pour rien. Au final, Comparis estime le gain pour Orange de 15 à 30 millions de francs par an. L'opérateur réalise un chiffre d'affaires annuel de 1,3 milliard.
Adaptation des prix à ceux des concurrents
Dans la facture d'octobre, Orange ne justifie pas cette hausse de tarifs. Mais encore ? « Nous nous adaptons aux tarifs de nos concurrents. Les clients pourront ainsi mieux comparer les offres. Et cela facilite nos opérations à l'interne », avance Marie-Claude Debons, porte-parole, qui ajoute que « de toute façon, 60% des appels émis par nos clients sont gratuits, car inclus dans des plans tarifaires ». L'opérateur ne se prononce pas sur les estimations de gains avancées par Comparis.
Les arguments fournis par Orange font débat. Swisscom facture les appels par tranches de 10 centimes, et non secondes. Les paliers de l'opérateur historique sont ainsi plus grands que ceux d'Orange, mais aussi de Sunrise.
Depuis le 1er octobre 2007, Sunrise impose, comme Orange, des tarifs par tranches de 10 secondes. « Mais nos anciens clients ont pu conserver les tarifs précédents, à la seconde. Et nous parvenons sans problème à gérer les deux systèmes en parallèle », relève Gottardo Pestalozzi, porte-parole. Orange, d'ailleurs, conservera une double facturation : les appels depuis des cartes prépayées seront toujours facturés à la seconde…
« Les arguments d'Orange me surprennent beaucoup. Comment la société parvient-elle ainsi à justifier une hausse de tarifs alors qu'aucun service supplémentaire n'est proposé à ses clients ? », s'interroge Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs (FRC).
Pas d'ouverture d'enquête
L'un des arguments d'Orange - l'imitation des tarifs de ses concurrents - pourrait-il pousser la Commission de la concurrence (Comco) à ouvrir une enquête ? « Pas à première vue. Les systèmes de tarification des opérateurs ne sont pas complètement identiques. De plus, les clients ont toujours la possibilité de changer de fournisseur d'accès », avance Patrik Ducrey, directeur suppléant de la Comco.
De parousnik
22H47 | 19/11/2008 |
Les gens malhonnêtes invitent rarement les gens honnêtes a leurs raouts…Est ce que la mafia invitent les caves… ? ? ? De plus n'existent que des riches et des pauvres ? ? ? ? Les pays colonisateurs et pilleurs dit « riches » me semblent bien pauvre sur beaucoup de ces points qui fait d'un humain… un Homme. Est ce que toute les richesses se valent ? L'argent n'a pas d'odeur… surtout pas celle de la sueur pour certains parasites…héritiers d'immenses tas d'oseille pas souvant trés propre…Personnellement je préfère être « pauvre » que d'être riche… de tant de crimes… comme le sont beaucoup de trés grosses enfortunés Occidentaux…
De skalpa
actif et militant ? | 23H13 | 19/11/2008 |
A-'t'on le droit de dire des choses comme ça ?

http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De General Subverciòn
libre libertaire | 00H22 | 20/11/2008 |
Toi,oui ! ! ! Une fois de plus vu la qualité.