Il travaille chez Dexia, elle chez Fortis: couple en crise
Par Florence G. | Journaliste | 21/11/2008 | 17H57
Il y a quelques mois encore, Renaud et Vanessa étaient de beaux trentenaires dynamiques, cadres au sein de groupes financiers solides, vivant dans un appartement parisien bourgeois avec une fillette de 3 ans. Bref, rien ne semblait pouvoir les ébranler. Seulement voilà, Vanessa travaille chez Fortis. Renaud, chez Dexia. Deux groupes devenus emblématiques de la crise financière.
Leur mode de vie privilégié, ils le devaient à ces deux grandes entreprises qui ne semblaient pas pouvoir connaître la crise. Et pourtant, les séances boursières de septembre se sont montrées cruelles à l'égard des titres Fortis et Dexia. A trois jours d'intervalle, les valeurs des deux groupes ont chuté respectivement de 20% et de 29%…
Changements de direction, réduction des effectifs, clients mécontents et dégonflement des primes… En plus de tout cela, il faut subir les quolibets. La plupart des personnes ne travaillant pas dans la finance ressentent en effet une certaine délectation à voir les marchés s'effondrer et les traders mis au pilori…
Vanessa raconte la stupeur qui a saisi les 85 000 salariés de Fortis lorsque le mastodonte de la finance belge s'est écroulé, faisant appel aux Etats du Benelux pour échapper à la faillite :
« Je suis passée de la sécurité d'un bon job dans une grosse boite à l'incertitude totale concernant mon métier et l'avenir de la société en question ! »
En une semaine, c'est la nationalisation de Fortis Pays-Bas, alors que Fortis Belgium et Fortis Luxembourg sont rachetés par BNP Paribas. S'il est encore trop tôt pour savoir ce que BNP Paribas va entreprendre, il est possible que des fusions aient lieu, et la filiale dans laquelle Vanessa travaille pourrait bien se trouver dans la ligne de mire.
Plutôt bien évaluée dans son travail, elle a tout de même peur, car elle est enceinte. Elle est certes protégée par la loi jusqu'à la fin de son congé maternité, mais son retour pourrait être compliqué : « Pour la première fois de ma vie, je ne sais pas où je serai dans un an ! »
Pour Renaud, la pression est moindre, car son équipe est encore rentable pour Dexia. Il n'en est pas moins amer envers les « auteurs » des produits financiers qui ont contaminé tout le système économique avec les créances des subprimes :
« Les produits que nous vendons sont structurés par des ingénieurs, à partir de modèles mathématiques fondés sur des probabilités. Ce qui signifie qu'il y a toujours une zone de risques, même minimale. Et cette année, tous les facteurs étaient réunis pour qu'on aboutisse à une crise généralisée. Pourtant, rien n'a été prévu pour pallier cette hypothèse. »
Pour lui, le désastre aurait pu être évité si les acteurs principaux du marché financier avaient joué cartes sur table un an plus tôt :
« Les banques et les Etats auraient dû se réunir pour évaluer leurs portefeuilles respectifs à la fin de l'été 2007 : dire combien ils avaient dans leur caisse, combien ils avaient déjà perdu, combien ils espéraient gagner et avec quels produits… Au lieu de ça, le flou a continué à régner. Et quand Lehmann Brothers est tombé, tout le monde s'est affolé… mais trop tard ! »
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De le soudanais
ici et là | 18H21 | 21/11/2008 |
Mouais, ils ont choisi de fermer les yeux sur les activités de leurs boites respectives pour pouvoir bénéficier de « leur mode de vie privilégié », alors quand le système perd la tête, il faut bien payer les pots cassés un jour. Je ne vais pas les plaindre, loin de là, en revanche les salariés ouvriers ou employés qui vont perdre leurs jobs a cause de l'irresponsabilité des collègues de Vanessa et Renaud, eux je les plains, ils payent pour tous ces cadres qui empochaient leurs primes sans se soucier du long terme…
Ils cautionnaient pleinement un système défaillant et continueraient si la crise ne les avait pas rattrapé. Travailler pour une institution financière n'est pas anodin, c'est un choix de carrière, de vie. Et à force de mettre sa carrière avant toute considération morale, et bein on finit dans une banque : )
Bienvenue dans le vrai monde…
De Les Chats 24526
18H35 | 21/11/2008 |
« Les banques et les Etats auraient dû se réunir pour évaluer leurs portefeuilles respectifs à la fin de l'été 2007 »
Au lieu de cela, voilà ce que sarko a fait :
« Voici l » exemple d'une info qui n'est pas passée au(x) 20 heures : Le 16 novembre 2007, le gouvernement a supprimé « l'impot de bourse » , c'etait une taxe prélévée (entre 0,15 et 0,30%) sur toutes les transactions boursières supérieures à 7668 euros ! ! !
c'est une info qui prend tout son sens actuellement n'est ce pas ? ébruitez la…..
source : « plan B ». « la guerre des classes » de françois ruffin. et tapez « l'impot de bourse sur google et cliquez le lien d'attac…tout est là !
http://sachonsle.canalblog.com/archives/2008/11/index.html
Merci à Lohiel d'avoir donné cette info sur la Rue89.
à Les Chats
De pablico
18H51 | 21/11/2008 |
c'est tout à fait normal, c'est du social cette loi, c'est juste pour empêcher les riches de risquer de devenir « pauvres'.
les petits qui achètent moins que 7668 euros d'actions ne sont que des minables. ; -) c'est comme au poker, la première mise montre le niveau de jeu de la table….
De pablico
18H44 | 21/11/2008 |
Les produits que nous vendons sont structurés par des ingénieurs, à partir de modèles mathématiques fondés sur des probabilités.
mais les probabilités, comme son nom l'indique, ne sont que des probabilités, la conscience, l'émotion, la cupidité etc enfin toutes les valeurs humaines sont improbables et ne peuvent pas être mises en équation.
Sinon cela serait facile d'être heureux, équilibré, dans un monde parfait….où tout tourne rond…
mais les statisticiens et mathématiciens sont têtus.. et ceux qui misent leur argent sur leur science sont fous. que faire ?
De TARPON
20H17 | 21/11/2008 |
Deja heureux qu'ils echappent à la correctionnelle tous les deux.Quinze jours à interroger les banques m'ont convaincu qu'aucun de leurs employés n'avaient realisé qu'ils venaient de foutre en l'air l'economie…Le couple infernal a t'il au moins conscience de tous les chomeurs qui vont naitre de leurs exploits ?
De N A F
en territoire apache | 21H22 | 21/11/2008 |
psssss hep , vous savez quoi ben nous ici dans ma zus
leurs inquietudes nouvelles on en a rien foutre vus que pour nous
ces inquietudes elles existent depuis toujours
De papy55
prof. en province | 21H46 | 21/11/2008 |
Des produits financiers basés sur des modèles mathématiques !
Les modèles mathématiques « fonctionnent » toujours si les hypothèses attachées à ces modèles sont vérifiées ! Les hypothèses d'un modèle sont souvent éludées quand, à l'instant t, il se vérifie. On a tendance à l'oublier par la suite, jusqu'à ce que l'accident arrive.
La tenue de route d'une voiture, équipé d'amortisseurs parfaits et de bons pneus, avec une conduite prudente ne fait aucun doute.
Au fil du temps, on pense à vérifier les pneus, on oublie les amortisseurs, un petit écart de conduite et c'est l'accident !
De vero87
22H22 | 21/11/2008 |
c'est tout simplement un atterrissage , pas en douceur certes mais retour aux réalités : ces gens vivent ds des délires permanents sans connexion à la réalité .
leur en vouloir ? chacun sa conscience : le système permet des choses ,ouvre des voies , on les emprunte ou pas…. ils connaissaient les risques ? apparemment pas vraiment , ce qui veut dire : peu de discernement et de sens de l'analyse et à ce niveau de responsabilités il n'est plus étonnant d'être là où nous en sommes !
De gramophone
chômage | 00H55 | 22/11/2008 |
la valeur réelle et la valeur d'échange (la valeur ajouté)
Au grand dam de tant des idéaux, du tertiaire.
Brièvement ! Depuis Condillac (l'abbé) on nous parle de la valeur d'échange, la valeur d'un produit. Je crois inutile, tenter de jeter de l'huile sur le feu.
Le rôle de la main d'ouvre dans la formation de richesses
Sans égoïsme, sans sectarisme, sans vouloir tomber dans des clivages et du faux césarisme. La valeur ajouté, reste au fait celle qu'est apportée par la main de l'ouvrier, du technicien à un produit. La vraie valeur d'un produit.
Les machines à faire de la richesse rapide
L'évolution scientifique et technologique, reste un outil, sans égale au service des élites. Ainsi nous arrivons à croire avec une fois inébranlable sur des notions, qui ont autant de valeur et consistance que la brume matinale d'avril.
Le petit salaire un vrai combustible de l'économie
J'aborde brièvement la notion de salaire au sein d'une sorte de roue (métaphore) de l'économie, qui doit sont mouvement, uniquement ; à la transformation des bas salaires en combustible sous forme de pouvoir d'achat.
Le salaire d'une personne au SMIC, est du combustible à 99,9% de l'engrainage économique, certains revenus aisés, au-delà de trois fois le SMIC. Ne sont pas injectes dans l'engrainage en question. Mais intègrent des mouvements « parallèles » et parasites. Loin de moi l'idée de croire que le capital n'est pas indispensable à la production.
Le capital doit apporter des bénéfices lors de sont travail en tant qu'investissement, des résultats à des taux raisonnables. Erreur du système croire que le capital doit générer des bénéfices supérieurs aux bénéfices de la transformation physique des matières.
Pour quoi ?
C'est assez simple, l'être humain de par son esprit « ambition » prend le risque, en réduisant le revenu du salaire ; réduction du pouvoir d'achat pour les pays riches qui reviens à réduire la consommation ; sans transfert, dans le pouvoir d'achat des pays dites en voie de développement.
La spéculation en tant que frein de l'économie mondiale
Cela se traduit par le ralentissement accéléré de la consommation. Car il y a un effet mécanique de transfert de richesse, par concentration, le système financier mondial est ralenti de nous jours et la cause principal reste, la chute vertigineuse du pouvoir d'achat.
La production des biens, en tant qu'investissement est rendu moins lucrative que le domaine tertiaire, voir le domaine financiers, où il est recherché le maximum de rentabilité, non pas sur de transformation de la matière par la valeur ajouté, mais de transformation des hypothétiques, crédits, rentes et valeur mobilières en titres et autres documents devenu des valeurs commerciaux, mais sans fondement ou vraie support matériel. Que du vent.
De federicoloco
tequila, sexo, marihuana. | 03H54 | 22/11/2008 |
Pauvres chouchoux ! Je vous plaint mes chéris. Vous voulez qu'on vous prête de l'oseille ? Bah vous avez qu'à le cultiver et vous verrez ce que c'est de se salir les mains ! Désolé mais j'ai pas de pitié et encore moins de pardon à vous accorder. Comme on dit quand on est en haut de la chaîne alimentaire, Il n'y a pas de places pour les faibles. Peut-être votre chance a-t-elle tournée comme celle de milliers d'autres personnes, mais vous étiez dedans et malgré toute votre bonne foi, je vous crois responsables de ce massacre.
De la rousse de poche
10H45 | 22/11/2008 |
une de mes tantes travaille depuis longtemps dans un grand groupe bancaire français, en discutant avec elle en janvier de l'année dernière, elle me parlait de sa clientèle, les bons clients qui ont droit à la ligne privée du conseiller (ce qui est considéré comme une faute professionnelle depuis la mise en service des numéros en 0800), « oh bien sûr pas les chômdus et les r-mistes ! ! m'avouait elle en faisant un signe de la main comme pour se débarrasser des mouches …
Vanessa et Renaud, il est temps de se souvenir de ce vieil adage populaire : LA ROUE TOURNE….
De deecurl
| 13H15 | 22/11/2008 |
on s'attendait bien des réactions des riverains…
mais comment plaindre ce couple ? il est difficile de croire qu'en travaillant dans la finance, on puisse être sensible aux problèmes des plus faibles et des moins aisés.
on pourrait dire que c'est de la jalousie, c'est plutôt le sentiment d'un juste retour de bâton.
effectivement ce doit être une période difficile pour eux, j'espère que ce sera pour eux le moment de réfléchir un peu sur leurs propres aspirations et choix de vie.
De Route64
13H56 | 22/11/2008 |
Ces deux là sont de pauvres petits rouages insignifiants d'une énorme machine. Il n'en reste pas moins qu'ils s'en sont faits les complices actifs, solidaires et propagateurs de théories économiques basées sur l'égoïsme, l'accumulation, la compétition à tout prix, la fascination de l'argent… Dans leur système comme dans les fameuses arnaques « pyramidales » seuls ceux qui sont tout en haut touchent. Ils viennent de réaliser qu'ils n'étaient pas à la bonne place, et que le système est prêt à les rejeter en un instant comme de petits composants devenus inutiles. Bienvenue au club !
De kane85
16H03 | 22/11/2008 |
Pauvres petits chéris… Bienvenue dans la réalité !
De bord_de_l_eau
graphiste | 12H43 | 24/11/2008 |
Encore une envolée de « bien fait pour lui », caractéristique de ces derniers mois, où l'on se réjouit du malheur des autres. Relativisons un peu, ne sommes-nous pas tous des « pauvres petits chéris » pour les pays du sud ?
L'un de vous a-t-il envisagé que Renaud et Vanessa consomment, que ce qu'ils consomment est produit et que donc leur changement de situation nous concerne tous ?
C'est bien là le fond de l'histoire. Nous sommes tous concernés directement par le phénomène économique qui secoue le monde dans lequel nous vivons. Soit nous envisageons la solidarité pour remettre en route ce système qui a des inconvénients (des riches et des pauvres pour parler la langue de ce fil) et des avantages (qualité de vie et libertés individuelles en 1450 ? ? ). Soit on va au bout du « on fait tout péter » sous-tendu dans vos commentaires. Au quel cas, bien sûr, vous êtes tous prêts à lâcher l'intégralité de vos acquis, juste pour voir ce qu'on pourrait faire d'autre.
Et si quelqu'un à l'ébauche d'une idée positive, je suis preneur.