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Baisses ciblées de TVA : la France sous pressions
Par Xavier Denamur | Restaurateur | 27/11/2008 | 11H24

La baisse de la TVA est au cœur d'une cacophonie gouvernementale : lundi, dans la Tribune, embrayant sur la baisse générale de la TVA annoncée par la Grande-Bretagne, Christine Lagarde, s'est alignée sur la position de Berlin, et a annoncé qu'une telle baisse n'était pas à l'ordre du jour en France pour relancer la croissance. Sa justification :
« La grande incertitude quand on baisse le taux de TVA, c'est de savoir à qui cela profite. Si cela profitait complètement aux consommateurs, ce serait sûrement une bonne mesure. »
La ministre de l'Economie semble envoyer un message clair à notre Président. Cédant aux lobbies de la restauration, celui-ci tentera en décembre d'arracher à ses partenaires européens le droit de baisser la TVA dans la restauration avant la fin de la présidence française comme il aurait promis selon un article publié dans le journal L'hôtellerie paru le 12 novembre.
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Etrangement, Christine Lagarde vient d'opérer ce mercredi un revirement en annonçant des « baisses sectorielles » de la TVA. Nicolas Sarkozy lui aurait-il rappelé ses engagements de candidat ? En avril 2007 dans une vidéo publiée sur le site de maître Eolas, Nicolas Sarkozy expliquait comment la France pourrait se passer de l'accord de ses partenaires européens pour baisser la TVA à 5,5% dans la restauration à table.
Comme je l'ai développé dans une note parue en septembre 2008 et téléchargeable sur le site de l'Institut d'économie industrielle, cette mesure comporte de multiples effets pervers. Notamment parce qu'il n'est pas garanti qu'une telle baisse se répercute sur les prix pour les consommateurs. Du coup, une telle mesure pourrait s'assimiler à un cadeau fait aux commerçants, impliquant une perte sèche pour l'Etat, à l'heure où les marges de manœuvre budgétaire sont plus que restreintes. Inutile de rappeler à notre ministre que l'Etat n'a pas vocation à contrôler une quelconque répercussion de baisses de TVA sur les prix aux consommateurs.
Un contre-sens économique
L'idée d'une baisse générale de la TVA pour relancer la consommation est aussi illusoire que de baser le développement économique sur le concept du « travailler plus pour gagner plus » s'il revient à « consommer plus pour détruire plus ». Dans un pays où le consommateur paye toujours TTC, quelles seraient d'ailleurs les retombées réelles dans son porte monnaie ? Quasiment nulles comme le reconnaît encore notre ministre de l'Economie, les entreprises capteraient la plus grande partie de cette gigantesque manne d'argent.
En revanche, cibler, en accord avec ses partenaires européens, des réductions massives, voire la suppression provisoire de TVA sur des produits ou services liés à l'écologie pour orienter l'économie vers une meilleure croissance, reste une excellente voie à exploiter. C'est le contraire que le gouvernement s'apprête à faire en ciblant le secteur de l'automobile.
Panser les blessures d'un secteur où les politiques de « mesurettes » ont démontré leurs limites, c'est réitérer les erreurs du passé. De plus, cette mesure risque de « stimuler les importations et donc de profiter aux économies étrangères plus qu'à la France », comme l'admet la ministre, et aux lobbies de l'automobile. Une telle baisse ne devrait être envisagée que pour les véhicules aux innovations respectueuses de l'environnement et peu consommateurs d'énergies tant à leur fabrication qu'à leur utilisation sans oublier le coût carbone pour leur transport entre leur lieu de production et le marché où ils seront écoulés. Bref à des voitures 100% électriques ou hybrides.
Pour une approche décomplexée
Une approche décomplexée d'une réforme de la TVA semble nécessaire si les pouvoirs publics veulent une efficacité de cet impôt sur lequel repose en grande partie le budget de l'Union européenne et s'ils veulent en faire bénéficier au mieux les citoyens les moins bien armés face à ce même impôt ainsi que les entreprises tournées vers un avenir durable.
Avant de décider des baisses ciblées, il faudrait déjà revoir les dérogations obtenues par certaines activités comme l'hôtellerie. En effet, au nom de quoi ce secteur bénéficie-t-il d'un taux réduit pour la location de ses chambres alors que sa clientèle est principalement constituée d'hommes ou de femmes d'affaires (et dont les entreprises récupèrent la TVA dans leurs comptes) ou de citoyens suffisamment aisés pour supporter une TVA à 19,6% ?
A l'inverse, un ministre de l'Economie éclairé devrait plutôt se pencher sur une baisse de la TVA sur les produits culturels ou sur des produits participant à la réduction du réchauffement climatique ou encore sur des denrées de première nécessité. Cette nouvelle méthode de ventilation des taux de TVA, plus éthique et plus juste serait ainsi autofinancée…
A quand l'harmonisation européenne
Au regard de ce qui vient d'être évoqué l'urgence d'une harmonisation de la fiscalité en Europe ne s'impose t-elle pas ? La relance de la croissance ne passe t-elle par une politique basée sur une dynamique Socio-Eco-Logique qui semble prévaloir aujourd'hui aux Etats-Unis ? Etats-Unis que Nicolas Sarkozy avait malencontreusement pris en exemple en 2006 pour vanter les mérites du crédit hypothécaire et qu'il devrait cette fois-ci vraiment imiter sur ce sujet moins « simple ».
Le choix, que j'appellerai « éco-logique », mis en avant par la future administration américaine dans son programme de relance économique qu'Eco89 dévoile en partie dans l'article intitulé Comment Obama veut sauver l'économie américaine » devrait permettre aux Etats-Unis de vite retrouver leur leadership. C'est sans doute cette voie que la France devrait emprunter tant au niveau des investissements que de sa politique fiscale si elle ne désire pas se retrouver en queue de peloton des pays en voie de développement post-industriel lorsque la croissance va repartir…
Pendant son dernier mois à la tête de l'Europe, la France, au lieu de gaspiller son énergie en projets néfastes pour ses comptes et l'ensemble de ses citoyens, devrait l'utiliser pour insuffler une nouvelle dynamique unitaire au sein des Vingt-Sept pour qu'émerge enfin une politique financière, économique, sociale et culturelle véritablement commune.
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De robindesfoix
cherche une issue | 13H12 | 27/11/2008 |
« La grande incertitude quand on baisse le taux de TVA, c'est de savoir à qui cela profite. Si cela profitait complètement aux consommateurs, ce serait sûrement une bonne mesure. »
un peu comme quand on l'augmente si ça profitait aux consommateurs,ce serait une bonne mesure.
ma petite Christine nous allons te faire parvenir une liste des mesures qui ne profitent jamais aux consommateurs
installe toi bien il y en a pour un bon moment ! ! ! ! ! ! !
De Xavier denamur (auteur)
Restaurateur | 00H54 | 28/11/2008 |
J'apprends sur à chaud les déclarations faites par notre ministre de l'Economie jeudi après midi face au Sénat. A la lecture du petit billet j'en ai conclu que Christine Lagarde a du passé par ECO89 avant de faire son speech, belle effort mais encore une fois elle n'a pas tout compris. Je lui recommanderais de relire à nouveau mon article et de ne pas oublier que nous sommes en Europe et que l'Europe fait partie du reste du monde. Le protectionnisme déguisé ou ignorance Total ? Nos copains Peugeot ou Renault nous le diront. En attendant je change l'intitulé de mon article :
« En France on n'a pas de pétrole mais des idées : baisser la TVA sur les voitures pour relancer la consommation d'essence. » et récupérer un peu de taxes sur les moutons…
De L-escale78
en construction | 09H48 | 28/11/2008 |
Et voilà on nous refait le coup de la TVA et de la méchante Europe qui nous empêche de faire ce que l'on veut. Mr Sarkozy qui sait fustiger l'Europe et asséner des mensonges qui passent comme une lettre à la Poste (qui doit être privatisée, car l'Europe le demande. Encore une fausse affirmation. L'Europe demande une mise en concurrence et non une privatisation) et passer outre le vote des citoyennes et citoyens sur le vote de la constitution.
La baisse de la TVA est une aberration. C'est une perte de recettes importantes pour l'état. Même si cet impôt n'est pas le plus juste. Et puis comme le dit Marie75 nous nous ne nourrissons pas avec des voitures. Un vrai soutient à la consommation passe certainement pas d'autres solutions. Déjà en augmentant cette fameuse TVA sur des domaines de mal bouffe ne serait pas un mal. Et pourquoi pas vu que c'est la crise revoir le bouclier fiscale ? Et pourquoi ne pas taxer les entreprises qui licencient alors qu'elles font des profits en tant de crise ? Et les profits boursiers malgré la crise seront là, donc on prend aussi un peu et patati et patata la faute à Baltazar. Et pour conclure ne faut-il pas seulement prendre le produit de la TVA actuelle et la distribuer plutôt dans les domaines qui sont aux services des personnes que plutôt encore une fois en faire cadeaux aux banquiers et aux entreprises. Banquiers qui d'ailleurs entraînent la chute de nombreuses entreprises qui ont leurs carnet de commandes pleins, mais à qui les banques ont coupé les lignes de crédits
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 16H42 | 28/11/2008 |
« Mon menu à 20€, il restera à 20€, TVA ou pas, c'est un prix rond et qu'on vienne pas me faire chier. »
Voilà ce que m'a sorti un ami restaurateur quand on a abordé le sujet le jour du Beaujolais. Ça veut tout dire : D
Et puis quelque part je suis aussi de l'avis du sieur Denamur, autant ne pas toucher à la TVA, que ça reste dans les caisses de l'état, sinon ils se feront un malin plaisir à piquer ailleurs.
De toutes façons, les 10% de différence, je les donne toujours dans les bons endroits : chez moi, on appelle ça le pourboire.
Et histoire de rigoler, il faudrait accorder la réduction de la TVA à tous ceux qui la demande, mais en échange on leur impose l'inspection du travail et un contrôle fiscal.
Quelque chose me dit que les candidats vont se faire sacrément rares : D