Sachez reconnaître le « bon » et le « mauvais » capitalisme
Par Poopara | internaute | 29/11/2008 | 17H28
Ayez confiance. Moi, ça y est, j'ai tout compris : il y a le bon capitalisme et le mauvais capitalisme. Le capitalisme de l'économie « réelle », c'est-à-dire celui des bons entrepreneurs, et le mauvais capitalisme, celui des spéculateurs.
D'un côté, le capitalisme sain, clair et honnête, franc du collier et les pieds sur terre, qui puise ses sources dans la sueur et la persévérance. Et puis, de l'autre côté, le capitalisme issu des mathématiques et de ses jeux d'apparence, avec ses règles troubles et ses constructions volatiles.
Le réel et le virtuel, en somme. Généralement, les deux font bon ménage. Certains disent même que les acteurs du réel sont aussi les bénéficiaires du virtuel. Mais voilà, à certaines périodes de l'histoire que nos brillants gouvernants ne savent encore prévoir, les produits dérivés toxiques du capitalisme financier peuvent contaminer le sang du bon capitalisme.
Un problème de confiance, nous expliquent les politiciens
Et il suffit de quelques placements hasardeux effectués par des raiders pervers et cupides pour que tout s'arrête. Chute des valeurs et récession. En quelques jours, le bon capitalisme est anémié. Plus de crédit. Le marché de l'automobile s'effondre, entraînant avec lui chômage technique et dépôt de bilan des sous-traitants. En un mot, plus de soupe dans la marmite, la récession est là. Il faudra des mois voire des années pour que l'économie reprenne du tonus, nous disent les politiques.
C'est un problème de confiance, nous expliquent-ils aussi. Ils faut que les banquiers se fassent à nouveau confiance. Ils faut aussi que les entreprises retrouvent confiance dans le marché pour investir. Ils faut que les consommateurs aient suffisamment confiance en l'avenir pour consommer. Relance par l'investissement ou relance par la consommation, finalement c'est simple l'économie, il suffit d'avoir confiance.
Il faut savoir courber l'échine à certains moments…
Avoir confiance et être patient car cela prend du temps. S'il suffit de quelques journées d'octobre avec des subprimes échangées comme des patates chaudes pour que tout s'écroule, il faut être patient pour que les choses se remettent en ordre. Ayons confiance, les fondamentaux sont bons. Surtout ne changeons rien. C'est comme ça l'économie. Il faut savoir courber l'échine à certains moments.
Un nouveau Bretton Woods ? Refonder le capitalisme ? Allons balayons ces chimères. Ayons confiance. Les économistes des plateaux de télé nous l'ont expliqué : c'est la crise financière d'octobre qui est la cause de tout ce mal. Car qui dit cause dit antériorité. Et c'est bien connu : si le chiffre du chômage a soudainement augmenté de 40 000 demandeurs d'emploi en août dernier, c'est bien la conséquence des journées noires d'octobre.
Si le marché de l'immobilier a chuté de 44% au troisième trimestre, c'est aussi la conséquence des journées noires d'octobre ; si la croissance économique a été négative de 0,2% au 2e trimestre, c'est aussi en raison du mois d'octobre ; si le CAC 40 chute régulièrement depuis le milieu de l'année 2007 c'est à nouveau la conséquence de ces tristes journées d'octobre 2008 ; si les valeurs mêmes de banques telles le Crédit Agricole ou la Société Générale perdent 25% en moyenne annuelle depuis quatre ans, c'est toujours à cause de la crise d'octobre 2008.
C'est le principe de la rétroactivité causale. Un nouveau produit dérivé : le produit toxique de la communication. Ayons confiance.
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De pablico
17H54 | 29/11/2008 |
il y a un bon et un mauvais capitalisme ?
comme le cholestérol ?
et comme les champignons ? ?
Pour le capitalisme, malheureusement on doit consommer les deux, car cela ne fait qu'un tout.
Jamais l'on ne pourra séparer le bon grain de l'ivraie..dans ce mode d'économie.
De compte supprimé17
18H01 | 29/11/2008 |
Le bon, je demande à voir, la brute et le truand, là, je vois assez précisément !
à compte supprimé17
De paco2lameteo
citoyen du monde | 22H30 | 29/11/2008 |
Tout est dit avec une excellente pointe d'humour que j'adore ! Bravo !
De Servais-Jean 4591
Retraité | 19H09 | 29/11/2008 |
Les banquiers pas plus que les politiques n'ont pas encore tiré les leçons de la faillite boursière de 1720, ils ont pourtant eu le temps de réfléchir, non ?
Faut croire que dans ce système tordu quelque chose les arrange.
De sinclair 2580
19H11 | 29/11/2008 |
Oui sauf que l'Allemagne a du meilleur capitalisme que nous balance commerciale positive et chômage en baisse. Aurions nous du capitalisme toxique en France ?
à sinclair
De Pas lolo
fasciné | 08H58 | 30/11/2008 |
si vous avez une demi-heure, je vous conseille ça :
http://contreinfo.info/article.php3 ? id_article=2367
C'est ce que j'ai lu de plus synthétique sur les « modèles » économiques en présence, notamment en zone euro.
Difficile de dire que l'allemagne ne va pas souffrir. Ils ont juste un temps de latence car ils sont nettement moins dépendants de leur demande intérieure. D'un autre coté, ils auront plus de difficultés à relancer leur machine si les exportations ne reprennent pas.
De Numerosix 14499
Prisonnier dans le village global | 19H32 | 29/11/2008 |
Si on ne met pas des milliards dans la communication ( Pub , merchandising, hyper communication , publi reportages , fabriques de divertissements et de stars modèles etc etc ) en occident pour vendre les merdes toutes produites en Chine et en Inde , de quoi allons nous vivre , nous ? Quels emplois allons nous créer ? Uniquement des bons emplois écologiques très gentils ?
De robindesfoix
cherche une issue | 20H18 | 29/11/2008 |
avoir confiance dans la politique , dans les banquiers
ils doute vraiment de rien ces enfoirés et pourquoi pas confiance dans les larmes d'un crocodiles HEIN !
ils faut savoir parfois courber l'échine……
je leur courberais bien l'échine à grand coup de bâton moi ! ! ! ! ! !
De léo solo
20H26 | 29/11/2008 |
En passant par la case « paradis fiscal »,
le « bon » capitalisme lié à l'économie réelle
devient
le « mauvais » capitholestérol de la financiarisation.
De Pseudo
Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 20H27 | 29/11/2008 |
Si j'ai bien compris, y a les bons capitalistes, et les mauvais capitalistes.
La différence, c'est que les bons, ils sont bons, et les mauvais…
Un peu comme les chasseurs en fait…
http://www.dailymotion.com/relevance/search/inconnus/video/xw7vy_les-inc…
De survivant
20H48 | 29/11/2008 |
Il n'y a pas de bon ou mauvais capitalisme. Le système capitaliste est pourri jusqu'à la moelle. Pour remettre un système économique en route il faudrait déjà écarter le système boursier qui a gangréné l'économie mondiale. Les laisser se démerder avec leurs pots pourris. Les critères de Maastricht viennent d'être remis aux oubliettes faute de crise l'Europe revient à l'AUE (acte unique européen). Un système économique sain doit se gérer avec les citoyens pour les citoyens. Mettre en place des banques municipales publiques. Fabriquer, cultiver, élever ect ; en autosuffisance et non pas en surconsommation jusqu'au gavage d'oie. L'Europe n'est pas les usa et cette crise doit se régler au cas par cas dans chaque pays européen. Vu comment les choses s'annoncent entre les pays européens c'est pratiquement inéluctable.
De Jaycib
Unsafe at any speed | 20H56 | 29/11/2008 |
Le capitalisme a toujours été un panachage de bon et de mauvais, sans exception. C'est d'ailleurs ce que disait Karl Marx, même s'il pensait qu'il en ressortait beaucoup plus de mauvais que de bon à la longue. Bien avant les crises « systémiques », il y a eu la banqueroute de John Law, la faillite de la compagnie des Indes, et ainsi de suite. Les récessions profondes ou les dépressions ont marqué toutes les générations, sans exception.
Les crises sont consubstantielles au système capitaliste, mais avant c'était encore pire (famines et épidémies majeures à l'époque féodale).
De bifteack
pierreux | 22H24 | 29/11/2008 |
C'est le sketch des inconnues il y a le bon et le mauvais chasseur . Le mauvais lorsqu'il voit une galinette cendrée il tire, le bon lorsqu'il en voit une lui …il tire aussi mais il y à une nuance . Elle et tellement subtile que je ne l'est jamais compris.
De Charp
Employé | 14H38 | 02/12/2008 |
Le problème est que bon (le capitalisme industriel) ne peut se développer sans le mauvais (le financier) : avec quoi voudriez-vous que l'industriel investisse dans les outils de production, sinon avec du crédit ?
Et l'inverse est évidemment vrai : il faut que l'industrie fasse des bénéfices pour que le financier s'y retrouve.
Et pour faire des bénéfices, il faut faire du profit et vendre.
Et le problème, c'est que depuis les années 80, l'industrie a des problèmes pour vendre : alors il y a eu le marché chinois, mais là maintenant c'est un concurrent, donc c'est encore pire ; On lui alors créé, grâce au crédit, des marchés artificiels : la bulle internet puis immobilière. Mais comme la richesse créé n'a pu suppléer au crédit, celui-ci ne rapportait plus assez, et ces marchés se sont effondrés.
Il lui faudrait un nouveau marché, au capitalisme. Vous avez une idée ?