Carte de la crise

Où sont passés les intérimaires ?

Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 02/12/2008 | 23H13

Grands oubliés du décompte des plans sociaux, les intérimaires, ces travailleurs qui ne sont ni dans ni hors les sociétés où ils bossent, sont les premiers à prendre la porte. Comme ils ne sont pas réellement licenciés par les entreprises donneuses d'ordres, mais que celles-ci mettent fin à leur mission via la société intérimaire, nous ne les avons pas ajoutés à la carte de la crise.

Deuxième point d'étape sur cette carte participative, nous vous invitons à continuer à nous envoyer vos informations sur les fermetures de sites, licenciements, chômage partiel, grèves…

Un intérimaire qui n'a plus de mission, c'est bien un chômeur en plus, comme le prouvent les dernières statistiques de l'ANPE : les inscriptions au chômage consécutives à une fin de mission d'intérim sont en forte hausse : +11,5% sur les trois derniers mois. Les effectifs de cette « profession » qui en regroupe une multitude sont en baisse de 5,7% sur les dix premiers mois de 2008, par rapport à la même période de 2007.

D'après le Prisme, organisation patronale des Professionnels de l'intérim, services et métiers de l'emploi, le travail temporaire a perdu près de 100 000 équivalents temps pleins sur les 650 000 qu'il compte. En première ligne, ceux travaillant dans l'industrie (près de la moitié des effectifs) et le BTP. Et les moins qualifiés (près de 80% sont des ouvriers) sont les plus frappés par la crise.

Pour certains intérimaires, un choix

L'intérim est la solution rêvée pour les entreprises qui ont besoin d'ajuster leur volume de main-d'œuvre à un carnet de commandes fluctuant, et aussi la partie des effectifs la plus facile à « couper » lorsque l'activité se rétracte. Pas d'indemnités de licenciement à payer, les indemnités de fin de contrat (10% de la rémunération) sont incluses dans le salaire de base, tout comme les congés payés.

Une partie des intérimaires a choisi ce statut, parce qu'il permet d'être mieux payé (20% de plus que le même emploi en direct, grâce à la prime de fin de contrat et aux congés payés) et permet une certaine souplesse d'organisation : on peut refuser des missions quand on a assez travaillé pour avoir droit au chômage, et alterner ainsi emploi et inactivité.

Pour les entreprises, c'est encore plus simple que de recourir au chômage partiel. A l'image de Leroy-Somer en Charentes, qui emploie 2600 personnes et a supprimé 200 contrats d'intérimaires, les entreprises commencent par là quand leur le ciel s'assombrit. Ce qui ne les empêche pas de licencier en parallèle lorsque c'est nécessaire, comme PSA qui va mettre fin à 700 contrats d'intérim dans son usine de Poissy (Yvelines), en plus du plan social de 3550 emplois.

« Pas de boulot comme manœuvre, je ferai plongeur »

Dans le quartier des agences d'intérim, boulevard Magenta à Paris (Xe arrondissement), l'ambiance est « calme », selon l'euphémisme utilisé partout. Ici, on est spécialisé dans le bâtiment et l'industrie. Peu ou pas d'annonces et beaucoup de postulants. « Bonjour, y a du boulot comme manœuvre ou maçon ? » lance Ibrahim, en poussant la porte d'Interim BTP. « Rien, c'est calme », répète en boucle Rhizlane, chargée de recrutement. Elle témoigne :

« En ce moment, le vendredi, jour des offres, on a deux nouvelles propositions. Il nous est arrivé d'en avoir quinze, en moyenne c'est 5 ou 6. Du coup, on réserve nos offres aux plus anciens ou aux mieux formés, car il faut être opérationnel tout de suite. Aux autres, on propose des formations, en attendant que ça redémarre. »

Ibrahim, pas qualifié, s'est habitué à changer de métier comme de chemise :

« Jusqu'ici, il y avait toujours du boulot comme manœuvre, maçon ou électricien. Je me pointais le vendredi à l'agence et je trouvais. Là, je fais le tour des agences le vendredi et il n'y a rien. Tant pis, je ferai plongeur s'il le faut. »

Les employeurs en position de force

Arnaud de la Tour, président du Prisme, n'estt pas rassurant pour l'avenir :

« Nous n'avons pas de visibilité pour 2009, mais nous ne sommes pas très optimistes, malgré la résistance de certaines filières industrielles comme l'aéronautique, ou des services. Lors de la récession de 1992-1993, il nous avait fallu trois ans pour retrouver nos niveaux d'activité d'avant la crise »

Chez Inter Conseil, également situé boulevard Magenta, Christina, chargée d'accueillir les postulants, raconte :

« Avec les inventaires dans l'industrie en fin d'année, l'activité va repartir légèrement, mais il y a de la marge : actuellement j'ai trente intérimaires pour un poste. En position de force, les entreprises utilisatrices proposent des salaires plus bas et des missions renouvelables toutes les semaines. Théoriquement c'est impossible, mais il suffit de changer de motif pour enchaîner les missions autant qu'elles le veulent. Elles sont en position de force et les intérimaires n'ont qu'à se plier. »

Voir la carte de la crise d'Eco89

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Portrait de yoye-2000

De yoye-2000

se leve tard et travaille mou | 08H36 | 03/12/2008 | Permalien

ben si ça continue, va y'en avoir pas mal à faire la vaisselle. chacun va pouvoir avoir un intérimaire pour faire la plonge chez soi !
Moi je serais fabricant de lave vaisselle, je m'inquiéterais.

Bref, -5,7%, vu le pessimisme ambiant et l'avalanche de plans sociaux c'est pas tant que ça, si ? Comment se fait il que nous ne sommes pas déjà à -30% ?

http://ma.vie.a.nantes.over-blog.com/

Portrait de Cadre modele

De Cadre modele

Consultant RH | 09H58 | 03/12/2008 | Permalien

Votre article contient quelques erreurs :
Les indemnités ne sont pas incluses au salaire de base.
Les intérimaires ne touchent pas 20 % de plus qu'un emploi direct.
Plus d'infos : http://interim.over-blog.com/article-24401726.html

La durée moyenne des missions n'excèdent pas 2 mois.
Le pourcentage des intérimaires qui se permettent de refuser des missions est très faible sur les 2 millions de personnes qui effectuent une mission d'intérim.

Il est vrai que l'intérim offre de nombreux avantages sociaux (Prêts, Bourses, Mutuelle,…) que n'offrent pas des TPE ou PME et il permet à un grand nombre d'obtenir un CDI. même si les conditions de l'enchainement CTT - CDD -CDI sont discutables, l'individu fera fi des illégalités tant qu'il a un CDI en bout de chaine.

Le profil de l'intérimaire est plutôt un jeune homme peu ou pas qualifié qui peut se voir renouveler son contrat chaque semaine dans le BTP ou l'industrie par le manque d'argumentation juridique des commerciaux de l'intérim ou pour obtenir le marché face à des confrères peu scrupuleux.

Assurant un sucroit d'activité ou de remplacement à lire les motifs des contrats, l'intérim est devenu permanent dans certains secteurs comme le BTP ou l'automobile en devenant un mode de gestion et d fonctionnement du personnel. Le BTP se différencie de l'automobile avec une éthnisation des tâches.

Personnellement, le meilleur des contrats est un contrat d'intérim aux seules conditions que la législation y soit vraiment respectée et que les agences d'intérim ne copient pas le mode de fonctionnement de l'ANPE mais le complètent. A défaut, les avantages sociaux contre-balançant la précarité ne seront pas accessible à tous et cela continuera de nuire à l'image de ce secteur devenu incontournable.

Portrait de Sophie Verney-Caillat

à Cadre modele Portrait de Cadre modele De Sophie Verney-Caillat (auteur)

Rue89 | 20H40 | 03/12/2008 | Permalien

C'est exact, en brut, les intérimaires touchent 20% de plus MAIS cela inclut les congés payés pendant lesquels les intérimaires ne sont pas payés. Pour le reste, merci de vos précisions sur les professions et les profils des intérimaires.

Portrait de Cadre modele

à Sophie Verney-Caillat Portrait de Sophie Verney-Caillat De Cadre modele

Consultant RH | 20H52 | 03/12/2008 | Permalien

Je suis désolé.
salaire de base + congés payés c'est valable pour les intérimaires, les CDD et les CDI.
Pour des missions d'intérim longue, les intérimaires prennent des congés. Ceux ne prenant pas de congés sont rémunérés comme quand un CDI démissionne. Les congés payés non pris sont payés : )
La seule différence est de 10 % !
Je vous invite vraiment à consulter l'aricle qui explique le salaire des intérimaires
http://interim.over-blog.com/article-24401726.html

Portrait de Pseudo

De Pseudo

Aimer la vie, aimer les fleurs, aim... | 10H40 | 03/12/2008 | Permalien

Dire qu'on est mieux payé en Intérim parce qu'on touche 20% de plus pour l'indemnité de fin de contrat ET LES CONGES PAYES me semble pour le moins étrange, puisque lorsque les intérimaires prennent des vacances ils ne sont pas du tout payés !

Portrait de BONNEFOY Ghislaine

à Pseudo Portrait de Pseudo De BONNEFOY Ghislaine

RESPONSABLE D'AGENCE | 10H58 | 04/12/2008 | Permalien

Effectivement les Assédics prennent en compte le paiement des congés payés qui font carence et décalent le paiement des indemnités chômage, comme tout autre salarié, mais le paiement des IFM lui booste bien le salaire de l'intérimaire et rentre dans le calcul des indemnités chômage. Ce n'est pas pour rien que des professionnels de certaines branches souhaitent rester en intérim et ne pas être embauchés.

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