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Affaire Madoff : pourquoi l'arnaque aurait pu être évitée
Par Mark Gimein | Slate.com | 15/12/2008 | 14H38
Les histoires de gérants de fonds douteux disparaissant dans la nature avec des millions de dollars ne manquent pas. Mais l'ampleur du scandale Madoff -50 milliards de dollars- est inédite. Pourtant, avec un peu d'attention, les investisseurs auraient pu éviter ce désastre.
Au lieu d'admirer les performances de Madoff, ils auraient dû s'étonner de leur régularité. Ses retours sur investissement atteignaient entre 10% et 11% chaque année, quelle que soit la conjoncture. Et le rythme mensuel évoluait entre 0% et 2%. Presque jamais de pertes, et pas vraiment de gains démesurés.
Les investisseurs professionnels apprécient justement les performances régulières, qui semblent indiquer que le fonds ne prend pas de risques excessifs. Pourtant, les dernières recherches sur les « hedge funds » révèlent que de tels résultats ne signifient pas forcément que les risques sont faibles, mais qu'ils sont bien cachés.
Andrew Lo, professeur au MIT à Boston et expert reconnu des « hedge funds », a développé un concept important : celui de la « corrélation sérielle ». Pour simplifier, il s'agit de la ressemblance entre les performances d'un mois donné avec celles du mois précédent. Chez Madoff, cette régularité était frappante. Cette croissance rectiligne, déconnectée des performances du marché, aurait justement dû inciter les investisseurs à se pencher sur ses comptes.
Se méfier des performances trop régulières
En se fondant sur les statistiques du marché et sur un modèle mathématique, Andrew Lo a démontré qu'une régularité trop importante peut être mauvais signe. Elle peut signifier que les investissements n'ont pas été évalués assez précisément, et que les résultats annoncés ne sont que des estimations parfois grossières. Ou, pire, qu'ils sont trop beaux pour être vrais, et ne sont qu'une pure invention.
Andrew Lo n'est pas un économiste très médiatique, mais les professionnels de Wall Street connaissent bien ses travaux. Une bonne partie des clients de Bernard Madoff étaient donc en mesure de comprendre ce qu'il se passait. Seulement, quand un fonds semble fonctionner correctement, les investisseurs prennent rarement le temps d'éplucher ses comptes. Et ce n'est que lorsqu'ils décident de récupérer leur argent qu'ils découvrent la réalité.
Une particularité de ce scandale, c'est que Madoff a avoué sans se faire prier. Sans doute pour épargner des poursuites à ses fils, qui géraient le fonds avec lui. Mais les autres gérants véreux ne se dénonceront sans doute pas d'eux-mêmes, et adopteront la technique traditionnelle : spéculer jusqu'à la chute, puis nier en bloc. Et comme, à Wall Street, les mauvaises nouvelles suivent la loi des séries, d'autres scandales à plusieurs milliards de dollars ne devraient pas tarder à éclater.
► Lire aussi : Scandale Madoff : « Crime et châtiment » à Wall Street et
Affaire Madoff : pour l'argent envolé, voyez chez Clearstream
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De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 16H50 | 15/12/2008 |
Il y a quelques années, peu de temps après la mort d'Hodja, de très nombreux Albanais ont été escroqués, exactement selon le même mécanisme de la pyramide. Je me rappelle en particulier certains commentaires de l'époque qui morigénaient ces pauvres types, incapables de comprendre que le libéralisme et le capitalisme ne signifiaient pas qu'on pouvait s'en mettre plein les fouilles par miracle.
Or voilà-t-il pas que les éminences capitalistes et libérales ont commis la même erreur, exactement ! C'est bien plutôt par là que l'arnaque aurait pu être évitée, en s'appliquant à eux-mêmes les excellents conseils qu'ils ont généreusement distribués aux autres.
Sauf que, entretemps, le capitalisme néo-libéral est devenu un immense casino, dans lequel les actionnaires pouvaient sans rire prétendre à 15% de dividende avant même tout examen de la situation de l'entreprise.
Finalement Madoff n'aura fait que pousser la logique du système à son terme, et je me demande dans quelle mesure toute la crise financière à laquelle nous assistons n'est pas du même modèle : une pyramide à l'échelle de la globalisation, en somme.
à thierry reboud
De papy55
prof. en province | 20H15 | 15/12/2008 |
Moi ce genre de faits ne me surprend pas, je crois même que le « système » repose un peu sur des mécanismes analogues.
Les modèles mathématiques sont l'argument des spécialistes, qui l'opposent à ceux qui n'osent pas les mettre en doute, faute de ne pouvoir s'appuyer sur des démonstrations « scientifiques » !
Je suis persuadé que beaucoup de personnes des milieux autorisés connaissent ces mécanismes douteux qui finalement sont révélés par des situations de crise !
Extrait d'un autre article :
'Sauf que, de son propre aveu, il payait ses clients « avec de l'argent qui n'existait pas »'
N'est-ce-pas la réalité du système financier, alimenter l'économie avec de l'argent qui n'a pas d'existence réelle, mais une existence « informatique ».
à thierry reboud
De kebra
Bisounours killa | 12H20 | 16/12/2008 |
Salut Thierry,
Ce qui est encore plus incroyable, c'est que ce n'est pas la première fois que les marchés se font pigeonner par un jeu de l'avion, Pozzi System en Amérique, du nom du grand escroc qui avait ainsi arnaqué près de 15 miliards de dollars de l'époque.
Des gens payés des millions d'euros par an se sont fait blouser comme des pécores abrutis par 40 ans de dictature. Malgré les déclarations rassurantes genre Chris Lagourde, la place de Genève va tanguer, BNP va plonger d'au moins un milliard, la banque cantonnale de St-Gall est de la fiesta et la liste n'est pas close. Que va nous inventez Sarkolas le Maudit pour éponger les pertes de ses potos et masquer les fautes de ceux qu'ils nous a présenté en héros pendant toute sa campagne ? Comment faire oublier son apologie des marchés dérégulés lors de ses passages à Bercy ?
Parce que l'affaire Madoff me semble l'arbre destiné à masquer la forêt des Hedge Funds en flamme. Sans parler des crédit à la consommation de ménages à risque qui sont aussi savament titrés et qui vont plonger grave dans le rouge avec la crise. Nous allons nous prendre l'effet levier en pleine poire avec l'effondrement de la pyramide.
à thierry reboud
De organe_dhonneur
14H46 | 16/12/2008 |
« À la fin, les idiots finissent toujours par perdre leur argent »
« C'est quand la marée redescend qu'on voit ceux qui avaient un maillot ».
Warren Buffet
PERSONNE de sérieux n'a jamais prétendu que le « capitalisme néo-libéral » (c'est quoi ? ) allait rapporter sans souci et sans risque 15%/an. Si tu fais confiance à Jean-Pierre Gaillard et que tu prends au sérieux Jean-Marc Sylvestre au point de leur filer toutes tes thunes, tu qualifies pour la citation #1 de warren buffet. Dans quelque système que ce soit, faut se renseigner avant de faire quelque chose. S'informer. Pas prendre les vessies pour les lanternes. Les médias se fichaient pareillement des russes « qui avaient cru comme des idiots que tout allait toujours rester gratuit » grâce aux communistes.
C'est idiot, ça veut rien dire. Les Russes ont jamais cru ça dans leur globalité, c'est un cliché qui ne veut rien dire et qui rend juste poujadiste de la pensée.
Je reconnais en plus un certain mérite à Madoff pour avoir escroqué uniquement des riches, voire très riches - contrairement à Hodja où les Albanais les plus pauvres ont été les plus atteints. C'est d'autant plus méritoire qu'il n'a jamais rien truqué : il entretenait volontairement le plus grand silence sur la façon dont il réalisait ses placements. De quoi normalement faire ciller un client un minimum soucieux de ce qu'il a fait de son bien.
Cette leçon s'applique tout simplement à tous : ne faites jamais confiance à quelqu'un qui prend ce que vous avez et qui ne vous explique pas ce qu'il va en faire. Promesse de gain ou pas, le mystère et l'argent font mauvais ménage. Et ça, ça n'a rien à voir avec ce terrible « capitalisme néo libéral ».
De l´axe du bien
16H41 | 15/12/2008 |
« pourquoi l'arnaque aurait pu être évitée »
et pourquoi le systeme des arnaqueurs est maintenu, et les coupables payés avec notre fric ?
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 09H38 | 16/12/2008 |
Etait-il vraiment nécessaire de consulter les travaux d'Andrew Lo pour éviter le piège Madoff ?
Ce n'est pas tant la régularité des rendements -- apparemment dénoncée comme mathématiquement suspecte -- dont il aurait fallu se méfier. L'écart, cité en début d'article, entre le taux de croissance économique moyen et le pourcentage de rendement qu'assurait un placement Madoff était le premier et sans aucun doute le seul signe fiable de l'arnaque pyramidale. Certains (rares) investisseurs ne s'y sont d'ailleurs pas trompés et ont donc soigneusement évité de s'engager.
L'article de Slate est donc, en un certain sens, pervers : il persiste à croire qu'il existait un moyen technique ou « scientifique » sûr de détecter le problème, un peu comme si, à l'avenir, il en existerait un sur lequel on pourrait parier de manière certaine. Ceci est naturellement fictif, tout comme les résultats des calculs savants d'enfouissement de créances pourries au milieu de créances saines, effectués, rappelons-le, par des matheux de premier ordre. En réalité, étant donné que les échanges financiers sont avant tout fonction de la confiance que l'on peut avoir dans la personne ou l'institution à laquelle on confie ses fonds, seule l'épreuve de la raison (ou du « bon sens ») suffit. Celle-ci constitue même une « preuve » nécessaire et suffisante.
Mais les Prométhée de la cupidité espèrent toujours en quelque chose d'autre. Ils ont voulu défier la raison, la juste loi de la mesure (morale ou probabiliste). Ils s'en mordent les doigts aujourd'hui.
PS -- Madoff excellait dans le travail d'entretien de la CONFIANCE de ses interlocuteurs. Encore aujourd'hui, certains de ses investisseurs bernés n'arrivent pas à croire qu'ils aient pu être pris au piège… de leur propre voracité ! Le New York Times d'hier en a cité nommément plusieurs.
De pablico
18H56 | 15/12/2008 |
d'abord, les employés de ce monsieur ,l'on couvert..
ensuite il proposait des affaires à 10%, alors que le marché était entre deux et quatre…
ensuite : pourquoi proposer une bonne affaire aussi juteuse aux autres ?
comme disait mon grand père : (toujours lui) :
quand on te propose une bonne affaire à plus de 10% , refuse net, c'est une escroquerie.
à moins de 10% , méfies toi, étudie la bien.
si c'est à peu près au prix du marché, c'est une affaire normale.
Grand-père finissait en disant :
si c'est vraiment une bonne affaire, celui qui la propose, la fera tout seul, ou en famille. On ne va jamais chercher un inconnu, ni un ami, quand on a une bonne affaire en main.
on n'oublie pas des leçons de sagesse (que j'ai vérifié) comme cela..
De Madiran
(Business Analyst) | 18H51 | 15/12/2008 |
Mais l'ampleur du scandale Madoff (50 milliards de dollars) est-elle inédite ?
Certes non…
D'autres sont du même ordre de grandeur, voire ayant des conséquences plus fortes encore !
Prenons les subprimes : les dégats sont considérables…. Et de nos jours les tergiversations du plan Paulson visant à protéger (ou ne pas proteger) les industries de Détroit ont des conséquences plus fortes encore.
Des combats phénomémaux ont lieu en ce moment, concernant l'alimentation en Energie du monde occidental. L'echelle des ces scandales est lui de l'ordre de plusieurs milliards de dollars.
Mais ces dollards ne sont pas purement de la finance.
Par ailleurs nous savons, comme pour d'autres sujets, que des scandales Madoff nous concernent ici, dans notre vieille europe. Mais faut-il le dire ?
De Mccoy
besoin de rien, appelle moi ! | 21H49 | 15/12/2008 |
Oui, « l'arnaque » aurait pu être évité mais l'appât du gain, du gain, du GROS gain…
je met 10, je récupère 11, je remet 11, je récupère 12.111… et un jour pfffffff ; plus rien… « game over » « insert coin »
C'est con mais si tu résiste à l'appât du gain tu aurait toujours tes 10…
Alors tu pleurs, et hop, on te fiscalise, on te rembourse et c'est tu juste si tu te tape la crémière.
C'est le principe de la privatisation des profit, nationalisation des pertes.
Une seule chose à dire : DÉMERDE toi tu seul comme un grand.
De TonyMo
Français at War | 22H26 | 15/12/2008 |
Les banques sont victimes de Bernard L. Madoff ?
autant dire que ma petite nièce de 8ans ma arnaquer de 10000 euros sans que personnes dans la famille la remarque. On nous fait gobé ça.
De jpbe
22H32 | 15/12/2008 |
L'article signale que :
Andrew Lo, professeur au MIT à Boston et expert reconnu des « hedge funds », a développé un concept important : celui de la « corrélation sérielle »
et c'est assez amusant car cela me rappelle cette remise de prix :
http://www.rue89.com/infusion-de-sciences/2008/10/04/ig-nobel-harvard-de…
bon même si ce n'est pas harvard c'est le même style, la même énergie et certainement la même condescendance à l'égard du reste du monde : donc ces gens si merveilleux, esi xtraordinaires, si compétents, si intelligents sont par nature donc des pointures, des références auxquels se référent nécessairement nos talentueux dirigeants de toutes sortes qui sortent eux-mêmes de ces prestigieuses « institutions ».
Et bien au vu des évènements actuels on est bien en droit de se demander à quoi peuvent-ils bien servir tous ces « beaux » gens ?
À rien mais vraiment à rien du tout ! Ou peut-être si : à foutre le bordel partout où ils passent ?
Bref s'il existe une bible sur l'inutilité et le ridicule elle est sûrement en train d'être écrite dans ces institutions ! ! ! …
En passant papy55 a raison quand il dit : « Moi ce genre de faits ne me surprend pas, je crois même que le “ système ” repose un peu sur des mécanismes analogues. » ; il ne repose pas un peu sur ce système mais exclusivement sur ce principe !
La meilleure preuve en est que (c'est ce qui est arrivé à Madoff) si une bonne partie de la clientèle (et pas nécessairement tous) s'avise de retirer ses avoirs dans une banque ou un quelconque organisme financier il s'écroule tout simplement !
Pour finir quel dommage que nous soyons si individualistes car en créant des groupes qui menacent de retirer leurs avoirs on pourrait négocier et obtenir beaucoup de choses de ces institutions !
Oui, quel dommage…
à jpbe
De Mccoy
besoin de rien, appelle moi ! | 22H49 | 15/12/2008 |
Oui très bonne idée….
Ne serait ce que 10% de la population ça les ferait déjà réfléchir un peu.
Et de plus aucune violence, ni de révolution, mais le système s'emballera de lui même…
De yoruk
au fil de l'eau | 23H00 | 15/12/2008 |
Quoi d'étonnant…
Le système a toujours bien fonctionné :
Il y a un pigeon qui se lève tout les matins…
Que les requins argentés se bouffent entre eux, je m'en tape… Mais que mes enfants bossent pour payer leurs conneries, çà m'agace chouïa…
De miha
citoyenne qui veut croire à l'effet... | 23H01 | 15/12/2008 |
le capitalisme est gravement malade.
le perfuser avec l'argent public, NOTRE argent, ne fait que prolonger son agonie.
il faut l'EUTHANASIER et, enfin, passer à autre chose.
Cherchons plutôt du côté de l'économie locale, réelle, respectueuse de l'environnement, respectant l'être humain.
c'est là que nous devons porter nos efforts, notre imagination et vite.
à miha
De FR-ank
winemaker | 18H23 | 16/12/2008 |
tout a fait d'accord
comme : lemarchecitoyen.com
credit-cooperatif.com
et pour ce qui est de la democratie : www.newropeans.eu ( reel chance pour juin 2009 )
a voir si on peut se bouger suffisament ! ! !
De fredericb
financier | 23H30 | 15/12/2008 |
En tout cas, cette affaire arrive à un très mauvais moment. La confiance était en train de revenir petit à petit suite à la crise de septembre - octobre. Cette affaire jette un doute sur l'ensemble de l'industrie des hedge funds qui vont, à présent, avoir toutes les peines du monde à convaincre les banques de leur probité et de traiter avec eux : si un type aussi puissant et proéminant a pu, à Wall Street, monter une escroqu » de ce type et de cette ampleur au vu et au de ses clients et de la SEC pendant si longtemps, comment avoir encore confiance dans ce système ?
à fredericb
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 01H09 | 16/12/2008 |
faut pas avoir confiance dans un système qui génère de la pauvreté, c'est très simple.
De dulconte
Mordu par un fachogarou | 01H07 | 16/12/2008 |
Faut-il rappeler que 50 milliards ça représente 1/6ème du projet de la FAO pour faire disparaître la faim dans le monde ?
Tout à coup ce nombre prend un peu de sens non ?
De zorbek
07H15 | 16/12/2008 |
J'aimerais quand même comprendre comment on en arrive à dissimuler une arnaque de cette ampleur : si les 50 mrds de $ sont avérés, le scandale du Crédit Lyonnais à coté c'est du vol à l'étalage…
J'aimerais d'autant plus le comprendre que je ne vois pas comment une arnaque de cette ampleur peut avoir lieu sans la corruption et la complicité active des autorités de surveillance (SEC & Co). Ou alors ces mêmes autorités de surveillance n » ont pas les moyens de leur mission, et c'est encore plus grave.
J'en viens presque à me demander si l'injection massive de fonds publics vers les banques pourries sert à qc : après tout, pourquoi ne pas laisser bruler pour de bon toutes les institutions financières qui ont joué avec le feu. Au bout du compte, seules les plus fiables survivraient. C'est d'ailleurs ce qu'avaient suggéré l'administration US, le FMI et autre Banque Mondiale lors de la crise en Argentine ou en Asie il y a quelques années. Comme quoi il est plus facile de donner des leçons de libéralisme aux autres que de se les appliquer à soi-même. En gros, ca s'appelle de l'impérialisme.
De piflechien
animal domestique | 08H01 | 16/12/2008 |
Je trouve étonnant de penser que l'allure des courbes peut être un bon indicateur : 1) un bon escroc est parfaitement capable de mimer des aléas. 2) une courbe régulière peut être l'effet du hasard.
La question plus intéressante est : pourquoi les mécanismes de contrôle ne marchent pas ? Pour moi, la réponse est, à mon humble avis : parce qu'alors, il faudrait se priver de l'argent sale. Car un paradis fiscal devient vite un enfer pour l'argent qui ne travaille pas. Et les banques ne veulent pas savoir l'origine de l'argent.
L'escroquerie de Madoff sera peut-être bénéfique si elle aboutit à un contrôle des circuits de l'argent. Il est consternant de constater qu'alors que les états n'ont plus le contrôle de l'économie, les truands l'ont. Merci, M. Madoff.
De sinclair
08H26 | 16/12/2008 |
Le capitalisme est en train de s'effondrer sur lui même. Et si les soit disant organismes de contrôle n'ont rien découvert c'est que le système pyramidale et de cavalerie est la base du système financier actuel.
Que le déposant récupéré sa mise et n'importe quelle banque ou établissement financier fera faillite. Voir crise au Groenland
Ainsi l'état français entre autre prête de l'argent qu'il n'a pas en l'empruntant a des sociétés qui n'en ont guère plus pour le prêter souvent a ceux a qui ils ont emprunte.
Seul le citoyen de base lui n'en aura que peu ou pas profité et devra travailler plus pour gagner beaucoup moins, s'il a la chance de pouvoir travailler.
De ysengrimus
15H09 | 16/12/2008 |
Explication de l'incompréhensible durabilité du SCHÈME DE PONZI contemporain : il blanchit de l'argent…
Le fameux SCHÈME DE PONZI, inventé par un pégreux du siècle dernier de nom de Charles Ponzi (1882-1949), consiste à créer une fausse structure d'investissement, sans moteur productif pour la supporter. Vous promettez des taux de profits pharaoniques au sein d'une discrète société à numéro d'allure confidentielle et chic et vous payez votre investisseur 2 avec une portion de la somme introduite par votre investisseur 1, puis votre investisseur 3 avec une portion de la somme introduite par votre investisseur 2 etc. (ou encore, dans l'autre sens : paiement des investisseurs plus anciens avec le fric des plus récent, il y a des variations). Voué à s'écrouler à terme, ce type de structure finit normalement avec Ponzi ou son semblable qui se sauve avec le restant de la galette et ferme la porte. Ce qui est sidérant et sidéral c'est de voir ce procédé évident de petite pègre fleurir à la Bourse, avec des avoirs colossaux et sur des laps de temps trop durables pour que cela s'explique clairement. Dans la mouvance de la panique financière actuelle, des gros bonnets de la finance viennent de se faire pincer en faisant les poches d'investisseurs selon la bonne vieille procédure éculée du schème de Ponzi. La question de fond est même, entre autres, celle-ci : finalement, l'intégralité des ci-devant services financiers (en soi du Monopoly sans support productif), n'est elle pas, en temps de déclin économique, une simple variation sur le schème de Ponzi ?
Ponzi au départ est évidemment lui-même une simple superfétation quantitative des banques (comme toutes les activités pégreuses sont une simple superfétation qualitative des pratiques commerciales et industrielles du capitalisme). Mais le problème de l'incompréhensible durabilité du schème de Ponzi contemporain reste entier. Ponzi s'installe quand justement au lieu de promettre un retour de 3% on promet un retour de 15% ou 25%. L'abus quantitatif des pratiques bancaires EST Ponzi… la question se pose donc d'abord : comment Ponzi s'est-il niché à la Bourse sans se faire pincer ? On répond, un peu abstraitement mais sans trop mentir, que la solution réside dans une unique notion : déréglementation. C'est un peu creux, mais ça ne mange pas de pain. Détail de notre temps : les banques sont censées supporter leurs activités financières sur un support productif, genre investissement industriel, etc… contrairement à l'ami Ponzi, qui, lui, tripote intégralement dans les bouts de papiers, en changeant simplement le fric de poches. Les banques de notre temps ne SONT pas Ponzi. Elles VIRENT à Ponzi, nuance importante qui prouve bien que quelque chose est comme en déclin… Pensez-y. Le seul fait qu'on utilise de plus en plus banalement la notion d'ÉCONOMIE RÉELLE (par opposition à la boursiPonzicote - c'est fou quand on y pense) prouve bien qu'il y a du bois mort financier en masse… La question sociale en cause pour l'avenir est alors naturellement : peut-on y mettre bon ordre en restant dans un cadre capi ? Mais laissons Ponzi, comme indice de déclin d'une civilisation commerciale et industrielle, de côté pour le moment. C'est le vol de la chouette de Minerve, et Ponzi n'a pas livré tous les secrets qu'il a dans le ventre.
Car en fait, bon, Ponzi mon œil. Tout ça ne date pas d'hier. Il est toujours difficile de trouver un « inventeur » pour ce genre de combine et il est clair, en passant, que le groupe ethnique du fraudeur n'a rien à voir dans la situation. Charles Ponzi est né un an avant la mort de Karl Marx mais je suis certain qu'on pourrait trouver des cas antérieurs de combines de redispositions mirages d'avoirs financiers remontant aux sources les plus lointaines du capitalisme commercial. Groupe ethnique à part donc, ce qui reste fondamentalement bizarre ici est qu'un schème de Ponzi est normalement éphémère. Les profits pharaoniques promis et l'absence de source productive effective font qu'il faut que le nombre de nouveaux investisseurs soit en maintient constant pour que cela tienne. Ce n'est pas pour rien que nos schémateux de Ponzi contemporains se font vider par des appels de retraits (cela signifie que les rupins qui croyaient en eux laissaient dormir là de l'argent qu'il n'avaient déjà plus). La longévité de certains des schèmes de Ponzi de Wall Street (quarante ans, dans certains cas, oh, là, là) est un problème qui n'a pas seulement à voir avec les autorités de la Bourse dormant au gaz, mais avec une dynamique des retraits sur investissement et des rentrées d'investissements dont certains leviers demeurent bien obscurs.
Insistons fermement. Police de la Bourse ou pas, il est de fait parfaitement incroyable qu'une structure comme le schème de Ponzi (déplacement de fonds d'un investisseur à l'autre sans activité productive aucune), tienne en soi si longtemps. Bon, partons un schème de Ponzi dans la cours d'une petite école. Le schème de Toto, qui te promet un retour de ¢20 (20 cents, ou 20 centimes de dollars, une ristourne de 20% donc) par semaine, sur ton dollar (la semaine scolaire ayant cinq jours). Au début, Toto arrive à intéresser un investisseur par jour. Il se fait donner une piastre par les investisseurs #1, #2, #3, #4 (dont le nom est Brico) et #5, la première semaine et rend $1.00 (5 x ¢20) sur $5.00 le lundi suivant. Il intéresse les investisseurs #6, #7, #8, #9, et #10 la seconde semaine et c'est ici que le premier problème du retour de profit jaillit. Toto rend-il un autre ¢20 à #1, #2, #3, #4, et #5 (pour un total de $2.00, en incluant le retour aux nouveaux investisseurs, sur $9.00 qu'il détient maintenant) ou, plus probable, #1, #2, #3, #4, et #5 doivent-ils engager un autre dollar pour toucher les ¢20 de la seconde semaine ? Pas clair. Imaginons que c'est le second cas (parce qu'autrement ce serait vraiment trop mirifique) : Toto a vu passer entre ses mains, au second lundi, $15 (les lots de #1, #2, #3, #4 et #5 deux fois et ceux de #6, #7, #8, #9 et #10 une fois) et il a rendu $3.00 (les retours de #1, #2, #3, #4 et #5 deux fois et ceux de #6, #7, #8, #9 et #10 une fois). Il « tient » $12.00, mais pas en profit : en capital investi, en mise des autres qu'il « gère » improductivement. Il se sent plein aux as avec tout cet avoir (des autres, qui, eux aussi, pour le moment, jubilent), encaissé si vite. Pour fêter ça, il tue le veau gras. Un sandwich fin bien chevelu et un jus de fruits frais ($3.00) et il se fait cadeau d'un beau paquet de cartes à jouer (un autre $3.00 – ah ces schémateux de Ponzi mènent une vie somptuaire, c'est connu). Or, un matin, la mère de Brico lui demande de lui montrer les $2.00 d'allocs qu'elle lui a donné dans les deux dernières semaines. Brico ne peut faire tinter que ¢40. Le reste de son avoir est bloqué chez Toto… La mère de Brico se fâche et le somme de récupérer son fric, sinon, plus d'allocs la semaine suivante (et conséquemment, plus de placement chez Toto). Brico vient reprendre son avoir en catastrophe. Toto minaude. Brico n'aime pas ça et se retire définitivement. Comme Brico (l'investisseur #4) est un de ces investisseurs anciens, ce sera $2.00 à rendre. Toto ne tient soudain plus que $4.00. Il suffit maintenant que les mères de deux ou trois autres de sa douzaine d'investisseurs froncent le sourcil ainsi et Toto est subitement insolvable.
Toto aurait donc besoin, pour que l'arithmétique de Ponzi tienne un temps, de deux choses : d'une cour d'école lui fournissant, à l'infini et à un rythme constant d'horloge, au moins un nouvel investisseur solide (ou ré-investisseur avec de l'argent frais, mais alors plus fragilisant, car la mise qu'il retirera sera plus lourde quand il paniquera) par jour et, naturellement, du moins d'investisseurs possible réclamant de reprendre leur mise. Même en conditions de prospérité économique, l'arithmétique de la chose est trop mécanique et trop vide en profit effectif pour fonctionner durablement. Car enfin, revenons sur terre, cela reste une petite école et, quand Toto a convaincu ses amis, ses camarades de classes et les plus jeunes qu'il rançonne, les nouvelles rentrées d'investisseurs, cruciales pour la survie de la course en avant de ce roulement improductif, commencent à ralentir (notons, pour la bonne ethnologie, que les victimes de plusieurs schémateux de Ponzi sont des gens de leur communauté proche, inscrits dans un rapport interpersonnel de confiance, important pour une certaine survie du mirage). Abstraction faite de son illégalité donc, la raison pour laquelle un schème de Ponzi tient longtemps sur la place de la Bourse reste donc ici parfaitement obscure. La mécanique interne du schème de Ponzi est incompatible avec la durabilité.
Une chose est claire (quoique fort mal documentée aussi). Certains investisseurs discrets profitent parfaitement du schème de Ponzi en flouant les autres. Voyez Brico, dans mon petit modèle. Sa maman s'étant fâchée au bon moment, il sort de l'aventure avec sa mise entière et un profit solide. L'investisseur, qui n'est pas l'animateur-fondateur du schème de Ponzi (ce dernier étant toujours en fin de compte maximalement exposé), qui arrive assez tôt et retire ses billes avant l'effondrement, profite maximalement du déplacement de fonds dont il n'est même pas l'escroc-auteur. Il surfe sur la vague, au sens le plus balnéaire du terme. Je soupçonne certains investisseurs de savoir parfaitement cela et de placer l'argent (des autres) qu'ils gèrent, sur le tapis de ce genre de roulette. Ils arnaquent donc le système en se donnant des airs de victime et en transformant de facto l'animateur du schème de Ponzi en leur concierge et bouc émissaire… et le risque que ces investisseurs de l'ombre prennent ainsi bénéficie d'une dégaine chic et allumeuse, dans la notion tant répandue de « capital à risque ». En un mot : l'empereur est nu et Ponzi a pignon sur rue en Bourse.
Mais cela ne règle pas le problème de fond : celui de la durabilité du schème de Ponzi contemporain. La Bourse arriverait tout à coup à réaliser ce que la Pègre n'a jamais su faire : pérenniser le schème de Ponzi sur des décennies ? Un instant. Inversons un peu les choses. Primo, le schème de Ponzi est une structure improductive qui se fait passer pour productive mais, deusio, l'empereur est nu et tout le monde, sur la place financière, le sait. Conclusion : le schème de Ponzi est, d'évidence, une coquille improductive (illégale mais ouvertement tolérée) pour tous ceux qui sont dans le secret. Il devient alors le camouflage parfait pour son contraire : une structure productive illégale (et non tolérée). Je crois que les schèmes de Ponzi durables de la Bourse sont en fait des structures de protection pour du blanchiment d'argent. Retournons dans la cour d'école de Toto.
Sigouin a fait $20.00 en vendant illicitement des cigarettes. Il est emmerdé car sa maman, fort soupçonneuse, vérifie ses poches tous les soirs. Il place donc son argent illicite dans le schème de Toto. La structure confidentielle et selecte que Toto a su mettre en place est le camouflage idéal. Une semaine plus tard, le temps de se faire un peu oublier, Sigouin touche son $5.00 de ristourne, qui fait plus discret dans ses poches, car il a désormais une sorte de pedigree. Toto, qui était proche de l'insolvabilité à $4.00 vient de remonter à $19 : 00 (les $4.00 qu'il lui restait plus les $20 : 00 tout frais de Sigouin moins la ristourne de $5 : 00 de Sigouin). Toto triche à l'intérieur de sa triche. Il installe un alambic dans une maison close, pour ainsi dire. Ceux qui le prennent pour un Ponzi boursicoteux ne savent pas qu'il s'est remis en connexion avec une portion (illicite) de l'économie réelle. Il touche désormais discrètement des revenus de la nicotine et les partage, tout aussi discrètement, mécaniquement, avec ses investisseurs. Le jour où le sombre Sigouin se pointe pour toucher sa mise, Toto, de nouveau proche de l'insolvabilité, ne peut lui rendre le tout. On négocie en douce. Sigouin, qui ne peut quand même pas intenter une action, se contente de, disons, $11 : 00 et sacrifie $9 : 00 de son capital nicotine aux profits et pertes du blanchiment. Cet argent, pégreux mais productif, assure la pérennité du schème de Ponzi. La faiblesse financière de Ponzi EST sa force de blanchiment. Il pompe et masque, dans le même mouvement.
Échange de bons procédés. Pour perdurer, Ponzi requiert qu'un segment de ses investisseurs sacrifie une portion de leur mise et ce, sans rechigner. C'est là presque la définition littérale d'un blanchisseur d'argent… Ponzi survit grâce à l'argent productif de la drogue, et le profit illicite de la drogue, en se sacrifiant partiellement en Ponzi, se dissimule au sein de la boursicote improductive dudit Ponzi. C'est la force titanesque des profits de l'argent illicite qu'il blanchit qui fait rebondir et perdurer le schème de Ponzi contemporain. Cette explication a aussi l'avantage d'analyser plus concrètement le fameux sommeil au gaz de la police de la Bourse. Celle-ci cherche mollement (nous sommes, après tout, toujours sous déréglementation) des structures de boursicotes improductives. Alimentée par un secteur productif secret, le Ponzi contemporain échappe ici aux procédés myopes de détection des boursicotes douteuses de la police de la Bourse. Et cette dernière, de bonne foi on non, ne trouve pas ce qu'elle ne cherche pas. C'est qu'en fait, c'est la Brigade des Narcotiques qui dort au gaz…
Paul Laurendeau
Canada
De Humain
18H07 | 16/12/2008 |
En fait Madoff ne créait aucune richesse mais une illusion de richesse.
Ses clients ne savaient pas que leurs profits n'étaient que la cannibalisation de l'investissement des autres clients.
Mais comment se fait-il que des professionnels se soient fait flouer ?
Réponse : L'appât du gain ! Tout simplement.
Alors Kerviel à coté de ceci n,'est qu'un petit professionnel bien maigrelet à coté de ce monstre de la finance.
Et nos banquiers sont des gogos ! Tous !
De FR-ank
winemaker | 18H11 | 16/12/2008 |
incroyable tout se qu'on apprend ! ! !
tout semble possible : aucune ethique, aucune morale, aucune regle ! ! !
Ce n'est pas d'un nouvel ordre mondial qu'on a besoin mais d'un reel nouvel ordre MORAL.
De hedona
retraitée | 21H21 | 16/12/2008 |
J'attends avec impatience la faillite de « Wal-Mart », entreprise ultra-conservatrice qui arrose tous les partis américains. Un état dans l'Etat. Elle est devenue la plus grosse entreprise mondiale (Revenus annuels équivalents au PNB de la Suisse - 2007).
Faillite de l'économie néo-libérale, (Adler sort ton mouchoir). Il serait peut-être temps de revoir une autre forme de société. Les Américains pourraient peut-être interroger les Indiens et leur demander conseil.
Economie hors contrôle : spéculation, hedge funds, fonds LBO : déstabilisation des marchés financiers, perte morale du « travail qui enrichit ». Développement du « regarde ton fric fructifier et va jouer au golf ! ). Société spéculative contre marchés mondiaux. et pauvreté galopante assurée pour ceux qui essayent de résister. Mais ces chers Anglo-saxons et américains vont continuer à donner des leçons de morale aux pays qui ne veulent pas mal vivre ni se nourrir d'hamburghers et boire autre chose que du coca cola !
Après avoir installé des dictateurs militaires en Am. Lat., zigouillé tous ceux qui voulaient un socialisme nationaliste, soutenu des islamistes arriérés comme les Saoudiens pour s'approprier leur pétrole, que vont inventer ces chers Ricains maintenant ? Et la “Compagnie” ? Les vétérans de la CiA sont tous à la retraite, ou ils réalisent enfin les dégâts commis depuis 45 dans ce vaste monde ?
De whale1938
Retraité EN | 19H20 | 19/12/2008 |
Madoff ne peut pas rembourser. Les banquiers non plus. Où est la différence, à part les intérêts versés (plus faibles chez ces derniers) ?