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Ordinateur sans logiciel : le consommateur se fait balader
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 20/12/2008 | 11H08

Dans les magasins de matériel informatique, Windows continue à régner en maître, avec la complicité des constructeurs… et des vendeurs, au grand dam des partisans du logiciel libre. Le consommateur a pourtant le droit de son coté.
Cela fait désormais six mois que le gouvernement demande, au nom de la liberté de choix du consommateur, que l'on puisse se faire rembourser le système d'exploitation imposé sur les PC. Des promesses enterrées, en toute discrétion. Dans une interview donnée au Parisien en juillet, le secrétaire d'Etat à la Consommation, Luc Chatel, déclarait :
« Je souhaite que, sur le montant des ordinateurs, on précise le prix des logiciels préinstallés, afin que les consommateurs aient le choix et puissent se faire rembourser. »
En octobre, lors de la présentation de son projet France numérique 2012, à l'action numéro 64, on peut lire la même intention, complétée explicitement à l'action 65 :
« Permettre la vente découplée de l'ordinateur et de son logiciel d'exploitation. Réunir un groupe de travail rassemblant les acteurs de la distribution, les associations de consommateurs, les fabricants et fournisseurs de logiciels pour mettre en place un test dès le premier trimestre 2009. »
Enquête
Le Credoc a mené une étude sur les attentes des consommateurs en matière de logiciels libres, d'où il ressort que même si plus d'un Français sur deux ne se sent pas compétent en informatique, seul un consommateur sur quatre est satisfait de la pré-installation d'un système d'exploitation.
La loi est du côté du client rebelle
Or, les associations de consommateurs (AFUL, APRIL, CLCV et UFC-Que Choisir) attendent toujours le moindre geste. Elles viennent de publier un communiqué demandant au gouvernement de tenir ses promesses.
Le droit est en effet de leur coté : la vente liée est interdite, comme l'explique l'article 122-1 du code de la consommation.
De plus, l'information du consommateur pour être complète, doit respecter certaines règles, comme l'indique l'article 113-3 du Code de la concurrence.
Les magasins restent timides
Dans les rayons des magasins, la transparence est rare. Darty a été condamné en juin 2008 à « indiquer le prix des logiciels d'exploitation et d'utilisation pré-installés sur les ordinateurs exposés à la vente ». Depuis, l'enseigne au « contrat de confiance » le fait, mais discrètement et pas sur tous les modèles.
Un vendeur nous a expliqué que « seuls ASUS, ACER, Toshiba et Fujitsu-Siemens remboursaient les systèmes d'exploitation sur demande du client, mais pas Sony ». Sur la fiche technique de l'ordinateur est mentionné : « remboursement du système d'exploitation » et la somme que le client peut remettre dans sa poche, après de longues démarches : « 40 à 53 euros selon les modèles ». Le vendeur ajoute :
« Il faut que le client fasse intervenir un technicien Darty pour reformater l'ordinateur, puis qu'il renvoie au constructeur le justificatif de désinstallation Windows. »
La Fnac commence à renseigner ses clients et a aussi créé une page sur son site où elle énonce de nombreuses mises en garde et conclut que « c'est une tâche complexe à réserver aux utilisateurs les plus expérimentés ».
Carrefour explique sur ses notices que le client peut se faire rembourser par le constructeur, mais ne donne aucun détail sur son site.
Les constructeurs trainent des pieds
Selon les tests pratiqués par l'AFUL, les constructeurs tentent plus ou moins de décourager le remboursement : Fujitsu-Siemens a une « attitude correcte » puisqu'il ne demande que le renvoi de documents prouvant l'achat et la désinstallation, tandis que Toshiba, PackardBell et Acer demandent le renvoi de la machine.
Cas à part, Dell, longtemps champion des logiciels libres puisqu'il propose le système d'exploitation « open source » Ubuntu, a eu une attitude incompréhensible en refusant tout remboursement des logiciels, jusqu'à ce qu'un consommateur, qui avait saisi une juridiction de proximité, ait obtenu 180 euros de « remboursement amiable ».
► Lire aussi : Racketiciel, plate-forme qui réunit tous les partisans du logiciel libre, a noté les pratiques des vendeurs et des constructeurs en matière de respect du consommateur. Si la liste est complète sur le plan des critères de contrôle, elle n'est pas forcément à jour (mais les dates sont mentionnées).
La pétition pour la liberté de choix des logiciels et des systèmes d'exploitation lancée par Racketiciel a recueilli plus de 33 000 signatures à ce jour.
Photo : publicité pour Windows Vista dans le centre de Bucarest en février 2007 (Bogdan Cristel/Reuter).
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De Gillesdd
11H27 | 20/12/2008 |
Plusieurs moyens existent :
Assembler soi même son PC, cela ne demande pas enormément de compétences, juste un peu de temps et un peu de recherche, c'est ce que je fais et je ne suis pas de la partie
Acheter un PC composé sans système à partir des propositions d'un assembleur local.On obtient un ordi correspondant exactement à son besoin, ça fait marcher les PE du coin, c'est très souvent moins cher et le service après vente est à proximitéen cas de soucis.
Pour ma part je ne suis jamais passé par les grandes marques qui rendent leurs produits captifs.
De Madiran
(Business Analyst) | 12H22 | 20/12/2008 |
Installer soi même … pouquoi pas ! !
A condition d'avoir le choix. Qui a le choix ?
Le choix du logiciel sur mon ordinateur,
Le choix de connection Internet…
Le choix de mon logiciel sur mon appareil photo (ce sera pour bientôt)
Le choix du moteur sur ma voiture,
Le choix du dérailleur sur ma bicyclette…
Comment feront les utilisateurs qui ne sont pas à même de savoir installer ces logiciels.
Comment ne pas être captifs pour tous ces nouveaux logiciels MP3, photographies, et images… ?
Au moment où l'on souhaite être moins « captifs » pour ce qui est des OS (Linux, Apple, Windows…) nous sommes de plus en plus « captifs » pour les logiciels concernant les iphones, mobiles etc…
En effet ; lorsque vous achetez un appareil photo, une caméra, un lecteur MP3 etc… : combien de logiciels sont « installés » quasi automatiquement sur votre ordinateur ?
Celui qui a vraiment le choix, dans ce domaine, est celui qui possède le minimum de technique…
Celui qui possède la « technique » n'est pas le client type.
Il y a là, une sélection des utilisateurs par le niveau technologique.
Tout retraité, jeune, vieux, étudiant en philo, handicapé qui ne connait pas un neveu, un ami, une amie, ou copain n'ayant pas le minimum technologique requis se vera facturer plus cher l'installation de ses logicels.
(Comment les choisira-t-il ces logiciels ? )
Et dans ce cas, un logicel « libre », n'est plus vraiment gratuit !
et vous ne pourriez vous faire rembourser le logiciel que si vous avec le niveau de tchnologie vous permettant d'installer (ou de faire installer) le logiciel de votre choix.
Pourquoi ne pas proposer des ordinateurs sans logiciels, « ET » des ordinateurs avec des logiciels différents.
De Lapin Bleu
Journaliste n°89910 | 12H23 | 20/12/2008 |
Simple petit témoignage perso qui vaut ce qu'il vaut :
Je suis passé sous Ubuntu après des déboires avec les systèmes propriétaires. J'avais un portable Packard-Bell avec Windows préinstallé légalement (licence payée) et je me suis retrouvé confronté à ne plus pouvoir utiliser ma machine pourtant dans les règles :
1./ Avec le système Windows pré-installé, Packard-Bell/Windows ne livrent plus de CD de sauvegarde pourtant autorisé par la loi. Ils justifient cette mesure par la lutte contre le piratage (éviter de dupliquer les CD de sauvegarde). Au consommateur de faire sa propre copie de sauvegarde. Ce que je n'ai pas fait, donc tout est de ma faute.
2./ Arrive le jour où mon Windows plante de façon fatale (après 4 ans). Je reformate, contraint et forcé.
3./ Ma licence Windows étant collé au dos de l'ordinateur, je ne me suis pas méfié, et je me suis retrouvé avec un problème : pas de CD d'install. Je pensais naïvement pouvoir m'adresser à Microsoft, et en obtenir un en leur communiquant mon numéro de licence.
4./ Erreur fatale, M$ botte en touche : « Pour les Windows préinstallés en série, il faut voir avec le fabricant de l'ordinateur, nous ne gérons pas ».
5./ Je m'oriente vers Packard Bell, qui me demande mon numéro de machine au dos du portable. Pas de bol, de mauvaise qualité, l'étiquette s'est effacée avec le temps. Pour Packard Bell, qui ne me retrouve pas par mon nom dans ces fichiers clients, je ne suis pas un client. Dès lors, refus total de me livrer un CD de sauvegarde Windows (que je ne peux pas générer moi-même puisque j'ai du formater suite au crash).
6./ J'installe une copie tierce de Windows (30 jours d'essai sans activation), en me disant que je vais pouvoir tente de me connecter et de récupérer un CD de sauvegarde : pas possible chez Packard Belle en l'absence de mon n° client.
7./ J'appelle M$ pour tenter de négocier le fait que j'ai bien une licence légale, que je suis coincé et que je sollicite de l'aide, que je suis de bonne foi, etc. Je tombe sur un centre de relation-client en Egypte où, après de nombreuses explications et tractations, je me fait traiter de pirate ayant accompli une opération illégale (installer la version tierce).
Moralité : encore une fois, je me retrouve dans la situation du pigeon avec l'impossibilité d'utiliser des outils/prestations que j'ai payés. Comme avec mn téléphone mobile (réseau saturé), comme avec les sites de journaux en ligne (pas livrés à l'heure ou incomplets).
Je me résoud à passer à Linux. Mon ordinateur Packard Bell est « tatoué » Windows, c'est à dire que Packard Bell l'a configuré -y compris matériellement- pour n'accepter que Windows ! Après encore une bonne perte de temps pour comprendre ça, j'accède à cette fonction dans le Bios de ma machine, qui me propose un large éventail de choix pour l'OS :
1. Windows 95, 98, 2000, NT.
2. Windows XP
Cela m'énerve : je balance l'ordinateur et je les maudis tous. J'achète 400 euros un ordinateur sans marque chez un monteur, Il me le vend sans problème sans OS et j'installe Ubuntu.
Depuis, tout va bien à bord.
Jusqu'à quand les gens vont-ils plébisciter les entraves des marchands ? Jusqu'où vont-ils accepter d'être volontairement enchaînés ?
-- lapinesquement,
De Les Grands Champs
Retraité, le doigt là où ça fait m... | 07H31 | 21/12/2008 |
Même pour les portables c'est faisable de choisir ses composants, des vendeurs le font. Pas de nom de donné pour ne pas leurs faire de pub !
Ce n'est pas les logiciels dit « libres » qui sont en cause, mais « le choix que doit avoir le client », grosse nuance !
Accepteriez-vous d'acheter un produit avec dedans QUE ce décide de faire fonctionner le constructeur ? !
Mais c'est déjà le cas avec certaines cafetières avec dosettes !
De plus, il n'y a pas que l'OS (système d'exploration), les logiciels tel qu'un traitement de texte ou photos est aussi à prendre en compte, tant que dans les écoles il n'y aura pas se choix de donné aux élèves … il n'y a pas que WORD ! ! C'est dès l'école qu'il faut en parler, il y a un autre monde que celui de M$ ! !
Le choix est plus large que ce que vous semblez savoir !
Un PC nu, et ensuite une liste de logiciels avec les licences à payer.
Vous n'achetez QUE ce que vous désirez. Mais là les statistiques de vente ne leurs plairont plus.
Des élèves qui vont apprendre sur M$ et W pour le texte n'iront pas souvent voir ailleurs ce qui existe, même s'il n'achètent pas de licence.
Pas de monopole ! !