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Croissance, dette : les nuages noirs s'accumulent
Par David Servenay | Rue89 | 29/12/2008 | 15H42
Un tsunami financier est en train de submerger les comptes de l'Etat. Mais chut, le gouvernement ne veut rien dire. En 2008, les déficits publics devraient pourtant repasser le seuil européen des 3% du PIB, avec des recettes fiscales en baisse. En cause notamment : les mauvais résultats des banques, la baisse du pétrole et de l'impôt sur les sociétés. Pire, sur l'ensemble de l'année 2008, pour l'un des experts du PS, le député Dominique Baert, la croissance sera certainement négative (moins 0,4%).
La crise bancaire plombe l'impôt sur les sociétés
Comme le raconte Les Echos, Eric Woerth en a fait l'aveu, juste avant de partir en vacances. Devant les députés de la commission des finances, le ministre du Budget et des comptes publics n'a pas caché que les recettes de l'Etat ont été extrêmement mauvaises sur la fin de l'année. Le seul Impôt sur les sociétés (IS), collecté le 15 décembre, déjà annoncé en recul de 4 milliards d'euros, pourrait accuser un manque à gagner de 3 milliards supplémentaires par rapport à 2007.
Pour Dominique Baert, député socialiste du Nord, l'explication tient d'abord aux très mauvais résultats engrangés par les établissements financiers. Or, les banques contribuent à la moitié de l'IS.(Ecouter le son)
D'autres facteurs expliquent aussi cette baisse brutale des recettes budgétaires :
- Baisse des recettes pétrolières de la TIPP, due à la chute de la consommation d'essence
- Moins de cotisations sociales, car l'emploi n'a pas autant progressé que prévu
- L'excédent de l'assurance chômage (Unedic) (4,5 milliards d'euros) n'est pas aussi important qu'attendu
Le vrai retournement économique a eu lieu au second trimestre 2008
Pour cet ancien directeur de la Banque de France, dont les prévisions énoncées début novembre sur Rue89 se sont révélées exactes, le retournement de l'économie française a eu lieu au cours du second trimestre 2008, comme l'ont montré plusieurs indicateurs (consommation, moral des ménages, des chefs d'entreprise…).
Pourquoi ce brusque revirement ? Difficile à expliquer, confesse Dominique Baert, en dehors des « effets d'anticipation »…(Ecouter le son)
Vers une croissance de -0,4 ou -0,5% dès 2008
Dans ce marasme ambiant, les résultats économiques du troisième trimestre, publiés ce lundi, viennent plomber les derniers espoirs d'embellie. Lors de ce trimestre, révèle l'Insee, la dette publique s'est alourdie de 15,6 milliards d'euros.
Pire : la croissance en 2008 pourrait s'inverser. Moins 0,4 à moins 0,5% selon les estimations de Dominique Baert, alors que Bercy table toujours sur une croissance de +0,5%. Conclusion : la France est bel et bien en récession. Une vérité que le gouvernement peine à reconnaître.(Ecouter le son)
Pour l'expert du PS, il n'y a qu'un seul moyen pour relancer l'économie : la consommation. « Le gouvernement », souligne Dominique Baert, « sera obligé d'annoncer un troisième plan de relance en janvier ou en février. »
Les promesses de campagne sont loin pour Eric Woerth. Trésorier de l'UMP au printemps 2007, l'actuel ministre du Budget détaillait à au blogueur Loïc Lemeur la promesse de Nicolas Sarkozy de ramener la dette publique à 60% du PIB d'ici 2012. (Voir la vidéo, vers 3 mn.)
A lire aussi :
► Chut ! La dette explose, mais le gouvernement l'ignore
► La dernière note de l'Insee sur le dérapage de la dette au troisième trimestre 2008
► Le communiqué de réaction du ministère de l'Economie et des finances
► Les chiffres clés du budget de l'Etat
► Les comptes de la nation, présentés par l'Insee.
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De fraistival
Journaliste spécialisé | 17H25 | 29/12/2008 |
Le gouvernement actuel n'a toujours pas mené les réformes. Celles qui permettraient de faire des économies tout en améliorant le niveau de crédibilité du pays vis à vis des emprunteurs. La France s'endette déja à un taux d'intérêt de de 0,6 point au dessus de celui de l'Allemagne.
- Les gaspillages se poursuivent en matière de structures administratives inutiles : exemple : conseil économique et social, sous préfectures, 36000 communes, les communautés de communes et d'agglomération font toujours doublon avec les syndicats des eaux, d'électrifiation, de traitement des déchets…
Les comptes sociaux sont encore très déficicitaires alors que ceux de l'Allemagne sont équilibrés. Une partie de la médecine libérale et des professions connexes plombe la sécu sans aucunes contreparties d'efficacité, de transparence et d'engagements sur un niveau de prestation garantie (certifications de service). Des dossiers médicaux sont tenus sans aucune rigueur, des examens inutiles prescrits sans aucune retenue..
Les ordinateurs de la sécu mettent à jour des filières oragnisées de pillage de la sécu par des professions -néo- médicales sans que justice soit rendue (voir récemment à Toulouse avec les ambulanciers, des kinés…).
L'enseignement coute cher avec une myriade de filières, d'associations, d'organismes avec à chaque fois des contrôles très succints. Des secteurs entiers sont déja en manque patent de main d'oeuvre qualifiée, même edf où la pyramide des âge nécessiterait des embauches massives.
Pendant ce temps la, les entreprises de main d'oeuvre doivent fuir le pays qui taxe le plus en Europe. Malgré une situation enviable sur le plan géographique, la richesse agricole, le tourisme et des secteurs performants, la France est loin du compte. Pourquoi ?
De FredeSud
18H25 | 29/12/2008 |
Depuis 30 ans, le PIB a doublé, pour atteindre en 2006 les 1.780 milliards d'euros selon l'Insee. Pourtant, la part des salaires et des prestations sociales dans ledit PIB a baissé sur la même période. En 1980, 70 % de la richesse produite revenaient aux travailleurs (salaires et prestations sociales), tandis que 30 % restaient à disposition des capitalistes (patrons et actionnaires). Aujourd'hui, seuls 60 % reviennent aux travailleurs, le reste va aux capitalistes. Les 10 % que nous avons perdu en l'espace de 30 ans représentent la bagatelle de 146 milliards d'euros par an. Le problème ne réside donc pas dans l'éventuel surendettement de la France, mais dans l'appropriation par une minorité des richesses produites par l'ensemble des actifs…
Salut et Fraternité.
http://www.solidaires.org/
De Sexus Empiricus
19H47 | 29/12/2008 |
Ce qui m'étonne toujours, dans un discours de conjoncture économique à l'échelle de la nation, c'est ce vocabulaire absolument incontrôlable, qui réduit les uns aux accents de Cassandre, les autres aux demi-mensonges, et tout ce beau monde au sauve qui peut.
Le titre et la première phrase de cet article en fournissent une belle illustration. « Les nuages noirs s'accumulent ». « Un tsunami financier est en train de submerger les comptes de l'Etat ». Simples métaphores ? Peut-être, mais cette simplicité-là nous installe tout de même, nous et nos champions de l'économie politique, dans de fâcheuses postures.
Car que faire contre des nuages noirs ? Que faire contre un tsunami ? Laisser faire (encore) ? Laisser passer ? Ou s'agiter pour que quelques-uns restent à l'abri ?
Les aléas de cette météo apolitique font que les mieux lotis seront aussi les plus épargnés par les nuages noirs et le tsunami. Comme par un pur hasard. Et l'on ira encore répéter longtemps que la Richesse, la Croissance ou la Dette d'un pays sont comme la Main invisible : ici, on ne fait surtout pas de politique !
De paysan2
retraité actif | 19H53 | 29/12/2008 |
L'article de David Servenay et les 2 commentaires qui précèdent m'amènent à conclure qu'il est inévitable de nous débarrasser des incapables de droite et de gauche qui nous ont amenés à cette faillite.
Un seul candidat a mis l'accent sur la dette énorme de la France et la nécessité de la résorber. Il n'a pas été élu. Les français ont préféré celui qui l'a encore plus creusée, en même temps que les inégalités. Devant cette gabegie, et avant que nous ne mettions la clé sous la porte, il faut virer ce Sarko malfaisant et clinquant, incompétent et méprisable.